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La Fête nationale à l’étranger

Je ne peux que commencer par dire que l’on va parler sur les actualités américaines la semaine prochaine.

L’année dernière, le 13 juillet était un des meilleurs jours de ma vie ; j’étais aux alentours de Rouen pour la fête en famille avec mon amie. Cette année, j’étais au moins parmi des amis, mais à 9 000 km du bon pays. On fait ce que l’on peut.

D’abord, je dois vous raconter deux choses hilarantes. Afin de garder la confidentialité des événements, l’OCA ne publie jamais les endroits sur son site. Les adresses sont toujours envoyées par courriel à ceux qui ont réservé des places. Alors, quand j’ai reçu le courriel jeudi, avec les coordonnées du pique-nique, c’était où ?

En face de chez mon ex.

J’ai eu une petite crise cardiaque après ça, mais mes cerises étaient déjà en cours ! Alors absolument rien n’a changé avec mes plans. Mais ces plans étaient dingues.

Et l’autre chose ? Je tweete toujours tous mes articles, et juste après avoir publié les cerises, ça m’est arrivé :

On dirait que j’étais venu de jeter ma bouteille dans la mer ! Il m’étonne que je reste inconnu, pourtant un beau nombre de vrais journalistes me suivent.

Pour autant que j’aie su, il allait y avoir une cinquantaine de personnes, alors j’ai décidé que j’allais préparer un gâteau de même taille que mon Napolitain géant de l’année dernière. À cause du fait que c’est la bonne saison pour les cerises, j’ai tout de suite pensé à une forêt-noire.

Mais je ne voulais pas faire exactement la forêt-noire du Tour. Cette fois-là, j’ai suivi la recette de Cook&Record, et si je suis honnête, je n’étais pas complètement satisfait avec la génoise, l’ayant trouvée trop dense. J’ai donc décidé de la remplacer par celle de Gaston Lenôtre, mais avec de la poudre de cacao, pas nature comme au lien. Sans publier toutes les photos des étapes — car j’ai découvert qu’il ne faut pas arrêter pour prendre des photos si on veut réussir cette génoise, j’ai appris qu’il ne faut pas le suivre exactement. Lenôtre était un génie, et moi, je suis juste un type inconnu, mais il dit de battre ses œufs pendant 23 minutes, les 15 dernières à petite vitesse. Vous savez ce qui arrive pendant ces 15 minutes ? Les œufs perdent tout leur air ! Voici mes 3 couches de génoise, chacune préparée séparément — la première est plus plate et dense que les autres, pourtant aussi gonflée de mauvaise façon, car je ne l’avais pas compris :

Il m’a fallu environ 40 minutes pour réduire ces trois barres de chocolat en copeaux. Achetez vos copeaux de chocolat déjà faits, les enfants :

Et voici un aperçu du montage. Je regrette de vous dire qu’à cause d’une chantilly pas assez ferme, j’ai mis le gâteau au frigo après chaque étape, alors je n’étais pas seulement réveillé jusqu’à 3h du matin, je me suis réveillé à nouveau à 7h pour le finir :

Le montage final avec les copeaux, c’était le cauchemar. Vous remarquerez que la couche du fond n’est pas bien alignée avec les deux autres — elle a bougé pendant le montage et chaque effort de le régler a causé plus de problèmes. Alors, le produit final :

Évidemment, je ne peux pas publier des photos avec des gens — je n’ai pas le droit. Mais je peux vous dire que le gâteau — bien que je ne le trouve pas assez pro — a été bien accueilli :

On a joué à un jeu inconnu à moi avant, Mölkky, qui me rappelle un peu le pétanque et le jeu italien, le bocce — il faut jeter un bâton en bois contre ces piliers :

Mais la meilleure surprise n’est pas venue du pique-nique lui-même — mon amie m’a appelé par vidéo de Rouen pour partager les feux d’artifice ! J’étais prêt à pleurer — comme j’aurais aimé être là encore une fois !

On m’a dit au pique-nique que je suis trop exigeant avec moi-même, car j’ai avoué tout ce qui s’est passé pour préparer le gâteau (j’étais visiblement épuisé). Et c’est vrai. En même temps, j’ai sauté le pique-nique il y a deux ans car je me suis senti mal à l’aise à l’époque, et l’année dernière, j’étais évidemment ailleurs. (En tant que responsable du bulletin, je suis désormais obligé d’y aller pour prendre des photos et écrire un article.)

Mais je me sens toujours obligé de faire de tels efforts. On n’est pas au point où j’apporterais quelque chose achetée au supermarché. Le reste du monde a les bons passeports afin qu’il n’y ait pas de question qu’ils sont au bon endroit. Pour moi, c’est toujours une question d’être l’étranger, ce qui doit vous sembler bien bizarre vu où nous sommes. Mais c’est vrai et je cherche toujours la clé qui mettra un terme à ce sentiment.

Détective privé

Je vous ai récemment dit que l’adresse e-mail du blog est désormais une vraie adresse hébergée par le fournisseur de WordPress, non pas seulement le visage public de ma vraie adresse (connue à tous ceux qui m’ont écrit). Anciennement, beaucoup de pourriels n’ont jamais attiré mon attention, et certains messages légitimes non plus, car mon opérateur, Yahoo, a un biais contre la langue française et la traite d’indésirable. (J’imagine que c’est à cause du fait que le compte est largement en anglais, et même maintenant, la fréquence de courriels en français n’est que peut-être 2-3 % du total.)

