Archives pour la catégorie Le tour des départements

Mon dîner cantalien

Comme les Ardennes, ce que fait spécial la cuisine du Cantal n’est pas les recettes originales, mais les produits locaux. J’ai trouvé nombreuses recettes «cantaliennes» qui sont vraiment auvergnates en général. Ce n’est pas une critique ! Je trouve que c’est souvent le cas que les recettes sont des régions, et les produits sont les vraies choses typiques d’un département. Dans ce cas, d’où vient la soupe au fromage est une question… controversée.

Soupe au fromage, bleu d’Auvergne, et un biscuit canadien

Selon le site Cantal Passion, la soupe au fromage est bien cantalienne, et ils disent qu’on devrait la préparer avec du fromage Cantal. On trouve la même chose chez Cuisine à la Française, où ils recommandent le fromage Tomme (aussi du Cantal). Mais selon les aveyronnais, elle est leur soupe, et on la prépare avec du fromage Laguiole. C’est en tout cas une soupe bien Auvergnate, et on peut dire que cette soupe appartient à l’un ou l’autre selon votre choix de fromage. Naturellement, j’ai donc utilisé du Gruyère, parce que je n’ai ni Cantal ni Laguiole.

Mais j’ai au moins trouvé un vrai fromage auvergnat pour ce repas. C’est le bleu d’Auvergne :

Je ne suis pas grand fan des fromages bleus, j’ai donc choisi un biscuit canadien aux noix de pécan et aux raisins secs pour l’accompagner. Le fromage est fort, et ces biscuits coupent le fromage avec juste un peu de sucre :

Avant de vous donner la recette, je devrais vous dire — j’ai changé mon avis sur la quantité de bouillon après avoir vu qu’elle n’a pas suffit de couvrir le fromage. Après j’ai fini, j’ai su que j’avais tort. Alors j’ai utilisé 0.75 L de bouillon, et j’aurais dû utiliser environ 0.4 L. Je dois le site Cuisine à la française — j’ai coupé leur recette pour celle-ci :

Les ingrédients :

  • 100 g de Tomme de Cantal
  • 1 oignon
  • 150 g de pain de campagne rassis
  • 0.4 L de bouillon de volaille
  • Du sel
  • Du poivre

Les instructions :

  1. Faire blondir 50 g d’oignons dans une poêle avec très peu de matière grasse. — J’ai utilisé un peu de beurre doux.
  2. Couper le pain de campagne en dés.
  3. Porter à ébullition le bouillon de volaille.
  4. Couper le fromage en dés, le répartir dans une soupière au dessus du pain.
  5. Répartir les oignons sur le fromage.
  6. Poivrer au dessus des oignons.
  7. Versez le contenu de la casserole dans la soupière.
  8. Couvrir, laisser mitonner 10 minutes.
  9. Remuer pour faire filer le fromage.

Je découvre le Cantal

On continue le tour avec 15, le Cantal. C’est le département le cinquième moins peuplé, et les habitants se nomment cantaliens. C’est notre quatrième visite à la région Auvergne-Rhône-Alpes, après l’Ain, l’Allier, et l’Ardèche.

Le Cantal fait partie de l’histoire française, mais il y a un moment dans «Un singe en hiver» qui donne la saveur de leur rôle :

GABRIEL FOUQUET Et vous, vous êtes d’ici, avec votre accent du Cantal ?
MAURICE Rodez ! Dans le Cantal ? Il est saoul comme une bourrique !

(Source)

Rodez, en Aveyron, est à 90 km d’Aurillac, la préfecture du Cantal. Ce n’est pas trop loin. Mais c’est clair dans ce dialogue que même si l’Aveyron est rural, le Cantal l’est encore plus. Il n’y a que quatre musées dans le Cantal, et tous parlent des produits agricoles ou la nature, pas de l’histoire.

Ce n’est pas du tout une critique. Aux États-Unis, et surtout dans nos états côtiers, il y a souvent une mauvaise attitude envers les agriculteurs et les plus ruraux états. Nous verrons que le Cantal est aussi beau et plein des lieux charmants.

Souvenez-vous de la Route des Seigneurs du Rouergue, que nous avons rencontrée pour la première fois en Aveyron ? Ça continue dans le Cantal, et il y en a aussi des autres. Voici des exemples :

La seule grande ville de Cantal est sa préfecture, Aurillac, où il y a environ 25 000 personnes. Il y a quelques villages de 6 000, et le reste sont tous petits. Comme je vous ai dit, c’est l’un des départements les moins peuplés. Le plus vieux bâtiment d’Aurillac est leur abbaye, construite entre 894-916, mais il n’y en a pas trop d’autres comme elle malgré son grand âge.

