Archives pour la catégorie Non classé

Du franc-parler sur M. Descarottes

Vieillir, c’est embêtant, mais c’est la seule façon de vivre longtemps.

Félix Leclerc, auteur québécois

Je ne m’attendais pas à écrire ce billet. Du tout. Mais il a eu ses 5 ans avec nous en août (alors il est probablement né en avril ou mai 2019), et les cobayes ont une espérance de vie entre 5 et 8 ans. D’abord, je voudrais juste vous rassurer, il est toujours avec nous, et je ne pense pas à autre chose.

Je l’ai emmené chez la vétérinaire pour son examen médical annuel hier. Au passé, il y allait deux fois par an pour se faire couper les ongles, et l’une de ces fois était aussi un examen. J’aurais pu vous dire qu’il se bat de moins en moins quand je dois l’enlever de sa cage afin de la nettoyer. Je croyais que c’était à cause de son âge. Ce à quoi je ne m’attendais pas du tout, c’était les raisons. Et les autres choses.

Quand l’infirmière l’a mis sur la balance, je m’attendais à un poids d’environ 3,5 livres. C’est son poids depuis le temps qu’il a atteint son âge adulte. Alors 2,8 livres était choquant. La vétérinaire a ordonné une radiographie pour vérifier s’il avait des calculs urinaires. Ce n’était pas le cas, mais il s’est avéré qu’il souffrait d’arthrite. C’est ça la raison pour laquelle il ne fait plus beaucoup d’efforts pour m’éviter dans sa cage. Il doit désormais prendre ces médicaments :

Celui de gauche est un complément alimentaire, avec un ingrédient, glucosamine, souvent donné aussi aux êtres humains avec l’arthrite. Celui de droite est un analgésique car pas comme les êtres humains, les animaux peuvent toujours recevoir de tels médicaments aux États-Unis. (Ben, ce n’est pas un opioïde, et ça, c’est ma vraie plainte.)

Mais on n’a pas fini avec les mauvaises nouvelles. La vétérinaire me dit qu’en plus de l’arthrite, ses dents du bas sont trop gros, et il lui est difficile de manger. Apparemment, plus que les rongeurs vieillissent, plus ça leur arrive. Il va donc subir une intervention chirurgicale le 23 septembre.

Tout ça va coûter cher. Pour être très clair, malgré tout ce que vous avez lu ici, M. Descarottes est un membre de la famille, et si je devais manger moins pour payer ses traitements, je le ferais sans hésiter. On n’est pas là. Mais la radiographie et les médicaments d’aujourd’hui m’ont coûté 400 $, et la chirurgie fera pareil. Je ne m’attendais pas à ces dépenses, alors s’il vous vient dans l’esprit que ça vient de faire un trou en forme d’Indochine dans mon portefeuille, merci de me donner vos choix pour la prochaine loterie Mega Millions. Si vous avez raison, je vous enverrai des macarons sur demande pour la vie.

Ne pleurez pas pour moi à cet égard. M. Descarottes n’est pas notre premier animal de compagnie, mais il sera le dernier. Nettoyer sa cage me fait mal au dos. Mais vu notre relation compliquée, je vous raconterai la véritable histoire.

Quand La Fille avait ses 6 ans, elle était dans ce que l’on appelle « kindergarten », la maternelle grande mais typiquement dans le même bâtiment que l’école primaire ici. La prof avait un cobaye dit « Clover » (Trèfle), et chaque week-end, un enfant pouvait le prendre en charge à sa maison. Clover avait déjà ses 5 ans à l’époque, mais il était habitué à être entouré par beaucoup de monde, alors il était très sympathique. Nous l’accueillions le plus de toutes les familles, et j’ai fait une promesse à La Fille que nous achèterions notre propre cobaye. On l’a fait pour Noël après son 7e anniversaire, et il s’est nommé Clover, d’après l’ancien. Voici le Clover de l’école, puis le nôtre :

Clover de l’école
Notre premier Clover

Notre Clover est mort à l’âge de 18 mois. Je ne le savais pas, mais il avait une malformation congénitale de ses intestins. Ils étaient tordus de mauvaise façon, et un jour, ils ont explosé. Je l’ai retrouvé mort dans sa cage — la vétérinaire a dû faire une autopsie pour me dire ça. Clover et moi ne nous entendions pas hyper-bien, mais je me sentais coupable bien que le docteur m’ait dit que ce n’était pas de ma faute. Des mois plus tard, on a acheté un autre cobaye, aussi nommé Clover — et non pas « Clover II ».

Quand je vous ai présenté M. Descarottes pour la première fois, je cherchais un nom bien français. J’allais le surnommer « M. Cobaye », car je manque d’imagination, puis j’ai lu qu’en français, les noms de famille qui commencent par « Des » sont souvent liés à la noblesse (c’est apparemment plus compliqué que ça ). C’était assez pour moi, et si je peux me vanter un peu, je crois que c’est l’un des trucs dont vous profitez le plus sur ce blog.

Les origines censées du nom lui conviennent très bien — il se comporte, surtout envers moi, grosso modo comme vous le connaissez. Je n’ai jamais, même pas une fois, ressenti la moindre affection venant de son côté, mais je sais qu’il aime ma fille. Malgré ça, même si je savais que ce jour arriverait, le jour où il nous quittera sera l’un des pires de ma vie.

