Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le numéro législatif

Aujourd’hui était le premier tour des législatives — chez moi. Je veux vous montrer quelque chose ; ne vous inquiétez pas, pas besoin de parler anglais. Ça c’est une brochure que l’État de Californie envoie à tous les électeurs inscrits. On paye 4 200 $ à l’État, puis on a le droit d’y apparaître. C’est votre chance de parler à 22 millions de personnes en Californie.

Le message en bas à droite dit seulement « Faire foutre tous les politiciens ». Sérieusement. C’est probablement le pire gâchis d’un tel message, mais c’est pas le seul qui soit carrément juste pour se faire un peu connu. Valait-il la peine ?

Je pensais encore une fois à cette brochure en lisant ce numéro du Canard. Le cas de Manuel Valls m’étonne vraiment :

Je n’avais aucune idée qu’il était candidat en Espagne pour être maire de Barcelone. Je n’arrive même pas à imaginer une telle chose ici. Ce serait comme si l’un de nos vice-présidents voulait devenir maire de Montréal. Quand on est accro à la politique…

J’ai mis mon grain de sel dans cette histoire sur Twitter. Il semble que le chanteur Michel Sardou a attrapé la maladie « Hollywood », où on menace de quitter le pays si son équipe ne gagne pas les élections. En fait, je me souviens de seulement un acteur qui a gardé sa promesse, Johnny Depp. Quels que ce soient ses problèmes actuels, je respecte qu’il n’a pas juste fait une crise. Mais je ne veux pas que nos célébrités suivent son exemple : vous ne méritez pas d’être envahis par ces cons !

Et voilà, ce que j’ai écrit quand je l’ai lu :

La vache, que je sois une ordure !

Quand j’étais jeune, bien avant le 11 septembre 2001, il y avait toujours une équipe de football américain dont leurs fans devaient être contrôlés dans les stades, de peur qu’ils ne soient armés — les Raiders d’Oakland. Quand ils sont arrivés chez moi, j’ai dû aussi être contrôlé car tous les fans devaient être traités également. Je soutiens donc toujours les forces de l’ordre contre les fans des sports. Mais je ne suis pas sûr que la police aient eu la bonne idée pour le jeu France-Danemark :

Finalement, il reste à savoir qui gagnera en France. Mais selon mes habitudes, je n’ai qu’une question : le gâteau, a-t-il quelle saveur ?

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Je découvre le Loiret

On continue maintenant le Tour avec le 45, le Loiret. C’est le département le trente-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment loirétains. C’est notre sixième — et dernier — séjour dans le Centre-Val de Loire. Ça me rend bien triste ; j’ai profité de tous ces départements.

Mais pour la première fois, c’est faux de dire que je suis en train de découvrir un département, parce que j’ai en fait déjà visité Orléans l’année dernière. Sinon, pas de chance que je change mon modèle maintenant. Punaise, d’où viennent toutes ces larmes ? On a coupé un oignon sur mon portable ou quoi ?

Alors, on va recommencer à Orléans (1 étoile Michelin, qu’ils aient tort), parce que je doute que je puisse jamais m’y ennuyer. Je dois presque tout ce qui suit à mon ami P., qui m’a guidé dans la ville. Il faudra visiter d’abord la Cathédrale Sainte-Croix (2 étoiles), où les vitraux racontent l’histoire de Jeanne d’Arc, qui a libéré la ville. (Voilà mon histoire avec Jeanne en tant qu’enfant.) Il faut aussi visiter le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles), avec une collection de plus de 2 000 peintures, dont des œuvres de Gustave Courbet et Paul Gauguin. Je recommande fortement l’Hôtel Groslot, l’ancienne mairie d’Orléans, dont j’ai beaucoup parlé l’année dernière — ne ratez pas la statue de Jeanne d’Arc à l’extérieur, fait par la princesse Marie d’Orléans. Ne ratez pas aussi la Place du Martroi, le centre de la vie orléanaise.

D’habitude, je ne vous conseille pas de visiter des restos parce que je ne peux pas les visiter, et c’est vraiment une question de goûts. Mais je recommande sans hésitation que vous déjeunez chez La Dariole, le site de l’un de mes repas préférés pendant la meilleure semaine de ma vie. Encore une fois, les oignons se foutent de mes yeux.

On va quitter Orléans maintenant, mais en sortant, on visitera le Parc Floral de la Source (2 étoiles), nommé pour la source de la rivière Loiret. Visitez ses nombreux jardins et sa serre aux papillons, en plus de la source. Arrêtez-vous pour une baguette chez La Flûte du Palais. Puis on continue vers l’ouest pour visiter le Château de Meung-sur-Loire, ancienne résidence des évêques d’Orléans et site du Festival de la Sieste. C’est intéressant pour ses deux façades, une du Moyen-Âge et une de la Renaissance.

