Archives pour la catégorie Non classé

La concurrence

J’ai reçu un courriel hilarant plus tôt cette semaine, à l’adresse officielle du blog. C’était en anglais, mais je traduirai la partie qui compte. Dans le sujet, vous allez très vite voir ce qui m’a fait rire :

« Ton podcast Un Coup de Foudre a de bonne performance dans le classement d’Apple Podcasts (30 derniers jours) : #232 dans la catégorie Lieux et Voyage (Luxembourg) »

J’avouerai tout de suite que je ne connais guère le Luxembourg. Franchement, au-delà d’être le « L » dans « RTL », je ne peux pas vous dire ce qui se passe chez eux. (Ça changera, mais pas cette année.) Mais si vous saviez ce que je vois sur le site de Pomme, vous n’auriez pas non plus hâte de vous abonner à ce service. Pour une chose, il n’y a pas assez d’auditions là-bas pour que je puisse recevoir des statistiques de leur part ! Autre chose ? Voici des statistiques de lecture du blog pour tout 2023 par pays :

Les luxembourgeois aiment ce blog juste un peu plus que les polonais et les japonais, qui ne parlent pas français, et moins que les hongrois et les turcs, qui sont dans le même bateau. Encore plus incroyable, c’est mieux qu’en 2022 :

Le Brésil et l’Inde, d’autres marchés clés pour la croissance du blog. Et en plus, pour autant que je puisse voir, les classements arrêtent à #200, pas assez pour voir #232. Le gars voulait 5 $ par mois pour ce niveau d’analyse. Ouais, non, comme on dit en anglais.

Mais de plus en plus, je dois avouer que j’ai peut-être fait une erreur en gardant le nom du blog pour la balado. Parlons de « la concurrence », ce que vous allez trouver en cherchant « Un Coup de Foudre ».

Commençons chez Spotify, où elle est abritée :

Super, c’est #2 derrière la bande-sonore d’un film qui vient de sortir, avec seulement une star, Aure Atika, qui était la princesse dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions. Il y a un autre album, auquel on reviendra, et une tonne de playlists, qui n’intéressent à personne.

Tournons vers Apple. Franchement, iTunes est nul pour les podcasts, parce qu’il met la musique en vedette. Encore une fois, cet album apparaît, cette fois en tête.

Si on cherche juste les podcasts, j’ai un problème :certains contenus qui vont avec sont un peu épicés. Pas tous, loin de ça, mais est-ce assez pour faire des problèmes dans les résultats d’une recherche ? Je dois me demander.

Je sais, vous mourez de curiosité sur « J’ai fait un date ». Voici son début prometteur :

Alors, sur l’appli Apple Podcasts, il y a une surprise encore pire. On est d’accord que j’enregistre en français ? Voici « Podcasts par langue ». Essayons le français, où en tête il y a une émission pas mise à jour pendant 3 ans, par un fan d’Anne Hidalgo.

Cliquons «Voir tout » (See All) et voyons qui fait partie de « tout » :

Punaise de lit ! Ça ne va pas du tout.

Alors, quel est cet autre Un Coup de Foudre qui paraît où que j’aille ? C’est un album dit « Un Coup de Foudre pour Françoise », et j’en suis conscient depuis deux ans. D’une part, je n’ai aucune envie de le critiquer, parce que je me reconnais dans l’histoire du musicien, un certain Jimmy Parramore (lien en français). Né à Chicago, il habite en Suisse, et la nommée Françoise était son épouse. Monsieur est veuf. Cet album est en souvenir de madame. Mais d’autre part, je n’arrive pas à le recommander. Vous pouvez décider pour vous-même ce que vous en pensez :

Voilà, ce sont les autres Coups de Foudre.

Maladroit

Dans les commentaires de Le théorème de Thévenin, j’ai fait une promesse que j’allais raconter l’histoire de mon cours d’électrotechnique. C’est plutôt lié au blog, pas de façon directe, mais vous reconnaîtrez certainement la même personnalité derrière les deux.

Verre brisé, Photo par Ladon, CC BY 4.0

Pour le Saint-Valentin, je vous ai raconté l’histoire de mon saladier, utilisé dans presque toutes mes recettes pendant 27 ans déjà. En même temps que cette histoire se déroulait, j’étais toujours élevé ingénieur. Et je suivais 6 classes ce semestre-là, dont un cours d’électrotechnique. Dès que j’ai décidé d’abandonner mes études d’ingénieur, j’ai aussi décidé de quitter ce cours pour souffrir moins pendant le reste du semestre. Mais c’était une décision difficile. Je voulais devenir ingénieur électricien pendant des années, et travailler dans les équipements de son — d’où mon loisir qui continue.

