Saison 3, Épisode 33 — That’s All, Mayotte !

Ça y est. Le Tour des Départements comme je l’ai conçu, c’est fini. Quand j’ai publié mon dîner mahorais vendredi matin, il m’a fallu vite tourner mon attention ailleurs, alors je n’ai vraiment pas eu le temps de prendre une pause et y réfléchir jusqu’à dimanche.

Au cas où mon gros-titre ne serait pas clair, voici la référence. Les voyelles « o » de Mayotte et « folks » en anglais me sonne grosso modo identique. Et le sentiment est certainement le bon.

Il reste un trou dans le tableau géant sur la page du Tourpersonne ne m’en a jamais parlé, mais il n’y a pas de dessert pour le Calvados. C’est parce que ce dîner-là a été fait en hommage au resto « The Belgian Lion » de mon enfance, et le dessert était un gâteau Marjolaine, ce qui appartient vraiment à l’ancien resto de Fernand Point en Isère. Je n’ai jamais décidé si je devrais remplir le trou avec un dessert normand, ou si le gâteau compte vraiment, vu que le Tour joue sur ma nostalgie. Il me semble que pour le livre, je dois avoir quelque chose de différent que le gâteau, mais je cherche vos avis sur le sujet, pour le blog autant que le livre.

Quelque chose de drôle que j’ai oublié de mentionner hier de ma soirée de tarot. J’ai eu pas mal de chance, avec un jeu qui a contenu huit atouts, dont le 21, et 3 rois pendant un tour, et il y avait un autre où j’ai volé le 1 à quelqu’un au dernier moment (car il avait mal compté les atouts). Dès que ce dernier est arrivé, j’ai sorti un rire de Gargamel (version anglaise), et honnêtement, ce n’était pas du tout exprès ! Peut-être que c’est toute la musique de Halloween chez moi.

C’est le 1er apparaîtra le jour de Halloween cette semaine, car novembre, c’est la Grande Fête du Tour et rien d’autre. J’aurai un mot sur notre présidentielle cette semaine, mais n’en parlerai plus après, quel que soit le résultat. J’ignorerai même mon anniversaire le 22 ! Et oui, je suis au courant du concert de Taratata qui a eu lieu la semaine dernière et a été diffusé le 25 sur France 2 — je le regarde petit à petit — mais vu la première heure, je suis content que ma série sur Taratata part d’un autre événement.

Notre blague traite de derniers mots. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine pour manque de temps. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Nager, Remplacement, et Pari.

Sur le blog, il y a aussi Doliprane, sur le médicament, Mon dîner mahorais, les cuisses de poulet rôties aux épices et le koloda, et Prête pour les fêtes, l’histoire d’organiser un numéro « fêtes de fin d’année » pour mon bulletin.

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Prête pour les fêtes

J’ai eu deux soirées de jeux de cartes de suite ces deux derniers jours — belote le vendredi et tarot le samedi — alors j’ai dû cui-si-ner, et je n’ai pas préparé grand-chose pour vous aujourd’hui. Alors, je vous montrerai ce que j’ai fait, partager quelque chose de prévisible, puis j’ai un peu sur une conversation intéressante ce soir.

Vendredi, j’ai fait la tarte aux noix de pécan de chez Galatoire’s à la Nouvelle-Orléans, ce que je vous ai montré en 2022 :

Cette photo est plus qu’un peu trompeuse. Je suis plus que satisfait avec le goût, mais la pâte a rétréci de façon très irrégulière, alors vous ne voyez pas la mauvaise partie. Mais j’avais une raison.

Voici quelque chose de très récent pour mon dessert de samedi soir, le flan coco :

Voyez-vous le changement ? J’ai torréfié la noix de coco râpée qui fait le fond, et j’aime mieux son apparence. Voilà :

Je suis bien content des résultats. Malheureusement, je ne savais pas que l’un des invités était allergique et un autre n’aimait pas le coco. Oups.

