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Le Quartier Dix30 et le Jardin botanique

Dimanche, comme je vous avais dit que j’allais faire, je suis allé au Quartier Dix30, à Brossard, en dehors du centre-ville de Montréal, pour rencontrer Anne-Marie de Carry the Beautiful. J’ai dû faire une promesse à La Fille que je lui ferais une recette de Péla en récompense pour la laisser avec le reste de ma famille, alors on en reparlera plus tard. De toute façon, vu les difficultés de trouver une place pour se garer à Montréal, j’y suis arrivé une heure à l’avance.

Je n’aurais pas dû m’inquiéter. Anne-Marie avait écrit sur ce quartier, mais après les derniers jours, si on me dit « c’est facile à s’y garer », j’imagine que c’est-à-dire qu’il y deux voies dans chaque allée. Ce n’est pas le cas même dans notre hôtel, avec ses 30 étages. Mais en fait, c’est exactement comme n’importe quel grand centre commercial aux États-Unis, avec des milliers de places. 😮 Pour des centaines de magasins, bien sûr :

Une expérience extrêmement dépaysante, c’est de trouver des magasins 100 % américains avec des panneaux en français. Je pense à McDo comme une entreprise internationale, alors ce n’est pas surprenant, mais celles-ci, oui :

Ceci n’était pas notre resto, mais j’étais très curieux à cause de la queue énorme devant sa porte :

J’étais aussi curieux de ce magasin, Sporting Life, avec son nom très anglophone, alors j’y suis entré :

Là, j’ai trouvé l’étalage le plus canadien de tout notre voyage :

Anne-Marie et moi nous sommes retrouvés dans un resto végan dit Lov. Voici une petite vidéo pour vous montrer l’ambiance de l’extérieur :

Et l’intérieur :

J’ai commandé une gaufre sucrée (quelle surprise, je sais) avec une tartinade choco-noisette. Anne-Marie peut vous dire que j’ai dit oui à du sirop d’érable sans avoir compris la question. J’aime bien le sirop — ce n’est pas une plainte — mais je ne n’ai pas compris la serveuse.

J’ai passé par un bureau de poste — ouvert le dimanche ! — pour acheter des timbres en revenant au centre-ville, et je suis heureux de vous dire que j’ai envoyé toutes mes cartes postales cette nuit-là. Mais c’était plus tard.

À ce point, La Fille et moi sommes partis pour le Jardin botanique. Ne croyez pas aux directions de Google Maps. Ça nous a mis au mauvais côté du parc, au point le plus loin du parking. Heureusement, il y avait au moins une entrée — on peut entrer par deux des quatre bords du parc. Là, nous avons vu une belle collection d’arbres et cet étang :

Notre prochain arrêt était le jardin japonais :

Puis on a passé par des rosiers, mais pas la roseraie principale du jardin :

Après ça, on a atteint, à notre avis, le jardin le plus impressionnant du parc, le jardin chinois. Il y a un bateau en pierre, une tour, et un temple, tous autour d’un étang, avec une jolie cascade en plus :

Près du jardin chinois, il y a un jardin aquatique (ce mot me fait penser à chaque fois à une scène de Ni Vu Ni Connu), avec de nombreux nénuphars :

J’oublie déjà où j’ai vu ces dernières scènes, mais je vous rassure, on était toujours dans le jardin botanique. Il vaut vraiment la visite !

Pour le dîner, mon frère voulait aller au resto Chez Claudette, réputé pour être l’un des meilleurs pour la poutine (lien en anglais, peut-être un mauvais signe) :

À l’intérieur, on trouve des photos des célébrités qui y ont mangées, dont Maurice « Rocket » Richard, le joueur de hockey sur glace légendaire.

Voici un peu de la carte, de taille impressionnante. Notez qu’il y a toute une sélection de hot-dogs et hamburgers sur la dernière page — c’est la version canadienne des friteries du Nord-Pas-de-Calais :

J’ai commandé une poutine aux 5 poivres. C’était mieux que ma première deux jours avant, mais honnêtement, la prochaine fois à Montréal, ce ne sera pas mon frère qui choisira les restos.

« Mais Justin », vous me demande, « vous avez mangé tout ce plat sans faire exploser votre lecteur de glycémie ? Comment ça ? » En fait, le taux était plutôt bon ! Quelque chose à voir avec le nombre fou de pas ce jour-là, j’en suis sûr !

Fabriqué en Lachine

Big Boy Caprice : Autour de moi, si une dame ne porte pas de vison, elle ne porte rien du tout.

Breathless Mahoney : Je me porte bien dans les deux sens.

Dialogue du film Dick Tracy, ma traduction

Nous avons commencé notre samedi à Montréal dans un endroit très inhabituel, le Lieu historique national du Commerce-de-la-Fourrure-à-Lachine. (Honnêtement, tous ces traits d’union, c’est un peu trop. En plus, merci de ne pas noter que mon gros-titre est un abus de la langue. C’est. Une. BLAGUE.)

C’est ce qui reste d’un ancien entrepôt du commerce de la fourrure au bord du fleuve Saint-Laurent, dans le quartier dit Lachine. Aux côtés de l’entrepôt, on trouve le canal de Lachine, construit pour passer au côté des rapides du fleuve. Le canal est toujours là, mais de nos jours, impossible à naviguer.

