Je vous ai dit que j’allais traiter ce dîner comme un deuxième dîner parisien. Mais tout comme le Territoire de Belfort, j’ai fouillé parmi les restos du département pour des idées. C’est comment j’ai découvert qu’il y a toute une famille de bistrots dans les Hauts-de-Seine sous le nom Les Bistrots Pas Parisiens. Et quel est le plat le plus bistrot au monde ? Certainement le steak frites. (Ne me croyez pas sur parole — presque toutes les cartes de ce groupe ont une version du plat.) Avec un dessert en direct de Claire Heitzler, la tarte aux figues, c’est un dîner absolument Hauts-de-Seine !
Mais ce groupe de bistrots est en partenariat avec Stéphane Rotenberg, animateur de Top Chef. On a donc besoin d’un hommage à l’émission, d’où notre sauce au poivre pour aller avec le steak. Allons préparer le steak frites — la tarte, étant compliquée, sera publiée demain.
Vous vous attendiez à mon dîner altoséquanais, n’est-ce pas ? Mais ce soir, j’ai dû aller à une collecte pour le lycée de La Fille, et c’était aussi un dîner. Vous voyez, c’est deja la rentrée chez nous.
Je ne peux pas vous dire si c’est la rentrée ailleurs ici. Aux États-Unis, chaque comté a sa propre « school board », une comité de gestion des écoles, et garde son propre calendrier. Chaque état a ses propres règles en ce qui concerne le nombre de jours que les élèves doivent passer aux écoles, mais les dates sont très, très locales. Je vous promets, j’ai grandi dans un pays où la rentrée avait lieu en septembre, les bonbons de Halloween n’arrivaient sur les étagères qu’en même temps, et on pouvait remplir le réservoir de sa voiture avec un billet de 20 $. Je ne reconnais pas du tout celui-ci.
De toute façon, je ne peux pas vous montrer des photos de La Fille prête pour l’école ou le lycée lui-même. Mais, je vais vous raconter quelques anecdotes autour de cette rentrée.
La veille, La Fille m’a demandé de lui préparer un cookie géant. En retour, j’ai demandé si elle voulait celui de Cook&Record ou celui de Péla. Malgré le fait que le premier fait partie de nos vies depuis 2020, elle a choisi le cookie de Péla — pas surprenant car je vous ai dit, c’est mieux. J’ai publié une photo sur Instagram, mais seulement après avoir déjà servi plusieurs parts :
Mais naturellement, sur Instagram, j’ai dû choisir de la musique pour aller avec. Et j’ai choisi quoi ? Ceci :
J’ai mentionné « Sacré Charlemagne » avant, mais sans mentionner comment je l’ai trouvée. C’était mon groupe de nostalgiques des années 80, bien sûr, très tôt en 2020. Je ne suis pas devenu hyper-obsédé de France Gall, mais j’adore que pendant le XXe siècle, on pouvait avoir un tube dont le sujet était un roi du VIIIe siècle. Je ne peux même pas imaginer quelle serait la société anglophone où une telle chose était possible.
Je sais que vous êtes aussi curieux que moi, mais il s’est avéré que La Fille n’a pas été obligée de choisir un prénom français pour utiliser dans sa classe. En 5e, j’ai dû choisir un prénom espagnol, et jusqu’à maintenant, si on crie « Diego » autour de moi, je tourne la tête. Elle ne l’a pas trouvé drôle quand je lui ai envoyé un SMS pour suggérer qu’elle devrait choisir soit Chloé soit Cerise — deux méchantes de Miraculous ! Mais bien qu’Alya commence à devenir populaire, il n’y a personne nommée Juleka (Politologue n’a aucun résultat), et Marinette serait trop évidente. (Il m’étonne qu’il n’y ait pas de jeunes Marinettes en France à cause de Miraculous.)