Le temps de planifier

Après les deux derniers billets, je suis franchement un peu épuisé ; c’était du travail. Dit autrement, je considère que la quantité de blabla ici a bien haussé, car j’en suis de plus en plus capable, mais il prend toujours du temps. Alors, je vais vous donner quelques nouvelles et un avant-goût de l’avenir, car j’ai un tas de brouillons que je ne peux pas publier afin de suivre le bon ordre.

Dessin par Gaspirtz, CC BY-SA 3.0

(Désolé pour le dessin en anglais ; c’est difficile à trouver une image d’une boule de cristal utilisée pour la voyance sur Wikimedia.)

Mardi, j’ai eu ma prise de sang diabétique. Je n’irai chez le médecin que jusqu’à la semaine prochaine, mais j’ai déjà vu les résultats. Pas aussi bons que je les aurais aimés, mais absolument acceptables. Il n’y aura pas de changements à mes médicaments. Parce que je suis assez sage que l’A1c reste au-dessous de 7,0, ça fait 6 mois entre mes rendez-vous, pas les 3 habituels.

Je suis déçu par la prochaine chose à venir. Quand Indochine a sorti ses deux derniers albums, les « Singles Collections », je les ai eus le même jour qu’en France. Il y a des raisons pour lesquelles je suis un si grand passionné de la FNAC. Mais l’album sortira le 7, et DHL livre à chaque fois en exactement deux jours, alors j’ai vérifié ma précommande hier :

Soit il va y avoir un miracle le 6, soit je vais être déçu ce week-end. Et non, je ne vais pas l’acheter en format compressé en ligne pour l’avoir plus vite. Toute ma musique est sur mon ordinateur et mon portable dans Apple Lossless, tiré directement des disques.

Ce week-end, je me débarrasserai de la chose qui m’a apporté le plus de chagrin pendant les 12 dernières décennies. On va en parler, bien que ce soit une mauvaise idée.

Je dois attendre le départ de La Fille pour préparer mon dîner valdoisien. Vous ne le saviez pas, mais c’était un changement à l’horaire de sa garde qui a tant réduit la vitesse du Tour. Anciennement, elle passait 3 jours chez un parent, 1 jour chez l’autre, puis 3 de plus avec le premier. Puis la situation irait dans l’autre sens pendant la semaine prochaine. Avec ça, si j’allais cuisiner quelque chose qu’elle n’allait pas aimer, j’avais toujours un jour pour le faire, peu importe la semaine. Maintenant, j’ai une semaine, puis je dois patienter une semaine entière. Si j’ai raté une semaine libre, voilà, un mois entier entre départements. C’est comment on a passé de 33 départements pendant la première année à 24, puis 22, et en finira avec 22 en cette dernière. Cependant, ça m’a encouragé à hausser le niveau de détail, alors ce n’est pas tout pour le pire.

Novembre, 4e anniversaire du blog, sera La Grande Fête du Tour. Je publierai « C’est le 1er » à Halloween, car ce novembre, ce sera mon tour de victoire. Il n’y aura pas de Langue de Molière, car tous les jours, sauf le lundi, seront des rétrospectives. Je ne les ai pas toutes planifiées ; ce sera donc une source de stress en septembre et octobre.

Je vous ai déjà donné un goût de l’avenir avec le Projet 30 Ans de Taratata. Je ne vais rien divulgâcher, mais si vous trouviez ce blog ambitieux avant, sachez que le Tour sera remplacé par au moins 4 nouveaux projets. Les coulisses sont toujours pleines ici !

L’exposition Baccarat

J’étais à South Coast Plaza pour mon dîner hebdomadaire chez Quattro Caffe, où ils attendent que j’amène un rencard depuis 14 ans déjà. C’est donc pas intéressant en soi. (Pourquoi cette fidélité ? Avez-vous essayé d’aller dans un resto seul aux États-Unis ? Les serveurs préféreraient servir Hitler et Eva Braun en couple qu’un célibataire tout seul. Car le couple laissera probablement un plus grand pourboire. Quand on découvre un resto où on est le bienvenu, on ne le quitte pas.) On peut manger très sain, là :

Dans l’atrium du centre commercial, Baccarat s’est installé pour une petite exposition. Voici ce que j’ai vu en entrant par le premier étage :

On entre à droite, et il y a trois chambres. La première, en forme de la lettre « L », montre certains de leurs produits les meilleurs connus. En arrière, il y a une chambre avec des projecteurs, qui montre un court-métrage (environ 5 minutes) sur les ateliers de Baccarat. Finalement, la chambre toute à gauche contient de nouveaux produits disponibles uniquement à South Coast Plaza en ce moment, même pas en France. Mais c’est selon une vendeuse, alors qui sait vraiment ?

On entre et voit ce lustre, dit « chandelier » en anglais. Je connais une langue qui pourrait utiliser un tel mot :

Puis on passe à la grande partie de cette chambre en forme de « L ». Là, on trouve le plus vieux produit de Baccarat, les verres « Harcourt », fabriqués depuis 1841 :

J’aurais pu vous dire ça, mais pas la date. Dans une autre vie, j’étais grand fan de Baccarat. On en parlera en bas. Connaissez-vous les papillons ? C’est difficile de les prendre en photo :

Il y a l’un de ces papillons chez nous, dans la chambre de La Fille, depuis 2012. Le même que celui-ci (mais le prix était la moitié à l’époque !) :

Je ne savais pas avant que la couleur était le résultat d’être peint. Je croyais que le verre a dû être teint avant d’être soufflé. J’ai appris ça du film.

