On finit notre séjour dans le Tarn-et-Garomne avec une recette qui est censée mettre en vedette un produit local. Impossible de trouver cet ail aux États-Unis, mais j’aime très bien cette recette, et vous la recommande sans hésitation. Voici la tarte à l’ail blanc de Lomagne :
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Avec une pâte brisée du supermarché, cette tarte est facile et délicieuse. Sans, elle devient plus un projet typique du blog — mais reste délicieuse. Allons la préparer !
On continue maintenant le Tour avec le 82, le Tarn-et-Garonne. C’est le département le dix-neuvième moins peuplé, et les habitants s’appellent tarn-et-garonnais. C’est notre troisième — et dernier — séjour en Occitanie.
On commence à la préfecture, Montauban, avec une visite au musée consacré aux deux fils de la ville les plus célèbres, le Musée Ingres Bourdelle (2 étoiles Michelin). Un palais épiscopal avant la Révolution, ce bâtiment est devenu l’hôtel de ville, puis un musée consacrée à Ingres, avant d’incorporer une collection des sculptures de Bourdelle. On y trouve aussi des œuvres de Géricault, Delacroix, même Raphaël, ainsi que de nombreux autres. Juste au coin de la rue, on visite la Place nationale (2 étoiles), où des arcades en brique du XVIIe siècle entourent des trésors architecturaux encore plus vieux — « une tour de brique médiévale par ici, une galerie d’époque Renaissance par là », comme dit l’office de tourisme.
À l’est de Montauban, il y a trois endroits pour nous à visiter. D’abord, on passe par le village médiéval de Saint-Antonin-Noble-Val (et y arrête pour faire une jolie balade), puis visite la Grotte du Bosc, une grotte sous-terrain plein de stalactites et stalagmites. Notre dernier arrêt dans cette partie du département est l’Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue (2 étoiles), abbaye cistercienne du XIIe siècle qui abrite de nos jours une collection d’art moderne acquise par un couple divorcé…vraiment, allez lire leur histoire (en bas du lien), ce que je trouve impossible à croire.
On tourne vers l’ouest, à Brassac — attention à ne pas mettre « Brossac » dans le GPS, qui est en Charente, ni le Brassac dans le Tarn. À Brassac dans le Tarn-et-Garonne, on trouve le Château de Brassac, ancienne forteresse militaire construite au fil du XIIe au XVIe siècles, et brièvement occupée par Richard Cœur de Lion. On ne peut visiter que son extérieur, mais du haut de sa colline, on peut apprécier sa position défensive. Au sud, on visite Moissac pour son abbaye (2 étoiles) et surtout son cloître (3 étoiles) du XIe siècle que l’on visite pour « son décor sculpté qui se déploie sur 8 piliers et 76 chapiteaux, tous différents ».
On continue vers le sud et arrive à Castelsarrasin. Pour moi, c’est un pèlerinage, à l’Espace Firmin Bouisset. Quand je pense à l’art qui fait rêver de la France, c’est les affiches qui sont sorties de son atelier, surtout pour Chocolat Menier et Biscuits LU. On est bel et bien en ma France. À quelques kilomètres d’ici, on visite aussi le Musée Lamothe-Cadillac, consacré au fondateur de la ville de Détroit aux États-Unis, et abrité dans sa maison natale. Encore plus au sud, à Cordes-Tolosanmes, on trouve l’Abbaye de Belleperche, construite au XIIe siècle et de nos jours la maison du Musée des Arts de la Table, un must pour ceux qui lisent un blog si obsédé de la cuisine !
Pour l’instant, notre dernier arrêt est la Pente d’eau de Montech (2 étoiles), un chef-d’œuvre de l’ingénierie française qui faisait partie d’un canal latéral à la Garonne et permettait aux bateaux à sauter 5 écluses. Plus tard en 2024, le Musée Fermat ouvrira à Beaumont-de-Lomagne, consacré à l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps ; on peut aussi y voir sa maison natale.
