Je ne m’attendais jamais à ce que le nom dans le gros-titre n’apparaisse ici. Mais un ami m’a envoyé un SMS hier matin pour me dire qu’il a dû faire un coup de fil à StubHub, le revendeur de billets d’évènements le deuxième mal réputé aux États-Unis (Ticketbastard Ticketmaster ayant le titre à jamais), et que le tout premier choix du menu était « Compose le 1 si votre appel concerne des billets de Taylor Swift, le 2 autrement ». (N’oubliez pas qu’à mon avis, même « tu » est trop formel pour traduire le « you » américain. S’il y avait une forme réservée seulement aux couples au lit, ce serait le choix de nos grandes entreprises.) J’ai dû le vérifier pour moi-même.
Enfin, c’est assez proche de la vérité. Il faut d’abord composer 1 pour choisir « questions sur des billets déjà achetés », mais après ÇA, c’est Mme Swift ou autrement. Assez drôle en soi quand on pense au fait qu’autrement en ce moment comprend la NFL, Pink, Red Hot Chili Peppers et la dernière tournée des Eagles avant leur retraite. (Super. Comme dit une chanson de country, « Comment peux-tu me manquer si tu ne me quittes pas ? » « Hotel California » est la chanson la plus jouée de trop de tous les temps.)
J’ai essayé à plusieurs fois d’écrire un plus long billet à partir de ce sujet, mais je trouve qu’à chaque fois, il finit par faire plus de la polémique que j’en avais envie. Mais je vais quand même partager un fait intéressant.
Voici les derniers albums ajoutés à mon iPhone jusqu’à mi-2021 :
Il y a quelques bandes-sonores de jeux vidéo, deux albums du pianiste Keith Jarrett ainsi que le dernier album de Rush, les trois dans ma collection de disques depuis une décennie mais pas convertis avant — et le reste vient d’artistes francophones, soit français soit québécois. Il n’y a rien de nouveau sorti par un artiste anglophone.
Ce n’est pas par hasard. En fait, les dernières nouveautés en anglais dans ma collection sont arrivées en 2019, et elles sont aussi beaucoup plus vieilles que ça suggère (j’ai acheté quelques tubes des années 80 et 90).
Je dis parfois que je fuis quelque chose autant que je cours vers quelque chose. Il est le cas, tellement, absolument le cas que je peux écouter n’importe quel Français pas nommé Gaëtan Roussel pendant toute la journée. (Il gratte les oreilles. J’ai essayé, j’ai vraiment essayé.) Mais toute la musique en haut a quelque chose en commun — il n’y a rien consacré à me dire à quel point le chanteur ou la chanteuse me déteste. Vous n’avez aucune idée à quel point c’est rafraîchissant.
On reprend le reste de l’émission pour les 30 ans de Taratata. Quand nous sommes partis la dernière fois, c’était Julie Zenatti sur scène avec une chanson de Sylvie Vartan. Après elle, c’était Sheila avec une chanson qui n’a rien fait pour moi, Bang Bang :
Puis, il y avait une grande foule. avec plusieurs artistes qui viennent de jouer revenant sur scène pour « Le Temps d’Amour » de Françoise Hardy. J’adore cette chanson, très important dans l’histoire du blog, mais j’aurais tellement préféré que ce soit juste Mme Zenatti ; je ne m’attends pas à chercher les autres plus tard. Honnêtement, vu que son fils (Thomas Dutronc) était là, même une courte apparition de Mme Hardy aurait été super.
Après ce groupe, un de mes artistes préférés est monté sur scène, Pascal Obispo, avec quelques inconnus pour moi, Superbus, Cali, et Yarol Poupaud. Ils ont joué « Allumer le feu » de Johnny, évidemment très bien connu au public, car ils chantaient avec.
On passe vite par Messrs Bernard Lavilliers et Féfé. J’adore aussi Olivia Ruiz, mentionné ici très peu après mon début, mais avec eux, elle a joué du reggae. Bof.
C’est rare pour Taratata de mettre un musicien qui ne chante pas en vedette, mais du prochain groupe, dont « -M- », Charlie Winston, et Emma Peters, la star était Ibrahim Maalouf, trompettiste. Je ne connais pas la chanson « Libre d’amour », mais M. Maalouf a mon attention.
Après eux, Amandine Bourgeois et « Skip the Use » (Sauter l’Usage, les amis ; ouaip) ont joué la chanson « Highway to Hell » de AC/DC. Malgré leurs accents, ils l’ont réussi :
Ils étaient suivis par Kimberose, que je n’aime pas, et Zucchero, un italien inconnu chez moi. Les deux ont aussi joué une chanson en anglais, « The Letter ». J’aurais pris Zucchero pour un américain de quelque part dans le nord-est du pays.
