Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le Nougatti

J’étais chez myPanier il y a des jours pour acheter des trucs pour mon dîner seine-et-marnois. Mais à chaque fois où je suis là, j’aime acheter quelque chose que je n’ai toujours pas goûté. Cette fois, c’est le bonbon dit « Nougatti ». Ceux qui ont suivi mes aventures nougatesques ne peuvent pas être surpris.

Mais si vous avez suivi mes critiques des nougats (bon et mauvais), vous savez qu’il faut dépasser une haute barre (en nougat) pour être recommandé ici. C’est cher de voler en France à chaque fois où on a envie de nougat, et je dois donc savoir que ce que je mets dans ma valise vaut la peine.

Ce paquet m’a coûté environ 10 $, soit 9,50 € en ce moment. (Pas mal — c’est plus typiquement 8 €. Je devrais faire des achats chez la FNAC !) C’est moins que deux barres d’un bon nougat de Montélimar, et chocolaté en plus. Alors, comment est-il ?

Je regrette de vous dire que je n’arrive pas à les recommander. C’est la deuxième fois de la vie où j’ai dû apprendre à manger une sorte de nougat, l’autre étant le nougat dur. Les Nougatti font mal aux dents et aux muscles aux côtés de la tête à moins que l’on prenne un tout petit morceau à chaque bouchée. D’une part, ça sert à garantir que l’on ne mange pas le tout trop vite ! D’autre part, je m’attends à ce que je profite des bonbons, pas en avoir peur !

Quant au goût, le chocolat n’est pas mal. Par contre, le goût du nougat ne va pas. Je n’ai pas les bons mots — même pas en anglais ; sinon, je les chercherais dans mon dictionnaire. Je me demande s’ils sont restés un peu trop longtemps sur l’étagère ; j’imagine que ce n’est pas très populaire parmi les clients qui ne sont pas déjà de grands fans de nougat.

Ce n’est pas en fait mon achat le plus décevant. Parmi la nourriture, le nougat de Suprem’Nougat reste pire. Au moins le chocolat n’est pas mal, et je n’ai même pas pu dire ça avec l’autre. Toutes catégories confondues, le « gagnant » reste le troisième volet des Visiteurs, sans doute le pire produit culturel qui est jamais sorti de la France. Dites-donc, ils ne peuvent pas tous être super, n’est-ce pas ?

Saison 2, Épisode 30 — L’amour aux temps de la colère

Alors, cette semaine aurait pu mieux aller, n’est-ce pas ?

À mon avis, le blog peut devenir très sombre de temps en temps, mais la balado doit rester une source d’optimisme, car elle ne sort qu’une fois la semaine. C’est donc pourquoi j’ai décidé d’enregistrer quelque chose de complètement différent. Langue de Molière y apparaît, parce que c’est toujours drôle — SILENCE, vilain cobaye ! — mais au lieu des articles tristes, ou ceux qui ne marchent pas sans leurs médias, je parle de bonnes nouvelles récentes et certaines choses qui apparaîtront ici plus tard. J’ai enregistré cette partie sans scénario, juste quelques notes, alors c’est le moi le plus authentique que vous aller entendre. Je suis curieux de votre avis.

J’ai rien dit ! Il est si méchant !

Mon gros-titre est un calembour sur le roman de Gabriel García Márquez, L’Amour aux temps du choléra. (En fait, il ne l’a pas appelé ça du tout ; je l’ai lu sous le titre « El amor en los tiempos del cólera ». Je suis en général fan de García Márquez, mais ce roman m’a donné l’idée la plus stupide de ma vie, que c’est peut-être raisonnable de patienter 50 ans pour la bonne personne. Je n’ai pas envie de me plaindre plus cette semaine ([Qui êtes-vous ? Justin, où est-il ? — M. Descarottes]), alors si je vous parle plus de ce roman, il serait dans un post sur tout García Márquez, non pas seulement ce roman.

