Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

La carrière américaine d’Arielle Dombasle

Il faut que j’avoue que je n’ai presque aucune idée de qui sont les personnages que je regarde à la télé ou écoute à la radio. J’écoute Les Grosses Têtes tous les jours, mais au-delà de Gérard Jugnot, je ne connais les invités de nulle part ailleurs. Bon, en ce qui concerne Mme Le Marchand, je connais un peu son émission, mais jamais vu. Mais vendredi le 6, en écoutant Les Grosses Têtes, j’ai failli m’évanouir quand Arielle Dombasle parlait de son film avec Christopher Plummer (à 32:00 au lien). Et ça après que Laurent Ruquier a mentionné son rôle dans Miami Vice ! (Vous connaissez ce dernier sous le nom Deux Flics à Miami, mais M. Ruquier a utilisé le titre en anglais.) Tout à coup, je me suis demandé si j’avais dormi pendant toutes les années 80 !

Pour être clair, on parle de plusieurs projets tournés entre 1984 et 1986. À l’époque, j’avais 8-10 ans, et les seules choses que je regardais à la télé étaient Transformers et G.I. Joe : Héros sans frontières. Toute affirmation que Les Bisounours en faisait aussi partie n’a aucune preuve. ([Sa peluche à l’époque vit toujours avec nous. Monsieur raconte des histoires. — M. Descarottes])

Alors, j’ai fait mes recherches. Elle a tourné quatre choses aux États-Unis pendant ce temps. Les deux premières étaient deux téléfilms dits « Lace » et « Lace 2 » (lace = dentelles). Wikipédia dit que le premier est sorti sous le titre français « Nuits secrètes », mais pas la suite. Ici, on la voit avec un autre acteur français, Simon de La Brosse, d’où les accents. (Bon, c’est en anglais ; vous allez avoir une impression différente sur qui a un accent. Je l’ai mis au bon moment pour vous.)

En 1986, elle est apparue dans « The Boss’ Wife » (La femme du patron). C’est son film avec Christopher Plummer. Ce film..n’a pas été bien accueilli, et n’est jamais sorti en France. Voici la bande-annonce ; elle fait des bruits mais n’y parle pas :

Peut-être que vous reconnaîtrez un jeune Daniel Stern ; il est mondialement connu pour son rôle dans Maman, j’ai raté l’avion ! ainsi que sa première suite. Perso, je le préfère en tant que la voix originale de Dilbert, mais à chacun ses goûts.

En 1986, elle est apparue en tant qu’invitée dans un épisode de Miami Vice. Elle a joué la femme d’un trafiquant de drogues. Encore une fois, j’ai mis cet extrait au bon moment. Il me semble que son accent ici est très différent de celui dans « Lace » — sans savoir qui est-elle, je la croirais peut-être britannique.

Mme Dombasle a eu un dernier rôle aux États-Unis, aussi sorti en 1986, dans une mini-série dite « Sins » (Péchés), sorti en français sous le nom La Griffe du destin. Ce qui est drôle, c’est que Joan Collins joue aussi dans un rôle censé être francophone bilingue — pourtant, le seul accent que l’on entend dans cette scène appartient à Mme Dombasle.

Il me semble que ses rôles à la télé étaient bien accueillis, mais avec un manque d’opportunités à l’écran argenté, elle a quitté les États-Unis pour d’autres choses. Mais peut-être la chose la plus étonnante que j’ai appris en faisant ces recherches ? Elle s’est mariée avec Bernard-Henri Lévy ?!? L’homme le plus prétentieux qui ait jamais écrit pour mon journal préféré en anglais, The Wall Street Journal ? (Mon avis sur BHL depuis 1997, au fait.) Non, mais sérieusement ?!? Quel est le rapport ?

Si vous me dites — avec des preuves — qu’une Grosse Tête est aussi apparue dans Transformers en anglais, ou bien Les Bisounours, j’aurai une crise cardiaque !

9 000 km, si ! 60 km, non !