Mme Bourgeois et Skip the Use sont revenus sur scène pour « Jumpin’ Jack Flash » des Rolling Stones. Avec 3 chansons en anglais de suite, j’étais bien prêt pour un changement, même si la performance était honorable. Qu’est-ce que je dois faire pour vous convaincre que je ne veux rien entendre en anglais ?
C’est donc pourquoi la prochaine chanson était aussi en anglais. Voici Laurent Voulzy, Hollysiz, Raphaël, et Yael Naïm. Je connaissais le nom Laurent Voulzy, et je savais qu’il avait de graves problèmes de santé, mais au-delà de ça, des inconnus pour moi. Ils ont joué « A Horse with No Name » du groupe America — bien des années 80, et je l’aime, mais s’il vous plaît, Nagui. Après, ils ont joué une chanson de M. Voulzy, Belle-Île-en-Mer, et je l’ai beaucoup aimé.
Je connais le nom Vianney, et on a déjà rencontré Charlie Winston ici, mais ils ont décidé de jouer une autre chanson en anglais, et pire, du deuxième pire Harry d’Angleterre, Harry Styles. (Le roi de mauvais Harry ne sera jamais roi, ce qui me rend heureux.) Je refuse, alors j’ai sauté par-dessus de celle-ci.
Le prochain groupe était trop gros pour réussir sa performance. Zazie et Thomas Dutronc sont revenus, avec Hoshi (boo !), Santa, et Eddy Depretto, les deux derniers inconnus pour moi. Ils ont joué « Foule sentimentale » d’Alain Souchon, une des premières chansons que j’ai apprises de l’Alliance française. La foule était très enthousiaste.
On m’a clairement entendu. Le prochain groupe était Patrick Bruel, Axelle Red, Claire Keim, et MC Solaar. Ce dernier m’a fait peur que ce soit du rap, mais en fait il a une voix plutôt agréable, et la chanson était La Javanaise de Serge Gainsbourg. Voilà, on est bien de retour en ma France.
Après eux, il y avait un pianiste tout seul, Vincent Delerm, qui a dirigé la foule en chantant Les Champs-Élysées de Joe Dassin. Celle-ci m’a fait pleurer pour les mêmes raisons que L’Aventurier en live — il y a des fois où on sait ce qui est important à quelqu’un et c’était évident à quel point cette chanson était bien aimée par cette foule.
Claire Keim était ensuite de retour, et elle est une star. Sa version de « Résiste » par France Gall était quelque chose de spécial. Je vais chercher plus de son travail.
Joyce Jonathan était inconnue pour moi aussi, mais sa « Petite Marie » de Francis Cabrel était aussi magnifique. Voilà, Nagui, c’est possible de jouer plusieurs chansons françaises de suite. Mais j’étais surpris que ce n’était pas un pseudonyme — ça sent l’anglais.
Après ça, deux trucs de disco, dont ma punition pour avoir profité des chansons françaises. La Grande Sophie a chanté « Stayin’ Alive » de The Bee-Gees, suivi par Patrick Bruel avec sa propre « Chacun fait c’qui lui plaît ». Cette dernière n’est que moitié-moitié pour moi.
Ils étaient suivis par Cali, un jeune homme très enthousiaste — je n’ai pu que l’aimer — mais avec une voix plutôt limitée. Sa version de « Pour un flirt » de Michel Delpech n’était pas mal. J’irais à son concert si on m’invitait, et je payerais le dîner, mais je n’y irais pas seul.
Puis un maître. Je ne connaissais pas du tout M. Michel Jonasz, mais au-delà de l’enthousiasme de la foule pour « Super Nana », il était un vrai professionnel. Il faut le voir diriger la foule. Les chanteurs précédents lui ont rejoint juste avant la fin :
Maintenant, on arrive à la partie où je vous choque. Je ne m’attendais pas du tout à une vraie légende de la musique américaine, Nile Rogers, du groupe de disco Chic, qui a aussi écrit de nombreux tubes pour d’autres artistes. Il a joué le plus grand tube de son groupe, « Le Freak », puis « Get Lucky », qu’il a écrit avec Daft Punk. Après ces deux, il a collaboré avec une poignée de rappeurs français pour l’autre grand tube de Chic, « Good Times ». Il était évident qu’il ne parle pas français, mais en quelque sorte. Nagui l’a convaincu à y voler. Chapeau, Nagui. Chapeau.
La dernière chanson était encore une fois une reprise des Rolling Stones, « Sympathy for the Devil » avec Shaka Ponk (bof) et Zucchero, qui m’impressionne de plus en plus. Après une soirée aussi réussie, je ne m’en veux pas à Nagui pour ça.