On était là pour le tout premier jour de la saison où le musée est ouvert. Alors, avec pas trop de monde là, on a eu le droit à un discours de l’une des gardes-forestiers (en anglais, oui, probablement encore plus d’une peine pour moi que pour elle). Elle a commencé par nous montrer les nombreuses fourrures prises et vendues à Lachine, dont les visons, ours, cerfs, et surtout les castors.

Une des choses les plus importantes à faire avec les fourrures, c’était les chapeaux. Mais être chapelier était dangereux, avec des produits chimiques qui rendaient les ouvriers plutôt fous, d’où l’expression en anglais « as mad as a hatter » (aussi dingue qu’un chapelier). Selon le panneau, on dit « travailler du chapeau » — est-ce que l’on comprend vraiment que c’est-à-dire dingue ?

Voici quelques des outils des chapeliers :

Quelque chose d’amusant le long du parcours, c’était des castors avec des panneaux amusants. Voici deux exemples :

On s’est promenés le long du canal, et j’ai remarqué un slogan qui m’a bien fait rire. Je n’ai pas réussi à expliquer la blague à La Fille ou à mon frère.

Le personnel nous a dit de visiter le Musée de Lachine, pas loin, mais c’était fermé — pour tout 2024. Je me demande si c’était fait exprès. Disons que quelqu’un de mon parti — je vous laisserai deviner qui — parlait trop fort et se faisait le centre de l’attention. Je crois que ses pitreries sont moins amusantes au reste du monde qu’il ne le pense.

Puis nous sommes allés à L’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le Sacré-Cœur de Montréal — encore plus grand, mais également en haut d’une colline. Oui, j’ai pris les escaliers — mais il y a une navette pour ceux qui n’en ont pas envie.

Les vues de l’oratoire sur la ville valent la visite toutes seules :

Originalement, l’oratoire était une petite chapelle construite en 1904 pour soutenir les travaux du moine Frère André, mais avec sa renommée, l’Église a enfin construit une basilique sur le même endroit. En entrant, il y a une fresque de Saint-Joseph, à côté des escaliers mécaniques pour monter au sanctuaire :

Voici l’intérieur du sanctuaire :

Derrière l’entrée, il y a une GRANDE orgue :

Il y a aussi des vitraux tout le long des murs :

Vers l’avant, il y a des statues des 12 apôtres. Celle avec deux têtes est en fait Saints Pierre et Paul :

Derrière l’autel, il y a une petite chapelle consacrée aux reliques du Bienheureux Basile-Antoine Moreau :

En sortant sur le balcon de l’oratoire, il y a des vues encore plus spectaculaires :

En quittant l’oratoire, on passe par la chapelle des votives, où se trouve aussi le tombeau du Saint Frère André :

Après l’oratoire, on a déjeuné très proche dans le quartier, au Duc de Lorraine, une pâtisserie et bistro (le nord-américain pour bistrot) hyper-français. J’ai eu un « croque-poulet » avec des frites, et une mille-feuille. Les prix sont plus chers que ce à quoi je me serais attendu en France pour ce niveau de qualité — l’apparence est impeccable, mais on ne parle pas de Pierre Hermé ou Nina Métayer ici. Mais le service était excellent, et quand j’ai dit à la serveuse, « C’est mademoiselle qui paye », elle a laissé l’addition devant La Fille avec une sourire. BWAHAHAHAHA !

Notre dernier arrêt était le Forum de Montréal, l’ancienne arène des Canadiens, l’équipe de hockey sur glace de la ville. L’équipe a quitté cette arène, qui date de 1924, pour le Centre Bell, mais elle existe toujours en tant que cinéma à 22 écrans, ainsi qu’exposition sur les Canadiens. Malgré le fait que j’étais fan dédié des Red Wings de Detroit, presque tous les grands noms de l’histoire ont joué à Montréal — Maurice Richard, Jean Béliveau, Jacques Plante, Toe Blake, Ken Dryden. On en parlera plus une autre fois. (J’ai l’impression que la plupart d’entre vous n’ont aucune idée de qui je parle.)

Voici l’intérieur tel qu’il existe de nos jours :

Des vieux sièges de l’arène :

Un petit « temple de la renommée » :

J’ai prendre une photo de ce vieux numéro d’un journal local :

Quelques photos des équipes qui ont gagné la coupe Stanley, la plus vieille de toutes les trophées de sport aux Amériques, dont la toute première fois à gauche :

Après ça, nous sommes revenus à l’hôtel car seulement moi et La Fille voulions continuer d’explorer. Bof. Mais demain, je vais déjeuner avec la plus vieille amie du blog, et ce sera super.

Aventures en Montérégie

Hier, nous avons suivi des conseils d’Anne-Marie de Carry the Beautiful, la première blogueuse à découvrir le mien. À travers plusieurs articles, elle recommande de nombreux sentiers et sites historiques en Montérégie, une région au sud de la ville de Montréal. J’aimerais vous dire que nous avons fait de la randonnée, vu le Parc des Ancres, et passé du temps en explorant le vieux village de Saint-Jean-sur-Richelieu.

