Archives pour la catégorie Le tour des départements

Mon dîner costarmoricain

Je vous présente le dîner le plus trompeur de ce blog. Ça a l’air facile, et ce devrait le cas si vous avez les bons outils. Mais j’ai dû faire une douzaine de ces galettes pour vous en présenter UNE qui n’a pas cassé en tournant ! Voici la galette complète et le far breton :

Ne me méprenez pas — j’adore ce dîner ! Mais la pâte à crêpes fait à base de farine de sarrasin est plus fragile que celle avec à farine de blé. Il faut vraiment utiliser une vraie crêpière, pas une poêle à bords hauts comme la mienne. J’ai déjà trop de poêles et de moules dans mes placards, mais je sais maintenant que une crêpière fait partie d’une vraie cuisine française.

Je dois ces recettes au site Recettes Bretonnes. Voici leur originale pour la galette complète, et voici leur far breton. Il faut que je vous dise — en fait, j’ai déjà fait un far breton il y a un an. Quand j’ai demandé à mon groupe sur Facebook pour des recettes traditionnelles, l’admin m’a recommandé cette recette. Ça fait longtemps, mais je l’adore encore.

Ingrédients pour la galette complète :

  • Des galettes bretonnes
  • 1 tranche de jambon par galette (j’ai utilisé du jambon de dinde)
  • 1 œuf par galette
  • De l’ emmental
  • Du beurre
  • Sel

Pour les galettes bretonnes elles-mêmes :

  • 330 grammes de farine de sarrasin
  • 75 cl d’eau
  • 10 grammes de gros sel
  • 1 oeuf
  • Du beurre

Instructions pour les galettes complètes :

  1. Disposez la farine de sarrasin en puits, dans un saladier, avec le sel.
  1. Versez de l’eau au fur et à mesure et mélangez énergiquement à l’aide d’une cuillère en bois. Vous obtiendrez ainsi une pâte fluide et épaisse.
  1. Ajoutez y l’œuf qui apportera une belle coloration à votre pâte lors de la cuisson et mélangez bien.
  1. Laissez la pâte reposer environ 2 heures au frigo, en la recouvrant d’un torchon ou film alimentaire.
  2. Mettez du beurre dans votre poêle ou du saindoux sur votre crêpière et mettez la sur feu doux/moyen.
  3. Si vous effectuez vos galettes à la poêle*, une fois le beurre bien fondu, versez une louche de pâte, puis inclinez très vite la poêle afin d’étaler la pâte sur toute la surface. — Je vous conseille de faire des galettes plus épaisses qu’à farine de blé, parce que cette pâte est plus fragile.
  1. Faites cuire les deux faces pendant environ 1 à 2 mn chacune. Après avoir cuit la deuxième face pendant 2 minutes, on fait la galette complète. Ajoutez l’emmental, puis la tranche de jambon.
  1. Rajoutez l’œuf (vous pouvez le cuire dans une poêle à part pour une meilleure cuisson ou bien casser l’œuf directement sur la galette). Selon vos goûts, vous pouvez faire un oeuf sur le plat ou brouillé. — J’ai cuit mon œuf dans une autre poêle.
  1. Ajoutez une pincée de sel.
  2. Repliez chaque bord de la galette afin d’obtenir un carré : votre galette est déjà prête en 5 mn ! — J’ai trouvé que c’est difficile de replier la galette dans la poêle, alors je l’ai fait sur l’assiette.

Et maintenant, le far breton. J’adore ce dessert ! L’astuce de Recettes Bretonnes est de « penser à dénoyauter » vos pruneaux. Pensez plutôt à votre dentiste et juste les dénoyauter. C’est pas une question. Aussi, je mets directement les pruneaux dans le moule, au lieu de les mélanger avec la pâte. Vous aurez un moule BIEN rempli — pas besoin d’un déversement.

Ingrédients pour le far breton :

  • 220 grammes de farine de blé
  • 130 grammes de sucre en poudre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 3/4 de litre de lait
  • 5 oeufs
  • 20 grammes de beurre
  • 500 g de pruneaux, ou assez pour couvrir le fond de votre moule

Instructions pour le far breton :

  1. Pour commencer, préchauffez le four à 180°C (thermostat 6).
  2. Dans un saladier, mélangez le sucre, la farine et ajoutez le sucre vanillé.
  1. Puis ajoutez les œufs en prenant soin de bien mélanger délicatement le tout à chaque fois.
  1. Versez le lait et ajoutez le beurre au préalablement fondu puis mélangez jusqu’à ce que vous obteniez une pâte homogène.
  1. Ajoutez vos pruneaux si vous souhaitez obtenir un far aux pruneaux et pensez à les dénoyauter s’ils ont des noyaux (mais vous pouvez évidemment le déguster nature -ce qui est d’ailleurs plus traditionnel- ou avec des pommes*). — Vous avez déjà mon avis sur les pruneaux !
  2. Beurrez le fond de votre moule et versez y la pâte.
  1. Vous pouvez placer votre moule au four et patientez une heure environ. Votre far sera bien gonflé quand il sortira du four. Laissez-le tomber et refroidir avant de démouler, environ 1/2 heure.

Je découvre les Côtes-d’Armor

Notre prochain département est un retour à l’idée que les noms de département devraient avoir quelque chose à voir avec la géographie. Et c’est pour ça que le 22, les Côtes-d’Armor, était anciennement appelé les Côtes-du-Nord. À cause d’être en Normandie ou dans les Hauts-de-France, bien sûr. Ah non, c’est dans l’Ouest ? Je ne le comprendrai jamais. En tout cas, c’est le département le quarante-quatrième plus peuplé et les habitants se nomment Costarmoricains. C’est notre premier séjour en Bretagne.

En fait, je ne suis pas trop sûr d’où vient le nom « Armor ». Selon Wikipédia, ça veut dire « pays de la mer » en breton. Mais j’ai vérifié tous les dictionnaires bretons dans ce site, et il n’y avait rien avec le mot « armor ». D’autre part, ce site breton dit que c’est vrai, et aussi que le nom rappelle l’ancien nom de Bretagne, Armorica.