Alors, la collecte. Une des tendances ici est d’avoir une nuit dans un resto où on montre une affiche aux caissiers, et le resto donne une partie des recettes à une organisation. En ce cas, c’est la fanfare du lycée, à laquelle La Fille s’intègre. La collecte a eu lieu chez Chipotle, une chaîne de restos rapides consacrée aux burritos — c’est une réussite énorme depuis 20 ans, et leur PDG vient de la quitter pour prendre le même poste chez Starbucks. Il s’avère que la chaîne a 6 restos en France (j’aimerais dire « location », mais vous m’avez convaincu que cette bataille est perdue). Puisque Chipotle n’existe chez vous au-delà de Paris et Lyon, j’ai pris quelques photos :
C’est l’intérieur typique de leurs restos — tout est en bois vieilli et aluminium brossé (regardez les tables), car il faut attirer les milléniales et seulement les milléniales :
Quand on commande un burrito, les serveurs mettent une tortilla dans une presse chauffée (l’outil circulaire sur le comptoir). Je ne sais pas pourquoi — les tortillas sont déjà faites, et ce n’est pas assez longtemps pour les réchauffer vraiment :
Puis on passe le long du comptoir avec le serveur — on choisit ses ingrédients et le serveur les met sur la tortilla, puis la plie en burrito à la fin :
J’aimais tellement y aller jusqu’en 2023. Cette année-là, ma commande habituelle est passée de 15 $ à 20 $, et ça, c’est un rapport qualité prix absolument inacceptable. Ça ne comprend ni chips ni service à table, et pour 20 $, je peux aller chez Rodrigo’s, où les deux sont compris et je suis bien aimé par l’équipe.
Mais tout n’était pas perdu. J’ai passé le bonjour au prof, qui a vu que sa nouvelle élève avait une famille qui participe aux collectes. Je veux qu’elle soit la chouchoute du prof, n’est-ce pas ?
Il y a des mois, Langue de Molière a parlé de louer, et j’ai mentionné que ça vient du latin, locare, qui est également derrière le mot anglais, « location ». Sauf qu’en anglais, « location » n’a rien à voir avec louer, et veut dire plutôt « endroit ».
Je reviens rarement deux fois sur le même sujet dans Langue de Molière, mais il y a deux semaines, la traduction de ce mot, « location », est revenue pour me mordre dans le cul, comme on dit en anglais. (Ne me croyez pas sur parole, comme d’hab — « bite me in the rear« . En français, on dit plutôt « retomber sur la gueule ».)
Je voulais vous expliquer dans « Carte postale » que j’avais visité plusieurs magasins de la même chaîne de pharmacies, CVS. (Une activité que je déconseille fortement — de tous les magasins de ce genre aux États-Unis, ils sont le plus voleur.) Mais je cherchais un mot encore plus générique que « magasin », car il n’est pas toujours le cas que les lieux liés à une chaîne sont des magasins. Une banque, par exemple, ou une chaîne de restos. En anglais, on dit souvent « location » pour ce sens générique, mais je savais déjà que l’on n’utilise ni « lieu » ni « endroit » de cette façon. (Mon dictionnaire Oxford est complètement inutile ; peut-être que les britanniques ne le disent pas non plus.)
J’ai donc cherché sur les sites de plusieurs grandes entreprises françaises, sans succès. Chez Pharmabest, on dit « pharmacie », trop spécifique pour mon but :
Chez Leroy Merlin, « magasin » — encore une fois, trop spécifique :
Chez Buffalo Grill, ce que j’approuve fortement car ils viennent de me suivre sur Instagram sans que je les connaisse avant, ils disent « restaurant », qui ne s’applique qu’aux restos :
Chez Crédit Lyonnais, c’est « agence », aussi trop spécifique :
Puis il me semblait que je vous devait une preuve que l’on utilise un tel mot en anglais. Et il s’est avéré une tâche plus difficile qu’attendu !
Chez Home Depot, notre Leroy Merlin, on cherche un store — non, c’est l’anglais pour « magasin », même si on peut y acheter des stores.
Chez CVS, ils disent aussi « magasin » au lieu de pharmacie. D’autre part, si vous voyiez combien d’espace est consacré à la pharmacie et combien à des bibelots, vous choisiriez aussi le même mot.
Finalement, chez Hertz, une marque de location de voitures que je sais existe aussi chez vous, j’ai trouvé ce que je cherchais :
Mais peut-être que vous ne me croirez pas, car c’est…comment dire ça…la location pour la location. Je vous jure, ce mot n’a rien à voir avec la location de voitures ! C’est juste pour dire où trouver leurs endroits pour le commerce.
Je dois dire que cet effort a fini par un échec pour moi, car je n’ai pas trouvé le mot générique que je cherchais en français. Mais c’est aussi une expédition de pêche, car je sais que quelqu’un parmi vous tous — mais je ne sais pas qui — va me dire soit que le mot n’existe pas soit quel est le bon mot.