À la fin, beaucoup des artistes sont remontés sur scène pour dire au revoir.
Mais je me suis demandé : rien d’Indochine ni Catherine Ringer ? Ils étaient là les deux le jour où j’ai regardé Taratata pour la première fois. Et voilà, dans les crédits, aux côtés de nombreux autres artistes :
Je suis absolument bouleversé. J’ai fait plein de découvertes, mais ce que je retiendrai pour toujours, c’est qu’encore une fois j’étais frappé par une chanson qui me changera à jamais. Le nombre n’est pas grand — Nos Célébrations, C’est Comme Ça, Chanson Sur Ma Drôle de Vie — mais La Dernière Séance l’a augmenté par un. Toute cette semaine, je la joue en boucle, la version de cette émission. Pour mes propres raisons, j’ai perdu le goût de ma propre culture il y a longtemps. Mais ça fait maintenant trois ans et demi où les Coups de Foudre me frappent encore et encore. Sans savoir d’où ils viendront, il me faut essayer tout et n’importe quoi français. Je suis à vous pour toujours.
Je n’étais pas censé écrire ce post, au moins pas ce soir. J’allais aller (j’adore tellement cette langue) à une autre soirée belote. J’avais préparé des macarons au chocolat absolument parfaits. Ne me croyez pas sur parole, mais regardez ces coques :
Mais au tout dernier moment, mes parents ont annulé leurs plans pour s’occuper de La Fille. Mon père est allé à l’hôpital avec du mal à l’estomac et il s’est avéré d’être un problème de vésicule biliaire. Je ne devrais pas me plaindre — c’était important — mais je ne peux pas dire plus, sauf que je ne suis pas du tout d’accord avec ses plans pour le traiter.
De toute façon, après avoir couché La Fille, j’ai dû trouver autre chose comme sujet pour ce soir. Alors j’ai regardé environ la première moitié de l’épisode spécial pour fêter les 30 ans de Taratata sur le site de France 2 (disponible jusqu’au 18 novembre). J’ai toute une histoire avec Taratata, mais peut-être que la chose que j’adore la plus chez cette émission, c’est les combinaisons d’artistes inattendues. Je découvre à chaque fois également des chansons et des artistes complètement inconnus pour moi, et ça vaut toujours le coup.
L’épisode a commencé avec trois artistes dont je connaissais les noms, mais pas vraiment leurs travaux :
Les trois ont joué plusieurs chansons du groupe Téléphone — un autre nom connu chez moi mais pas plus — puis se sont lancés dans…une chanson en anglais ?!? Pour la première, mais pas dernière, fois de la soirée, j’ai halluciné :
Je suis ici pour vous dire qu’en fait, leur prononciation n’était pas insupportable. Ce n’est pas ce que j’aurais choisi, bien sûr, mais je comprends que le but de Taratata est 100 % des tubes, et celle-ci en est certainement un. Il y a des fois où j’écoute RTL dans ma voiture, et tout à coup, j’entends de l’anglais, et je hurle contre mon portable (où personne ne peut l’entendre) « Espèce de bazar ! T’es en panne, toi ? » De toute façon…
Après eux, il y avait une autre performance avec 3 noms un peu familiers dont je ne connais pas leur musique — et Véronique Sanson. C’était sa chanson « Bernard’s song » :
Il m’étonne à chaque fois ce que Nagui arrive à faire. Véronique Sanson serait en tête d’affiche presque n’importe où (je sais, c’est la même chose pour M. Malade, ainsi que les autres) ; pourtant, sur Taratata, il est souvent le cas que même une telle vedette n’est qu’une entre une dizaine.
Après elle, j’ai eu « un moment Taratata », avec trois femmes complètement inconnues chez moi où je ne pouvais pas m’arracher du portable — Juliette Armanet, Jain, et Jeanne Added. Je ne connaissais pas ce qu’elles ont joué, mais j’écouterais toutes les 3 avec plaisir.
Et après eux, un autre moment avec des stars :
Les quatre ont commencé avec la chanson d’Eddy Mitchell, « La dernière séance ». Je sais, l’émission était mythique, mais c’était la première fois où j’ai entendu la chanson. J’étais scotché. (J’excuse cet anglicisme, parce que je le trouve parfait.) Puis, j’ai eu un choc culturel :
NONONONON, si vous allez chanter « I Can’t Get No Satisfaction » en anglais, c’est « No Particular Place To Go » par Chuck Berry. Mais perso, ma version préférée est la reprise de George Thorogood :
Je comprends, ça vient de l’époque avec plein de chansons traduites de façon inattendue, comme « Il a neigé sur Yesterday » et « Dites-moi qui est-ce grand corbeau noir », mais honnêtement, j’ai trouvé ce moment déroutant. Mais j’ai adoré « La dernière séance ». Plus comme ça, merci.