Alors, je vous ai dit la dernière fois que je croyais que l’on aurait avoir des nouvelles de Laurence Manning cette semaine. En fait, je les ai déjà sues, mais j’ai dû les garder secrètes jusqu’à vendredi. Elle a annoncé son prochain album, celui auquel j’attends depuis quatre ans :

©️Materia Collective

L’album est enfin la collection de musique de la série de jeux vidéo Castlevania sur laquelle elle travaillait juste avant le confinement, quand Konami, l’entreprise qui publie Castlevania, a suspendu l’effort. Il est maintenant disponible à précommander, à écouter sur Spotify, ou à télécharger sur Bandcamp. Vous serez surpris à apprendre que je l’écoute en boucle ce week-end, et le recommande fortement — mais ma critique sera quand même un peu différente de ce à quoi vous vous attendez.

Notre blague traite des belges ; celle de la semaine prochaine sera à l’envers. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Notre article est :

Sur le blog, il y a aussi : Vivir mi vida, sur la version espagnole de « C’est la vie » par Khaled, La connerie à l’américaine, ma plainte sur l’accueil des attaques, Le trilingue le plus drôle au monde, sur les clips de Loïc Suberville, Le Silence des bruyants, ma plainte sur l’accueil d’encore plus d’attaques, et La soirée belote, ma première fois de jouer à ce jeu de cartes.

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La soirée belote

Ce soir, j’étais à une nouvelle activité de l’OCA, une soirée du jeu de cartes « belote ». Au-delà des publications du groupe, je ne le connaissais pas du tout. Mais il restait plusieurs places disponibles, alors je me suis dit « Pourquoi pas ? » C’était un bon choix.

La belote n’est pas trop compliquée, surtout par comparaison avec le tarot. On joue avec seulement les cartes supérieures d’un jeu : 7-10, l’as, et les 3 visages. Les atouts peut être n’import quelle couleur, pas comme le tarot avec ses atouts dédiés. Je l’ai appris assez vite.

Comme toujours à ces événements, un dessert est allé avec moi. C’est ma carte de visite. Je ne vais pas vous dire ce que j’ai fait, parce que c’est mon dessert seinomarin. Disons que c’était très bien accueilli, et j’étais ravi à découvrir que je suis en fait déjà un peu connu pour ça. Deux autres invités parlaient de ma grande production pour le soiree cinéma en mars. Un des invités s’est souvenu de mes macarons pour le marché de Noël. Ça me fait plaisir. Je me sens toujours comme s’il y a du monde qui se méfie de moi — pourquoi veux-je m’intégrer dans un groupe d’expatriés ? — et les desserts m’aident à les convaincre que je m’intéresse vraiment à la culture.

Honnêtement, je n’arrive pas à imaginer quel serait mon escroc. « Bonjour, vous avez tous soit 20 ans de plus soit 15 ans de moins que moi. Alors je ne suis pas ici pour jouer le brouteur, mais je suis quand même louche. » C’est bien logique, ça. ([Il est quand même louche, d’accord. — Mon ex])

Mais je dois vous dire, ce groupe m’a vite adopté, bien que la moitié d’entre eux ne me connaisse pas avant. J’ai appris le jeu, personne n’avait pas besoin de parler lentement, et le temps que je les aie quitté, c’était comme si on se connaît déjà depuis longtemps. Je les ai déjà fait une promesse que la prochaine fois, j’apporterai des macarons. Vous savez que je ferai mon tout pour livrer quelque chose à la hauteur de leurs souhaits. Vraiment, la formule n’est pas difficile !

Le Silence des bruyants

Je me souviens bien de 2020. Pour moi, c’était une meilleure année que pour beaucoup de monde. C’est largement à cause du fait que j’étais chanceux d’avoir acheté assez de PQ juste avant le virus pour ne pas m’inquiéter pendant les mois de pénurie (c’est une histoire 100 % vraie). Mais aussi un peu parce que j’ai appris le français, découvert Indochine et de Funès pendant la même semaine, bla-bla-bla. Mais largement le PQ.

