C’est enfin le retour de Langue de Molière, et je suis heureux de vous dire que j’ai gardé tout un fichier d’idées pendant son absence. Alors, il me faudra des mois pour l’épuiser.
Quelque chose qui m’étonne, c’est la quantité et variété de mots en français pour exprimer l’idée de séparer quelqu’un de leur travail. J’ai hâte d’ajouter que je n’ai rien appris à cause de mauvaises nouvelles chez moi ou parmi mes amis. Non, mon intérêt date aux bons vieux jours de Duolingo, quand j’ai appris « licencier » ainsi que « virer ».
« Licencier » a attiré mon attention parce que c’est un faux ami d’un mot anglais. Ou probablement anciennement un synonyme. En anglais également qu’en français, une licence est un genre de diplôme. Mais c’est aussi ce que l’on appelle un permis de conduire, ainsi que le document dont on a besoin pour ouvrir un magasin. Quand on dit « licence » en tant que verbe, ça veut dire recevoir un tel document ou donner permission, jamais perdre le boulot !
Je me suis rappelé tout ça en lisant cette pépite dans Le Canard enchaîné du 28 juin :
Ça parle d’un monsieur Geoffroy Lejeune, inconnu chez moi, dans cette interview du Figaro avec son nouveau chef du groupe Lagardère. Je n’exprime aucun avis sur le sujet ; ici, je note juste qu’il a été « remercié » en voyant la porte.
Ah mince, je remercie des gens tout le temps ! Typiquement comme ça :
On continue le Tour avec le 73, la Savoie. Ici, la nature est époustouflante — de l'Aiguille-Rouge jusqu'au Lac du Bourget. Je remercie @SavoieMontBlanc pour l'aide de leur site.https://t.co/EwiwawhRhF
Si seulement j’avais su ! Pas étonnant que les offices de tourisme n’apprécient pas mes « remerciements » !
Mais en fait, cet usage de « remercier » prend sa place à côté d’autres synonymes inattendus. L’année dernière, j’ai vu ces deux parodies dans mon groupe (privé, pas de liens) de blagues de Martine :
Mon dictionnaire Oxford dit que « lourder » est de l’argot, mais « limoger » est bien normal. Avec de telles images dans la tête, moins envie d’y aller !
J’étais apparemment à quelques kilomètres d’être « Viré ». Il y a une ville de Vire dans le Calvados. Mais le tout pire endroit de toute la carte française doit être dans le Tarn, toujours pas visité par notre Tour :
Savez-vous ce que les gens s’appellent ? Les Castrais. Je ne plaisante même pas ! Google ne les prononce pas d’exactement la même façon, « -ais » étant une voyelle lâche, et « -és » étant tendue. Je m’en fouche, comme La Fille et moi disons. (C’est quand on s’en fiche et s’en fout en même temps.)
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, quelque part très loin du Tarn. Au cas où.
C’est le 1000e post d’Un Coup de Foudre. Lancé le 1 novembre 2020, c’est à dire que pour les 1005 derniers jours, dont les derniers 399 de suite, je suis ici pour vous parler quotidiennement de mon sujet préféré au monde entier.
([Je le savais ! Il vous a tous complètement trompé ! C’est pas sur la France, c’est sur lui ! — Mon ex])
Il y a un sens où Madame n’a pas complètement tort. C’est un blog sur la France, mais toujours à travers les mêmes yeux, ceux d’un type qui ne sait même pas où trouver de la pâte feuilletée au supermarché. Pourtant, il ose penser qu’il a quelque chose d’intéressant à dire sur la France, sur la culture…sur vous. ([L’arrogance à l’américaine ! Et où sont mes carottes ? — M. Descarottes])
Mais à quel point est-ce un blog français ? Ai-je appris quelque chose ? Voyons. Je sais que les Français sont grands fans de classer tout et n’importe quoi. Il y a des Cités de Caractère, des Villes d’Art et d’Histoire, des Villages Fleuris, des produits Label rouge… où que l’on trouve une catégorie, on trouve aussi des Français prêts à faire le classement. C’est pourquoi chaque entrée du Tour commence avec une statistique de l’INSEE. Mais avez-vous remarqué que je triche ? À chaque fois où je mentionne les populations, si le département tombe dans la première moitié des plus peuplés, je le dis. Sinon, j’écris « c’est le département l’énième moins peuplé ». De cette façon, tous les départements tombent dans la première moitié. Heureusement pour moi, il n’y en a plus que 101 ; sinon, ça ne marcherait pas.
Alors, lirons mes statistiques :
Les tendances sont bonnes, mais il y a toujours du travail.
Je sais très bien râler. Ne me dites pas que ce n’est pas français — je connais trop vos pubs !
J’avoue, je le fais après chaque voyage (2021, 2022, 2023). Mais mes plaintes ont tous quelque chose de curieux en commun — je veux juste être comme tout le monde. Bah quoi, j’ai plus le droit au français ? (En fait, non. Mais j’aimerais tellement voir le ministre qui défendra le droit de parler en anglais. Enfin, je trouve mon chemin pour apparaître à la une du Canard.)