On avance avec Hannibal Lecter, qui a chanté avec Dionysos et Louise Attaque :
Je sais, c’est en fait M. Gaëtan Roussel. Mais vous le voyez maintenant aussi. Ils ont été rejoint par cette chanteuse écossaise, Sharleen Spiteri, d’un groupe inconnu chez moi, Texas :
Elle chantait et parlait en français ainsi qu’en anglais, et j’ai une grande faiblesse pour le français avec les accents britanniques (surtout David Niven dans Le Cerveau).
Une autre réussite « Taratatesque » était Julien Clerc avec 3 femmes inconnues pour moi :
Ils ont commencé avec une chanson de Charles Aznavour, « For me formidable », puis une chanson de M. Clerc, « Ma préférence ». J’ai adoré les deux, inconnues pour moi avant.
Vous avez le droit d’avoir tort, et si vous voulez écouter ce con, c’est votre affaire :
Je remercie le Bon Dieu pour le bouton d’avance rapide.
Je ne connaissais ni Tryo ni Adrien Gallo ni…euh… »Cats on Trees » ? Vous savez que ça veut dire « Des chats sur des arbres » ? Peu importe, les trois étaient très agréables :
J’ai fini cette fois avec Julie Zenatti, inconnue chez moi, qui a chanté une chanson de Sylvie Vartan, « La plus belle pour aller danser » :
Encore une fois, quelqu’une que j’écouterais à nouveau sans hésitation. Je me demande vraiment pourquoi vous vous souciez des trucs en anglais quand vous avez de tels talents à la maison. J’ai découvert une belle dizaine d’artistes dont je vais chercher plus de leurs œuvres, il me reste la moitié de cet épisode à regarder, et il n’y aura même pas une chose dans ma langue maternelle parmi tout ça. J’ai même tout écouté avec mon casque Focal afin d’assurer que rien d’anglais ne contaminerait la musique.
Bon, je plaisante. J’écoute avec le Focal parce que c’est fermé et il est tard chez moi. Mais quand c’est moi que le dis, il faut au moins penser à me prendre au sérieux !
La Fille joue de la flûte depuis 3 ans. Elle fait partie de l’orchestre à son collège (elle est maintenant en 4e). Hier, pour leur concert de Halloween, l’orchestre a joué une chanson française. Et non pas n’importe quelle chanson française, mais ma préférée depuis 30 ans, la Danse macabre de Camille Saint-Saëns. Je l’ai enregistrée avec mon portable, ce qui n’est pas de la meilleure qualité. À vous de décider ce que vous en pensez :
Je vous rappelle, ceci est mon enregistrement préféré de cette œuvre :
Je vais finir avec une petite anecdote sur mon expérience avec le compositeur.
Quand j’étais au lycée, il y avait un concours entre les lycées de ma ville sur les faits insolites. On jouait dans des équipes de 5 personnes. La capitaine de notre équipe était aussi américaine que moi, mais avait étudié le français depuis le collège. Je sais maintenant que son accent était parfait. On a demandé qui a composé la Danse macabre, et je connaissais la réponse. Mais en tant que capitaine, c’était à elle de la donner. Alors elle l’a dit exactement comme vous la prononceriez.
Mais l’arbitre était une américaine lambda. Elle a regardé le corrigé, et je suis toujours certain qu’à son avis, le nom se prononçait en trois syllabes, où « Saëns » serait quelque chose comme sail-ence. (J’ai du mal ici à l’écrire de façon phonétique — imaginez que la première syllabe rime avec ail.) Elle nous a donc dit que la réponse était fausse.
Clairement, cette expérience me hante toujours, même 30 ans plus tard.
Depuis une belle décennie, je peux compter sur deux choses quand je vais dans n’importe quel resto mexicain :
Je vais manger de la cuisine mexicaine
Je vais écouter une certaine chanson en espagnol, « Vivir mi vida » par un chanteur portoricain-américain, Marc Anthony
Avant de continuer, je vais vous donner le bon clip. Écoutez-le brièvement ; je n’aurai guère besoin d’écrire plus :
Félicitations, vous venez d’expérimenter mon moment le plus choquant de septembre à l’envers. Vous avez presque certainement reconnu que c’est la chanson « C’est la vie » de Khaled, mais en espagnol au lieu de français et arabe :
Mais je n’ai pas trouvé cette chanson en écoutant RTL ou NRJ. C’est ça le truc le plus dingue.