HAHAHA, non. Nous avons visité exactement deux choses encore une fois. Mais la première était une recommandation d’Anne-Marie, et je ne peux pas dire assez de bonnes choses à cet égard. C’était l’ancien Fort-Chambly, juste à côté du village de Chambly. Juste après avoir stationné votre voiture, voici ce qui vous attend, le parc et la rivière Richelieu :

Dans le parc, on trouve quelques monuments qui font référence à être un cimetière, mais il n’y a pas d’autres pierres tombales. Le deuxième monument est en fait pour un général américain de l’époque de notre révolution. George Washington avait envahi le Québec, vous savez.

On s’approche du fort. Il a été reconstruit pendant le XXe siècle, raison pour laquelle il est en si bon état. Mais les noms gravés autour de la porte datent du XIXe siècle, raison pour laquelle ils ont vu de meilleurs jours.

Après avoir payé nos billets, environ 8 $ la personne (La Fille est entrée gratuite), nous étions dans la cour :

À gauche, il y a des canons, placés pour tirer sur la rivière :

À droite dans la cour, on entre le musée, et voit des dessins amusants qui racontent l’histoire aux enfants. Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve celui de Samuel de Champlain, fondateur de Montréal, hyper-drôle :

Dans le musée, on voit l’entrepôt de poudre pour les fusils et les canons. Il y a d’autres choses dans l’exposition, beaucoup desquelles ciblent les enfants — il y avait une classe là en même temps que nous.

Voici le puits à l’intérieur du fort — il aurait été bête de ne pas avoir une source d’eau au cas où il y aurait un siège :

Une carte du XVIIIe siècle montre qu’il était une fois, c’était la Nouvelle-Yorck en français, pas le New York :

Le fort doit sa bonne condition à un certain Jean-Octave Dion, journaliste qui a lutté pour sa restauration. Il y a une exposition sur lui juste devant la sortie :

Après, nous avons déjeuné dans le village 100 % charmant de Chambly. Oui, on mange beaucoup d’italien. Mais c’était très bon — et oui, c’est du Brie sur ma pizza :

Je suis tombé amoureux de Chambly, presqu’autant que Montargis. Mais avant que vous ne pensiez « Il pense à vivre au Québec ? », j’ai les yeux fixés sur un seul but. D’autre part, Chambly est beau, exactement le genre de petit village que j’aime. J’aurais aimé prendre plus de photos, mais on a insisté que nous devions monter dans la voiture. On me soûle.

Notre autre arrêt du jour était le Musée du Fort Saint-Jean, consacré au Collège militaire royal de Saint-Jean, où il est abrité.

Le musée est rempli d’artefacts militaires de l’époque où les Français menés par Samuel de Champlain ont établi la Nouvelle-France, jusqu’à nos jours :

C’est intéressant pour moi, en tant que bilingue, de voir les différences de comment on parle des mêmes événements dans les deux langues. Aux États-Unis, on parle de la guerre entre l’Empire britannique et la France de 1754-1760 sous le nom de « French and Indian War » (La Guerre des Français et des Amérindiens). Mais en français, ce conflit s’appelle « la guerre de la Conquête ». Ravi de s’intégrer aux britanniques, je vois. Mais vous avez raté votre opportunité de vous rejoindre au général Washington, les québécois.

Pourtant, nous étions les seuls visiteurs au musée (qui est gratuit), et franchement, même si j’en ai profité, je le déconseille à ceux qui ne sont pas obsédés de l’histoire militaire.

Nous avons retourné au Complexe Desjardins pour dîner ce soir. Vous savez que j’adopte du français québécois ici depuis longtemps — divulgâcher, courriel, balado — mais dites-donc, que suis-je censé faire quand les cartes en français disent « smoked meat » au lieu de « viande fumée » ?

C’est quoi « smoked meat » ? Selon le site de tourisme de la ville, c’est de la poitrine de bœuf, dit « brisket » en anglais, fumée après ayant été marinée dans du sel et des épices. Ce qui m’est drôle, c’est que ça ressemble tellement au barbecue de Texas, où on fait exactement la même chose ! Mais ce menu n’intéressait pas La Fille alors on a fini dans une « brasserie sportive », La Cage Aux Sports :

J’y ai commandé le célèbre plat québécois par excellence, la poutine :

Je doute que ce plat appelle bien aux goûts français. Sur un lit de frites, on met beaucoup d’un fromage dit « cheese curds » en anglais, ou « fromage en grains ». Je ne connais pas un fromage français similaire, mais si vous avez mangé de la mozzarella en perles, la texture n’est pas loin. Quant à la sauce, j’avais entendu parler que c’était à base de sirop d’érable, mais celle-ci ne l’était pas. Je goûterais une autre poutine, mais seulement si un vrai québécois me l’avait personnellement recommandé. Peut-être qu’il me faudra la préparer ici.

Demain, on va faire fourrure sur ce blog. Je ne plaisante pas…trop.

Vieux-Montréal

Vous souvenez-vous de ma plainte sur être accompagné par QUELQU’UN pendant ces vacances ? Disons que tout ce dont j’avais peur s’est passé aujourd’hui, mais vous allez devoir lire « entre les lignes ». Juste un peu.