Mais je suis honnête, alors je dois avouer autre chose. Vous êtes nuls en tant que râleurs. J’entends tout le temps que les Français sont de gros râleurs, mais quand je lis vos commentaires et vos blogs, je ne le vois presque pas du tout. Oui, c’est facile à trouver sur les réseaux sociaux, mais râler est la monnaie du royaume chez eux, peu importe la langue.
J’aime bien revisiter le passé, une tendance très connue dans un pays qui fête de tels œuvres qu’À la recherche du temps perdu. Vous savez peut-être qu’Anne-Marie de Carry the Beautiful était la première personne qui m’a découvert. Mais connaissez-vous les autres qui sont ici dès le début, ou presque ?
Je ne connais pas deux de ces personnes, qui n’ont jamais laissé des commentaires. « avecunaccent » était une lectrice précieuse, et je regrette qu’elle ne fréquente plus le blog. (Rien de mal s’est passé, pour autant que je sache.) Mais les autres restent parmi mes personnes préférées pour voir ici. Je n’aime pas attirer de l’attention vers ceux qui ne l’ont pas demandé, mais les deux premiers commentaires du blog ont été laissés par deux personnes, pas blogueurs, qui restent parmi mes plus chères amies n’importe où.
Mais quelle est la plus grande preuve qu’après presque trois ans, il y a toujours un nouveau coup de foudre tous les jours ? C’est que même pendant mes soi-disant vacances aux États-Unis, quel que je fasse, je ne pense qu’à la France tous les jours. Que ce soit dans le Massachusetts ou en Louisiane, mes pensées sont toujours quelque part dans l’Hexagone. Bon, ou en Corse. Il faut toujours préciser ! Vous savez me rendre fou !
Alors oui, la relation est parfois orageuse, et j’ai des humeurs, pour le dire gentiment. Mais je reviens encore et encore à la même conclusion — même après 1 000 essais, je n’ai toujours épuisé ni mes sujets ni votre bienveillance. Pour ça, je reste reconnaissant.
Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.
Cette fois, il y a moins de liens que d’hab, et la liste de blogueurs en congé a grandi. Je ne savais pas qu’il y avait autant de juilletistes ! Au moins, j’espère que c’est la raison. (Moi, je suis plutôt tendance « je prends mes vacances quand la Reine d’Anguille-sous-Roche le permet ». Je dis ça, je dis rien.)
Nouveaux à moi :
Rien. Il n’y a plus de nouvelles personnes intéressantes à suivre. Non, je plaisante — je voyageais pendant un tiers du mois ! Pas assez de temps pour lire et découvrir des nouveautés.
M. Jours d’humeur raconte l’histoire d’un camp — pour enfants ou prisonniers, je n’en suis pas sûr — où les campeurs ont dû manger des épinards fourrés aux choux de Bruxelles. D’où ma perplexité.
Ju lit les mots a beaucoup appris sur les Mormons à cause de Sur Ordre de Dieu par Jon Krakauer. C’est un sujet compliqué et je me doute qu’ils sont très méconnus en France.
News from Ibonoco cite George Orwell, un de mes écrivains préférés en anglais. Un de ces quatre, il me faudra lire 1984 en français pour vous râler de ses défauts. (Je ne les connais pas, mais c’est un des deux livres parfaits en anglais, l’autre étant L’Espion qui venait du froid ; il ne peut qu’être des défauts.)
L’heure de lire aime un livre avec un titre irrésistible, « Ma moche-mère et moi ». Pourtant, ça parle de ce qu’on dit « stepmother » en anglais, pas « mother-in-law ». Il vous faut créer un autre mot pour distinguer ces cas.
Je suis toujours malade, mais je n’allais pas rater un épisode, surtout quand j’avais planifié quelque chose de spécial pour celui-ci. J’ai fait mon meilleur effort, et comme prévu, il y a une blague qui m’est arrivée dans l’esprit (ce n’est pas à moi) en voyant une affiche de propagande pétainiste au Mémorial de Caen. Elle était de l’humour noir juif-allemand des années 30. Mais ce dont je suis fier, c’est ce que j’ai fait à partir de 13m11. J’espère que vous écouterez cette partie, si rien d’autre.
J’ai essayé de faire mes meilleurs Eisenhower et de Gaulle aussi. Avec toute ma voix ça aurait déjà été un défi. Je sais que je ne suis pas à leur hauteur. Mais si on va lire leurs mots inspirants à haute voix, il faut au moins essayer de suivre leurs exemples, et ne pas tout lire comme l’annuaire téléphonique. (Pourtant, quand je dis que je peux vous écouter tous lire l’annuaire toute la journée, c’est censé être un compliment !)
Aujourd’hui, le 31 juillet, c’est l’anniversaire de Louis de Funès. Il m’étonne que je n’aie pas vu un de ses films jusqu’à ce point de cette année. Mais il faut dire que ce soit devenu difficile. Si vous voyez « Nous irons à Deauville » ou « Des pissenlits par la racine »sur un horaire de télévision, dites-le-moi.