J’ai eu besoin de la tarte parce que j’espérais remplacer la photo dans cette page pour mon prochain bulletin :

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Ça part de mon format habituel pour eux, car j’ai ciblé les fêtes à venir. Je préfère la vieille photo, alors je la garde. J’espère qu’ils seront contents de ces recettes, car une des deux n’est pas de la France, même si elle vient de ses descendants aux États-Unis. Je remercie encore une fois Anagrys pour les schwowebredele, car je crois que celle-ci est une belle réussite.

Je ne sais pas si on les utilisera, mais au moins j’ai livré deux choses pour la bonne saison. Il me faudra préparer une galette des rois mi-décembre pour la même raison. Peut-être plus qu’une pour les photos. Cette culture de prêt-à-Instagrammer me rend plus qu’un peu fou.

Ça nous amène à mon dernier sujet. Je me sens souvent comme j’ai un peu réussi à m’intégrer, car tout le monde attend « ce que Justin apporte ». J’apprécie ça, vraiment, mais il y a des fois où je me sens un peu comme le traître traiteur car personne ne me connaît en dehors des événements. Mais pendant ces derniers deux mois, je me sens comme si ça commence à changer enfin. On a fait deux tables de 4 personnes à la soirée de tarot, et pendant la pause pour le dessert, parce que j’avais exprimé un certain niveau de mécontentement au sujet de la vie dans Orange County, les autres m’ont vraiment écouté.

On va en discuter davantage plus tard, mais on a une conversation très différente quand tout le monde se soucie de quelqu’un, et il me semblait que l’on a eu cette conversation ce soir. Je l’apprécie.

Six heures en France

Aujourd’hui, vous aurez une histoire complètement inattendue, et certains d’entre vous diront que celle-ci me montre menteur. Car s’il y a une chose qui est le fondement de ce blog, c’est mon affirmation que je ne suis jamais allé en France avant mes 44 ans et un an et demi d’études frénétiques. La vérité, c’est à la fois plus compliquée et plus bête que ça, et après 20 ans de l’avoir crue perdue, j’ai récemment trouvée la preuve.

En 1993, pendant l’été entre mes 1ère et terminale années au lycée (on dirait plutôt 11e et 12e), je suis allé en Espagne avec six autres élèves de mon lycée, et notre prof de la langue, Señora Zabaleta. (Malgré le nom, elle est aussi américaine que moi — elle s’est mariée avec un espagnol.) Au fait, Sra et moi sommes récemment retrouvés à ce même lycée en août quand j’y ai visité. Elle était un peu déçue que j’avais changé d’équipe, mais pas du tout surprise par tout ce que j’ai fait, car j’ai été son élève pendant 3 ans, et elle me connaît bien. De toute façon, notre voyage.

Voici l’itinéraire. C’est en anglais, mais je fais confiance que vous savez tous ce qui veut dire « Madrid » :

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Ça vient d’un album de photos que j’ai fait après le voyage. Voyez-vous les mots Paris ou France quelque part dans cette photo ? Indice : Ô hell no. United, une de nos pires compagnies aériennes (je mens — elles sont toutes parmi nos pires), a vraiment mis le bordel dans un état de désordre et a annulé notre vol à Madrid de Los Angeles. En récompense, ils nous ont mis dans un vol à Paris, et de là à Madrid — dans la meilleure classe de ma vie. Ça s’appelait « Classe Connaisseur » — pas exactement 1ère, mais avec la même nourriture et de meilleurs sièges que nous avons payés. Puis, c’était Air France qui nous a apporté à Madrid. Ne me croyez pas sur parole — j’ai les preuves ! D’abord, le menu et un formulaire que j’ai gardé plutôt que leur envoyer :

J’ai pris des photos dans l’aéroport Charles-de-Gaulle. Oui, avec des pellicules de 36 photos, c’était mon idée de ce qui était important :

Secrètement — pas à vous, mais à mes compagnons et ma prof — c’était où j’avais toujours voulu aller, et voilà, j’étais si proche. On a dû attendre 6 heures avant notre prochain vol, et on a voté sur la question de quitter l’aéroport ou pas. Je faisais partie de l’équipe « Allons voir la Tout Eiffel », mais on a perdu, et je sais maintenant que les autres avaient raison. Le plus loin que nous aurions pu possiblement aller serait de prendre le RER B jusqu’à Notre-Dame, prendre des photos, puis retourner tout de suite. Même ça aurait été un risque et personne du groupe ne parlait un mot de français.