À l’est d’Orléans, on visite le Château de Sully-sur-Loire (1 étoile). Ce château construit originalement au XVe siècle abrite une intéressante chambre du roi, construite pour Henri IV, mais jamais utilisé par lui. On continue au nord jusqu’à l’un des Plus Beaux Villages de France, Yèvre-le-Châtel. Ici, il y a les ruines d’une forteresse du XIIIe siècle, et l’Église Saint-Gault, de la même époque, mais avec un vitrail Art-Deco ! On finit à Montargis, la « Venise du Gâtinais », un village si beau que je me souviens que c’était la première chose enregistrée dans mon fichier ! On est là pour une promenade le long du quartier de la pêcherie, dans la photo en bas.

Qui sont les personnages les plus connus du Loiret ? Il faut certainement mettre Jeanne d’Arc en vedette. Le peintre Paul Gauguin y étudiait pendant 7 ans ; le théologien Jean Calvin et l’actrice Marion Cotillard aussi. L’écrivain et héros de guerre Charles Péguy y est né, ainsi que le mathématicien Siméon Poisson et le mathématicien et menteur Pierre de Fermat (il n’y a aucun risque qu’il a découvert la démonstration de son théorème). Peut-être la connexion la plus bizarre de notre tour, Deng Xiaoping, l’ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, vivait et travaillait dans une usine à Châlette-sur-Loing pendant une année. Ne doutez jamais que je fais des efforts pour vous montrer la France insolite.

Quoi manger dans le Loiret ? En produits locaux, on y trouve l’andouille de Jargeau — à ne pas confondre avec l’andouillette de Jargeau — ne me regardez pas comme ça, c’est en haut de l’article de Wikipédia ! — une saucisse pleine de tripes, le fromage Olivet (souvent couvert avec du foin ou cendré), le vinaigre d’Orléans, et mon préféré, les praslines de Montargis — voilà la boîte que j’ai reçu de mon ami P. (et le tapis qui vous garantit que cette photo est bien la mienne ) :

En plats principaux, on y trouve la carpe à la Chambord, un plat compliqué cuit avec des truffes, du foie gras, et des écrevisses, et le rata beauceron, un ragoût de pommes de terre, de tomates, de poitrine de porc et d’oignons. En dessert, on trouve aussi le pithiviers, un gâteau très similaire à la galette des rois, et le beugnon, la version régionale des beignets.

Épisode 12

La semaine dernière, j’avoue que j’étais un peu en colère. Plus qu’un peu. Mais je ne pourrais jamais rester en colère contre les Français. On a eu plein de belles choses à discuter cette semaine. Et juste ce matin, un petit bonus est arrivé pour joindre mes plus grandes passions, Indochine et se moquer des fautes d’orthographe :

Nos articles pour cet épisode sont :

En plus, il y avait 3 recettes, dont celles de mon dîner nantais et le colombier de la Pentecôte. Il n’y a qu’une chose qui me plaît plus que quand je trouve des choses que les Français eux-mêmes ne savaient pas sur leur propre pays — mais ça restera mon secret. Disons que je suis très content de l’accueil de cette dernière recette.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Le colombier de Gaston Lenôtre

C’est la Pentecôte aujourd’hui et en France une fête veut dire un dessert spécial. ([Mais vous n’êtes pas en France ! — M. Descarottes TAISEZ-VOUS, M. Rillettes-en-attente ! — Moi]). Comme je disais avant d’être interrompu, même à Elbe-en-Irvine, il nous faut le bon dessert. Alors, je vous présente le colombier de la Pentecôte, trouvé dans mon livre de Gaston Lenôtre. Comme toujours avec les recettes des grands chefs, les fautes sont les miennes.

Ce gâteau est appelé « colombier » après l’oiseau, la colombe. Traditionnellement, on y met une fève en forme de colombe, un symbole du Saint-Esprit et de la paix d’après l’histoire de Noé. On écrit souvent « Colombier » ou même la devise « Qui la colombe trouvera, joie et bonheur aura » sur le gâteau, mais vous êtes sur le mauvais blog pour la décoration à niveau expert. Sinon, vous êtes sur le bon blog pour des recettes authentiques. Allons-y !