Mais complètement par hasard, vu que l’on parle de la carte postale, j’ai des nouvelles. Je vérifie le compte Facebook de l’EHPAD tous les jours depuis une semaine, et hier, j’ai enfin appris ce que je voulais savoir :
C’est bien la mienne ! (La 8e photo de leur post aussi.) Je l’ai laissé un commentaire sous la photo, avec un lien vers mon post, et ça m’a mené à une autre bonne nouvelle :
Je doute que beaucoup d’entre vous se souviennent d’avecunaccent, mais elle était une très chère lectrice de la première année du blog. Elle reste une abonnée, mais je crois que ça fait au moins 2 ans depuis la dernière fois où elle a laissé un commentaire ici. Je l’ai mentionnée dans le 1 000e post du blog, et c’était à cause d’elle que j’ai dîné chez Le Procope la nuit du voyage fou (ce qui s’y est passé n’était pas sa faute !). Je suis ravi qu’elle soit passée par ici à nouveau !
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour partager encore une autre histoire d’ambition contrariée.
Je vous ai dit dans le bilan de l’année dernière que je craignais que les statistiques de la balado étaient soit fausses soit exagérées.
Il faut faire face à la réalité. D’une part, il y a ça :
D’autre part, il y a ça, ce que je n’ai jamais vu avant lundi :
Je crois que Spotify a enfin réglé l’erreur que je craignais, où chaque visite d’un navigateur a été traité comme une lecture. Si j’ai raison, la situation est encore pire que je ne le croyais.
J’ai le cœur brisé. Vous voyez chaque semaine un fichier disponible dans un lecteur, mais derrière ça, il y a 3-5 heures de travail tous les dimanches pour trouver des blagues, écrire mes gros-titres, enregistrer le tout, et l’éditer. Malgré le manque total d’un budget et de l’aide, je crois que c’est un podcast produit au plus haut niveau possible sans ingénieurs ni le droit à de la musique.
J’ai lancé la balado pour pratiquer ma prononciation autant qu’autre chose, et je n’ai pas envie d’abandonner ce but. D’autre part, il m’étonne à quel point elle n’a pas réussi à trouver son public. Vos suggestions sont les bienvenues.
Après les nouvelles d’hier, il me faut commencer avec une autre nouvelle. J’ai fait mon dessert altoséquanais samedi pour une soirée tarot de l’OCA. Ce sera une des plus grandes réussites du blog quand vous le verrez. D’autre part, il faudra l’attendre, car je dois patienter le retour de La Fille chez sa mère mercredi pour préparer le reste du dîner. Après tout, on mange publie toujours le plat principal avant le dessert, n’est-ce pas ?
Au fait, à cet événement on a enfin remarqué le son de mes SMS. Elle pensait qu’elle hallucinait !
J’ai une plainte contre M. Tony Estanguet. Où est donc passée ma France ?!?
J’ai aussi une plainte contre le reste de vous tous. Vous avez donné au monde la fausse idée qu’un si grand événement peut aller sans partir complètement en vrille. Après cette cérémonie de clôture, maintenant les JO viennent chez moi. JE N’EN VEUX PAS. Vous n’avez pas assez donné à manger aux athlètes, mais au moins en France, vous avez des transports publics qui fonctionnent. Le métro de LA n’existe guère, et les embouteillages sont légendaires. Comment est-ce que cette ville-là accueillera les JO ? Aucune idée. Et où est-ce que les criminels iront quand l’état les sortiront de Los Angeles ? Oui, Orange County.
L’irréductible râleur, c’est à cette adresse .fr, M. Estanguet.
Ça dit « Le boulanger vient de France, la farine vient de Paris, le pain vient du Ciel ». Ah oui ? Y a-t-il beaucoup de champs de blé à Paris, c’est ça ? Personne ne publierait une telle bêtise si tout le monde ne voulait pas entendre que la France et Paris sont identiques. Alors que nous approchons de la fin du Tour — ça pèse sur moi — je peux au moins dire avec fierté que je ne suis plus sensible à ce genre de pub.
D’autre part, si on m’offrait un voyage juste à Paris pour visiter uniquement les Galeries Lafayette Haussmann et/ou le Printemps du Goût, je l’accepterais sans plainte. Le mot clé, c’est « offrait » — je ne payerais plus un si court aller-retour.