On commence notre tour du département à Ploumanac’h, un village élu en 2015 « Village Préféré des Français ». Ploumanac’h a des trésors naturels qu’il faut visiter, surtout le Sentier des Douaniers de Ploumanac’h (3 étoiles Michelin). C’est un long sentier dont on a besoin de 3-4 jours pour tout voir. Au long du sentier, on trouve la Côte de Granit Rose (2 étoiles), dont les Rochers de Ploumanac’h (2 étoiles) — qui ressemblent à des formes intéressantes, comme un lapin ou une tortue. Il y a aussi les Sept-Îles (2 étoiles), la plus grande réserve ornithologique de France, et quelque chose de vraiment différent, la Cité des Télécoms (2 étoiles), un musée consacré à l’histoire des inventions françaises pour les télécommunications.

La plus grande ville des Côtes-d’Armor est Saint-Brieuc, nommée pour un saint gallois. C’est connu pour avoir la deuxième plus belle gare en France, selon les passagers de SNCF. Ne me regardez pas comme ça, je ne suis que le messager ! Après être arrivé dans cette excellente gare, passer par les maisons anciennes du centre-ville (1 étoile) et la cathédrale Saint-Étienne (1 étoile). Mais on continue le long de la côte vers un site beaucoup plus spectaculaire.

Voilà l’un des Grands Sites de France, Cap d’Erquy et Cap Fréhel. Cap d’Erquy (2 étoiles) et Cap Fréhel (3 étoiles) sont parmi les plus belles plages de France. Le Fort La Latte (2 étoiles) est un grand château du XIVe siècle, et les pointes de Saint-Cast (2 étoiles) et de la Garde (2 étoiles) offrent de magnifiques vues. Tout ça sur environ 13 km !

Finalement, je veux mentionner la cité médiévale de Dinan. La vieille ville (2 étoiles) vaut le coup, et il y a de nombreuses attractions qui gagnent chacune une étoile, comme la Place des Merciers, la Basilique Saint-Sauveur, la Rue du Jerzual, et le Château de Dinan. Nos autres choix sont tous le long de la côte, mais considérez aussi une visite à Dinan.

Centre-ville de Dinan, Photo par Dinan Cap-Fréhel Tourisme, Droits réservés

Qui sont les personnages les plus connus de Côte-d’Armor ? L’écrivain et philosophe Ernest Renan, l’homme d’affaires milliardaire François Pinault, le cycliste Bernard Hinault. Il faut que j’ajoute le Marquis de La Fayette, héros de la Révolution américaine, parce que sa famille est liée à Saint-Brieuc, même s’il n’y a pas vécu lui-même. Il y a beaucoup d’autres qui sont connus en France, comme l’animateur Michel Drucker et l’actrice Danièle Évenou (j’adore Marie Pervenche !), mais comme toujours, je cherche ceux qui sont mondialement connus.

Qu’est-ce que l’on mange en Côtes-d’Armor ? Il y a surtout la crêpe bretonne, faite avec de la farine de froment ou de sarrasin. Il faut faire attention — parfois on dit « galette bretonne » pour une crêpe à la farine de sarrasin, et parfois « galette bretonne » veut dire un biscuit comme celui-ci. La « galette complète » est la version classique, avec un œuf, du jambon, et du fromage râpé. Tant que la Bretagne produit 55% du porc en France, c’est pas surprenant qu’ils mangent aussi du porc rôti au cidre. Parmi leurs produits locaux, le plus important est la coquille Saint-Jacques, où la baie de Saint-Brieuc a « le plus grand gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de France », et aussi les huîtres et les moules. Pour boire, une dizaine de cidreries locales. En dessert, on trouve le far breton (un peu comme une flognarde ou un clafoutis, mais aux pruneaux), le quatre-quarts au sarrasin, le kouign-amann, et les palets bretons. On va bien manger en Côtes-d’Armor !

Mon dîner costalorien

J’ai des larmes aux yeux. Vous savez qu’il y a des départements que j’aime fortement, où la cuisine m’a demandé de faire quelque chose de spécial. Je pense surtout aux dîners ardéchois, calvadosien, et aubois. Mais celui-ci, c’est le dîner bien français, ce qui me rappelle qu’à mon avis, il y a le français, puis l’italien, puis quelques plats de notre sud-ouest, puis le reste. Je vous présente le bœuf bourguignon et le pain d’épices de Dijon.

Pour ce dîner, j’ai trouvé plusieurs choses qui viennent de la Côte-d’Or. Le fromage est l’Époisses — et ça coûte CHER — environ 20 €, deux fois ce que l’on payerait chez Carrefour. Et le vin est des Hautes-Côtes-de-Beaune. Voilà :

J’ai trouvé des vrais fruits confits français pour le pain d’épices, et le mélange d’épices aussi. Vous pouvez les voir dans mon post sur myPanier. Je dois la recette du bœuf bourguignon au Cordon Bleu, et la recette du pain d’épices au site Cuisine Actuelle. Comme d’habitude, il y a des changements au plat principal à cause d’être seul. En plus de couper les ingrédients, je n’ai fait pas de lardons ni croûtons. Il n’y aurait pas assez d’ingrédients pour valoir le coup de les faire.

Je dois ajouter — le pain d’épices est facile, mais le bœuf est BEAUCOUP de travail. Ne le faites pas sauf pour quelqu’un que le mérite bien. Sérieusement.