Alors, une fois transféré à la fac en face de la rue, je me suis fait une promesse. J’allais reprendre ce cours — et seulement ce cours — pour me prouver que je ne l’avais pas abandonné à cause d’être bête, mais parce que je ne voulais plus le faire.

Être ingénieur n’a jamais été une bonne idée pour moi, parce que je suis un danger pour moi-même avec les mains. Quand j’étais au lycée, j’ai cassé plus de verrerie au labo de chimie que n’importe quel élève d’autre dans l’histoire du lycée. Sur le terrain de baseball au même lycée, les entraîneurs ont décidé de me faire le gérant de l’équipe parce que je ne pouvais pas attraper le ballon. À la fac, j’ai dû suivre un cours de construction mécanique, dont construire mes propres outils (un tournevis et un marteau, ainsi qu’une boîte à outils) avec des machine-outils. Il fallait payer 1 $ pour chaque pièce gaspillée si on faisait des erreurs. J’étais le première élève de l’histoire de la fac de payer plus de 100 $.

Vous ne voulez pas savoir combien d’écrans de portables que j’ai brisés. Je ne sais même pas quel est le nom de ce numéro en anglais, mais il faut l’exprimer avec la fonction d’Ackermann.

Je serais probablement mort d’un choc électrique si j’avais continué de travailler avec des tensions élevées. Mais il n’y avait pas besoin d’aller dans un labo pour ce cours, alors il n’y avait pas de risque. Or, j’ai dû patienter. Malgré le fait que j’ai transféré du troisième meilleure école d’ingénierie au pays, je n’ai pas pu suivre plus de 4 cours pendant mon premier semestre, et ils devaient tous être sur place, pas aux écoles voisines (il y en a 5 aux « Claremont Colleges« , ou à mon avis, 4 ainsi qu’une maternelle pour les plus gros bébés de l’état). Ce premier semestre a été le plus ennuyeux de ma vie.

Dès que le deuxième semestre est arrivé, j’ai demandé le droit de suivre encore une fois le cours. La responsable du bureau de la scolarité m’a dit « Vous êtes fou ; vous venez d’y quitter et vous voulez y retourner ? » Mais j’ai réussi à la convaincre que le regretterais pendant le reste de ma vie si je ne l’ai pas fini. J’ai fini le cours avec une note de B-, dans un cours où la note moyenne était un B. Je ne sais pas comment la convertir à l’échelle de 20 points utilisée en France, mais les notes à Harvey Mudd sont beaucoup plus basses que le reste du pays. Ça aurait été un A à n’importe quelle université de l’Université de Californie.

L’année suivante, j’ai reçu un diplôme « magna cum laude », la deuxième des trois mentions honorifiques que l’on peut recevoir aux États-Unis, « summa cum laude » étant la plus haute. J’ai raté une mention summa par 0.02 points dans la moyenne de mes notes. Si j’avais eu un B, ou n’a pas suivi le cours, j’aurais eu la plus haute mention possible. Je m’en fiche. J’ai dû le faire.

Tout à coup, tout ce que je fais ici, c’est logique, hein ?

Bon 3e anniversaire au blog

Aujourd’hui, ça fait maintenant 3 ans que j’écris Un Coup de Foudre, dont 490 jours de suite ! Comme toujours (premier, deuxième), il n’y a qu’une chose à faire : manger un dessert. Il me fallait toujours apprendre le français si seulement parce que c’est littéralement d’où vient le mot dessert en anglais. Le Trésor de la Langue française nous dit qu’il vient de « desservir » :

Hist. 1393 desserte « dernier service du repas » (Ménagier, II, 107 ds T.-L.); 1549 la desserte, ou le dessert (EST.). Déverbal, formé sur le rad. de l’ind. prés., de desservir2

Dessert

Alors, on dessert la table pour une création originale signée Justin, les macarons Montélimar :