Tout à coup, un voyage d’un seul jour en France vous semble beaucoup plus logique, n’est-ce pas ? J’ai l’habitude.

Vu que mon passeport n’a jamais été tamponné (demandez à vos parents, tout n’était toujours pas numérique), et je n’étais donc jamais admis en France, je ne considère pas que j’ai menti. Mais j’étais sur le sol français pendant 6 heures, entouré par tout ce que je rêvais que la France pourrait être — toutes les boutiques des créateurs étaient là, même à l’époque.

On n’a pas encore fini. J’ai gardé une copie du magazine « Approche » dans mon album. Tout ce temps, j’avais peur que j’aurais l’air idiot ou dingue si je vous disais « Je me souviens d’exactement un gros-titre, « Six ans pour un ‘oui' », à propos de la nouvelle princesse japonaise. » Mais voilà, enfin :

Le magazine fait environ 80 pages, et je ne vais pas essayer de vous montrer le tout cette fois, mais pour Agathe, voici un peu de son article sur le Lot :

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Et un peu de l’article sur la princesse Masako :

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Je crois que l’on lira ce numéro ensemble dans un autre billet. Si vous aimeriez que l’on fasse ça, dites-le-moi dans les commentaires.

Je vous laisserai avec une question pour réfléchir. Vous savez maintenant que j’ai passé un quart de siècle en croyant que c’était la seule et unique fois de ma vie où j’irais en France. Et que la dernière décennie de ça, c’était car mon ex profitait de me barrer de quitter les États-Unis. Comprenez-vous maintenant l’urgence derrière tout ce que je fais ici ?

Mon dîner mahorais

Ça y est, le dernier dîner du Tour. On finit comme on a commencé, avec un dîner simple et bien paysan. Je vous présente les cuisses de poulet rôties aux épices et bananes frites, et le koloda :

Allons les préparer !

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Coup de vieux

Langue de Molière pour cette semaine part d’un article pour présenter un épisode de la balado il y a 2 semaines. Je vous ai tous demandé le 14 octobre :

Il y a une question, pas à dire polémique, dans mon groupe d’utilisateurs de Duolingo. L’expression « n’est-ce pas », est-elle toujours courante, ou est-elle tombée en désuétude ?

Le tapis volant de Mehmet

J’ai reçu plusieurs réponses, toutes comme celle-ci, qui m’ont signalées que c’était au moins pas commun :

L’expression « n’est-ce pas » n’est plus très utilisée dans le langage courant et populaire. Peut-être chez les aristocrates…
Personnellement, je ne l’utilise jamais et ça fait des années que je n’ai pas entendu quelqu’un prononcer cette expression. Sauf une seule personne, un homme politique. Les humoristes le caricaturent souvent avec cette expression. 😉

Commentaire de Filimages

Ô. Ô. C’est ici où si vous étiez tous Américains, je serais déjà mort. Parce qu’aux États-Unis, dans notre presse, le fait de dire la même chose qu’une personne « mal-aimée » même sans le savoir, c’est assez pour que des manifestants essayent de vous faire virer, faire bannir de toutes vos associations, et autrement perdre tout dans votre vie. Ne me croyez pas sur parole — si vous pouvez lire l’anglais, l’histoire de la geste de la main pour « OK », 👌, est horrifiante. (voilà, voilà et voilà). Pourtant, c’est évidemment pas assez diabolique pour retirer l’émoji. Mais on parlait de « n’est-ce pas », pas d’OK.