Qui sont les personnages les plus connus du Tarn-et-Garonne ? En tête de l’affiche doit être le mathématicien Pierre de Fermat, né à Beaumont-de-Lomagne, Le peintre mythique, Jean-Auguste-Dominique Ingres, est né à Montauban, ainsi que l’acteur Hervé Villechaize, qui a joué dans un de mes films préférés de ma vie d’antan, L’Homme au pistolet d’or. Antoine de Lamothe-Cadillac, aventurier et fondateur de la ville de Détroit aux États-Unis, qui apprête son nom à notre marque d’automobiles la plus prestigieuse, Cadillac, est mort à Castelsarrasin. Firmin Bouisset, affichiste de légende, est né à Moissac. Encore une fois, comme dans le Tarn, j’ai trouvé une centaine de joueurs de rugby, mais je ne connais pas du tout le sport.
Que manger dans le Tarn-et-Garonne ? On est au carrefour — non, pas le supermarché — de nombreux départements que l’on a déjà visités, alors on connaît déjà beaucoup des spécialités locales. En plein milieu du Sud-Ouest, ici on mange du cassoulet, du foie gras, et de la garbure. Le Tarn-et-Garonme est un producteur d’exception, et produit plus de 80 % des poires et des pommes de la région Midi-Pyrénées, ainsi qu’une belle partie des melons du Quercy IGP, partagés avec le Lot. Le joyau dans la couronne est le chasselas de Moissac AOP, un raisin de table. En dessert, on y trouve la cajasse quercynoise, une sorte de crêpe géante, la pescajoune, comme la cajasse mais aux pommes, et le curbelet, un gaufre en forme de cylindre. Pour boire il y six appellations de vin : le Fromton AOP, les Coteaux du Quercy AOP, le Brulhois AOP, le Saint-Sardos AOP, les Coteaux et Terrasses de Montauban — la partie locale du Comté Tolosan IGP, et le Lavilledieu IGP.
Le Tarn est très riche en produits locaux — des produits que je n’ai aucun risque de trouver sans prendre un vol à travers l’Atlantique. (Ne me tentez pas.) Alors j’ai dû penser un peu et j’ai fini en choisissant une recette proposée par l’office de tourisme pour mettre en vedette l’ail rose ainsi que l’agneau local. Quant au dessert, j’ai trouvé un vrai joyau, quelque chose bien liée au département. Voici le gigot d’agneau braisé à l’ail rose et le poumpet.
Il y a des fois où j’ai des liens avec un département, mais il me fallait toute une vie, une nouvelle langue, et cette mission pour le savoir. Je pense à la Charente et le musicien Éric Laugerias, dans ma tête pendant 20 ans avant que je ne le connaisse finalement. Je pense à la Drôme et le chocolat Valrhona, ou la Loire-Atlantique et les biscuits LU de mon enfance ainsi que Jules Verne. Et ici, dans le Tarn, on est chez Toulouse-Lautrec, de qui ma grande-mère parlait tout le temps quand j’étais enfant. Je croyais qu’il devait être le plus grand artiste au monde. Plus tard, j’ai découvert les Tortues Ninja, donc de Vinci, Raphaël, etc, mais Toulouse-Lautrec était là avant tous.
On commence à la préfecture, Albi. Puisque l’on est bien chez Toulouse-Lautrec, notre premier arrêt est le Musée Toulouse-Lautrec (2 étoiles Michelin). Abrité dans le Palais de la Berbie (2 étoiles) ancienne forteresse du XIIIe siècle, on y trouve la plus grande collection de l’artiste au monde, grâce à un don de la famille. À côté du Palais se trouve la Cathédrale Sainte-Cécile (3 étoiles), avec l’orgue du troisième plus grand nombre de jeux en France et un grand chœur gothique, plein de statues qui avancent de l’Ancien Testament à l’extérieur au Nouveau à l’intérieur. On est très proche du Pont Vieux (1 étoile), datant au XIe siècle, et d’ici on peut suivre le circuit Azur des berges du Tarn (2 étoiles), qui passe par les fortifications médiévales.
Au nord-ouest d’Albi, on trouve la haute ville médiévale de Cordes-sur-Ciel (2 étoiles) que l’on ne peut pas entrer par voiture — soyez prêt à monter des escaliers. Chaque année, pendant que le reste du monde fête la Fête nationale, les habitants de Cordes ont la Fête du Grand Fauconnier, avec des costumes médiévales, des défilés et des concerts. Ne ratez pas les maisons du Grand Fauconnier et du Grand Veneur, parmi de nombreux bâtiments gothiques du XIIIe siècle. Puis, vous souvenez-vous de la Route des Seigneurs du Rouergue, rencontrée en Aveyron ? On la revisite à la Forterese de Penne, Grand Site d’Occitanie du XIIIe siècle, largement détruite pendant le XVIIe siècle. Le meilleur temps pour visiter est pendant l’été, quand il y a des animations et démonstrations des arts médiévaux : la forge, la teinture, l’enluminure, etc. Le Guide Vert l’ignore, mais c’est bien de la France insolite que l’on aime tant sur ce blog !