La Fille et moi étions à l’anniversaire d’une amie d’origine persane. Les parents avaient choisi beaucoup de musique que je ne connaissais pas du tout, et vous probablement pas non plus. Sans l’appli Shazam, qui sert à identifier des chansons inconnues, je n’aurais pas eu aucune idée de ce à quoi j’écoutais. Par exemple :
Ou bien :
Je sais, cette dernière vidéo est sans doute la chose la plus « sexy » qui ait jamais apparue sur ce blog. Je suis surpris que ce soit à la fête d’une fille de 13 ans, mais sans le clip, qui sait ? Pas moi !
Alors, je ne sais pas comment il soit arrivé qu’une telle famille jouait une chanson française, mais je vous rassure, après toute la musique persane, j’étais choqué de comprendre Khaled. Je me suis dit, « Attendez, ça semble être une copie de « Vivir mi vida », mais en français ? Comment ça ? Et pourquoi pas en persane ? »
Je n’ai pas de réponses. La Fille connaît l’autre fille, mais au-delà d’être chaperon, je ne connais guère les autres partants. Alors, je n’ai rien demandé. Mais il s’avère que c’est Vivir mi vida qui est la copie !
Seulement les refrains ont quelque chose en commun. Voici les paroles de Marc Anthony :
Voy a reír, voy a bailar Vivir mi vida la la la la Voy a reír, voy a gozar Vivir mi vida la la la la
Je vais rire, je vais danser Vivre ma vie, la la la la Je vais rire, je vais profiter Vivre ma vie, la la la la
L’originale :
On va s’aimer, on va danser Oui, c’est la vie, la la la la On va s’aimer, on va danser Oui c’est la vie, la la la la
Honnêtement, les hispanophones ne se soucient probablement pas de savoir s’ils reçoivent une traduction fidèle ou pas. C’est vraiment la musique que M. Anthony voulait copier. Mais tout comme beaucoup d’autres coïncidences de ma vie, cette chanson était une influence vers la France pour moi, sans même que je le sache !
Je vous dirai quelque chose de choquant. Depuis mes 15 ans, mon groupe préféré en anglais est Rush. Ils ont pris la retraite en 2015. Ça fait donc longtemps qu’ils ne jouent plus, et avec la mort de leur batteur en 2020 à cause de cancer, ils ne joueront plus jamais. Ce n’est pas la partie choquante.
Leur ancien chanteur, Geddy Lee, est de retour, pas pour jouer de la musique, mais avec un nouveau livre, son autobiographie. J’aimerais beaucoup le lire, même s’il va probablement contenir plein de choses que je sais déjà. Mais M. Lee a annoncé cette semaine qu’il va faire un tour afin de promouvoir son livre. Il vend des billets pour le voir dans des théâtres de peut-être 1-2 000 places. Pas les plus grands, et quand on considère que Rush jouait typiquement dans des lieux de même taille que les Zénith, c’est une chute. Mais bon, plein de fans qui assistaient à des performances ne s’intéresseraient pas à une soirée de lecture à haute voix de son livre.
J’ai attendu la prévente en ligne. Comme arrivé souvent aux États-Unis, même quelques secondes après le début, les bonnes places sont toutes disparues car jamais vraiment disponibles. Mais j’ai vu cette horreur :
« Official Platinum » (Platine officielle) est un escroc de Ticketmaster Ticketbastard (Bâtard des billets), le monopole qui contrôle les ventes de billets dans ce pays. Plutôt que vendre les billets au prix catalogue, ils commencent à les vendre au prix qu’ils estiment que les revendeurs chargeront. Gentil de leur part, mais ça rend l’idée du prix original une blague stupide. Pensez-vous que je payerais 515 $ (et probablement 60 $ de plus en « frais » mystérieux) pour un événement qui ne sera même pas un concert ?
Je ne suis pas du tout soulagé que je peux entendre le chœur de « oui » à cette distance. Au contraire de l’image projetée par ce blog, je ne suis pas fait d’argent. Je fais parfois de vraies bêtises au nom du blog, mais je les paie avec des économies ailleurs.
Il est possible de payer « juste » 96 $ pour m’asseoir au balcon, loin de la scène. Le prix comprend un exemple du livre, alors on pourrait dire « Bon, c’est vraiment environ 60 $ pour la place, pas 96 $ ». Mais en plus, je dépenserais 50-60 $ pour l’essence, car les embouteillages garantissent beaucoup d’essence gaspillée, et probablement 30 $ pour me garer. Et les frais mystérieux, ne les oubliez pas. 200 $ pour ce qui ne sera pas un concert.