Abbaye Saint-Géraud d’Aurillac, CC A-P 4.0 par Celeda

Le Cantal est plus connu pour sa beauté naturelle que pour ses bâtiments. Le guide Michelin recommande les Gorges de la Truyère, le Belvédère de Mallet (pas de photos disponibles, désolé), et le Viaduc de Garabit (tous 2 étoiles) :

Mais oubliez un peu l’histoire quand vous êtes dans le Cantal. Ils ont de beaux villages !

Qui sont les habitants les plus connus du Cantal ? En premier, il y a le premier pape français, Sylvestre II, de son vrai nom Gerbert d’Aurillac. Il y a aussi le Président Georges Pompidou, l’écrivain Georges Bataille, et la Reine Marguerite de France (l’épouse d’Henri IV de Navarre). Quand j’écris sur les gens connus, c’est-à-dire en dehors de la France. Il y a des autres, mais ce sont les gens qui je connais.

Finalement, comme les Ardennes, avec toutes ces fermes et produits locaux, on peut bien manger dans le Cantal — mais beaucoup de ces produits ne sont pas disponibles près de chez moi. Il y a le fromage AOP Cantal et le fromage AOP Salers. En plat principal, ils mangent beaucoup d’œufs, l’omelette brayaude et la pachade. Et en dessert, la tarte à la Tome de Carladès (préparé avec de la Tome, un autre fromage local).

Le gâteau Marjolaine

Bien que j’aie fait ce gâteau pour mon dîner calvadosien, en fait, il vient du grand chef Fernand Point. On retrouve la recette originale dans son livre «Ma Gastronomie», et elle était créée pour son restaurant La Pyramide, à Vienne. Avant que vous ne pensiez que j’ai une copie de Ma Gastronomie, je dois vous dire deux choses : 1) c’est difficile à trouver ce livre aux États-Unis, et 2) même si j’avais réussi à trouver le livre, il n’est pas trop utile pour les cuisiniers à domicile, parce qu’il manque certaines instructions et mesures.

Je remercie nôtre journal, le Chicago Tribune, pour la version originale (traduit en anglais), et aussi la version du chef Patricia Wells, une américaine qui habite en France. Hélas, la version sur le site du Chicago Tribune vient de disparaître, mais voici un lien à la version Google, et voici un lien à une autre version de sa recette chez le New York Times. (Cette dernière utilise du rhum, qui ne fait pas partie de la recette originale.)

Pour faire ce gâteau, on doit faire : de la poudre de praliné, de la meringue aux noisettes, de la crème de beurre, et de la ganache au chocolat. Faites-les dans cet ordre — et c’est VRAIMENT important que vous ne fassiez pas la ganache jusqu’au moment de montage ; sinon, elle deviendra trop épaisse.

Les ingrédients pour la poudre de praliné :

  • 55 grammes d’amandes
  • 60 grammes de sucre en poudre
  • 3 cuillères à soupe d’eau
  • De l’huile végétale

Les instructions pour la poudre de praliné :

  1. Préchauffer le four à 150 °. Mettre de l’huile végétale sur une plaque de cuisson. Sur une autre plaque de cuisson, rôtir les amandes dans le four jusqu’à ce qu’on puisse les sentir, environ 10 minutes.
  2. Mettre le sucre au centre d’une casserole, et verser l’eau autour du sucre. Faire cuire sur un feu moyen-bas jusqu’à ce que le sucre caramélise à une couleur moyenne-ambrée. Mme. Wells dit environ 10 minutes, mais j’avais besoin de 20. Remuer seulement si une partie devient beaucoup plus foncée qu’une autre, et ensuite seulement doucement.
  3. Sur le feu, incorporer les amandes chaudes directement au mélange de sucre jusqu’à ce que les amandes soient uniformément enrobées. Versez immédiatement le mélange sur une plaque à pâtisserie huilée et laissez refroidir.
  4. Après que le mélange a bien refroidi, casser en morceaux et pulvériser dans un mixeur ou un robot.