Mais je me souviens très bien de cet octobre pour deux des mêmes raisons que vous tous. Je n’oublierai jamais le meurtre de Samuel Paty, où je me demandais pourquoi beaucoup de mes amis avaient posté cette image partout :

J’ai reconnu la fonte parce que même aux États-Unis, « Je suis Charlie » était célèbre. Il est souvent le cas que nous ne savons rien de ce qui se passe en France, à moins qu’il se traite de Vanessa Paradis pendant son mariage avec Johnny Depp. Mais l’attaque contre Charlie Hebdo a servi pour sortir certains des ombres, comme on dit en anglais. Nous avons bien appris qui disait « Je crois à la liberté d’expression — mais aussi aux conséquences », comme si des crimes ne le sont plus si on est offensé.

Je pense au linguiste le plus célèbre au monde, Noam Chomsky, prof du MIT, qui a pris l’opportunité (lien en anglais) — pour critiquer Charlie Hebdo pour avoir licencié le caricaturiste Siné. Le professeur Norman Finkelstein a fait la comparaison (lien en anglais) entre Charlie et Der Sturmer, un journal des Nazis — et a dit « Je n’ai pas de sympathie ». Le magazine Jacobin — je ne plaisante pas, c’est un magazine américain — a aussi trouvé (lien en anglais) l’affaire Siné beaucoup plus d’un problème que les meurtres. Et ces gens se croient des défenseurs de la liberté d’expression.

Environ dix jours après le meurtre de Samuel Paty, le procès de l’attaque de 2015 a commencé. J’ai acheté le numéro spécial de Charlie en anglais — le seul que j’ai acheté — pour mieux comprendre. Cette fois, je n’ai rien lu aux États-Unis. On l’avait oublié.

Alors, hier matin, je me suis réveillé pour découvrir qu’un ami en France m’avait envoyé un lien vers un article sur le meurtre de Dominique Bernard, encore une fois un prof. Parce que je suis bien au courant du fait que ce meurtre était lié aux demandes du Hamas, je l’ai mentionné à mes amis. Du silence.

Et je trouve ce silence curieux. Les bruyants, avec leurs drapeaux de la semaine et leurs anathèmes réguliers et leurs questions sur vos loyautés, n’ont plus rien à dire. Je vous ai déjà dit ça. Mais pour Samuel Paty et Dominique Bernard ? Sûrement il n’y a aucune « nuance » quant à ces meurtres.

J’ai remarqué une grande différence entre la France et les États-Unis pendant ces trois dernières années. Depuis 2009, quand j’ai rejoint Facebook, je n’ai jamais publié un avis partisan, un choix fait exprès. Parmi mes amis francophones, je vois le même comportement — je ne peux pas vous dire qui a voté pour qui, parce que personne ne dit rien. C’est presque la même chose avec la religion — je crois que je sais qui sont les croyants, mais je devine, car personne ne dit rien. Aux États-Unis, si vous ne déclarez pas vos « équipes », je vous rassure — on va vous les demander, et pas forcément poliment. Vous n’avez jamais vraiment vécu l’expérience américaine jusqu’au moment quand un ami vous dit que vous n’avez pas le droit de manger dans une chaîne de restos rapides — In-N-Out, le burger californien — car une citation de la Sainte-Bible, Jean 3, 16, est imprimée sur le fond de leurs gobelets.

Je n’arrive pas à imaginer le Français qui me dirait que l’on n’est plus amis à cause d’un burger.

Ce n’est pas le billet que je voulais écrire aujourd’hui. J’ai d’autres chats à fouetter, comme toujours (pardonnez-moi, Louloute, c’est juste une expression). Mais il me semblait que je serais bien hypocrite si je n’ai pas écrit sur exactement ce meurtre après m’être plaint des bruyants qui se taisent au mauvais moment. Tout ça, c’est à dire que je vois votre peine, je ne l’oublierai jamais, et je ne ferai pas d’excuses pour ça non plus.

Le trilingue le plus drôle au monde

Il y a longtemps — on est en 2020, mais je ne me souviens plus d’exactement quand — un ami m’a envoyé un clip qui a contenu cet extrait :

Mais on avait coupé le tout dernier moment avec le nom de l’auteur, alors il me fallait attendre jusqu’à la fin de cette année-là pour découvrir le génie qui est M. Loïc Suberville.