On est sur le point d’atteindre deux étapes cette semaine. Cet article est le 998e du blog. Alors, après le prochain « C’est le 1er », on fêtera le 1000e article depuis le début. Langue de Molière reviendra donc jeudi au lieu de mercredi. Aussi, on est à 495 000 mots depuis le début. Peut-être que 500 000 n’arrive qu’avec le prochain épisode. Je ne sais pas. Une fête suffira. Le truc de fou, c’est que ça me surprend moins. ([Moi aussi. Je m’attends à ce que le vieux moulin à paroles dépasse cette quantité tous les jours. — Mon ex])
Une leçon d’anglais pour vous faire sourire ? En anglais, pour « moulin à paroles », on dit plutôt « windbag » ou « gasbag », littéralement « sac à vent » ou « sac à gaz ». Pourtant pour « Moulin Rouge », on dit juste « Moulin Rouge ». Impossibles de prévoir, les traductions en anglais.
Notre blague est liée à un panneau de propagande au Mémorial de Caen duquel j’ai parlé dans l’article. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
C’est presque le temps pour le retour de Langue de Molière le mercredi, mais avant de reprendre nos histoires drôles et drôles d’histoires, il faut encore une fois que l’on parle sur la langue. Je me sens toujours coupable quand je me plains de cette façon (voilà et voilà), parce que ceux qui me fréquentent sont exactement pas ceux auxquels je veux m’adresser. Mais ils sont vos voisins. Je suis bien tenté d’envoyer une copie aux ministres responsables de tourisme : selon Wikipédia, Mme Olivia Grégoire et M Bruno Le Maire. Aussi au Monde et au Figaro. Je vais régler ce problème même si c’est la dernière chose que je fais.
Commençons avec une anecdote. Il y a eu un moment où le billet « Paris Visite » de mon père s’est démagnétisé, et il n’a pas pu sortir d’un quai à la Gare du Nord. Pendant que je cherchais de l’aide de mon côté, il a trouvé la personne la plus proche avec une veste de SNCF de son côté pour se plaindre fortement en anglais. Il a réussi avant moi. Ma fille était gênée. Pendant l’argument qui a suivi, il m’a dit que tout le monde qui travaille avec les touristes parlent anglais, et il ne sert à rien d’essayer en français. Selon ses expériences, a-t-il tort ? Attendez.
Mon père raconte parfois une histoire qu’il croit très drôle. Ça vient des années 70, et pour être honnête, M. le président de Gaulle avait « remué la marmite », comme on dit en anglais, avec un discours qui a encouragé un mouvement séparatiste. La relation entre les francophones et les anglophones au Canada n’était pas bonne à l’époque. De toute façon je n’étais pas encore né, et lui et ma mère étaient en vacances à Montréal. Il cherchait des toilettes dans un grand magasin, et il lui semblait que les caissières faisaient semblant de ne pas comprendre l’anglais. Alors après avoir tourné le dos, il a dit à haute voix (en anglais, pour être clair) « La prochaine fois où il y a des chars allemands à Paris, nous devrions les laisser finir la tâche avant d’aider les Français. » Tout à coup, les caissières ont commencé à comprendre sa question originale et lui ont dirigé vers les toilettes.
Oui, c’est le même monsieur que j’ai emmené en France. Je vous rassure que rien à la hauteur de ce commentaire n’est arrivé. Mais avant de dire « C’est du « French bashing » » — ai-je dit à quel point j’adore que l’on dit ça en anglais ? — considérez que de son point de vue, il n’avait pas tort. Les caissières se foutaient de sa gueule. Tout le monde en a tiré la mauvaise leçon — les caissières, que les anglophones ne sont que de gros cons haineux, et mon père, que les francophones comprennent bien l’anglais et sont juste malpolis. Avez-vous remarqué qu’il était assez ouvert pour visiter Montréal tout court ?
« Mais Justin, » vous me dites, « c’était au Québec. Rien à voir avec la France ! » Comme vous avez tort. Qu’est-ce que vous pensez était sa conclusion en ce qui concerne mon niveau de français quand presque tout le monde — et partout en Normandie, pas juste à Paris — m’a répondu en anglais, peu importe ce que j’ai dit ? Peut-être que c’est très bas, et j’ai le gros melon ? Mais laissez-moi tomber et pensez à nouveau à son attitude à la Gare du Nord. Est-ce que les Français ont réfuté sa conclusion ? Ou l’a confirmée ?
À mon avis, même quand c’est les Français qui changent de langue, vous vous sentez pas respectés et le niveau de service baisse. Chez Les Deux Magots, ils ont choisi de me parler en anglais, et le serveur a eu un cadeau pour aller avec :
Pour vous rappeler mon plat :
Message bien pris en compte. Même nous les américains ne mangerions pas ce plat avec du ketchup. Vous voyez ce dont je me plains — en parlant l’anglais, vousles Français apportez certaines attitudes à la conversation. Je sais exactement ce que ce serveur pense des goûts américains, et je considère ce geste insultant.
J’ai essayé beaucoup de stratégies pendant ce voyage : faire semblant de ne pas comprendre l’anglais, dire « ai-je dit quelque chose de mauvais en français ? », même corriger une caissière en répétant le montant en français. À la fin d’une belle trentaine de conversations, on m’a dit « Mais vous parlez très bien ! » Merci, mais pourriez-vous le tenir en compte avant de me ketchuper ? Pire, j’espérais que ce voyage changerait l’avis de mon père — dois-je vous dire que j’ai échoué ?
