Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Je découvre le Lot

On continue maintenant le Tour avec le 46, le Lot. C’est le département le neuvième moins peuplé, et les habitants se nomment lotois. C’est notre huitième séjour en Occitanie.

Dès que j’ai visité leur site de tourisme pour la première fois, j’ai découvert que quelqu’un a un sens de l’humour très anglophone là-bas. Comment ? Vous voyez, les sites détectent habituellement où je suis et me présentent leurs versions anglaises. Ça ne me dérange pas car c’est logique (faut utiliser un VPN !). Et leur slogan en anglais est « The Lot, The Spot. » Ça rime, mais SEULEMENT si on le prononce de la manière anglophone. C’est un anglais plutôt courant, en fait, et vu qu’il est loin de la Manche et les côtes, je suis bien surpris qu’ils font l’effort ! Mais vous savez déjà que j’ai tout de suite trouvé le bouton pour le changer en version française.

On commence avec le site le plus inhabituel du Tour entier, Rocamadour — un village de moins de 700 habitants qui a 3 étoiles Michelin ! Avez-vous vu Sueurs Froides, dit originalement Le vertige ? Aimeriez-vous l’expérimenter ? Bienvenue à la maison ! Fondée comme cité de pèlerinage en hommage à Saint-Amadour, vous allez monter un escalier de 233 marches pour visiter les 8 églises du village. Visitez surtout la Chapelle Notre-Dame, avec sa Vierge Noire en bois du XIIe siècle. Rocamadour est aussi réputé d’être la maison de Durandal, l’épée légendaire de la Chanson de Roland, mais je ne fais aucune garantie que l’épée dans le rocher est la bonne. Au cas où ce serait faux, il y a aussi un parc à thèmes à propos de Durandal très proche à Rocamadour.

On part à Padirac, à quelques kilomètres au nord-est, pour visiter le Gouffre de Padirac (2 étoiles), où on descend 100 mètres sous terre pour naviguer dans une rivière souterraine jusqu’à un lac caché. Très proche au gouffre, on trouve le Château de Castelnau-Bretenoux (2 étoiles), originalement un château-fort du XVe siècle devenu site d’une grande collection de meubles et d’art au XIXe siècle. On est très proche de Biars-sur-Cère, d’où vient les confitures Bonne Maman, mais je n’arrive pas à trouver comment on peut visiter l’usine. Un Ministre de l’Économie, un certain Emmanuel Macron, y a visité en 2016. On tourne au sud, vers Figeac, en passant par Cardaillac, l’un des Plus Beaux Villages de France, où 3 tours offrent des magnifiques vues sur tout ce village du Moyen-Âge. À Figeac (2 étoiles), on visite le Musée Champollion (1 étoile), consacré à Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, et installé dans sa maison natale.

De Figeac, on conduit vers l’ouest pour visiter la Grotte du Pech-Merle (3 étoiles). Il y a de nombreux trésors géologiques, dont les colonnes de la Galerie de l’Ours (qui ont 50 millions d’années) et des peintures primitives qui ont 25 000 ans. On finit en faisant plusieurs arrêts à Cahors (2 étoiles). D’abord, on visite le Pont Valentré (2 étoiles), avec 6 arches et une grande tour centrale. Selon la légende, l’architecte a fait un pacte avec le diable pour le construire. Mais mon père, un avocat spécialisé en immobilier, vous dirait que ce n’est pas une légende, c’est juste comment marche tous les grands travaux. Du pont, on suit le chemin des Jardins Secrets de Cahors (3 étoiles), 25 jardins dont celui de la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), qui racontent l’histoire de la ville. Si possible, visitez le marché aux portes de la cathédrale. On finit par visiter le Parc naturel régional des Causses du Quercy, reconnu comme Géoparc mondial UNESCO et la zone de plus faible pollution lumineuse de France, donc excellente pour voir les étoiles.

Qui sont les personnages les plus connus du Lot ? En vedette, il faut qu’on mette Jean-François Champollion pour ses découvertes avec les hiéroglyphes. Le poète Clément Marot, célèbre sujet d’un livre intitulé en version anglaise « Le ton beau de Marot » par Douglas Hofstader (et oui, je l’ai lu il y a 25 ans). Le livre traite de son poème « À une Damoyselle malade ». L’écrivain André Malraux était maquisard à Gramat, et aussi le philosophe Alexandre Kojève, que j’étudiais à l’université car je m’intéressais aux pensées du philosophe Hegel. L’écrivaine Françoise Sagan y est née. Louis Vicat, inventeur renommé pour le ciment artificiel, a construit le tout premier pont en ce ciment à Souillac. Nino Ferrer, un musicien de jazz qui jouait aux États-Unis pendant les années 60s, y vivait.