Je ne sais pas ce qu’il dirait de son enfance, mais il était très chanceux d’une façon. Né à des parents français expatriés au Mexique, il a grandi à San Francisco. Alors il parle toutes les trois langues sans accent étranger. Ça lui permet de faire des blagues intéressantes, qui jouent avec les trois langues en même temps. Pourtant, il est souvent important de parler au moins un peu l’anglais pour vraiment en profiter, car c’est la colle entre les autres. Ici, il n’arrive pas à se souvenir du bon mot pour les toilettes, jusqu’à ce que ce soit trop tard :

Vu qu’il est rare pour lui de tourner un clip complètement en français, voici une interview qu’il a fait pour Konbini où il raconte un peu son histoire :

Il était une fois, il est apparu sur la chaîne YouTube de Paul Taylor, humoriste britannique qui travaille à Paris, en général en format bilingue (mais bientôt, pas plus — ce n’est pas clair s’il quitte le français ou l’anglais). Cette interview est en anglais, mais avec des sous-titres en français. Ça explique bien son appel aux anglophones — pour ma part, juste en l’écoutant, je le croirais l’un de mes voisins.

Si vous m’avez suivi depuis assez longtemps, vous savez que je plaisante parfois sur la signification de « belle-mère » en français. M. Suberville aussi :

Le problème avec cette dernière vidéo, comme pleine de ses autres, c’est qu’elle fait de super blagues comme « effrayante mère » ou « méchante mère », mais le tout s’explique en anglais. Alors, bien que ce soit sur la langue française, c’est vraiment une blague pour les anglophones ou les bilingues.

Pourtant, je vous encourage de le découvrir autant que possible. Il vient d’atteindre un million d’abonnés sur Instagram, et ça n’arrive sans beaucoup d’excellent travail. (Bon, il y a un autre chemin pour y arriver, mais très peu de monde veulent le voir nu.) Je vous laisse avec un dernier clip que je crois que vous comprendrez très bien, même si la chute est livrée en anglais. Il a du talent pour vous faire comprendre :

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Au Mordor, nous Saurons

Il y a des fois où j’ai du mal à prendre certaines choses au sérieux dans la Langue de Molière, car elles me rappellent trop quelque chose de drôle. Peut-être qu’il n’y a pas de meilleur exemple que les conjugaisons du verbe « savoir ».

C’est déjà évident du gros-titre. Il est impossible d’apprendre le futur simple de savoir sans penser au Seigneur des Anneaux. Je me demande souvent si les enfants français ont le même problème. Nous Saurons, ils Sauront, pendant qu’un Œil géant flotte et surveille sur tout.

Sauron, mal conjugué. Source, ©️New Line Cinema

Dites-moi, il doit y avoir des blagues sur ce sujet.

Mais ce n’est pas seulement le futur. Le présent est encore pire. Et ça, c’est en partie votre faute. Ou au moins la faute de la langue française. Ouais, ouais, il est peu probable que l’on confonde vraiment « savons » avec :

Savon, Photo par Perditax, Domaine public

Avec plusieurs savons et le bon cas de liaison, personne ne peut pas les distinguer, sauf par notre bon vieil ami, le contexte.

Mais j’ai un autre savon dans la tête. Plus précisément, Sav-On :

Logo de Sav-On, ©️Osco Drug

C’est une ancienne chaîne de pharmacies qui n’existe plus, au moins en tant que Sav-On. Elle était achetée par Osco, et le nom Sav-On n’apparaît plus nulle part aux États-Unis. Et pour être clair, la prononciation est très différente — si vous dites « sèv-un », vous l’aurez plus ou moins. La signification est « économiser sur », originalement un bon calembour quand l’entreprise s’appelait « Sav-On Drugs » (économiser sur les médicaments). Mais l’orthographe compte aussi, et ça pèse comme un mammouth en train d’écraser les prix quand je vois « savons ».

C’est dingue quelles réfs j’ai dans la tête, n’est-ce pas ? Alors, un mot de plus ? Attachez vos ceintures, celui-ci va être fou.