Si vous êtes blogueur et non pas seulement lecteur, sachez que Google à commencé à sortir vos pages de son index, suite à une mise à jour en mai au nom de lutter contre le spam. Et les petits sites en plus. Voici ce qui m’arrive depuis juin ; ce sont les pages « découvertes mais pas indexées » — toutes sont de vrais billets :
Si vous savez utiliser Search Console, je vous recommande de demander qu’ils rajoutent vos contenus. J’ai déjà commencé à faire ça.
Notre blague traite d’une blonde pas comme les autres. Nos articles sont :
BONJOUR, les amis ! Ici Descarottes. Hier, c’était le meilleur jour de ma vie. Connaissez-vous la chanson de Noël « It’s the Most Wonderful Time of the Year » (C’est le temps le plus merveilleux de l’année) par Andy Williams ?
Pas d’excuses, vous devriez au moins connaître M. Williams car il s’est marié avec l’actrice française Claudine Longet. De toute façon, je chante maintenant « C’est le jour le plus merveilleux de ma vie » sur sa mélodie, car hier était si, siDÉLICIEUX. Encore plus que ces croquettes :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? » vous demandez au cobaye de Beverly Hills. Alors vous souvenez-vous sûrement des mésaventures du gros avec son ordinateur, non ? Gardez ça dans la tête.
Hier après-midi, il a enfin nettoyé ma cage pour la première fois en neuf jours. Ça devrait être tous les jours pour une star comme moi, mais c’est si difficile de trouver un bon majordome de nos jours. Alors, il a demandé à La Fille de m’enlever de la cage, car il a trop peur pour le faire lui-même. Oh, comme j’attends ce moment depuis deux jours. Pourquoi ? Parce que j’avais déjà vu ce qu’elle allait découvrir. Excusez-moi un moment.
([BWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! — Moi])
Elle m’a enlevé de la cage, puis m’a apporté à la boîte où ils me gardent quand c’est le temps de vider la cage. Cette boîte se trouve à côté de la table dans la salle à manger. Là où il prend toutes les photos de la nourriture, mais aussi où il travaille sur son ordinateur quand il doit l’ouvrir. Puis elle a crié, « Papa, tu ne vas jamais croire ce qui est dans la boîte ! »
Ouais. C’était le câble perdu ! Il l’avait mis de côté en travaillant sur le vieux boîtier, puis il l’a poussé à travers la table en travaillant sur le nouveau. Je l’ai vu tomber, mais je n’ai rien dit. C’est le plus grand TLBM (tu l’as bien mérité) de tous. Les. TEMPS.
Ce qui est vraiment drôle, c’est qu’il vient de se faire livrer un remplacement, où les frais de livraison lui ont coûté plus cher que le câble ! Pourquoi ? Parce que le seul magasin pour ces trucs à moins de 30 km de chez lui ne les a pas — seulement des rallonges ! Les seuls moyens de les avoir sont d’acheter une alimentation, car les câbles vont avec, ou de les commander sur Internet.
Ça lui apprendra à ne pas nettoyer ma cage tous les jours ! Il aurait trouvé son câble deux jours plus tôt s’il avait l’habitude !
Au fait, j’ai une autre histoire pour vous raconter. La Fille lui a fait une farce. Elle lui a envoyé un texto pour lui demander comment écrire « je m’en fiche », en disant qu’elle ne connaissait pas la bonne orthographe. Lisez leur conversation ; elle apparaît sur les fonds gris :
Vous voyez comment il fait avec seulement moi et La Fille à la maison ? Et aucune adulte pour compatir ! Hihihihihihihi !
Aujourd’hui, j’ai fait quelque chose d’inhabituel — j’ai amené La Fille et 4 de ses amies à l’Orange County Fair, la Fête foraine du Comté d’Orange. Je ne peux pas poster des photos avec les enfants, mais ne vous inquiétez pas, j’ai planifié pour exactement ça.
Au lieu d’utiliser une traduction plutôt longue, je vais juste l’appeler l’OC Fair, comme on dit en anglais ici. Si ce qui suit vous paraît un peu familier, nous étions au même endroit l’année dernière pour visiter Centennial Farm.
La tradition de ce qu’on appelle « county fairs » est bien établie partout aux États-Unis, mais surtout au Midwest, car elles sont fortement liées à l’agriculture. Originalement, le but de ces événements était de servir en tant qu’exposition pour les agriculteurs. On jugerait les animaux et les légumes élevés par les producteurs, et c’était une forme de publicité pour eux. Mais avec du temps, des fêtes foraines ont apparus aux côtés des expositions, et de nos jours, bien que les producteurs viennent toujours, les horaires sont au profite des opérateurs des attractions. Je vous montrerai exactement de quoi je parle en bas.