S’il existe une personne au monde entier pour laquelle je ferais quand même une telle dépense, on parle de lui maintenant. Oui, encore plus que Nico dans la même situation. Mais je n’ai pas fait le voyage fou pour écouter un livre lu à haute voix. Je l’ai fait pour me garantir qu’une fois de la vie, je ferais partie de la plus grande foule de l’histoire d’Indochine et écouterais L’Aventurier en live. J’ai vu Rush 7 fois pendant leur carrière. Il m’étonne que je puisse prendre cette décision maintenant — certes, mes amis anglophones n’arrivent pas à le croire — mais je n’y penserai plus. Cet argent sera réservé pour un retour ailleurs. Vous savez déjà où.
Un ami m’a envoyé un clip qui semble être une chanson de la musique américaine dite « country ». Je vous conseille fortement de regarder le clip avant de continuer :
Au début, je la croyais le travail d’un nommé « Les Jones », parce qu’en anglais, il y a des hommes surnommés « Les » (du prénom « Lester », rarement « Leslie »). Il y a de petits indices que quelque chose ne va pas — des articles mal placés, le mot « bretzel » au lieu de « pretzel » — mais il me fallait regarder la moitié du clip avant d’être sûr que c’était en fait un groupe français, et non pas de chez moi. (C’était bien possible que le chanteur principal soit un hispanophone d’origine avec cet accent.) Inutile d’ajouter que je trouve le résultat hilarant !
On passera très vite par les erreurs, pour éclairer ceux qui le veulent. Ils chantent « Baby, I just love the taste of the chicken wings » — c’est une erreur typiquement française car on dirait « J’adore le goût des ailes de poulet », mais on n’utilise pas d’article ici en anglais. Supprimez ce mot et ça va. C’est la même chose pour « I don’t want a candy » — encore une fois, on dirait « Je ne veux pas de bonbon », et l’anglais n’utilise pas d’article ici. Mais faites attention — ils disent « chips » parfaitement. Il y a une raison pour laquelle je me suis trompé !
Mais il vaut le coup d’examiner ce qui se passe, parce que c’est un document culturel intéressant. Ils ont évidemment travaillé dur pour le faire, avec les costumes de cow-boy, les accents assez authentiques pour me tricher même brièvement — en service des plus grands stéréotypes possibles. Voici un court-métrage (environ 25 minutes) avec les mêmes personnages :
Suis-je offensé ? À part les mitrailleuses, ce qui est faux — elles ne sont pas illégales, mais les lois pour les acheter sont complexes, et très peu de monde en a une — cette vidéo est plutôt affectueuse. (Voici un article en français qui montre que plein d’américains sont d’accord.) Ils sont trois frères qui essayent de tout faire comme des américains sans y avoir jamais mis les pieds. (Je me sens ciblé.) Le groupe arrive à Nashville — en vrai ! — pour y jouer un concert. Si ça ne va pas comme prévu, tout ça est beaucoup trop de travail pour être le produit de quelqu’un qui a une dent contre nous. J’oserais même dire que d’une certaine façon, ils ont compris la culture du Sud américain mieux que Johnny Hallyday. Johnny l’a trouvé tout sérieux, même plutôt triste, et ils reconnaissent qu’il y a plein de choses que les locaux ne prennent pas au sérieux. (Un de ces quatre, il nous faudra parler de Johnny.)
Alors quel est le but de tout ça ? Évidemment, vous faire rire. Mais je le trouve aussi une mise à jour de ma scène préférée de L’Aile ou la cuisse, avec de Funès déguisé comme un cow-boy :
Ils chantent « La seule nourriture française que j’aime, c’est les frites » (rappelez-vous que nous disons « frites françaises »). On pourrait lire ça comme si les personnages sont des béotiens. Mais encore une fois, on pourrait dire ça sans avoir fait un si grand effort. Plus tard, ils chantent « Je suis américain donc vous pouvez me blâmer, mais je ne mangerai pas dans votre resto gourmet ». Je vois plutôt des gens qui comprennent que mon dîner nordiste se mange aux deux côtés de l’Atlantique. Il y a pas mal de burgers aux friteries, après tout.
Tout ça est le produit d’un youtubeur inconnu chez moi avant, qui se surnomme « Mister V« , de son vrai nom Yvick Letexier. Monsieur est en fait de Grenoble, et a toute une carrière en tant que parodiste. Il ne fait que quelques vidéos par année, mais ce sont de qualité. Il fait ses devoirs !
Il y a plusieurs blogueurs que je suis (Accordéon et dentelles au jardin, En filigrane, Blogosth) qui ont tous posté des photos sous le nom « Y’a d’la joie » aujourd’hui. C’est d’après un tag hebdomadaire dit « Projet 52 », et c’est le thème de la semaine. Je ne propose pas d’en faire partie, mais le titre m’a rendu bien curieux. Car naturellement, il m’a fait penser à cette chanson des Rita Mitsouko :
Comme je souhaite que je puisse revivre cette époque où j’ai passé de « The No Comprendo » à « Système D » en trois mois, pas comme vous qui aviez dû patienter 7 ans entre les deux ! Découvrir ces albums aussi vite, l’un après l’autre, c’était grisant. Mais je ne savais pas qu’il y avait une référence cachée dans le titre.