Vous connaissez sûrement le truc qui couvre la fenêtre dans cette photo :

Store vénitien, Photo par SelenaJKruse, CC BY-SA 4.0

En anglais, on dit « blinds, » parfois « Venetian blinds ». (Ça n’a rien à voir avec Venise, ne me demandez pas la raison.) Mais en français, c’est « store », parfois « store vénitien », exactement le mot anglais pour « magasin ». Par contre, « blind » en anglais veut dire « aveugle ». C’est logique car le truc rend le monde aveugle par rapport à ce qui se passe derrière le store. En revanche, le mot français ne va pas de nulle part, mais plutôt du latin, « storea », qui veut dire natte, Mais le store — comme ça fait du mal à taper, c’est comme écrire un anglicisme exprès — anglais vient aussi du français. C’est le Vieux Français « estorer », du latin « instaurer » ; c’est-à-dire « stocker ». Et à son tour, le mot stocker est emprunté à l’anglais, du mot « stock ».

Vous l’avez bien suivi ? Le français a directement hérité la bonne racine pour « store » du latin. Vous l’avez passée aux anglophones qui l’utilisent d’exactement sons sens original en latin alors que vous avez emprunté tout autre mot à l’anglais. Puis, vous utilisez un mot qui paraît à chaque anglophone être un anglicisme, « store », pour dire quelque chose qui n’a rien à voir avec le Vieux Français, parce que c’est vous qui voulez conserver le sens original de tout autre chose en latin.

La langue de clarté, mesdames et messieurs !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de comment traduire George Orwell en français, car nous allons tous en avoir besoin.

La connerie à l’américaine

Le mercredi est censé être Langue de Molière. Mais je n’en peux plus, et bien que ce ne soit pas un blog sur la politique, c’est certainement un blog sur ma relation de plus en plus compliquée avec mes con-citoyens. Mon plus grand défi du blog n’est pas le Tour, n’est même pas la cuisine, c’est comment je vous les représente. Il y a un genre d’américain — tousse, tousse, SEBASTIAN MARX, tousse, tousse — qui gagne sa vie en disant ce que les xénophobes ont envie d’entendre, mais même si je réussis mon plus grand rêve, ce ne sera jamais moi.

Mais quelque chose a changé en 2020, et ces trois derniers jours me l’ont rappelé. Vous vous souvenez sûrement des émeutes de cette année-là. Mais saviez-vous qu’il y avait des gens qui demandaient que l’on paye les cautions aux émeutiers afin de les permettre de continuer à faire des émeutes ? C’est vrai. Moi, je ne soutiens pas brûler et cambrioler des magasins qui n’avaient rien du tout à voir avec le problème original. Certains me considèrent un monstre pour cette attitude, car je n’écoute pas suffisamment « la voix des plus défavorisés ». Je rejette ça, mais c’est les États-Unis d’aujourd’hui. Gardez ça dans l’esprit.

Si je parle des trois derniers jours, je parle évidemment du massacre en Israël, non pas les émeutes de 2020. Alors, avant de continuer, je dirai que ce n’est pas mon intention de vous dire ce que vous devriez penser de qui a raison dans ce conflit. J’espère quand même que nous serons d’accord qu’il ne faut pas couper la tête des bébés. Si ce n’est pas le cas, merci de me quitter.

Mais il s’avère qu’aux États-Unis, les deux sont liés. Ça va prendre du temps.

Il y a deux jours, j’étais horrifié par des vidéos comme celle-ci, où une femme raconte la découverte de la mort de sa grande-mère car son tueur l’a tourné avec le portable de la grande-mère, puis l’a utilisé pour mettre la vidéo sur son compte Facebook :

J’étais également choqué que personne n’a répondu aux nouvelles que certains chantaient « gazer les juifs ». Je croyais la Shoah quelque chose qu’il ne fallait pas répéter.

Puis j’ai remarqué deux choses déroutantes. Pas comme en 2020, quand j’étais la seule personne que je connaissais à ne pas devenir enthousiaste des émeutes, j’étais la seule personne à même mentionner que cet événement s’est passé parmi mes connaissances. L’autre chose, c’était les drapeaux. Je ne connais pas la tradition en France, mais aux États-Unis quand on est en deuil, on met les drapeaux en berne. Au-delà d’un McDo près de chez moi, aucun drapeau sur mon chemin quotidien était dans cet état. Après l’avoir recherché, j’ai découvert que des 50 états, seulement 11 ont ordonné que les drapeaux soient mis en berne, et tous étaient des états « rouges » (avec des gouverneurs Républicains). Ça ne devrait pas être une question partisane !