Les ingrédients pour les meringues aux noisettes :

  • 100 grammes de noisettes (sans coques)
  • 90 grammes de sucre en poudre
  • 35 grammes de farine de blé
  • 10 blancs d’œuf
  • 1 pincée de sel

Les instructions pour les meringues aux noisettes :

  1. Chauffer le four à 150 °. Beurrer deux moules Swiss roll de 35 x 25 cm, puis tapisser de papier parchemin. Beurrer et fariner le papier.
  2. Faites cuire les noisettes jusqu’à ce que vous puissiez les sentir, environ 10 minutes. Retirer du four et placer dans un torchon propre. Frotter vigoureusement les noisettes avec une serviette pour enlever leur peau. (N’essayez pas de supprimer chaque petit morceau.)
  3. Broyer les noisettes dans un robot culinaire avec des tours marche / arrêt. Ne pas broyer en poudre. Mélanger les noisettes avec le sucre et la farine.
  4. Battre les blancs d’œufs avec une pincée de sel dans un bol en cuivre propre (ou dans un bol en acier inoxydable avec une pincée de crème de tartre plus le sel) jusqu’à ce qu’ils forment des pics fermes. Incorporer le mélange de noisettes et de sucre aux blancs. Répartir le mélange dans les moules préparés et étaler uniformément. Cuire au four jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés, 35 à 45 minutes.
  5. Retirer du four; retourner sur des étagères pour refroidir. Retirer délicatement le papier. (Si vous avez du mal à retirer le papier, placer d’abord une serviette humide sur les gâteaux pendant 5 à 10 secondes.)
  6. Quand les gâteaux sont complètement froids, coupez-les en deux dans le sens de la longueur. Avec un couteau dentelé, couper les bords rugueux pour que les quatre couches aient la même taille.

Les ingrédients pour la crème au beurre :

  • 590 ml de lait entier
  • 8 jaunes d’œuf
  • 120 grammes sucre en poudre
  • 70 grammes de farine de blé
  • 180 grammes de beurre doux
  • 1 cuillère à café de vanille liquide

Les instructions pour la crème de beurre :

  1. Faire bouillir le lait dans une grande casserole. Pendant ce temps, battre les jaunes d’œufs et le sucre jusqu’à ce qu’ils soient jaune pâle, puis incorporer la farine.
  2. Fouetter environ 1/4 du lait dans le mélange œuf-sucre, puis verser dans la casserole avec le reste du lait. Remettre à ébullition en remuant, puis poursuivre la cuisson jusqu’à épaississement complet, au moins 2 minutes. Verser dans un bol; Laisser refroidir.
  3. Battre le beurre dans le grand bol du batteur jusqu’à ce qu’il ait la consistance de la crème fouettée. Quand la crème est complètement froide, battre-la avec le beurre en ajoutant la vanille à mi-cuisson. Réfrigérer jusqu’au moment de l’utiliser.

Les ingrédients pour la ganache au chocolat :

  • 450 g de crème fraîche ou sour cream (regarde les photos)
  • 425 grammes de chocolat aigre-doux haché

Les instructions pour la ganache au chocolat :

  1. Chauffer la crème à ébullition à feu moyen.
  2. Hors du feu, ajouter le chocolat haché et fouetter doucement jusqu’à ce que le mélange soit lisse.
  3. Verser doucement dans un grand bol pour refroidir.

Les instructions de montage :

  1. Diviser la crème au beurre en deux. Battre la poudre de praliné dans la moitié de la crème au beurre et réserver.
  2. Placer une couche de gâteau sur une assiette. Se répandre 1/3 de la ganache au chocolat sur la couche. Réfrigérer pour raffermir, environ 10 minutes.
  3. Glacer une autre couche de gâteau avec toute la crème au beurre et réfrigérer. Glacer une troisième couche de gâteau avec tout le beurre praliné et réfrigérer.
  4. Placer la couche de crème au beurre sur la couche de chocolat, puis la couche de praliné sur la crème au beurre. Placer la couche de gâteau restante sur le dessus. Utiliser le reste de la ganache au chocolat pour glacer le dessus et les côtés du gâteau. Réfrigérer environ 15 minutes, puis couvrir avec du film à contact en plastique et réfrigérer au moins 24 heures. Avant de servir, laissez reposer à température ambiante pendant 15 minutes.

Le poulet à la normande et le soufflé au navet

Je vais séparer les recettes du dîner calvadosien en deux posts, parce que la recette pour le gâteau Marjolaine est LONGUE. Je ne vais pas vous donner la recette du pain de mie — on peut la trouver dans le livre d’Apollonia Poilâne. Ici, on prépare le plat principal et le plat d’accompagnement. Cette fois, le site touristique officiel du département n’a pas de recettes — ils préfèrent que vous alliez au resto ! — mais après avoir recherché, j’ai choisi une recette qui était publié dans l’un de nos journaux, le New York Times. Oui, j’ai aussi lu mes sites habituels comme Marmiton et Chef Simon. Je trouve que celle-ci est facile à comprendre, soit en anglais soit en français. Ils attendent un poulet entier de 1.5-2 kg ; je n’ai utilisé que 2 poitrines, mais le reste de la recette ici suffit pour un plus grand poulet.