Les ingrédients pour le colombier :

  • 200 grammes de pâte d’amandes fait maison (ne vous inquiétez pas, c’est facile)
  • 100 grammes d’amandes effilées
  • 3 œufs
  • 30 grammes de farine
  • 60 grammes de beurre fondu à température ambiante
  • Des fruits confits (évitez la pastèque)

Les ingrédients pour la pâte d’amandes :

  • 125 grammes de poudre d’amande
  • 125 grammes de sucre glace
  • 1 blanc d’œuf

Les ingrédients pour le glaçage :

  • 100 grammes de sucre glace
  • 30 ml d’eau froide
  • Quelques gouttes de rhum ou de Cointreau

Il faut d’abord faire la pâte d’amandes. Allez hop !

Les instructions pour la pâte d’amandes :

  1. Dans un grand saladier, mélanger les 3 ingrédients avec une cuillère en bois. Pas besoin d’être parfaitement homogène, mais essaye de tout combiner.
  1. Mettre un tiers dans le bol d’un robot culinaire. Mixer jusqu’à ce que le mélange arrête de changer plus (il y aura de grosses miettes).
  1. Répéter encore deux fois.
  1. Former une boule avec les miettes de pâte d’amandes. À la main, plus de robot.
  1. Cette recette produit un peu plus de 250 grammes de pâte. N’oubliez pas qu’on n’a besoin que de 200 grammes dans la recette suivante.

Vous pouvez utiliser de la pâte fait chez Tricatel industrielle, mais elle sera beaucoup plus dure et il faudra se battre avec le robot pâtissier.

Les instructions pour le colombier :

  1. Bien beurrer un moule à gâteau de 22 cm. Couvrir le fond avec les amandes effilées. Réserver au frigo jusqu’à ce que la pâte soit prête.
  1. Préchauffer votre four à 200°C.
  2. Mettre la pâte d’amandes dans le bol d’un robot pâtissier avec la feuille. Battre à petite vitesse pour la rendre plus molle, puis à vitesse moyenne pendant quelques minutes.
  1. Ajouter un œuf entier et battre pendant 5 minutes. Lire #8 avant de le faire.
  1. Répéter deux fois plus, 15 minutes en total.
  1. Tamiser la farine dans le bol et mélanger avec une maryse.
  1. Ajouter le beurre fondu et mélanger avec une maryse.
  1. Verser la pâte en dessus des amandes. La recette de M. Lenôtre dit que ça devrait remplir 3/4 du moule. Ça suggère qu’il faut battre la pâte avec le fouet au lieu de la feuille pour achever un plus gros volume, et peut-être à grande vitesse. Mais attention au robot. La pâte sera toujours épaisse et on ne veut pas abîmer nos robots.
  1. Saupoudrer avec des fruits confits selon vos goûts. La recette originale dit 200 grammes, mais je l’ai fait selon mes yeux, sans mesurer.
  1. Enfourner pendant 10 minutes. Puis réduire la température à 180°C. Retirer du four après 10 minutes plus, 20 minutes en total.
  2. Mettre sur une grille recouverte à parchemin. Laisser refroidir complètement. (Grille fabriquée en France, bien sûr !)

Les instructions pour le glaçage :

  1. Mélanger tous les ingrédients dans un bol jusqu’à ce que ce soit lisse.
  1. Étaler sur le colombier avec une spatule. Le gâteau va imbiber du glaçage — c’est pas le fondant ici ! — alors ne vous inquiétez pas si ce n’est pas égal partout.
  1. Réserver au frigo pour devenir solide.

Le Capitan

Hier soir, c’était Le Capitan avec Jean Marais et Bourvil, d’une façon la suite spirituelle du Bossu d’André Hunebelle, qui a également réalisé les deux. C’est une histoire toute différente, mais la même formule — un film de cape et d’épée avec Bourvil dans un rôle comique. C’est une bonne formule, et je vous recommande fortement ce film ! Au fait, c’est mon 80e film français.

L’intrigue commence sans délai. Notre héros, François de Capestang, joué par Jean Marais, arrive à un château où un combat se déroule entre deux groupes d’épéistes. On sait rien en ce moment de pourquoi. Mais M. de Capestang rejoint vite le combat. On voit un homme barbu qui tire sur des soldats ; c’est Rinaldo, l’aide du Premier Ministre, Concini, qui nous avons rencontré dans un court « prologue » (un mot en anglais qui veut dire « prologue » ). Juste une fois, pour les nouveaux, j’expliquerai que c’est mon sens de l’humour tout pourri — j’aime faire semblant de ne pas reconnaître quand l’on a emprunté un mot à vous.

M. Capestang est blessé, et un soldat est sur le point de le tuer, mais une femme inconnue tire sur le soldat et sauve la vie de Capestang.