Je n’ai toujours pas formé mon avis sur la qualité des filtres de Titan, le fournisseur derrière l’hébergement proposé par WordPress. Hier soir, Titan a laissé passer un courriel de quelqu’un qui me prend pour un détective privé. Je vais vous le partager. D’abord, l’exposé :

Où commencer ? Je sais que tout le monde utilise des portables pour lire ce site, mais même avec le lecteur on peut en tirer un indice sur où j’habite :

Ça dit expatrié ? Malheureusement, non. Watson, je soupçonne que ce type n’habite pas à Besançon ! Peut-on en apprendre plus sur l’auteur ? Hmmm

Que diable ? Watson, j’ai l’impression que cette personne n’a lu le site tout court ! D’autre part, avec ces pouvoirs de raisonnement, peut-être que je peux reconvertir en détective privé. Parlez-m’en plus, madame.

Un vol d’argent, vous dites ? En fait, j’ai un peu d’expérience avec ça. Une fois, dans une autre vie professionnelle — et je vous jure que ce n’est que la vérité — j’ai découvert une fraude d’une valeur de 500 000 $ à mon travail. Je ne peux pas en dire plus — j’ai quitté ce boulot sans accord de non-divulgation, mais disons qu’il n’y a pas de récompense pour être honnête. Plutôt l’inverse.

C’est comment il m’est arrivé que j’ai lancé mon propre « start-up », et de son tour, la faillite de cette entreprise est… le début d’une longue histoire qui se termine avec ma présence ici. Alors, le reste ?

Oh, comme j’ai des questions ! À commencer par « Non, mais sérieusement ? » On n’a pas besoin d’un détective privé pour lire ce site et découvrir que je ne le suis pas du tout. Je n’ai jamais proposé mon expérience avec la fraude fiscale en tant que compétence, car franchement, tout le monde la perçoit comme si je suis une sorte de traitre. « Ah, t’as cafardé sur tes collègues, c’est ça ? »

Honnêtement, je sais pas si ceci aurait dû trouver sa place dans le filtre. Je le trouve plutôt paresseux, mais en même temps, il n’y a pas de tentative de me voler mon argent ni mon identité. Alors, je n’arrive pas à décider. Mais je regrette de vous dire, quel que soit le cas, je ne vais pas payer les frais pour essayer les oreillers Derila :

Je n’ai pas besoin d’être Sherlock pour savoir que c’est un vrai pourriel !

(Photo de couverture : Plaque du Musée Sherlock-Holmes, Photo par Steve Daniels, CC BY-SA 2.0)

Le ca-tarot-strophe

Ce soir, j’ai eu une autre soirée de tarot. Que vous me croyiez ou pas, j’étais stressé pendant les deux derniers jours car je n’ai pas su que cuisiner. J’avais pensé à une forêt-noire, car c’est la bonne saison — on dirait le temps des cerises — mais après ma première fois, je voulais faire des cerises confites. Et il s’avère que l’on a besoin d’une belle semaine pour les faire maison. Oh.

Alors, vers midi, j’ai enfin décidé de refaire un dessert du Tour, la tarte Tatin. Ça fait deux ans, mais j’ai appris des choses depuis ce temps-là. Je vais « Instagrammer » le tout, mais voici des photos du processus, car je suis presqu’incapable de cuisiner sans arrêter toutes les deux minutes pour prendre des photos. On fera donc brièvement le tour de comment faire une tarte Tatin.

Ça commence avec les pommes. J’ai acheté deux sacs de 1,4 kg chacun. Je suis mécontent de mon pas super-marché car 4 pommes étaient déjà périmées. Inacceptable.

J’ai fait plutôt exactement la bonne quantité de pâte feuilletée, la moitié de ma recette habituelle. Vous allez voir que 10 % de plus aurait été le bienvenu. On est censé utiliser sa poêle pour couper un cercle encore plus large que la poêle, et je l’ai fait, mais…vous verrez.

Ça fait, on passe à faire caraméliser les pommes.

Mais après 20 minutes, le mélange beurre-sucre n’a pas vraiment devenu un caramel. Je l’ai donné 10 minutes de plus, puis j’ai mettre la poêle dans le four.

Je n’ai pas eu plus de temps, alors j’ai mis la pâte sur la tarte et l’a enfournée pour ses 15 dernières minutes de cuisson. C’était pas mal réussi, mal il restait trop de liquide. Ça allait faire des problèmes une fois livrée.

Vous allez dire, « Mais Justin, ça a l’air bon — mieux qu’avant ». Et vous avez raison. Si je l’ai servie chez moi, il n’y aurait rien pour m’en plaindre. Au fait, la photo de la tranche est les restes qui sont rentrés avec moi.

Mais une fois arrivé sur place, il s’est avéré que du caramel s’était renversé pendant le trajet. Quand j’ai ouvert le couvercle du plat couvert que j’utilise pour transporter mes pâtisseries, du caramel s’est renversé non pas seulement sur le comptoir, mais sur le tabouret de bar juste au-dessous. J’étais gêné. Heureusement, mes hôtes étaient très compréhensifs. Mais je suis toujours fâché contre moi-même.

Puis j’ai joué comme un con. Au dernier tour, j’ai « pris une petite » (si vous avez besoin des règles du tarot, les voilà). Nous étions 5 à la table, alors j’ai dû annoncer une couleur de roi pour jouer avec moi. J’ai choisi le roi de trèfles. Voici ce qui s’est passé quand le « chien » a été dévoilé. C’était en ce moment que tous les gens à la table ont découvert combien de mots je connais qui commencent par « pu- ». J’ai essayé de m’arrêter, mais tout le monde a entendu la première syllabe.

Ouais, j’ai dû jouer sans partenaire. Je n’ai eu qu’un bout, le 1, dit « le petit ». Ça perd contre tous les autres atouts, et je n’ai eu que 4 atouts dans mon jeu. J’étais bel et bien « en haut de la rivière sans pagaie », comme on dit en anglais. Exactement le mauvais moment m’est arrivé :

Oh, que les autres en aient profité quand j’ai du faire ça :

C’était de loin ma pire soirée en tant que joueur de tarot. Et ça, après un chelem au début pour moi, qui m’a valu 200 points !