Pour les réseaux sociaux, qui utilisent la première photo du post, d’abord une jolie photo du repas :

Les ingrédients :

  • 2 poitrines de poulet
  • Du sel
  • Du poivre noir
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive ou de graisse de poulet
  • 120 ml de Calvados
  • 300 ml de cidre
  • 15 oignons perlés
  • 0.7 kg de pommes — choisissez une variété dure
  • 2 cuillères à soupe de maïzena
  • 5 cuillères à soupe de crème fraîche — j’ai utilisé «sour cream», quelque chose de similaire

Les instructions :

  1. Assécher le poulet avec du papier absorbant et bien assaisonner avec du sel et du poivre.
  2. Chauffer la graisse ou l’huile dans une grande cocotte ou une poêle profonde à feu moyen-vif jusqu’à ce qu’elle soit chatoyante.
  3. Faire dorer le poulet, par lots si nécessaire, côté peau vers le bas jusqu’à ce qu’il soit bien doré, 6 à 8 minutes, puis retourner et saisir l’autre côté jusqu’à ce qu’il soit doré, encore 3 minutes. Si vous utilisez du poulet sans peau, faire dorer 2-3 minutes par côté.
  4. Après avoir doré le poulet, éteindre le feu et ajouter le Calvados. Quand le grésillement s’est calmé, allumer le feu à moyen-doux, porter le liquide à ébullition et laisser cuire 4 minutes pour évaporer l’alcool.
  5. Ajouter le cidre et les oignons et porter à ébullition à feu moyen. Baisser le feu pour faire mijoter très doucement.
  6. Éplucher et évider rapidement les pommes, coupez-les en morceaux et placez-les sur le poulet.
  7. Couvrir la casserole et cuire, en vérifiant de temps en temps pour s’assurer que le liquide mijote doucement, sans bouillir, jusqu’à ce que le poulet soit tout juste cuit, 35 à 40 minutes.
  8. Retirer le poulet, les oignons et les pommes dans une assiette et couvrir.
  9. Faire une bouillie avec la maïzena et 3 cuillères à soupe d’eau froide. Incorporer ceci dans le liquide de braisage et porter à ébullition pendant 1 minute, jusqu’à épaississement.
  10. Incorporer la crème fraîche et assaisonner la sauce avec du sel au goût, remplacer le poulet, les oignons et les pommes dans la sauce et servir.

Maintenant, le soufflé au navet. Je dois vous dire que j’ai eu un souvenir du «Grand Restaurant» en traduisant la recette, qui vient de notre magazine Saveur (oui, malgré le nom, c’est en anglais). Un kilogramme de navets est devenu (dans la tête) «Ein kilogramme kartoffeln…». Mais je ne vais pas mentir…il n’y a pas de muskatnuss — désolé, de noix de muscade — dans cette recette. Peut-être ça devrait être le cas. Je trouve cette recette un peu fade, même avec du poivre. Je vous recommande d’expérimenter avec des épices, mais ici je vous présente la recette exactement selon ce que j’ai fait.

Les ingrédients :

  • 1 kilogramme de navets
  • 60 g de beurre
  • 3 cuillères à soupe de farine
  • 80 ml crème liquide entière
  • Au moins 2 cuillères à soupe d’oignon haché
  • Du sel
  • Du poivre
  • 4 œufs, séparés en blancs et jaunes

Les instructions :

  1. Préchauffer le four à 180 °. Graisser un moule à soufflé avec 1 cuillère à soupe de beurre, saupoudrer de farine (éliminer l’excédent) et réserver.
  2. Faire bouillir les navets dans une casserole d’eau salée à feu vif jusqu’à ce qu’ils soient tendres, 8 à 10 minutes; bien égoutter et écraser jusqu’à consistance lisse.
  3. Faire fondre le reste du beurre dans une poêle moyenne à feu moyen. Ajouter la farine et cuire en remuant pendant 2 minutes. Incorporer la crème et la purée de navets et cuire jusqu’à épaississement, environ 5 minutes.
  4. Ajouter les oignons, le sel et le poivre au goût. Retirer la casserole du feu et incorporer graduellement les jaunes d’œufs. Transférer le mélange dans un grand bol et réserver.
  5. Fouetter les blancs d’œufs dans un grand bol jusqu’à la formation de pics fermes. Incorporez-les doucement au mélange de navets et déposer dans le plat préparé.
  6. Cuire au four jusqu’à ce qu’ils soient gonflés et dorés, 35 à 40 minutes.