Les ingrédients pour le bœuf bourguignon :

Pour le bœuf :

  • 500 grammes de paleron maigre de bœuf coupé en cubes de 5 cm 
  • Quelques carottes émincées
  • 1/2 oignon émincé
  • 1 gousse d’ail écrasée
  • 1 bouquet garni
  • Du poivre en grains
  • 250 ml de vin rouge
  • 50 ml d’huile
  • 1/2 cuillère à soupe de concentré de tomates
  • 1 cuillères à soupe de farine
  • 250 ml de fond de veau brun
  • 1 cuil. à café de sel
  • 1/4 cuil. à café de poivre

Pour les champignons :

  • 150 g de champignons de Paris 
  • 1 cuil. à soupe d’huile
  • 1 cuil. à soupe de beurre
  • 1 cuil. à soupe sel, poivre

Pour les oignons :

  • 9 oignons grelots
  • 25 g de beurre
  • 1 pincée de sucre
  • sel

Les instructions pour le bœuf :

  1. La veille, mettre le bœuf dans un bol avec les légumes émincés. Ajouter les gousses d’ail écrasées, le bouquet garni, les grains de poivre et le vin rouge. Laisser mariner pendant 24 heures. — J’attache mes bouquets garni avec une pièce de thym, pas un string.
  1. Préchauffer le four à 180°C.
  2. Egoutter et séparer les légumes, le vin et la viande (réserver le bouquet garni). Sécher la viande et la colorer dans un peu d’huile à la poêle. Égoutter la viande.
  1. Chauffer un peu d’huile dans une grande casserole et colorer les légumes émincés. Ajouter le concentré de tomates, la viande et la farine. Mélanger bien et mettre la casserole au four pendant quelques minutes pour cuire la farine.
  1. Porter le liquide de la marinade à ébullition, écumer. Passer le liquide au chinois sur la viande et mélanger bien. Ajouter le fond de veau brun et le bouquet garni, et assaisonner. — J’ai ajouté une peu de romarin sec ici ; on peut le voir à droite.
  1. Porter de nouveau à ébullition, couvrir et cuire au four pendant environ 1 heure et 15 minutes. Lorsque la viande est cuite, retirer et placer dans une plaque à bords ; couvrir avec un linge humide. — Pendant que votre bœuf cuit, faites vos oignons et vos champignons. Ne perdez pas vos temps !
  1. Passer la sauce au chinois et réduire jusqu’à la consistance désirée. Remettre la viande dans la sauce et faire frémir pendant 20 à 30 minutes.

Les instructions pour les champignons :

  1. Sauter les champignons dans une poêle avec un peu d’huile et de beurre. Assaisonner.

Les instructions pour les oignons :

  1. Mettre les oignons dans une casserole avec un peu de beurre et une pincée de sucre et de sel, couvrir à hauteur d’eau.
  1. Les cuire sur feu fort afin d’évaporer l’eau le plus rapidement possible et de permettre ainsi au sucre et au beurre de former un caramel. Lorsque le caramel est formé, remuer les oignons en secouant la casserole afin de les colorer uniformément.

Présentation :

Ajouter les champignons sautés et les oignons glacés à brun au bœuf. Mettre tout sur des assiettes. Décorer avec du persil plat.

Les ingrédients pour le pain d’épices :

  • 250 grammes de farine
  • 250 grammes de miel
  • 50 grammes de cassonade
  • 10 cl de lait
  • 30 grammes de beurre
  • Beurre pour le moule 
  • 2 œufs
  • 1cuillère à café bicarbonate
  • 2 à 4 cuillères à café (selon le goût) de mélange d’épices — j’ai utilisé 3
  • 1 pincée sel
  • Des fruits confits

Les instructions pour le pain d’épices :

  1. Préchauffez le four à 160 °C (th.5/6). Versez le lait dans une casserole, ajoutez le miel et le beurre et faites chauffer doucement.
  1. Versez la farine dans un saladier et mélangez avec le bicarbonate, la cassonade, le sel et les épices. Incorporez progressivement le lait tiède et les œufs et mélangez bien pour obtenir une pâte lisse et homogène.
  1. Versez la préparation dans un moule à cake beurré, déposez des fruits confits et enfournez et laissez cuire 1 heure.
  1. Laissez refroidir le pain d’épice avant de le démouler.

Je découvre la Côte-d’Or

Après deux semaines dans l’île de Corse, on continue le tour maintenant avec un autre département plein de plages, le 21, la Côte-d’Or. Je suis sûr que c’est le cas parce qu’il y a la Côte d’Azur, la Côte d’Ivoire, la Côte des Barbaresques… Attendez — c’est complètement enclavé et il n’y a pas de côtes ? Mais tous les départements sont nommés selon des faits géographiques, non ?

En fait, selon Wikipédia, avant la Révolution, les montagnes entre Beaune et Dijon s’appelaient déjà « La Coste » parce que, sur les cartes en relief, elles ressemblaient à une côte. Le mot « or » est une troncature du mot « orient », parce que les montagnes sont à l’est du département, et n’a rien à voir avec le métal.

En tout cas, c’est le département le cinquante-et-unième plus peuplé et les habitants se nomment Côte-d’Oriens ou Costaloriens. C’est notre premier séjour dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

Hôtel-Dieu de Beaune Photo par Velvet CC BY-SA 3.0

On ne peut parler de la Côte d’Or sans parler du vin, mais aussi du festival moutarde et cinéma. Je plaisante sur le festival, une blague de La Cité de la Peur, mais les deux plus grandes villes sont Dijon, connu pour la moutarde, et Beaune, très bien connu pour le vin, surtout le pinot noir et le chardonnay.

Alors, on commence notre séjour en Côte-d’Or à Beaune. Le plus grand trésor de la ville est l’Hôtel-Dieu (3 étoiles Michelin, photo ci-dessus), à la fois musée et vignoble où on trouve le chef d’œuvre de Rogier van der Weyden, Le jugement dernier. Aussi dans la ville, ne ratez pas les Remparts (1 étoile), le vieux mur et des tours qui encerclent la ville. Il y a aussi des châteaux intéressants près de la ville, comme le Château de Savigny-les-Beaune, qui vient du XIVe siècle et fonctionne encore comme exploitation viticole, et le Château de la Rochepot, la maison des Carnot, où on trouve une salle très intéressante plein d’objets chinois, des cadeaux pour M. le Président Carnot pendant les années 1890s.