J’ai demandé d’avoir ces photos afin de les montrer à La Fille quand elle rentrera d’ici une semaine. Elle va aussi en profiter.

La soirée n’était pas un échec total. En général, on s’entend très bien, et j’ai pu enfin exprimer un peu de ma déception sur le fait que personne ne voulait aller à LA avec moi pour voir Philippine Delaire — sans citer les noms de ceux que j’y ai retrouvés, bien sûr. Je ne trahirais jamais personne comme ça.

D’ici une semaine, j’aurai un autre événement qui exigera un autre dessert. Pas d’excuses, il vous faudrait déjà le connaître. Pour ça, ma confite de cerises sera prête.

Ma semaine de braquages

Juste avant de partir pour Montréal, j’ai dû faire quelque chose d’énervant. Afin d’imprimer un document de 2 pages en noir et blanc, j’ai dû acheter une cartouche d’encre bleue, sans laquelle mon imprimante refusait de fonctionner. Quand je suis arrivé au comptoir du magasin avec seulement une couleur, le caissier a tout de suite deviné exactement ce qui se passait, un fait qui n’a fait rien de bon pour mon humeur.

Alors quand j’ai reçu ce message mardi, j’étais tout sauf heureux :

Ça dit « Échec d’imprimante : Il y a un problème soit du côté de l’imprimante soit du côté du système d’encre. Éteignez l’imprimante, puis allumez-la. Si le problème dure, appelez HP. »

Je n’avais rien imprimé depuis ce document-là. Mais le truc avait déjà ses 14 ans — oui, je sais, étonnant, ça — alors j’ai décidé tout simplement de la remplacer. Même si ça voulait dire que ce dernier document m’avait coûté 40 $ pour 2 pages.

J’ai donc visité le magasin Staples — c’est-à-dire Agrafes, mais en anglais, le nom a un double sens d’essentiels — pour en choisir une nouvelle. Après au moins 3 minutes de recherches, j’ai décidé d’acheter exactement la même que mes parents, car je les avais aidés à faire le même achat il y a des mois, et pas besoin d’inventer à nouveau la roue, comme on dit en anglais.

Sauf que, comme dit M. Jours d’humeur.

Sauf que j’étais furieux contre HP, car cette histoire de cartouche bleue s’est foutue de ma gueule. Pendant les 30 dernières années, il ne m’est jamais une fois venu dans l’esprit d’acheter un produit de Canon ni de Brother ni d’Epson, car j’achetais de préférence nos produits, fabriqués en Chine qu’ils soient, mais au moins où plus de l’argent reste dans le pays.

J’ai donc décidé de vérifier s’il existait une telle chose qu’une imprimante française. J’ai demandé à des amis ; ne me croyez pas sur parole :

J’ai une impression qu’il était une fois, le Groupe Bull fabriquait des imprimantes, mais ça fait belle lurette depuis la dernière fois où j’ai vu son nom ici. Et il me semble que chez la FNAC, la liste de manufactures actuelles est identique à la nôtre. Dommage. Est-ce qu’il y a même un lecteur du blog qui doute que j’aurais payé les frais de livraison et acheté la bonne prise juste afin de montrer le doigt d’honneur à HP après cette histoire ?

Voici la nouvelle :

Je suis déjà mécontent, car ce truc m’a dit tout au début qu’il voulait mon consentement de rester connecté à Internet 7/24 et arrêter de fonctionner sans — pourtant, il fonctionnerait sans problème si j’ai dit non. Puis, qu’il voulait me facturer 1 $ toutes les 10 pages en échange de me vendre de l’encre quand qu’il veuille. C’était trop facile à dire non à toutes ces conneries — je n’ai pas acheté ce truc afin qu’il me braque sans cesse ! ([Comme il a tort. — HP])

J’ai failli me faire avoir par un autre escroc cette semaine. Une amie m’avait dit qu’elle m’a envoyé un colis cette semaine. Mercredi, j’ai reçu ce courriel, qui paraissait venir de Chronopost :

Après mon aventure des impôts en décembre, j’ai cru que c’était réel. Pourtant, quand j’ai cliqué le lien, il m’a dirigé vers… le site de DHL ? (Le vrai, pour info, pas un faux.) Le numéro de suivi n’a pas marché, ni là ni chez Chronopost. À ce point, j’ai enfin vérifié l’adresse e-mail :

J’ai honte. En anglais, j’aurais été beaucoup plus prudent et vérifié l’adresse avant de cliquer. Je ne sais pas à quoi ressemble un véritable courriel de Chronopost, et j’ai cru que celui-ci était réel. Après, je l’ai montré à quelques amis, qui m’ont tous dit que c’était faux sans avoir besoin de cliquer.

Pourrais-je avoir un jour où personne n’essaye de me faire avoir ? C’est trop à demander ?

Probablement, oui.

Le 4 juillet à Tustin

Hier était le 4 juillet, jour anciennement réputé pour manger des hot-dogs et des tartes aux pommes, boire de la bière, et assister à des spectacles de feux d’artifice. Au moins, dans la vieille Amérique.

Avant de continuer, un mème de Twitter. Le texte dit « J’ai demandé à une IA de dessiner l’image le plus américain, et je n’étais pas déçu » :

J’avais pensé à amener La Fille au spectacle de Costa Mesa, au même endroit où je vous ai montré Centennial Farm. Mais j’ai fait une petite erreur que je n’ai pas découvert jusqu’à ce que nous soyons sur place. Même si vous ne lisez pas l’anglais, peut-être que vous le trouverez :

Au cas où vous ne l’auriez pas vu, voilà :

Ouaip, c’était mercredi le 3. Tout comme en France, où on fête le 14 le 13, ils étaient à l’avance. Oups. Alors nous sommes partis à la ville à côté, Tustin, pour sa fête. Avec 80 000 habitants, Tustin fait la même taille que Cherbourg-en-Cotentin ou La Rochelle. Mais il fera froid à Anguille-sous-Roche avant qu’il n’y ait même un endroit de Tustin classé dans le Guide Vert.