Mon dîner calvadosien, façon Belgian Lion

Depuis mon enfance, mon plat préféré de toute la cuisine française est le poulet à la normande chez The Belgian Lion. Ils sont fermés depuis longtemps, mais je savais au début de ce blog que je ferais ce plat pour le département du Calvados. Pourquoi ? Parce qu’on fait ce plat avec de la liqueur Calvados ! Et si j’allais faire un plat à la façon Belgian Lion, il fallait que je fasse tout le dîner selon leur style. Alors, mes chers lecteurs, VOILÀ !

Poulet à la normande, soufflé au navet, Calvados Berneroy XO, Camembert au Calvados d’E. Graindorge, Mimolette d‘Isigny Sainte-Mère, pain de mie au poivre selon la recette d’Apollonia Poilâne, gâteau Marjolaine

Non, je ne peux pas du tout faire un dîner comme ça pour chaque département ! Mais je voulais vous donner un aperçu du vrai Coup de Foudre, de tout ce qui m’inspire. Je ne me souviens plus de leur pain, alors j’ai choisi une recette que j’adore. Les fromages sont tous calvadosiens, surtout le Camembert, qui est fait avec de la liqueur Calvados. J’ai dû faire le soufflé au navet parce qu’il était l’un de leurs plats d’accompagnement. Le gâteau Marjolaine n’est pas de Calvados — il est au grand chef Fernand Point — mais il était la spécialité de la maison chez The Belgian Lion. On peut le trouver encore chez leur fille. Je suppose que je dois encore un dessert typique au département !

Je vous donnerai les recettes demain, parce que je suis tellement fatigué, mais je vais partager quelques photos du dîner ; le pain de mie, le soufflé au navet, et bien sûr, le gâteau Marjolaine.

Je découvre le Calvados

On continue maintenant avec 14, le Calvados. C’est le département le trente-deuxième plus peuplé et les habitants se nomment calvadosiens.

Le Calvados est absolument plein de l’histoire ancienne et moderne. On se trouve la célèbre tapisserie de Bayeux (XIe siècle), la maison de Sainte Thérèse de Lisieux (XIXe siècle), et quatre des cinq plages du débarquement allié en Normandie (le 6 juin 1944)

Aux États-Unis, les produits agricoles du Calvados sont très bien connus. La célèbre liqueur appelée Calvados est bien disponible. Vous souvenez-vous de mes problèmes en cherchant le fromage aubois Chaource ? Pas de problème avec le Camembert et la Mimolette du Calvados !

La plus grande ville du Calvados, Caen, a été fondée au Xe siècle. Guillaume le Bâtard — désolé, Guillaume LE CONQUÉRANT — a grandi la ville, et lui et sa femme ont fondé l’Abbaye aux Dames et l’Abbaye aux Hommes, où tous les deux sont enterrés. (Je ne devrais pas me moquer du roi — selon l’Alliance Française, la moitié des mots anglais sont d’origine française grâce à lui, un fait qui m’aide à apprendre.) Plus tard, au XIVe siècle, la ville faisait partie de la Guerre de Cent Ans. Pendant la Révolution, la très bien connue Charlotte Corday à vécu à Caen avant d’assassiner Marat.

Pour visiter toute cette histoire incroyable, les plus beaux lieux sont les musées de Bayeux (3 étoiles Michelin) où on peut voir la tapisserie et étudier la Bataille de Normandie, le château de Guillaume à Caen (2 étoiles), le cimetière militaire US de Colleville-sur-Mer (3 étoiles), l’Église Saint-Étienne (site de l’Abbaye aux Hommes, 3 étoiles), et peut-être aussi la Basilique et le Carmel de Lisieux.

Qui sont les personnes célèbres du Calvados ? Bien sûr, Guillaume le Conquérant et Sainte-Thérèse, mais aussi le compositeur Erik Satie, le très grand mathématicien Pierre-Simon de Laplace, l’évêque anglicane Thomas Becket et l’écrivaine Françoise Sagan.

Et pour manger au Calvados ? On a déjà parlé de leurs fromages et la liqueur Calvados, mais il y a aussi les fêtes de la coquille Saint-Jacques, du cidre AOC, et beaucoup d’autres produits laitiers et fruits de mer. Si vous mourez de faim là-bas, c’est de votre faute !