En retournant de l’Arc de Triomphe, où je pouvais seulement acheter un t-shirt avec ma citation préférée de Napoléon traduite en anglais, j’ai vu cette pub dans le métro. Je ne savais pas si je devrais rire ou pleurer :
Bien joué, les Français. Je fais le maximum pour m’intégrer, mais comme toutes les relations amoureuses, je ne peux pas vous forcer à accepter le cadeau. Ou même pas entrer dans la relation. Je vous rappelle l’histoire de Claire Koç. Vous avez du monde qui ne veulent rien de plus au monde que de se faire accepter chez vous selon vos termes. Qui rêvent de dire « chez nous ». Mais à cause d’un accent moins que parfait, c’est le ketchup et le dos tourné. Époustouflant.
Derrière toute histoire que me relie à la France, il y a toujours un fantôme, celui de Rabbi Jacob. On est arrivé au tout dernier jour du voyage, et je ne l’ai toujours pas mentionné. Pourtant, La Fille aime ce film presque autant que moi. Alors, aujourd’hui, nous avons dû visiter Rue des Rosiers, mais il y avait deux autres arrêts importants aussi.
On a commencé le matin au Sacré-Cœur. Je me souviens toujours de monter plusieurs escaliers sous la pluie, alors avant de partir en France, j’avais demandé à France With Véro comment éviter tout ça pour mon père. Elle m’a dit de sortir du métro à l’arrêt Abesses, prendre un ascenseur, puis suivre la Rue Yvonne le Tac jusqu’au funiculaire.
Euh, Google ? Il nous faudra en parler. Vous m’avez sorti du métro à Barbès-Rochechouart, loin du Sacré-Cœur, et n’avez jamais mentionné le funiculaire ! J’ai dû monter des centaines de marches !
Peu importe. Nous voilà devant la basilique :
Avant d’entrer, mettons la scène :
On n’est pas censé pendre des photos au-dedans. Je vous jure, j’ai raté le panneau et suivi l’exemple des autres touristes, jusqu’au moment où une femme m’a sifflé « Photos interdîtes ». Oups. Ce que m’aurait quand même empêché vers la fin, c’était qu’une messe a commencé pendant notre visite. Je ne suis pas aussi con que ça ! Alors je n’ai que quelques photos.
Et deux reliques de Saint Jean-Paul II :
Il me semble que deux personnes bien connues pendant ma vie sont devenues saints, lui et la Mère Teresa. Est-ce un nombre typique pour la personne moyenne ? Je ne sais pas. Je ne connais pas une troisième personne encore en vie dont je devinerais qu’elle deviendra sainte.
Après le Sacré-Cœur, nous sommes partis pour la Rue des Rosiers. J’ai dû expliquer à La Fille que bien que ce soit le véritable quartier où Rabbi Jacob aurait dansé, il n’est pas où le film a été tourné. Trop étroit. (Au fait, une de mes photos de mon premier voyage fait partie de l’article de Wikipedia en anglais sur ce sujet !)
On y trouve toujours des entreprises juives, mais celles-ci n’apparaissent pas dans le film :
Nous avons visité une boulangerie juive du quartier et goûte une de leurs pâtisseries traditionnelles, dite « rogalah » (en bas à gauche dans la vitrine) :
J’ai pris l’opportunité pour montrer certains panneaux à La Fille, ce qui expliquait pourquoi j’appelle notre visite en Normandie « Le pèlerinage ». Des enfants d’un mois, 2 ans, 9 ans ! Le monde a dû être nettoyé.
Sur mon compte Twitter, on peut trouver un fil colérique en anglais plein de mes photos normandes, car juste après notre retour, une con de première classe a dit que le nouveau logo de Twitter (une « X ») lui a rappelé un drapeau nazi. C’était trop stupide — elle voulait juste appeler M. Musk un nazi car elle ne l’aime pas. De tels gens ont vraiment besoin de lire des panneaux comme ceux-ci.
Enfin, le Musée de la Joconde Louvre. Peut-être que vous pensez que je plaisante. C’est pas moi qui a fait Jocondisneyland !
Ouais, ce dernier en anglais appelle le Louvre « La Joconde et les autres ». Et qu’est-ce que c’est que ça ? Martine, vous aussi ?
Alors, oui, nous aussi :
Mais vraiment, le Louvre est un beau bâtiment, pyramide ou pas, qui mérite d’être apprécié pour d’autres choses :
Par exemple, ses momies et d’autres trésors égyptiens :
Ses sculptures grecques et romaines :
N’oubliant pas le trésor des trésors, la Victoire de Samothrace :
Après le Louvre, nous avons fini par dîner avec une amie que me connaît depuis trois ans déjà — notre 4e rencontre avec un ami du voyage. Et hélas, c’était la fin de notre séjour.
Semble-t-il que vous avez échappé à mes plaintes habituelles ? Nope. On se reverra demain pour mon spectacle de feux d’artifice annuel sur la langue anglaise.