Je voulais anciennement de tels verres pour servir le dîner aux invités, mais personne ne m’a dit que je n’allais jamais avoir des invités :

Ce vase est trop grand pour moi :

Honnêtement, je ne sais même pas à quoi sert ce serviteur. Des bonbons ? Des petits fours ?

Il y a un autre lustre, plus petit :

Mais ce que j’aime le plus chez Baccarat, c’est les vases dits « Eye ». Ils en ont montré un rectangulaire, mais je préfère les ovales

Alors, les produits nouveaux. D’abord, un panneau qui présente la nouvelle collection :

Le panneau mentionne que cette collection, « New Antique », est fabriquée par une équipe qui comprend 13 Meilleurs Ouvriers de France. Je le crois. Presque rien de cette collection se montre sur leur site web, et il n’y avait aucun panneau pour les décrire en détail.

D’habitude, j’aime terminer mes billets sur une note positive, mais mon anecdote personnelle de Baccarat est horrible. Je vais quand même la partager. C’est quoi, ça ?

Et si je vous disais que ce sac et sa boîte non ouverte sont dans ma chambre ? Est-ce que je les ai achetés aujourd’hui ? Récemment ? NOPE.

En 2012, le magasin de Baccarat ici a mis certaines choses en promotion, dont le vase Eye ovale que j’aime tant. Je me suis dit, « Vous l’aimez, et le prix est bon (une réduction de 20 % !), mais quel homme décore sa maison comme ça ? Allez, vous l’achèterez, puis vous le garderez en tant que cadeau pour votre prochaine femme. »

Et c’est comme ça qu’il y a une boîte non ouverte de chez Baccarat dans ma chambre depuis 12 ans.

La rentrée de la rentrée

Aux États-Unis, on a une tradition dite « Back to School Night », la Nuit de la Rentrée, où les parents visitent les écoles afin de rencontrer les profs. On dirait que c’est la rentrée au milieu de la rentrée. Parfois les élèves y assistent aussi, parfois pas. Avec presque 3 000 élèves au lycée de La Fille, les élèves n’étaient pas les bienvenus, afin d’avoir assez de places. Alors j’ai eu un échange de SMS avec La Fille que je dois partager :

Demain sera son 10e jour dans sa 1ère classe de français. Vous savez tous qu’elle n’a pas appris ça au lycée. Ni de Duolingo non plus. En revanche, vous savez en plus ce qu’elle a déjà fait pour ce blog. C’est juste notre façon de se taquiner.

Naturellement, je sais que ce dont vous avez envie, c’est de savoir comment est son cours de français. D’abord, le bâtiment, consacré entièrement aux classes de français, d’espagnol et de chinois :

Voici des photos de la salle de classe, sans infos personnelles visibles :

On peut cliquer sur ces trois photos pour les agrandir. Dans la photo à droite, vous remarquerez quelque chose que j’adore — les poches avec les nombres se trouvent dans toutes les salles de classe du lycée. Les élèves doivent y déposer leurs portables pendant les cours. Sinon, les expressions que l’on trouve sur les panneaux autour de la salle sont toutes plutôt basiques. Malgré ça, la prof nous a montré comment elle fait pour leur apprendre le français — elle parle presque complètement en français mais fait des gestes vers des diapositives afin d’indiquer quels sont les bons mots en anglais. Pour ce qu’il vaut, elle est d’origine niçoise.

Honnêtement, elle va beaucoup plus apprendre en parlant avec moi à la maison. Que dire quand elle a déjà vu Rabbi Jacob, La Grande Vadrouille et La Folie des grandeurs avant sa toute première classe ? J’aimerais lui montrer des films de Belmondo, mais aucun de ces disques-là n’ont des sous-titres en anglais.

C’est ici où je vous mentionne que mon premier prof d’espagnol s’appelait Señor Félix Speer, et qu’il venait d’Argentine. Et si vous pensez que je n’avais pas de questions sur l’arrivée de sa famille dans ce pays, bienvenue au blog pour la première fois. Mais même si j’avais raison, il n’avait certainement rien à voir avec la Seconde Guerre mondiale lui-même.

J’aimerais juste vous montrer une autre chose, qui m’a un peu déçu, même si la faute est au gouvernement à Sacramento et non pas le lycée. Voici les conditions pour avoir son diplôme :

Haute résolution en cliquant

Ça dit en premier qu’il faut suivre 3 ans d’histoire, mais ce sont : histoire mondiale, histoire américaine, et gouvernement/économie. Ça commencera au début de la 2e, alors, il n’y aura pas de cours d’histoire européenne comme celle de ma 2e. Je n’aime pas ça. En 2021, je vous ai parlé du fait que mon amour de Jeanne d’Arc a commencé à la maternelle, et je lisais sur certains rois à la même époque, mais ce n’était qu’au lycée où j’ai appris les noms Rochefoucauld et Montesquieu, et tout ce que je sais de la Révolution. Et ça valait beaucoup plus qu’apprendre à prier aux dieux Aztèques (lien en anglais). Vous pensez que je plaisante, mais c’était seulement en 2022 que l’État de Californie a dû retirer ça des lycées face à un procès lancé par des parents furieux.

Seulement deux ans d’une langue sont nécessaires maintenant — c’en était 3 à mon époque. 2 ans de maths et 3 ans de sciences suffisent maintenant — j’ai dû passer au moins 3 ans en cours de maths. Au moins il faut toujours 4 ans d’anglais — comme si ça servait toujours à quelque chose dans ce pays de « Is that OK? » et tous les autres assauts contre la langue de Shakespeare.