Les chichis frégis

Chers lecteurs, aujourd’hui je suis vraiment fier de vous présenter quelque chose de vraiment spécial, quelque chose qui ne peut être trouvé nulle part sur Internet — les vrais chichis frégis de l’Estaque. «Mais vous êtes fou, Justin» vous dites. «Il y a beaucoup de recettes pour les chichis frégis en ligne. Et vous n’avez jamais visité Marseille !» Bah oui, mais j’ai fait mes devoirs, et je vous montrerai l’évidence avant de vous donner la recette. Je crois qu’après avoir vu ce que j’ai trouvé, vous serez d’accord que j’ai la bonne idée. D’abord, les résultats :

On entend souvent parler que les chichis frégis sont comme les churros. J’ai grandi à moins de 70 km du Mexique. Je connais bien les churros. Ce que je vois dans les photos en ligne ne sont pas de churros. Voici un vrai churro :

Churros — photo par Krista. Autorisé par CC BY 2.0.

Dans cette vidéo, il y a un interview avec Michel Morales de Chez Magali, et on peut voir comment il fait les chichis. Ils ne ressemblent pas du tout aux churros !

Voici aussi un article avec M. Morales (en anglais) où il dit qu’il y a de la farine de pois chiches dans ses chichis frégis. Et voici un article en français où il dit carrément qu’il n’y a pas d’huile d’olive dans les chichis:

On voit plein de recettes sur Internet où il est marqué qu’il faut mettre de l’huile d’olive, c’est faux !

Le chichi frégis, trésor secret de l’Estaque

Pourquoi est-ce que je vous montre ces interviews ? Parce que chacune des recettes sur Internet n’utilise pas de la farine de pois chiches, et presque toutes utilisent soit d’huile d’olive soit d’œufs pour donner de la grasse à la pâte. Mais selon l’un des chefs de l’Estaque, ces recettes ont toutes tort ! Il y a déjà un peu de grasse dans la farine de pois chiches. Avec cette farine, inutile d’ajouter de l’huile d’olive !

Voici des exemples : Cuisine Actuelle (huile), Quatre Saisons au Jardin (huile), Le Journal des Femmes (œufs et lait), Recettes et Terroirs (huile), 750g — lié par Chef Simon (œufs et beurre), CuisineAZ (huile facultatif) et Marmiton (pas de grasse). Aucune de ces recettes n’a de farine de pois chiches. Pensez-vous maintenant que j’ai fait mes devoirs ? J’en ai fait assez pour 2-3 personnes.

Les ingrédients :

  • 125 g farine de blé
  • 90 g farine de pois chiches
  • 4 g de levure sèche
  • 1 cuillère à soupe sucre en poudre
  • 1 pincée sel
  • 10-15 cl eau (lisez les instructions)
  • 1 cuillère à soupe eau de fleur d’oranger
  • Huile de friture, soit d’arachide soit de soja

Les instructions :

  1. Délayer la levure dans 5 cl d’eau tiède. Mélanger la farine de blé, la farine de pois chiches, le sucre et le sel dans un grand saladier puis ajoutez la levure et la fleur d’oranger.
  2. Pétrir en ajoutant d’eau. On veut obtenir une pâte molle et souple qui se détache de la main. Utiliser au moins 10 cl d’eau, mais mélanger bien et vérifier souvent la pâte. Je crois que j’aurais pu utiliser un peu de plus d’eau.
  3. Couvrir le saladier avec une torchon et laisser reposer 2 heures à température ambiante. La pâte poussera.
  4. Quand la pâte a doublé de volume, faire chauffer l’huile de friture à 165 °C. J’ai utilisé un thermomètre ; ce n’est pas dangereux. Il y a un risque que votre pâte explosera si la température arrive à 200 °C, couper donc un peu le feu après avoir obtenu la bonne température.
  5. Remplir une poche à douille avec votre pâte. J’au utilisé une grande douille cannelée. Mettre un grand escargot de pâte dans l’huile.
  6. Quand un côté est bien doré, tourner le chichi avec des pinces ou une grande cuillère en plastique.
  7. Retirer le chichi et l’égoutter sur des feuilles de papier. Couper le chichi avec des ciseaux et saupoudrer avec du sucre glace.