La femme lui aide, puis disparaît. Elle est remplacé par Béatrice, une femme blonde qui s’occupe de ses blessures. Quand Capestang guérit, il demande au gouverneur du province d’aller à Paris pour demander de l’aide à Concini. Il ne sait pas toujours que c’est une mauvaise idée.

Puis on rencontre Cagolin (Bourvil) un baladin qui fait aussi des tours de magie. Il joue dans un spectacle, où il devine une carte choisie par une spectatrice mais est aussi taquiné par son cheval.

Sur la route en dehors de la ville, il est agressé par des brigands, qui lui volent son cheval et sa carrosse. Capestang lui retrouve et les deux continuent ensemble.

Dans une auberge, Capestang revoit la femme qui l’a sauvé, mais elle part avant qu’il puisse apprendre son nom. Sa carrosse est attaquée par d’autres brigands, mais Capestang arrive juste à temps pour la sauver. Elle s’échappe encore une fois sans qu’il apprenne son nom.

Capestang et Cagolin arrivent à Paris, où Concini est en train de faire chanter Béatrice. Capestang lui présente à Concini, qui dit « C’est Capitan qu’il faudrait dire, le Capitan de la comédie italienne au sabre de bois ». C’est insultant. Capestang refuse de servir en tant qu’espion pour Concini, et après une lutte avec les sbires de Concini, il part.

Concini ne connaît pas Cagolin alors Capestang fait un plan pour apprendre où est la femme qui l’a sauvé au début. Les deux font semblant d’attaquer Concini, et Cagolin l’empêche. Cagolin gagne donc une opportunité de jouer au Louvre (toujours un palais, pas un musée). Cagolin rencontre une femme de ménage italienne, joué par Pierrette Bruno, une chanteuse qui travaillait souvent avec Bourvil. Cagolin apprend que Concini a envoyé la femme au Château de Clairfond, une prison.

Ne ratez pas la chanson, Pour se parler d’amour :

La rescousse est dingue. Pendant que Capestang grimpe le château pour trouver la femme, Cagolin joue un peu On a retrouvé la 7e compagnie avec un fil rouge et de la poudre à canon pour faire sauter le pont-levis. C’est une réussite, mais la femme est blessée en s’échappant du château. Au fait, le château est en réalité le Château de Val, dans le Cantal, mais con que je suis, je l’ai mis en Corrèze. Encore une faute de géographie.

Les trois reviennent à Paris pour empêcher un complot de Concini. La reine mère et lui planifient à empoisonner le roi, mais un garde trouve Cagolin avec le vin empoisonné, le boit, et meurt. Il s’avère que la femme mystérieuse, Gisèle d’Angoulême, fait partie d’un autre complot pour mettre le duc d’Angoulême sur le trône.

À la fin, il y a un grand combat entre les soldats de Concini et ceux du duc. Capestang tue Rinaldo, le roi arrive et fait exécuter Concini, et Capestang finit par recevoir la main de Gisèle par ordre du roi. Encore une fois après Le Bossu où je dois regarder Jean Marais, qui ne s’intéressait même pas un peu…laissez tomber. C’est l’un de mes films préférés et je vous le recommande sans question.

Les fichiers du blog

Ce blog donne une fausse impression que je suis bien organisé — il y a toujours des recettes juste à temps pour les fêtes, il y a plusieurs colonnes régulières, et il y a parfois des trucs complètement inconnus qui apparaissent ici. Ça donne peut-être l’idée que je sais faire mes devoirs.

Rien n’est plus loin de la vérité. Presque tous les matins, sauf le mardi quand je sais que le Canard arrivera (ça apparaît à 15h pour moi, minuit en France), je me dis « Punaise, que publierai-je ce soir ? ». Mais je garde deux fichiers qui m’aident à gérer le chaos.

L’un des deux est intitulé « Les Départements ». C’est bien évident que je l’utilise pour le Tour des Départements. Mais ce qu’il contient a bien changé. Voilà une capture d’écran qui ne gâchera rien :

On peut voir que mes recettes sont là, mais aussi des renseignements sur chaque département. C’est pas le cas qu’ils ont tous apparu dans mes articles. Mais quand je lis quelque chose sur n’importe où, je l’ajoute au fichier au cas où j’aimerais la citer. Vous ne pouvez pas la voir, mais il y a une dernière colonne pour me rappeler si j’ai des connaissances qui y habitent.

Alors quand je vous dis que je savais depuis longtemps que je ferais un plat ou autre, c’était déjà enregistré dans mon fichier. La seule chose que j’aimerais changer sur le blog, c’est qu’il n’y a pas assez de noms dans la dernière colonne, pour leur demander des idées.