J’ai recherché dans mes archives, mais je savais déjà ce que je trouverais, parce que presque tous les choix de mots ici sont faits exprès. Voici le septembre de Justin Le Stylo (« stylo » veut dire « pen » en anglais) :

Au moins on a tous appris un peu de quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

Du n’importe quoi, 25/9/24

Et Paris ne serait pas Paris sans le bâtiment préféré des habitants, n’est-ce pas ?

Le projet de La Fille, 14/9/24

Mais cette enquête s’est lancée sur un coup de « ça vaut », n’est-ce pas ?

Vaut mieux m’en vouloir, 11/9/24

Je ne serais pas surpris à apprendre qu’il y avait quelque chose pour gâcher les enregistrements, mais si c’était vraiment le cas, ça devrait opérer à temps plein, n’est-ce pas ?

On est de retour, 7/9/24

Et ce dernier paragraphe est au cœur du problème, n’est-ce pas ?

De la géométrie, 5/9/24

C’est ici où je dois vous remercier tous, exactement pour ne pas avoir se comporter à l’américaine. Il aurait été le truc le plus facile au monde pour me dire « Justin, tout le monde associe cette expression avec seulement une personne et même sa fille l’a viré. Faut pas dire ça. » Et pourtant, personne ne m’a jamais dit un tel mot malgré le fait que tous les mois se ressemblent à cet égard. Évidemment, c’est parce que ce genre de mauvaise foi, quand c’est bien évident que je n’avais pas la moindre idée, est simplement absent de l’âme français. Je ne dis pas que personne ne joue à ce jeu en France, mais que ces gens sont vraiment inhabituels, pas la moitié du pays comme chez moi.

À ce point, vous devriez déjà être en train de vous demander, « Alors Justin, vous ne l’avez pas tiré de nous, car en plus de ce lien, toutes les réponses ont dit que ce n’est plus populaire. Donc, qu’est-ce qu’il y a ? » Et la vérité, c’est que je le dis en anglais depuis longtemps.

Je ne veux pas dire que je dis une traduction. Je veux dire que c’est un emprunt tel quel. Quand on veut avoir l’air George Abitbol — l’homme le plus classe du monde — on parsème ses paroles avec des francismes. Ne me croyez pas sur parole. Voici une capture d’écran pour les résultats sur le site de « The Atlantic », le magazine le plus prestigieux de notre gauche, mais il faut s’abonner pour les lire, alors pas de liens autre que pour ma recherche :

Capture d’écran

Même chose pour « National Review », le magazine le plus prestigieux de notre droite :

Capture d’écran

Les articles qui ne disent pas « NR Plus » sont disponibles gratuitement, alors vous pouvez cliquer ces liens — voilà, voilà, voilà — pour voir que c’est correct. Si vous remarquez qu’il y a moins de temps entre les dates pour le premier que le dernier, ben oui, mais The Atlantic existe depuis 1857, et National Review depuis 1955, et une fois l’on fouille dans son passé, on trouve pas mal de résultats comme ça, des « ringers », on dirait en anglais (des contrefaçons) :

Alors ce que j’apprends de tout ça, c’est que je me fais passer pour un vieillard depuis le début. Ouf. Je ne sais pas ce que je ferai avec cette info, mais une habitude qui dure si longtemps ne va pas disparaître du jour au lendemain…n’est-ce pas ?

Langue de Molière vous reverra en décembre après la Grande Fête du Tour.

Doliprane

Langue de Molière est reportée aujourd’hui car j’ai de la fièvre, et honnêtement, je me suis endormi pendant l’écriture. La bonne nouvelle, c’est qu’hier, c’était une sacrée fièvre, avec des tremblements violents, et aujourd’hui, c’est plus ordinaire que ça. Mais, après avoir lu ce billet de Jours d’humeur, et vu ce gros-titre du Canard enchaîné la semaine dernière :

je vais vous dire la chose la plus choquante des 4 ans du blog :

Une raison pour préférer vivre aux États-Unis qu’en France.