Que manger dans le Lot ? C’est un département riche en produits locaux, dont le fromage de Rocamadour AOP, le melon du Quercy, la noix du Périgord AOP, et l’agneau fermier du Quercy (IGP et Label Rouge). Pour boire, il y a des vins de très régions : les vins de Cahors AOC, du cépage Malbec ; les vins des Coteaux du Quercy AOC, du cépage Cabernet Franc ; et les vins des Côtes du Lot IGP, des divers cépages. La cuisine lotoise est typiquement occitane. En plats principaux, on trouve l’estofinado et le mourtayrol, un genre de pot-au-feu. En dessert, il y a la cajasse quercynoise, une sorte de clafoutis, et la pescajoune, une crêpe épaisse aux pommes.

Le retour d’OSS 117

L’année dernière, quand j’étais en France, les affiches pour OSS 117 : Alerte Rouge en Afrique Noire étaient un peu partout. Le film n’allait pas sortir jusqu’après que j’ai dû partir, mais j’étais horriblement curieux. Ce n’était que plus tard que j’ai regardé les premiers deux films, et je ne vais pas mentir — j’avais peur que la magie soit partie avec le deuxième film. Mais ce soir, j’ai quand même regardé le troisième, et je suis heureux de ne pas avoir quitté la série.

En tant que fan de James Bond, je dois d’abord dire que ce film doit beaucoup au dernier film de la série Bond, Meurs un autre jour. Comme sait tout le monde, personne appelé Daniel Craig n’a jamais joué dans la peau de James Bond QUI N’EST PAS LE FRÈRE D’ERNST STAVRO BLOFELD. Ce serait de la hérésie, mais heureusement, ça n’a jamais arrivé. Mais revenons à nos moutons.

Ce film doit beaucoup à Meurs un autre jour. Le début établit qu’au passé, l’espion était prisonnier des communistes, et pendant ce temps, il a gravement blessé le sbire du méchant principal, qui est devenu après un peu cyborg en résultat. Cette fois, ça se passe en Afghanistan, où OSS 117 est prisonnier des moudjahidin alliés aux soviétiques :

Il dit à ses ravisseurs que « C’est absurde. Tout le monde rêve d’être français, à commencer par vous. » Ah, notre héros est de retour ! Ils veulent qu’il fasse une vidéo pour demander des armes au gouvernement français, mais il fait au lieu de ça un discours ridicule qui parle de « tous ces produits qu’on nous envie comme le bourgogne, le beaufort, le nougat, les calissons, le kouign-amann ». Ça lui donne assez de temps pour briser les cordes qui l’attachent et s’échapper.

Revenu en France, il passe par des affiches pour M. le Président Giscard d’Estaing et un certain François Mitterand. Il dit « bonjour, patron » au premier.

Dans le bureau de son chef, Armand, les deux méprisent de M. Mitterand comme ça :

Armand: Vous imaginez Mitterand président ?

OSS 117 : La fin de la propriété privée, les queues devant les magasins vides…

Armand : Pas d’eau, pas d’électricité.

Il y a un nouvel agent, Serge — dit OSS 1001 — qui est aussi là. Armand envoie Serge en Afrique et donne une nouvelle mission à OSS 117 — apprendre l’informatique.

Il suit la blague la plus moi de tous mes films français. Je ne suis pas sûr si plus de deux lecteurs ici l’ait compris au ciné (désolé, c’est juste que je ne connais que deux d’entre vous d’être aussi des informaticiens) :

Programmeur : Hé, de la Bath, tu sais ce que c’est un développeur UNIX qui n’a jamais fait des conneries sous root ?

OSS 117 : Non.

Programmeur : C’est un mec qui n’a jamais pissé une ligne de code !

OSS 117 regarde L’Île aux enfants à la télé dans le labo d’informatique. Ça va retourner plusieurs fois dans ce film ; heureusement, je le connais déjà.