Il faut que je m’arrête — on a 4 ans du lycée devant nous, et La Fille serait déçue si je me faisais une crise cardiaque tout au début !

Sacré Adobe

Langue de Molière est reportée afin de me plaindre. Ne vous inquiètez pas, je n’allais pas poster le billet raté de la semaine dernière, car ça attend toujours des recherches. Mais je viens de découvrir quelque chose d’énervant chez mes logiciels hier, en particulier ceux que j’utilise pour publier le bulletin de l’OCA.

D’abord, je dois vous dire que j’ai beaucoup hérité d’Y, la lettre que je vais utiliser pour le nom de mon prédécesseur. Elle est une artiste talentueuse, bien que ce ne soit pas son métier, et elle est responsable pour le dessin actuel du bulletin. Cependant, elle travaillait avec le site Canva pour tout publier, et celui-lá a des points forts, et…des moins forts…par rapport a un logiciel tel que Micro$oft Word ou Adob€ InDesign. Oh, est-ce que j’ai donné mon avis sur ces deux entreprises ? Je m’en fichier.

Alors, Canva. Si on est un utilisateur payant, on peut utiliser une médiathèque sans pareil pour décorer vos publications, ce qu’Y faisait. Sinon, il faut supprimer TOUTE ressource payante afin de télécharger le produit final. J’ai passé une belle vingtaine d’heures en avril pour reconstruire ou remplacer tous les graphiques payants, un sacré travail que je n’ai eu à faire qu’une fois. Désormais, mes ressources gratuites, fabriquées à la main, garantissent une publication qui vaut chaque centime payé. Non, en fait, j’ai largement fait des travaux de qualité, car je n’hesitais pas à utiliser mes photos prises pendant des séjours en France.

Mais il y a une chose de laquelle je suis le plus fier. Vous demandiez-vous pourquoi je craignais qu’ils n’acceptent pas un américain pour le rôle ? Le bulletin n’est pas seulement un calendrier d’événements, mais une publication de communications officielles du gouvernement français, en particulier du consulat à Los Angeles. Je crois que je peux vous montrer la bannière que j’ai fabriquée pour une de ces pages :

Ceci est un fichier .jpg de taille 1200 pixels par 120 pixels. C’était originalement un fichier .png, qui serait mieux si on doit changer de taille, mais vous ne voyez rien de mauvais ici. Les couleurs sont exactes, car j’ai tiré les bonnes infos du site officiel du gouvernement français. L’ancien graphique était une photo avec l’ancien bleu des années Avant-Macron, alors pas plus correct, mais pas la faute d’Y. Cette photo-là était payante, mais tant qu’un autre président ne s’implique pas dans l’affaire, ce travail est terminé à jamais.

Sauf que. Vous saviez qu’il allait y avoir un « sauf que ».

J’ai tout fait avec Canva sur un ordinateur Windows. Canva s’imagine suffisant pour préparer de vraies publications de haute qualité pour imprimer, alors toute image dans les fichiers PDF rendus par le site sont en résolution originale. Même avec des .jpgs partout, le fichier produit avec toutes nos ressources fait environ 23 MB, beaucoup trop pour envoyer par courriel. Mais pas de soucis, je dois juste réduire la taille avec Adobe Acrobat, n’est-ce pas ?

Voici la version avant compression :

Sur Windows, rien ne change après compression. Mais qu’est-ce qui arrive quand on ouvre le même fichier sur un produit Apple Pomme ?

Mais où est donc passé mon beau drapeau ?!? (Avez-vous remarqué l’influence d’un certain film sur moi ?)

Il s’avère que le problème n’a rien à voir avec mon drapeau lui-même, ni le choix de .png ou .jpg (ce que je croyais au début était le problème). J’ai une version d’Acrobat Standard très vieille sur mon ordinateur. Acrobat X, pour être précis, sorti en 2010. C’est un peu un miracle que le logiciel marche toujours sur Windows 11. En quelque sort, c’est le seul graphique que j’ai fabrique qui disparaît quand le fichier est compressé.

Je me suis dit, « Ben, pas de problème, cherchez un autre logiciel pour faire la tâche. » Et quand j’ai recherché « réduire la taille d’un fichier PDF », qu’est-ce que j’ai trouvé ? Une page sur Adobe.com qui l’a proposé en tant que service gratuit. Je devais juste me connecter — pas de problème encore, je suis déjà utilisateur de leurs produits. Mais après 3 fois, le service arrête de marcher — à moins que je m’abonne pour un frais de 155 $ par année, ou 22 $ le mois. Il n’y a plus d’option de payer une copie du logiciel pour installer sur son propre ordinateur — sauf pour Adobe Acrobat 2020.

Et ça coûte combien ? Croiriez-vous 520 $ ? Ne me croyez pas sur parole, c’est la vérité ! Désolé, mais je ne vais jamais payer ça. Tout PDF que je fais avec mes autres logiciels ne me coûte rien ; mon seul besoin ici est réduire la taille des fichiers, pas toutes les autres fonctions. Et c’est pour un but non-lucratif en plus !

Il y a d’autres sites qui font l’affaire en ligne, et j’en ai utilisé un (lien en français) pour règler le problème cette fois. Mais je ne connais pas ces gens, et j’aimerais garder la confidentialité au maximum, en tout faisant chez moi. Je sais que du point de vue d’Adobe, je les ai trichés en quelque sorte, car j’ai utilisé mon logiciel beaucoup plus longtemps que prévu. En revanche, je n’avais absolument aucun besoin de toute autre fonction sauf pour scanner — et le logiciel ne marche plus avec mon nouveau imprimante — et réduire les tailles de ces fichiers. Je trouve ce prix franchement pirate.