Je vous dirai quelque chose de choquant. Depuis mes 15 ans, mon groupe préféré en anglais est Rush. Ils ont pris la retraite en 2015. Ça fait donc longtemps qu’ils ne jouent plus, et avec la mort de leur batteur en 2020 à cause de cancer, ils ne joueront plus jamais. Ce n’est pas la partie choquante.

Leur ancien chanteur, Geddy Lee, est de retour, pas pour jouer de la musique, mais avec un nouveau livre, son autobiographie. J’aimerais beaucoup le lire, même s’il va probablement contenir plein de choses que je sais déjà. Mais M. Lee a annoncé cette semaine qu’il va faire un tour afin de promouvoir son livre. Il vend des billets pour le voir dans des théâtres de peut-être 1-2 000 places. Pas les plus grands, et quand on considère que Rush jouait typiquement dans des lieux de même taille que les Zénith, c’est une chute. Mais bon, plein de fans qui assistaient à des performances ne s’intéresseraient pas à une soirée de lecture à haute voix de son livre.

J’ai attendu la prévente en ligne. Comme arrivé souvent aux États-Unis, même quelques secondes après le début, les bonnes places sont toutes disparues car jamais vraiment disponibles. Mais j’ai vu cette horreur :

« Official Platinum » (Platine officielle) est un escroc de Ticketmaster Ticketbastard (Bâtard des billets), le monopole qui contrôle les ventes de billets dans ce pays. Plutôt que vendre les billets au prix catalogue, ils commencent à les vendre au prix qu’ils estiment que les revendeurs chargeront. Gentil de leur part, mais ça rend l’idée du prix original une blague stupide. Pensez-vous que je payerais 515 $ (et probablement 60 $ de plus en « frais » mystérieux) pour un événement qui ne sera même pas un concert ?

Je ne suis pas du tout soulagé que je peux entendre le chœur de « oui » à cette distance. Au contraire de l’image projetée par ce blog, je ne suis pas fait d’argent. Je fais parfois de vraies bêtises au nom du blog, mais je les paie avec des économies ailleurs.

Il est possible de payer « juste » 96 $ pour m’asseoir au balcon, loin de la scène. Le prix comprend un exemple du livre, alors on pourrait dire « Bon, c’est vraiment environ 60 $ pour la place, pas 96 $ ». Mais en plus, je dépenserais 50-60 $ pour l’essence, car les embouteillages garantissent beaucoup d’essence gaspillée, et probablement 30 $ pour me garer. Et les frais mystérieux, ne les oubliez pas. 200 $ pour ce qui ne sera pas un concert.

S’il existe une personne au monde entier pour laquelle je ferais quand même une telle dépense, on parle de lui maintenant. Oui, encore plus que Nico dans la même situation. Mais je n’ai pas fait le voyage fou pour écouter un livre lu à haute voix. Je l’ai fait pour me garantir qu’une fois de la vie, je ferais partie de la plus grande foule de l’histoire d’Indochine et écouterais L’Aventurier en live. J’ai vu Rush 7 fois pendant leur carrière. Il m’étonne que je puisse prendre cette décision maintenant — certes, mes amis anglophones n’arrivent pas à le croire — mais je n’y penserai plus. Cet argent sera réservé pour un retour ailleurs. Vous savez déjà où.

Le flan pâtissier de Ju Chamalo

L’année dernière, mon amie de Twitter ytrezaa m’a lancé un défi, de préparer ce flan pâtissier :

J’ai dit oui, et commencé à garder l’onglet dans mon navigateur et…oh là là, disons que ça fait longtemps. Mais avec ça, mon navigateur est bien vidé. Ai-je réussi ? Voilà :

Voici un lien directement vers la recette de M. Chamalo sur le site de France Inter. Allons le préparer :

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Histoire d’histoire

La langue française est très stricte avec ses articles. Il faut avoir un « le » ou « la » ou « de » avant tout. Sauf quand vous n’en voulez pas. Histoire de vous expliquer votre usage le plus atypique, on parle d’histoire.

