Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Meurtres en Berry

Ce soir, je suis revenu vers la série « Meurtres à », cette fois pour Meurtres en Berry. On connaît déjà la formule, mais cette fois, il y avait quelques changements, et les points forts de la série — la photographie et les légendes locales — restent aussi bons que jamais.

Notre histoire commence en plein sabbat, avec des inconnus déguisés en tant que démons et des squelettes.

Mais le lendemain, on trouve le cadavre d’un homme. Il paraît être un cas de satanistes qui ont tué un sacrifice. Comme je l’appelle, mon quotidien. Naturellement, le procureur — comme tous en France selon cette série — fait appel à un gendarme qui habite loin du crime pour exiger qu’il aide aux policiers locaux moins que brillants.

Voici notre gendarme, Basile. Il habite à Bourges, à 70 km de…je ne suis pas sûr d’où. Mais il habite à 70 km du site du crime, c’est certain.

Il vous choquera — choquera, je vous dis ! — d’apprendre qu’il a une relation malheureuse avec son ex-femme, avec qui il partage le garde de leur fille. Et qu’il s’est échappé d’une enfance malheureuse dans le village où notre histoire se déroule. Je sais, cette histoire n’est jamais apparue sauf qu’à…euh…chaque fois dans la série.

De toute façon, on apprend pendant l’appel qu’il est « hors question » qu’il travaille avec un certain gendarme dit Beaumont. Naturellement, qui mène l’enquête ? Voici Beaumont (le barbu) :

Mais ici, nous trouvons notre premier détournement — les deux enquêteurs ne vont pas finir en couple. Je sais, j’étais choqué, et ne croyais pas que c’était un vrai « Meurtres à ». Mais ne vous inquiétez pas, car notre cher Basile va quand même trouver une relation très inappropriée. On retournera à ça, car nos inspecteurs ont des harengs rouges à poursuivre.

Les « satanistes » sont un groupe d’artistes qui habitent près de « La Mare au Diable », où le meurtre s’est passé. Les gendarmes fouillent dans leur résidence, trouvent une salopette recouverte de sang et mettent un artiste en garde à vue.

Ils rendent aussi visite aux parents du victime. Il s’avère que la Mare au Diable est apparue dans un roman du même nom de George Sand, et le victime était fan.

En cherchant le site du crime, Basile tombe malade et est soigné par un docteur, Solène, qui travaille pour les gendarmes ainsi que gérer son propre cabinet à elle. Je répète : elle travaille pour les gendarmes et est au site du crime. Ce serait donc hyper-peu professionnel si les deux tombaient amoureux, n’est-ce pas ? On connaît donc entre qui la relation de l’épisode va avoir lieu.

Il s’avère aussi que Basile refuse de parler avec sa mère, une « magnétiseuse » qui habite proche du site. (Je ne connaissais pas ce métier.) Il dit qu’elle est charlatane.

Après avoir interrogé les voisins du victime, Basile s’évanouit. C’est Solène qui le trouve, le ramène à sa maison — car c’est proche — puis l’invité à y passer la nuit. Ai-je mentionné que Solène était la maîtresse du victime, et que l’ancienne femme du victime s’est suicidée à cause de l’affaire ? Ah oui, c’est le cas. Elle devrait donc être suspecte, et est du moins témoin — du bon jugement, Basile !

Mais la voisine a donné un indice important à Basile — le victime a acheté un bouquet de fleurs juste avant son trajet vers la Mare au Diable :

Basile y trouve le bouquet, dans très mauvais état, et soupçonne Solène car elle avait un bouquet pareil chez elle.

Mais elle nie tout, alors pas de problème si elle aide Basile à interroger la voisine :

Non, Solène n’est pas tueuse.

Je ne vais plus dire afin de ne pas jouer le divulgâcheur. L’intrigue est effectivement plus compliqué que les autres que j’ai vus, et bien qu’il y ait un deuxième meurtre, et un deuxième tueur, c’est moins prévisible que les autres. Vous allez voir un beau château et de beaux paysages, et Basile a une histoire intéressante, même si les circonstances sont nettement les mêmes que dans Meurtres à Lille.