(Photo de couverture utilise Cercle rouge par Emoji One, CC BY-SA 4.0.)

Les macarons d’adieu

Il est 0h50 quand je commence à écrire ce billet. Je viens de rentrer de San Diego, à 115 km de chez moi, où j’ai assisté à la réunion de 30 ans de ma classe au lycée. En 2023, je vous ai parlé des 25 ans de ma classe à l’université. Je sais que cette tradition n’existe pas en France, mais comme vous pouvez voir, elle existe à plusieurs niveaux de l’éducation ici. (Pour autant que je sache, aucune maternelle ne fait ça.)

Mes raisons pour être là sont compliquées. D’une part, j’ai de mauvais souvenirs de mes années lycéennes. D’autre part, si je réussis mon rêve de déménager une fois La Fille part pour la fac, cette fois aura été mon adieu à toutes ces personnes.

J’ai donc préparé une surprise pour le groupe :

Il y avait 3 boîtes identiques — je m’attendais à une trentaine de personnes.

Voici le type qui est allé avec les macarons :

Beurk, je ne peux guère le regarder. Il manque presque complètement de cheveux, le vieillard.

J’espérais que l’ancienne prof de français serait là, car elle se souvenait de moi la dernière fois bien que je n’aie jamais été un de ses élèves. Mon ancienne prof d’espagnol était là, et je lui ai montré le blog. Je veux être bien clair — ma prof d’espagnol était ma préférée au lycée, même si je voulais suivre plutôt le cours de français.

La première partie de la réunion a eu lieu au lycée lui-même. Voici deux photos :

La cour du bâtiment à droite était le lieu, et il y avait environ deux centaines de personnes, car tous les 5 ans ont eu leurs réunions — 1994, 1999, 2004, etc. Après, ma classe est partie pour le bar d’un hôtel pas loin du lycée, afin de continuer entre nous seuls. C’était au bar que j’ai sorti les macarons.

Je dois vous dire, ils ont été très bien reçus. Beaucoup de monde ont déjà vu certaines de mes pâtisseries sur Facebook, mais personne ne s’attendait à ce que j’en apporte ! Peut-être que je l’ai fait juste pour leur rendre jaloux. À vous de décider.

J’étais ravi d’y voir la tante de Sadie, la jeune fille qui a inspiré les collectes de plaquettes du blog (2022 et 2023, 2024). Je ne savais pas jusqu’à ce soir qu’elle lit parfois le blog ! Je la soutiens, alors elle me soutient. J’aurais dû le deviner — elle est l’une des meilleures personnes que je connaisse.

Je ne vais pas vous dire laquelle, mais je n’ai écouté qu’une chanson en boucle pendant tout l’aller-retour. C’était en français. On va la discuter plus tard.

Il me reste la prochaine réunion de ma fac en 2028. J’y irai, enfin, je crois. Mais je me sens enfin prêt à mettre le passé derrière moi.

La trouvaille inattendue

Aujourd’hui, j’étais sur Amazon — .com, pas .fr — afin d’acheter un CD français indisponible sur iTunes, et où le prix chez la FNAC n’est pas moins cher que celui d’Amazon aux États-Unis. Vous n’avez aucune idée à quel point c’est choquant, ça — à cause des impôts pour les marchands, (presque) tout produit culturel français est moins cher pour moi chez la FNAC qu’ici. Mais le disque en question n’est pas trop récent, et les stocks sont bas partout.

Si vous voulez savoir lequel, vous pouvez visiter mon pauvre compte Instagram, où il y a un indice caché où personne ne l’a trouvé — le post le plus récent en ce moment. (J’ai un don pour trouver de nouvelles manières de me plaindre, n’est-ce pas ?) Laissez tomber — je suis très enthousiaste de cette découverte, comme beaucoup d’autres pistes que j’ai choisies pour le compte. Vous en entendrez parler plus tard.

Mais ce post est en fait sur quelque chose que j’ai vu pendant mon achat. Elle vous sera familière, mais quelque chose n’ira pas :

Source

Ouais, c’est Prospérine Virgule-Pointen anglais. Il y a un échantillon sur Amazon — les trois premiers chapitres, alors j’ai jété un œil.

La première chose à dire, c’est qu’une traduction hyper-fidèle serait une erreur. Ce livre joue avec la langue française sur chaque page, et beaucoup s’en perdraient en traduction. (Puis-je écrire ça de cette façon, où dois-je écrire « beaucoup de choses se perdraient » ? C’est une question sincère.) Je ne suis quand même pas sûr si les choix que j’ai vus sont les bons.

Commençons avec le nom de notre héroïne. Virgule-Point est inattendu en soi ; le bon mot en français est point-virgule. Mais en tant que nom de famille qui s’était produit par un mariage, ça marche. En anglais, point-virgule se traduit par « semicolon » — littéralement, demi-deux points. Virgule veut dire « comma » et point veut dire « period », alors « Prosperine Comma-Period » aurait pu marcher — mais personne n’aurait compris la blague de la fusion de deux marques.

Pourtant, le choix ne fait pas une meilleure blague. En anglais, elle s’appelle « Prosperina Dash », et sa famille est l’union des « Emdash » et « endash » — c’est à dire « tiret cadratin » et « tiret demi-cadratin« . Une traduction en français de son nom en anglais serait donc « Prospérine Tiret » — et l’esprit du jeu de mots se perd.