Voici l’entree du lycée, Tustin High School, qui abrite l’événement tous les ans :

Et l’horaire :

Nous sommes arrivés à 18h30 afin d’avoir des sièges. Il reste plein de places même au moment où les feux d’artifice commencent — si vous aimez rester débout. Mais d’abord, nous voulions manger. Et il y avait plein de camions-restaurants, avec toute la diversité qui est la fierté de la Californie du Sud :

Du mexicain :

Plus de mexicain :

Encore plus de mexicain :

Et du mexicain un peu plus cher, mais avec du poulet frit pour La Fille, donc notre choix :

Veuillez m’enlever d’ici, le plus vite possible. Ce régime est tout pourri pour un diabétique au-delà d’être complètement homogène. J’ai quand même commandé une « carne asada quesadilla » ; c’est-à-dire une tortilla remplie de fromage et un peu de bœuf grillé. Très peu.

Au moins La Fille a pu profiter de l’un de ses desserts préférés, dit « Hawaiian shaved ice » (glace pilée à la hawaïenne). C’est des glaçons bien écrasés où on peut ajouter tout genre de sirops parfumés aux goûts de fruits, tous artificiels à souhaits, bien sûr. On est loin de chez Monin !

Alors, le spectacle. J’ai pris quelques vidéos pour vous partager. La Fille m’a dit que ces feux d’artifice sont La Tricolore. Je vous laisse à décider pour vous-mêmes :

On a joué « Party in the USA » pendant le spectacle. La Fille et moi avons commencé à chanter la version de Weird Al, « Party in the CIA » — nous la connaissons très bien, et le clip est hilarant. Mais on ne peut pas nous entendre dans ce clip, juste la chanson originale :

On a fini avec « Stars & Stripes Forever », une marche militaire par John Philip Sousa, le compositeur de marches américaines, la marche nationale depuis 1987, bien qu’elle ait déjà ses 128 ans cette année.

Je ne peux pas vous mentir ; mes pensées étaient ailleurs.

Ayez les réfs

Il y a un groupe sur Facebook dont je fais partie, plein de parodies de Tintin. Beaucoup de leurs blagues suivent ce format :

Source

En fait, j’ai « la réf », parce que ce n’était vraiment pas si difficile à trouver. Mais je suis arrivé avec 18 ans de retard de trop pour l’avoir vu à son époque. Cependant, il me semble que sur ce blog, il y a ce problème à l’envers — l’auteur a une tête pleine de références possiblement inconnues aux lecteurs. Il me faut régler ça, au moins un peu. Alors, je vous offre mes excuses si vous connaissez déjà certaines — je ne sais pas ce que vous ne connaissez pas.

Le son du succès — Je dis souvent après avoir réussi quelque chose que j’entends le son du succès. En général, ça veut dire la musique de la victoire après une bataille dans la série de jeux vidéo Final Fantasy. Surtout le quatrième volet :

Parfois c’est-à-dire plutôt la musique du trésor d’Ocarina of Time. Mais ça fait 32 ans où j’ai cette musique dans la tête.

La plus grande histoire d’amour de tous les temps — Désolé mais ce n’est pas Josepha et Cruchot. C’est Cecil et Rosa, les protagonistes de Final Fantasy IV. J’ai joué ce jeu de zéro jusqu’à la fin plus que n’importe quel autre jeu, car je les adore plus que n’importe qui. Ce clip, produit pour son 20e anniversaire, est tout dont je rêve (mais aucune version du jeu le ressemble) :

La vieille chouette sage — Je mentionne parfois Maurice, le poisson rouge qui a poussé le bouchon trop loin. Pourtant, je l’ai adopté. La véritable référence de ce genre est la chouette dans cette pub des années 80. Personne ne sait combien de fois il faut lécher une sucette « Tootsie Pop » afin d’atteindre le bonbon au centre, car tout le monde la mord trop vite.

Alphonse et Gaston — Deux Français inconnus en France. Ils viennent d’une BD publié dans les journaux américains au début du XXe siècle. Le gag le mieux connu est que les deux se disent « Après toi » encore et encore et ne finissent jamais rien.

Alphonse et Gaston par Frederick Opper, Domaine public

Voici un indice — Je mentionne souvent La Guerre des robots, film de 1986. J’ai enfin trouvé un enregistrement en français pour vous montrer la réf. Les voix sont décevantes pour moi, et la traduction n’est pas super. Le méchant Megatron, trahi par son commandant en second, Starscream, devient le plus puissant robot Galvatron. Ici, il revient pour sa vengeance. En version anglaise, Starscream lui demande « C’est toi, Megatron ? » et Galvatron répond « Here’s a hint » (Voici un indice), puis Starscream le prend cher. En français, Galvatron dit plutôt « Oui mais plus fort qu’avant ».

Here’s Johnny ! — Un ami m’a parlé de regarder le film « Shining » de Stanley Kubrick. Je lui ai demandé s’il avait compris la référence derrière la réplique « Here’s Johnny! ». Il s’est avéré que cette réplique n’existe pas en VF. Alors : Michel Drucker se traduit en anglais par Johnny Carson. Johnny Carson a été l’animateur de l’émission « The Tonight Show » pendant des décennies. Il était remplacé par Jay Leno, puis Jimmy Fallon. De toute façon, Johnny Carson était toujours présenté comme ça :

Rue Sesame — « Sesame Street » aux États-Unis est l’ancêtre direct de l’Île aux Enfants. Mais l’émission est peu connue en France. Alors, bien que tous les Muppets (oui, dessinés par Jim Henson lui-même) soient des réfs importantes, les plus importants pour mes buts sont « Cookie Monster » (le Monstre aux cookies), « Count von Count » (littéralement, Comte von Compte) et « Oscar the Grouch » (Oscar le grincheux). Voici Cookie Monster en train de faire ses bêtises :

Pour sa part, le Comte est connu pour compter des choses une à la fois, en riant « Ah ah ah ! ».