Personne n’a pas mis de pistolet contre mon front pour me faire regarder « Meurtres à ». Après trois épisodes, je dois avouer que la série est devenue un peu mes films de Noël — toujours les mêmes mais je suis quand même accro. En plus, comme alternative à regarder Stéphane Bern tout le temps, c’est une excellente manière de voir des sites partout en France que l’on ne trouve pas dans des films fait pour les étrangers.

Les brookies

C’est quoi un « brookie » ? C’est un dessert moitié brownie, moitié cookie. La Fille m’avait demandé les derniers cookies de Péla, mais je lui ai dit, « Dis-donc, je veux faire une expérience, car j’ai vu les brookies de Nina Métayer. » Alors, j’ai mélangé la recette de Péla avec ma recette de brownies préférée, et vous savez quoi ? C’était un désastre ; les deux parties ont trop gonflé et j’ai perdu la jolie forme de Mme Métayer — bon, de ses brookies, arrêtez de penser quel que ce soit. Mais je me suis dit : « Moins de levure chimique, et ce sera une réussite ». Et j’avais raison.

Je ne suis pas Nina Métayer ([NON ! Vous plaisantez ! — M. Descarottes]), mais la combinaison est excellente, La Fille est bien contente, et mes brookies ont la même forme que mon inspiration. Allons les faire !

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Ne parlez pas l’anglais comme un américain, 1ère partie

Édité pour ajouter : En ce qui suit, je parle du faible niveau d’anglais aux États-Unis de nos jours. Ce n’est pas une plainte sur ce qui disent les Français en parlant anglais !

Je me demande parfois ce que vous pensez tous quant à au sujet de mes obsessions avec la pureté linguistique. J’imagine que c’est très inhabituel pour un anglophone de refuser l’opportunité d’utiliser des anglicismes. On penserait que ça le rendrait plus à l’aise. En partie, c’est ce que les élèves de religion appellent « le zèle des convertis » — le désir de montrer que l’on fait tous les efforts possibles. Mais il y a un côté plus obscur — pour autant que certains francophones ne veulent pas entendre l’anglais, il n’y a personne qui ne peut pas le supporter plus que moi.

Personne perplexe, Dessin par Nithinan Tatar, TH, CC BY 4.0

Comment ça ? « Justin, vous êtes clairement dingue », vous dites. Mais vous connaissez certainement des gens qui sont les plus grands patriotes au monde quand un étranger critique votre pays, puis le méprisent encore plus eux-mêmes. (Nous ne manquons pas de telles personnes non plus.) C’est la même chose — car les « amateurs » de la sonorité anglaise ne savent pas forcément à quel point la langue de Shakespeare est tombé. (Je sais, toutes les générations disent ça à leur tour. Mais j’ai raison.)

Je ne lance pas une nouvelle catégorie, mais je n’épuisera pas du tout mes pensées sur ce sujet dans un seul billet.

Commençons aux restos. Quand les serveurs vous saluent au début d’un repas, ils disent « Is this your first time here? » (Est-ce ta première visite ici ?) Si on dit « Oui », ils répondent « Then, welcome » (Puis, bienvenue.) Si non, c’est « Then, welcome back » (Puis, content de te revoir). Franchement, pour autant que ça dérange, que l’on ne sait pas vous saluer sans d’abord demander des infos, c’est « Then » (Puis) qui me dérange le plus. Vous voyez que la réponse ne change qu’un mot en anglais. C’est comme parler à un robot avec un organigramme !

« Mais Justin, » vous me dites, pas sans raison, « ce n’est qu’un scénario. Blâmez plutôt les gérants. » Ah, mais il était une fois, on se moquait d’exactement ça. Il y a eu un moment où le premier président Bush a lu les directions écrites à côté de son discours, et a dit « Message: I care » (Message : je m’en soucie). C’était censé être une direction pour comment dire ses mots, pas quelque chose à répéter à haute voix ! Maintenant, nous sommes tous lui, et lui doivent nos excuses. (Ce n’est pas une invitation pour vous plaindre de lui ; ça ne concerne que la langue.)

