Archives de l’auteur : Justin Busch

Avatar de Inconnu

A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Je découvre les Hauts-de-Seine

On continue maintenant le Tour avec le 92, les Hauts-de-Seine. C’est le département le cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment altoséquanais. C’est notre cinquième séjour en Île-de-France.

J’ai visité les Hauts-de-Seine pendant une heure à la fin de mon tout premier voyage en France, et je veux revisiter ce moment ici, alors on va finir exactement où vous pensiez que l’on devrait commencer, d’accord ? En ce qui concerne l’ordre de la visite, Hauts-de-Seine est le département le deuxième plus petit par superficie et tout est connecté par les transports publics, mais j’ai essayé de suivre le plus court chemin sauf à la fin.

On va commencer à la Fondation Louis Vuitton (3 étoiles Michelin), juste à quelques pas de Neuilly-sur-Seine. Ce choix est bien justifié car Louis Vuitton lui-même appartenait aux Hauts-de-Seine et je ne pouvais pas l’inclure dans le billet de Paris. En plus, c’est l’office de tourisme qui la revendique. (J’invite les nouveaux lecteurs à cliquer ici pour un fou rire à cet égard.) De toute façon, le musée abrite, dans le cadre d’un bâtiment signé Frank Gehry, une collection impressionnante d’artistes modernes, tels que Jean-Michel Basquiat et Yayoi Kusama. Et si ça aide l’entreprise à vendre des sacs à main à 5 000 € signés par les mêmes artistes (lien en anglais), tant mieux. Au sud, à Boulogne-Billancourt, on visite La cité de la céramique (2 étoiles), manufacture de la porcelaine de Sèvres depuis trois siècles. Le musée lié à la manufacture abrite des collections à travers les siècles et de partout au monde.

L’autre chose à voir à Boulogne-Billancourt est le Stade Roland-Garros et le Tenniseum (1 étoile). Là, on peut explorer l’histoire du sport du jeu de paume jusqu’aux Internationaux de France. On croise le Pont de Billancourt vers Issy-les-Moulineaux, où en tant que joueur de tarot ainsi que de belote, je suggère le Musée français de la Carte à jouer, qui couvre des cartes didactiques ainsi que ludiques. À Clamart, la Fondation Arp (1 étoile) était anciennement l’atelier des artistes Jean Arp et Sophie Taeuber, et abrite plus de 1 400 de leurs sculptures, peintures, et dessins. Puis, on visite Mont-Valérien (1 étoile), ancien ermitage devenu forteresse, puis site de crimes allemands contre la Résistance. De nos jours, il abrite le Mémorial de la France combattante. (Comme souvent, je pleurais en recherchant ça.)

Notre prochain arrêt est le Domaine national de Saint-Cloud, anciennement le domaine d’un château qui appartenait à Catherine de Médicis, jusqu’à sa destruction aux mains des Voisins pendant la guerre de 1870. De nos jours, on visite son musée, sa Grande Cascade, et ses jardins. Puis on passe à Rueil-Malmaison, site du Musée national du Château de Malmaison. En plus d’être le château de Napoléon, puis Joséphine, Malmaison est l’inspiration des plus beaux couverts au monde (à mon avis), les Malmaison de Christofle. On la visite pour voir un côté de la famille impériale un peu moins dispendieux qu’à Versailles ; néanmoins, avec des meubles et du décor digne de son statut.

On passe par Nanterre et ses brioches pour visiter Asnières-sur-Seine pour la Maison et Atelier de Louis Vuitton. C’est la seule fois dans la vie où on dira « Louis Vuitton » et « gratuite » dans la même phrase, mais oui, les visites guidées sont gratuites tous les week-ends. (Les photos, pas autant.) Le château d’Asnières est un petit joyau du XVIIIe siècle, et toujours en train d’être renouvelé, mais on peut visiter le rez-de-chaussée.

On finit à Courbevoie, dans le célèbre quartier de La Défense (2 étoiles). C’est ici où j’ai monter la Grande Arche (2 étoiles) pour voir le lieu de tournage de mon clip préféré d’Indochine, Un été français, même si j’ai presque raté mon avion pour le retour en exil. (La première référence à Elbe ici ne date qu’à 10 mois plus tard, mais l’idée a commencé ce jour-là.) C’est ici où on trouve le moment le plus triste de tout le blog — les larmes sont 100 % réelles. Appréciez ce que vous avez, les amis. Si vous n’êtes pas aussi pressés que moi ce jour-là, faites une balade autour de l’Esplanade et regarder « l’Open Gallery », une collection d’œuvres d’art en accès libre.