J’ai rencontré cet usage d’histoire pour la première fois dans Un été français. Je le mentionne histoire de chercher une excuse pour mettre un lien vers le clip :

Duolingo ne m’a jamais appris que l’on pourrait faire ça :

Mercredi je rêve d’une autre vie
Si tout pouvait s’arrêter là
Histoire d’avoir le choix

Paroles d’Un été français

J’étais certain pendant longtemps que ça a dû être trop décontracté, comme écrire « faut » sans il. ([Mais il y a de nombreux exemples où vous fassiez exactement ça ici — M. Descarottes]) Ouais, ouais, il a raison, mais ma « faut », c’était votre faute, car je l’ai vue de nombreuses fois en ligne, et je la croyais plus naturelle. Je le dis toujours, mais je n’écris plus de cette façon.

De toute façon, histoire. Je l’ai mis à côté, mais j’ai récemment remarqué plusieurs autres exemples. Il y en a deux dans Outsphere :

Ha, ben histoire de vous redonner du baume au cœur, ça y est, on a trouvé un endroit idéal pour la colonie. (P. 33)

Pour Suleiman, visiter le laboratoire civil était non seulement un acte diplomatique, afin de souligner l’importance accordée aux recherches effectuées, mais surtout un geste d’autorité histoire de signifier aux scientifiques que, bien que civils, ils continuaient à dépendre de l’Armée. (P. 141)

Non, je ne m’en souviens pas comme ça, je prends des notes !

Le Canard enchaîné ne l’utilise pas trop souvent, mais j’ai trouvé un exemple dans le numéro 5368, celui de la semaine dernière :

Mais avant d’écrire ce billet, je n’avais pas vraiment décrypté ce qui veut dire cette version d’histoire. Il me semble en réfléchissant aux exemples ici que c’est quelque chose comme « afin de ». Il y a toujours un verbe après, et la signification avec son article n’a aucun sens dans ces cas.

Honnêtement, pour autant que j’aime les énigmes et les défis, il ne me dérangerait pas si on m’expliquait parfois ces choses histoire de m’aider à économiser du temps.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler de ce qui sait le Seigneur des Anneaux.

Les Jones

Un ami m’a envoyé un clip qui semble être une chanson de la musique américaine dite « country ». Je vous conseille fortement de regarder le clip avant de continuer :

Au début, je la croyais le travail d’un nommé « Les Jones », parce qu’en anglais, il y a des hommes surnommés « Les » (du prénom « Lester », rarement « Leslie »). Il y a de petits indices que quelque chose ne va pas — des articles mal placés, le mot « bretzel » au lieu de « pretzel » — mais il me fallait regarder la moitié du clip avant d’être sûr que c’était en fait un groupe français, et non pas de chez moi. (C’était bien possible que le chanteur principal soit un hispanophone d’origine avec cet accent.) Inutile d’ajouter que je trouve le résultat hilarant !

On passera très vite par les erreurs, pour éclairer ceux qui le veulent. Ils chantent « Baby, I just love the taste of the chicken wings » — c’est une erreur typiquement française car on dirait « J’adore le goût des ailes de poulet », mais on n’utilise pas d’article ici en anglais. Supprimez ce mot et ça va. C’est la même chose pour « I don’t want a candy » — encore une fois, on dirait « Je ne veux pas de bonbon », et l’anglais n’utilise pas d’article ici. Mais faites attention — ils disent « chips » parfaitement. Il y a une raison pour laquelle je me suis trompé !

Mais il vaut le coup d’examiner ce qui se passe, parce que c’est un document culturel intéressant. Ils ont évidemment travaillé dur pour le faire, avec les costumes de cow-boy, les accents assez authentiques pour me tricher même brièvement — en service des plus grands stéréotypes possibles. Voici un court-métrage (environ 25 minutes) avec les mêmes personnages :