Mon dîner bucco-rhodanien

D’abord, après avoir vu «La cuisine au beurre», je pensais que je ferais une bouillabaisse. C’est de la cuisine bien marseillaise. Mais avant de faire ce dîner, j’ai lu un article sur le quartier marseillais appelé L’Estaque. Là-bas, on se trouve 3 kiosques — Chez Magali, Chez Freddy, et Lou Goustado de l’estaco — où tous les trois servent le même menu. En plat principal, ils servent les panisses, un plat un peu comme le plat méditerranéen appelé falafel. Tout le monde vient à l’Estaque pour manger des panisses aux cônes en papier. C’est une alimentation très simple, et bien qu’ils ne sont pas compliqués, on doit faire attention pour les faire bien. C’est un plat vraiment dans l’esprit de ce blog. Alors :

On ne peut pas trouver la recette de n’importe quel des trois kiosques, alors j’ai recherché une dizaine de recettes sur Internet. Elles sont toutes vraiment similaires, mais elles ne sont pas d’accord sur une chose — la forme ! La bonne forme pour faire les panisses de style kiosque est un cercle. Je suppose qu’on peut utiliser une boîte de conserve pour faire de jolis cercles, mais j’ai décidé d’utiliser quelque chose de plus simple — un moule à bûches de Noël !

Je vous conseille de soyez TRÈS généreux avec le poivre et le sel à la fin de recette. Les panisses me rappellent la polenta, alors elles ont besoin des épices pour le meilleur goût. Bien que je ne dois pas la recette exacte à une seule personne, je vous recommande les recettes de David Lebovitz et My Parisian Kitchen pour plus d’exemples.

Les ingrédients :

  • 250 grammes farine de pois chiches
  • 1 litre d’eau
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à café du gros sel
  • du sel
  • du poivre

Les instructions :

  1. Dans une casserole, mettre l’eau, l’huile d’olive, et le gros sel. Ne le portez pas à ébullition, mais faites-la chaude. J’ai porté l’eau à 80 C avant la deuxième étape.
  2. Couper un peu le feu. Vous voulez maintenir la température sans bouillir. Ajouter la farine de pois chiches. Fouetter pendant 3-4 minutes. Après, continuez à mélanger avec une maryse jusqu’à 15 minutes. On veut éviter des grumeaux, mais c’est vraiment difficile. Je vous rassure que la pâte vous donnera mal aux mains, et elle sera très épaisse à la fin.
  3. Mettre la pâte dans un moule et réserver au frigo pendant au moins 2 heures.
  4. Mettre pleine d’huile d’olive dans une poêle et faire chauffer. Couper la pâte en tranches et cuisiner environ 2 minutes la côte (un peu moins est mieux). Utiliser des pinces pour tourner les panisses. Mettez-les sur des feuilles de papier pour retirer l’excès de grasse. Ajouter du sel et du poivre.

Je découvre les Bouches-du-Rhône

Notre prochain département est le plus grand du tour jusqu’à maintenant. Les Bouches-du-Rhône est le département le troisième plus peuplé de toute la France, et les habitants sont appelés Bucco-Rhodaniens. C’est maintenant notre quatrième séjour dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Le préfecture des Bouches-du-Rhône est Marseille, la plus vielle ville de France. Elle date à 600 ans avant J.-C., quand des marins grecs l’a fondée sous le nom Massalía. Ce n’est pas surprenant qu’on se trouve plusieurs musées consacrés à cette époque-là, comme le Musée d’Archéologie méditerranéenne, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, et le Musée des Docks romains.

Comme beaucoup d’autres sites partout dans la France, Marseille est pleine de vieux bâtiments, du Moyen-Âge et de la Renaissance :

Il y a aussi une cathédrale qui me rappelle un peu ma cathédrale préférée partout en Europe, Santa Maria del Fiore à Florence, Italie. La cathédrale à Marseille s’appelle «la Major», et elle ne date qu’au XIXe siècle — sinon, la façade de la cathédrale italienne date au même temps :

Et en dehors de Marseille, on se trouve le très célèbre Château d’If, la maison du Sandwich de Monte-Cristo…oups, c’est quelque chose d’américain, notre version du croque monsieur. Ah bon, le château est le prison où Edmond Dantes était prisonnier dans le roman, Le Comte de Monte-Cristo :

Château d’If

Mais les Bouches-du-Rhône n’est pas seulement Marseille ! À Aix-en-Provence, on se trouve le Musée des Tapisseries. Entre Marseille et Cassis, on se trouve le Parc National des Calanques (3 étoiles !). Arles a plusieurs ruines romaines dont une arène et une théâtre. Et après avoir vu La cuisine au beurre, qui ne veut pas faire une promenade au long du Miroir des Oiseaux à Martigues ?