Mais c’est bien pire que ça. Après vous avoir montré qu’il est un robot, le serveur vous demandera « What can I get started for you? » (Qu’est-ce que je peux commencer pour vous ?) Il y a dix ans, personne ne disait quelque chose d’aussi stupide. Pendant toute ma vie, c’était toujours « What can I get you started with? » (Avec quoi aimeriez-vous tous commencer ?) Les traductions françaises peuvent masquer un peu la nature de ma plainte, alors je la précise : anciennement, le COD de « commencer » était vous le client, et le COI était la nourriture. Les cons les ont inversés ! Ça fait saigner les oreilles. Ma fille n’a jamais connu un monde où les serveurs parlaient anglais, alors elle ne comprend pas à quel point ça me dérange.

Un dernier exemple pour cette fois. Vous donnez votre commande au serveur après avoir lu la carte, puis il répond « That comes with fries. Is that OK ? » (C’est servi avec des frites. Est-ce OK ? » Dans l’anglais de toute ma vie jusqu’à cette dernière décennie, demander « Est-ce OK ? » avait la polarité opposée de « Ça va ? » bien que les deux paraissent dire la même chose. On demandait cette question en s’attendant à un problème. Alors, demander « Is that OK? » en parlant des affaires habituelles, c’est-à-dire que la chose habituelle ne va pas. Si c’est le cas, pourquoi est-ce que vous la faites ?

Les serveurs ne le trouvent pas drôle quand je dis, « Non, mais je le prendra quand même. » Je réponds à exactement la question qu’ils demandent, mais ils ne comprennent pas la langue comme on l’usait pendant leur enfance. (C’est plus précise à dire que personne ne l’aurait demandé à l’époque. La question aurait plutôt été « Qu’est-ce que tu veux avoir avec ? ») Seulement quelqu’un de même âge que ma fille s’habitue à cet usage. Encore une fois, ça fait saigner les oreilles.

Je comprends que le but a changé avec cette dernière question. Le resto peut offrir plusieurs choix mais la gestion préfère que la plupart des clients choisissent la même chose. L’idée est de couper les choix en suggérant au client « la bonne réponse ». Mais c’est un abus de la langue.

La prochaine fois, on va parler de la forme possessive. Aïe, mes oreilles ! Rien que la pensée me fait mal !

Le clafoutis aux fruits rouges

J’ai fait une promesse à Maman Lyonnaise que je participerais à son « Clafoutis World Tour », et voilà, le tour est joué.

Je participe au Clafoutis World Tour 2023 chez Maman Lyonnaise

Voici le mien sur l’assiette :

Haute résolution en cliquant

Allons le préparer, hein ?

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Quant à « quant à »

J’ai un problème. ([« Un » million, peut-être. — Mon ex]) Je tombe amoureux de certaines expressions françaises, et j’arrête donc de chercher des équivalents ou d’autres façons de m’exprimer. C’est souvent le cas que ça arrive parce que je découvre que c’est la bonne traduction de l’un de mes tics en anglais.

Je connais « néanmoins » et « toutefois », mais je n’écris que « cependant » et « pourtant ». Néanmoins sonne assez proche de « à moins » que je l’évite et j’ai toujours peur de confondre toutes les « -fois » : autrefois, quelquefois, parfois, toutefois. Mais en plus, « cependant » a un rythme très proche de « however » en anglais, au moins à mes oreilles, et mon écriture en anglais est bien saupoudrée avec « however ». Alors, je l’adore.

J’ai le même problème avec « quant à ». La traduction habituelle en anglais est « as for », et on utilise les deux pour changer de sujet. C’est court, comme l’anglais, et j’adore la sonorité. Cependant Toutefois, on m’a récemment dit que je l’abusais, que ça donne à certains posts ici l’air de ce que l’on appelle en anglais une « liste de blanchissage ». Mon dictionnaire Oxford me dit qu’il faut plutôt dire « liste interminable ». Mais quels sont mes autres choix ? Je les ai enfin recherchés.

Mon dictionnaire Oxford n’est pas la meilleure source pour des synonymes. On peut seulement chercher des mots individuels, alors si je veux connaître « as for », pas de chance. Mais pour « quant », il m’a quand même offert « pour ce qui est de » et « au sujet de ». Hmmmm. Je ne suis pas sûr que ce soit une amélioration.