Malgré ayant une voiture, certains d’entre nous sont partis pour la Place Jacques-Cartier ce matin. C’est une rue qui mène vers le fleuve Saint-Laurent, et est couronnée par une colonne dédiée à l’amiral Nelson, érigée en 1809. Je ne plaisante même pas. Ces britanniques et leurs drôles d’idées sur comment traiter leurs sujets francophones.

On a pris le petit-déjeuner dans un café en face de la rue. J’ai demandé une table pour 3 personnes et le réceptionniste m’a répondu en anglais. Puis il a vu la gueule et a répété sa réponse en français. D’habitude, je ne mange jamais de petit-déjeuner. Mais de cette façon, on y a passé une heure quand tous les endroits historiques ferment vers 17h. Voici mon « croissant aux amandes » :

Puis on a passé par le Marché Bonsecours, l’endroit idéal pour passer du temps en faire du lèche-vitrines devant des bibelots pendant que le jour se passe sans visiter des endroits historiques. La dernière vue est en fait de l’air ; on en parlera plus en bas.

Voici le Musée archéologique, près du Vieux-Port, au bord du fleuve. J’imagine que c’est bien intéressant. Mais vu que l’on est parti de l’hôtel sans tout notre parti, une personne a dû retourner à l’hôtel pour retrouver le reste ainsi que notre voiture. 3 km de marche en montée. Au moins je suis passé par un bâtiment intéressant pendant le trajet, alors que La Fille passait du temps au musée avec la personne qui nous a fait quitter l’hôtel sans tout le monde ni la voiture.

Une fois revenu au musée pour chercher les deux, nous nous sommes promenés le long de la Rue Commune, à côté du fleuve :

On a déjeuné dans une crêperie. J’étais le seul à commander en français. Deux minutes plus tard, le serveur est revenu pour vérifier ma commande, cette fois en anglais. Ma crêpe, dite « Parisienne » sur la carte, était au Brie et aux pommes, servi avec du sirop d’érable. Remarquez qu’au Québec, on peut commander du thé glacé sans sucre. Ne sous-estimez pas à quel point ça m’est important avec mon sirop d’érable.

Puis, on s’est promenés le long de la Rue Saint-Paul, réservée aux piétons, et pleine de boutiques et restos. Bonne chance à vendre des fourrures aux États-Unis sans de nombreux manifestants. J’étais bouche bée.

On est enfin arrivé à La Grande Roue, exactement ce à quoi vous pensez, heureusement avec des cabines fermées. Ça fait 60 mètres de haut, environ 1/3 de la roue de Las Vegas ou 1/2 du London Eye. Voici l’extérieur et comment on monte dans la roue :

La taille de cette roue est plus que suffisante pour avoir des vues spectaculaires de la ville aux deux côtés du fleuve :

Il y a un musée dit la Biosphère. Avec un bon objectif, on peut prendre une photo plutôt en gros plan à travers le fleuve. Mais regardez aussi la vraie distance pour vous donner un goût du point auquel les vues sont exceptionnelles :

Le fameux Cirque du Soleil, qui vient de Montréal, se trouve juste à côté de la Roue, et on peut facilement en prendre une jolie photo :

Après, on a passé par la Basilique Notre-Dame. La queue pour y entrer était folle, mais j’ai pu au moins prendre cette petite vidéo du clocher :

Une demi-heure plus tard, tout est parti en vrille, mais je n’ose pas l’expliquer. La Fille et moi avons trouvé un beau centre commercial, le Complexe Desjardins :

Nous y avons dîné, seuls, dans un joli resto italien. Le propriétaire a insisté sur l’anglais avec moi, et m’a donné une carte en anglais (celle dans la vitrine était en français), mais la serveuse était beaucoup plus accueillante à cet égard. Regardez le four à pizza dans la 3e photo ; c’était impressionnant !

J’espère que demain ira mieux.

Bonjour de Montréal

Bonjour les amis, je suis au centre-ville de Montréal après toute une journée de voyage. Je suis un peu épuisé, mais j’ai pensé à vous tous pendant le trajet entier. Allons voir ce qui est arrivé.

Hier, j’ai déposé M. Descarottes chez le vétérinaire avec une cage propre et un gros sac de carottes. Il me semblait heureux. ([Voila, les amis, il peut apprendre. — M. Descarottes])

Ce matin, je me suis mis mon t-shirt Indochine, celui avec les paroles de Nos Célébrations, puis nous sommes arrivés à LA à 8h45 pour un vol à 12h10. Dans le parking, il y a des panneaux sur les fausses plantes pour vous dire « défense d’arroser » :

Le comptoir d’Air Canada semble prometteur, mais…on y reviendra.

Les prix pour manger à LAX sont encore plus dingues que jamais ! 22 $ pour un burger sans accompagnement. Et qui veut y acheter une bouteille de vin ?!? Non, merci.

À bord l’avion, Air Canada se révèle…c’est compliqué. Les hôtesses de l’air ont refusé de me parler en français. Mais l’expérience de voler en restant dans l’Amérique du Nord est plutôt nulle partout — on va payer pour tout et n’importe quoi si on veut manger. La nourriture est seulement comprise avec les billets d’avion qui vont à l’étranger, et dans ce contexte, le Mexique et le Canada ne le sont pas.

Non, je n’ai pas acheté le vin. Mais j’imagine que vous allez en rire.