Hier, j’ai découverte la raison pour ça, et c’est pourquoi je vous ai dit que les émeutes de 2020 sont liés au massacre chez moi. Il s’avère que les nombreuses associations qui revendiquent le nom « BLM » soutiennent le massacre, ainsi que leurs supporters. Et avec cet imprimatur, personne ne le contredira. Je n’ai pas dit « soutiennent les palestiniens ». Je veux être très clair. Voici des affiches postés en ligne par certaines associations, ainsi qu’à une manif à New York :

Les panneaux à la manif disent « Par n’importe quel moyen » et « Décoloniser n’est pas une métaphore ». En haut à droite, ça dit « Il ne faut pas condamner leur résistance mais plutôt la comprendre comme auto-défense légitime ». Quant aux deux autres, l’image d’un parachute évoque l’attaque et rien d’autre. Je n’accepte pas que tuer des petits est une question d’auto-défense — mais il faut ajouter qu’au-delà de mon meilleur ami et sa femme, je suis seul parmi mes amis à y croire. Ça me choque et me fait déprimer en même temps.

Encore une fois, je ne vous dis pas à suivre telle ou telle position en ce qui concerne le Moyen-Orient. Mais j’ai encore une fois le cœur brisé que mes con-patriotes sont de si grands fans de la violence politique. Et la certitude qui va avec !

Mais la pire chose, c’est que si je suis complètement honnête, je le soupçonnais déjà avant ce week-end.

Vivir mi vida

Depuis une belle décennie, je peux compter sur deux choses quand je vais dans n’importe quel resto mexicain :

  1. Je vais manger de la cuisine mexicaine
  2. Je vais écouter une certaine chanson en espagnol, « Vivir mi vida » par un chanteur portoricain-américain, Marc Anthony

Avant de continuer, je vais vous donner le bon clip. Écoutez-le brièvement ; je n’aurai guère besoin d’écrire plus :

Félicitations, vous venez d’expérimenter mon moment le plus choquant de septembre à l’envers. Vous avez presque certainement reconnu que c’est la chanson « C’est la vie » de Khaled, mais en espagnol au lieu de français et arabe :

Mais je n’ai pas trouvé cette chanson en écoutant RTL ou NRJ. C’est ça le truc le plus dingue.

La Fille et moi étions à l’anniversaire d’une amie d’origine persane. Les parents avaient choisi beaucoup de musique que je ne connaissais pas du tout, et vous probablement pas non plus. Sans l’appli Shazam, qui sert à identifier des chansons inconnues, je n’aurais pas eu aucune idée de ce à quoi j’écoutais. Par exemple :

Ou bien :

Je sais, cette dernière vidéo est sans doute la chose la plus « sexy » qui ait jamais apparue sur ce blog. Je suis surpris que ce soit à la fête d’une fille de 13 ans, mais sans le clip, qui sait ? Pas moi !

Alors, je ne sais pas comment il soit arrivé qu’une telle famille jouait une chanson française, mais je vous rassure, après toute la musique persane, j’étais choqué de comprendre Khaled. Je me suis dit, « Attendez, ça semble être une copie de « Vivir mi vida », mais en français ? Comment ça ? Et pourquoi pas en persane ? »

Je n’ai pas de réponses. La Fille connaît l’autre fille, mais au-delà d’être chaperon, je ne connais guère les autres partants. Alors, je n’ai rien demandé. Mais il s’avère que c’est Vivir mi vida qui est la copie !