Mais si vous êtes à Beaune, il faut vraiment que vous visitez La Côte (3 étoiles) — la collection de vignobles et villages d’où viennent les meilleurs vins du monde. Je vous recommande fortement ce bel article sur cette région par l’une de mes blogueuses préférées et son chat, Flanel. L’Office de Tourisme Beaune vous propose des infos pour suivre la Route des Grands Crus.

Quelque chose de bizarre ? Si vous voulez visiter la dernière usine de moutarde familiale en toute Bourgogne, elle est à Beaune, pas à Dijon, la Moutarderie Fallot (1 étoile). (Voici leur recette de macarons à la moutarde. Si Pierre Hermé peut faire des macarons aux légumes, pourquoi pas ?)

Dijon est également plein de trésors — peut-être de plus que Beaune ! Il y a d’abord le Musée des Beaux-Arts (3 étoiles) ainsi que 3 autres musées étoilés — de la Vie bourguignonne, d’Art sacré, et d’Archéologie. Le Musée des Beaux-Arts fait partie du Palais des ducs (2 étoiles), en face de la Place de la Libération (anciennement la Place Royale, d’Armes, Impériale, du Maréchal Pétain, puis enfin Libération — voilà, la France !). La Cathédrale Saint-Bénigne (2 étoiles), du XIIIe siècle, est consacré au premier martyr bourguignon. Ne ratez pas les Puits de Moïse (3 étoiles) une énorme statue du XIVe siècle, dans un ancien monastère. Et juste pour l’architecture, passez par la Place François-Rude (pas d’étoiles, je m’en fiche).

On trouve aussi en Côte d’Or le village de Meursault, mieux connu comme le village où Louis de Funès, Bourvil, et les soldats anglais ont convenu de se rencontrer dans La Grande Vadrouille. Je dois mon amour des films français à Rabbi Jacob, mais c’était pour La Grande Vadrouille que j’ai acheté le bon lecteur DVD pour la région ! On peut prendre une visite guidée, mais si vous voulez voir tout le Meursault du film, il faut visiter aussi les villages de Vézelay et Noyers-sur-Serein. Hélas l’hôtel à Noyers-sur-Serein n’existe plus.

Je peux continuer pendant des semaines. Alors, j’arrêt avec les sites touristiques pour demander ma question habituelle : qui sont les personnes les plus connues du département ? Il y a d’abord une famille très proche aux cœurs des ingénieurs, les CarnotNicolas Sadi Carnot ayant découvert la thermodynamique, et son neveu Marie François Sadi Carnot, ingénieur puis Président de la République (1887-94). Il y a aussi le compositeur Jean-Philippe Rameau, l’architecte Gustave Eiffel, le cofondateur de Chevrolet, une marque de voiture américaine, Gaston Chevrolet, la chanteuse/artiste/modèle Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, et le saint catholique Bernard de Clairvaux — parmi des centaines. Quelle histoire !

Ne soyez pas stupide, Justin. Ne le dites pas…Qu’est-ce que l’on mange en Côte-d’Or ? (Soupirs.) Je vous ai dit de ne soyez pas stupide, Justin ! Après la soupe à l’oignon, y a-t-il un plat français plus connu dans le monde entier que le bœuf bourguignon ? Saviez-vous que la cuisine bourguignonne est si bien connue que l’UNESCO l’a inscrit au patrimoine mondial ? Le lapin à la moutarde ? Le coq au vin à la bourguignonne ? On parle de LA cuisine française ! En dessert, on trouve plus de vin aux poires pochées, et les nonettes, un genre de pain d’épices fourré à la confiture à l’orange. (Il me semble que la Côte-d’Or n’est pas connu pour ses desserts.)

Il y a aussi de nombreux produits locaux : les fromages époisses et cîteaux, la moutarde Dijon (bien sûr !), la truffe de Bourgogne, et quelque chose d’inhabituel, le pain d’épices de Dijon — dont il faut mélanger de la farine de blé, du miel, et du sucre, puis laisser rester pendant 1-3 semaines avant de cuisson. Carrément, on ne mourra pas de faim en Côte-d’Or !

Mon dîner de Haute-Corse

Arrêtez n’importe quoi que vous faites. Vous n’êtes pas en train de faire une fiadone. Même si vous êtes chirurgien ou pompier, votre travail peut attendre. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Les corses adorent le fromage brocciù, comme les aubois avec le Chaource. Alors, ce dîner est tout fait avec la ricotta, le plus proche fromage qu’on trouve dans le supermarché. (Le brocciù n’est pas disponible chez Carrefour ; ce n’est pas juste mon problème !) J’étais un peu choqué à me rendre compte qu’il n’y avait aucune recettes d’œufs ici, et je vous devais quand même quelque chose de plus facile. Alors je vous présente l’omelette au brocciù et à la menthe et ce que Dieu mange tous les jours, la fiadone :

La Corse n’est pas le premier lieu où j’ai trouvé une omelette à la menthe, mais je ne me souviens plus lequel. Selon Marie Claire, c’est un plat corse, et qui suis-je de dire le contraire ? C’est le brocciù qui la rend un plat corse, même si on doit substituer un autre fromage. Je dois la recette à Marie Claire.

Les ingrédients pour l’omelette au brocciù et à la menthe (pour une personne) :

  • 2 gros œufs
  • 50 grammes de brocciù ou de ricotta
  • Des feuilles de menthe
  • 1 cuillère à soupe de huile d’olive
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour l’omelette au brocciù et à la menthe :

  1. Cassez les oeufs dans un saladier, ajoutez-y la moitié du brocciu, coupé en petits morceaux. Fouettez rapidement pour obtenir une préparation homogène.
  1. Prélevez les feuilles de menthe, rincez-les, séchez-les, hachez-les, ajoutez-les aux œufs. Salez, poivrez.
  1. Dans une grande poêle où chauffe l’huile, posée sur feu vif, versez les œufs. Dessus, répartissez le reste de brocciu, grossièrement émietté.
  1. Au bout de 2 min, baissez le feu, couvrez et laissez cuire jusqu’à ce que la surface de l’omelette soit presque prise mais encore légèrement baveuse. Pliez-la en deux sur elle-même, servez-la.