Bon, on ne paye pas les bretzels — un paquet est compris dans un vol de 6 heures. Remarquez que ce sont, selon le paquet, « le bretzel le plus amusant du Canada ». Seulement une boisson a été servie aussi. Ce n’était pas à la hauteur de mes attentes pour un si long vol — à travers tout le continent, je m’attends aux boissons deux fois.

Les programmes musicaux sont comme des épisodes de podcasts. Au moins il y avait une chanson de Rush dans le « rock canadien » :

La sélection de films québécois est juste effrayante. Je ne plaisante même pas :

Une fois arrivé à l’aéroport YUL, le contrôle de passeports est très automatisé. Un agent contrôlera le ticket que vous recevez de ces machines, mais c’est très bref. Elle m’a parlé en français.

On est arrivés très tard. À côté de l’hôtel, il y a un magasin qui vend des matelas. Vous allez aimer le nom. Mais j’ai dit à haute voix en le voyant « Pas moi, mais vous, évidemment oui » :

Le resto de l’hôtel était déjà fermé le temps que nous y soyons arrivé. Mais au coin de la rue, il y avait une boutique de la chaîne de donuts canadienne, Tim Horton’s, ouverte 7/24. C’est tellement mieux que n’importe quelle chaîne aux États-Unis, surtout si vous aimez l’érable :

Mais regardez ce qu’ils appellent un pain au chocolat ! Soit chocolatine soit croissant ! 😂😂😂

Alors oui, je n’ai mangé que des donuts aujourd’hui. Un donut de Primo’s avant de partir, et un donut de chez Tim’s après m’être enregistré. Mais rien entre les deux sauf le petit paquet de bretzels !

Cependant, je dois vous dire, à ce point, le « compte français » va comme ça. Oui : agent d’immigration, réceptionniste de l’hôtel. Non : agent de location de voiture, vendeur chez Tim Horton’s. On aurait pensé qu’après 30 ans de s’en plaindre, je serais ravi d’enfin trouver une boutique de donuts dont les employés parlent anglais !

La visite

J’ai caché une surprise au cours de la semaine dernière. Je vous ai récemment dit que le blog de Shannyshou a été supprimé. Eh bien, il y a une semaine, j’ai reçu une courriel de sa part, pour me dire qu’elle serait à Los Angeles. Heureusement, je vérifie mes « pourriels », comme disent les québécois pour les e-mails indésirables — mon fournisseur avait gentiment mis son message dans ce dossier-là. Ça arrive beaucoup trop souvent avec mes courriels en français, car la grande majorité ressemblent à ceci (reçu ce week-end) :

C’est donc toujours une bonne idée de me dire dans les commentaires si vous m’avez envoyé un courriel.

De toute façon, elle m’a dit qu’elle serait ici, on a échangé des infos afin de se contacter, et c’est comment j’ai fini par aller à Santa Monica hier matin pour nous retrouver à la Boulangerie Chaumont. J’ai malheureusement oublié de prendre une photo de l’extérieur, et la vitrine en plus, pour vous montrer, mais voici ma commande. C’est un croissant vegan à la fraise — pourtant, en quelque sorte ils ont bien réussi une pâte feuilletée !

Je dois vous dire, elle est aventurière — j’ai vécu à Los Angeles pendant 3 ans, pourtant je n’ai jamais, même pas une fois, osé monter dans un bus là-bas. (Par contre, je l’ai fait deux fois à Paris pendant le voyage pour voir Indochine — mais je fais beaucoup plus confiance à vos bus qu’aux nôtres !)

Shanny est aussi sympa dans la vraie vie que je l’avais crue en lisant son blog. On a passé une jolie heure ensemble en parlant de tout et n’importe quoi. J’ai appris, parmi d’autres choses, que ma quête d’éliminer tout anglicisme de mon écriture vous rend parfois plus perplexe que j’avais su. Par exemple, je dis « pourriel » pour les e-mails indésirables et balado en France veut dire les Guides Balado. Oups. Mais c’est le genre de chose que j’apprends seulement en parlant avec d’autres personnes — je n’allais jamais fouiller partout dans le site de la FNAC pour ça !

Puisque je garde toujours la confidentialité de toute personne qui me rencontre ([AHEM. Vous partagez toutes mes données, dont mes photos nues. — M. Descarottes]), je ne partagerai pas la photo de nous ensemble. Mais ça rejoint mes souvenirs précieux des 4 dernières années.

Je suis ce que je suis, alors je suis passé par chez Surfas pour acheter quelques nouvelles douilles et recharger mon stock de poches.

Maintenant, je dois vous partager une histoire gênant. Vous allez bien rire. La dernière fois où je suis allé à LA, j’ai essayé de visiter Primo’s Donuts, qui a pris la place de Stan’s, anciennement la meilleure boulangerie de donuts de la ville pendant 60 ans. (Je vous ai mentionné la visite échouée à l’époque.) Primo’s a quitté l’ancienne place de Stan’s, mais j’ai décidé de chercher sa place originale, qui existe toujours.