C’est presque certainement la seule et unique fois où je dise une telle chose. Mais… vous savez ce qui s’appelle l’ingrédient actif du Doliprane ? Ça s’appelle paracétamol, ou acétaminophène. Voici la boîte de la marque du magasin Ralph’s (ça s’appelle d’après la société mère, Kroger, la plus grande chaîne de supermarchés du pays) :

Cette petite me coûte 15 $ (13,9 € en ce moment). Mais il y a 225 pilules là-dedans, de 500 mg chacune. Du billet de Jours d’humeur, j’ai appris que la plus grande boîte disponible en France n’en contient que 16, et que l’on ne peut pas acheter plus que 6 à la fois ; c’est-à-dire 96 pilules. Ça m’étonne, et pas de bonne façon.

D’autre part, peut-être que vous avez une bonne raison pour ça. Il y a assez de pilules dans cette boîte pour se suicider en mettant un terme définitivement à son foie. 16 ne fera pas l’affaire, et je ne suis pas sûr que 96 suffit. Je ne vais pas le tester pour vous ; pour une chose, la boîte est à moitié vide. Autre chose, si je réussissais, je ne serais plus capable d’écrire quelle est la bonne dose. Désolé, j’essaie d’être plus utile que ça.

Mais je pense à tout, même malade, n’est-ce pas ?

Je découvre Mayotte

On finit maintenant le Tour avec le 976, Mayotte. C’est le département le vingt-deuxième moins peuplé, et les habitants se nomment mahorais. C’est notre cinquième et dernier séjour dans l’Outre-mer et notre cent-et-unième et dernier séjour en France.

Avant de continuer, je dois remercier Mayotte Tourisme, sans lequel cet article ne serait pas possible. Tout comme en Guyane, le Guide Vert ne couvre pas Mayotte. Le site de tourisme divise les deux îles en 5 parties, alors je suis ses conseils plutôt qu’essayer de planifier la route la plus efficace. Autre chose ; au moment d’écriture, il n’y a que 2 000 résultats sur Wikimedia Commons pour « Mayotte », d’où je tire toutes les photos que je n’ai pas prises personnellement. Ça limite un peu ce que je peux vous montrer.

Comment est-ce que Mayotte est devenue une partie de la France ? Des fouilles archéologiques établissent que les îles sont habitées depuis le VIIIe siècle par des cultures bantoues. Vers le XIIIe siècle, les îles sont conquises par des musulmanes, et du XVe au XIXe siècle, il y a des sultans malgaches qui règnent sur l’Île. En 1841, le dernier sultan, Andriantsoly, décide qu’il ne peut plus protéger l’île, et la vend à la France. En 1886, l’île s’intègre au protectorat des Comores, mais après l’indépendance des ces îles-là, les mahorais luttent jusqu’en 2009 pour le droit de se rattacher définitivement à la France.

On commence à l’île dite Petite-Terre, car c’est où se trouve l’aéroport. Le Lac Dziani nous attend au cœur d’un cratère volcanique. On peut faire une balade autour du lac en une heure, mais défense d’y baigner — les minéraux dissous dans les eaux sont corrosives. Pour soigner notre déception de ne pas plonger dans l’eau le plus vite possible, on part pour la plage de Moya, pas loin, et le début de notre aventure dans l’océan Indien.

On prend la barge à Dembéni-Mamoudzou sur la Grande-Terre, où on passera le reste de notre séjour. On va d’abord visiter le marché couvert, pour faire la connaissance de notre régime du voyage, ainsi que des tissus et des bijoux locaux. D’ici, on peut prendre des tours à partir du ponton de plaisance, surtout pour regarder des baleines.