Cette émission existe depuis les années 60 et reste toujours populaire, avec plusieurs milliers d’épisodes. La Fille l’a tant aimée en tant que bébé que beaucoup de ses chansons restent parmi le top 20 de ma bibliothèque iTunes, même 8 ans après la fin de son intérêt. Celles qui les dépassent font partie de mes playlists pour faire du vélo ! (J’ai perdu mes données avant 2011, et j’écoute Rush en dehors d’iTunes, alors cette liste est un peu trompeuse. Mais pas trop.) Comme toujours, ne me croyez pas sur parole — les « Pajanimals » sont une dérivée de Sesame Street par les mêmes producteurs :

Plus haute résolution en cliquant

Ceci est « The Bionic Jam » — on en parlera une autre fois.

Savoir est la moitié de la bataille — À la fin de chaque épisode de GI Joe, il y avait des messages d’intérêt public — n’acceptez rien des inconnus, souvenez-vous du numéro téléphonique de vos parents, etc. Chacun s’est terminé par le slogan « And knowing is half the battle », savoir est la moitié de la bataille. C’est le « My tailor is rich » de ma génération — tous les quarantenaires le reconnaîtront.

Il me semble que ce serait un super « tag » — quelles sont les références qui vous sont importantes ?

Ma catastrophe

([Aujourd’hui, une invitée prend la parole. — Justin])

Bonjour les ennemis, c’est moi L’Ex. Savez-vous quel jour il est ? Oui, c’est le 22e Jour de la Catastrophe comme dit Justin, mais c’est ma catastrophe de laquelle on parle. Ça fait des années où je lui donne la réplique ici ; pourtant, je n’ai jamais eu l’opportunité de vous dire la vérité. Sachez que tout ce qu’il dit est un mensonge — après tout, c’est lui qui vous dit tout le temps « Ne me croyez pas sur parole ». Peu importe s’il fournit toujours des liens avec ça — il n’a aucun sens de l’humour et il faut prendre tout ce qu’il dit au premier degré. C’est certainement ce que je fais.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

J’aimerais commencer par vous parler de ma plus grande farce, pour vous aider à voir que c’est moi qui a le vrai sens de l’humour hyper-raffiné. Nous sommes sortis ensemble pendant 4 ans avant de se marier (avec lui ! beurk !). Il me disait toujours que l’endroit dont il avait le plus envie de visiter au monde entier était…

L’Allenagne.

(Car il voulait que le fantôme de son leader préféré lui rende hommage.)

Quoi, vous ne me croyez pas ? Dites-donc, vous savez qu’il irait aux sites des nazis s’il allait en Allemagne. À mon avis, ce leader allemand n’était pas aussi diabolique que Justin. Mais nan, il me disait qu’il voulait visiter chez vous. Et sans vouloir trop offenser, vous êtes le genre de personnes qui sont ses amis, alors il faut comprendre que ça ne m’intéressait pas du tout. Alors, pendant les 7 premières années où nous étions mariés, je lui disais, « L’année prochaine, nous irons en France. Mais cette année, je veux aller ailleurs. » Et chaque année après la 1ère, il me demanderait, « Alors, cette année, pouvons-nous aller en France ? » Et je clignerais les yeux en murmurant « Ah non, chéri, l’année prochaine. Si tu m’aimes, on ira ailleurs cette fois. » Et il a mordu à l’hameçon à chaque fois ! Après le divorce, j’ai refusé chaque demande de sa part pour échanger la garde de La Fille pendant une décennie afin qu’il ne puisse aller en France encore plus longtemps que le mariage entier !

Hihihi, je suis si maligne, non ?

Mais en fait, je mérite aussi tout le crédit pour son blog. Si je n’avais pas fait ça, il n’aurait jamais été si désespéré, et n’aurait jamais tant étudié. Alors si vous aimez le lire — ce que je trouve impossible — vous devriez me remercier pour ça. Et si vous aimez le voir cuisiner, à genoux pour me remercier aussi. Une reine n’a pas le temps de cuisiner, alors il a dû l’apprendre chez nous (beurk !) en plus !

J’ai pensé à vous raconter la fois où il m’a acheté un collier pour la Fête des Mères, ce que j’ai dit au tribunal sous peine de parjure était la pire chose qui m’est arrivée à ses mains pendant 12 ans ensemble. Saviez-vous qu’il a fondé une start-up et qu’elle a échoué après trois ans ? Que pour la Saint-Valentin en 2004, il a essayé de préparer un dîner pour moi, et qu’après 8 heures, il a tout raté ? Et qu’en 2003, il avait mal compris une annonce du pilote quand nous avons volé en Jamaïque pour les vacances, alors nous avons passé 4 jours entiers avec nos montres une heure à l’avance du vrai fuseau horaire ?

Alors vous voyez maintenant comme j’ai souffert à ses mains. Si vous saviez qui était la seule personne qui a jamais nettoyé une toilette chez nous (« nous », beurk), vous seriez bouche bée le reste de la journée.

Mais ma souffrance atteindra sa fin en deux étapes. La meilleure arrivera en 2028, quand la garde partagée d’enfant atteindra sa fin, et je ne devrai plus jamais lui parler. L’autre étape arrive aujourd’hui. Je n’apparaîtrai plus jamais dans ces pages, et laisserai désormais la responsabilité de le critiquer à M. Descarottes. Il n’est pas aussi enthousiaste que moi, mais il aime parler le français, où mon combat était d’empêcher La Fille de l’apprendre.