Suis-je offensé ? À part les mitrailleuses, ce qui est faux — elles ne sont pas illégales, mais les lois pour les acheter sont complexes, et très peu de monde en a une — cette vidéo est plutôt affectueuse. (Voici un article en français qui montre que plein d’américains sont d’accord.) Ils sont trois frères qui essayent de tout faire comme des américains sans y avoir jamais mis les pieds. (Je me sens ciblé.) Le groupe arrive à Nashville — en vrai ! — pour y jouer un concert. Si ça ne va pas comme prévu, tout ça est beaucoup trop de travail pour être le produit de quelqu’un qui a une dent contre nous. J’oserais même dire que d’une certaine façon, ils ont compris la culture du Sud américain mieux que Johnny Hallyday. Johnny l’a trouvé tout sérieux, même plutôt triste, et ils reconnaissent qu’il y a plein de choses que les locaux ne prennent pas au sérieux. (Un de ces quatre, il nous faudra parler de Johnny.)

Alors quel est le but de tout ça ? Évidemment, vous faire rire. Mais je le trouve aussi une mise à jour de ma scène préférée de L’Aile ou la cuisse, avec de Funès déguisé comme un cow-boy :

Ils chantent « La seule nourriture française que j’aime, c’est les frites » (rappelez-vous que nous disons « frites françaises »). On pourrait lire ça comme si les personnages sont des béotiens. Mais encore une fois, on pourrait dire ça sans avoir fait un si grand effort. Plus tard, ils chantent « Je suis américain donc vous pouvez me blâmer, mais je ne mangerai pas dans votre resto gourmet ». Je vois plutôt des gens qui comprennent que mon dîner nordiste se mange aux deux côtés de l’Atlantique. Il y a pas mal de burgers aux friteries, après tout.

Tout ça est le produit d’un youtubeur inconnu chez moi avant, qui se surnomme « Mister V« , de son vrai nom Yvick Letexier. Monsieur est en fait de Grenoble, et a toute une carrière en tant que parodiste. Il ne fait que quelques vidéos par année, mais ce sont de qualité. Il fait ses devoirs !

Saison 2, Épisode 28 — Vive le Tour !

Je suis toujours en mode tour de victoire après avoir fini les trois quarts du Tour. Ça a procédé plus lentement que prévu, bien sûr, mais il n’y a plus de doute que ça arrive. On reprend le Tour avec la Seine-et-Marne plus tard cette semaine. Mais je suis ravi de m’être débarrassé de deux onglets dans mon navigateur ouverts depuis je-dis-pas-quand. ([Je cafarde sur lui avec plaisir. C’est 2022. — M. Descarottes])

Maintenant je peux avouer que j’étais un peu préparé pour la soirée de tarot ce week-end :

Oui, c’est une appli — gratuite ! — pour jouer au tarot sur iPhone. Je suis loin d’être expert, mais j’y ai joué de nombreuses fois depuis la dernière soirée. Et vous savez quoi ? Le jeu est encore plus compliqué que l’on m’avait dit.

Honnêtement, je suis plus le bienvenu à ces événements à cause de ce que j’apporte qu’à cause de mes compétences en tant que joueur. Et oui, j’ai entendu une conversation quand j’y suis arrivé où une personne a demandé à une autre, « Qu’est-ce que Justin apporte cette fois ? » Ça fait chaud au cœur. Aussi pression. Mais chaud.

J’ai dépassé un chiffre important ce week-end :

15 000 lectures, c’est pas mal. C’est aussi la moitié de mon but de lectures par épisode, mais j’apprécie qu’il y a des auditeurs. Si vous l’écoutez, je serais ravi d’entendre vos avis, car je ne reçois pas trop de commentaires sur la balado en soi. J’étais donc heureux d’entendre parler ce week-end que l’épisode avec Pascal a connu du succès parmi exactement la communauté ici.

Un ami m’a envoyé un lien vers le clip le plus passionnant que j’ai vu cette année. Quand on ne parle pas de la Seine-et-Marne, on va parler de la musique cette semaine. Et même pas un mot sur Indochine ! (Pas de nouvelles chez eux.) J’aurai deux billets sur le sujet cette fois.

Le festival de films français auquel j’ai assisté l’année dernière est annulé à cause de la grève à Hollywood. (La fin de la grève est venue trop tard.) Mais les organisateurs viennent d’annoncer les sélections quand même. La liste au lien est en anglais et français. Je serais curieux de savoir si vous recommandez quel que ce soit parmi leurs choix.