Qui sont les personnages les plus connus des Hauts-de-Seine ? Il faut absolument commencer avec le soleil autour duquel ce blog tourne, Louis de Funès, né à Courbevoie (Ludovic Cruchot aussi). Louis Vuitton, le nom mondial du luxe, avait ses ateliers à Asnières-sur-Seine, où il est mort. Héroïne du blog et chanteuse Véronique Sanson est née à Boulogne-Billancourt, ainsi que légende de l’écran France Rumilly, banquier Edmond de Rothschild, chanteuses Sandrine Kiberlain et Zazie, et acteurs Thierry Lhermitte et Camille Cottin. Sainte-Geneviève est née à Nanterre. L’immortel Bernard Blier est malheureusement décédé à Saint-Cloud. Le sergent-chef Chaudard Pierre Mondy est né à Neuilly-sur-Seine. Chanteuse Marie-Flore est née à Clichy. Pâtissière légendaire Claire Heitzler a son atelier à Levallois-Perret.

Que manger dans les Hauts-de-Seine ? On parle d’un département presque complètement développé. Keldelice relie 6 produits de terroir avec le département car il faisait partie de l’ancien Hurepoix, mais chaque mètre carré du département vaut plus en tant qu’immobilier que ferme. La soupe cressonnière, liée à la région, n’est plus fabriquée à base de cresson élevé ici ! (Et on a déjà fait une recette très proche de ça pour l’Essonne.) Il y a de nombreux artisans de qualité qui se trouvent dans le département, où Claire Heitzler est certainement la plus renommée, mais je vais traiter les plats parisiens comme ma source cette fois. Pour boire, il y a quand même plusieurs brasseries locales, dont Rive Droite Rive Gauche, Bière Mont-Valérien et la Brasserie Nemeto.

Saison 3, Épisode 21 — À travers l’Atlantique avec Thomas Dutronc

On continue la marche vers la fin du Tour. Vous le ressentez aussi ? Demain, je publierai le 92, les Hauts-de-Seine. Je crois que l’on finira l’Hexagone début septembre. La fête de la fin du Tour attend pourtant la fin de l’Outre-mer. En plus — et c’est gênant car j’ai eu 4 ans pour y penser — je ne sais pas comment je veux la faire. J’ai planifié la fin du dernier bilan il y a longtemps, mais je me sens comme s’il me faudrait faire quelque chose de plus grand. J’ai un effort en cours, mais vos idées sont aussi les bienvenues.

J’ai mentionné la bière suivante dans les commentaires ici il y a des jours. Alors, voici la preuve qu’elle est bien réelle, prise par moi chez Walmart. C’est tout ce qui reste du plus grand nom de bière aux États-Unis, car Anheuser-Busch s’est vendu à l’entreprise belge InBev pour devenir AB InBev. (Ne la cherchez pas si vous venez ici ; c’est de très mauvaise qualité.) Non, nous ne sommes pas liés — cette famille Busch vient de l’Allemagne, et mes racines sont toutes en Europe de l’Est.

Je viens de recevoir un cadeau de mon ami dans la Somme. C’était complètement inattendu. Il me faut garder les photos privées jusqu’à ce qu’il voie la note que je lui ai laissée en MP ; je n’aimerais pas qu’il clique ici et pense qu’il n’a pas été le premier dans ma tête après ça. Mais une fois de plus, je dois vous dire que vous êtes tous vraiment les meilleurs — j’ai toute une liste d’histoires inattendues comme ça, et de nulle part ailleurs.

Deux photos de plus de cette semaine pour vous rendre bouche bée. J’étais chez Ralphs, mon pas super-marché, le 31 juillet, et ils avaient sorti les bonbons…d’Halloween. À ce point, je m’habitue à les voir le 1er septembre, mais on a sauté tout août ! Ouais, « pistolet contre la tête », comme dirait Jim Cramer (notre plus célèbre animateur de la télé en ce qui concerne les bourses), c’est moins nul que la Saint-Valentin avant le Réveillon. Mais à peine.