Je n’arrête pas de chanter les louanges de la fiadone. C’est FACILE (sauf la première instruction), et c’est si, si bon. On peut changer le goût avec un changement d’eau de vie de fruit. J’ai utilisé du Calvados. On peut également utiliser eau de vie de poire ou de framboise. Peu importe. Ce sera DÉLICIEUX quand même ! Je dois aussi cette recette à Marie Claire.

Les ingrédients pour la fiadone :

  • 450 grammes de brocciù ou de ricotta
  • 1 orange
  • 5 œufs
  • 80 grammes de sucre en poudre pour caraméliser
  • 300 g de sucre en poudre
  • 1 cuillère à soupe d’eau-de-vie de fruits
  • 1 cuillère à soupe de sirop d’orgeat
  • Du sel

Les instructions pour la fiadone :

  1. Mettez le sucre pour caraméliser et quelques gouttes d’eau dans un moule à manqué antiadhésif. Posez-le sur feu moyen en l’inclinant régulièrement pour répartir la chaleur. — J’ai fait ça dans une poêle ensuite essayé de le transférer. C’est trop difficile. Faites le caramel dans le même moule que vous utiliserez pour la suite.
  1. Dès que le caramel blondit, éteignez le feu et inclinez encore le moule pour qu’il soit uniformément nappé. Laissez refroidir puis placez 20 min au congélateur. Préchauffez le four à 170° (th 5-6). 
  1. Rincez l’orange et râpez finement son zeste. Cassez 3 œufs en séparant les blancs des jaunes (réservez les 3 blancs). 
  1. Dans une jatte, fouettez le sucre en poudre avec les 3 jaunes et les 2 œufs entiers. Ajoutez le brocciù et le zeste, mélangez. Incorporez l’eau-de-vie et le sirop d’orgeat. 
  1. Montez les 3 blancs en neige ferme avec 1 pincée de sel et incorporez-les délicatement à la préparation au brocciù. 
  1. Versez la pâte dans le moule caramélisé et enfournez pour 40 min en surveillant le dessus du gâteau. Laissez le fiadone refroidir avant de le servir. — C’est DIFFICILE de démouler. Coupez-la dans le moule.

Je découvre la Haute-Corse

On traverse maintenant l’île de Corse pour visiter le 2B, la Haute-Corse. D’habitude, je vous parle du nombre d’habitants, mais ça fait 3 jours depuis que le site INSEE ne marche pas. Il n’y a que 180 000 d’habitants, alors il y a plus de gens qu’en Corse-du-Sud (157 000), mais pas trop. Les habitants sont également nommés corses comme ceux de Corse-du-Sud.

Nous avons déjà parlé de l’histoire de l’île en tant que territoire français. Comme Corse-du-Sud est chez Napoléon, Haute-Corse est chez Pascal Paoli, qui a lutté pour l’indépendance de la corse. On parlera de lui ci-dessous.

On commence avec la ville de Bastia, la préfecture de Haute-Corse. Depuis des siècles, c’est le plus grand port de commerce sur l’île. Le Vieux Port (2 étoiles Michelin) n’est plus le site commercial, mais il reste encore des pêcheurs et des bateaux privés, ainsi que beaucoup de restos et sites touristiques. Le musée de Bastia (1 étoile) est situé dans l’ancien palais des Gouverneurs, et on y trouve de nombreuses expositions sur l’histoire corse. Juste en dehors de Bastia, on trouve l’ancienne cathédrale de Nebbio (2 étoiles) qui vient du XIIe siècle, et l’incroyable plage du Cap Corse (3 étoiles) où on peut faire de la plongée et visiter de beaux petits villages.

Si vous voulez faire le « tour Pascal Paoli », on commence à sa maison natale, à Morosaglia (0 étoiles) près de la belle vallée de La Castagniccia (2 étoiles). Visitez aussi sa statue à Corte, puis la Citadelle de Corte (1 étoile), où on se trouve le Musée de la Corse, l’office de tourisme, et le musée d’art FRAC. Finalement, visitez l’Île-Rousse, une cité fondée par Paoli lui-même pour avoir un port que les gênes ne contrôleraient pas. Pendant que vous êtes là, visitez le buste de Paoli en face de l’église de l’Imacculée-Conception (0 étoiles).

Il y a quelques autres joyaux de Haute-Corse. Juste en dehors de l’Île-Rousse, il y a la vallée de La Balagne (3 étoiles), où on trouve le parc naturel régional de Corse. Ne ratez pas la Citadelle de Calvi (2 étoiles), construit de 1483 au XVIIe siècle contre ce qui appelle Wikipédia « la menace franco-turque » (vous ne lirez pas trop souvent cette expression !). À la Citadelle, on se trouve la maison natale d’un navigateur, un Christophe Colomb. Vous avez peut-être entendu parler de lui ? (Il y a des doutes, mais j’accepte toujours les revendications français contre le reste du monde !) Finalement, si vous adorez faire de la randonnée, et votre colonne vertébrale ne ressemble pas du tout la mienne, faites une randonnée au Monte Renoso, le plus haut sommet de Corse (3 étoiles).

Vous savez que je demande toujours, qui sont les habitants les plus connus du département. On a une surprise — Henry Padovani, guitariste original de The Police — oui, avec Sting — né à Bastia. Joseph Bonaparte a été né à Corte, bien que sa famille soit plus liée à Corse-du-Sud. Antoine de Saint-Exupéry n’y a habité que pendant les deux dernières semaines de sa vie, mais son dernier vol en tant que pilote est sorti de l’aéroport de Bastia-Poretta.

Pour conclure, je parle toujours de la cuisine départementale, mais il n’y a aucune différence entre la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Demain, je ferai mon dîner départemental, puis j’ai une autre histoire sur une entreprise de Haute-Corse, ensuite on reviendra dans l’Hexagone.