Je vous dirais adieu, mais ce n’est pas mon souhait pour ses amis. Alors allez aux grenouilles ou quoi que ce soit. Je m’en fous !

([On n’a rien discuté, mais mon ex a raison. Ce sera sa dernière apparition sur Un Coup de Foudre. Même dans ce genre de commentaire. — Justin])

J’ai essayé

C’est encore une fois le temps pour ma plainte annuelle (2021, 2022, 2023) sur le seul sujet qui m’énerve presqu’autant que mon frère. Presque.

Pourquoi est-ce que je me suis embêté avec des milliers d’heures d’efforts ? Au moment de publication, j’aurai écrit 1326 articles de 732 mille mots en total, vu plus de 250 heures de films, cuisiné autant de recettes, et enregistré plus de 30 heures de la balado…désolé, podcast. J’ai fait un engagement tout au début, ce qui est bien connu parmi ceux qui sont ici depuis un moment, que tout serait en français ici. Et encore une fois après des vacances dans un pays francophone, je me demande pourquoi. Mais ça pique encore plus cette fois, car les racines du blog se trouvent au Québec.

J’ai pris très tôt une décision de ne pas utiliser aucun anglicisme où il y avait le moindre choix. J’aurais dit « fin de semaine » au lieu de week-end, mais un ami m’a vite persuadé que ça aurait l’air bien cinglé ([Enfin, plus cinglé — M. Descarottes]). Je résiste au maximum les emprunts superflus — je dis « réunion », pas « meeting » ; « responsable », pas « manager ». Et où les Français ont jété tout court l’éponge, je cherche toujours des mots québécois pour combler les écarts — « divulgâcheur » au lieu de « spoiler », « balado » au lieu de « podcast », etc.

Et pourquoi est-ce que je fais ça ? On croit aux États-Unis que les francophones — les Français, bien sûr, mais surtout les Québécois — ont une attitude plutôt mécontente en ce qui concerne la langue anglaise. Que vous nous croyez des impérialistes qui s’attendent à ce que tout le monde parle anglais. La dernière fois où le Québec a essayé de quitter le Canada est bien dans mes souvenirs vivants, ayant été lieu en 1995. Je n’exprime aucun avis sur le sujet de ce que ce soit une bonne idée ou pas, mais je comprends bien que ça part du sens que la promesse dun pays bilingue qui respecte sa culture est bien plus théorique que réelle. Je vois régulièrement qu’au Québec, même les noms des films en anglais sont traduits où ils passent sans plainte en France (par exemple, Die Hard 4 est sorti sous le nom Vis libre ou crève ; les films Matrix sont devenus « La Matrice »). Je suis sensible à ce genre de signal.

Je suis bien au courant qu’en famille avec des anglophones purs et durs, ce voyage n’allait jamais marcher comme je l’aurais espéré tout seul. Surtout car il est devenu important à mon frère de parler au-dessus de moi et d’écraser mes efforts dès le départ — une personne normale serait ravie d’avoir quelqu’un qui connaît la langue locale, mais il lui fait plus plaisir de m’embêter comme ça. N’importe quoi. Ce qui compte, c’est que j’ai su qu’il me fallait l’accepter aux repas ainsi que d’autres fois.

Mais enfin, je ne peux pas faire pour vous ce dont vous n’avez pas envie. Si je m’approche de l’accueil de mon hôtel et dis « Bonsoir, nous sommes la famille Busch et nous avons réservé deux chambres » et le réceptionniste me répond « And you’re here for how many nights? » (T’es ici pendant combien de nuits ?), on a déjà établi deux choses : 1) en fait, il m’a bien compris sans difficulté, et 2) ce n’est pas le Yankee imperialist qui a insisté sur l’anglais. Je vous ai dit après le tout premier jour que j’avais fait la gueule après une telle réponse dans un resto et ça a amené le serveur à se corriger. D’autres fois, dont au comptoir d’Air Canada en quittant Montréal, j’ai dit « quoi ? » en réponse à l’anglais. Pourtant, je n’aime pas du tout me comporter comme ça.

Et franchement, il y en a beaucoup que l’on ne sait pas quand on apprend juste assez d’anglais pour faire du service aux clients. À l’aéroport, j’ai demandé à un employé où était le bon comptoir pour Air Canada. Il m’a demandé où j’allais, et quand je lui ai répondu « Los Angeles, mais par Toronto », il m’a dit « You have to go to Toronto? » (Il te faut aller à Toronto ?) avec un ton complètement inapproprié. S’il comprenait mieux l’anglais, il aurait su que son intonation voulait dire « Vous devez vraiment y aller ? Vous ne pouvez pas quitter mon pays en direct ? ». Les hispanophones qui travaillent dans les restos rapides ici font souvent pareil, car ils utilisent la négation de façon qui marche en espagnol, mais suggère à un anglophone qu’ils sont en train de réagir négativement même avant de recevoir une réponse. J’imagine que je fais certaines telles erreurs, alors j’essaie d’être compréhensif, mais quand on change de langue comme ça, ça signale qu’à son avis, son anglais est meilleur que mon français. Je vais donc remarquer un ton insultant.

Il y a un dessin qui circule sur Internet :

©️2015 Louleloup

Je me demande de plus en plus si les francophones veulent l’inverse — que le reste du monde apprennent seulement à dire « bonjour ». À ce point, je déconseillerais l’effort à ceux qui n’ont que des buts touristiques.