Non, je n’ai pas fondu mon stock de nougat de mes dernières vacances — mais il existe certainement des recettes à base de nougat fondu. J’ai plutôt décidé de créer une garniture qui rappelle mon cher nougat, à base de chocolat blanc, parfumé avec du miel, avec des éclats de pistaches et d’amandes. Je pensais à utiliser un colorant pour les rendre plus blancs, mais j’ai enfin décidé que des coques natures (légèrement parfumées à la vanille, comme pour les macarons crème brûlée) seraient plus authentiques, car les meilleurs nougats n’utilisent pas de colorants. Vous trouverez des recettes de macarons « au nougat », mais toutes au nougat fondu (voilà, voilà, voilà, et voilà). La recette sera à suivre.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé depuis la dernière fois ? On a fini 22 départements, un horaire un peu plus lente que prévu, mais le Tour aura certainement fini avant le 4e anniversaire du blog. J’ai lancé une série d’interviews, ce que je n’aurais jamais imaginé quand j’ai lancé le blog. J’ai enfin visité les sites du Jour J. Depuis mars, il y a tout à coup du monde qui veulent me voir car j’apporte des gourmandises où que j’aille. Je devrais être ravi.

Pourtant, il reste le cas que ce sont largement des activités virtuelles. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais j’aimerais toujours que ce soit la vraie vie, non pas seulement des trucs que j’écris la nuit. Je ne sais pas comment changer ça en vivant à Elbe-en-Irvine, mais je ne vais nulle part. En repassant sur les autres anniversaires du blog, on peut voir que j’ai plus ou moins la même pensée à chaque fois. Au moins je suis cohérent.

Alors, il n’y a rien à faire au-delà de renouveler le même vœu qu’à chaque anniversaire — que le prochain anniversaire soit en France !

Le meurtrier

C’est presque Halloween, mais je ne vous raconte (presque) jamais des histoires fictives. Aujourd’hui, on va parler du temps où j’ai joué au billard avec un meurtrier. Cette histoire est 100 % la vérité. J’ai dû la revivre récemment parce qu’un ancien copain de classe de ma fac a décidé que monsieur devrait être libéré de la prison. À mon avis, ce monsieur a absolument mérité sa réclusion à perpétuité, mais je vous présenterai les faits à la meilleure de ma connaissance, et vous pouvez décider pour vous-mêmes.

Le genre d’arme blanche, Photo par Altoscroll, CC BY-SA 3.0

Mettons d’abord la scène. Mon tout premier coup de cœur était une fille d’origine asiatique au lycée. Elle est maintenant professeur à une grande université alors je suis ravi de vous dire que sa vie est une réussite. Mais la raison pour laquelle je vous mentionne ce détail, c’est qu’elle souffrait à cause de moi. Je ne lui ai rien fait personnellement. Mais 3 gars — Richard, Keane, et David, aucun desquels ne mérite d’être protégé — la harcelaient sans cesse. Ils l’ont fait à toute et n’importe quelle fille s’ils même soupçonnaient que je lui demanderait de sortir. Mais elle a pris le pire coup, de loin. Je n’utiliserai pas son nom, même pas une vraie initiale. Elle est simplement « A » ici.

Qu’est-ce que tout ça a à voir avec un meurtrier ? Je veux vous faire comprendre que cette fille me détestait comme rien d’autre. Elle voulait se venger de moi, car elle a dit à des connaissances mutuelles que j’avais gâché sa vie. Alors quand elle a rencontré Alex Valentine, elle avait trouvé le bon outil pour me faire flipper.

J’étais élève pendant deux ans à Harvey Mudd College, une fac consacré à l’ingénierie. Après Caltech et MIT, c’est sans doute l’école la plus prestigieuse pour ce métier aux États-Unis. Je l’ai quitté après deux ans pour aller à une autre fac en face de la rue, Claremont McKenna. Mais un jour, pendant ma deuxième année, on a frappé à la porte. Je l’ai ouverte et un inconnu m’a dit, « Je te passe le bonjour d’A. » Après un moment pour regarder ma crise cardiaque se déroule, il a ajouté « Je m’appelle Alex Valentine. »

Il m’a invité à jouer au billard avec lui dans la cantine. J’étais choqué, mais en même temps, j’étais horriblement curieux. Comme la fois à Rome où j’ai couru vers le son d’un coup de feu dans la gare Termini, au lieu de le fuir comme tout le monde, j’ai accepté. C’était une des pires décisions de ma vie.