Le Robert est plus utile :

Source

Mais ça donne ses propres problèmes. J’aime souvent voir des exemples pour les prépositions, et « côté », « question » et « rapport » sont assez communs en tant que noms qu’il est impossible de rechercher ce sens uniquement. (Ou tout court, franchement.) Dit-on ces choses sans d’autres mots devant eux ? Histoire de ne pas savoir la bonne réponse. (Et cet usage du mot « histoire » est en tête de la liste de la peur en ce moment.)

Peut-être le truc le plus difficile en écrivant est de changer ses habitudes. C’est possible d’écrire des logiciels pour identifier un auteur parce que même les meilleurs ont leurs signatures. Mais…euh…quant à côté le mien (pas « du côté du mien » ?), être trop paresseux pour apprendre des alternatives n’est pas la même chose qu’avoir un style.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de « jamais ».

Des limites

Jj’ai reçu un courriel hier matin qui m’a mis en colère. Rien à voir avec mon « ami » parisien, je vous rassure. Cette fois, c’était quelque chose 100 % fait maison, un pur produit américain.

Je vous parle parfois de nos bêtises quant aux jours fériés, aux fêtes, etc. Par exemple, le mensonge de Black Friday, les bonbons de Saint-Valentin sortis même avant le Nouvel An, ou les bonbons de Halloween en début août. Mais ça fait des décennies que ces fêtes ne sont que des opportunités commerciales, surtout Vendredi noir, qui n’a jamais eu aucune relation avec la réalité. Mais s’il y a une chose où il ne faut absolument pas en profiter pour vendre des trucs, c’est le 11 septembre. Alors, ce courriel est la pire pub que j’ai vue :

Le sujet dit « De la papeterie patriotique pour ce Jour de Mémoire ».

Crane and Company est la plus vieille papeterie aux États-Unis. Ils étaient là au temps de la Révolution, et c’est seulement leur papier utilisé pour imprimer les dollars. (En fait, en 2015, l’entreprise s’est séparée en deux, alors un client de la papeterie n’est plus un client de l’entreprise qui fabrique le papier pour l’argent.) Cette histoire est la raison pour laquelle j’achète ce dont j’ai besoin chez eux et nulle part ailleurs toute ma vie.

Le courriel continue :

Je saute par-dessus des sentiments guimauves des premières deux phrases, car tout ce qui compte est la dernière : « Montrez votre soutien pour ceux qui étaient affectés avec notre papeterie patriotique en tant que cadeau — voire inscrite avec vos pensées et remerciements. » Le bouton en bas est pour aller sur leur site. Dit autrement : « Achetez des trucs chez nous à cause du 11 septembre. »

Ce blog étant tous publics, je ne peux pas du tout partager ce que j’ai dit en lisant ce courriel. Mais j’ai tout de suite écrit un courriel en réponse pour leur dire que c’est la toute première fois où j’ai vu une entreprise oser profiter de la date. Certaines associations essayent de demander des dons, mais vendre comme si c’est la Saint-Patrick ou le 4 juillet, jamais. Et au cas où il y aurait aucun doute, le courriel voulait me faire savoir que les cartes de Noël sont en promotion, réduites par 10 % :

J’essaye de ne pas écrire des trucs rageux ici. Mais ils ont violé un tabou que même les vendeurs de voitures d’occasion n’ont jamais osé franchir. Ce qui me rend triste, c’est la certitude que l’on est maintenant sur le point où ce jour passera au même sort que la Journée des anciens combattants. Il sera un jour pour vendre des matelas et des voitures (ici, ce sont les vendeurs les moins réputés de produits légaux). Si vous me doutez, sachez que je me suis plainte de ce moment sur tous mes réseaux — et pas un seul de mes con-citoyens ne l’a remarqué.

Saison 2, Épisode 25 — Du chantage avec la chanteuse

Cette semaine, on a continué avec Paris, pas toujours de façon attendue. La ville est certainement connue pour l’attitude de ses habitants et on en a parlé. Mais juste quand j’espérais que monsieur m’avait enfin oublié, il est revenu sous un autre commentaire qui n’avait rien à voir avec lui. Voilà :

Dans un dernier commentaire, il m’a gentiment expliqué qu’il ne m’avait pas insulté car je l’ai tout mérité. Je connais une autre personne qui dit exactement ça. Si elle n’était pas déjà mariée, j’aurais aimé jouer le marieur. (En fait, j’ai essayé de faire ça une fois dans la vie pour quelqu’un d’autre. C’était un désastre.)