Je suis à trois semaines de la réunion qui a lieu tous les 5 ans à mon ancien lycée (il y en a une chaque année pour toutes les classées séparées par 5 ans). J’entends parler que l’on ne fait pas ça en France, mais c’est très commun aux États-Unis. J’espère que l’ancienne prof de français sera là ; elle m’a dit la chose la deuxième plus gentille que l’on m’a jamais dit il y a 10 ans (#1 vient d’une amie en France — je n’oublie jamais un beau geste). Elle n’a jamais répondu à mon effort de la contacter pour la montrer le blog, mais je sais d’une connaissance en commune qu’elle est toujours là. Il n’y a personne au monde entier où j’ai plus envie qu’elle voie ce que je fais ici.

Notre blague vient de la Russie des tsars et traite des impôts. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Chaise Pliante, Oups, et Cactus.

Sur le blog, il y a aussi Les Guignols de l’info, sur l’ancienne émission de ce nom, C’est le 1er, version août 2024, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, et Mon dîner essonnien, le velouté de cresson et le fondant au miel et aux noix.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Je découvre Thomas Dutronc

On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec un des musiciens qui a apparu sur scène avec Eddy Mitchell, Thomas Dutronc. Ça fait deux mois depuis notre dernière entrée dans cette série, pas du tout attendu !

(Attention aux lecteurs hors France : j’ai dû utiliser un logiciel VPN pour regarder la majorité des clips en me faisant passer pour un résident de France — non, encore plus que d’hab. Il y a un risque qu’ils ne soient pas disponibles dans votre région sans de l’aide.)

Thomas Dutronc (à droite), Photo par
Benoît Derrier, CC BY-SA 2.0

Thomas Dutronc est à une couronne près d’être de la noblesse dans la musique française, étant le fils de deux légendes, Françoise Hardy et Jacques Dutronc. On penserait que ses parents auraient tout préparé pour lui, mais en fait, il n’a pas appris la guitare, son instrument principal, jusqu’à ses 18 ans, inspiré non pas par ses parents, mais par Django Reinhardt.

J’étais absolument fixé par sa voix pendant « La Dernière Séance » des 30 Ans de Taratata, alors j’avais plus hâte d’écrire ce billet que les délais ne suggéraient. C’est intéressant à noter que ses premiers pas dans « l’industrie » ont été en tant qu’écrivain pour son père avec « À part ça » en 1995. Il me semble q’il n’a pas joué ni chanté pour l’enregistrement. Pendant la décennie à suivre, il a écrit de la musique pour plusieurs films, dont Toutes les filles sont folles en 2003 (gagnant du prix de meilleur bande originale au Festival de Paris-Île de-France, et Les Enfants en 2005. Il a aussi joué sur des albums de sa mère, notamment 4 pistes de l’album Tant de belles choses en 2004. Si j’ai bien compris les crédits, c’est Thomas en tant que soliste sur la guitare électrique de 1:00-1:20 dans « La folie ordinaire » :

Mais c’est seulement en 2007 où un album enregistré sous son nom voit le jour, Comme une manouche sans guitare. C’est une réussite absolue — 425 000 exemplaires vendus, 2 fois nominé aux Victoires de la musique en 2008, et gagnant d’une Victoire en 2009 pour la chanson du titre. La voilà :

J’adore. Si les choix de production me semblent un peu bizarres — il y a trop d’échos pour sa voix — la mélodie est séduisante et son travail avec sa guitare est de première classe. Écoutez son solo à partir de 0:50 — fortement dans la tradition du jazz et à haut niveau technique. J’aime aussi « J’aime plus Paris », qui n’a pas d’effets bizarres pour sa voix, et tous les mêmes points forts :

Il suit cet album en 2011 avec Silence on tourne, on tourne en rond. Si c’est moins d’une réussite que son début, il vend quand même 185 000 exemplaires. C’est un album un peu plus électrique, à ne pas dire électronique (on ne parle pas de synthétiseurs), que son prédécesseur.

Je n’ai absolument aucune idée de ce qui se passe dans le clip pour « Turlututu », mais la musique reste très agréable :

Par rapport aux deux premiers albums, son Éternels, jusqu’à demain doit être considéré un échec, même s’il reste quand même un disque d’or de 55 000 exemplaires. « Croc madam », écrit pour lui par Matthieu Chedid, est simplement bizarre :

Chez les yé-yé, une reprise d’une chanson de Serge Gainsbourg, est bien fait — et oh là là, mais la batterie sonne en direct des années 60 — mais ça ne sonne pas comme le Thomas Dutronc des deux premiers albums. Mais je suis paradoxalement fier de lui pour celle-ci ; on en reparlera à la fin.