Mais l’autre fichier, c’est un projet beaucoup plus personnel. Je l’ai récemment partagé avec la personne qui l’a inspiré, alors vous pouvez avoir un aperçu. Très peu après le début du blog, j’ai utilisé l’expression « ça coûte une blinde ». Une amie m’a écrit pour me dire que ça lui a fait rire, à cause d’être inattendu. En fait, je l’ai appris en lisant un groupe ou autre sur Facebook — je ne me souviens plus duquel.

Quelques jours plus tard, j’ai trouvé par hasard la page Facebook d’une prof d’origine française qui habite à Vancouver, Céline’s easy French. Elle publie des posts avec des expressions familières, et quand je les ai lus, je me suis dit « Voilà, j’ai une source ! Si vous pouvez faire rire les vrais français, vous serez sûrement sur la bonne route. » Et ce jour-là, « Des expressions pour faire rire F. » est né. Voici environ 5 % du fichier :

Maintenant, j’ai de nombreuses sources. N’importe quand je vois une telle expression, je la note tout de suite. Mais je n’essaye pas de forcer leur usage. Je dois avoir une raison. Bien que ce soient mes premiers ajouts au fichier, je n’ai pas toujours tous utilisés.

Ces fichiers ont quelque chose en commun — plus qu’une entrée est récente, moins que c’est probable qu’elle soit écrite en anglais. C’est difficile de faire tout ça d’une si grande distance, mais j’essaye de le vivre au maximum tous les jours.

Mon dîner nantais

J’ai eu du mal à décider quoi appeler ce post, vu qu’il n’y a pas de gentilé pour la Loire-Atlantique. Mais bien que notre plat principal soit bien breton, notre dessert est carrément un hommage à Nantes, et surtout à LU. Voilà le sandre au beurre blanc, et le gâteau Napolitain de Laurène Lefèvre. (Mais si je ne l’avais pas déjà publié, j’aurais fait un gâteau nantais.)

Pour le sandre au beurre blanc, j’ai suivi la recette de Cuisine AZ, coupé par deux comme d’habitude. J’ai aussi utilisé du vin Muscadet au lieu de Sancerre parce que c’est le bon vin pour le département, mais les Muscadets disponibles chez moi viennent du Loir-et-Cher, pas vraiment de la Loire-Atlantique. On fait ce qu’on peut. Le sandre n’est pas disponible près de chez moi, mais le sole Pétrale (pas disponible en France) est assez proche. Il y a encore une fois une pénurie d’échalotes ici — je les ai cherché dans plusieurs marchés — alors il n’y en a pas dans mes photos, mais je les ai gardés dans les instructions.

Les ingrédients pour le sandre au beurre blanc :

  • 1/2 sandre
  • 38 + 5 cl de Muscadet
  • 1 belle poignée de petites carottes
  • 1 oignon
  • 1 bouquet garni
  • 1 cuillère à soupe de gros sel
  • 1 cuillère à café de poivre en grains
  • 125 grammes de beurre
  • 50 grammes d’échalotes grises
  • 5 cl de vinaigre de vin blanc
  • 1/4 bouquet de ciboulette
  • Des grains de poivre
  • Du sel et du poivre moulu

Les instructions pour le sandre au beurre blanc :

  1. Dans une poissonnière, faites bouillir pendant 15 min, un litre et un quart d’eau et 38 cl de Muscadet avec les carottes épluchées et coupées en rondelles, l’oignon épluché et émincé, le bouquet garni, le sel et le poivre en grains.

Voilà mon court-bouillon au début de bouillir, au milieu, et à la fin des 15 minutes :

  1. Laissez le court-bouillon refroidir complètement. Rincez le sandre et placez-le dans la poissonnière.
  1. Couvrez et faites cuire pendant 30 min — mais vérifier le poisson fréquemment et utilisez un feu très doux. Quinze minutes avant la fin de la cuisson — vingt minutes si vous n’êtes pas une pieuvre — préparez le beurre blanc et coupez le beurre en petits morceaux.
  1. Epluchez les échalotes, retirez la peau dure et hachez finement les coeurs. Placez ces derniers dans une casserole. Versez le vin et le vinaigre. Faites bouillir doucement jusqu’à ce qu’il ne reste plus que l’équivalent de 1.5-2 c. à soupe de liquide environ.
  1. Placez la casserole dans une autre plus grande, remplie à moitié d’eau à peine frémissante. En fouettant à l’aide d’un fouet à main ou électrique, incorporez le beurre par petits morceaux à la fois. Quand tout le beurre est incorporé, salez et poivrez.
  1. Ajoutez des grains de poivre et la ciboulette émincée. Servez en même temps le sandre et le beurre blanc mousseux. Attention au cuisson — mon poisson était un peu trop cuit. Je l’ai servi avec mon accompagnement préféré, le riz de Camargue.