Il s’est avéré que les deux se sont rencontrés dans un camp pour les lycéens afin de se concentrer sur les sciences. Elle a appris qu’il allait assister à Harvey Mudd, alors pendant les deux prochaines heures de suite, j’ai entendu tout genre de chose sur quel genre de horreur je suis. J’ai aussi appris que nous avions quelque chose de bizarre en commun — il a reçu le même lit dans la même chambre que moi pendant l’année précédente. Il se plaignait de tout et n’importe quoi, mais j’avais vite décidé qu’il serait une grosse erreur de le contrarier, alors j’y restais jusqu’au moment où il m’a enfin dit « Tu sais, tu es un moins sale con que ce qu’A m’a dit. Au revoir. ». En fait, il a utilisé un mot plutôt comme « bite », mais je crois que l’on ne l’utilise pas en tant qu’adjectif en français. J’ai raconté mon expérience à plusieurs amis et les ai dits qu’à mon avis, Alex était effrayant.

On ne s’est plus parlé après ça. L’été est arrivé, et tout à coup, il y a eu une nouvelle dans le journal local, le San Diego Union-Tribune. Alex a été arrêté pour le meurtre de ses parents. Voici un lien au journal, pas à l’article original de 1995, mais à un autre de 2005, après la perte de son dernier appel. L’article raconte ce qui s’est passé, mais je vous le dirai en français avec plus de détails.

Les parents d’Alex n’étaient pas contents de son choix d’aller à Harvey Mudd. Les deux avaient leurs doctorats de l’Université de Californie à Berkeley, et voulaient qu’il y aille. Alors, ils lui avaient exigé de refaire une candidature pour transférer à cette université. Mais il se déprimait et ses notes n’étaient plus assez bonnes pour la réussir. Sa mère a découvert la vérité et lui a dit qu’elle allait la dire à son père. Alors il l’attendait dans une pièce dans l’entreprise familiale avec un tourné-à-gauche pour la tuer. Mais son père l’a attrapé avec le cadavre, alors il a paniqué et l’a aussi tué.

J’espère que vous serez d’accord qu’il n’y a aucune raison pour laquelle monsieur devrait être libéré.

Mais il a récemment rentré dans ma vie de façon complètement inattendue. Dans un groupe privé de Facebook, un copain de classe a circulé une pétition de « Change.org » pour livrer au gouverneur de Californie. Le monsieur qui a fait ça est un type qui croit que les prisons ne sont qu’un complot pour donner des ouvriers gratuits à l’État. Voici un lien vers la pétition afin de vous montrer que je ne plaisante pas. Elle était apparemment écrite par Alex lui-même. J’ai parlé à beaucoup de monde après l’avoir vu, et j’ai découvert que de nombreuses personnes avaient eu des expériences flippantes, dont des profs ainsi que des élèves.

Je ne sais rien de ce qui lui est arrivé en prison. Mais il a gagné sa réclusion à perpétuité par ses propres efforts et n’a rien fait pour me faire penser qu’il mérite autrement. C’est ma rencontre avec un meurtrier, et j’espère qu’elle restera la seule et unique pour toujours.

Super Mario échec

Je voulais vous présenter quelque chose de nouveau aujourd’hui. Vendredi, un nouveau jeu vidéo de la série Mario est sorti, Super Mario Bros. Wonder (lien en français). La Fille l’attendait avec impatience car elle a bel et bien vaincu le dernier Zelda il y a des mois. Et franchement, bien que mon avis soit que Tears of the Kingdom est le meilleur jeu de tous les temps, il n’y a rien de plus sain que Mario. Rien de « sexy », rien de sanglant, tout est drôle… je fais confiance à Mario plus que n’importe qui.

Tout comme Zelda, La Fille m’a demandé de faire un dessert inspiré par le jeu. La dernière fois, c’était le gâteau « monstre ». Cette fois, j’ai essayé de faire des macarons qui rappelleraient les fleurs parlantes du nouveau jeu. Voici un exemple :

©️Nintendo

Évidemment, j’ai dû simplifier le dessin. Oubliez les pétales et la tige — ce sont des formes trop compliquées. Mais j’ai pensé « Je peux faire la bouche et les yeux avec une deuxième couleur de pâte à macaron ». Je pense beaucoup de choses, mais il ne faut pas les exprimer toutes, vous savez ?

Ce que j’ai gaspillé pour cet effort, c’est immense. Je me suis rendu chez Surfas, à Los Angeles, juste pour acheter du chocolat blanc de Cacao Barry, parce que je vous ai dit que celui de Ghirardelli ne marche pas dans les recettes de Pierre Hermé. Voilà :

Enfin, presque juste pour acheter le chocolat. Si je dois faire un aller-retour à cette ville (120 km en total), tout seul, avec les embouteillages que j’adore, je vais visiter mon resto persan préféré, Shamshiri Grill, à chaque fois. Voilà :

Alors, les macarons. Commençons par les coques. Mon idée était de faire une meringue française nature, retirer un peu de la pâte, et colorer la majorité orange, et la petite partie noire. Ça a presque marché :

Vous pouvez voir que j’ai utilisé deux douilles de tailles différentes, les deux plus petites que d’hab pour les macarons. J’ai mis un peu de la pâte noire au centre de chaque cible :

Pas mal. Et maintenant, l’orange, puis je dessinerai de petits yeux au-dessus, e hop !