On continue vers le sud, à Lavaur, pour visiter la Cathédrale Saint-Alain (1 étoile). Ne ratez ni son jacquemart — « des automates utilisés pour frapper les heures au sommet des églises ou des beffrois » — ni ses fresques peints au XIXe siècle sur les voûtes en bois de l’abside du XVe siècle. Plus au sud, à Sorèze, on trouve l’Abbaye-école et le Musée Dom Robert, une ancienne abbaye fondée en 754 devenue école jusqu’en 1991. Le musée est consacré aux œuvres du moine Dom Robert de Dourgne, maître tapissier.
Au nord-est, on trouve Castres, ville natale de Jean Jaurès, alors notre premier arrêt ici est le Centre national et musée Jean-Jaurès, avec des expositions sur sa vie et celle de la IIIe République. Pas loin, on visite aussi le Musée Goya consacré à — non, pas la chanteuse yé-yé connue dernièrement pour Snoopy ! — l’art espagnol, surtout à trois tableaux de Goya, mais aussi des sculptures et d’autres collections. Juste au sud de Castres, on va marcher sur la passerelle de Mazamet, à 70 mètres au-dessus de l’Arnette. Et par « on », je veux dire vous, car je suis un gros poulet du premier rang. On finit avec une promenade parmi les rochers du Sidobre (1 étoile), une partie du Parc naturel du Haut-Languedoc.
Qui sont les personnages les plus connus du Tarn ? Il faut commencer avec Henri de Toulouse-Lautrec, peintre de la fin du XIXe siècle renommé pour ses affiches du Moulin Rouge, né à Albi. Le cycliste Laurent Jalabert est né à Mazamet. Jean Jaurès, homme politique, est né à Castres et a été député du Tarn pendant 20 ans. Le réalisateur de L’homme orchestre, Serge Korber, vivait à Brens. L’acteur Pierre Mondy, connu pour La 7e Compagnie, vivait à Albi ainsi qu’à Gaillac. Je dois avouer, j’ai trouvé des dizaines de joueurs de rugby liés au Tarn, mais ne sachant rien du sport, je ne peux en choisir aucun.
Je vous ai dit que ce dîner a fallu la moins de recherches du blog. Pourquoi ? Parce que devant vous est le dîner planifié le plus longtemps de tout le Tour. Il faut savoir à ce point que je fais attention à tout ce que vous dites tous. Alors, quand mon ami en Somme a posté des photos en décembre 2020 d’une carbonade flamande, je n’ai rien dit — mais je l’ai mis dans mon fichier comme mon dîner pour le département ! Pour aller avec, le gâteau battu picard, un autre spécialité régionale qu’il aime.
Je suis ravi de vous dire que la carbonade flamande est une star du blog, et sera sans doute parmi les finalistes pour le meilleur plat de viande du quart. Le gâteau battu n’est pas mal, mais la carbonade flamande est quelque chose que je ferais pour n’importe quel invité de l’OCA. Ou si vous me rendez visite. Allons les faire !
On continue maintenant le Tour avec le 80, la Somme. C’est le département le quarante-quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment samariens. C’est notre cinquième, et dernier, séjour dans les Hauts-de-France. Au fait, malgré le fait que le nom du département est féminin, on dit « dans la Somme », pas « en Somme ».
Que puis-je dire ? Vous êtes tous spéciaux à moi, mais il y en a certains qui le sont un peu plus. On est dans le département de mon plus vieux ami en France, la première personne qui m’a envoyé une carte postale — et c’était son idée — l’ami qui m’a aidé avec le colis de mes rêves. J’oserais dire que nous sommes au pays de votre meilleur ambassadeur.