Envoyé en Afrique pour retrouver OSS 1001, il fait des recherches sur l’Afrique selon sa façon :

Après y être arrivé, il reçoit un accueil pas du tout discret, et rencontre M. le Président Bamba, ses sosies et sa femme Zéphyrine :

OSS 117 et le président chantent ensemble une chanson que je ne connaissais pas, Les Sucettes de France Gall. C’était un coup de Gainsbourg, et plutôt cruel vers Mlle Gall à mon avis :

Il y a une rencontre malheureuse avec une Française qui travaille dans son hôtel, Micheline, où il se comporte avec ses charmes habituels. Ce soir-là, on met un serpent dans sa chambre, qu’il apprivoise en sifflant le générique de l’Île aux enfants :

L’autre blague la plus moi du film se passe quand OSS 117 soupçonne un serviteur du président car il parle allemand. Il lui demande « Que faisiez-vous vers 1940 ? »

Puis il trouve enfin OSS 1001 en prison. Les deux sortent après un malentendu :

Il s’avère que Léon, le serviteur qui parle allemand est en fait agent soviétique. Quand OSS 117 apprend ça, il dit « J’en étais sûr. On ne parle jamais allemand par plaisir. » Cette info lui sert bien quand les deux agents rencontrent un lion et OSS 117 le fait sortir en lui parlant en allemand :

Les agents trouvent le camp des soviétiques et le font sauter avec des matériels qui étaient à OSS 117 mais livrés aux soviétiques par accident :

Après cette mission, OSS 1001 fait le discours magistral contre OSS 117 qu’on attend depuis le dernier film, mais il est mangé par un crocodile :

Il s’avère que Zéphyrine est leader des rebelles contre son mari. Elle passe la nuit avec OSS 117 mais après des commentaires racistes, elle décide de lui donner à Kasimir, l’agent soviétique du début. Encore L’Île aux enfants !

À la fin, OSS 117 sauve le président et rentre avec une valise pleine de diamants en cadeau pour M. le Président Giscard d’Estaing. Armand lui dit que ce serait une mauvaise idée. Un coup de Bokassa !

Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer !

J’ai fait une jolie boulette cette semaine.

Je me suis acheté le meilleur cadeau qu’un ami francophone aurait pu me donner. C’était pas mon intention. Dans un groupe Facebook bilingue, Everything French, j’ai vu la couverture de ce livre, « Ciel ! Blake !, Sky ! Mortimer ! » , et je me suis dit « Sky ! Mortimer ! n’a aucun sens en anglais — je dois en savoir plus ! Et franchement, ciel veut dire quoi ici ? » (J’ai ma réponse à cette dernière maintenant.) Je l’ai donc commandé de la FNAC (avec quelques films car il ne faut jamais rater l’opportunité).

Pour être clair, ce sont les deux couvertures d’un seul livre. Les deux moitiés du livre font la même chose, mais dans des sens opposés. Et c’est quoi qu’ils font ? Je laisserai l’auteur, M. Jean-Loup Chiflet, l’expliquer.

Même sa signature fait partie de la blague — « John Wolf Whistle » est une traduction littérale de « Jean-Loup Chiflet », et « wolf whistle » en particulier veut dire un genre de draguer plutôt agressif (voilà la version Looney Tunes).

« Sky ! Mortimer ! » est donc la partie du livre de laquelle même un francophone monolingue peut profiter. Chaque entrée commence avec une expression idiomatique en anglais, et est suivie par son équivalent en français. Les deux sont accompagnées par un dessin de Blake et Mortimer avec une traduction hyper-littérale de l’anglais utilisée comme dialogue. Voilà des exemples

En ce cas, il y a en fait une version exacte de l’expression française en anglais — « Strike while the iron is hot. »

Celui-ci est un exemple de comment la méthode du livre tourne plus vers l’humour que la vérité. L’expression anglaise est en fait plus proche à la française que l’exemple. « Chips » est certainement le mot en anglais britannique pour les frites, mais c’est aussi le mot — aux deux côtés de l’Atlantique — pour les jetons de poker.

Jetons de poker, ou « chips », Photo par Qz10, Domaine public

« Ciel ! Blake ! » fait la même chose, mais si vous ne comprenez pas l’anglais, les traductions dans les dessins n’auront aucun sens, humoristique ou autrement. Voici un exemple que je ne peux pas résister :

Un journal est apparemment un canard. On dirait en anglais que mon monde est bouleversé. Peut-être mon Le Monde en plus.

Je n’ai pas de plaintes, mais il y a certaines expressions où je dirais qu’il existe de meilleurs choix. Par exemple, « I’m on cloud nine » est donné l’expression équivalente « Je suis au septième ciel » et la traduction littérale « Je suis sur le neuvième nuage ». Ces choix sont tous les deux corrects, mais on dit aussi en anglais « seventh Heaven, » la traduction littérale du « septième ciel ». Au fait, les italiens parlent aussi du « settimo cielo ».

Un autre exemple : « We must give the devil his due » est rendu métaphoriquement comme « Il faut rendre à César ce qui est à César » et littéralement « Il faut donner au diable ce qu’on lui doit ». La traduction littérale est bonne, mais on dit aussi en anglais exactement la citation sur César, qui vient de Matthieu 22:21. J’ai aussi un doute sur l’expression anglaise « I cry monkey » pour laquelle il donne « Je suis cuit » et littéralement « Je pleure singe ». En anglais, on dirait « Mon oie est cuite » pour « Je suis cuit ». Je ne connais pas l’expression avec un singe, soit en anglais américain soit britannique, et mes recherches sur Google n’ont rien trouvé.