Même quand il sonne comme lui-même, avec son titre original « J’me fous de tout », il y a un manque de l’énergie des deux premiers albums. C’est agréable, mais l’expression « je t’emmerde » n’est pas censée être aussi agréable que ça !

En 2020, il sort Frenchy, un album de reprises de chansons françaises, souvent en duo ou en trio avec des collaborateurs inattendus. Voici Iggy Pop et Diana Krall — les deux autrement déjà dans ma collection — avec lui pour « C’est si bon » :

J’ai halluciné « La Vie en Rose » avec Billy Gibbons, non ? Le M. Gibbons de ZZ Top qui a chanté La Grange :

Sur le même album, il fait pour Daft Punk ce que Paul Anka a fait pour Nirvana :

Je ne peux pas mentir, j’ai le même sentiment ici qu’ailleurs — à mon avis, vous avez les plus belles voix au monde, mais je préfère vous écouter en français.

Son dernier album est en duo avec son père, Dutronc et Dutronc, sorti en 2022. Je dois avouer que je me trompe depuis 4 ans déjà — je croyais que « L’opportuniste » était à Indochine ! Ça m’apprendra à lire les crédits !

Je n’ai pas envie de critiquer cet album, qui a vendu seulement 50 000 exemplaires aussi. Quand on voit les deux ensemble, comme sur Taratata, il est évident qu’ils ont dû le faire en ce moment-là ou jamais — Dutronc père n’a pas âgé comme Eddy Mitchell.

Mais c’est ça la raison pour laquelle j’ai dit que j’étais fier de Thomas Dutronc pour « Chez les yé-yé ». S’il voulait être l’enfant de népotisme, il aurait enregistré un album en 1995 intitulé « Yé-yé moderne », en duo avec chacun de ses parents, une chanson en trio, le tout aurait vendu 1 million d’exemplaires, et vous n’auriez plus jamais entendu parler de lui. Il a fait son tout pour gagner sa propre place, dans un style très différent de ses parents, et il n’a pas revisité leurs carrières jusqu’au moment où il a vraiment eu la sienne. J’ai tout le respect au monde pour son parcours.

Que dire enfin ? Si je suis honnête, sa voix est plus plaisante que puissante, mais en tant que guitariste et auteur, il ne doit d’excuses à personne. J’ai profité énormément de cette expérience, j’irais à ses concerts avec plaisir, et si « je ne prendrais pas l’avion », je serais ravi de le retrouver pendant un voyage d’une semaine.

Ma note : J’achète l’intégrale.

Mon dîner essonnien

Il y a des dîners compliqués sur ce blog, et parfois des moins compliqués. Bienvenue à l’un des moins compliqués. Je sais, si proche de Paris, c’est impossible à croire, mais en fait, ce dîner est plus typique de ce que j’imaginais au début (vous pouvez oublier tout ça pour Hauts-de-Seine). Alors, voici le velouté de cresson de Méréville et le fondant au miel du Gâtinais et aux noix :

Évidemment, à cette distance, je ne peux pas acheter les produits des terroirs nommés. Mais ça vous donnera la bonne idée. Allons les préparer !

Lire la suite

Carte postale

En 2021, juste après le lancement du blog, j’ai reçu une demande d’une amie, d’envoyer une carte postale à une école primaire. J’ai écrit sur ça pour ce blog, mais je n’ai jamais reçu une réponse. Peu importe, j’ai profité de l’expérience.

Mercredi soir, j’ai vu une demande similaire de mon amie qui écrivait anciennement sous le nom d’ytrezaa. Bluesky ne marche pas avec WordPress, alors voici une capture d’écran :

Source

J’ai vérifié que ce post existait vraiment sur Facebook et n’était pas ancien — il a été posté mercredi matin. Alors, je suis allé pour acheter une carte postale. Et c’est là où les problèmes ont commencé.

Il me semble que j’ai une idée trompeuse de la disponibilité de cartes postales en France. Partout où je vais, c’est un endroit touristique, alors pas surprenant que les magasins sont pleins de bibelots pour les touristes, dont les cartes postales. Si j’allais au village de Sainte-Nulleparte, je ne m’attendrais pas à ce que le bureau de tabac stocke des cartes postales.