D’ici, on passe vers le Nord, territoire forestière où se trouve des mangroves pleine de palétuviers. On visite les communes de Hamjago et Mtsamboro pour voir leur production d’agrumes. L’îlot Chissioua dans la baie de Mtsamboro est inhabité mais il fait l’arrière-plan parfait pour encore une autre plage exceptionnelle.

Nous sommes déjà sur la côte ouest de Grande-Terre, alors on continue vers le Centre-Ouest. À M’Tsangamouji, on peut visiter l’ancienne sucrerie de Soulou, avec des bâtiments qui datent du XIXe siècle, de nos jours classée monument historique. À Combani, on visite le Jardin d’Imany, où se cultive l’ylang-ylang — on peut passer toute la journée à sa découverte. Quelque part, une méchante de légende sourit.

Nos derniers arrêts se trouvent au Sud de l’île, dit « la partie la plus touristique » par l’office de tourisme lui-même. Sur la plage de N’Gouja, recouverte de sable noir, de baobabs, et de bambous, on est à la recherche des makis — un genre de petit singe — et des tortues marines. On finit notre tour de Mayotte, donc de toute la France, en grimpant le Mont Choungui (à peu près 600 mètres de hauteur) pour une vue panoramique sur la pointe Kani-Kéli. Mon amie Pascale m’a dit au moment de mon arrivée en France pour la première fois de ma vie, « Bienvenue dans le plus beau pays du monde », et je le crois, plus fort que jamais.

Qui sont les personnages les plus connus de Mayotte ? Géniale Attoumani, journaliste de France TV, est née à Mamoudzou. La parolière Anne Segalen, qui a écrit les textes de L’Opportuniste et Fais pas ci, fais pas ça pour Thomas Dutronc, est née à Dzaoudzi. Mansour Kamardine, avocat qui a mené l’abolition de la polygamie sur Mayotte, est né à Sada, ainsi que Thani Mohamed Soilihi, premier mahorais à entrer dans un gouvernement français (en tant que secrétaire d’État à la Francophonie sous le gouvernement Barnier).

Que manger à Mayotte ? Je dois la moitié de cette partie à une blogueuse mahoraise, Matavy. Les légumes et fruits de l’île — le manioc, le fruit à pain, les bilimbis, le jaquier — ne se trouvent pas dans les Carrefour et les Ralph’s du monde. Les poissons locaux comprennent des espèces familières, telles que l’espadon et le thon, mais aussi des barracudas ! Le plat phare de Mayotte est un genre de brochette, le cornet buck, « des petits cônes de patte briochée fourrés à la viande et patates douces souvent accompagnés de coriandre ». Pour manque d’une recette, je n’en préparerai un. Les « mamas brochettis » sont partout, des vendeuses de brochettes de viande cuites en plein air. On se contentera de plats principaux plus faciles à cuisiner dans l’Hexagone, la souris d’agneau aux pois chiches et carottes ou le poulet frit au piment. En dessert, il y a le Koloda, de la noix de coco râpée cuite dans un caramel, et des salades de fruits locaux. Pour boire, il y a le trembo vurga, un vin de palme, et le ti-punch, trouvé partout dans l’Outre-mer, ainsi que de nombreux jus de fruits.

Saison 3, Épisode 32 — Réunion à La Réunion

Il ne nous reste qu’un département de plus, et je publierai le « Je découvre » demain. C’est enfin la fin du Tour, et si vous avez remarqué le motif qui répète à l’ouverture de chaque billet, sachez que j’ai eu du mal à écrire le dernier premier paragraphe. J’espère que j’ai fait le bon choix.

Il n’y avait pas de bon endroit pour la mentionner pendant la semaine, mais j’ai un peu ma propre crise de santé en ce moment. J’étais chez la dermatologue jeudi pour des tests afin de savoir si j’ai un cancer de la peau. Il me faudra environ 2 semaines pour avoir les résultats.