Notre blague traite des communications conjugales. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Le « Crunch cake » de Louisiane, exactement ce qui promet le titre, J’accuse !, ma critique du film de Roman Polanski, et C’est le 1er, version octobre 2023, ma revue mensuelle de mes blogs préférés.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version octobre 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

Au fait, j’ai passé une autre soirée de tarot ce soir avec l’OCA. J’ai fait des éclairs pour eux, mais à mon avis, ils n’étaient pas à la hauteur de mes attentes de moi-même. Ça fait trop longtemps depuis mes derniers éclairs. Mais quelque chose de hyper-français est arrivé. J’en ai fini avec 11, et il y avait 12 invités, dont moi. J’étais donc prêt à n’en pas manger. Cependant, certains ont coupé des éclairs en deux, alors j’ai fini avec des restes à emporter. Les miens étaient de même taille que l’on trouve partout en France. Mais il m’étonne à chaque fois combien de portions vous pouvez extraire de n’importe quel dessert. Il y a une décennie, il y avait un livre aux États-Unis, « Les Femmes Françaises ne prennent pas de poids » (lien vers le blog de l’autrice, toujours actif). Oubliez ses recettes, c’est couper tout par deux qui est le vrai secret.

Nouveaux à moi :

  • Manonpatis, nouvelle arrivée aux blogs ainsi qu’Instagram, mais elle s’est lancée en montrant de bon goût : aimer quelques de mes posts. Mais ça n’attire que mon attention. C’est son gâteau Trianon qui gagne une place ici.

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Bonheurs culinaires, Un déjeuner en Provence, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Les souris de Paris, Planète Vegas, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, Grain de Sable, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

J’accuse !

Je sais, avec un tel gros-titre, vous vous attendez à une nouvelle comme « L’ex de Justin essaye encore une fois de le mettre en prison ». (J’ai ma fille la moitié du temps ; s’il y avait la moindre chose contre moi, ce ne serait pas le cas. C’était quand même anciennement un de ses loisirs.) Mais non, ce blog reste sur la France, alors cette fois je parle du film de Roman Polanski, ce que j’ai vu ce soir avec l’OCA.

J’accuse par Émile Zola, Domaine public

Oui, ça fait six mois depuis la dernière fois. Et l’autre personne avait « RSVP’d » oui, mais n’a pas assisté à la séance. (RSVP est un mot anglais, une abréviation d’une phrase difficile à traduire en français, « Répondez s’il vous plaît ». Je sais, l’anglais est une peine.) Ce n’est pas mon vœu qu’elle se sente gênée, mais je m’attendais à un moment pénible, et rien de la sorte ne s’est passé. Alors, on passe au film.

On commence avec une scène bien connue. Après avoir été condamné, le capitaine Dreyfus a subi une dégradation militaire. La photographie est excellente, et la scène émouvante, parce que l’on sait déjà que c’est un escroc. Dreyfus crie, comme il est bien attesté, « On dégrade un innocent ! Vive la France ! Vive l’armée ! » On ne va pas voir beaucoup plus de Dreyfus lui-même ; ce film est plutôt l’histoire du lieutenant-colonel Picquart.

On passe donc vite à la présentation de Picquart dans le Bureau des Statistiques. Il découvre vite qu’un certain Esterhazy est espion pour les Allemands, et a probablement fait toutes les choses pour lesquelles Dreyfus a été condamné. Tout ça, c’est de l’histoire. Mais à partir d’ici, on passe à la fiction.

Il n’y a pas de question que le colonel Henry a produit de faux documents pour faire incriminer à Dreyfus. Mais je ne suis pas au courant d’épreuves que Picquart avait une liaison avec la femme du ministre de Guerre. Ce qui s’est passé en réalité, c’est que l’on lui a donné une poste en Tunisie pour lui faire se taire. C’est vrai que ça a marché ; il n’a rien fait lors de son séjour en Tunisie. Dans le film, il devient de plus en plus angoissé, mais continue de lutter. Ce n’est pas à dire que Picquart n’était pas un héros.