Mon dîner de Corse-du-Sud

Je ne peux dire « mon dîner corse », parce que « corse » est le gentilé pour toute l’île. Honnêtement, il n’y a une différence entre ce qu’on mange en Corse-du-Sud et en Haute-Corse, mais je ferai quand même deux dîners. Pour le premier, j’ai choisi les cannellonis au brocciu en plat principal, et les canistrellis (appelés aussi canistrellus selon leur dialecte plutôt sicilien) en dessert. C’est la première fois où j’ai fait un de ces dîners pour ma fille, pas juste moi tout seul. Je suis heureux de vous dire qu’elle a tout aimé — non, ça ne se passe pas tout le temps !

Il faut que je l’avoue — j’ai un peu triché avec celui-ci. Je ne mens pas quand je vous dis que mon ex-femme a dit au tribunal que je passais beaucoup trop de temps en préparant la sauce à la tomate. Je ne fais donc plus la sauce à la tomate à partir de zéro. Ne vous méprenez pas — la sauce me manque plus qu’elle — mais il y a parfois des choses qui perdent leur joie. En tout cas, la sauce proposée par cette recette est trop simple à mon goût, j’ai donc choisi une sauce industrielle, mais de bonne qualité.

Je dois l’idée de faire les canistrellis à Keldelice, qui m’a aussi donné l’idée d’en faire deux versions — l’un pour les adultes, et l’autre pour les enfants. Je suis tellement désolé — elle restera la meilleure idée que vous recevrez de moi pour toujours. Je dois la recette actuelle à Pâtisserie et Gourmandise, un site corse, et la recette des cannellonis à Marie Claire (le magazine ; je ne connais aucune Marie Claire).

Les ingrédients pour les cannellonis au brocciu, pour 2 personnes :

  • 8 carrés de pâte à lasagne
  • 250 grammes de brocciu ou de ricotta
  • 50 cl de sauce à la tomate industrielle OU
  • coulis de tomate
  • 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 2 branches de thym frais (si vous faites votre propre sauce)
  • 50 grammes de parmesan
  • 1/2 bouquet de menthe fraîche
  • Du sel
  • Du poivre

Les instructions pour les cannellonis :

Si vous ne pouvez pas trouver de brocciu, pas de soucis — juste faire votre propre fromage ! Plus facile, on peut utiliser de la ricotta au lieu du brocciu.

  1. Préchauffez le four à th 5/6 (160°). Lavez, équeutez et hachez la menthe fraîche. Mettez-la dans un saladier, ajoutez le bruccio, 1 cuillère à soupe d’huile, salez, poivrez et mélangez à la fourchette.
  1. Plongez les lasagnes 3 min dans une casserole d’eau bouillante salée. Égouttez et séchez-les sur un torchon propre.
  1. Déposez 2 cuil. de farce de bruccio sur les carrés de pâte et roulez-les un par un. Rangez-les dans un plat à four.
  1. Faites chauffer la sauce OU faites chauffer le coulis de tomate mélangé à un petit verre d’eau et au reste de l’huile d’olive. Ajoutez le thym frais et rectifiez l’assaisonnement.
  2. Nappez les cannellonis avec cette sauce, parsemez de parmesan en copeaux et faites cuire 20 min au four. Servez très chaud.

Les ingrédients pour les canistrellis :

  • 250 grammes de farine
  • 100 grammes de sucre
  • 1 sachet de levure chimique
  • 80 grammes d’huile végétale (arachide, tournesol, colza, pépin de raisin) — j’ai utilisé du tournesol
  • 90 grammes de vin blanc
  • 3 g de sel
  • Option : zestes de citron, orange, anis, amandes, du chocolat

Les instructions pour les canistrellis :

Vous serez surpris — ces biscuits sont faits avec du vin blanc, mais vous pouvez les faire d’une façon qui plaira aux enfants. J’ai utilisé les parfums traditionnels pour la moitié de la recette, et du chocolat pour le reste Et ma fille a adoré ceux au chocolat ! Je vous conseille de les servir avec soit du café soit du vin de dessert. Le vin italien « vin santo » marcherait très bien, je pense.

  1. Préchauffer le four à 180°C. Verser la farine dans un saladier, puis ajoutez la levure chimique, le sel et le sucre et mélanger.
  1. Ajouter le vin blanc et l’huile, puis mélanger — j’ai obtenu de bons résultats avec une maryse. Pétrisser tous les ingrédients jusqu’à obtenir une pâte friable. Ajouter vos ingrédients pour parfumer la pâte. — J’ai coupé ma pâte en deux gros morceaux. Dans un morceau, j’ai ajouté du zeste de citron, de l’anis, et des amandes. Dans l’autre, du chocolat sans rien d’autre.
  1. Etaler la pâte jusqu’à environ 5 mm d’épaisseur. Avec un couteau, découper des rectangles.
  1. Poser un tapis de cuisson sur votre plaque à pâtisserie et déposez-y les canistrellis.
  2. Enfourner à 180°C pendant 30 minutes.

Je découvre la Corse-du-Sud

On arrive maintenant dans le… 2A ? Où est le 20 ? Comment est-ce qu’on compte en français : 18, 19, 2A ? Même dans le système de nombres hexadécimaux, il faut comptoir 20 avant 2A ! J’entends parler que si on écrit 20 sur une enveloppe, La Poste la livrera quand même. En tout cas, je pourrais écrire soit un post soit deux sur la Corse, parce que les définitions ont changé plusieurs fois, mais j’en écrirai deux.