Mais laisse béton ! Tout ça cherche la petite bête. J’ai ri comme une baleine en lisant ce livre. Mais malheureusement pour mes amis, j’ai déjà lu le meilleur livre bilingue possible. Heureusement, il y en a un autre du même auteur sur ce sujet.

Le magasin de Miraculous

La meilleure émission à la télé pour les enfants préadolescents est sans doute Miraculous, une production 100% française et diffusée dans plus de 120 pays. Ma fille est grand fan depuis trois ans, et moi — disons que j’écoute quand elle le regarde. Il y a un personnage obsédé par le camembert, un épisode avec une galette des rois géante volante, un méchant qui est styliste de mode parisien — c’est presque un documentaire sur la vie quotidienne parisienne ! De toute façon, puisque l’année scolaire est terminée, nous sommes allés aujourd’hui à Santa Monica pour visiter le Zag Store, la boutique officielle de Zag Studios, la société qui produit Miraculous.

Malheureusement, je ne pouvais pas prendre des photos à l’intérieure, car il y avait une affiche sur l’entrée qui disait « Défense de prendre des photos. » (En fait, elle disait « No photos allowed , » mais vous comprenez.) Mais ce bâtiment était couvert d’affiches de l’émission, alors je vais les partager.

Je suis sûr que vous reconnaissez tous Chat Noir et Queen Bee (c’est comment vous savez qu’elle est vraiment méchante ; son surnom de super-héros est en anglais même en version française).

Si je pourrai emmener ma fille en France un jour, il faudra que l’on passe par le Lycée Carnot, réputé d’être le modèle pour le collège Françoise-Dupont de la série. Perso, je ne le vois pas, mais s’il existe la moindre ressemblance, ma fille la trouvera.

Puisque nous étions déjà à Los Angeles, nous sommes allés à Westwood, le site de l’Université de la Californie à Los Angeles, pour aller à une biscuiterie que je vous recommanderais si vous étiez là. « Diddy Riese » est là depuis 40 ans — je sais, c’est rien en comparaison avec des centaines de boulangeries en France — et c’est le meilleur rapport qualité prix à Los Angeles. Les biscuits sont tous des variétés traditionnelles américaines, mais malgré étant dans l’un des lieux les plus chers de Californie, rien ne coûte plus de 0,75 $ (environ 0,72 €). Commandez-en deux en forme de sandwich à la glace ; vous allez vous régaler.

Et à côté de Diddy Riese, vous allez trouver un panneau…inattendu :

Hélas, c’est pour fumer des narguilés.

Finalement, très proche à ces magasins, on trouve un petit rappel de la maison :

On a de meilleurs cafés à Los Angeles, mais Elysée est assez authentique. J’espère que vous avez profité de notre petit tour de Los Angeles. Après tout, quand ma fille s’est rendu compte de ce que tous ces endroits ont en commun, elle m’a dit « Tu ne m’y as pas amené pour moi, tu as fait ça pour tes lecteurs ! » Trop maline, celle-ci !

Les nouvelles cachées

J’attendais Le Canard enchaîné avec encore plus d’impatience que d’habitude, parce que je voulais vraiment savoir s’ils mentionneraient une nouvelle vraiment choquante des États-Unis. Mais comme je vous ai dit plus tôt, que nos nouvelles font du mauvais travail pour nous tenir au courant de ce qui se passe en France, c’est également le cas que la presse française rate souvent les nouvelles d’ici.

J’essaye de ne pas exprimer des avis politiques ici, alors je présente des captures d’écran sans trop de commentaire. Toutes sont des recherches avec le seul mot « Kavanaugh », triées par « plus récente » où possible. Aucune de ces nouvelles n’est la bonne :

Je ne pouvais pas trouver une fonction de recherche sur Libération, mais il n’y a aucune mention de cette histoire, qui s’est passé le 8 juin, sous la rubrique d’Amérique. Même chose pour Le Parisien sous International.

Plus de suspense, Justin ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Je laisserai Franceinfo vous l’expliquer :

Je vous laisserai tirer vos propres conclusions. On tourne maintenant vers les actualités qui sont vraiment parues dans Le Canard.

C’est presque tout dédié aux résultats du premier tour. J’ai trouvé celui-ci drôle car le scandale du Stade de France est bien devenu farce :

Selon Franceinfo, Ensemble peut toujours gagner autant que 295 sièges, mais après avoir eu 340, c’est certainement une chute.