Alors, il s’est avéré qu’il y avait une chanson de Charles Trenet, « Y’a d’la joie ». Vous le connaissiez déjà, mais pas moi :
Honnêtement, je crois que la seule chanson que je connaissais de son côté était La Mer, et celle-là seulement à cause de cette reprise américaine des années 50 :
Et pourquoi est-ce que je connais celle-là ? Car jeune, j’ai dû écouter ce qu’on appelle « oldies » — la musique des années 50 jusqu’aux 70 — dans les voitures de mes parents partout. C’est un petit miracle que je connais quand même ma propre décennie, les 80. Pour sa part, La Fille dit que les « oldies » sont tout et n’importe quoi avant 2010. Et quand je vois que Nostalgie — ce qui est clairement votre version de ce genre — joue de la musique de Phil Collins et Tears for Fears, j’ai peur qu’elle ait raison. Au fait, qu’est-ce que vous appelez le genre de Nostalgie ? Mon dictionnaire dit « vieux succès » mais je n’ai jamais entendu personne dire ça.
De toute façon, M. Trenet. Wikipédia me dit que sa chanson vient de 1936. Il était une fois, j’étais grand fan de la musique dite « big band » des années 20 aux 50 aux États-Unis, alors je n’ai rien contre son style. (Ce qui a changé n’a vraiment rien à voir avec la musique elle-même.) Il est clairement enthousiaste, il a une belle voix — plus que Bourvil, qui j’adore mais qui n’avait pas une grande voix — mais je ne sais pas. Peut-être que c’est juste quelque chose où il fallait grandir avec. Mais j’apprécie quand même avoir appris la référence. J’ai souvent l’impression qu’il y a un dialogue entre ce que je regarde, ce que j’écoute et leurs prédécesseurs, et que je rate beaucoup de telles références.
À l’avenir, sachez que vous êtes les bienvenus à me dire ce que je rate de cette façon !
Il y a une chanteuse française qui a vendu plus de 4 millions disques, et habite à Paris — mais il est fortement probable que vous n’en avez jamais entendu parler. Aujourd’hui, je vous raconte l’histoire de la chanteuse francophone la plus écoutée au Japon, Clémentine Mitz. En ce qui suit, je suis également Wikipédia, son propre site, et mes propres recherches sur YouTube.
Malgré mes maigres connaissances de la culture japonaise, je vous mentirais si je disais que j’ai trouvé cette pépite moi-même. C’est à cause d’une question sur le site Quora : « Quelle star française est extrêmement populaire à l’étranger sans que les Français ne le sachent ? » On a répondu avec Pierre Richard, apparemment très populaire à l’URSS à l’époque. Un autre a répondu avec soit Hervé Villechaize soit André Roussimoff, dit « le Géant », mais je crois que ce dernier est très bien connu aux deux côtés de l’Atlantique pour son rôle dans Princess Bride. Mais plusieurs ont répondu avec Clémentine et j’ai dû en savoir plus.
Clémentine Mitz est née en 1963 à Paris, et a commencé sa carrière de chanteuse de jazz en 1988 avec une chanson « Absolument Jazz », sortie en tant que single :
J’ai toute une collection de jazz américain des années 30s jusqu’aux 60s, qui met en vedette Duke Ellington et Joe Williams, ainsi que quelques artistes qui viennent de plus tard, tels que Kevin Mahogany et Dick Hyman. Malgré ça, je suis peut-être la mauvaise personne pour vous dire si une chanteuse française de ce genre est bonne, car — et je crois que je l’ai dit ici avant — je pourrais leur écouter (presque) toutes lire l’annuaire téléphonique à haute voix toute la journée. Même Mme Nakamura si elle évitait son vocabulaire bizarre de Djadja et Pookie. De toute façon, il me semble que cet enregistrement est assez agréable. Pourtant, elle n’a pas connu trop de succès en France.