Le gâteau est un vrai coup de cœur depuis 2 ans. C’est en fait le tout premier dessert de Cook&Record que j’ai fait, en juin 2020. L’aperçu d’un Napolitain en haut de la page ? C’est le mien, plus tard en 2020. Mais pas de produits industriels ici, même si le Napolitain original est un produit bien nantais — sauf les vermicelles, c’est 100 % fait maison. On peut trouver la version originale de Cook&Record sur son site et sur sa chaîne YouTube. (Le texte ici est à moi.) Je suis surpris que je n’en ai pas déjà fait un pour ce blog, mais je veux vous rassurer — je l’ai fait à nouveau pour cet article.

Les ingrédients du gâteau Napolitain :

Pour le gâteau :

  • 4 œufs
  • 200 grammes de sucre roux
  • 200 grammes de beurre
  • 250 grammes de farine
  • 1/2 sachet de levure chimique
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 20 grammes de cacao en poudre

Pour la ganache :

  • 200 grammes de chocolat noir
  • 150 ml de crème liquide entière

Pour le fondant blanc :

  • 75 grammes d’eau
  • 250 grammes de sucre en poudre
  • De l’eau froide

Pour le montage :

  • Des vermicelles au chocolat

Les instructions pour le gâteau :

  1. Dans un grand saladier, mettre les 4 œufs et le sucre roux. Faire blanchir avec une fouette.
  1. Faire fondre le beurre (le micro-ondes suffit), puis l’ajouter au saladier. Fouetter jusqu’à ce que le beurre soit bien incorporé.
  1. Ajouter la farine en deux tranches, et mélanger bien avec la fouette après chacune.
  1. Ajouter 1/2 sachet de levure chimique. Fouetter bien.
  1. Diviser la pâte en trois bols. J’utilise ma balance pour ça — environ 240 grammes de pâte dans chacun.
  2. Dans l’un des bols, mettre 20 grammes de cacao en poudre et mélanger bien. Mettre un 1/2 sachet de sucre vanillé dans chacun des deux autres bols. Mélanger bien aussi.
  1. Beurrer un moule en silicone carré, 18 cm x 18 cm — n’utilisez pas un plus grand moule car il y aura juste assez de pâte pour chacune des couches.
  1. Remplir le moule avec la pâte de l’un des bols et étaler avec une maryse. Enfourner à 180°C pendant 15 minutes.
  1. Répéter avec les prochains deux bols de pâte.
  1. Laisser les trois couches de gâteau refroidir.

Les instructions pour la ganache :

  1. Mettre le chocolat et la crème liquide dans une casserole.
  1. Faire chauffer sur un feu très doux. Remuer jusqu’à ce que vous atteigniez une ganache homogène.

Premier montage :

  1. Étaler la moitié de la ganache sur l’une de couches de gâteau à la vanille avec une spatule. C’est pas important d’être parfait — on va couper les bords plus tard.
  1. Mettre la couche au chocolat au-dessus. Étaler le reste de la ganache sur la couche.
  1. Mettre la dernière couche de gâteau au-dessus. Réserver au frigo pendant la préparation du fondant — la ganache deviendra moins coulante, ce qui vous aidera à la fin.

Les instructions du fondant blanc :

  1. Mettre le sucre en poudre et 75 grammes d’eau dans une casserole.
  1. Faire bouillir sur un feu vif, jusqu’à la température atteint 114°C.
  1. Éteindre le feu et mettre la casserole dans un grand saladier plein d’eau froide. Baisser la température à 75°C.
  1. Mettre le fondant dans le bol d’un robot. Avec la feuille, battre le fondant à vitesse moyenne pendant 10 minutes. ATTENTION — ne faites pas ça trop tard si votre feuille est en métal. Regardez la petite vidéo ici. Vos voisins vont vous adorer si ça se passe la nuit. Moi, je m’en fiche des miens car ils sont des francophobes enragés qui se plaignent quand je joue de la musique d’Indochine.
  1. Ajouter quelques millilitres d’eau au fondant pour le rendre plus fluide.

Montage final :

  1. Sortir le gâteau du frigo. Étaler le fondant au-dessus du gâteau avec une spatule.
  1. Saupoudrer le gâteau avec des vermicelles au chocolat.
  1. Couper soigneusement les bords du gâteau. Attention aux doigts !
  1. Réserver les bords pour le chef. Pas besoin de les jeter, et vous les méritez bien.
  1. Prendre de jolies photos pour partager sur Internet car ce gâteau, il est beau !