Ce week-end, j’ai accepté une invitation à participer à un événement caritatif dit Podcasthon, c’est-à-dire faire un podcast avec un thon. Non, mais sérieusement — le nom vient de podcast et « telethon », un mot anglais pour un événement caritatif à la télé dans le but de récolter des fonds pour telle ou telle cause. L’idée est que chaque podcasteur choisit une association caritative et fait une interview pendant la même semaine pour la faire connaître. J’ai une idée de quelle association en France j’aimerais promouvoir, mais il me faudra contacter des gens avant d’annoncer plus.

Tout ça, c’est-à-dire que 5 Minutes Avec n’est pas mort. J’espère que les interviews reviendront cette année, bien avant Podcasthon.

J’ai trouvé une vidéo avec la bonne prononciation de « schwowebredele » afin de le dire pour l’introduction de cet épisode. (Le mot a la même origine que le nom de plume Italo Svevo.) Si vous avez envie d’un fou rire, cliquez le lien et l’écouter, puis allez suivre ce lien vers Google Traduction et écoutez son idée de quoi dire.

J’ai vu cette vidéo sur Instagram (en anglais) qui traite de façon humoristique la pire chose aux États-Unis toutes les années paires. Pendant les deux mois avant les premier et deuxième tours des élections, soit la présidentielle soit les locales, nos portables sonnent sans cesse avec des SMS des candidats. Et le truc le plus « drôle », c’est que nous sommes tous d’accord que nous ne les voulons pas, même des candidats pour lesquels nous allons voter. Car que l’on soit d’accord avec le candidat ou pas, personne n’a souscrit à ces messages ! Voici deux exemples que j’ai reçus :

Peut-être que vous avez remarqué que cette année, j’ai commencé à utiliser des gousses de vanille plutôt que de l’extrait. C’est parce que j’ai enfin une source à prix raisonnable, à ne pas dire bon marché. En ouvrant l’emballage hier, j’ai remarqué quelque chose de drôle. Le vendeur, Costco, les suggéré comme remplacement pour l’extrait — mais c’est plutôt l’inverse !

Notre blague traite de garçons qui cherchent des produits féminins. Les Bonnes Nouvelles traitent d’un homme qui soigne des animaux pendant sa retraite. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Ruée Vers L’Or et Drogue. Il n’y a pas de gros-titre satirique avant le dernier article, mais j’offre une petite histoire sur quelque chose liée à la balado que Pascale trouvait drôle.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner réunionnais, le cari crevettes et le gâteau pâtate, La bonne conduite, ma plainte sur le manque de considération des influenceurs, et Les schwowebredele, des biscuits de Noël fait en octobre car c’est juste ce que l’on fait aux États-Unis je dois publier le bulletin de novembre et décembre dans une semaine.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Les schwowebredele

Je n’aime pas publier une article où je n’ai pas la moindre idée de comment prononcer le gros-titre. ([C’est difficile, dire « les ». — M. Descarottes]) Mais je dois publier le prochain numéro du bulletin de l’OCA d’ici 8 jours, raison pour laquelle j’ai demandé de l’aide pour chercher une bonne recette de bredeles, les biscuits alsaciens de Noël. (Je publierai une recette de Thanksgiving et une de Noël ; pour Thanksgiving, ce sera la tarte aux noix de pécan de Galatoire’s. Ce genre de tarte est l’autre tarte de Thanksgiving, après la citrouille ; je crois que c’est plus dans mon remet d’utiliser une recette de la Nouvelle-Orléans.) De toute façon, en remerciant Anagrys de Chemin de soie, qui m’a répondu par courriel avec plusieurs bon choix, voici les schwowebredele :

J’ai une date limite à réussir. Allons les préparer !

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Adieu, Pascale

Je sais depuis longtemps qu’hier arriverait un jour, mais j’espérais que ce serait peut-être 5-6 ans au futur. Je me suis réveillé à découvrir qu’une connaissance en commun essayait de me signaler le décès de mon amie Pascale. Vous la connaissez un peu sans l’avoir su. Je n’ai pas l’habitude de donner même des prénoms, mais dans ce cas, il me semble qu’un prénom ne posera plus de problèmes.