Vous pouvez le voir, j’ai VITE regretté les yeux et me suis arrêté. Je n’ai pas eu une douille assez petite pour ce genre de travail. Mais j’avais planifié une certaine quantité de coques sans « bouches » car seulement un côté doit avoir un visage, n’est-ce pas ? Ce n’était pas complètement un désastre une fois enfourné :

Mais les tailles ne sont plus les mêmes. Les coques à deux pâtés sont plus grosses que celles sans partie noire. Je n’ai pas pu faire des paires comme prévu. Ce n’est même pas la pire partie. Ça, c’est la ganache.

J’avais planifié la ganache des macarons « infiniment framboise » de Pierre Hermé. Les trois ingrédients sont des framboises fraîches, du jus de citron, et du chocolat Valrhona Ivoire. J’ai coupé les quantités par 4 ; sinon, j’ai suivi la recette au pied de la lettre :

Et exactement comme mon autre essai de faire l’une de ses ganaches qui exigent du Valrhona Ivoire, cette ganache restait beaucoup trop molle même après 12 heures au frais. J’ai « réussi » à en pocher un peu dans chaque paire de coques, sans trop de renversements. Mais les résultats sont un échec :

Le goût de la ganache est hyper-acidulé, le chocolat blanc de Cacao Barry a tous les mêmes problèmes que Ghirardelli pour deux fois le prix… il n’y a rien de cette expérience que j’ai envie de refaire. Ça me fait peur, car je comptais sur ce chocolat blanc pour ma prochaine recette originale pour le blog. Je vais l’essayer quand même, car j’ai dépensé presque 70 $ entre le chocolat et l’essence. (Surfas ne l’enverra pas par courrier, et les magasins qui le feront exigent des sommes énormes.)

Mais le jeu ? C’est magnifique. Moins innovant que son prédécesseur, Super Mario Odyssey, mais hallucinant comme rien d’autre. Nous en avons les deux énormément profité, et je suis sûr que ça continuera. Mais la prochaine fois où elle demande un dessert inspiré d’un jeu, la réponse sera non. Je ne suis pas ce genre de pâtissier

La reine des serviettes

Il y a des années — on parle d’une décennie — il y avait un bienfait merveilleux lié à habiter à Elbe-en-Irvine. Nous sommes proches de Disneyland — l’original — et tous les Noël, ils envoyaient les personnes qui se déguisaient en tant que Mickey, Minnie, Donald, et Dingo (on dit Goofy ici) pour jouer dans un spectacle gratuit au centre commercial « Fashion Island » (Île de la Mode). Des gens s’installaient devant la scène à partir de l’ouverture du centre, alors les gérants ont enfin décidé qu’ils pouvaient juste laisser des serviettes sur terre, et le reste de nous étaient obligés de les respecter. C’était un échec, et ils ont fini par mettre fin aux spectacles.

Pourquoi dis-je ça maintenant ? J’ai récemment découvert — complètement par hasard — que vous connaissez évidemment ce comportement nul en France aussi. Instagram m’a proposé de clip d’une jeune humoriste, Philippine Delaire, qui traite d’exactement ce sujet :

Oh là là, mais elle m’a fait rire !

Il s’avère qu’elle est extrêmement drôle, même si ce style de jouer tous les rôles dans un sketch n’est plus original, vu que tout le monde le fait maintenant. Par exemple, ici elle fait ce que l’on aimerait tous faire dans les transports publics quand on entend des conversations personnelles. Je n’arrive pas à me mêler dans les affaires des inconnus, mais croyez-moi, il y a des fois où j’y pense :

Un dernier clip ? Voilà, tous les lundis, je vérifie mon horoscope — chez Le Gorafi (je suis Furet, entre le Scorpion et le Sagittaire). Ce n’est vraiment pas mon truc, mais j’aime les parodies. Alors je n’ai aucune idée si ses propos sur les signes astrologiques sont pris au sérieux par les connaisseurs. Mais encore une fois, j’ai ri.

Ça fera longtemps avant que je n’arrête de rire des serviettes !