En écrivant sur notre voyage de façon où je saute par ici et par là, j’ai complètement raté notre premier jour à Paris ! Pas l’arrivée désastreuse, mais le lendemain, quand nous avons commencé les aventures parisiennes. Plusieurs d’entre vous ont remarqué que je n’avais pas trop de chance pendant ce voyage, et c’est vachement vrai, mais ce jour-là, le 17 juillet, était tout ce dont ma fille rêvait — et ça vaut quelque chose.
Je vous ai dit bien avant le voyage que les billets pour la Tour Eiffel étaient déjà épuisés pour tout juillet le temps que je reçoive enfin le droit de prendre ces vacances. Alors, nous sommes arrivés devant la Tour vers 8h40 ce matin pour faire la queue.
Bien sûr, il n’y a pas de « la » queue à la Tour Eiffel, mais plutôt plusieurs. On peut entrer à deux côtes, et il y a des queues pour la sécurité avant d’atteindre le parvis, où on trouve la billetterie — et sa propre queue. Sommes-nous en France, ou au Royaume-Uni ? (Ils ont une fortetradition d’humour liée à faire la queue.)
Nous avons dû patienter presque une heure entière avant d’atteindre le guichet, et encore fois, la bienveillance des français s’est révélée. J’avais gardé nos passeports dans un coffre à l’hôtel, alors sans justificatif que ma fille avait moins de 18 ans, j’ai demandé 3 billets adultes. Mais la vendeuse m’a dit « Elle est évidemment enfant ; ne vous inquiétez pas ». Haha, je plaisante — elle m’a dit « She’s a kid, don’t worry about it. » Oui, on va en parler plus tard. Mais j’apprécie la gentillesse.
En écrivant ce billet, je remarque que je n’ai jamais visité le 1er étage, pas la dernière fois, pas cette fois. Le 2e est donc où on commence. La Fille étant mon enfant, naturellement elle voulait visiter le comptoir de Pierre Hermé dès que nous sommes partis de l’ascenseur. Je regrette de vous dire qu’il existe un mauvais macaron de sa maison. C’est le macaron dit « Jardin de la Tour Eiffel », à la menthe et au chocolat, avec le chocolat imprimé (en bas). Le macaron « Jardin sur la Seine », au chocolat et à la framboise, est magnifique, et je vous donnerai ma propre version plus tard.
D’ici, il y a des vues magnifiques. On peut voir La Défense en arrière-plan ici, au-delà du Palais du Trocadéro :
Vous ne me croyez pas ? Est-ce trop petit ? Bon, j’ai payé pour un meilleur objectif cette année, utilisons-le :
Vous pouvez juste voir La Grande Arche une peu à gauche du centre. Ça reste le site du meilleur clip d’Indochine. Je devais le regarder une centaine de fois en juin 2020. C’est-à-dire que ma vue n’est pas celle de mes compagnons du voyage, peut-être même pas des autres sur l’étage avec nous.
D’un autre côté, le Champ de Mars, et en arrière-plan, la Tour Montparnasse.
Dois-je vous dire ce que je vois ? Ouaip.
On ne peut pas nous séparer.
On peut aussi voir le Sacré-Cœur d’ici. Je sais déjà, ce sera notre dernier jour en France.
Au sommet, les vues sont moins différentes que ce à quoi on attendais. La véritable raison pour y aller est de voir l’appartement de Gustave Eiffel :
Et peut-être boire du champagne. Je trouve ça dingue, même si c’est impossible de tomber d’ici :
Je remarque deux plaques que j’avais ratés pendant ma première visite. Celle de droite m’est particulièrement importante, surtout après notre jour en Normandie.
Je remarque aussi le souvenir le plus parisien de tous les temps dans une boutique de la Tour :
Ce blog est consacré au propos que cette broche a tort.
Bien que l’Arc de Triomphe ne soit pas loin, nous ne le visitons pas aujourd’hui. On ne supporterait jamais marcher le long des Champs-Élysées pour l’atteindre, ni le George V non plus. On prend le métro aux Galeries Lafayette Haussmann pour y déjeuner. La coupole étonne ma fille comme prévu :
La vue de l’Opera Garnier aussi :
Le pèlerinage annuel au Gourmet en face de la rue est autant une punition que jamais. Les comptoirs de Pierre Hermé et Yann Couvreur sont à mourir :
On fait des achats seulement chez L’Éclair de Génie parmi tous ces comptoirs. Je vous l’expliquerai une autre fois. Non, je ne suis pas heureux.
En bas, vous avez une torture spéciale juste pour moi — j’aimerais goûter un de chacun, pourtant, je n’aurai rien.
Mais il y a une destination où personne ne m’empêchera :
Arsène Lupin lui-même n’oserait pas faire plus :
(J’ai tout payé.)
Après ça, nous sommes allés aux Invalides :
J’étais ravi d’avoir l’opportunité de parler à La Fille du maréchal Foch devant son tombeau :
Bien sûr, nous avons payé nos respects à l’Empereur :
J’ai pensé à acheter ce sac. Au moins la citation est en français comme il faut, pas comme mon t-shirt de plus tard :
Nous avons fini par dîner à La Coupole. Nous étions censés y dîner la veille, mais, euh, la chance m’a fortement frappé. Ou l’inverse. Encore une fois, j’ai commandé un vrai plat français, les moules au Riesling. Oui, j’ai aussi commandé les profiteroles il y a deux ans. Considérez-les recommandées.