C’est vrai à la fin que Picquart a réçu ses promotions rétroactives mais Dreyfus pas. Mais encore une fois, je ne connais aucune preuve que Picquart lui-même a eu une réunion avec Dreyfus pour les lui nier personnellement. C’est vrai que les deux ont fini en rupture, mais je crois que cette scène est de la fiction. Si on me donne le titre d’une référence qui dit autrement, je le lirai avec plaisir.

Mais le vrai but du film, c’est les petits pogroms. Quand Zola — personnage mineur dans ce film — publie « J’accuse », on regarde des graffitis qui disent « Mort aux juifs » et un joli feu pour brûler le journal ainsi que ses livres. C’est une scène qui rappelle la Nuit de Cristal — et ça nous mène à ma plus grande question, si le film est vraiment le « Je m’excuse » de Polanski.

Il y a de nombreuses scènes dans un tribunal. Encore et encore, des officiers saupoudrent leurs témoignages avec « juif » et « juiverie internationale ». Pourtant, il saute complètement par-dessus de la réhabilitation de Dreyfus — ça ne reçoit qu’un gros-titre sur l’écran. Il me semblait que le message était juste « tous les procès sont injustes et antisémites en plus ». Et là, je ne le suis pas. Non, M. Polanski, il était finalement un procès juste, et ils ne sont pas tous des escrocs. Cette analyse n’est pas unique à moi — vous en trouverez beaucoup dans l’article de Wikipédia sur le film.

Puis-je le recommander ? Oui. La photographie est un chef-d’œuvre et les acteurs sont tous capables. En tant que film, il y a beaucoup à recommander. Mais on va parler la semaine prochaine d’un meurtrier que je connais personnellement (je ne plaisante pas), et je dois vous dire : je reconnais des paroles intéressées quand je les entends.

Le « Crunch cake » de Louisiane

Il y a un an, quand j’étais en Louisiane, je suis tombé amoureux…. désolé, j’étais avec mon père et ma fille, pas de chance comme ça… d’un gâteau. C’était dans la vitrine du café à notre hôtel, et je l’ai goûté une fois — ça a suffi ! On l’appelle « Louisiana crunch cake », plus ou moins le « gâteau croustillant de Louisiane ». Ça compte sur de la noix de coco pour être croustillant, avec des parfums de citron, d’amande, et de vanille. Il y a une version commerciale vendu partout sous le nom Entenmann’s, mais ce produit n’a rien de spécial. Il faut expérimenter une version maison, surtout aux mains d’un pâtissier qui sait l’adapter aux cuisines françaises. Voilà :

Je n’ai pas demandé la recette de l’hôtel, car ce n’était pas fait sur site. Mais je l’ai recherché dès que je suis revenu en Californie…puis je l’ai mis à côté jusqu’à maintenant. De toute façon, j’ai trouvé la recette d’une vraie cuisinière de notre Sud, Tide & Thyme, alors quelqu’une qui comprend comment ça devrait marcher.

Je vous rappelle que notre « moule à Bundt » est plus ou moins la même chose qu’un moule à kouglof, mais avec une largeur, euh… plus large. Les volumes sont plutôt similaires, mais je vous conseillerais de considérer utiliser un peu moins de pâte — attention à la hauteur une fois versée dans le moule. La noix de coco râpée aux États-Unis est souvent vendue sucrée, et c’est ce qui demande cette recette, mais il y a déjà assez de sucre si elle n’est pas disponible. Au fait, on pourrait remplacer — à mon avis, mais pas testé — l’extrait de citron par le jus d’un demi-citron ainsi que le zeste de tout le citron.