C’était les japonais qui sont tombés amoureux de sa voix. À partir de 1990, elle est devenue artiste pour Sony au Japon, et a connue du succès avec de tels albums comme « Mes nuits, mes jours ». Avec l’aide d‘un site japonais, j’ai trouvé « Underneath the Apple Tree » (Sous le pommier), un extrait en anglais, reprise d’une chanson que je ne connaissais pas. C’est dépaysant d’écouter une française chanter en anglais pour un public japonais ! Mais sa prononciation est excellente :
Je n’arrive pas à vous expliquer pourquoi les japonais l’aiment plus que les français. Ils ont une petite tradition de jazz qui doit beaucoup à ses origines américaines. Voici Mai Yamane avec une chanson qui ne serait pas hors place dans un bar à Chicago :
Mais j’ai triché un peu. « The Real Folk Blues » est un chef-d’œuvre — qui vient du monde d’animé. Mme Yamane a sa propre carrière en tant qu’artiste, mais cette chanson est connue mondialement parmi les fans d’animé parce qu’elle est parue dans l’une des meilleures séries de tous les temps, Cowboy Bebop.
Et Clémentine a un peu suivi ce chemin aussi. Voici le générique du film Ponyo en japonais :
Elle a enregistré sa propre version en français pour un album dit « Animentine ». Au Japon, les reprises des génériques de l’animé et même des jeux vidéo sont très populaires — c’est logique qu’elle enregistrerait tout un tel album pour son public là-bas :
En 2021, elle a sorti un album en France, ciblé au public français, dit « Quel temps fait-il ? ». C’est un album de reprises de chansons par de tels artistes que Jean Yanne, Serge Gainsbourg, et Jacques Plante. Encore une fois, je l’écoute, je la trouve très agréable, et je me demande pourquoi elle n’est pas mieux connue en France :
Je suppose que je la trouve très sympathique parce que son histoire est très « Coup de Foudre » — malgré l’adresse dans votre navigateur, vous savez que ce blog est 100 % fabriqué aux États-Unis. Moi, j’entends la France dans ses chansons, et c’est très facile d’oublier que l’on est en fait au Japon.
Je paye cher pour mes desserts, et je ne parle même pas du chocolat Valrhona. 3-4 fois par semaine, pendant 25-30 minutes à chaque fois, je monte sur le vélo d’entraînement. Ça ne suffit pas toujours non plus, mais c’est le moins que je puisse faire. Et pour ne pas ralentir, il faut que j’écoute quelque chose de… agressif.
Il était une fois, pendant les années 90 et jusqu’en 2006, j’utilisais un lecteur de CD portable, et je ne changeais jamais les disques pendant les séances. D’habitude, j’écoutais une collection de génériques de James Bond — les vrais, pas les parodies avec ce Daniel Craig. Mais le problème, c’est que je me croyais un petit Tom Jones, et je chantais avec « Thunderball, » et ça ne marche pas du tout.
Puis j’ai acheté un iPod shuffle, la version originale. Le souvenez-vous ? Il fallait ajouter les chansons dans exactement le bon ordre, car il n’y avait aucun écran. Pas de problème ! J’ai choisi une liste de chansons, et je l’utilisais de 2006 jusqu’en 2019. Voilà :
En 2019, je n’ai pas exactement décidé de trouver autre chose, mais il y a des moments de détente même dans la liste en haut. Alors j’ai décidé d’ajouter une autre liste avec seulement la musique de combat de certains jeux :
Ce n’est pas une erreur ; « The Bionic Jam » apparaît deux fois, jusqu’au pire moment, à environ 15 minutes. Ça part des meilleurs moments du jeu « Bionic Commando », mais tous revisités à la guitare électrique. Voilà :
« Mais Justin, » vous me dites, « il y a deux problèmes. Une, rien à voir avec ce blog. Et deux, Indochine, où est-il ? » Et honnêtement, entre 2020 et le mois dernier, je n’étais pas content d’écouter Indochine sur un vélo. Sauf pour Alice et June, les versions des albums ne conviennent pas trop à mes besoins. Mais j’ai récemment fait des expériences, et voilà, j’ai enfin une nouvelle liste qui marche parfaitement.
Oui, tout va du film du Central Tour. Il s’avère que ce qui manquait à toutes ces chansons, c’était 72 000 lyonnais qui hurlaient le plus fort possible. « Mais Justin, » vous vous plaignez encore, « Lynyrd Skynyrd n’a rien à voir avec Indochine ». Et oui, vous avez raison. Mais juste à la fin, le vélo se ralentit beaucoup, et j’ai besoin de quelque chose de beaucoup plus lente. C’est aussi à la fin de la deuxième liste, mais il y a trop de titres pour tout montrer. Certaines habitudes ne changeront jamais.
Je dois vous dire, cette liste marche encore mieux qu’attendu. Les vitesses et les durées ont toutes les deux haussé. Je dois sauter par dessus de l’introduction du concert pour Alice et June, parce que ça ne va pas du tout. Après, c’est parfait, surtout quand les autres dans la salle de sport m’entendent en criant « Lyon ! » avec Nico (5:52) :
Voilà, j’ai le même problème dans la salle de sport que partout ailleurs — la France me manque à chaque instant.