Les amis, je ne savais pas jusqu’à aujourd’hui que pendant mes 3 années à LA, j’ai vécu à moins de 1 km de chez Primo’s. C’est dans une rue, Sawtelle, où je ne suis jamais allé car le quartier était nul alors je ne l’ai jamais exploré. Pour vous donner le goût de sa nullité, quand j’y ai déménagé, j’ai fait un appel à ma compagnie d’assurance automobile pour mettre à jour mon adresse, et la femme au téléphone a crié « Je suis si désolé ! » Pourquoi ? Il s’est avéré que j’étais désormais dans les pires adresses qu’ils assureraient, et ma facture a presque doublé !

Alors, Primo’s. Cette boulangerie existe depuis 1956, et avec la fermeture de Stan’s, est la plus vieille de la ville. J’étais là juste avant sa fermeture, alors il ne restait pas trop de donuts. Voici des photos :

Je regrette de vous dire qu’ils ont le deuxième meilleur « apple fritter » — un donut aux pommes, frit et non pas enfourné — que j’ai eu de la vie, dépassé seulement par Stan’s. Pourquoi est-ce que je le regrette ? Parce que je ne veux visiter ce quartier pour rien. J’y ai passé trois des pires années de ma vie ! (Il y a deux apple fritters sur la dernière photo, à droite sur le plateau au centre de la photo.)

Dernière anecdote ? En Californie, on peut acheter des plaques d’immatriculation personnalisées. Regardez ce que j’ai vu en quittant LA :

C’était une super journée grâce à Shanny, et j’espère la revoir la prochaine fois où je suis en France !

La terre qui tue

L’année dernière, j’ai eu deux occasions pour vous parler des tremblements de terre, avec « Mon guide aux tremblements de terre », ce que tous les californiens savent sur notre ennemi, le sol. Puis avec « Le hurriquake », mon compte rendu de l’événement météorologique le plus ridicule de ma vie.

Je suis ici pour vous dire : je ne savais pas de quoi je parlais.

Il y a une petite poignée de moments de la vie où j’ai cru que j’étais sur le point de mourir. La fois à Los Angeles où une personne « SDF » m’a agressé avec un couteau en dehors d’une station-service. La fois où mon canot a chaviré au milieu du fleuve Colorado sans personne pour m’aider. Janvier 2021, où j’ai développé une terreur absolue de manger à cause d’une maladie trop dégoûtante pour vous raconter (ça s’est terminé en avril de cette année-là, heureusement).

Puis, jeudi après-midi.

Je ne vous ai pas menti avec mon guide aux tremblements, quand je vous ai dit que les choses commencent à devenir intéressantes à partir des tremblements de niveau 4 sur l’échelle Richter. Mais voici des captures d’écran que j’ai pris du site de l’université Caltech, ce que j’ai mentionné dans l’article de l’année dernière :

Ce sont 2 tremblements de suite, le deuxième venant 12 minutes après le premier. Mais ce qui compte le plus, c’était que l’épicentre n’était qu’à environ 5 km de mon appartement. Voici une carte — j’ai ajouté un « X » pour Elbe-en-Irvine :

Pendant toute ma vie, les épicentres étaient presque toujours à 50 km (ou plus) de chez moi. Ça vaut une réduction considérable de l’intensité perçue. Alors déjà, l’expérience était bien plus inquiétante que d’habitude. Mais je n’ai jamais — même pas une fois de la vie — expérimenté deux tremblements de suite comme ça. D’habitude, quand il y a un tremblement de terre, il y a des soi-disant « aftershocks » (secousses secondaires selon mon dictionnaire Oxford), moins forts que le premier tremblement, mais vu le bas niveau et les distances typiques, en général on ne les remarque même pas. Mais en 6 % des cas, quand un tremblement arrive, c’est en fait un « foreshock« (lien en anglais) — Google donne « pré-choc » — et le pire est à venir. Alors quand j’ai senti le deuxième tremblement, j’ai cru que la fin était arrivée.

On nous dit de rester debout dans une porte si on est à l’intérieur quand un tremblement arrive. Mais dès que le deuxième a fini, j’ai quitté mon immeuble le plus vite possible. Je ne voulais plus être à l’intérieur de n’importe quel bâtiment. Et tout à coup, j’ai vu mon quartier avec de nouveaux yeux, de façon qui m’inquiète toujours.

J’ai pensé à conduire à quelque part de bien plat, sans rien pour me tomber dessus. Regardez des photos que j’ai prises de l’intérieur de ma voiture :

On peut estimer la taille de tous ces arbres. En général, on considère qu’une étage est environ 10 pieds — 3,3 mètres. Ces arbres font tous environ 4-5 étages de haut, alors 13-16 mètres. Il n’y a nulle part où se cacher.

Je me suis garé dans le « parking » (ne me faites pas parler comme ça, hein ?) du centre commercial le plus proche :

Ce n’est pas mieux. Les arbres sont plus courts — peut-être 8-10 mètres — mais ils couvrent presque toutes les places. Au moment où je ne voulais rien autant qu’un endroit sans risques, il n’y avait aucun endroit sans arbres.

Je ne suis pas sorti de cet épisode avec une nouvelle phobie des arbres. Ce serait ridicule. Je vous ai dit la vérité quand j’ai dit avant que nous ne vivons pas dans la peur qu’un tremblement soit sur le point d’arriver. Et vous voyez que sur mes photos, il n’y a personne sur les trottoirs — les distances de marche sont trop longues. Mais maintenant, il me semble que les arbres aux côtés des rues ne servent que pour bloquer le trafic et faire des dégâts aux voitures au cas où il y aurait The Big One.