La Corse-du-Sud est le département le septième moins peuplé, et les habitants se nomment les corses. Mais ce qui leur manque en quantité, ils le regagnent en qualité, avec peut-être le Français le plus important de l’histoire. Oui, la Corse-du-Sud se vante de Napoléon Bonaparte, né dans leur préfecture, Ajaccio. Et je vous rassure, j’ai une histoire sur Napoléon et sa famille pour vous raconter que vous ne savez probablement pas. (Ça fera son propre article.) En parlant de sa famille, vous pouvez trouver beaucoup d’eux dans la chapelle impériale à Ajaccio :

Chapelle Impériale, Photo par Eveha, CC BY-SA 3.0

Mais l’histoire de Corse-du-Sud ne commence pas avec Napoléon. Comme de nombreuses îles de la Méditerranée, c’est un lieu stratégique et une voie de navigation précieuse. Dès l’âge Néolithique, il y a 9000 ans avant J-C, on trouve des preuves d’êtres humains. Il y a 3500 ans, on trouve la « culture torréenne », une civilisation qui nous a laissé des tours en pierre. Voici un exemple à Cucuruzzu :

Les ruines à Cucuruzzu, Photo par DocteurCosmos, CC BY-SA 3.0

Nous passons par les Phéniciens et les Romains et reprenons notre histoire pendant le Moyen-Âge, à commencer avec notre roi préféré, Charlemagne. En tant que roi des Lombards, avant de devenir roi des Francs, il donne l’île au Pape en 774. Après, en 1077, le Pape cède le contrôle aux Pisans, qui perdent l’île aux Génois en 1299. L’île reste sous le contrôle d’une sorte d’italien ou autre jusqu’en 1553 quand Sampiero Corso, un soldat de la Corse-du-Sud capture l’île en tant que mercenaire français. Ça ne dure longtemps, et en 1559 les Français rend encore l’île aux Génois. Après des émeutes en 1729, il y a une guerre civile, puis en 1735, la Corse gagne une brève indépendance. « Brève » veut dire moins que deux ans, après lesquels, les Français, les Génois, les Britanniques, et les Espagnols prennent tous leurs tours à se battre pour le contrôle. Ce qui se passe après, jusqu’à la Révolution Française, c’est compliqué, mais après une lutte entre le général corse Pascal Paoli (dit « Babbu di la Patria », ou Père de la Patrie) et la Convention, la Corse est sous le contrôle de la France depuis 1795.

La ville la plus importante de la Corse-du-Sud est carrément Ajaccio, la préfecture et le lieu de naissance de Napoléon. Et franchement, si vous allez en Corse-du-Sud, c’est pour faire le tour de sites Napoléoniens. (Également, si vous allez en Haute-Course, c’est pour faire le tour de sites Paoliens.) Alors, quels sont les incontournables Napoléoniens ?

Il y a deux musées appelés « Musée de France » consacrés à Napoléon, Le Musée national de la Maison Bonaparte (1 étoile Michelin) et Le Salon napoléonien de l’hôtel de ville d’Ajaccio (1 étoile). Ce dernier fait partie du Palais Fesch (3 étoiles), un musée de beaux-arts. Il y a plusieurs statues de Napoléon à Ajaccio ; il faut visiter le monument équestre à la Place du Général-de-Gaulle (0 étoiles), érigé sous le règne de Napoléon III, et la statue de Napoleon en consul romain à la place Foch (0 étoiles).

En dehors d’Ajaccio, on visite la Corse-du-Sud pour sa beauté naturelle et aussi les sites préhistoriques. On a déjà parlé de Cucuruzzu (2 étoiles). Ne ratez pas aussi la Golfe de Porto-Vecchio (2 étoiles), le site Néolithique de Filitosa (2 étoiles), la Vallée de la Gravona (2 étoiles) et la haute ville de Bonifacio (2 étoiles), une ville médiévale.

Qui sont… non, cette fois je ne peux pas. Si vous ne savez pas qui est le corse le plus célèbre, je ne peux pas vous aider. Eh bien, qui sont les autres corses bien connus ? Il y a le cardinal catholique, et oncle de Napoléon, Joseph Fesch, le médecin Jérôme Tarayre l’acteur Christian Clavier (qui y habité pendant une décennie), la chanteuse Mylène Farmer (qui y possède une maison) et c’est plus ou moins tout le monde qui est connu sans porter le nom Bonaparte. Mais je dois ajouter, j’ai trouvé beaucoup de résistants de la Seconde Guerre Mondiale et de Compagnons de la Libération. Ils ne sont pas connus ailleurs, mais c’est évidemment une population qui peut être fier d’elle-même.

Que mange-t-on en Corse-du-Sud ? Il faut que je vous dise la réalité horrible — ils mangent de la cuisine italienne. Je suis sûr que c’est une nouvelle choquante. Mais c’est vrai. Par exemple, la « soupe corse », appelée minestra, est faite avec des tomates, haricots rouges, et pommes de terre, exactement comme la soupe italienne, minestrone. Ils mangent aussi des pâtes comme le cannelloni et les lasagnes. Ils font tout ça avec un fromage appelé « brocciu » qui vient du lait de brebis, comme cette pâte appelée x. On trouve le brocciu partout dans la cuisine corse, même dans les pâtisseries, comme le fiadone (un brocciu mélangé avec du sucre et des œufs) et l’imbrucciata. Il y a plein de poissons et de fruits de mer, avec un plat qui ressemble beaucoup à la bouillabaisse, l’aziminu. Ils font beaucoup de spiritueux locaux, comme la cédratine (exactement comme la boisson italienne, le limoncello), l’acquavita (une sorte d’eau-de-vie), et la ratafia, « une liqueur résultant de la macération de fruits, frais ou secs, dans de l’alcool ». Ce n’est pas une cuisine compliquée, mais ils utilisent bien leurs produits locaux, et vous ne mourrez pas de faim pendant votre voyage.

La flognarde

Notre dessert corrézien s’appelle « la flognarde ». Il est similaire au clafoutis, mais on le fait avec des pommes ou des poires (pas des poireaux !) au lieu de cerises. C’est un peu moins sucré et on n’utilise pas de levure chimique comme les recettes de clafoutis. Le mot flognarde vient du patois Limousin et il est dérivé du mot flan.