Sa ville, plutôt qu’une traduction de « Demi-Mot », qui serait littéralement « half-word », est « Ellipsis », d’où le titre — mais ça veut dire points de suspension. Honoré Point-Virgule, le héros de l’histoire, devient « Honorius Hyphen ». Un « hyphen » est un trait d’union — mais ça commence aussi par une « h », qui garde un peu du sens de l’humour de l’originale.

Il y a des blagues de la part des traducteurs (il y en a deux) qui reflètent leur connaissance de la culture française. Le livre fictif au centre de l’histoire s’appelle « Peines perdues », et là, la référence est clairement au pain perdu. En anglais, le livre s’intitule « In Search of Lost Loves », d’après une autre œuvre bien connue, « In Search of Lost Time ». Peut-être que vous connaissez cette dernière sous un autre nom, « À la recherche du temps perdu ». Les défauts que j’ai mentionnés ci-dessus, ils sont clairement aux limites de l’anglais, car ces traducteurs connaissent évidemment leur sujet.

Est-ce que je vais l’acheter et le lire ? Enfin, je crois que non. Je connais déjà l’histoire, et le vrai goût de ce texte se trouve en VO, ce qui est VF en ce cas. Cependant, ça me donne envie à nouveau de faire l’expérience de lire un livre français en parallèle avec sa traduction, afin de parler des différences. En plus, on va bientôt parler d’un autre livre écrit par quelqu’une qui habite en France — mais qui l’a écrit en anglais. (Le livre n’est pas encore sorti — je l’ai pré-commandé.)

J’ai eu cette expérience une centaine de fois, d’être surpris par un titre familier dans une police familière — dans une langue inattendue. Venant des États-Unis, ça m’arrive avec nos films tous les jours. Mais je crois que c’est la première fois où j’ai eu cette expérience à l’envers !

Le côté obscur du voyage fou

Celui-ci sera lourd.

Avant de me lancer, une note. Dès que je suis sorti du RER B près de l’Île de la Cité mon tout premier jour à Paris, je me suis dit « Vous êtes enfin à la maison pour la première fois de la vie », et je n’ai jamais perdu cette impression pendant toute cette semaine. Pourtant, je suis passé par de bons quartiers et…de moins bons quartiers. Rien n’a changé mon avis. En ce qui suit, on va parler de la seule fois où j’ai vraiment eu peur en France, un an plus tard.

À presque chaque fois où j’ai quelque chose de négatif à dire sur la France, je me sens obligé d’offrir mes excuses (2022, 2023). Il y a donc parfois des fois où je ne dis rien, même si ça donne la fausse impression que tout est de l’ensoleillement, des sucettes, et des arcs-en-ciel, comme dit une chanson en anglais. Et franchement, vu que j’ai su en 2022 que j’étais vraiment malheureux à cause de l’anglais, j’ai sauté les autres problèmes. Mais on est en Seine-Saint-Denis, le site du voyage fou, et ce dimanche-là était tout sauf agréable. Cette fois, ce n’est pas un commentaire ironique, genre « car j’ai dû quitter la France ». Mais c’est tout ce que j’ai dit sur cet aprèm — dans mon billet, je suis passé directement des Galeries Lafayette à l’avion :

Alors, qu’est-ce qui s’est passé en Seine-Saint-Denis ?

Je vous avais dit à l’époque que mon hôtel était l’Hôtel du Parc Roissy. Impossible d’être plus proche du RER B :

À la gare du RER, il y avait un panneau charmant. Je me surnomme depuis ce jour-là « Membre fier des autres ». (Pour être bien clair, je n’ai parlé à personne là. Mais j’ai une réputation à maintenir.)

Le plan était génial. Je volerais à CDG samedi, prendrais le RER B jusqu’à l’hôtel, y déposerais mon sac, prendrais le RER puis le métro aux Invalides, marcherais à mon resto, puis irais au stade. Après le concert, j’aurais un court trajet vers l’hôtel. Le matin, je laisserais mon sac à l’hôtel, prendrais le train vers Galeries Lafayette, faire mes achats là et à la FNAC, retourner dans le train pour chercher mon sac à l’hôtel, puis revenir à l’aéroport grâce au train.

Sauf que.

Sauf que dimanche matin, j’ai découvert que le RER B était fermé à cause de travaux. Super. C’est ici où j’ai fait ma première erreur. J’aurais dû porter mon sac avec moi afin de ne pas devoir le récupérer plus tard. Au lieu de ça, je suis parti dans un bus jusqu’à une station métro, d’où j’irais aux Galeries Lafayette. Je savais déjà qu’il me fallait annuler mes autres plans car le bus prendrait trop de temps. Mais il faut reconnaître deux autres erreurs ici.

D’abord, je n’ai jamais pris le bus tout seul de ma vie. Ce n’est pas comment on fait dans les villes telles qu’Elbe-en-Irvine, où les voitures sont la vie. L’autre chose…j’allais passer par des quartiers pas accueillants aux touristes. Connaissez-vous cette station ? À l’époque, moi non plus :

Voici ce qui arrive si vous recherchez « Porte de La Chapelle » en anglais sur le Goog (voilà, j’ai mon propre verlan, et vous ne connaissez personne comme moi !) :

Est-ce qu’un mot vous semble…familier ? Non, pas « Paris », M. Jours d’humeur — je sais sur qui je peux compter ! La 5ème suggestion. « Dangerous ». Oui, même les anglophones savent que ce quartier est dangereux. Et moi, j’y suis allé sans savoir RIEN.