Cependant Elbe-en-Irvine, c’est la grande nulle part — notre population dépasse celle de Strasbourg ! Nous n’avons rien que les mêmes magasins dans une vingtaine de centres commerciaux identiques, aucun bâtiment digne du mot « intéressant » et aucun musée ou œuvre d’art — mais pourquoi est-ce que ça devrait nous empêcher de souhaiter le traditionnel « Wish you were here » des cartes postales américaines ? Cette salutation n’a aucun sujet, alors elle pourrait railler le destinataire, comme à Hawaï — « Tu souhaites que tu sois ici (car je suis quelque part de génial, gnagnagna) » ; ou elle pourrait être une malediction, comme à Tyson’s Corner en Virginie — « Je souhaite que tu sois ici (car je ne vois pas pourquoi je dois souffrir tout seul) ».

Évidemment, je considère qu’Elbe-en-Irvine est plus similaire à Tyson’s Corner, une ville de même âge que la mienne et qui existe seulement pour héberger des dizaines de milliers de fonctionnaires qui « travaillent » à Washington, D.C.

J’ai donc commencé par aller chez Barnes & Noble, la seule librairie de la ville. La moitié d’un magasin B&N est consacré à jouets et d’autres choses qui ne sont pas de livres, et l’autre moitié contient seulement les sorties les plus récentes. C’est nul, mais ils ont tué toutes les autres librairies du pays, puis Amazon les a poussés au bord de la faillite. Alors oui, on y va pour chercher des cartes de vœux, de la papeterie et ainsi de suite. Mais rien.

J’ai donc essayé chez Whole Foods, le supermarché d’Amazon. Après tout, ils ont aussi de la papeterie, et sont à côté de la librairie. Rien.

J’ai essayé Ralphs, mon pas super-marché (merci à jamais, Agathe). Rien.

J’ai essayé l’épicerie le dépanneur d’une station-service. Rien.

J’ai essayé deux magasins de notre plus grande chaîne de pharmacies, CVS. Finalement, la deuxième fois, j’ai trouvé 3 cartes postales dans une petite étagère consacrée aux bibelots californiens. Et seulement une carte avait même de vraies photos de l’état plutôt que des dessins. Je l’ai donc achetée. Voilà :

Je suis tout de suite allé au bureau de poste pour l’envoyer en France. Un timbre destiné à l’étranger coûte 1,65 $, et je n’ai payé que 0,50 $ pour la carte elle-même. Alors ce n’était pas grand-chose. Sûrement vous voulez voir ce que j’ai écrit :

Haute résolution en cliquant

Bon, je le rendrai plus facile :

Bonjour les amis,

Je suis américain mais une amie m’a montré votre demande sur Facebook. Je vous passe le bonjour d’Irvine, en Californie du Sud. On est très proches de Disneyland et le Pacifique. Notre ville n’existe que depuis 1971 — jeune même pour les É-U. Je suis blogueur qui écris quotidiennement sur la France (justinbusch.fr) et c’est un grand plaisir de faire votre connaissance. Bonne journée!

Justin Busch

Ouais, j’aurais dû écrire « du Pacifique ». Et j’ai mal compris que « Thaon-les-Vosges » était le nom de la ville, plutôt que Thaon, Les Vosges.

Ben oui, je l’ai fait juste pour la publicité pour le blog. Comme je dis souvent à La Fille, afin de me comprendre, il faut toujours chercher la pire explication. Si je lui fais un dessert, c’est pour la rendre diabétique. Si je le fais pour ses amies, c’est afin qu’elles le disent à leurs parents et mon ex en entende parler. J’écris le bulletin de l’OCA juste car j’aime épater les sceptiques. C’est absolument dingue, ce que je fais juste pour être méchant et égoïste. Pouvez-vous voir que j’ai passé 4 heures en compagnie de quelqu’une mercredi ?

Sincèrement, j’espère que je recevrai un retour. Je garde toutes les cartes et les lettres que je reçois des Français (pas seulement celle-ci), et je les considère parmi mes possessions les plus précieuses.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version août 2024

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Une brève nouvelle personnelle : on aura bientôt enfin la réunion où je deviendrai officiellement le responsable du bulletin de l’OCA. Nous sommes tous juilletistes ici, voire juiniens, alors c’est seulement maintenant où le bureau peut se réunir.

Au fait, hier était le 110e anniversaire de Louis de Funès.

Nouveaux à moi :

Les habituels :

Actif ailleurs :

Vide à l’instant.