Les ingrédients pour le gâteau « Crunch cake de Louisiane » :

Pour le gâteau :

  • 340 grammes de farine
  • 240 grammes de beurre ramolli
  • 25 grammes de noix de coco râpée et sucrée (à défaut, juste râpée)
  • 1/2 sachet levure chimique
  • 1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude
  • 1 pincée de sel
  • 65 grammes de crème fraîche
  • 400 + 25 grammes de sucre en poudre
  • 4 gros œufs
  • 1 cuillère à café d’extrait de citron
  • 1 cuillère à café de vanille liquide
  • 240 ml de lait ribot

Pour le glaçage :

  • 240 grammes de sucre glace
  • 1 cuillère à café d’extrait d’amande
  • 1 cuillère à café de vanille liquide
  • 3 cuillères à soupe de lait
  • 25 grammes de noix de coco râpée torréfiée (facultatif)

Les instructions pour le gâteau « Crunch cake de Louisiane » :

  1. Beurrer et fariner un moule à Bundt. Ajouter 25 grammes de sucre en poudre et autant de noix de coco dans le fond du moule. Mettre le tout à côté.
  1. Tamiser la farine, le bicarbonate de soude, le sel et la levure chimique dans un bol.
  1. Préchauffer le four à 180°C.
  2. Dans le bol d’un robot équipé de la feuille, mettre le beurre ramolli et les 400 grammes de sucre en poudre. Battre à petite vitesse pendant 5 minutes.
  1. Ajouter les œufs, 1 à la fois, et incorporer après chacun.
  1. Ajouter la crème fraîche et les extraits de citron et de vanille.
  1. Ajouter la moitié des poudres à la pâte. Mélanger jusqu’à ce que le tout est incorporé. Ajouter le lait ribot et mélanger. Puis finir avec le reste des poudres. N’oubliez pas de racler les bords vers la fin et mélanger pendant 15 secondes de plus après l’avoir fait.
  1. Verser la pâte dans le moule et égaliser avec une maryse.
  1. Enfourner pendant 50-60 minutes. Tester avec un cure-dent avant de sortir le gâteau. 50 minutes m’a suffi.
  2. Après avoir sorti le gâteau, torréfier les 25 autres grammes de noix de coco sur une plaque à cuisson pendant 3-4 minutes avant d’éteindre le four.
  1. Laisser refroidir pendant 10 minutes avant de démouler sur une grille.

Vous pouvez voir que mon gâteau a un peu collé et déchiré. Ne paniquez pas. Le glaçage le règlera. Et par régler, je veux dire cacher.

Les instructions pour le glaçage :

  1. Mettre le sucre glace, les extraits d’amande et de vanille et le lait dans un bol.
  1. Fouetter jusqu’à ce que le glaçage devienne lisse et homogène.
  1. Verser sur le gâteau.
  1. Saupoudrer avec la noix de coco torréfiée.
  1. Mettre au frigo afin que le glaçage puisse durcir.

J’ai changé d’assiette pour prendre les photos suivantes, toutes disponibles à haute résolution en cliquant :

L’amour est dans l’avion

Je vous ai menacé que j’allais vider mes brouillons, et on commence aujourd’hui avec quelque chose qui attend depuis déjà un an entier ! Cette fois, on parle d’une série de 3 épisodes du podcast « French Expat » du site américain « French Morning », Les couples multiculturels. Malgré le nom, le site est tout en français et ciblé aux expatriés, alors vous pourrez comprendre presque tous les contenus. Pourquoi presque ? Parce qu’il y a de nombreuses anecdotes racontées par les couples différents, et certains ne parlent pas bien (ou tout court) le français.

Avion d’Air France, Photo par Steven He, CC BY-SA 4.0

D’abord, un mot sur le sujet en général. Je m’intéresse depuis longtemps — à partir du lycée — aux histoires de conversions religieuses et changements d’identité. Mais non pas celles avec des motivations évidentes. Que le Roi Henri IV soit passé du protestantisme au catholicisme parce que « Paris vaut bien une messe », ça ne m’intéresse pas trop ; un tel dicton met à côté la sincérité. Que l’auteur G.K. Chesterton ait fait la même chose parce qu’il avait changé d’avis, ça m’a donné mon livre préféré de tous les temps. Que le père d’une copine de classe de ma fille ait appris un peu de chinois et commencé à manger leurs plats afin de se marier avec une femme d’origine chinoise, bof, c’est évidemment pour avoir de la paix à la maison. Qu’un type qui ne puisse déménager nulle part et n’ait pas non plus de future belle-famille pour épater se plonge dans une culture ? Ça fait déjà presque trois ans où je n’arrive pas à me taire sur le sujet.