Seulement les refrains ont quelque chose en commun. Voici les paroles de Marc Anthony :

Voy a reír, voy a bailar
Vivir mi vida la la la la
Voy a reír, voy a gozar
Vivir mi vida la la la la

Vivir mi vida paroles

Je le traduis :

Je vais rire, je vais danser
Vivre ma vie, la la la la
Je vais rire, je vais profiter
Vivre ma vie, la la la la

L’originale :

On va s’aimer, on va danser
Oui, c’est la vie, la la la la
On va s’aimer, on va danser
Oui c’est la vie, la la la la

Honnêtement, les hispanophones ne se soucient probablement pas de savoir s’ils reçoivent une traduction fidèle ou pas. C’est vraiment la musique que M. Anthony voulait copier. Mais tout comme beaucoup d’autres coïncidences de ma vie, cette chanson était une influence vers la France pour moi, sans même que je le sache !

Saison 2, Épisode 29 — Histoire de Seine-et-Marne

On a bel et bien repris le Tour cette semaine avec la Seine-et-Marne. Vous avez bien appris comment lire ce blog ; personne n’a pas mordu à l’hameçon sur Disneyland Paris ! De toute façon, je viens de renouveler chez WordPress, et je renouvèlerai l’enregistrement de mon nom de domaine cette semaine, alors vous aurez une autre année pleine de mes blagues pourries.

La Fille a exigé que je cafarde sur moi-même, et je lui ai fait une promesse de le faire dans ce post. Saviez-vous qu’il y a un musée dans mon frigo ? C’est vrai. Nous deux l’appelons « Le Musée de Thé » — et oui, en français même quand nous nous parlons en anglais. Qu’est-ce qu’il y a ?

Aux États-Unis, on peut emporter sa boisson des restos rapides comme McDo, même si on mange sur place, car on utilise toujours des verres jetables en papier. Avec la hausse des prix ces derniers mois, j’ai commencé à prendre une boisson à emporter à chaque fois que nous sommes allés dans un tel resto. Mais je ne me souviens pas toujours de la boire, alors il arrive de plus en plus que nous gardons plusieurs verres de thé au frigo. Elle m’a demandé pourquoi, et j’ai plaisanté que je voulais ouvrir un musée de thé. Je vous jure, je ne voulais vraiment pas ouvrir un tel musée, mais maintenant, elle me taquine tous les jours s’il reste du thé dans le frigo d’un jour à l’autre.

Avez-vous remarqué que je ne fête pas des matchs perdus dès Chargers pendant ces trois dernières semaines ? Malheureusement, ils ont gagné deux matchs de suite, puis n’ont pas joué ce week-end. Mais je garde espoir ! Ils joueront contre une très bonne équipe le week-end prochain.

Il y a deux dates importantes qui approchent pour le blog. La Fille attend la sortie du prochain jeu vidéo Mario le 20 octobre, et l’anniversaire du blog est le 1er novembre. Il me faudra des desserts pour chacun. J’ai des idées. Mais si vous avez fait attention à certaines de mes efforts de faire des nouveautés, vous savez que mon esprit écrit parfois des chèques que mes mains ne peuvent pas encaisser, pour emprunter une expression aux américains. Ce blog me rend stressé de temps en temps.

Peut-être que vous vous souvenez de pourquoi ce blog existe tout court, la pianiste Laurence Manning. Ça fait trop longtemps depuis sa dernière apparition ici, n’est-ce pas ? Je ne peux toujours rien dire, mais je crois que ça va changer bientôt. C’est la partie non-stressante du blog !

Notre blague traite des perroquets. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Les Jones, l’histoire d’un groupe de rock parodique, Le flan pâtissier de Ju Chamalo, le dessert du titre, et La carrière américaine d’Arielle Dombasle, l’histoire peu connue d’une Grosse Tête mariée à une grosse tête.

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Je découvre la Seine-et-Marne

On continue maintenant le Tour avec le 77, la Seine-et-Marne. C’est le département le dixième plus peuplé et les habitants se nomment seine-et-marnais. C’est notre deuxième séjour en Île-de-France.