On commence à la préfecture, Amiens, où on trouve la plus grande cathédrale gothique en France, Notre-Dame d’Amiens (3 étoiles Michelin). Remarquez les fleurs sculptées partout, la guède, qui faisait partie de la richesse de la ville en tant que plante tinctoriale, ainsi que la rose de la façade occidentale. D’ici, on suit la Rue de la République jusqu’au Musée de Picardie (2 étoiles), avec des collections archéologiques de la région, ainsi que de Beaux-Arts du Moyen-Âge jusqu’au XXe siècle.
On traverse la Rue Mail Albert Ier pour visiter la Maison de Jules Verne, qui y a passé 18 de ses 34 ans à Amiens. J’ai presque — presque ! — sauté ma visite à Orléans juste pour visiter cette maison, avec sa bibliothèque de 12 000 livres, son cabinet de travail, et des espaces consacrés aux plus grands livres français, Le Tour du Monde en 80 Jours et Vingt-Mille Lieues Sous Les Mers. Puis on croise la Somme pour visiter les Hortillonnages d’Amiens (2 étoiles), des canaux et des jardins flottants qui servent toujours comme des potagers pour la ville.
Nos prochaines destinations sont vers l’est du département, où on va faire le parcours du Circuit du Souvenir, consacré à la Première Guerre mondiale. Il y a de nombreux monuments aux soldats qui sont venus de partout afin de lutter pour la France et la liberté. À Thiepval, on trouve son Mémorial (lien en anglais, car britannique) (1 étoile) aux soldats britanniques, un arc de triomphe en briques. À Beaumont-Hamel, il y a le Mémorial terre-neuvien (1 étoile) aux soldats canadiens, avec une statue de caribou, symbole emblématique du Canada — il reste des tranchées partout, souvenirs de la bataille. Il y a 9 sites aux australiens ainsi qu’un site sud-africain. Notre musée phare pour cette partie est L’Historial de la Grande Guerre (2 étoiles) à Péronne. Situé aux côtés d’un château du XIIIe siècle gravement abîmé par les voisins, le musée se concentre sur les expériences des individus qui ont vécu la guerre — les civils et les soldats.
En retournant vers l’ouest, il nous faut absolument passer par le village avec le meilleur nom de toute la France, Y. Au-delà de rencontrer Nicola Sirkis ou Catherine Ringer, la photo que je veux la plus au monde soit moi à côté de ce panneau :
J’aime imaginer les conversations autour du village : « Je dois y aller ». « Tu vas où ? » « Y ». « Ouais, ouais je sais, c’est la grammaire, tu peux remplacer n’importe quel endroit par ‘y’, mais où est y ? » « Dans la Somme. » « Plutôt vague, ça. Ce lieu a un nom ? » « C’est Y. » « QU’EST-CE QUE TU CACHES ? C’EST QUOI SON NOM, ELLE ? J’APPELLE MON AVOCAT ! » Il doit Y avoir un t-shirt : « J’Y vais. » Et un autre, « J’Y suis. » Goûtez le veau, j’Y serai toute la semaine, tout le monde ! (Une blague fortement new-yorkaise, ça.)
On suit le cours du fleuve Somme vers Long, un village pittoresque du Moyen-Âge de 600 habitants, pour y prendre une balade. On conduit un peu au sud-ouest pour visiter le château-fort de Rambures (1 étoile), du XVe siècle, le premier en France construit en « brique et pierre », et toujours aux mains de la famille originale. On passe d’ici au nord, par Feuquières-en-Vimeu pour noter une entreprise française, la société Auer, récemment rebaptisée Intuis, qui produit des chauffe-eaux et pompes à chaleur. Les parents de mon ami en Somme y travaillaient et elle reste un producteur fièrement « fabriqué en France ». Leur histoire comprend avoir fabriqué les éclairages au gaz parisiens !
On rejoins la Somme à Abbeville ; aux alentours, on visite l’abbaye de Saint-Riquier (2 étoiles), fondée au VIIe siècle, mais avec une église qui date principalement du XIIIe au XVIe siècles après plusieurs incendies et reconstructions dans un style gothique flamboyant. On passe à la cité médiévale de Saint-Valery-sur-Somme, aux bords de la Baie de Somme, équipé de tous les besoins pour une balade parfaite — un château-fort, des remparts, des murs en pierre. Finalement, ne ratez pas la Baie de Somme elle-même (2 étoiles), un Grand Site de France avec de nombreuses activités, dont le Parc du Marquenterre (2 étoiles), une réserve d’oiseaux et les Jardins de Valloires, avec plus 5 000 espèces de plantes.