Commençons donc avec les attractions. Chacun de ces trucs peut être plié pour transporter dans un ou plusieurs camions. On est loin du niveau de ce que l’on trouve chez Disneyland, mais les attractions des « fairs » ont leur propre charme :
Il y a un genre d’attraction très populaire aux États-Unis, dit « log flume ». Ça vient de l’industrie forestière, car c’était souvent le cas que l’on mettrait les grumes sur les rivières et les laisser flotter jusqu’aux villes où les scieries se trouvaient. Je ne suis pas fan, mais on les trouve partout à ce genre d’événement :
Vous n’hallucinez pas, ils appellent leur grande roue « La Grande » :
Un autre truc populaire est ce que l’on appelle une « funhouse » (littéralement « maison de divertissement »). Mon dictionnaire dit « palais des miroirs », et il y a souvent plein de miroirs au-dedans, mais pas seulement ça. Il y a souvent des choses effrayantes ou des défis physiques, comme des sols qui bougent. Remarquez les décorations avec des personnages dont les opérateurs n’ont certainement pas les droits d’auteur :
Il y a aussi tout genre de jeu où on pourrait gagner des peluches si les jeux n’étaient pas truqués :
Mais la chose pour laquelle les « county fairs » sont mieux connues, c’est la nourriture…hors de commune. Tout est géant, frit, ou une combinaison des deux. Regardez d’abord les « Twinkies frits », un Twinkie étant un petit gâteau fourré d’une « crème » 100 % artificielle :
Aimeriez-vous une pizza aux cornichons et aux Cheetos ?
Peut-être des cuisses de dinde vous tentent ?
Ou des horreurs à base de poitrine de bœuf, avec des frites. Ouais le panneau dit « sundae » avec du porc, du poulet, ou de la poitrine de bœuf :
Les « corn dogs » sont des hot-dogs frits dans une pâte de maïs :
Ils sont prêts à servir :
On y trouve aussi tout genre de cookies — frits, avec de la glace, etc. :
Je vous ai tourné un clip des environs :
Pour ceux qui ont des goûts mexicains, il y a des boissons dits « micheladas », de la bière avec du jus de fruits, des épices (surtout des piments), et du chamoy, une sauce de piments au vinaigre. Ici, le panneau dit « michelaguas » — les aguas frescas (eaux fraîches), étant un genre de jus de fruits :
Peut-être que je vous préparerai un « funnel cake », une sorte de pâte à beignets pochée dans de l’huile de friture :
Une des choses que l’on trouve à ces fêtes foraines, c’est des produits « artisanaux » pour emporter. J’étais anciennement fan des cinnamon rolls, mais c’était à 30 $ pour une boîte de 6, surgelés pour enfourner à la maison. À 45 $, ils peuvent les garder ; j’en préparerai mes propres !
Vous souvenez-vous de ce que j’ai dit en haut, que les fêtes foraines sont gérées pour les opérateurs d’attractions plutôt que les producteurs ? Sur les parois de la boutique de cinnamon rolls, il y a l’horaire annuel de son circuit. Vous pouvez y lire les noms de toutes les fêtes foraines en Californie — pensez-vous qu’il y a vraiment des producteurs qui veulent montrer leurs légumes en février ? Non :
Haute résolution en cliquant afin de le lire plus facilement
Mais j’ai une surprise pour vous pour terminer ce billet. Les filles ont déjeuné après la fête foraine, car elles étaient choquées par les prix — honnêtement, ce sont des enfants hyper-responsables malgré le fait qu’elles ont tous 14 ans. La Fille a des amies de qualité. Ce n’est pas la surprise ; je vous le mentionne juste pour expliquer le cadre de la photo suivante. Je vous ai dit lundi qu’un ami m’avait envoyé un cadeau. Je le porte dans cette photo. Cliquez si vous avez du mal à lire le t-shirt ;
En écrivant sur les Hauts-de-Seine, j’ai mentionné l’entreprise Louis Vuitton plusieurs fois. Aujourd’hui, je vais vous partager mon petite histoire avec eux. Ça va vous surprendre un peu, car s’il y a quelque chose pour laquelle je ne suis pas connue, c’est la mode.