Il y a beaucoup de célébrités liées aux Bouches-du-Rhône. Peut-être l’homme le plus connu mondialement du département est l’astrologue Michel de Nostredame, dit Nostradamus. Il y a aussi l’acteur Fernandel, le philosophe Jean-François Revel, le footballeur Zinedine Zidane, le peintre Paul Cézanne, le réalisateur Henri Verneuil… on peut continuer pendant très longtemps.

Finalement, la gastronomie du département. Ils sont encore provençales, alors nous trouvons beaucoup de plats de fruits de mer, comme la bouillabaisse et les soupions. Les panisses sont un plat à la farine de pois chiches qu’ils partagent avec les italiens. La boisson pastis fait sa origine à Marseille. En dessert, on trouve les chichis frégis, un genre de beignet, et les calissons, un genre de confiserie.

Mon dîner aveyronnais

Arrêtez n’importe quoi que vous êtes en train de faire. C’est moins important que de planifier votre prochain séjour en Aveyron. Autant que l’Ardèche et les Alpes-Maritimes, ils ont de la belle cuisine ! Voici les farçous et la flaune :

Les farçous sont une spécialité aveyronnaise aux épinards et aux lardons. La flaune est un cousin du flan pâtissier, mais plus simple et avec de la fleur d’oranger. Tous les deux sont DÉLICIEUX !

D’abord, nous allons faire les farçous. Je dois vous prévenir — il n’y a pas de mesures dans cette recette. C’est le genre de recette où Mamie sait déjà tout et la montre à ses petits-filles pour perpétuer la tradition. J’ai dû suivre les photos de cette recette, que je dois à l’Agence de Développement Touristique de l’Aveyron.

Les ingrédients, pour 5-6 farçous :

  • 2 œufs
  • Bouquet de persil
  • Pain (3-4 tranches environ)
  • Lait
  • Farine
  • Ail (2 ou 3 gousses)
  • Epinard (un saladier)
  • 100 g Lardons

Les instructions :

  1. Laver les épinards et le persil.
  2. Dans un saladier, mettre le pain avec du lait. Laisser reposer 2-3 minutes.
  3. Pendant que le pain repose, faire revenir les lardons à la poêle.
  4. Mixer le pain, les légumes et les lardons dans un robot multifonction
  5. Mettre la mélange dans un saladier. Ajouter les œufs et fouetter bien.
  6. Ajouter de l’ail, du poivre, et du sel selon vos goûts.
  7. Faire avec de la farine des petites boules, pour ensuite les disposer dans la poêle (quand un côté commence à dorer le retourner pour faire dorer l’autre). Les farçous dorerons très vite, donc faites attention !

La flaune est un dessert très délicieux. La recette ressemble un peu le flan pâtissier, mais c’est encore plus facile. Faites attention et ne remplissez pas trop votre tarte — la recette dit 40 minutes, mais j’en ai eu besoin de 60 pour tout cuire. Cette recette vient aussi de l’Agence de Développement. J’ai utilisé ma recette habituelle pour la pâte brisée au lieu de la sienne.

Les ingrédients pour la pâte brisée :

  • 100 g de beurre
  • 200 g de farine
  • 1 g de sel
  • 25 g de sucre en poudre
  • 1 jaune d’œuf
  • 50 ml d’eau

Les instructions pour la pâte brisée :

  1. Dans un saladier, mélanger bien la farine et le beurre. C’est vraiment important que la pâte est bien sablée.
  2. Ajouter le sel, le sucre, le jaune d’œuf et l’eau. Bien mélanger et ajouter un peu plus de farine si la pâte est trop collante.
  3. Former une jolie boule et réserver au frigo pendant deux heures.
  4. Étaler la pâte et la mettre dans un moule à tarte.

Les ingrédients pour la garniture :

  • 4 œufs
  • 200 g de sucre
  • 400 g de recuite
  • 25 cl de crème liquide
  • 2 cuillères à soupe de fleur d’oranger (la version originale dit 1 dl, mais j’ai cru que c’est trop, et j’étais heureux avec les résultats)

Les instructions pour la garniture :

  1. Mélangez au fouet et énergiquement les œufs avec le sucre. Ce mélange doit blanchir sous l’action du fouet.
  2. Ajoutez la recuite, la crème liquide et la fleur d’oranger. Mixez le tout et versez sur le fond de tarte.
  3. Cuire 45 minutes à 160°C.