Je ne veux rien gâcher, mais mon article sur la Seine-Maritime sera reporté. J’ai parlé avec…disons….une source intéressante, mais ça va prendre du temps. Pendant ce temps-là, je participerai cette semaine au « Clafoutis World Tour » de Maman Lyonnaise. Me demander de faire de la patisserie, c’est à pousser sur une porte ouverte, comme on dit en anglais.

Je viens de remarquer qu’Audrey des Dédexpressions vient d’annoncer un nouvel e-book sur Instagram, disponible chez elle. Bien sûr, si vous avez écouté son interview ici, vous saviez déjà qu’il y avait un livre à venir !

La nouvelle saison de la NFL est commencée hier. Bof, je n’ai plus d’équipe à suivre. Mais ça continue de me faire plaisir :

Les Chargers ont encore une fois perdu au tout dernier moment. Il y a longtemps, je vous ai parlé du néologisme « Chargering » inventé à cause de leur histoire de faire exactement ça. Quand j’étais fan, j’ai dû souffrir pendant des décennies à cause de leurs bêtises. J’espère avoir 16 opportunités de plus pour me moquer d’eux cette année !

Notre blague traite de l’économie. C’est une de mes préférées mais n’aura pas de sens à moins que vous avez suivi des cours d’économie. Mais je vais vous dire quelque chose de complètement vrai à propos de cette blague. La deuxième partie m’est venue de mon ex. Ça, ce n’est pas étonnant. Mais elle l’a écoutée de son prof d’économie à la fac, David Friedman. Et lui, il est le fils du gagnant du Prix Nobel en économie, Milton Friedman. Alors cette blague a un héritage.

Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi La lettre d’amour parisienne, des commentaires pas gentils d’un vrai parisien, La règle de d’Alembert, une autre découverte française dans le domaine des maths, et Soirée de jeux, sur un événement chez l’OCA.

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Capitaine Marleau

Ce soir, j’ai regardé quelque chose d’inattendu, le nouvel épisode de la série Capitaine Marleau, dit Follie’s. Je ne la connaissais pas avant, mais je suis Catherine Ringer sur plusieurs réseaux sociaux ([Gendarmes ! Il l’avoue ! Il suit des femmes ! — Mon ex]), et elle avait annoncé qu’elle apparaîtrait dans cet épisode. Bien que je ne sois pas prêt à voler autour du monde juste pour la voir — quoi ? Qui fait ce genre de truc ? Ah, oui. — je suis fan, et il me fallait absolument la regarder.

Il s’est avéré que je connaissais déjà la star, Corinne Masiero, même si j’avais oublié son nom. Du Canard enchaîné, mais aussi d’ailleurs. Disons juste qu’elle a une façon inhabituelle de faire la manif. Aussi qu’elle ne doit peut-être pas travailler trop dur pour interpréter son rôle.

(Au fait, c’est un peu dingue que je regarde tout à coup toutes ces séries policières. Ce n’est vraiment pas mon truc en anglais. Ben, rien n’est plus mon truc en anglais.)

Notre histoire se lance dans une boîte de nuit, genre travesti. (Si on veut parler d’un faux ami, « travesty » en anglais est bien ça. Mais c’est quand même emprunté au vieux français.) C’est « Madame Rosa » (Ringer) qui chante sur scène, puis il y a une effeuilleuse, Sunlight, qui la suit. (Je ne connaissais pas ce mot — parmi d’autres.)

Après, on voit la capitaine, pas habillée comme on s’attend chez les gendarmes. Elle ment à un certain Commandant Duchesne que sa voiture est en panne, mais elle suit vraiment un suspect. Ça donne vite une idée de ses méthodes et ses relations avec ses collègues. Mais il faut avouer, elle est efficace.

À la gendarmerie, elle est cherchée par une Mme Maupré, la mère de Sunlight, qui dit que sa fille est disparue, et elle veut que Marleau mène l’enquête. Je ne sais pas comment ça marche en France, mais bonne chance à exiger quel inspecteur va faire l’enquête chez moi. (J’imagine que ça n’arrive pas trop souvent en France non plus.) Ses collègues se plaignent encore une fois de ses méthodes ; voici sa réaction. Elle s’en fout.