La recette de Tourisme Corrèze utilise 500 mL de lait pour un moule à tarte. C’est trop de lait — il y a des recettes qui en utilisent 200 mL ou 250 mL, et la nôtre en utilise 300 mL, mais aucune recette d’autre n’en utilise 500 mL. On veut qu’elle soit douce, pas liquide ! En tout cas, notre recette d’aujourd’hui vient d’un site trilingue, intitulé « 196 Flavors ». Elle est vérifiée par Chef Simon, alors vous pouvez être sûr qu’elle est bien française, pas américanisée.

Les ingrédients :

  • 2-4 pommes ou poires, ça depend de la taille
  • 4 œufs
  • 75 grammes de farine de blé
  • 100 grammes de cassonade
  • 300 mL de lait tiède
  • 2 cuillères à soupe d’huile végétal
  • 1 pincée de sel
  • Du beurre et de la farine pour le moule

Les instructions :

Une flognarde n’est pas du tout difficile tant que vous faites attention. Tamiser votre farine, bien beurrer et fariner votre moule, vérifier votre four, et hop — pas de problèmes ! La mienne est un peu trop cuite (profitez du lien !) sur les bords, sinon je suis bien satisfait du résultat. Alors :

  1. Préchauffer votre four à 220°C.
  2. Rincer, peler, et couper vos pommes.
  3. Fouetter les œufs et la cassonade dans un saladier.
  4. Ajouter la farine, l’huile, le sel et le lait. Bien mélanger.
  5. Beurrer puis fariner votre moule.
  6. Mettre les pommes dans le moule.
  7. Verser la pâte sur les pommes.
  8. Faire cuire pendant 30 minutes, et voilà ! Votre flognarde sera bien gonflé quand vous la sortirez du four, mais ne paniquez pas.
  9. Laisser refroidir pendant quelques minutes, et tout ira bien.

Mon dîner corrézien

Il n’y a pas trop de recettes typiquement corréziennes. Je dis parfois que les recettes sont régionales et les produits sont départementaux. En fait, si vous recherchez sur Keldelice, mon site préféré for des idées locales (mais jamais pour les recettes exactes), il n’y en a même pas une pour Corrèze. Ça n’a jamais arrivé avec nos départements précédents. Alors, j’ai choisi « la mique » du site de Tourisme Corrèze. La bonne nouvelle ? C’est une bonne recette !

La mique lui-même, c’est un peu comme du pain, mais on la cuit dans la même casserole que ses accompagnements. Dans la photo, la mique est au bas de l’assiette. Il n’y a pas de dessert ce soir parce que la recette de Corrèze Tourisme pour la flognarde n’a pas marché. J’en connais une meilleure, alors je la ferai plus tard cette semaine.

Avant de vous donner la recette, quelques astuces. D’abord, il y a beaucoup de versions de cette recette. Il y a plus de versions avec du petit salé que du bœuf, mais je préfère le bœuf (et c’est la meilleure chose dans cette version). Il y a des versions avec de la graisse de canard au lieu du beurre. Il y a des versions qui utilisent du pain rassis au lieu de la farine, et avec de la levure de boulanger au lieu de la levure chimique. Il faut expérimenter !

(J’ai DES QUESTIONS sur celle-ci, qui vient d’un site réputé, mais prend beaucoup moins de temps que les autres. J’aimerais la croire.)

Comme toujours, j’ai coupé la recette pour deux personnes. Pour faire la mique lui-même, j’ai suivi la recette de Tourisme Corrèze, mais pour la pot au feu, ma recette est plus proche à celle de Michel Duran.

Les ingrédients :

  • 1 œuf
  • 250 grammes de farine
  • 50 g de beurre ramolli
  • 1 cuillères à soupe de sel
  • 1 sachet de levure
  • 70 ml de lait tiède
  • 500 grammes de bœuf à mijoter
  • Des pommes de terre rattes
  • Des carottes
  • 1 bouquet garni
  • 1 oignon jaune
  • Des clous de girofle

Les instructions :

D’abord, on doit faire notre mique. Elle va passer au moins 30 minutes dans un robot, alors après avoir commencé à mélanger les ingrédients de la mique, on peut faire le pot au feu.

  1. Mélangez tous les ingrédients au robot avec le pétrin au moins 30 minutes. — Ici, je vous montre la pâte après 10, 20, puis 30 minutes de pétrissage à vitesse moyenne.
  2. Faites lever pendant une heure.– On peut voir la pâte au début et après une heure. À mon avis, elle ne s’est pas trop levée.

Pendant que la mique est dans le robot :

  1. Rincer et peler vos légumes. Couper l’oignon et piquer les morceaux avec des clous de girofle.
    Faire revenir votre bœuf dans une poêle avec de l’huile d’olive bien chaude, 2-3 minutes la côté.
  2. Mettre le bœuf dans une grande casserole, de 6-10 litres. Saler et poivrer le bœuf.
    Mettre vos légumes au-dessus du bœuf.
  3. Remplir la casserole à moitié avec de l’eau froide. Faire bouillir, couvrir la casserole, puis réduire le feu parce qu’il va passer 2-3 heures à cuire.

Quand votre pâte a passé 1 heure en levant, votre pot au feu aurait dû passer entre 30 minutes et 1 heure à cuire. Maintenant, on va faire cuire la mique.

  1. Ajouter la pâte à la casserole.
    Cuire dans votre bouillon 2h en retournant la mique au bout d’1heure. — Ici, je vous montre la pâte juste après l’avoir ajoutée, après 1 heure, et quand la cuisson est finie.
  2. Sortez la mique avec deux écumoires.
  3. Couper la mique en tranches sur une assiette.
    Égoutter le bœuf et les légumes.
  4. Vous êtes prêt à servir votre mique !

J’aime bien ce plat, et je le referais, mais j’essayerais différentes versions. Cette pâte ne fait pas une jolie boule, il me semble donc que les autres en vaudraient le coup. Mais ne vous méprenez pas — c’est un bon plat !