La soirée belote

Ce soir, j’étais à une nouvelle activité de l’OCA, une soirée du jeu de cartes « belote ». Au-delà des publications du groupe, je ne le connaissais pas du tout. Mais il restait plusieurs places disponibles, alors je me suis dit « Pourquoi pas ? » C’était un bon choix.

La belote n’est pas trop compliquée, surtout par comparaison avec le tarot. On joue avec seulement les cartes supérieures d’un jeu : 7-10, l’as, et les 3 visages. Les atouts peut être n’import quelle couleur, pas comme le tarot avec ses atouts dédiés. Je l’ai appris assez vite.

Comme toujours à ces événements, un dessert est allé avec moi. C’est ma carte de visite. Je ne vais pas vous dire ce que j’ai fait, parce que c’est mon dessert seinomarin. Disons que c’était très bien accueilli, et j’étais ravi à découvrir que je suis en fait déjà un peu connu pour ça. Deux autres invités parlaient de ma grande production pour le soiree cinéma en mars. Un des invités s’est souvenu de mes macarons pour le marché de Noël. Ça me fait plaisir. Je me sens toujours comme s’il y a du monde qui se méfie de moi — pourquoi veux-je m’intégrer dans un groupe d’expatriés ? — et les desserts m’aident à les convaincre que je m’intéresse vraiment à la culture.

Honnêtement, je n’arrive pas à imaginer quel serait mon escroc. « Bonjour, vous avez tous soit 20 ans de plus soit 15 ans de moins que moi. Alors je ne suis pas ici pour jouer le brouteur, mais je suis quand même louche. » C’est bien logique, ça. ([Il est quand même louche, d’accord. — Mon ex])

Mais je dois vous dire, ce groupe m’a vite adopté, bien que la moitié d’entre eux ne me connaisse pas avant. J’ai appris le jeu, personne n’avait pas besoin de parler lentement, et le temps que je les aie quitté, c’était comme si on se connaît déjà depuis longtemps. Je les ai déjà fait une promesse que la prochaine fois, j’apporterai des macarons. Vous savez que je ferai mon tout pour livrer quelque chose à la hauteur de leurs souhaits. Vraiment, la formule n’est pas difficile !

Le Silence des bruyants

Je me souviens bien de 2020. Pour moi, c’était une meilleure année que pour beaucoup de monde. C’est largement à cause du fait que j’étais chanceux d’avoir acheté assez de PQ juste avant le virus pour ne pas m’inquiéter pendant les mois de pénurie (c’est une histoire 100 % vraie). Mais aussi un peu parce que j’ai appris le français, découvert Indochine et de Funès pendant la même semaine, bla-bla-bla. Mais largement le PQ.

Mais je me souviens très bien de cet octobre pour deux des mêmes raisons que vous tous. Je n’oublierai jamais le meurtre de Samuel Paty, où je me demandais pourquoi beaucoup de mes amis avaient posté cette image partout :

J’ai reconnu la fonte parce que même aux États-Unis, « Je suis Charlie » était célèbre. Il est souvent le cas que nous ne savons rien de ce qui se passe en France, à moins qu’il se traite de Vanessa Paradis pendant son mariage avec Johnny Depp. Mais l’attaque contre Charlie Hebdo a servi pour sortir certains des ombres, comme on dit en anglais. Nous avons bien appris qui disait « Je crois à la liberté d’expression — mais aussi aux conséquences », comme si des crimes ne le sont plus si on est offensé.

Je pense au linguiste le plus célèbre au monde, Noam Chomsky, prof du MIT, qui a pris l’opportunité (lien en anglais) — pour critiquer Charlie Hebdo pour avoir licencié le caricaturiste Siné. Le professeur Norman Finkelstein a fait la comparaison (lien en anglais) entre Charlie et Der Sturmer, un journal des Nazis — et a dit « Je n’ai pas de sympathie ». Le magazine Jacobin — je ne plaisante pas, c’est un magazine américain — a aussi trouvé (lien en anglais) l’affaire Siné beaucoup plus d’un problème que les meurtres. Et ces gens se croient des défenseurs de la liberté d’expression.

Environ dix jours après le meurtre de Samuel Paty, le procès de l’attaque de 2015 a commencé. J’ai acheté le numéro spécial de Charlie en anglais — le seul que j’ai acheté — pour mieux comprendre. Cette fois, je n’ai rien lu aux États-Unis. On l’avait oublié.