Le Canard continue de traiter Mme Borne avec tout le meme respect accordé à l’ancien Premier ministre, M. Castex :

Peut-être que vous n’avez pas toujours arrivé au même point que nous sur ce sujet. Notre prochain dessin n’aurait aucun sens aux États-Unis de nos jours Il était une fois, il y avait plein de couples « mélangés » qui pouvait avoir une telle conversation — dont les chefs-conseillers en stratégie de Messrs Bush et Clinton en 1992 ! (Les deux ont attendu pour se marier jusqu’après l’élection.)

Finalement, une nouvelle moins lourde, autour d’une série sur l’école de police à Saint-Malo. On peut trouver le premier épisode ici.

Je l’ai trouvé plutôt décevant. Même pas un seul « Oui, mon adjudant », et pas de Sœur Clotilde non plus !

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Mon dîner loirétain

Ce soir, c’était le temps pour mon dîner loirétain, et c’était un défi. Je savais dès que j’ai écrit le « Je découvre » quel dessert je ferais, mais j’avais du mal à choisir un plat principal avec des ingrédients accessibles. J’ai même écrit un courriel à La Dariole pour demander la recette de leur andouillette de poissons de mer, mais il s’est avéré qu’ils ont changé de propriétaire et le nouveau n’a pas eu la recette. J’ai enfin choisi un plat de la Sologne, de laquelle le Loiret fait partie, alors voici la velouté de cèpes de Sologne et le Pithiviers fondant.

Je dois la recette de la velouté au magazine Marie Claire. Les cèpes veut dire, scientifiquement, Boletus edulis, mais il y a de nombreuses variétés. J’ai utilisé ce qu’on appelle « porcini, » qui fait partie de Boletus edulis, mais c’est peut-être différent que ce que vous trouveriez chez Carrefour. Comme d’habitude, j’ai coupé la recette par deux.

Les jngrédients pour la velouté de cèpes de Sologne :

  • 375 grammes de cèpes frais
  • 500 ml de lait entier
  • 500 ml d’eau chaude
  • 13 cl de crème épaisse
  • 1 tablette de bouillon de volaille
  • le jus de 1/2 citron
  • 25 grammes de beurre
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la velouté de cèpes de Sologne :

  1. Nettoyez les cèpes en coupant les pieds terreux. Brossez-les délicatement sous un filet d’eau froide. Épongez-les dans du papier absorbant puis émincez-les. — J’ai utilisé des champignons déjà coupés, alors je les ai nettoyés, mais pas besoin de les couper encore une fois.
  1. Faites fondre le beurre dans une cocotte, ajoutez les cèpes émincés et laissez cuire à feu moyen en remuant jusqu’à ce que toute l’eau de végétation soit évaporée. Pendant ce temps-là, mettre 500 ml d’eau dans une casserole et chauffer pour la prochaine étape.
  1. Sortez à l’écumoire quelques lamelles de cèpes et réservez-les pour le décor.
  1. Ajoutez dans la cocotte les 500 ml d’eau chaude et la tablette de bouillon.
  1. Mélangez puis versez le lait et assaisonnez de sel et de poivre. Laissez cuire à frémissements 20 min. — J’aurais aimé une soupe un peu plus réduite, alors je vous conseille de ne pas trop baisser le feu.
  1. Mixez ensuite le velouté à l’aide d’un mixeur-plongeant ou d’un blender, ajoutez la crème épaisse et le jus de citron.
  1. Rectifiez l’assaisonnement et répartissez dans des bols ou des assiettes creuses. Décorez des lamelles de cèpes réservées et servez chaud.

Je dois la recette du Pithiviers fondant à la boulangerie À La Renommée, à Pithiviers bien sûr, grâce à un article sur le site de France 3. J’ai fait un changement et c’était peut-être la mauvaise idée. Leur recette demande un moule rond d’environ 20 cm. Mon moule mesure 22,9 cm de long, ou 9″. Parce que c’est le département de Poisson et de de Fermat, j’ai fait un peu de maths. Avec un moule d’environ 10 % plus long, la surface sera 1,2 fois supérieure à l’originale (car pi*r^2). J’ai donc utilisé 20 % plus d’ingrédients. Ce n’était pas nécessaire pour remplir le moule, et j’ai eu besoin de 10 minutes plus de cuisson pour réussir le test cure-dent. On penserait que ce test ne serait pas nécessaire sans farine, mais la pâte coulait toujours à 25 minutes, alors c’était pas prêt. Je vous donne donc les mesures originales.