Je suis gravement déçu par cet aspect de mon voyage. Comme l’année dernière, mes parents ont fini leur séjour en pensant que j’ai un niveau hyper-mauvais — c’était seulement un appel téléphonique (en rentrant de LAX !) d’une amie qui voulait m’emprunter mon lecteur DVD qui les a montré qu’en fait, je sais ce que je fais. Mais mettez de côté ma vanité. Voici un exemple typique du genre de plainte dont nous entendons parler en anglais :

Comme 82,5 % des fonctionnaires de la RCN, je travaille en anglais. Penser, parler, écrire et lire en anglais, tous les jours, représente un effort mental immense pour moi, malgré mon bilinguisme. Chaque journée de travail m’épuise.

À moins d’un changement radical, les réunions « bilingues » auxquelles j’assisterai continueront d’être une supercherie ne contenant que deux mots de français, « bonjour » et « merci ».

Dérives linguistiques dans la fonction publique canadienne, Anna Pellerin Petrova, Le Devoir

Elle n’a pas la moindre idée de comment ces mots tombent sur mes oreilles. C’est vos concitoyens qui m’ont montré qu’ils ne veulent que bonjour et merci, madame !

J’ai essayé.

La fin du voyage

Après la Basilique Notre-Dame, nous sommes allés à la Biosphère, un musée sur une île du Saint-Laurent. À distance, la Biosphère ressemble plus qu’un peu à la célèbre sphère de Disney World. Plus proche, on voit que ce n’est pas solide, mais abrite plutôt un musée et des plantes ([À ne pas confondre avec la Justinsphère, un musée de plaintes — M. Descarottes]) :

En entrant, juste après avoir payé son billet, on voit un mur de plantes, arrosées par un système d’arrosage qui me rappelle mes bons vieux jours en tant que tueur en série d’un tout petit gazon. Évidemment, celui-ci marche, pas comme le mien :

On passe à une exposition sur le cycle de l’eau. On choisit un petit ballon en plastique qui sert que sa propre « goutte d’eau » (en fait, ça dit aux écrans quelle langue à utiliser) :

Ce n’est pas ma faute que je ne sais jamais quel est un fleuve ni une rivière. Les québécois eux-mêmes confondent les deux !

Voici plus de l’exposition :

À la fin, quand on rend sa « goutte », ça arrive :

La prochaine exposition résout enfin un mystère qui me hante depuis 35 ans déjà. Une des pires comptines du deuxième pire export canadien, le chanteur pour enfants Raffi (lien en anglais) — on en parlera du pire une autre fois — s’appelle « Baby Beluga » (Bébé béluga). Je n’ai jamais compris d’où l’intérêt pour lui. Maintenant, grâce à cette exposition sur des efforts pour sauver les bélugas du Saint-Laurent, je comprends que les eaux du Canada sont leur habitat. Le truc à droit est pour rendre des bélugas échoués au fleuve.

Si je suis honnête, la chanson de Raffi « Bananaphone » est encore pire. Comptez-vous chanceux d’avoir grandi avec Chantal Goya et Dorothée au lieu de ce gars.

On passe au quatrième étage. (Il n’y a rien entre le 1er et ceci.) Ici, il y a une plate-forme d’observation d’où on peut regarder tout Montréal, aux deux côtés du Saint-Laurent :

Au 5e étage, il y a une salle de conférence avec des canapés imprimés avec un motif inhabituel. Ne scannez pas le code QR ; voici le lien que vous cherchez, à la balado du musée.

En quittant la Biosphère, on passe par Habitat 67, un monument de l’architecture « brutaliste ». On achète des appartements de 1, 2, ou 3 « cubes » (64 m^2 chacun) si on a envie d’y vivre. On paiera environ 450 000 € le cube ; je l’ai vérifié.

À côté de Habitat 67, on trouve le « Parc de Dieppe ». Ma chère Seine-Maritime mérite un peu plus d’effort, mais j’apprécie la pensée :

Nous sommes revenus à la Rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal pour déjeuner. Quelqu’un qui a rejeté les conseils d’Anne-Marie pour des restos en les disant « rien de spécial » choisit un resto par hasard. J’y mange les pâtes au citron les plus épicées de ma vie, ce qui est bizarre ainsi que rien de spécial. Je ne vais pas vous déranger avec plus de mes plaintes sur lui, car en quelque sorte il serait moi le méchant, mais sachez que je serai ravi de m’électrocuter plutôt que voyager avec ce type encore une fois. Au moins j’apprends de la carte que les québécois pensent que le mot « fun » commence par une voyelle :

On va dans une boutique de bibelots afin que certains puissent « magasiner », comme disent les québécois, pour des souvenirs. Si les fourrures étaient fabriquées en Lachine, tout ça est probablement de l’autre Chine :

Oui, j’ai pris cette photo juste pour faire cette blague.

J’avais entendu que ce mot était un juron, mais apparemment pas assez qu’il ne faut pas le porter sur un t-shirt :

La Fille et moi avons l’après-midi pour nous-mêmes. Je lui dis que l’on va faire quelque chose pour elle. Après des recherches rapides, nous choisissons le Musée de l’Illusion. En fait, pas besoin d’aller au Canada pour ça — il existe dans 5 villes françaises.

Tout est des illusions d’optique. Vous avez probablement vu certaines avant :

Je ne peux pas me convaincre que ces arcs ont la même longueur, même avec l’outil pour le vérifier :

Cette illusion est dingue. Voyez-vous le secret ?

Le retour de mardi ne mérite pas son propre post, mais voici quelques choses que je voulais partager. À l’aéroport de Montréal, nous étions épatés par les choix chez McDo, encore une fois mieux que les nôtres :

Mais sérieusement, « croissants français authentiques » ? Ne me faites pas rire !

On a goûter des McFlurry aux parfums indisponibles chez nous. Oui, notre petit-déj :

Avant d’embarquer, on a trouvé cette boutique charmante :

Mais je dois vous dire, je suis plus doué avec les macarons. Beaucoup trop de bulles dans les coques. Fabriquées par machine peut-être ?

J’adore l’idée des macarons à l’érable. Je vais les dupliquer.