Qui sont les personnages les plus connus de la Somme ? Je n’ai jamais lu son livre, mais il me semble que le monde entier connaît Pierre Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses. Je l’ai également mis en Loire-Atlantique, car né à Nantes, mais j’ai absolument lu des livres de Jules Verne, qui vivait et est mort à Amiens. M. le Président de la République Emmanuel Macron vient d’Amiens, ainsi que la Première dame, Brigitte Macron. Jean-Baptiste de Lamarck, biologiste qui a gagné une place dans l’Histoire pour ayant perdu face à Charles Darwin, est né à Bazentin. Éric Fréchon, chef 3 fois étoilé à l’hôtel Le Bristol Paris, est de Corbie.
J’ai dû penser à que faire pour ce dîner. La cuisine deux-sévrienne est pleine de choses qui n’existent pas chez moi, telles que l’oseille et l’angélique. Mais après avoir consulté le site de tourisme des Deux-Sèvres, avec des idées de leurs producteurs, je l’ai eu. Voici les Saint-Jacques et fondue de poireaux façon Sèvre & Belle (servis avec mon riz de Camargue bien-aimé), et les macarons de Montmorillon :
Notre plat principal est plus un hommage aux producteurs locaux qu’un plat local, mais le dessert est bien traditionnel au département. Allons les faire :
C’est quoi une Sèvre, et pourquoi y en a-t-il deux ? Il y a deux rivières, la Sèvre Nantaise et la Sèvre Niortaise, qui traversent le département. ([En fait, il ment. Il n’y a qu’une rivière. La Sèvre Niortaise, c’est un fleuve.À nous de garder les distinctions importantes, les amis ! — M. Descarottes]) Les deux cours d’eau (([Mieux]) ne se touchent pas, mais ce sont à l’origine du nom. Mais comme a dit M. Jours d’humeur, « ce qui se passe dans les Deux-Sèvres reste dans les Deux-Sèvres », alors nous ne demanderons plus.
Je dois vous prévenir que l’hiver est le mauvais temps pour visiter les Deux-Sèvres — beaucoup de choses qui suivent sont fermées jusqu’en février ou mars. Consultez les sites liés pour en savoir plus.
On commence à la préfecture, Niort. L’ancien hôtel de ville, un bâtiment trapézoïdal du XVIe siècle, s’appelle Le Pilori (1 étoile Michelin), d’après ce qui était là avant sa construction, et accueille des expositions d’art. Le Musée Bernard-d’Agesci (1 étoile) abrite des collections de l’histoire naturelle ainsi que de Beaux-Arts, et est nommé pour un artiste niortais du XVIIIe siècle. Le Donjon de Niort (1 étoile), construit par Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion, était une forteresse, devenue musée ethnographique et archéologique. Juste à l’extérieur de Niort, à Échiré, on trouve le château-fort de Coudray-Salbart (1 étoile), originalement du XIIIe siècle, avec 6 tours et un pont-levis à découvrir.
Le Pilori, Photo par Antoine.gacioch, CC BY-SA 3.0, L’Enlèvement d’Europe par Bernard d’Agesci au Musée Bernard-d’Agesci, Photo par Manet75, CC BY-SA 4.0, Donjon de Niort, Photo par Antoine.gacioch, CC BY-SA 3.0, Coudray-Salbart, Photo par Apotheme, CC BY-SA 3.0
On tourne vers l’ouest du département pour visiter un site naturel remarquable, Les Oiseaux du Marais Poitevin, exactement ce qui promet le nom, avec plus de 75 espèces d’oiseaux dans un parc de 8 hectares. Puis, à l’est, on visite Villiers-en-Bois pour un autre parc animalier, le Zoodyssée (1 étoile), avec plus de 800 animaux, dont des ours, des lynx, et des chouettes. On continue vers l’est, jusqu’à Melle. Là, entre avril et novembre, on peut visiter les Mines d’argent des rois francs et voir comment les monnaies ont été fabriquées au temps de Charlemagne. On visite aussi l’Église Saint-Hilaire (2 étoiles), partie du Chemin de Compostelle et datant au XIIe siècle. À voir : les chapiteaux de la voûte ainsi qu’un chœur moderne installé par la ville en 2011.