Connaissez-vous l’expression anglophone « sauter de la poêle au feu » ? J’ai cherché Les Dédexpressions pour un équivalent, mais pas de résultat. C’est-à-dire que l’on passe de pire en pire, avec la hausse des températures. Et le jour de notre visite à Chantilly, j’ai passé de la (crème de) Chantilly froide pour finir dans la soupe (une autre expression anglophone qui exprime la même idée).
Le jour a mal commencè n de nos billets « Paris Visite » s’est démagnétisé, alors j’ai dû patienter en faisant la queue à la Gare du Nord. On va parler plus de cette expérience autre fois. On n’a atteint Chantilly que vers 13h. Oups.
En s’approchant du Château, souffle coupé — garantit :
Nos billets ont compris un spectacle de chevaux vers 14h30. Chantilly a des Grandes Écuries spectaculaires. Mais aussi deux restos où il faut réserver une table par téléphone bien à l’avance. J’ai…euh…raté ça dans mes recherches. Nous avons marché partout au château en découvrant ça, et à 14h nous nous sommes retrouvés devant le seul café du château sans besoin de réservations, celui des Écuries — aussi sans ce qu’on appelle en français « du stock ». Je vous rassure, mon père et ma fille n’étaient pas contents de moi. Voici notre choix :
Ouais. Un cookie pour chacun de nous avant de passer par la piste de dressage pour entrer dans la salle de spectacle. Et je dois vous dire, c’était une salle impressionnant :
Je n’ai pas de photos du spectacle lui-même car c’était interdit. Il y a des fois où « j’oublie » que j’avais entendu une telle chose, mais si j’avais fait mal à un cheval, je ne me serais jamais pardonné.
Après le spectacle, nous sommes revenus dans le château. Il y avait une exposition d’art italien :
Le volcan Vésuve
Désolé, mais nous n’avons pas vu « L’Ingres ». Mais après l’art italien, j’avais hâte de visiter la collection de manuscrits. Je rêve depuis mes 15 ans d’y aller pour voir « Les Très Riches Heures du Duc du Berry », mon œuvre d’art préféré au monde entier depuis le lycée ! Ai-je mentionné avant qu’ils ne montrent qu’une copie au public ? Non ? Peut-être que c’est parce que je ne le savais pas jusqu’au moment où j’ai demandé à la madame au guichet où trouver les manuscrits.
<Imaginez un ballon qui se dégonfle ici.>
Voici quand même des images de la bibliothèque, dont le faux « Très Riches Heures » :
Voudriez-vous plus d’un tour ? À vos souhaits !
L’intérieur du château est impressionnant — c’est pas Versailles ici (comme cette expression me manquait !), mais pour sa plus petite taille, il y a quand même beaucoup d’œuvres d’art magnifiques. Le château a sa propre Galerie de Batailles, toute comme Versailles, mais liée aux seigneurs du château :
Il y a de nombreux tableaux exceptionnels :
N’oubliez pas, nous sommes dans la maison de François Vatel, qui a vulgarisé — mais probablement pas inventé – la crème Chantilly. On y trouve donc une belle sélection de menus de partout dans l’histoire du château :
Mais quittant Chantilly était un boulot. Nous sommes revenus au même arrêt de bus où nous sommes descendus plus tôt. Un bus est enfin arrivé mais le conducteur m’a dit de l’attendre de l’autre côté de la rue. Nous avons commencé à attendre. 10 minutes passent. 20 minutes. Un couple arrive et commence à patienter avec nous. Je parle avec eux. Mon père et ma fille ne comprennent rien. 30 minutes. 40 minutes. L’horaire ne mentionne aucun temps, pour être honnête. 50 minutes. Le couple m’offre leurs excuses en faisant du stop. 1 heure. Le bus arrive !
Nous arrivons à la gare et devinez qui je vois sur le quai ? Le couple qui vient de nous quitter. La femme me dit « Tant mieux pour vous, le train arrive dans 2 minutes ! » Elle a raison.
Il est 19h30 quand nous arrivons à la Gare du Nord. Seulement des cookies pour manger, vous souvenez-vous ? Je dis « Dites donc, allons au Bouillon Chartier, recommandé par Roz de La Bibliothèque Roz, quand nous nous sommes retrouvés avant d’aller à Versailles ! » Nous allons au bouillon près de la Tour Montparnasse. Nous faisons la queue pendant presque 1h. La Fille reste de bon humeur, mais mon père est bien prêt à m’étouffer.
Puis, on a commandé. Peut-être que les deux se sentaient comme il leur fallait me donner cette opportunité, car la veille, on avait fini chez McDo. Mais disons que moi, j’ai aimé mon bœuf bourguignon et que vous, vous serez heureux sans connaître leurs avis.
Nous sommes rentrés tard ce soir-là. Vers 22h30. Ce que m’a gagné encore plus d’affection de ma famille. Mais laisser tomber. J’ai toujours deux jours d’histoires pour vous raconter.