À encourager :

Rien de nouveau chez Un Esprit Sain Dans Un Corsage, Bibliofeel, La tête dans le panier, Carnets d’une plume, Maman Lyonnaise, Planète Opalie, Je suis sur la route, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Bessie’s Bazaar, Planète Vegas, Grain de Sable, Bonheurs culinaires, Les souris de Paris, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Plaid

Pour le 14 juillet, il y avait une instruction dans un courriel de l’OCA qui m’a laissé tout perplexe :

Apportez également vos chaises pliantes , votre plaid, votre bonne humeur et n’oubliez pas de vous habiller aux couleurs de la France (bleu, blanc et/ou rouge) ! [Caractères en gras à moi]

Plaid ?!? Ces écossais et leurs jupes kilts, c’est ça ? Dites-donc, j’ai bien aimé Highlander avec son écossais joué par Christophe Lambert, mais c’est plutôt difficile de trouver une jupe pour hommes un kilt en « bleu, blanc et/ou rouge ». Toutefois, comme vous dirait La Fille, je préfère mourir plutôt que demander de l’aide (je suis un homme, c’est juste comment on fait). J’ai eu un moment de plein panique en recherchant dans mon dictionnaire Oxford :

Tout ça veut dire que l’on parle seulement du motif et des vêtements Puis je me suis rendu compte que j’avais recherché dans mon dictionnaire comme si c’était un mot anglais. J’ai changé à l’autre sens et trouvé le bon mot :

Ah, une couverture. Exactement comme, euh… comment dire ça… celle sur mon lit pendant une décennie chez mes parents en grandissant, aussi avec un motif plaid. Mais on ne pense pas particulièrement aux couvertures comme si elles ont un motif en commun. Étant beaucoup plus proche de l’Écosse, je suppose que vous achetez beaucoup plus de leurs produits dans ce secteur.

Mais ça m’a rendu curieux. Qu’est-ce que je trouverais dans mon dictionnaire comme traduction française pour le mot typique en anglais, « blanket » ? Pas de plaid, apparemment :

Vous savez que j’adore mon dictionnaire, je le cite souvent, mais c’est vraiment un moment où je comprends ce qui George Bernard Shaw est censé avoir dit « L’Angleterre et l’Amérique sont deux pays séparés par une langue commune » (lien en anglais). Je reconnais certains usages de « blanket » ici, et le dernier, lié à la physique nucléaire, dépasse mes connaissances. Mais on dit apparemment un tapis de fleurs ou de mauvaises herbes, et je ne peux pas me souvenir d’un exemple où on parle de « a blanket of flowers ». Je l’ai recherché en anglais, et au-delà d’une espèce de fleurs dite « blanket flowers« , pas la bonne chose, un tapis de fleurs en anglais est apparemment quelque chose liée aux pompes funèbres (voilà, voilà, et voilà). Je suis ravi de ne pas l’avoir connu !

Mais j’ai aussi appris une expression idiomatique britannique de cette façon. Je savais déjà qu’en anglais, on dit que quelqu’un est « a wet blanket », littéralement une couverture mouillée, quand on est un rabat-joie. Celle-ci n’était pas une nouveauté pour moi. Cependant, mon dictionnaire dit aussi qu’en anglais britannique, on dit qu’une personne est « né au mauvais côté de la couverture », « born on the wrong side of the blanket », si on est un enfant illégitime. Je suis absolument certain que je n’ai jamais entendu cette expression avant.

Tout ça, c’est à dire que si j’apporte une ouverture au prochain pique-nique, elle n’aura pas de motif. Je veux arriver à la distinguer des autres.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler du mot français préféré de La Fille.

Les Guignols de l’info

Facebook a récemment commencé à me montrer des clips d’une série dont j’avais entendu parler, mais jamais vu. Évidemment, vu le gros-titre, je parle des Guignols de l’info. Encore une fois, ça me rappelle pourquoi j’appelle Canal+ le Graal. Cependant, j’ai souvent l’impression de regarder la version française des articles sur le cricket en anglais — la langue est censée m’être familière, pourtant je ne comprends qu’un peu.

Les Guignols, Photo par Arnaud 25, CC BY-SA 3.0

Je dois tout d’abord avouer que ces clips exigent exactement ma pire compétence — reconnaissance des visages. Et ce n’est pas un problème seulement car je n’ai pas régulièrement vu les bonnes personnes — je ne me souviens pas de quelle est laquelle parmi les amies de La Fille non plus. (Une d’entre eux porte un chapeau, alors pas de problème — pour le reste, je dois éviter les prénoms en priant qu’elles les disent.) Mais l’autre problème, c’est que ces clips jouent avec des faits que l’on n’apprend pas des journaux étrangers.