Elle va à Follie’s, la boîte de nuit, pour parler avec Madame Rosa qui lui dit que Sunlight s’est enfuie avec 3 000 €, mais personne n’a rien dit à la police car il y a plein de monde chez eux avec des histoires douteuses. C’est plus qu’un peu incroyable.

Marleau parle à Duchesne sur l’enquête. Il veut qu’elle la laisse tomber, mais elle lui dit qu’il est corrompu, alors il va se taire. Elle n’a évidemment pas peur de lui, ce qui est dingue. Et s’il avait des complices ?

Marleau parle à l’ancien colocataire de Sunlight, et en fouillant ses recherches sur l’ordinateur, découvre qu’elle avait acheté un billet de train pour l’Ardèche. Elle avait de bon goût, mais j’ai l’impression que ce commentaire n’est pas un compliment :

Marleau fait signaler aux gendarmes là-bas de la chercher, mais ayant remarqué qu’elle avait apparemment laissé son sac de transport de chat sans que le chat reste à la maison, elle cherche le jardin. Un chat est là, décapité façon le cheval du Parrain. Mais elle fait une blague peut-être plus française :

Elle demande à sa subalterne de suivre le colocataire, qui est clairement un menteur. La subalterne le suit jusqu’à un lac, où il se comporte de façon bizarre. Les gendarmes fouillent le lac, et trouvent une voiture sous l’eau, avec un cadavre au-dedans.

Vu que c’est un téléfilm de 1 1/2 heures, et beaucoup mieux écrit que « Meurtres à » — j’ai complètement raté le coupable — je ne vais pas divulgâcher le reste du scénario. Mais on va parler brièvement de mes difficultés en le regardant.

Sans un dictionnaire, cette émission est presque aussi incompréhensible que Les Tontons Flingueurs. Mon dictionnaire Oxford, étant une appli, garde une liste de mes recherches récentes. Selon lui, j’ai recherché : énergumène, micheton, saumure, picrate, godasse, macchabée, chômedu, croque-mort, scoumoune, et baston, ainsi qu’effeuilleuse — tous marqués soit « informel » soit « argot » soit « figuratif ». Et ça, c’est juste ce que je suis arrivé à trouver ! Voici deux recherches ratées, « brouzoufs » et « balayer rose » (peut-être ne m’expliquez pas le dernier ; dans son contexte, j’ai l’impression que c’est un acte sexuel, donc pas la matière de ce blog) :

Je vous rassure que je ne l’ai pas abandonné — pour autant que je trouve le personnage de Marleau grossier, et les dialogues difficiles, le scénario est très bien écrit. En lisant Wikipédia, je vois que la série attire beaucoup de stars, alors je regarderai probablement plus d’épisodes.

Vous aurez remarqué que je n’ai guère parlé de Mme Ringer. Tout ce qu’il faut dire, c’est qu’elle ne passe pas trop de temps sur scène, mais l’épisode finit avec une performance d’une chanson digne de sa carrière. Il valait le coup de tout regarder juste pour ce moment.

Soirée de jeux

Ce soir, j’ai assisté à une soirée de jeux d’ambiance avec l’OCA. Certaines personnes m’étaient déjà familières ; d’autres, toutes inconnues. Comme d’habitude avec leurs événements, je n’ai pas pris de photos. Mais oh là là, quelle aventure juste pour y arriver.

J’avais dit à la hôtesse que j’apporterais des macarons. Naturellement, après la réussite de la semaine dernière, je voulais refaire les macarons crème brûlée. Quelle boulette ! Jeudi soir, j’ai préparé la ganache avec du chocolat blanc Ghirardelli — une erreur — puis je me suis lancé dans les coques. Je ne vais même pas vous montrer les deux premiers lots ratés — la pâte était si molle qu’elle est trop vite tombée de la poche à douille — inutilisable. Voici mon troisième lot :