Alors, hier matin, je me suis réveillé pour découvrir qu’un ami en France m’avait envoyé un lien vers un article sur le meurtre de Dominique Bernard, encore une fois un prof. Parce que je suis bien au courant du fait que ce meurtre était lié aux demandes du Hamas, je l’ai mentionné à mes amis. Du silence.

Et je trouve ce silence curieux. Les bruyants, avec leurs drapeaux de la semaine et leurs anathèmes réguliers et leurs questions sur vos loyautés, n’ont plus rien à dire. Je vous ai déjà dit ça. Mais pour Samuel Paty et Dominique Bernard ? Sûrement il n’y a aucune « nuance » quant à ces meurtres.

J’ai remarqué une grande différence entre la France et les États-Unis pendant ces trois dernières années. Depuis 2009, quand j’ai rejoint Facebook, je n’ai jamais publié un avis partisan, un choix fait exprès. Parmi mes amis francophones, je vois le même comportement — je ne peux pas vous dire qui a voté pour qui, parce que personne ne dit rien. C’est presque la même chose avec la religion — je crois que je sais qui sont les croyants, mais je devine, car personne ne dit rien. Aux États-Unis, si vous ne déclarez pas vos « équipes », je vous rassure — on va vous les demander, et pas forcément poliment. Vous n’avez jamais vraiment vécu l’expérience américaine jusqu’au moment quand un ami vous dit que vous n’avez pas le droit de manger dans une chaîne de restos rapides — In-N-Out, le burger californien — car une citation de la Sainte-Bible, Jean 3, 16, est imprimée sur le fond de leurs gobelets.

Je n’arrive pas à imaginer le Français qui me dirait que l’on n’est plus amis à cause d’un burger.

Ce n’est pas le billet que je voulais écrire aujourd’hui. J’ai d’autres chats à fouetter, comme toujours (pardonnez-moi, Louloute, c’est juste une expression). Mais il me semblait que je serais bien hypocrite si je n’ai pas écrit sur exactement ce meurtre après m’être plaint des bruyants qui se taisent au mauvais moment. Tout ça, c’est à dire que je vois votre peine, je ne l’oublierai jamais, et je ne ferai pas d’excuses pour ça non plus.

Le trilingue le plus drôle au monde

Il y a longtemps — on est en 2020, mais je ne me souviens plus d’exactement quand — un ami m’a envoyé un clip qui a contenu cet extrait :

Mais on avait coupé le tout dernier moment avec le nom de l’auteur, alors il me fallait attendre jusqu’à la fin de cette année-là pour découvrir le génie qui est M. Loïc Suberville.

Je ne sais pas ce qu’il dirait de son enfance, mais il était très chanceux d’une façon. Né à des parents français expatriés au Mexique, il a grandi à San Francisco. Alors il parle toutes les trois langues sans accent étranger. Ça lui permet de faire des blagues intéressantes, qui jouent avec les trois langues en même temps. Pourtant, il est souvent important de parler au moins un peu l’anglais pour vraiment en profiter, car c’est la colle entre les autres. Ici, il n’arrive pas à se souvenir du bon mot pour les toilettes, jusqu’à ce que ce soit trop tard :

Vu qu’il est rare pour lui de tourner un clip complètement en français, voici une interview qu’il a fait pour Konbini où il raconte un peu son histoire :

Il était une fois, il est apparu sur la chaîne YouTube de Paul Taylor, humoriste britannique qui travaille à Paris, en général en format bilingue (mais bientôt, pas plus — ce n’est pas clair s’il quitte le français ou l’anglais). Cette interview est en anglais, mais avec des sous-titres en français. Ça explique bien son appel aux anglophones — pour ma part, juste en l’écoutant, je le croirais l’un de mes voisins.

Si vous m’avez suivi depuis assez longtemps, vous savez que je plaisante parfois sur la signification de « belle-mère » en français. M. Suberville aussi :

Le problème avec cette dernière vidéo, comme pleine de ses autres, c’est qu’elle fait de super blagues comme « effrayante mère » ou « méchante mère », mais le tout s’explique en anglais. Alors, bien que ce soit sur la langue française, c’est vraiment une blague pour les anglophones ou les bilingues.