On reprend maintenant notre tour des sites liés à la Seconde Guerre mondiale en Normandie. Après un matin au Mémorial de Caen, nous sommes partis pour Longues-sur-Mer. Notre destination? L’ancienne batterie allemande (1 étoile Michelin), partie du Mur de l’Atlantique. Il reste 4 de ces casemates, toutes identiques, bien que les canons ne soient plus en bon état. Ils pouvaient tirer jusqu’à 20 km.
En regardant la distance à la côte — peut-être 1-2 km — il est bien évident que ces canons servaient principalement pour attaquer les navires, pas les soldats qui ont atteint la plage. Le bon état du béton témoigne à la difficulté de les détruire de l’air avec des bombes.
D’ici, nous sommes passés à Colleville-sur-Mer, site d’Omaha Beach (2 étoiles). Je vous rappelle les mots du général Eisenhower le matin du 6 juin 1944 :
« Soldats, Marins et Aviateurs des Forces expéditionnaires alliées !
Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la Grande Croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois.
Il y a deux monuments à Omaha Beach. Le premier que l’on croise est sur une surface en pierre et en béton :
Aux côtés du monument, il y a des drapeaux des forces alliées :
Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent.
On avance sur la sable. Il y a un autre monument :
Mais quelque chose ne vas pas. On tourne le dos au monument pour regarder l’eau.
On est évidemment là à marée basse, ou presque, et le débarquement s’est déroulé très tôt, alors à marée haute. Quel que soit le cas, ça fait des centaines de mètres.
Avec nos valeureux Alliés et nos frères d’armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les Nazis exercent sur les peuples d’Europe et vous apporterez la sécurité dans le monde libre.
Cette machine de guerre allemande, ses canons et mitrailleuses et lance-flammes, tout ça était à l’affût, en haut par le béton ou encore plus à l’intérieur. En marchant sur le sable, on se rend compte de façon qu’aucun livre ne peut vraiment communiquer — la seule stratégie ici était de l’usure, d’envoyer plus de corps que les allemands ne pouvaient tuer. Pourtant, impossible de blâmer Eisenhower ou Montgomery ou qui que ce soit pour ce choix — les barbares ne leur avaient laissé aucun autre chemin.
Reconnaissez-vous cette vue ?
C’est le cimetière américain à Colleville-sur-Mer (3 étoiles). Par traité, nous sommes sur le sol américain. Je ne suis pas sûr à quelle distance nous soyons des monuments d’Omaha Beach, mais ici, nous sommes juste un peu au-delà de l’entrée, et toujours pas devant les tombes. Et… mon Dieu. Il y a des milliers.
Votre tâche ne sera pas facile. Votre ennemi est bien entraîné, bien équipé et dur au combat. Il luttera sauvagement.
Nous sommes là au bon moment pour la descente du drapeau. La chanson s’appelle « Taps ». Elle est jouée à la fin de la journée dans les camps militaires, mais aussi aux funérailles militaires. La « Sonnerie aux morts » de l’armée française en tire son inspiration. Je connais les mots par cœur, mais aux funérailles, on ne les chantent pas alors je reste silencieux. Ce moment n’a pas été prévu.
Il y a un mémorial :
Sur les murs, il y a des cartes qui montrent le progrès de la guerre. La différence entre le territoire contrôlé par l’Allemagne en 1941 et 1944 est incroyable. Chaque mètre de cette avance a été payé par un tombe:
On ne peut que remarquer la similarité entre les mots du général de Gaulle en 1940 :
Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour ces forces écraseront l’ennemi.
Notre effort de guerre nous a donné une supériorité écrasante en armes et munitions, et a mis à notre disposition d’importantes réserves d’hommes bien entraînés. La fortune de la bataille a tourné! Les hommes libres du monde marchent ensemble vers la Victoire !
Après le cimetière, nous avons un dernier arrêt à visiter, la Pointe du Hoc (2 étoiles). En 1984, M. le Président Reagan y a donné un discours, « Les gars de la Pointe du Hoc » considéré toujours d’être l’un des meilleurs de son mandat. C’est ici où des Rangers, les meilleurs soldats de l’armée américaine, ont dû grimper une falaise pour détruire des canons allemands.
Malheureusement, les canons n’étaient plus là. Mais c’était toujours un observatoire de valeur pour les allemands, qui l’a défendu férocement — 135 des 225 Rangers ont été blessés ou tués.
On peut toujours voir les trous dans la terre laissés par des obus :
J’ai totalement confiance en votre courage, votre dévouement et votre compétence dans la bataille. Nous n’accepterons que la Victoire totale !
Et c’est exactement ce que les gars de la Pointe du Hoc, et partout en Normandie, ont livré.
Après notre séjour à Rouen, nous sommes partis pour un jour consacré à la Seconde Guerre mondiale. Il y avait probablement exactement deux raisons pour lesquelles mon père était prêt à aller en France avec moi et La Fille : 1) n’ayant qu’un petit-enfant, mes parents veulent aller avec nous à chaque vacance, et 2) ce jour arriverait. Vous savez que même si c’était juste moi-même, j’irais un jour à tous les sites qui suivent. Et plus, si possible. Mais ce post n’est pas celui que j’aurais écrit il y a 3 ans (en anglais, je suppose) après avoir visité les mêmes sites. Je suis bien plus au courant de l’expérience française ; on finira avec quelque chose qui me marque depuis mon premier voyage il y a deux ans.