À quelques km au nord, on trouve l’Abbaye royale de Celles-sur-Belle (1 étoile). Il y a des églises ici en continu depuis le XIe siècle, mais les bâtiments actuels viennent du XVIIe siècle. Ne ratez ni l’église Notre-Dame, ni les trois jardins. Plus au nord, le Tumulus de Bougon (2 étoiles) est une nécropole néolithique, qui date aux années 3 000 avant J-C. On continue à Parthenay, classé Ville d’Art et d’Histoire. On est là pour faire le parcours de sa cité médiévale, dont un château, 5 églises, des maisons à pans de bois — c’est mon idée d’une belle journée ! Finalement, on visite le Château d’Oiron (2 étoiles), château de la Renaissance qu’il faut visiter autant pour ses plafonds que pour sa galerie de peintures ou sa collection de curios.
Qui sont les personnages les plus connus des Deux-Sèvres ? Il faut absolument commencer avec l’acteur et héros du blogRobert Dalban, né à Celles-sur-Belle. Françoise d’Aubigné, dite Madame de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, est née à Niort. Jean Panzani, fondateur de la célèbre marque de pâtes du même nom, vivait aussi à Niort. Joël Robuchon est entré dans le petit séminaire de Mauléon pour devenir prêtre, mais y a découvert sa passion pour la cuisine avant de devenir prêtre. Ségolène Royal y était député de la 2e circonscription.
Que manger dans les Deux-Sèvres ? On est dans la région poitevine, maison du meilleur beurre au monde entier, l’Échiré AOP. Je ne l’utilise plus parce que ça coûte les quatre membres du corps chez moi, mais croyez-moi, je sais. D’autres produits laitiers comprennent la jonchée d’Aunis, un fromage frais et le Chabis, un fromage de chèvre. D’autres produits locaux comprennent l’agneau du Poitou-Charentes IGP, l’oignon rouge pâle de Niort, et l’angélique, une plante du marais poitevin. En plats principaux, on trouve la bouilliture d’anguille et la daube saintongeaise, un ragoût de bœuf, de lard, et de veau. En dessert, on y trouve la grimolle, une sorte de crêpe aux pommes cuite sur une feuille de chou, et la merveille, un beignet parfumé à la fleur d’oranger et au cognac. Pour boire, il y a la bière Pictalie et la liqueur d’angélique de Niort.
On finit notre séjour dans les Yvelines en revenant au Château de Versailles. Il y a un magazine lié au château, Les Carnets de Versailles, qui a publié sur leur site plusieurs recettes d’un livre, 100 Recettes du temps de Louis XIV. Je regrette de ne pas l’avoir vu pendant mes visites au château. Sans plus d’attentes, je vous présente l’omelette d’asperges et la tourte à la chair de poire :
Je vous dirai, l’omelette, c’est une bonne omelette, mais la tourte — avec un changement, elle sera la star de votre prochaine fête. Je pense à la faire pour l’OCA ! Allons les faire :
On continue maintenant le Tour avec le 78, les Yvelines. C’est le département le huitième plus peuplé, et les habitants se nomment yvélinois. C’est notre troisième séjour en Île-de-France, et troisième des quatre derniers départements.
C’est, en fait, Versailles ici.
(J’ai patienté trois ans pour dire ça, et écrit maintenant 550 000 mots juste pour y arriver. Laissez-moi profiter de ce moment.)
Il nous faut donc commencer à la préfecture, Versailles. Il n’y a plus de roi, ni d’empereur ([Je reste prêt à reprendre la place — M. le duc Descarottes]), mais on est quand même là pour le roi des châteaux, Versailles (3 étoiles Michelin). Que ce soit la célèbre Galerie des Glaces, la Galerie des Batailles (ma partie préférée), les chambres de la famille royale, le jardin (3 étoiles), le bassin de Neptune (2 étoiles), les châteaux du Trianon (2 étoiles Petit et Grand) ou les nombreux autres trésors du domaine, qui dit Versailles dit forcément royauté. C’est le standard par lequel les palais du monde se juge. Bien sur, il n’est pas tout de la richesse — aussi importante à l’histoire, il y a la célèbre Salle du Jeu de paume, lieu du serment qui a donné à la France sa première constitution. Faut pas perdre la tête entouré de toute cette histoire !