On commence à Fontainebleau, qui a donné son nom à l’un des hôtels les plus célèbres aux États-Unis (partie du film Goldfinger !), on trouve son château (3 étoiles), originalement construit au XIIe siècle, puis complètement reconstruit par François Ier de façon italienne pendant la Renaissance. Ne ratez pas les grands appartements (3 étoiles), surtout ceux « du Roi » et de Napoléon. La cour d’Honneur (2 étoiles) est la star de l’extérieur, mais il y a aussi 130 hectares de parcs et jardins pour explorer. Juste à l’ouest du château, on fait de la randonnée dans la Forêt de Fontainebleau (3 étoiles), inspiration de nombreux artistes de l’école de Barbizon. Alors notre prochain arrêt est le Musée départemental des Peintres de Barbizon (1 étoile), avec des œuvres par de tels artistes comme Corot et Millet. On marche aussi le long du sentier des Gorges de Franchatd (3 étoiles), un point panoramique dans la Forêt.

Au nord de Fontainebleau, on passe par Melun, la préfecture, site du Musée de la Gendarmerie nationale, qui trace les origines des gendarmes aux maréchaussées du XIVe siècle jusqu’aux Cruchot de nos jours. À Maincy, on trouve le château de Vaux-le-Vicomte (3 étoiles) et son jardin (3 étoiles). Le château date au XVIIe siècle , construit par Nicolas Fouquet, malchanceux ministre de Louis XIV, qui a vu sa chute aux mains de Colbert. Au-delà de Versailles, ici on est au jardin à la française par excellence. D’ici, on va se séparer pour la journée. Vous, obsédés de la culture américaine, allez à l’ouest du département pour rendre visite chez Mickey (3 étoiles). Moi, défenseur du patrimoine, je pars vers l’est pour visiter Provins et ses remparts (2 étoiles) du XIIIe siècle. Mais dites-donc, apportez-moi un beignet Mickey chocolat-noisette, s’il vous plaît. On ne l’a pas chez moi.

On continue ensemble vers Meaux. Ici, on trouve la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), cathédrale gothique érigée pendant 4 siècles, du XIIe jusqu’au XVe. Le vitrail de la crucifixion et l’orgue sont les stars, mais on est également ici pour rendre hommage devant la sépulture de Jacques-Bénigne Bossuet, évêque et grand orateur de l’époque de Louis XIV. On visite donc aussi le Musée Bossuet, anciennement le palais épiscopal — mais ce n’est pas biographique, étant plutôt un musée d’art religieux ainsi que de l’école de Barbizon. Avant que vous ne pensiez que vous avez échappé aux guerres cette fois, on finit à Meaux en visitant le Musée de la Grande Guerre (2 étoiles), le plus grand consacré à la PGM en Europe, avec près de 70 000 objets et documents. Notre tout dernier arrêt est La Ferté-sous-Jouarre, pour visiter les Cryptes de Jouarre (1 étoile), des cryptes mérovingiennes plein de tombeaux et sculptures qui datent à partir du VIIe siècle.

Qui sont les personnages les plus connus de la Seine-et-Marne ? Charles Pathé, légende du cinéma français, est né à Chevry-Cossigny. L’ingénieur Léon Thévenin, connu à chaque étudiant en génie électrique, est né à Meaux, où Bossuet était l’évêque. Le caricaturiste et directeur de publication chez Charlie Hebdo, Riss (Laurent Sourisseau), vient de Melun, où le philosophe Étienne Gilson, champion des pensées de Thomas d’Aquin, est enterré. Le mercenaire Bob Denard est décédé à Pontault-Combault. Paul Pogba, lanceur de sorts, est né à Lagny-sur-Marne.

Que manger en Seine-et-Marne ? M. Descarottes exige que l’on commence avec le produit agricole le plus important du département, les carottes de Meaux. Ces carottes sont renommées pour leurs racines grosses et sucrées. ([Je n’en peux plus ! J’arrive ! — M. Descarottes]) D’autres produits locaux comprennent le célèbre brie de Meaux et de Melun AOP, et la moutarde de Meaux. En plats principaux, on trouve la friture de goujons de la Marne et la poularde à la briarde, du poulet au cidre et à la moutarde de Meaux. En dessert, il y a le sucre d’orge des religieuses de Moret, des berlingots dont la fabrication reste un secret, et le coquelicot de Nenours, un bonbon parfumé de la fleur nommée. Pour boire, il y a le cidre briard, ainsi que de nombreuses bières, dont La Gâtine, La Bière de Meaux et Parisis.