Non, je ne comprends pas comment je les ai ratées à ce point. Ma théorie est qu’il faisait trop chaud dans mon appartement, donc trop humide dans le four, mais ça n’explique pas les deux premiers lots. Alors, j’ai refait la pâte une quatrième fois avec de la meringue française, comme d’habitude. Mes coques à la vanille étaient une réussite complète. Les autres…pas autant. Voici quelques exemples du produit final :

Reconnaîtrez que ce sont les meilleurs exemples des coques jaunes. Elles avaient toutes des bulles. Je n’ai pas oublié comment faire les coques, mais quelque chose n’est pas allé. Mais la pire chose — vous voyez cette ganache ? Moooooooolle. Je dois vous dire — n’utilisez que du chocolat Valrhona avec cette recette. Peut-être que l’on peut en faire une bonne avec le chocolat Ghirardelli, ou un autre, mais pas avec les mêmes proportions. Et j’ai vu les résultats. J’ai apporté 3 douzaines à l’événement ; je suis revenu (je ne veux plus dire « rentrer ») avec 21. Pourtant, il y avait 12 personnes. Je sais. On les a goûtés, et ne les a pas trouvés à la hauteur.

Au-delà des macarons, j’ai rencontré un autre problème. On a joué à trois jeux différents. Deux des trois exigeaient un grand vocabulaire pour réussir vraiment. La hôtesse s’inquiétait un peu trop évidemment pour moi, et a dit à plusieurs fois que peut-être que quelque chose sera trop difficile. Je me sentais coupable. Il m’est important dans toutes les situations de ne pas être le fardeau qui pèse sur les autres. C’est moi qui voulais les rejoindre et donc ma responsabilité. En fait, je crois que les jeux se sont plutôt bien passés pour moi, mieux que ce à quoi on attendait.

On a joué à deux jeux qui viennent des États-Unis, et un que l’on ne trouve qu’en France. Le premier jeu de la soirée était « Telestrations« , où tout le monde reçoit un carnet avec une douzaine de pages, toutes des tableaux blancs. On écrit un mot sur la première page, et passe le carnet à la prochaine personne, qui doit le dessiner sur la deuxième page. Cette personne passe le carnet à une troisième personne, qui écrit sur la troisième page ce qu’elle pense est le bon mot vu le dessin de la deuxième page. Ça continue autour de la table. Vous avez l’idée. Je ne peux même pas un peu dessiner, mais j’en ai quand même profité.

Le prochain jeu, Mot Pour Mot, vient de la France. On fait deux équipes qui prennent des tours pour deviner un mot. Je laisse le vendeur l’expliquer :

À votre tour, trouvez vite un mot correspondant à la catégorie imposée puis déplacez chacune de ses lettres vers vous. La première équipe à capturer 6 lettres en les extirpant du plateau l’emporte!

J’ai contribué « montgolfière » à mon équipe. Peut-être pas trop inutile !

La dernière chose était « Good Luck » (Bonne chance en français). Ici, chaque personne écrits trois noms, que ce soient propres ou communs. On forme des équipes. Pendant la premier tour, on doit choisir un nom d’un chapeau, et faut le faire deviner à son équipe. La prochaine fois — toujours avec les mêmes mots — il faut les faire deviner à votre équipe en mimant. (Beaucoup plus simple si on se souvient des mois du 1er tour. La 3e fois, par moyen de dire un seul mot aux membres de son équipe. Encore une fois, il vaut la peine d’avoir fait attention pendant le 1er tour.

Avec ce dernier jeu, ils m’ont battu. Parmi les mots que je connaissais pas : pattemouille, jeannette, et salopette. Honnêtement, je n’entend que « Pat’Patrouille » avec le premier. J’avoue, la hôtesse avait raison ici.

Je ne sais pas ce que je fasse prochainement. Je ne suis pas le seul membre qui n’est pas né francophone, mais aux plus petits événements, c’est le cas. J’espérais que la pâtisserie mettrait les autres plus à l’aise avec moi, mais j’ai toujours l’impression que je n’ai toujours pas trouvé la bonne entrée.

L’expérience vaut quoi exactement ?