Avant le voyage, j’ai reçu quelque chose de spécial de Light&Smell. Peut-être que vous vous souvenez de la fois où elle m’a envoyé un colis et le facteur l’a volé. Elle a réessayé chez mes parents. Voilà :
C’est un livre de souvenirs du 6 juin (comme si je dois préciser lequel !). Le livre est bien illustré avec des dessins de Chaunu, qui je connais un peu pour ses travaux chez Ouest-France :
Nous avons commencé au Mémorial de Caen (3 étoiles Michelin, complètement méritées). Il y a de nombreux musées partout en Normandie, et je ne peux pas faire des comparaisons entre tous, mais j’ai du mal à en imaginer un meilleur.
Voici l’extérieur, un joli hommage aux Alliés.
L’entrée est bien éclairée et ne donne pas trop d’indices sur ce que vous attend à l’intérieur.
Juste à droite, on voit un message que les jeunes ont besoin de comprendre. Je ne suis pas ici pour défendre tout et n’importe quoi fait par les soldats de l’époque, mais je ne suis pas perplexe sur la question de quel côté était le bon non plus
Vous passerez vite dans une chambre d’efficacité brutale. Elle est sombre, et les cris d’un certain leader allemand jouent sur les haut-parleurs.
Le long des murs, il y a des affiches de la propagande. Une d’entre eux dit « D’abord le pain ! Puis les réparations ! » Dans cette chambre, la Première Guerre mondiale est dite « le désastre ». Bien que la faute de la SGM incombe entièrement à l’Allemagne et au Japon, il faut avouer que la Traité de Versailles a donné lieu à ces plaintes.
Dans la prochaine chambre, il y a un film que joue en français et en anglais, avec des images et enregistrements de la guerre. Peut-être que vous vous souvenez du fait que le premier message du général de Gaulle sur la BBC n’a pas été enregistré (lien en anglais vers le site de la BBC). Il y a quand même un extrait de la suite :
Dois-je vous dire que j’ai pleuré en le regardant ? Du même film, des moments de la guerre :
Après cette chambre, le parcours du musée suite plus ou moins la chronologie de l’histoire de 1939 jusqu’en 1945. (Il y a une exception importante.) En 1939, avec la soi-disant « drôle de guerre » (la seule fois où je préfère le nom allemand, la Sitzkrieg ou « guerre assise »), il y avait un excès de confiance :
« Nous vaincrons parce que nous sommes plus forts »
Le musée passe d’ici aux résultats tragiques et la honte liée au nom Pétain. Encore une fois, je suis si fier de vous pour le franc parler sur ce sujet. Voici un œuvre satirique de l’époque sur ce monsieur :
Mais aussi une publicité sinistre. J’aurai une blague des juifs allemands pour la prochaine balado qui joue avec ces sentiments.
Il y a une chambre remplie d’affiches que l’on aurait trouvées partout en France à l’époque. Celle-ci disait aux juifs qu’il leur fallait se présenter pour remplir des fiches d’identité :
À côté de ça, c’est presque de l’humour noir de voir une affiche qui dit « avis aux automobilistes » :
Il y a d’autres exemples de l’humour noir dans le musée. Ce dessin animé américain de l’époque vient de Warner Brothers, mieux connu pour Bugs Bunny :
Il y a un franc traitement de la Shoah. Voici des photos des victimes françaises, fournies par un musée parisien :
Et un journal écrit par une française (j’oublie si elle a survécu la guerre) :
Voici la raison pour laquelle je n’achète jamais l’aspirine la plus populaire aux États-Unis, Bayer. Cette entreprise faisait partie de IG Farben, manufacture du gaz « Zyklon B ». Dans cette photo, il y a une étiquette du gaz :
On retourne vers la propagande. Ces images, sont-elles racistes ? Bien sûr. Mais j’avoue que j’ai un peu de mal à critiquer l’affiche japonaise sur le monsieur qui a injustement mis 120 000 civils d’origine japonaise en prison. Ce qui n’est pas à excuser Pearl Harbor.
Les caricatures de l’artiste Arthur Szyk étaient très populaires aux États-Unis à l’époque, et le musée fournit quelques exemples :
Quelque chose d’intéressant — le musée abrite aussi quelques dessins par un soldat allemand. Certaines — je vous regarde, Mme Coco Chanel — ont trouvé une façon de survivre pendant cette époque :
On passe finalement vers 1945 et la victoire :
Mais on voit déjà les germes du prochain conflit, cette fois à Yalta, une grosse erreur à la part du président Roosevelt :
Mais le parcours du musée ne finit pas avec 1945. Il revient vers le 6 juin pour parler du Débarquement. Voici la chronologie, plage par plage :
En fait, il y a une autre aile du musée consacrée à la Guerre froide, mais nous avons décidé de laisser tomber pour continuer ailleurs en Normandie. Je veux finir avec une dernière image, de Rouen. C’était l’église où les grands-parents de mon amie qui y habite se sont mariés. Les allemands l’ont mise sous sa forme actuelle :
C’est pour ça qu’il faut se rendre aux musées comme Le Mémorial de Caen.