Les ingrédients pour le Pithiviers fondant :

  • 350 grammes de poudre d amande
  • 350 grammes de sucre glace
  • 7 oeufs
  • 70 g de fécule de maïs ou farine
  • 200 gr de beurre

Pour le glaçage :

  • 170 grammes de sucre glace
  • 30 grammes de blancs d’oeufs (blanc d’un gros œuf)

Les instructions pour le Pithiviers fondant :

  1. Dans un récipient, versez les amandes, le sucre et la fécule.
  1. Ajoutez les oeufs et mélangez sans faire trop blanchir. — Je les ai ajoutés en deux tranches. Vous allez TRA. VAI. LLER.
  1. Faites fondre le beurre et incorporez-le au mélange. — Juste avant ça, j’ai ajouté un peu de cannelle et de piment de la Jamaïque rapé, car il me semblait que la pâte n’aurait pas trop de goût. À mon avis, ça n’a eu aucun effet au produit final. Heureusement, c’était pas un problème.
  1. Beurrez un moule à manquer rond d’environ 20 cm.
  1. Versez la préparation dans le moule préalablement beurré. L’épaisseur de la pâte doit être d’environ 1,5 cm à 2 cm max.
  1. Enfournez votre Pithiviers dans un four à 170°C pendant environ 25 à 30 min.
  2. Démoulez-le après la cuisson et laissez-le refroidir.
  1. Dans un récipient, mélangez le sucre glace et les blancs pendant 5 à 10 min jusqu’à ce que le mélange blanchisse bien.
  1. Ajoutez quelques gouttes de jus de citron ou vinaigre blanc.
  1. Une fois la glace terminée, nappez le pithiviers avec.
  1. Terminez en décorant avec des fruits confits. — Si vous consultez l’article original, le pâtissier conseille d’utiliser de l’angélique. Ce fruit est tout inconnu chez moi, alors j’ai utilisé mes fruits confits habituels.

L’épisode 13 chanceux

Dans la culture anglophone — on trouvera la même superstition partout dans l’ancien empire britannique — le numéro 13 est considéré très malchanceux. Je ne sais pas si c’est la même chose en France. De toute façon, pour notre 13e épisode, j’ai décidé de faire un changement — JUSTE pour cette semaine. J’ai deux blagues de la semaine — une blague belge sur les Français, puis une blague française sur les Belges. (Mais rien sur les américains ; quelle coïncidence.)

Nos articles sont :

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Les Souvenirs

Ce post est à propos d’un film comme arrive souvent les week-ends chez moi. Mais il n’y aura qu’une photo parce que c’est aussi à propos de quelque chose que j’ai fait pour la toute première fois. Ce soir, avec une vingtaine de membres de l’Orange County Accueil (dont quelques époux américains), j’ai regardé Les Souvenirs, un film de 2015 avec Michel Blanc, Chantal Lauby, et Annie Cordy. Puis la moitié de nous avons sorti pour dîner ensemble. C’était environ les deux tiers de ce dont je rêvais.

Vous pouvez voir qu’on était dans une salle de ciné, mais celle d’un club privé. Avec un tel groupe, je n’allais jamais demander de faire des pauses pour prendre des photos comme d’habitude. ([Mais pourquoi pas ? Vous êtes un vieux cinglé ! — M. Descarottes]) Alors je ne décrirai que brièvement l’intrigue.

Michel Blanc et Chantal Lauby jouent un couple marié, Michel et Nathalie, et au début du film, il prend sa retraite. En même temps, il décide de mettre sa mère, jouée par Annie Cordy, dans un EHPAD. Elle ne l’aime pas du tout, et s’échappe de l’EHPAD pour poursuivre certains vieux souvenirs. Son petit-fils, Romain, la trouve dans un hôtel qu’elle aimait. Pendant ce temps, Nathalie quitte Michel. Il n’en peut plus, et devient un peu fou. Il croit que sa femme le trompe avec son prof de yoga (je n’étais pas sûr si c’était vraiment le cas), et il crie « J’ai passé ma vie avec un cougar ! Un cougar ! »

Romain amène sa grand-mère à l’école primaire où elle assistait, et elle passe une journée avec les élèves. Quand ils reviennent dans l’hôtel, elle a une crise cardiaque et meurt à l’hôpital quelques heures plus tard. J’ai eu du mal à comprendre exactement ce qui s’est passé à la fin, mais Michel et Nathalie se réconcilient et Romain et la prof à l’école primaire commencent une nouvelle relation.