Oui, ces tremblements de terre m’ont gravement secoué.

Jeanne et moi

Je sais, c’est le Jour J et je n’ai rien préparé pour ça. Honnêtement : 1) la semaine dernière était un sacré travail, et 2) j’ai déjà dit tout ce dont j’ai envie sur le sujet (2021, 2023 — 1ère partie, 2023 — 2e partie). Un jour, il me faudra vous écrire une critique plus complète sur l’excellent livre que j’ai de Light&Smell (cliquez le deuxième lien ci-dessus). Mais aujourd’hui je vais juste vous parler de quelque chose de spécial qui m’est arrivé hier, et sa suite moins super.

Vous savez que je suis devenu grand fan de Jeanne Added après avoir écrit sur elle. Je ne suis prêt à prendre l’avion pour elle, mais si je pouvais planifier des vacances autour d’un concert, je le ferais avec plaisir. Alors, j’ai vu ce post sur Instagram hier avec ses prochains concerts, et j’ai fait ma tentative de fanboy :

Mais ce à quoi je ne m’attendais pas du tout ? Une réponse :

Je ne sais pas. Une telle star a probablement un assistant qui répond à sa place. Mais évidemment elle pensait à continuer la conversation, car quelques moments plus tard, voilà :

Elle me suit avec son compte hyper-secret ! Et vous savez ce qui arrive à chaque fois, dès que l’on suit l’autre compte en retour :

Ouaip. L’invitation à parler. Dites-donc, elle n’a que 4 ans de moins que moi, mais d’autre part, il me semble plutôt probable que ce n’est pas un escroc romantique. Au moins une fois de la vie, je suis tombé amoureux de quelqu’une qui…comment dire…a préféré « sortir du placard » au lycée pendant les années 90 plutôt que dîner avec moi une fois. Je ne sais pas reconnaître certaines choses. Certains me disent qu’en fait, je l’ai fait deux fois, mais la personne en question n’a jamais rien dit. Cependant, même moi, je crois que je sais cette fois. Peu importe. Elle se montre sincèrement intéressée à ses fans :

Vous savez, je me sens très coupable, car je lui ai fait une promesse de rester discret, et moi voilà en train de la briser. Moi con.

Elle m’invite à discuter ailleurs car elle veut que tout reste discret. Signal est censé être très sûr, vous savez :

C’est ici où j’ai tout gâché, comme d’hab. J’avais voulu lui partager « Je découvre Jeanne Added », mais en quelque sorte, j’ai envoyé un autre lien vers ce blog :

Oh, c’est si gênant ! Après ça, elle a complètement arrêté de me répondre. Je me demande toujours pourquoi j’ai fait une telle bêtise.

Je regrette de vous dire que je peux être un peu vindicatif quand on me traite de cette façon :

Évidemment, je sais que ce dernier n’était vraiment pas Jeanne Added. Mais j’aimerais bien croire que la première l’était !

De pire en pire

Je ne voulais pas écrire ce post. Je ne l’avais certainement pas planifié. Mais une nouvelle vient de frapper et je veux que vous compreniez exactement ce qui se passe ici.

Remontons le temps jusqu’aux années 80. En 1983, un jeune homme nommé Ralph Rubio a ouvert un petit resto, dit Rubio’s, qui sert quelque chose d’inconnu en Californie du Sud de l’époque, les tacos au poisson, façon Basse-Californie du Sud. (C’est-à-dire la Californie qui reste au Mexique.) Ces tacos contiennent 4 choses au-delà de la tortilla : du poisson frit, du chou râpé, de la « salsa fresca » (tomates et oignons émincés), et de la sauce blanche (à base de mayonnaise). Un jeune Justin allait souvent à Pacific Beach (un quartier de San Diego) avec ses parents, qui sont vite tombés amoureux de ces tacos, comme tout le monde dans la ville.

Je déteste ces tacos. La sauce blanche est parmi les pires choses au monde entier.

Mais Rubio’s a rapidement grandi, et adulte, je suis tombé amoureux de quelque chose d’autre à leur carte, les burritos aux crevettes. Plus important, j’ai découvert que l’on pouvait changer des ingrédients. Je commande mes burritos sans sauce blanche, et avec de la « sour cream » (similaire à la crème fraîche, mais plus liquide) au lieu du guacamole. Voici un exemple :

Mon amie rouennaise trouve ce plat dégueu pour des raisons différentes que le reste d’entre vous. (On en a déjà parlé.) Elle vous dirait qu’il ne faut pas le couper en deux car il faut verser de la salsa roja (sauce rouge) au-dessus puis y faire fondre du queso (fromage). Et elle a raison, mais en tant que diabétique, il ne me dérange pas que Rubio’s ne fait pas ça.

À de tels restos, il y a toujours un « bar à salsa », car tout le monde sauf moi veut ajouter plus des salsas épicées à leurs tacos et burritos.