Revenons d’abord aux années 80. Connaissez-vous la Coupe de l’America, une compétition de voile ? Pendant plus de 130 ans, cette trophée appartenait au New York Yacht Club, qui la défendait tous les 4 ans contre tout et n’importe quel challenger (sérieusement, il n’y a pas un mot d’origine française pour ça ?) de l’étranger. Eh bien, jusqu’à mes 7 ans. En 1983, l’homme le plus controversé de ma ville natale de San Diego, Dennis Conner, l’a perdue aux australiens. Cette même année-là, la coupe du concours pour gagner le droit de participer à la compétition, a été créée, la Coupe Louis-Vuitton.
Le concours de la Coupe Louis-Vuitton a lieu dans la même ville que la Coupe de l’America. Alors, vu qu’un club australien l’a gagnée en 1983, en 1987, les coupes de Louis-Vuitton et de l’America ont été gagnées à nouveau par M. Conner. (Vous n’avez aucune idée à quel point cet homme était détesté pour être la première personne à perdre face à une équipe étrangère dans l’histoire de la compétition. En plus, il n’avait vraiment pas assez d’argent pour ce sport.)
Alors, en 1992 et 1995, la Coupe Louis-Vuitton a eu lieu chez moi. M. Conner ne faisait pas partie de ces concours, étant le gagner de la Coupe de l’America en 1987 et 1992. Mais en 1995, il l’a perdue à nouveau, et depuis ce temps-là, San Diego n’a plus jamais fait partie de l’histoire de la voile. (Les équipes américaines sont désormais contrôlées par un milliardaire de Silicon Valley, Larry Ellison. Il a l’argent.)
Mais pendant une belle décennie, le nom Louis Vuitton et ses dessins, surtout le célèbre « Monogram », étaient partout à San Diego. Des panneaux d’affichage à partir d’un an avant le concours, des expositions au havre, près du club où les concours ont eu lieu — vous avez l’idée. J’ai bel et bien absorbé l’idée que la France était synonyme du luxe.
J’essaie parfois de vous convaincre que vous êtes beaucoup plus prestigieux aux États-Unis que vous ne le pensez. Je ne crois pas que c’était juste moi avec mes chefs-idoles et Louis Vuitton. Cependant vous étiez dans ma tête comme personne d’autre.
Puis, j’ai laissé tout tomber. Cette histoire est assez répétée ici qu’il n’y a pas besoin de la revisiter. Sauf pour une chose.
Je crains souvent que vous pensez tous que je suis une sorte d’homme riche et c’est loin de la vérité. Alors j’ai caché cette histoire depuis longtemps, et vous ne trouverez aucune photo de ce qui suit ailleurs sur Internet, au moins pas avec moi. Mais dans un acte de folie en 2013, après mon divorce, j’ai fait une bêtise que j’ai attendu les Hauts-de-Seine pour partager.
J’ai un « look » habituel depuis 30 ans déjà — des chemises façon « Polo » (plus souvent de la marque du même nom, mais pas toujours), des jeans, et soit des chaussures de la marque Ecco soit des baskets de la marque New Balance. En Californie, ça dit plutôt clairement « professionnel mais pas avocat, docteur ou comptable ». (Mais attention, nos avocats ne s’habillent pas en costumes avec des cravates non plus.)
Je ne me suis pas précipité pour plonger dans les applis de rencontres une fois séparé de Celle Qu’Il Faut Obéir (connaissez-vous les nouvelles de Rumpole par John Mortimer ?) en 2010. Il a fallu deux ans pour finaliser le processus, et je ressentais comme s’il serait trompeur d’essayer jusqu’à la fin, même si j’aurais préféré descendre en Enfer que revenir vers le cauchemar. Mais j’ai vite décidé qu’il me fallait faire quelque chose pour me rendre plus intéressant. J’ai donc commencé à hanter le magasin de Louis Vuitton à South Coast Plaza. Là, j’ai vu le plus beau coupe-vent au monde. Je me suis dit « Allez, vous allez économiser pour ça, et oui, il sera probablement parti le temps que ça arrive, mais peut-être qu’il y en aura un similaire. »
Je ne vais pas vous dire combien il a coûté, mais il m’a fallu deux ans et un peu plus. En janvier 2013, je suis revenu chez Louis Vuitton, et quel miracle, c’était toujours là ! J’ai pris une photo pour vous, mais pas avec moi :
J’espérais qu’avec ça, des têtes tourneraient. J’avais tort. (Ça m’étonne, là où Les Real Housewives d’Orange County a été tourné.) Je le porte parfois pour dîner chez Quattro Caffe, mais je vous promets, j’ai bien appris la leçon — on ne peut pas acheter de l’attention de cette façon.