Ce film est plutôt doux-amer en comparaison avec les films typiques ici. Si vous êtes comme moi, et Michel Blanc n’est rien d’autre que Jean-Claude Dusse, c’est un peu difficile de le voir dans un rôle plus sérieux. Mais Chantal Lauby est charmante comme toujours, et Annie Cordy est merveilleuse aussi (c’est mon premier film avec elle).

Mais je vous ai dit que cet événement était les deux tiers de ce dont je rêvais. Pourquoi ? Avant le film, il y avait une réception d’environ une demi-heure. Je me suis présenté à tout le monde, et je passais un bon moment avec eux, complètement en français. Absolument personne ne m’a demandé de parler anglais jusqu’au dîner — à ce point, j’étais à côté d’un couple mélangé, anglophone et francophone. Je ne suis pas du tout le genre de con qui exclurais quelqu’un dans une telle situation.

Non, la seule raison pour laquelle c’était moins qu’une réussite complète, c’est qu’il y a beaucoup de monde qui ont le même âge que moi dans cette association, mais presque personne d’entre eux n’est venue. Mais laissez tomber. C’était une foule merveilleuse, je me sentais complètement à l’aise avec eux, et encore une fois, je suis parti en pensant que je suis à la maison avec vous.

Le massacre d’Oradour-sur-Glane

Aux États-Unis, quand on apprend les représailles allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, l’exemple habituel est celui de Lidice dans la République tchèque moderne. Après l’assassinat de un officiel, Reinhard Heydrich — qui l’a mérité, bien sûr — les nazis ont tué presque tous les habitants du village, 340 en total. (Environ 70 femmes et enfants ont survécu les camps.) Mais hier, j’ai appris l’histoire d’un crime encore plus gros (également horrible, pour être clair), le massacre d’Oradour-sur-Glane, où plus de 640 civils ont été assassinés. Aujourd’hui, le 10 juin, est l’anniversaire de ce crime. Ici, je suis les récits de plusieurs articles de Wikipédia, tous liés ici.

Qu’est-ce qui s’est passé ce jour-là ? La veille, le 9 juin, la division SS « Das Reich » a commis un massacre à Tulle, en Corrèze, où ils ont tué 117 civils pour faire des représailles contre le maquis de la région. Puisque les allemands avaient dû répondre au débarquement des Alliés en Normandie, Das Reich a reçu des ordres qui disaient qu’ils devraient rejoindre le front. Mais ces ordres, reçus le 7 juin, disaient aussi qu’ils avaient jusqu’au 11 juin pour conclure leurs opérations avant de s’en aller.

Le commandant de l’un des bataillons de la division Das Reich, un certain Adolf Diekmann était déjà responsable du massacre de Tulle. Le matin du 10 juin, il a eu une réunion avec le général Heinz Lammerding, sous-chef de la Gestapo dans la région ; Joachim Kleist, un officiel de la SS ; et quelques collabos de la Milice. Les historiens ne sont pas d’accord sur ce qui s’est passé pendant cette réunion, mais la décision a été pris de faire un exemple d’Oradour — un village sans réputation pour cacher des résistants.

Diekmann a donné un ordre que les habitants a dû rassembler dans le champ de foire ; pour leur part, les habitants croyaient que c’était un contrôle de routine. Selon les historiens André Desourteaux et Robert Hébras :

M. Compain, le pâtissier, dont le magasin donnait directement sur la place va jusqu’à demander à un soldat allemand s’il peut aller vérifier la cuisson de gâteaux qu’il venait de mettre au four et s’entend répondre, en français, qu’on va s’en occuper.

Donc personne ne soupçonnait ce qui arriverait. Les hommes étaient séparés en groupes d’une trentaine à chacun, six au total, puis les allemands leur ont tiré dessus à mitrailleuse. Selon un survivant, Marcel Darthout :

Lorsque les rafales eurent cessé, les Allemands se sont approchés de nous pour exterminer à bout portant quelques-uns parmi nous.

350 femmes et enfants étaient enfermés dans l’église du village. Les allemands ont explosé l’église mais il y avait toujours des survivants. La SS y ont entré pour tirer sur ceux qui restaient. Il n’y avait qu’une survivante, Marguerite Rouffanche, qui nous raconte :

J’ai fait un saut de plus de trois mètres, puis je me suis enfuie jusqu’au jardin du presbytère. Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre, me tendait son bébé. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands, alertés par les cris de l’enfant, nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin.

Les allemands comprenaient exactement à quel point c’était un crime. Selon l’historien Jean-Jacques Fouché :

Le 11, puis le 12 juin, des groupes de SS reviennent à Oradour pour enterrer les cadavres et rendre leur identification impossible, reproduisant une pratique usuelle sur le front de l’Est.