J’ai un ami que je connais depuis mon tout premier jour à la fac. Ça fait donc 29 ans que l’on se connaît. Il a immigré aux États-Unis quand il avait 12 ans. Une autre fois, peut-être que je vous raconterai plus de son histoire. Pour l’instant, disons juste qu’il a bien réussi sa vie ici, exactement ce que l’on appelle « the American Dream ». Mais de plus en plus, nous ne sommes plus d’accord sur quelque chose. Et cette chose est un peu le cœur de ce blog.

Ayant assisté à la même fac, et suivi de nombreux cours scientifiques, nous parlons la même langue quant à la chimie. Mais moi, je cuisine depuis la fac, et lui…il vient de préparer des pâtes pour la première fois il y a des mois. (Je ne plaisante même pas un peu ; il a lu un article sur le plat italien dit « cacio e pepe » et décidé que c’était assez simple pour préparer à la maison.) Le manque d’expérience ne l’empêche pas d’avoir des avis forts. Je essayerai de présenter ses avis de manière neutre.

L’année dernière, il a lu un article en anglais qui parle de cette polémique en Italie, provoqué par un scientifique, Giorgio Parisi — gagnant du prix Nobel en physique — qui a décidé qu’il sait mieux que le reste du pays faire cuire les pâtes. Il dit qu’on devrait plonger les pâtes dans l’eau bouillante puis couper le feu après deux minutes et couvrir la casserole. Ça fera des économies d’énergie et produira — selon lui — les mêmes résultats.

Pâtes, Photo par VinRock80, CC BY-SA 4.0

J’hésite à dire à un italien de naissance qu’il ne sait pas cuire des pâtes, mais je suis loin d’être le seul avec une réaction allergique. Un chef étoilé, Antonello Colonna, est cité dans le même article pour dire « Les spaghettis deviennent caoutchouteux quand le feu est éteint, la cuisson à froid est meilleure ».

J’ai peur de prononcer « caoutchouteux ».

Il faut reconnaître que ce débat a eu lieu au moment où l’expression « sobriété énergétique » était partout. Et franchement, s’il disait juste « Ça produira des résultats acceptables » plutôt que « C’est la même chose », je n’aurais pas de problème. Mais mon ami l’a entendu et décidé « Voilà, c’est la science, car c’est la même énergie dans le système. » Mais si on veut parler de la science, il y a trop de suppositions non-justifiées. Que la casserole est assez lourde pour ne pas perdre trop vite la chaleur, que les pâtes ont toutes besoin du même temps de cuisson, que les surfaces de cuisson refroidissent au même rythme — on ne peut pas du tout donner une règle telle que « couper le feu après deux minutes » qui couvre tous les cas !

Mon ex croyait que j’étais fou avec le micro-ondes, qu’il n’y avait aucune raison pour varier la puissance, juste le temps. « C’est la même quantité d’énergie » était l’argument chez elle aussi. Alors, faites fondre du chocolat noir et du chocolat blanc à puissance maximum pendant le même temps, puis dites-moi si les mêmes résultats se produisent. (Indice : le chocolat blanc sera brûlé.) Il faut savoir qu’il y a des différences, que le manque de solides de cacao veut dire un point de fusion plus bas.

Pour revenir vers mon ami, il dit maintenant que si on peut reproduire à la maison ce qui fait un resto, que le prix du resto n’est pas justifié. Je ne suis pas ici pour défendre toute et n’importe quelle augmentation de nos jours. Mais j’ai essayé de lui expliquer quelque chose, non pas pour la première fois. Quand j’ai commencé à faire des pâtes à la maison — feuilletée, à brioche, quelle que ce soit — je n’avais pas la moindre idée de ce que je faisais. Il faut les toucher, les travailler, voir la relation entre la pâte et ce qui sort du four pour comprendre vraiment si la pâte est bonne ou s’il faut l’ajuster. Ce que l’on ne peut pas faire est sortir une enveloppe, faire quelques calculs sur le dos avec plein d’hypothèses non-testées, et s’attendre à de bons résultats.

« Je prêche à la chorale », comme on dit en anglais. Les Français fêtent l’expérience tous les jours avec les CAP et les prix MOF. Mais vous avez aussi vu mes échecs, les macarons (regardez tout en bas), les gâteaux, et les cookies ratés. Peut-être qu’il faut avoir de l’expérience pour comprendre vraiment qu’il faut avoir de l’expérience.