Ni avec les pâtisseries non plus, mais c’est tout autre histoire.
Je travaille à la maison pendant au moins une partie de la semaine depuis 20 ans déjà. Alors ça fait longtemps où au-delà des ordinateurs portables fournis par mes employeurs, j’en construis aussi mes propres. Si on sait ce que l’on fait, on peut atteindre une machine beaucoup plus puissante que celles vendues par les HP et les Dell du monde pour moins d’argent.
Sauf que.
Sauf que quand quelque chose de mauvais arrive à votre ordinateur, c’est qui le responsable ? Vous l’êtes. Qui doit tout réparer tout seul ? Ouaip.
J’ai vu quelques problèmes à travers les décennies, mais ce qui est arrivé cette fois est spécial. Je n’ai pas la moindre idée du comment. En quelque sorte, le bouton d’alimentation est devenu coincé, et en allumant l’ordinateur, la moitié du temps le truc ne s’allume que brièvement, puis s’éteint. Mais à cause de ça, quand il s’allume correctement, il croit à chaque fois qu’il y avait un désastre et je dois le convaincre autrement. J’ai donc décidé de remplacer le boîtier.
Cependant, ça m’a apporté ses propres problèmes, et à cette heure, il m’en reste un. Revenons au début du processus. Merci de ne pas laisser des commentaires qui contiennent le mot « poussière » en parlent de l’ancien boîtier — je le sais déjà.
D’abord, faisons brièvement le tour de l’ancien truc. Il y a plein d’espace partout, dont assez pour jusqu’à 4 lecteurs de DVD ou Blu-Ray si j’en voulais. (Un me suffisait.) L’alimentation est plus qu’assez — jusqu’à 1200 watts. Le truc dans la dernière photo est un refroidisseur pour processeur liquide — sans lumières stupides. Je n’ai plus 15 ans, et je suis un professionnel, merci. (On devrait expliquer ça aux manufactures.)
Voici l’intérieur du nouveau boîtier avant le début. C’est beaucoup plus petit, et il n’y a plus d’œillets en caoutchouc.
Quelque chose d’intéressant qui n’était pas sur le vieux boîtier — un filtre en bas contre la poussière. On peut le retirer pour le nettoyer. Je vous rappelle — je sais :
J’ai commencé par brancher les câbles à l’alimentation :
Puis, j’ai dû tirer les câbles vers l’autre côté et installer la carte mère et le refroidisseur. Pouvez-vous voir ma première erreur ? Un câble s’attache en haut de la carte mère, à gauche. Avec tout l’espace avant, ce n’était pas un problème, mais maintenant, le refroidisseur bloque l’accès. J’ai donc dû retirer les 8 vis, brancher le câble, et connecter le refroidisseur à nouveau.
Mais quelque chose d’autre ne va pas. Je remarque que je manque d’une prise pour la carte graphique. Je branche un autre câble à l’alimentation et me félicite pour m’en avoir souvenu :
Puis je me rends compte que la prise pour le ventilateur du processeur est bloqué par le refroidisseur. Je me gronde, retire les 8 vis, branche le ventilateur et installe le refroidisseur à nouveau. Encore.
Les deux prises des autres ventilateurs du boîtier sont faciles à trouver, étant en bas de la carte mère :
Je sais que je vais le regretter, mais j’installe la carte graphique et la carte son :
Et pourquoi est-ce que je le regrette ? La carte son, en bas, ne me laisse pas beaucoup d’espace pour la prochaine étape — brancher les saloperiesépingles du système. Vous voyez les 20 épingles au milieu en bas ? Ouaip.
D’abord, 2 prises qui prennent chacune une épingle, juste pour la lumière qui montre que l’ordinateur est allumé :
Puis, deux de plus pour allumer et éteindre le truc :
Finalement, deux qui vont ensemble pour réinitialiser la machine. On a besoin des doigts d’une fée pour ça, et j’en suis loin :
Finalement, je branche les deux prises pour les ports USB :
C’est le temps de tester la machine. Et le message qui me salue ? « Éteins la machine et brancher les deux prises de la carte graphique ».
Oh pu…naise. Il me manque encore un câble. Mais cette fois, je suis perplexe. Il n’y a plus de câbles qui connectent aux bonnes prises de l’alimentation. J’ai tout vérifié plusieurs fois. Je sais exactement quel câble acheter, et je le ferai plus tard aujourd’hui, mais ça n’aurait pas dû arriver.