Un employé du RATP à la station RER « Exposition Paris-Nord » m’avait dit de prendre le bus de l’arrêt en face de la rue jusqu’à la Porte de La Chapelle, puis prendre le métro aux Galeries Lafayette. Aveuglé par ma mission d’acheter du nougat ainsi qu’un cadeau pour La Fille, je n’ai pas pensé non plus au retour à l’aéroport.

Avec rien entre les mains en partant pour le centre-ville, personne ne m’a harcelé. Mais plus on s’approchait de Porte de La Chappelle, plus je me rendais compte que je n’avais rien de commun avec les autres passagers. On passait par des quartiers où un étranger n’est pas censé aller. J’aurais dû abandonner. Mais non. Je suis allé à Galléries Lafayette Haussmann, et je suis revenu avec des sacs portant leur nom ainsi que ceux de Pierre Hermé et Pierre Marcolini. Du luxe. Dans ce quartier décrit par Le Figaro comme ça :

La Porte de la Chapelle, station de la ligne 12 du métro située dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, concentre depuis des années des problèmes d’insécurité liés aux trafics de drogue et à des flux migratoires incontrôlés.

Située non loin de la colline du crack

Avez-vous remarqué que je peux être vraiment con parfois ? ([Peux ? — M. Descarottes])

J’ai dû patienter une heure pour le prochain bus revenant vers le Parc des Expositions. C’était l’heure la plus longue de ma vie. Les yeux de chaque personne dans la queue, ainsi que les « SDF » de la rue, fixés sur mes sacs. Personne ne répondrait à mes questions si j’étais même au bon arrêt — il y en a 4 autour du métro (faut pas prendre les bus seul si vous n’êtes pas expérimenté !). En plus, j’avais gravement sous-estimé le temps.

Une fois revenu — enfin — à l’hôtel, j’ai récupéré mon sac et demandé au réceptionniste de m’appeler un taxi. Il m’a dit que ça prendrait au moins 45 minutes pour arriver. Mon vol décollerait en 2 1/2 heures.

Heureusement, avec l’appli Freenow, j’ai réussi à trouver une voiture. Je suis arrivé à CDG 1 1/2 heures avant mon vol, mais la queue de sécurité était vide, alors ce n’était pas un problème. Dans la queue pour monter dans l’avion, j’ai pris une photo de moi-même pour me rappeler mon attitude en ce moment. Je ne voulais pas quitter la France, c’était certain, mais je ne voulais plus jamais passer un autre jour comme celui-là.

James Bond et l’effet « Mandela »

Langue de Molière est annulée cette semaine pour une raison bizarre. Je me suis assis avec mon portable pour la rédiger et…je vous jure que mon dictionnaire avait une entrée sur laquelle la colonne entière aurait tourné. Le sujet ayant été complètement remis en question, on va parler sur ce que certaines personnes diraient s’est passé.

L’effet Mandela est le nom donné à un genre de faux souvenir. CNews — le premier résultat en français quand je l’ai recherché — l’explique comme ça :

Il se produit lorsque de nombreuses personnes sont persuadées qu’un événement a eu lieu, alors qu’en réalité, il ne s’est jamais produit, ou qu’elles partagent des croyances erronées.

Effet Mandela : Quel est ce curieux phénomène basé sur de faux souvenirs ?

Ce phénomène tire son nom du faux souvenir de la personne qui l’a nommé. Du même article :

L’«effet Mandela» fait référence à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela et opposant historique au régime de l’apartheid. Il a été baptisé ainsi et théorisé en 2010 par l’écrivaine américaine et chercheuse en paranormal Fiona Broome.

Comme beaucoup d’autres, cette dernière était persuadée que le fervent défenseur des droits de l’Homme était décédé en prison dans les années 1980, alors qu’il a été libéré en 1990, après vingt-sept ans de détention, et qu’il a rendu son dernier souffle en décembre 2013, à l’âge de 95 ans.

On parle donc de quelque chose dont on aurait jurée qu’il s’était produit. Et d’autres personnes peuvent même être d’accord — pourtant tous ont tort !

Un autre terme que l’on dit en anglais pour ça est « a glitch in the Matrix », qui se traduit apparemment plutôt littéralement par « un pépin/bug dans la matrice ». Ça vient du film Matrix, l’un des meilleurs de tous les temps sur une réalité fictive gérée par des ordinateurs afin de tromper l’humanité. Malheureusement, malgré le fait d’avoir été une réussite énorme, le film n’a jamais eu une suite. Au lieu de ça, les ordinateurs nous ont donné de faux souvenirs de deux des pires films de tous les temps, des bêtises sans qualités, afin de nous convaincre que le premier film était faux.

Vous voyez sûrement ce que j’ai fait, là. Évidemment, on est généralement d’accord que les suites Matrix Reloaded et Matrix Resurrections ont été tournés, sont sortis, etc. Mais je trouve ça assez horrible que je préfère croire que le premier film était un documentaire, et que les ordinateurs peuvent vraiment nous tromper de cette façon. Je vous dis parfois qu’il n’y avait jamais aucun film de James Bond avec un « Daniel Craig » pour la même raison. Mais comme les cigognes, sauf quand j’en parle à La Fille, j’avoue que ce n’est pas la réalité.

Je dis tout ça, et je crois grosso modo qu’il n’y a pas vraiment des « pépins » dans la réalité car pas de Matrix. Mais j’ai un souvenir qui me barre d’abandonner l’idée tout court.