Pourtant, je vous encourage de le découvrir autant que possible. Il vient d’atteindre un million d’abonnés sur Instagram, et ça n’arrive sans beaucoup d’excellent travail. (Bon, il y a un autre chemin pour y arriver, mais très peu de monde veulent le voir nu.) Je vous laisse avec un dernier clip que je crois que vous comprendrez très bien, même si la chute est livrée en anglais. Il a du talent pour vous faire comprendre :

La connerie à l’américaine

Le mercredi est censé être Langue de Molière. Mais je n’en peux plus, et bien que ce ne soit pas un blog sur la politique, c’est certainement un blog sur ma relation de plus en plus compliquée avec mes con-citoyens. Mon plus grand défi du blog n’est pas le Tour, n’est même pas la cuisine, c’est comment je vous les représente. Il y a un genre d’américain — tousse, tousse, SEBASTIAN MARX, tousse, tousse — qui gagne sa vie en disant ce que les xénophobes ont envie d’entendre, mais même si je réussis mon plus grand rêve, ce ne sera jamais moi.

Mais quelque chose a changé en 2020, et ces trois derniers jours me l’ont rappelé. Vous vous souvenez sûrement des émeutes de cette année-là. Mais saviez-vous qu’il y avait des gens qui demandaient que l’on paye les cautions aux émeutiers afin de les permettre de continuer à faire des émeutes ? C’est vrai. Moi, je ne soutiens pas brûler et cambrioler des magasins qui n’avaient rien du tout à voir avec le problème original. Certains me considèrent un monstre pour cette attitude, car je n’écoute pas suffisamment « la voix des plus défavorisés ». Je rejette ça, mais c’est les États-Unis d’aujourd’hui. Gardez ça dans l’esprit.

Si je parle des trois derniers jours, je parle évidemment du massacre en Israël, non pas les émeutes de 2020. Alors, avant de continuer, je dirai que ce n’est pas mon intention de vous dire ce que vous devriez penser de qui a raison dans ce conflit. J’espère quand même que nous serons d’accord qu’il ne faut pas couper la tête des bébés. Si ce n’est pas le cas, merci de me quitter.

Mais il s’avère qu’aux États-Unis, les deux sont liés. Ça va prendre du temps.

Il y a deux jours, j’étais horrifié par des vidéos comme celle-ci, où une femme raconte la découverte de la mort de sa grande-mère car son tueur l’a tourné avec le portable de la grande-mère, puis l’a utilisé pour mettre la vidéo sur son compte Facebook :

J’étais également choqué que personne n’a répondu aux nouvelles que certains chantaient « gazer les juifs ». Je croyais la Shoah quelque chose qu’il ne fallait pas répéter.

Puis j’ai remarqué deux choses déroutantes. Pas comme en 2020, quand j’étais la seule personne que je connaissais à ne pas devenir enthousiaste des émeutes, j’étais la seule personne à même mentionner que cet événement s’est passé parmi mes connaissances. L’autre chose, c’était les drapeaux. Je ne connais pas la tradition en France, mais aux États-Unis quand on est en deuil, on met les drapeaux en berne. Au-delà d’un McDo près de chez moi, aucun drapeau sur mon chemin quotidien était dans cet état. Après l’avoir recherché, j’ai découvert que des 50 états, seulement 11 ont ordonné que les drapeaux soient mis en berne, et tous étaient des états « rouges » (avec des gouverneurs Républicains). Ça ne devrait pas être une question partisane !

Hier, j’ai découverte la raison pour ça, et c’est pourquoi je vous ai dit que les émeutes de 2020 sont liés au massacre chez moi. Il s’avère que les nombreuses associations qui revendiquent le nom « BLM » soutiennent le massacre, ainsi que leurs supporters. Et avec cet imprimatur, personne ne le contredira. Je n’ai pas dit « soutiennent les palestiniens ». Je veux être très clair. Voici des affiches postés en ligne par certaines associations, ainsi qu’à une manif à New York :

Les panneaux à la manif disent « Par n’importe quel moyen » et « Décoloniser n’est pas une métaphore ». En haut à droite, ça dit « Il ne faut pas condamner leur résistance mais plutôt la comprendre comme auto-défense légitime ». Quant aux deux autres, l’image d’un parachute évoque l’attaque et rien d’autre. Je n’accepte pas que tuer des petits est une question d’auto-défense — mais il faut ajouter qu’au-delà de mon meilleur ami et sa femme, je suis seul parmi mes amis à y croire. Ça me choque et me fait déprimer en même temps.

Encore une fois, je ne vous dis pas à suivre telle ou telle position en ce qui concerne le Moyen-Orient. Mais j’ai encore une fois le cœur brisé que mes con-patriotes sont de si grands fans de la violence politique. Et la certitude qui va avec !

Mais la pire chose, c’est que si je suis complètement honnête, je le soupçonnais déjà avant ce week-end.