En écrivant cet article, j’ai appris quelque chose d’autre. Je n’aimerais pas essayer ça sans parler anglais. Je suis allé sur le site d’Asus, le fabricant de ma carte mère, pour rechercher les bons mots pour certaines choses. Voici la page d’assistance en français. Il n’y a aucun manuel en français.
Cette histoire de câble manquant me dérangera longtemps. J’ai un don, je vous dis !
Langue de Molière est en retard car on s’est endormi en l’écrivant.
La semaine dernière, je vous ai dit que j’allais écrire sur le mot préféré de La Fille. Après tout, ce n’est pas un secret qu’à partir de 2020, je lui ai appris certaines expressions impolies, car les enfants profitent de ce genre de connaissance. Bien sûr, j’ai oublié que j’avais déjà noté son amour de « n’importe quoi ». Mais on parle certainement d’un autre parmi ce que vous les anglophones appellent « le best of ».
Plus la nouvelle année scolaire approche, plus je rappelle La Fille de ne pas utiliser ces choses à l’école. Étant ado, je sais qu’elle sera gravement tentée. Mais c’est une chose si on hurle « Connard ! » contre un autre chauffeur quand nous sommes dans la voiture ; c’est autre chose si son prof l’entend. Pourtant, elle adore « connard » — il y a tant de monde qui le méritent (on a beaucoup de Tesla ici, pour une chose), et il y a toujours un frisson quand on utilise un mot étranger dans une conversation et personne ne le connaît.
Mais récemment, dans un fil de mon groupe d’utilisateurs de Duolingo, je me suis trompé en l’expliquant à quelqu’un qui avait demandé sur « con ». J’avais répondu que c’était tronqué de « connard ». Un ami m’a écrit en MP pour me dire que ça venait en fait dans l’autre sens, que « con » est le mot original et se combine avec « -ard ».
Honnêtement, en quelque sorte j’ai raté que « -ard » est productif. On le trouve dans un gentilé — savoyard — et il y a « vieillard » et « clochard », mais de tout ça, j’en tire au pire que « -ard » veut dire « un type qui est quel qui arrive devant le suffixe ». Et c’est un peu ça, mais il faut le gérer soigneusement. Le Trésor nous dit tout d’abord :
Suff. péj. formateur d’adj. ou de subst. qualifiant ou désignant des personnes
En premier, c’est donc péjoratif, et il y a plein d’exemples qui va avec : bâtard, béquillard, pantouflard, etc. Le Trésor signale en plus que la base n’est plus toujours évidente : « cafard », par exemple, part du mot arabique « kafir » C’est un infidèle, ça !
Ne me croyez pas sur parole, le Trésor dit ailleurs que :
Empr. à l’ar. « incroyant » qui prit le sens de « converti à une autre religion que la sienne », d’où « faux dévot », proprement part. prés. de kafara « être incroyant », le suff. péj. -ard* ayant remplacé la finale insolite.
Quand on ajoute « -ard » aux adjectifs, le résultat peut être soit nom soit adjectif ; par exemple, « connard » :
C’était intéressant d’apprendre que l’on peut échanger -ard avec -eux en tant que suffixe. Pourtant, si on m’avait donné « tubard » avant, je n’aurais jamais deviné qu’il est venu de « tuberculeux ».
Cet article est un véritable mine d’or genre le capitaine Haddock, avec une centaine de mots que je connaissais pas, souvent introuvables dans mon pauvre dictionnaire Oxford. On y recherche sans succès pour « bafouillard », « amusard », et « songeard » — mais pour ce dernier, les éditeurs à travers la Manche auraient dû faire plus d’attention. Après tout, voici l’exemple du Trésor :
Je remarque qu’à la fin, il n’y a pas de sens péjoratif quand « -ard » va chez les animaux. Un « têtard » n’est que les larves des batraciens, qui comprennent les grenouilles et les crapauds. Un épaulard — bien que j’aie du mal à trouver ses épaules — n’est que l’orque, ce que l’on appelle à tort une « baleine tueuse » (killer whale) en anglais. Mais, et c’est ici où j’ai honte de ne jamais l’avoir remarqué, qu’est-ce que l’on appelle l’espèce qui caquète, ou cane ?
Un canard.
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Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de mes problèmes de location.