En 1999, j’ai acheté un disque avec les génériques de tous les films de James Bond jusqu’à ce point :

Je me souviens bien d’avoir écouté ce disque dans la salle de sport de mon immeuble, avec un lecteur de disques portable, et que c’est comment je suis arrivé à croire que Surrender par k.d. lang aurait dû être le vrai générique de Demain ne meurt jamais (elle ne joue qu’à la fin du film). Je me souviens aussi d’avoir détesté la chanson The World is Not Enough par Garbage, du film Le monde ne suffit pas, et d’avoir sauté cette piste à chaque fois. Pourtant

J’ai perdu le disque pendant une décennie. Quand je l’ai retrouvé dans une boîte dans mon appartement, c’était sans doute la version de 1999. Mais selon la liste de versions de cette disque (lien en anglais), mes souvenirs sont impossibles. La version de 1999 ne contient ni l’une ni l’autre de ces deux chansons, la version de 2002 n’a que celle de Garbage, et ce n’était qu’en 2008 qu’un disque avec la chanson de Mme Lang est sorti.

Toutes les preuves disent que je n’ai jamais eu un disque avec la chanson Surrender. Mais j’ai des souvenirs très clairs de ça — et avant cette histoire de dictionnaire, aucun autre exemple de ma vie où la réalité contredit si complètement mes souvenirs.

Je dis que je ne crois pas aux théories que la vie n’est qu’une simulation. Mais je me demande.

Élu

C’était une formalité, mais jeudi soir, j’ai assisté à une réunion du bureau de l’Orange County Accueil sur Zoom, où le premier point à l’ordre du jour a été l’élection pour être responsable du bulletin. Je suis heureux de vous dire que les voix ont été unanimes. Ça aurait été…intéressant…si l’on avait voté contre, n’est-ce pas ?

Puisque cette partie du site de l’association est publique, je ne trahis aucune confidentialité en vous montrant une capture d’écran ni un lien vers la page de « l’équipe » :

Source

Si vous faites la comparaison entre ma photo et les autres sur la page, vous remarquerez quelques choses. D’abord, je suis le seul homme parmi tous, et j’ai remplacé une femme en plus. Ça me donne un autre point de vue sur certaines choses, car honnêtement, je ne l’avais pas remarqué avant. Ce serait le truc le plus américain au monde de ne pas vouloir ma présence dans un tel environnement.

Je ne dis pas que je suis d’accord avec ça, parce que ce n’est pas vrai. Mais je dirais peut-être que je comprends d’où vient le sentiment. Je n’ai vraiment pas envie de faire la polémique sur ce sujet dans ce post, parce que ça touche sur mes plaintes les plus graves sur mon pays natal.

On remarque peut-être que je n’ai pas choisi une photo de tête comme les autres. J’ai pensé à ça. En partie, cette photo est ma « marque » personnelle. Mais c’est aussi le cas que je veux toujours que tout le monde voie les paroles en français sur le t-shirt. Après avoir déjà écrit un numéro, j’ai déjà prouvé que j’en suis capable. Pourtant, je me sens toujours comme si je dois faire de la publicité à cet égard.

Autre chose à laquelle vous ne penseriez pas, mais qui attire mon attention — c’est le seul endroit où mon nom de famille apparaît en majuscules selon la façon européenne. On n’écrit pas les noms de famille comme ça aux États-Unis. Je ne sais même pas comment décrire l’expérience de le voir : dépaysant ? Déroutant ? Surprenant ?

J’avouerai quelque chose. L’année dernière, j’ai changé mon nom sur mon portable pour l’écrire de cette façon, et il reste comme ça :

C’est devenu une prise de tête car le navigateur remplit tous les formulaires en ligne selon ce qui est écrit là, et personne ne fait ça en anglais. D’autre part, certains logiciels le « corrigent » en version américaine — voici ce qui fait Ferrite, mon éditeur de podcasts :

Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait. Je voulais vous imiter, peut-être. Pourtant, même Air France n’écrit pas ses courriels comme ça — c’est pire :

« Mrs./Mr. » veut dire « Mme/M. » Comme quoi, ils n’ont pas l’info ? Il me semble que le truc avec le prénom et deuxième prénom sans espace est juste comment fait les compagnies aériennes de nos jours. Mais pas de nom de famille en majuscules tout de même.

Il y a une partie de moi qui ne le crois pas du tout. Qui crois que l’un de ces quatre, je me réveillerai en disant, « Êtes-vous dingue ? Ce n’est pas votre place ! » Pour vous donner un exemple de ce qui me dérange toujours à cet égard, tous les janviers il y a « L’Assemblée générale ». Je n’y ai jamais assisté. Pourquoi ? Parce que le consul français de Los Angeles y vient pour donner un discours, et il me semblait que c’était le « pont trop loin », même s’il n’y avait aucune question d’espionnage. Alors j’ai demandé si je devrais assister à la prochaine, et la réponse était oui, car tous les responsables doivent y présenter leurs candidatures à nouveau. Mais j’ai l’impression que je leur fais penser à des questions qui ne se sont jamais posées avant. Dit autrement, je serai surpris si j’y trouve les autres américains de naissance du groupe.

Quel qui arrive, je m’engage probablement jusqu’en 2028, quand La Fille aura ses 18 ans et partira pour la fac. J’espère qu’à ce point, je serai ailleurs. Mais ça, ce sera une autre histoire.