Vous comprenez donc la distinction. Je ne nierai pas que je serais ravi de passer de la catégorie qui m’intéresse à celle que je trouve ennuyeuse. C’est certainement évident à d’autres personnes. Mais ce qui m’intéresse ici vient de ce que je vois aux États-Unis ; il me semble que les couples mixtes finissent par être vraiment une chose ou l’autre. J’étais donc curieux si ce serait le cas ailleurs. Ce sont à moitié des histoires franco-américaines ; il y a deux couples franco-canadiens (mais pas québécois dans les deux cas), un franco-allemand, et un franco-espagnol.

Il n’y a pas de longues histoires dans ces épisodes. Toutes les deux minutes, on passe d’un couple à un autre. Dans le premier épisode, on rencontre une dizaine, et on peut vite voir à quel point les choses sont variées. Le tout premier que l’on rencontre, Mac et Cindy, est clairement un couple à l’américaine. Les deux sont attachants, mais il ne comprend guère le français et c’est bien clair qui a fait les efforts linguistiques (par contre, c’est lui qui a fait les efforts pour voler ; c’est une vraie histoire d’amour).

On rencontre un autre couple, Fanette et Malte, où monsieur est allemand — mais on n’entend même pas un mot allemand quand ils parlent. Une femme, j’oublie laquelle, parle d’avoir grandi avec une mère française et un père sicilien, avec de vrais conflits culturels à la maison. On entend parler que certaines ont tout à coup découvert à quel point la Chandeleur leur est importante. J’y entend : « Je n’avais pas compté sur une vie si étrangère ». D’autres sont ravies à découvrir le Thanksgiving — une d’entre eux dit qu’il y a beaucoup moins de pression qu’à Noël, car pas de cadeaux. Que j’aie des nouvelles pour elle — pas quant aux cadeaux, mais à d’autres sources de pression à Thanksgiving.

Dans le deuxième épisode, les problèmes arrivent. Et non pas seulement à cause de la culture américaine. On rencontre Louisa, une française avec une mère algérienne, anciennement en couple avec un homme français pas nommé. La belle-famille n’en était pas ravie. Il y a aussi Rachel, juive, et Amine, musulman, et pas besoin de préciser la joie de leurs familles — pourtant, leur plus grand problème de loin sera la relation à distance.

Il s’avère que le père du copain de Louisa a, disons, ses idées, mais une fois qu’il découvre qu’elle « s’intéresse à toutes les questions françaises » et « vous parlez sans accent » (elle est née et a grandi dans l’Hexagone), ils s’entendent. Mais elle ne mange pas de porc, la mère essaye de la satisfaire, et ça l’embête.

Le troisième et dernier épisode concerne ce que les couples auraient aimé savoir à l’avance. La description dit que si « votre nouveau crush ne parle pas la langue de Molière…ce nouvel épisode est fait pour vous ». Bonjour. Mais les leçons, sont-elles utiles ? Pas trop.

Delphine, qui a grandi dans la campagne française trouvait que c’était très facile de s’entendre avec Aaron, fils d’une famille fermière américaine. Choquant. C’est plutôt l’un des thèses de ce blog ! Il n’est pas surprenant d’apprendre que les divergences de croyance passionnées — non pas seulement la religion, mais aussi l’amour de sa propre culture — font le plus de difficultés. Ou qu’il faut parler souvent. La conclusion de la hôtesse, c’est que « la question chance ou fardeau, la réponse est ni l’un ni l’autre ».

Il me semble que les choses ne sont pas si différentes d’ici. Mais peut-être que ce genre d’égalité n’est pas une attente réaliste. Alors, je ne sais pas si on a besoin de l’entendre mais au cas où : allez, on fait des galettes des rois et fêtent la Chandeleur, même à la marocaine, chez moi !