J’ai raconté plusieurs fois que l’histoire de ce blog commence avec un groupe privé sur Facebook en 2020, où je suis allé pour apprendre le français en suivant des vrais. J’ai vite développé l’habitude d’y poster sur un film chaque semaine. C’est comment j’ai rencontré Pascale, qui était aussi grande fan du ciné français. Elle avait toujours l’habitude d’être parmi les premiers à réagir à mes posts là-bas, et quand elle m’a envoyé une demande d’ajoute, j’étais ravi.

Elle était particulièrement fière de ses racines savoyardes, étant née et ayant grandi à Chambéry, où elle vivait jusqu’à la fin. Quand on s’est rencontrés en ligne, elle parlait tout le temps de son « Papounet », déjà atteint de presque 90 ans à l’époque, qui vivait dans un EHPAD. Elle était une fille dévouée de son père, et lui rendait souvent visite, jusqu’à la fin.

Pascale était la raison derrière une poignée de posts ici. C’était son grand amour pour l’émission Les 12 Coups de Midi qui m’a inspiré de la regarder enfin. Ce que je ne vous ai pas dit dans ce post-là, c’était qu’elle écrivait parfois des posts sur Facebook pour corriger des erreurs de la part de M. Reichmann. Je savais même à l’époque qu’elle n’était pas en bonne santé, alors un mois plus tard, j’ai dévoilé une chanson savoyarde et une bûche de Noël inspirée par le département pour mes activités de Noël, car je n’étais pas sûr si elle verrait l’arrivée du Tour en Savoie. Je lui ai demandé une fois que faire pour le Tour une fois là ; voici la note dans mon tableur :

De Pascale : « Pour la Savoie, je te conseille la croziflette, beaucoup plus légère que la tartiflette. C’est un gratin de crozets, de petites pâtes au sarrazin. Avec une simple salade verte, ça passe tout seul ! Tu accompagnes ça d’un verre de vin de Savoie (Apremont ou Mondeuse) avec, pour dessert, un gâteau de Saint-Genix (qui est aussi le village natal de mon Papounet) et tu as un bon repas. Surtout si tu prends des fromages du coin (Beaufort, Reblochon…) »

C’était quoi mon dîner savoyard ? La croziflette et le gâteau de Saint-Genix. Je ne sais pas qui s’en souvienne, mais qu’est-ce que j’ai apporté avec moi en rentrant de la France en 2023, au-delà une douzaine barres de nougat de Montélimar ? Des pralines roses, achetées exprès chez Galeries Lafayette afin de faire ce gâteau-là, car je voulais tellement ne pas la décevoir. Ça fait 3 fois que je suis allé en France pendant le Tour, mais c’est le seul ingrédient que j’y ai acheté pour cuisiner à la maison. Comme j’aurais aimé lui livrer un gâteau !

Et c’est à Pascale que je dois l’une de mes leçons les plus importantes sur le caractère français. Elle n’hésitait jamais à me corriger, à chaque fois avec des excuses vraiment pas nécessaires, et souvent avec un sourire. Je dois partager certains avec vous, et surtout cet échange :

Et après un don de sang où j’avais posté seulement en anglais :

Elle m’a aidé à comprendre que vous êtes obsédés de la grammaire, mais pas méchants sur le sujet (ben, je fais partie de Sans l’option Bescherelle sans honte). Mais même quand le sujet n’avait rien à voir avec la grammaire, elle gardait toujours le même sens de l’humour. Sous ce post où j’ai fêté l’arrivée d’une enveloppe avec ma propre écriture (car elle a contenu l’autographe de Nicola Sirkis) :

il y avait cet échange :

Pascale ne me corrigera plus jamais, et non pas car j’aurai réussi à ne plus en avoir besoin, et pour ça, les larmes ont coulé toute la journée.