Mon habitude méchante

Je dis parfois que je vous adore autant pour vos défauts que vos vertus. Les vertus sont les vôtres, mais les défauts sont en général aussi les miens. Pas celui-ci, mais tous les autres. (Je suis en fait complètement sérieux sur ce sujet.)

Très peu de temps après avoir commencé sur les réseaux sociaux en français, je me suis rendu compte que les Français adorent se corriger mutuellement de la grammaire et de l’orthographe. J’ai pris cette capture d’écran en 2020 ; c’est-à-dire que j’étais au courant :

Inutile de le cacher, même s’il s’agit plus d’une tendance que d’une règle. Je dirais que vous êtes trop gentils avec moi ; c’est vraiment pas nécessaire. Je sais à qui je parle.

De toute façon, il y a un an, j’ai rejoint un groupe privé appelé « Sans l’option Bescherelle ». En photo de couverture, ce groupe a mis une photo gênante :

Source

Mais en fait, c’est faux. Voilà le véritable gros-titre, et un article du Parisien sur le faux :

Source

Ce groupe se moque de tout et n’importe quoi, mais toujours en cachant les identités derrières les captures d’écran. Parfois, les erreurs sont de la façon Internet, où les posts sont presque incompréhensibles :

D’autres fois, c’est de l’ambiguïté malheureuse :

Est-ce qu’ils veulent euthanasier l’enfant ou le chien ? (C’est pas clair si celui-ci est faux.)

Parfois c’est une question d’accord :

Moi, je suis si gêné par mes fautes d’accord que j’ai commencé à me laisser des rappels dans mon calendrier il y a quelques semaines :

Mais souvent, c’est juste méchant. Il y a une faute d’accord ici, mais ça pourrait facilement provenir d’un logiciel plutôt que de la stupidité. La grande majorité des posts sont comme celui-ci :

Pour être clair, je suis aussi coupable que n’importe qui. Au moins je reconnais ce que je suis devenu :

Le meilleur jour du calendrier

Aujourd’hui, c’est la fête de Saint-Justin ([Dis donc, il a été martyrisé à Rome ? Et nous sommes y allés deux fois ? J’ai raté mon opportunité pour suivre la tradition ! — Mon ex]). Ça n’a rien à voir avec le Canard enchaîné (on y reviendra en bas), mais j’ai eu une conversation extraordinaire avec une amie à propos du sujet, alors…

Je l’ai déjà eu sur mon calendrier, parce que je l’ai cherché il y a longtemps. Sinon, ça sert à quoi d’avoir un prénom approuvé par le Premier Consul ? Mais quand mon amie m’a dit qu’elle l’a vu à la télé, pendant la météo, j’étais choqué. Je lui ai répondu qu’on ne verrait jamais une telle chose aux États-Unis. Plus tard, je me suis souvenu qu’il y a une chaîne où ça se passerait, mais EWTN est un produit de l’Église catholique. Il n’y a certainement pas deux telles chaînes.

Nous les américains ne comprenons pas bien la laïcité. Ici, il y a une idée, complètement fausse, que notre Constitution parle d’un mur pour séparer l’état de la religion. Cette idée vient d’une lettre de Thomas Jefferson (lien en anglais), et n’existe dans aucune loi. Mais armé de ce slogan, beaucoup de monde font des crises si n’importe quelle idée religieuse est mentionnée n’importe où. En revanche en France, on y trouve le Sacré-Cœur, une église payée par l’État pendant la Troisième République (je comprends que ça ne se passerait pas encore aujourd’hui). Et je trouve parler des fêtes partout. On parlera plus de ça une autre fois. Au Canard.

Comme la dernière fois où il y avait de très mauvaises nouvelles des États-Unis, je les mets en premier.

Ce qui s’est passé à Uvalde est une tragédie. J’essaye de ne pas faire la polémique ici, alors je m’arrêterai sur ce sujet. (Attention à ne pas dire « faire polémique ».)

Après avoir assisté au plus grand événement dans l’histoire du Stade de France, je galère à comprendre ce qui s’est passé à la finale de la Ligue des Champions. En plus, d’habitude, je ne suis pas toujours grand fan de l’attitude du Canard vers la Reine Elizabeth II, qui se comporte toujours de bonne façon. Mais cette fois-ci, vu ce qui s’est passé juste avant la fête de son jubilé, je comprends :

La variole du singe continue. La semaine dernière, on parlait d’éviter les bananes ; cette fois-ci, défense de manger des cacahuètes. J’aurais plutôt pensé aux éléphants :

Finalement, on parle en anglais des cadeaux qui continuent de se donner. Je suis sûr qu’il existe une expression plus idiomatique en français, mais c’est la seule chose qui me vient à l’esprit en voyant ce dessin. J’ai hâte d’ajouter que je n’ai arrivé à trouver AUCUN article derrière celui-ci.