D’autres choses à voir aux alentours de Versailles au-delà du château ? La cathédrale Saint-Louis (1 étoile), érigée sous commande de Louis XV pendant les années 1740, juste à temps pour être saisie par les révolutionnaires. Juste au nord, on trouve le Parc de Marly-le-Roi (2 étoiles), anciennement le parc d’un château construit par Louis XIV. Très proche, il y a un bâtiment très inhabituel, le château de Monte-Cristo (1 étoile), construit par Alexandre Dumas, père, qui travaillait dans une partie nommé le Château d’If (car le travail et le prison, c’est la même chose). Ne ratez pas les deuxrécits du Chat Voyageur autour de ce château. Un peu plus au nord, à Saint-Germain-en-Laye, on trouve le Musée d’Archéologie Nationale (2 étoiles), abrité dans un ancien château. On est là pour ses collections de la Paléolithique jusqu’au Moyen-Âge, en passant par l’époque Gallo-romaine. Mais les terrasses (2 étoiles) valent aussi la visite.
Au nord-est, on arrive au Château de Maisons (2 étoiles), château construit par la famille de Longeuil pendant le XVIIe siècle, et dit par Charles Perrault lui-même, l’expert de contes de fée, « l’une des plus belles choses que nous ayons en France». Pas loin, on trouve le Maison Zola et Musée Dreyfus, maison de l’auteur à partir de 1878, mais pas devenu musée consacré à l’affaire Dreyfus jusqu’en 2021. On tourne vers le sud pour la Forêt de Rambouillet (1 étoile), où on trouve le Château de Rambouillet (1 étoile), là depuis son origine en tant que château-fort du XIVe siècle et son parc (2 étoiles), construit par un conseiller de Louis XIV. À l’est, on visite le Château de Breteuil (2 étoiles), qui appartient à la famille de même nom depuis 1712, jusqu’à maintenant. Notre tout dernier arrêt est Maison-Musée Raymond Devos à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, une maison du XIXe devenue celle de l’artiste et son épouse, et de nos jours musée consacré à leur vie. On peut trouver mon hommage au grand humoriste dans l’épisode de la balado du 6 mars 2023.
Qui sont les personnages les plus connus des Yvelines ? Il serait trop facile de dire les cinq derniers rois Louis, et il y a d’autres rois liés au département, mais il faut commencer cette liste avec le Roi Soleil, Louis XIV, parce que c’est lui qui a donné au monde Versailles non pas seulement en tant que ville ou château, mais comme idée. Juste après lui, acteur et héros du blog André Raimbourg, dit Bourvil, est enterré à Montainville ; l’actrice Romy Schneider est enterrée à Boissy-sans-Avoir. Nés aussi à Versailles, on trouve le réalisateur de clips vidéo (dont mon préféré), Michel Gondry, l’entrepreneur Ferdinand de Lesseps, et le dessinateur et ancien rédacteur de Charlie Hebdo, Charb. L’acteur Omar Sy est né à Trappes. Le réalisateur Jacques Tati est né à Pecq. Jean Cocteau, artiste impossible à classer, est né à Maisons-Laffitte. Le compositeur Claude Debussy est né à Saint-Germain-en-Laye. Alexandre Dumas, père, à construit son château à Port Marly. Finalement, le plus grand coup de cœur du blog, Aurore Bergé, y est députée. Sa capacité pour trouver les bons mots est dépassée seulement par la mienne.
Que manger dans les Yvelines ? C’est difficile pour moi de le dire. Les yvelinois revendiquent — avec raison — le Paris-Brest, car l’organisateur du concours, Pierre Giffard, habitait à Maisons-Lafitte, et un pâtissier local l’a créé. Mais au-delà du fameux dessert, ni Keldelice ni l’Office de tourisme ne proposent pas beaucoup de recettes locales. En produits locaux, on trouve la reine-claude de Chambourcy, un genre de prune. En plats principaux, il y a le potage Saint-Germain, une soupe de pois. En dessert, au-delà du Paris-Brest, il y a les coquelins, de petits hommes en pâte feuilletée pour le Nouvel An, tout comme les haguignettes normandes. Finalement, pour boire, il y a le noyau de Poissy, liqueur à base de noyau d’abricots.