Vieillir, c’est embêtant, mais c’est la seule façon de vivre longtemps.
Félix Leclerc, auteur québécois
Je ne m’attendais pas à écrire ce billet. Du tout. Mais il a eu ses 5 ans avec nous en août (alors il est probablement né en avril ou mai 2019), et les cobayes ont une espérance de vie entre 5 et 8 ans. D’abord, je voudrais juste vous rassurer, il est toujours avec nous, et je ne pense pas à autre chose.

Je l’ai emmené chez la vétérinaire pour son examen médical annuel hier. Au passé, il y allait deux fois par an pour se faire couper les ongles, et l’une de ces fois était aussi un examen. J’aurais pu vous dire qu’il se bat de moins en moins quand je dois l’enlever de sa cage afin de la nettoyer. Je croyais que c’était à cause de son âge. Ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, c’était les raisons. Et les autres choses.
Quand l’infirmière l’a mis sur la balance, je m’attendais à un poids d’environ 3,5 livres. C’est son poids depuis le temps qu’il a atteint son âge adulte. Alors 2,8 livres était choquant. La vétérinaire a ordonné une radiographie pour vérifier s’il avait des calculs urinaires. Ce n’était pas le cas, mais il s’est avéré qu’il souffrait d’arthrite. C’est ça la raison pour laquelle il ne fait plus beaucoup d’efforts pour m’éviter dans sa cage. Il doit désormais prendre ces médicaments :

Celui de gauche est un complément alimentaire, avec un ingrédient, glucosamine, souvent donné aussi aux êtres humains avec l’arthrite. Celui de droite est un analgésique car pas comme les êtres humains, les animaux peuvent toujours recevoir de tels médicaments aux États-Unis. (Ben, ce n’est pas un opioïde, et ça, c’est ma vraie plainte.)
Mais on n’a pas fini avec les mauvaises nouvelles. La vétérinaire me dit qu’en plus de l’arthrite, ses dents du bas sont trop gros, et il lui est difficile de manger. Apparemment, plus que les rongeurs vieillissent, plus ça leur arrive. Il va donc subir une intervention chirurgicale le 23 septembre.
Tout ça va coûter cher. Pour être très clair, malgré tout ce que vous avez lu ici, M. Descarottes est un membre de la famille, et si je devais manger moins pour payer ses traitements, je le ferais sans hésiter. On n’est pas là. Mais la radiographie et les médicaments d’aujourd’hui m’ont coûté 400 $, et la chirurgie fera pareil. Je ne m’attendais pas à ces dépenses, alors s’il vous vient dans l’esprit que ça vient de faire un trou en forme d’Indochine dans mon portefeuille, merci de me donner vos choix pour la prochaine loterie Mega Millions. Si vous avez raison, je vous enverrai des macarons sur demande pour la vie.
Ne pleurez pas pour moi à cet égard. M. Descarottes n’est pas notre premier animal de compagnie, mais il sera le dernier. Nettoyer sa cage me fait mal au dos. Mais vu notre relation compliquée, je vous raconterai la véritable histoire.
Quand La Fille avait ses 6 ans, elle était dans ce que l’on appelle « kindergarten », la maternelle grande mais typiquement dans le même bâtiment que l’école primaire ici. La prof avait un cobaye dit « Clover » (Trèfle), et chaque week-end, un enfant pouvait le prendre en charge à sa maison. Clover avait déjà ses 5 ans à l’époque, mais il était habitué à être entouré par beaucoup de monde, alors il était très sympathique. Nous l’accueillions le plus de toutes les familles, et j’ai fait une promesse à La Fille que nous achèterions notre propre cobaye. On l’a fait pour Noël après son 7e anniversaire, et il s’est nommé Clover, d’après l’ancien. Voici le Clover de l’école, puis le nôtre :


Notre Clover est mort à l’âge de 18 mois. Je ne le savais pas, mais il avait une malformation congénitale de ses intestins. Ils étaient tordus de mauvaise façon, et un jour, ils ont explosé. Je l’ai retrouvé mort dans sa cage — la vétérinaire a dû faire une autopsie pour me dire ça. Clover et moi ne nous entendions pas hyper-bien, mais je me sentais coupable bien que le docteur m’ait dit que ce n’était pas de ma faute. Des mois plus tard, on a acheté un autre cobaye, aussi nommé Clover — et non pas « Clover II ».
Quand je vous ai présenté M. Descarottes pour la première fois, je cherchais un nom bien français. J’allais le surnommer « M. Cobaye », car je manque d’imagination, puis j’ai lu qu’en français, les noms de famille qui commencent par « Des » sont souvent liés à la noblesse (c’est apparemment plus compliqué que ça ). C’était assez pour moi, et si je peux me vanter un peu, je crois que c’est l’un des trucs dont vous profitez le plus sur ce blog.
Les origines censées du nom lui conviennent très bien — il se comporte, surtout envers moi, grosso modo comme vous le connaissez. Je n’ai jamais, même pas une fois, ressenti la moindre affection venant de son côté, mais je sais qu’il aime ma fille. Malgré ça, même si je savais que ce jour arriverait, le jour où il nous quittera sera l’un des pires de ma vie.














