Pendant mes recherches, j’ai trouvé cet article qui vous fera peut-être plaisir. Et oui, je me sens plus qu’un plus coupable à cause de cette obsession. Il ne m’a rien fait du mal.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Le magazine « Marianne »

À l’aéroport, quand il ne me restait que quelques minutes avant de quitter la France (ça fait mal au cœur de le taper), j’ai décidé d’acheter un magazine de nouveau. Vu les gros-titres piquants dans cette photo, j’ai choisi Marianne.

Si je l’ai bien compris, il y a certains d’entre vous qui ont vu cette photo en disant « Oh punaise, il avait déjà une semaine difficile, et il l’a finie par lire QUOI ? » On dirait que les éditeurs ne sont pas de grands fans des États-Unis. Mais ça ne me dérange pas trop — leur attitude ne dépend évidemment pas de quel parti est au pouvoir, et je peux respecter ça. Qu’est-ce qu’ils ont dit ?

Tout d’abord, à la première page, en se plaignant qu’Élisabeth Borne n’existe pas (c’est-à-dire que l’autrice la considère comme fantoche de M. le Président Macron) :

Quant à se soustraire à l’impérialisme économique américain revigoré par la guerre, Emmanuel Macron fait ce qu’il peut mais manque d’alliés en Europe, seule condition pour s’opposer à l’imposition des normes anglo-saxonnes et à l’extraterritorialité du droit américain.

Cette analyse est plutôt loin du débat aux États-Unis, où on se plaint d’avoir dépensé 40 $ milliards pour les ukrainiens (lien en anglais) pendant qu’il reste une pénurie de formule bébé à la maison. Disons que ça pourrait avoir raison, mais je ne me sens pas trop le J6M moderne. (([Ne vous inquiétez pas. Vous restez le Dark Vador chez moi. L’empereur Palpatine en même temps. Au fait, pouvez-vous arroser mes plantes pendant mes vacances cette semaine ? — Mon ex]) Pour info, cette dernière chose s’est vraiment passée ce week-end, mais en anglais — or vous vous demandez pourquoi je ne veux parler qu’en français. Sans doute, elle ait raison, mais je suis plutôt Mordicus, je crois. Nous jouons du même instrument. (Pour mes lecteurs américains, c’est-à-dire Oscar le Grognard.)

J’ai franchement peur de même essayer d’analyser l’article suivant. C’est clairement écrit d’une façon très ironique, et je ne veux pas me tromper. Disons que c’est aussi sceptique des États-Unis que de l’OTAN.

Mais une fois au-delà de ces colonnes d’opinion, j’ai trouvé le reste du magazine plutôt agréable. Il y a 14 pages consacrées à une analyse du programme de la NUPES, et je l’ai trouvée plutôt prudente. Peut-être trop prudente, car la section du magazine intitulée « Ce que Marianne en pense » est pleine d’analyses genre « d’une part, d’autre part ». Quel changement après le début ! Même quand leurs gros-titres sont un peu dramatiques, comme « Qui met le feu à l’huile de tournesol ? », leurs conclusions ne sont pas complotistes — en ce cas, ils parlent des consommateurs qui augmentent leurs stocks, et des fermiers qui ont commencé à semer ces plantes.

La section appelée « Mieux vaut en rire ! » n’est aucun Canard enchaîné, mais ils essayent. Voilà l’un de leurs dessins ; malgré plusieurs articles sur les masques, je n’ai pas arrivé à comprendre leur avis sur ce sujet. Mais j’ai un peu ri.

La section appelé « Agora » offre de l’espace à des invités pour offrir des rédactions sur de nombreux sujets dont le pouvoir d’achat des fonctionnaires et l’art contemporain. Il m’a semblé qu’ils ont fait des efforts pour inclure une gamme d’opinions. Je n’ai rien à ajouter sur la section culturelle parce que les œuvres dont ils ont parlé ne me sont pas familières.

Wikipédia décrit Marianne comme ça : « Sa ligne éditoriale, souverainiste, antilibérale et laïque, emprunte à la fois à la gauche et à l’universalisme républicain. » Souverainiste est certainement le bon mot ; quant aux autres, je ne suis pas toujours sûr. Est-ce que j’achèterais le numéro actuel la prochaine fois que je suis là ? Certainement.