On est passés par Toronto pour revenir aux États-Unis. Là, les hypocondriaques utilisent des applis pour appeler les ascenseurs :

À Toronto, on a vu une marque familière et réconfortante. Je voulais pleurer.

J’y ai acheté du jerky de bœuf, le goûter nord-américain (j’avais envie de goûter la version canadienne). C’est un genre de bœuf asséché avec du sucre et des épices. C’était un produit de qualité, mais pas à mes goûts.

Le code de l’aéroport de Toronto est YYZ. C’est aussi le nom d’un morceau instrumental de Rush, mon préféré sans paroles. Après 32 ans, j’ai enfin vécu le rêve d’écouter YYZ à YYZ.

Dernière chose : croiriez-vous que l’on a contrôlé nos passeports au Canada pour entrer les É-U ? C’est vrai — après être passé par cette queue, on n’a pas dû montrer nos passeports une fois revenus à Los Angeles :

Demain, votre billet préféré après chacune de mes vacances — je râle sur la langue.

La Basilique Notre-Dame de Montréal

On arrive au dernier jour du récit de nos vacances à Montréal — en fait, je suis revenu à l’appartement mardi. (Je n’ai aucune envie d’écrire « rentrer ».) Vu le niveau de détail de ce qui suit, on le fera en deux billets : la Basilique, puis le reste.

On avait acheté des billets pour la Basilique pour lundi (ils ont une date mais pas d’heure), alors nous y avons commencé. Au-delà de la cathédrale d’Auch, dans le Gers, je crois que l’on n’a pas vu autant de bois dans une cathédrale sur ce blog — et là, même pas à ce point.

D’abord, voici l’extérieur de la Basilique. Une église existe sur le site depuis 1683, quand la première a été érigée sous l’ordre des Sulpiciens (on va les rencontrer plusieurs fois dans ce récit), mais le bâtiment devant vos yeux ne date qu’aux années 1820, ayant été construite selon les plans de James O’Donnell, architecte new-yorkais…et protestant. (Un fait qui aurait été plutôt étonnant aux architectes de presque toutes les cathédrales qui apparaissent sur ce blog, mais il a évidemment fait du bon travail.) La météo a rendu cette photo trop sombre originalement, et j’ai ajusté le contraste avec Photoshop, pour info — autrement jamais le cas avec mes photos de voyage.

En entrant, l’intérieur est spectaculaire :

Aux côtés, on voit que les bancs et toute architecture autour d’eux est en bois :

Derrière l’entrée, en haut de nous, on voit l’orgue, qui est massif :

On s’approche de l’autel. Je vais diriger votre attention vers deux statues :

En haut, Jésus-Christ couronne sa mère, Marie :

À droit, on voit le sacrifice d’Isaac par Abraham, évidemment juste avant que l’ange ne dise de ne pas l’achever :

On tourne aux vitraux le long des murs. Ils racontent l’histoire de Montréal, ainsi que des épisodes de la foi. Ce vitrail montre 3 membres des Sulpiciens devant la vieille église du XVIIe siècle :

Mais remarquez un détail qui se trouve en bas à gauche de tous les vitraux. Pensiez-vous que nous irions sortir de cette visite sans contenus bien français ? Ce ne serait pas Un Coup de Foudre !

Cette scène montre Paul de Chomedey de Maisonneuve, un des fondateurs de Montréal, en train de porter la croix de Mont-Royal, érigée à l’honneur de la Sainte-Vierge après l’arrêt d’une inondation. La croix moderne n’est plus celle du vitrail :

Il y a un tableau de Jeanne Mance, la première infirmière de la ville, reconnue en 2012 comme cofondatrice de Montréal, en train de nourrir les pauvres. Elle a fondé l’Hôtel-Dieu :

Vers l’arrière de ce mur, il y a un autre vitrail qui montre plusieurs des fondateurs de la ville, dont Jacques Cartier, Maisonneuve, et Mance. Vu que Cartier a vécu presqu’un siècle avant les autres, ce n’est pas une scène historique en soi :

Sûrement vous vous souvenez de notre visite à la Basilique de Lisieux pour visiter Sainte-Thérèse ? Il y a une chapelle le long du mur consacrée à elle ainsi qu’aux martyrs sulpiciens de la Révolution française :

Dans une autre chapelle de la Basilique, consacrée à Saint-Jude, on trouve un tableau par l’artiste québécois Marius Dubois, intitulé « Notre-Dame du Canada ». Pourquoi du Canada ? Parce qu’elle tient une feuille d’érable, bien sûr ! Très logiques, nos amis canadiens.

En 1910, la Basilique abrite un congrès eucharistique, une pratique inaugurée par l’Église en 1881 à Lille (je ne le savais pas avant). C’est le sujet de notre prochain vitrail :

Un autre vitrail est consacré à 3 femmes de la colonie de Nouvelle-France. À droite on trouve Sainte Kateri Tekakwitha, la première autochthone des Amériques à être canonisée, en 2012. Elle a vécu un parcours très similaire à celui de Sainte-Thérèse de Lisieux, ayant été morte d’une maladie à l’âge de 24 ans. Les autres sont Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys, née à Troyes, première sainte canadienne après avoir fondé le premier couvent de la Nouvelle-France.

Notre dernier vitrail reprend Jeanne Mance et Marguerite Bourgeoys. On y trouve aussi Adam Dollard des Ormeaux, considéré un héros du Fort Ville-Marie (ce qui deviendrait Montréal), tombé dans une lutte contre des amérindiens. Il y a une question sur son but dans cette bataille ; certains historiens disent qu’il cherchait juste les peaux de castor possédés par ses ennemis.

Demain, on reprendra la fin du voyage avec la Biosphère, ce que l’on a déjà aperçu à distance plus tôt, ainsi que le moment préféré de La Fille de toute la semaine.