Alors, le premier que j’ai enregistré, c’était celui-ci :

Je crois que c’est M. le président Hollande, et que c’était probablement tourné quand les X-Men étaient à la hauteur de leur popularité il y a une décennie. Mais honnêtement, il ne me semble pas particulièrement gros, et j’ai du mal à comprendre pourquoi il serait dépeint de cette façon. Peu importe, je suppose — il reste drôle car Wolverine avec des fourchettes, c’est une image hilarante !

Un autre dans le cadre de l’émission « Fort Boyard », ce que je n’ai jamais vu. Évidemment, c’est de la télé-réalité, telle qu’elle est. Cependant, je n’ai aucune idée si c’est fidèle à l’émission, ni la personnalité de M. Chirac non plus. J’imagine que oui, car l’émission a duré 30 ans, et c’est difficile à croire qu’elle aurait connue tant de succès sans un pied dans la réalité. Mais je ne dirais jamais que je le sais.

J’ai enfin trouvé un clip — plutôt long — sur un sujet que je connais très bien, Michael Jackson.

J’ai complètement perdu la tête vers 7:05, quand l’animateur a dit, en parlant d’une poupée « pour une fois, ce sont les enfants qui vont jouer avec Michael Jackson ». Ah. Vous avez clairement tout entendu. Pour lui donner la réplique, connaissez-vous sa chanson «D.S. » ?

Il s’agit de l’histoire d’un vrai salopard nommé « Dom Sheldon ». Mais si on l’écoute attentivement, il chante clairement « Tom Sneddon« , le nom du procureur qui lui a mis en examen à cause de ses activités avec des enfants (pour lesquelles il a été jugé non-coupable). Ce n’est pas un billet sur M. Jackson en soi, mais je dirais que vu les contenus, Les Guignols n’avaient peur de rien.

Je ne sais pas à quel point j’ai envie de poursuivre cette découverte. D’une part, il me semble une excellente source pour la culture de son époque. D’autre part, bien que je n’aie pas peur de poser des questions ici, je peux voir où ça gonflerait rapidement, et ce n’est pas mon but. Mais même si Les Guignols de l’info se révèle être trop de devoirs, il y a toujours Groland :

Saison 3, Épisode 20 — Vive Las Vegas

Connaissez-vous la chanson d’Elvis Presley, Viva Las Vegas ? Écrit pour un film du même nom, c’est d’où notre gros-titre pour cette semaine. Comme souvent, le titre en français n’a rien à voir avec l’original — « L’amour en quatrième vitesse » — malgré le fait qu’une traduction exacte n’a besoin que d’un changement d’une voyelle.

J’essaie d’éviter la polémique ici, et surtout quand on parle de la France, pas les États-Unis. Et je n’écris que rarement sur le sport, alors les JO ne feraient pas partie du blog quand même. Mais à tous ceux qui disent que le spectacle de vendredi ne s’est pas moqué de la Cène, j’aimerais bien voir l’art grec qui utilisait des auréoles en forme de cercle, comme on a vu cette fois.

Laissez tomber cette scène-là, le discours autour d’elle me décourage. Des deux côtés, pour être clair. Tout ce que peux ajouter de plus ne servirait qu’à me creuser un joli trou. En plus, d’autres choses dans les coulisses du blog m’ont récemment brisé le cœur en ce qui concerne la France. (Et non, car je sais que je dois le préciser, rien à voir avec une relation romantique.) Alors je vous offre mes excuses pour un billet court.

J’ai quand même trouvé une blague pour la semaine ; tel est mon attachement au devoir.

Notre blague traite de la chirurgie cérébrale. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Apple Valley, Santé et Authenticité.

Sur le blog, il y a aussi Vegas à la parisienne, des photos de l’hôtel Paris, Bonbons à gogo, nos visites à de nombreuses boutiques de bonbons, et La magie de Vegas, notre grande balade du deuxième jour.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur AppleGoogle PlayAmazonSpotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis laissés sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Mes plaintes, édition désert

Ce ne serait pas une histoire de vacances de Justin sans finir avec des plaintes. Et croyez-moi, j’en ai.

D’abord, c’était beaucoup plus cher qu’attendu. Le prix annoncé pour la chambre était 35 $ la nuit — mais je suis sorti avec une facture de plus de 220 $. Pendant des décennies, il n’y avait pas de frais pour se garer aux hôtels. Depuis la dernière fois, ça a changé partout, 20-30 $ le jour dans n’importe quel hôtel. En plus, il y a les soi-disant « resort fees » (frais de station), censés être pour le wifi, les spas et d’autres choses — et en flèche jusqu’à 50 $ la nuit. Las Vegas n’est plus bon marché en été.