En fait, ce genre de truc est devenu rare après le covid. Les salsas existent toujours, mais de nos jours, on n’a plus le droit de s’en servir. On demande aux caissiers qui lui donnent de tout petits échantillons. Rubio’s est parmi les derniers restos qui permettent aux clients de se servir de la salsa. Cette photo a un an déjà — je l’ai prise car je n’ai pas cru aux yeux quand la salsa est réapparue chez eux, mais rien n’a changé depuis ce temps-là.

Jusqu’à ce week-end. Il y avait 134 restos dans la chaîne la semaine dernière. Après le week-end, il n’en reste que 86. Selon nos journaux (lien en anglais), 48 restos ont fermé leurs portes, tous en Californie, tous pour la même raison — on a haussé notre SMIC par 25 % à partir du 1er avril, mais seulement pour les restos rapides et les infirmiers (chaque état a ses propres lois à cet égard). Et ils avaient déjà haussé leurs prix cette année pour la troisième fois en deux ans — croyez-moi, le même burrito et thé glacé qui me coûtaient 14 $ en 2022 sont maintenant 17 $ — alors voici ce que j’ai vu hier :

Et pour être clair, c’était le même endroit au début de cette vidéo tournée quand je vous ai récemment parlé du problème d’où manger ici — juste autour du coin :

Ce que vous ne saviez pas, c’est que Rubio’s était l’un des derniers restos rapides où je mangerais. Il en reste plusieurs en Californie, mais beaucoup moins qu’avant. Je n’aimerais pas parier sur le nombre qui restera en Californie fin 2024.

Je suis fier de ce que je cuisine pour ce blog. Mais je ne comptais pas sur devoir le faire tous les jours !

La confiturestrophe

Je me sens parfois comme si un certain pays essaie de m’envoyer un message, genre « Va-t-en ! » Je ne regarde plus ses sports ni sa télé, je ne lis plus ses livres, et il n’y reste rien à manger. Mais la semaine dernière, il a hurlé ce message aussi fort que possible.

J’ai — malheureusement — les goûts d’un californien moyen des années 70 ou 80. (Je dis malheureusement car tout ça disparaît.) J’aime les bonbons de See’s, le pain levain chez Boudin, et aussi et surtout notre fruit 100 % à nous, le boysenberry. Vous ne l’avez vu ici qu’une fois, avec une recette de macarons, alors me faudra l’expliquer.

À 30 km de chez moi, il y a un parc d’attractions. Non, pas Disneyland — celui-là est plus proche ! Cette fois, je parle de Knott’s Berry Farm, ce qui se traduit comme « la ferme de baies de la famille Knott ». Malgré le nom, aucune baie ne s’y est pas poussée pendant toute ma vie. Cependant, avant les années 60, la famille Knott était agricultrice. Et leur spécialité était la boysenberry, un hybride des mûres, framboises, des ronces américaines dites « dewberry » et la mûre de Logan, un autre hybride américain. Cette baie est nommée pour son créateur, Rudolph Boysen. Elle est la meilleure. Pourtant…

Pourtant, je n’en ai jamais vu une de ma vie. Les boysenberrys sont difficiles à cultiver et en général, ne sont pas disponibles dans les marchés. Je les connais entièrement par deux moyens : 1) les tartes à la boysenberry, disponibles uniquement à Knott’s Berry Farm, et 2) la confiture de la marque Knott’s. Étant béotien, je mange de la confiture de boysenberry en forme de sandwich, avec du beurre de cacahuète. C’est inhabituel — en général, les américains mangent plutôt de la confiture de raisin dans ce genre de sandwich, une confiture fait toujours avec une variété de raisins dite « Concord ». Les raisins Concord sont ultra bas de gamme, et aucun bon vin n’est fabriqué avec eux. (Certains vins rituels le sont.) Je déteste la confiture de raisin, et dès que j’ai commencé à vivre dans mon propre appartement en 1998, je n’achetais que de la confiture de boysenberry.

Mais j’ai récemment remarqué que cette confiture a disparu des supermarchés. J’ai fini par lire que Smucker, l’entreprise qui a les droits au nom Knott’s, vient de cesser la fabrication de cette confiture. Après 26 ans — la plupart de ma vie — je ne la reverrai plus jamais. J’ai donc fait une bêtise et acheté 4 pots à 1,5 fois le prix habituel d’un vendeur sur Amazon :

Mais j’ai le cœur brisé. Je n’adopterai jamais la confiture de raisin. Avec la disparition de Knott’s, il n’y a pas de confiture de boysenberry sur les étagères — c’était la seule marque qui la proposait. (J’ai trouvé un produit de qualité inconnue sur Amazon ; je l’essaierai, je suppose.) J’adore la confiture de cassis, mais on ne trouve pas ça non plus dans les supermarchés américains.

Alors, plus tard cette année, je dirai probablement adieu, non pas « au revoir », aux sandwichs « PB&J » (beurre de cacahuète et confiture). Mon médecin sera sans doute ravi de l’entendre — ce n’est pas la meilleure idée pour une personne diabétique. Mais ce coup est dur.

Je croise les doigts pour mon resto italien préféré — il faut qu’il me reste quelque chose, n’est-ce pas ? Et dites-donc, pourquoi est-ce qu’ils viennent d’abandonner leur site web ? (Je vous jure, je viens de le découvrir !)