Malheureusement, seulement les collabos ont reçu la justice qu’ils méritaient. En 1951, le général Lammerding a été condamné à mort par un tribunal militaire français, mais le gouvernement n’a pas arrivé à obtenir son extradition. Diekmann est parti à l’enfer le 29 juin pendant la bataille de Normandie.

On termine ce récit avec un court métrage tourné par le journal France Libre Actualités en septembre 1944. Les allemands ont tout détruit. Je ne pourrais jamais rien ajouter ; les images parlent pour eux-mêmes.

Le Trio des Déesses

Aujourd’hui, on fête le lancement du nouvel album de Laurence Manning, bien connue aux lecteurs ici car ce blog n’existerait pas sans son influence. Cette fois-ci, c’est une occasion spéciale (bon, c’est toujours le cas quand il s’agit de la musique de Laurence) parce qu’elle est rejointe par deux collaboratrices pour la première fois. On souhaite la bienvenue à la violoniste Daphnée Sincennes Richard et la violoncelliste Lou Dunand-Vincent. Leur album, « Trio of the Goddesses » (Le trio des déesses) est disponible à partir de maintenant sur la boutique de son site et également sur le site Bandcamp. Avec l’autorisation de Laurence, il y aura en bas quelques petits extraits de l’album. (Pour être clair, j’étais supporter de la campagne Kickstarter qui a payé cet album, mais je n’ai aucun intérêt financier dans son succès.)

©️Laurence Manning Productions

D’abord quelques informations d’arrière-plan. Cet album est un hommage à la musique de la série de jeux vidéo « The Legend of Zelda. » Selon l’histoire de la série, il y a trois déesses — Din, Farore, et Nayru — qui sont chargées de la magie dans le monde d’Hyrule (où la série a lieu). Elles ont créé trois artefacts magiques, les Triforces du Pouvoir, du Courage, et de la Sagesse, et les intrigues se déroulent souvent autour de ces artefacts. Il y a d’autres versions de l’histoire avec seulement une déesse, Hylia, mais laissez tomber — même avec un livre de 276 pages, l’histoire d’Hyrule est bien compliquée. Pour l’instant, ce qui compte est la signification du numéro trois dans cette série et les déesses qui empruntent leurs noms au disque.

Il y a 17 morceaux sur l’album, tous composés originalement par des employés de Nintendo, mais adaptés pour le trio par Laurence. Elle a déjà sorti de nombreux morceaux de cette série en tant que pianiste soliste, mais pour ce disque elle a fait de tous nouveaux enregistrements, même quand elle a revisité certaines chansons. Par exemple, voici sa version originale de « Midna’s Lament » du jeu « Twilight Princess » :

Et voilà la version de la même chanson en trio :

Ce que j’ai toujours apprécié le plus chez Laurence, c’est son sens de ce qui servira la musique, de ce qu’on peut ajouter sans perdre son caractère. Ses arrangements sont toujours très fidèles aux originaux, peu importe à quel point ses compétences dépassent les structures simples des plus vieux morceaux. Voici un clip de la générique originale du tout premier jeu :

En ce cas, le tempo s’est ralenti, mais la musique va mieux avec l’idée d’une cour royale où on rencontrerait une princesse comme Zelda (qui a un destin beaucoup plus lourd que la Princesse Peach des jeux Mario) :

Ici, le trio joue « The Dark World » (Le Monde des Ténèbres) du jeu « A Link to the Past« . Le tempo est un peu plus lente que la version originale. Mais comme je vous ai dit, les arrangements de Laurence servent toujours la musique. Cet endroit dans le jeu est stressant pour le héros, et l’effet est obtenu dans la bande-sonore avec un tempo très rapide car franchement, les instruments synthétisés manquent la sonorité requise. Laurence comprend très bien ce qui est l’essentiel et réussit à obtenir le même effet par la puissance des cordes :

Un vrai régal dans ce disque, un morceau peu connu avant chez moi car j’ai raté « Twilight Princess, » c’est quand Daphnée Sincennes Richard est mise en vedette pour « Orchestra Piece #1 » (version originale). Même si vous ne l’avez jamais entendu, vous serez d’accord que c’est une performance époustouflante :

En résumé, ce disque est un grand tour de la musique de Zelda, où la moitié de la série est représentée, toute jouée à haut niveau. Bien que Laurence fasse toujours ses meilleurs efforts, il y a certaines séries pour lesquelles elle a clairement quelque chose de spécial — surtout Mario, Castlevania, et Zelda. Avec Daphnée et Lou, elle a trouvé une nouvelle formule qui lui servira très bien, j’attends donc avec impatience son prochain album. Disons qu’il y a déjà des indices.