Il y a longtemps — et heureusement, j’ai conservé le bon lien — M. Jours d’humeur a écrit « Ce qui se passe dans les Deux-Sèvres reste dans les Deux-Sèvres ». Ça m’a étonné, car je n’avais aucune idée que le slogan de Las Vegas était connu en dehors des États-Unis. Mais qu’est-ce qui veut dire vraiment ce slogan ? C’est que l’on peut faire des bêtises là-bas sans conséquences, mais il y a une différence entre « j’ai trop mangé au buffet » et…d’autres appétits.

On a pris un raccourci par une rue parallèle au Strip pour marcher entre les hôtels Trump et Resorts World. C’était une erreur ; ce quartier est aussi chaud que celui du Moulin Rouge. Le panneau en gros-plan fait de la pub pour des accessoires érotiques ; en arrière-plan, un autre panneau promet la plus grande exposition d’art érotique au monde. J’ai profité de devoir expliquer tout ça.

Pendant notre dîner chez Mon Ami Gabi, j’ai pris la photo suivante, mais en fait, on a vu des dizaines de ces camions qui traversent le Strip jour et nuit pour faire de la publicité pour de tels services. Saviez-vous que la prostitution est légale (lien en anglais) dans le Nevada ? Pourtant, ce n’est pas légal à Las Vegas soi-même, et la pub en bas est un exemple de comment on évite la loi.

En principe, le panneau dit « Compagnes directement à toi ». (Je ne sais pas si j’ai choisi le meilleur mot pour traduire ça, mais mes sources les plus réputées dansent autour de cet usage, et il y a des limites à ce que je rechercherai.) C’est parfaitement légal aux États-Unis d’embaucher quelqu’une afin de vous accompagner à n’importe quel événement, pour faire semblant d’avoir un rencard. Et si l’ambiance devenait chaud pendant l’affaire et on se retrouvait au lit, ce n’est l’affaire de personne, n’est-ce pas ? Et si le rencard avait lieu entièrement chez l’homme qui avait embauché la femme…vous voyez où je vais ? Les lignes entre un service légal et la prostitution deviennent floues plutôt vite.

Mais encore pire quand on est là avec un enfant, et vous comprendrez pourquoi je n’ai pas de photos pour ça, c’est ceux qui vous approchent dans la rue avec des cartes de visite. C’est pour les mêmes services, bien sûr, mais ils s’en foutent de vous voir avec un enfant. J’ai dit « non » à ces gens — sans les remercier — à nombreuses fois pendant nos balades. J’étais ravi de découvrir que c’est apparemment la seule bonne chose qu’une autre personne a à dire sur moi — ma fille m’a dit que sa mère lui avait déjà parlé d’exactement ça, et lui avait dit que j’étais de bon caractère. À cet égard.

Maintenant, on tourne la page afin de me plaindre de la dernière chose à laquelle vous vous attendiez. Désolé, La Fille.

Une des vraies joies d’aller à Vegas, c’est tous les restos par des chefs renommés. C’est comment je me suis retrouvé chez Picasso en 2012, c’est pourquoi je suis allé chez L’Atelier de Joël Robuchon, ainsi que d’autres que je ne vous ai pas racontés. Je ne mange pas comme ça à la maison, mais anciennement, j’aimais y aller 1-2 fois par an pour vivre de façon complètement différent de ma quotidienne. Cette fois, quand ce n’était pas les hot-dogs, j’ai dû choisir des restos qui sont des choix sûrs pour un enfant. Je ne vous l’ai pas dit hier, mais Mon Ami Gabi (là pendant 25 ans déjà) n’a rien de spécial. C’est super de regarder les Fontaines du Bellagio de sa table, mais en France, on trouverait sa cuisine hyper-touristique. Et ça nous mène à ma dernière plainte.

Pourquoi est-ce que j’ai arrêté d’y aller seul ? Pour la même raison qu’y aller avec un enfant est décevant. Si on ne s’intéresse pas aux « escorts », Las Vegas est pour les couples. J’ai réussi mes deux buts principaux, bien sûr — montrer la route à La Fille, et vous donner le goût d’y visiter. Mais la vieille tristesse était bel et bien de retour. Je voulais y être avec quelqu’une de mon âge, et je ne sais même pas qui.