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Éclipse

Je sais que vous avez tous entendu parler de l’éclipse solaire d’hier. C’était aussi visible en France qu’au Canada, vous savez. Vous deviez juste aller à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Alors, afin de vous montrer l’éclipse telle qu’elle était en Californie du Sud, j’ai refait le projet de La Fille pour son école pendant la dernière éclipse en 2017 . Rien de plus simple !

D’abord, voler une feuille de papier à votre imprimante :

La plier en deux :

Couper un rectangle du centre :

Dérouler la feuille de papier :

Couvrir le trou avec une feuille d’aluminium et mettre du ruban adhésif aux bords :

Avec une épingle, faire de petits trous dans l’aluminium. J’ai fait deux rangs de 4 trous chacun :

Puis, je suis allé quelque part d’effrayant, le soi-disant « extérieur » pour tester cet appareil. Selon une de nos chaînes de télévision, l’éclipse a commencé à 10h15 sur la Côte Ouest, alors j’ai pris quelques photos à ce temps. Mais c’était trop tôt :

« Justin », vous me dites, « est-ce une blague ? Je ne vois rien ! » En fait, il y a 7 ombres dans cette photo, mais ils sont petits. Je recadre la photo et les cercle pour vous :

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Oui, les petits pois blancs vers les centres sont les images du soleil. Ce sont toujours toutes rondes alors je suis revenu à 11h10, le moment du maximum, avec le soleil bloqué à environ 60 % :

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Vous voyez que les ombres ont maintenant la forme de croissants ? Sans beurre de Charentes-Poitou AOP. La déception est énorme. Mais voilà, une dernière photo sans cercles rouges. Vous pouvez la cliquer pour la magnifier :

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Après cette grande déception, je voulais me rappeler que ce n’est mieux nulle part ailleurs ici, alors je suis allé dans un resto rapide mexicain, Rubio’s, pour un « ancho citrus shrimp burrito », un burrito aux crevettes et à la sauce de piments anchos et de citron. Ça a l’air triste, n’est-ce pas ? J’en mange 2 ou 3 chaque mois.

Je vous rassure, j’échangerais l’éclipse et le burrito pour un « French taco » et pas d’éclipse tous les jours et deux fois le dimanche. (C’est une expression anglaise, « every day and twice on Sunday », qui veut dire « à chaque fois, très régulièrement, sans hésiter ».)

Philippine Delaire à The Bourbon Room

L’année dernière, je vous ai parlé d’une humoriste que j’avais découverte sur Instagram, Philippine Delaire. Puis en février, il s’est avéré qu’elle apparaîtrait à Los Angeles le 5 avril, annoncé au spectacle d’Arnaud Demanche. Hier étant le 5 avril, et vu le gros-titre, un Bon Point pour ceux qui viennent de deviner où j’étais :

Cette fois, l’événement était à The Bourbon Room à Hollywood, club de royalistes expatriés. Nan, je plaisante un peu. C’est à Hollywood, mais le « bourbon » ici est le whiskey lié à l’état de Kentucky, à base de maïs. Mais l’eau-de-vie doit son nom à Louis XVI., à cause de son soutien de la Révolution. Non, L’AUTRE Révolution du XVIIIe siècle.

Alors, les portes se sont ouvertes à 19h, mais le spectacle n’a commencé qu’à partir de 20h. Vu que je suis arrivé à 18h20, j’ai fait une petite balade autour du quartier. Mais d’abord, j’ai dû conduire par le vieux quartier du centre-ville où j’ai pris des trains chaque semaine pendant 3 ans. Voici la prison du comté de LA pour les hommes, en face de la gare (j’ai pris les photos de l’autoroute ; la gare n’est pas visible) :

Et l’horreur dite la Cathédrale de Notre-Dame des Anges (Los Angeles est la traduction de ça en espagnol : Nuestra Señora de Los Ángeles), ou comme la communauté de catholiques ici l’appelle, le Taj Mahony, d’après le cardinal Roger Mahony, car c’est un monument à son égo. Comprenez-vous pourquoi j’adore tant les cathédrales françaises ?

Nous voilà à Hollywood :

Connaissez-vous la bande de truands religion de Scientology ? Ils ont un musée à leur fondateur ici, et c’est énorme :

Ce n’est pas ce que l’on appellerait « nos bonnes adresses ». Juste à côté de chez la culte de Tom Cruise, on trouve cette maison mal réputée :

Déjà Vu, mon œil ! Jamais vu pour moi — je n’y entrerais jamais.

On est sur le « Walk of Fame » ; les astronautes qui ont visité la Lune sont des membres en tant que des stars de la télé. Je ne plaisante même pas ; c’est la signification de la télé en haut de leur plaque :

Connaissez-vous la maison de disques Capitol Records ? Anciennement celle de The Beatles — mais aussi celle de Barbara Pravi aux États-Unis ; le lien est la preuve :

Voici des photos de The Bourbon Room :

Et la salle de spectacle :

J’ai tourné une petite vidéo pour vous donner le goût de l’atmosphère. Oui, la chanson de France Gall jouait vraiment sur les haut-parleurs :

Alors, le spectacle ? Euh, je dois vous dire quelque chose. Il y a une semaine, j’ai demandé dans le groupe privé sur Facebook de l’OCA si on aimerait faire du covoiturage. Aucune réponse. Naturellement, 3 couples du groupe y sont arrivés dont 2 qui me connaissent grâce à de nombreux événements. J’étais bien contrarié. Ça commence vraiment à sentir comme si personne ne veut rien faire avec moi. Entre ça et le fait que Mme Delaire parle viiiiiiite, j’ai galéré à comprendre le spectacle.

J’ai dû commander quelque chose à manger et à boire, car c’était obligatoire. 24,90 $, les amis — pour le bretzel et une petite bouteille d’eau San Pellegrino.

À la fin du spectacle, j’ai filé à la française, sans attendre les autres à l’extérieur. Je ne sais pas si j’irai à ma prochaine soirée de tarot. Je me sens comme s’ils essayent de m’envoyer un message. Si j’ai tort, il serait super si on m’offrait ses excuses pour ne jamais accepter une invitation de ma part.

Étant malheureux, j’ai passé par chez Randy’s Donuts, à côté de LAX (l’aéroport) et ouvert 7/24 depuis 1952 :

Un inconnu devant moi dans la queue a vu à quel point j’étais de mauvaise humeur et m’a acheté un donut et une bouteille d’eau. Malgré le fait qu’il était soûl. Je ne plaisante même pas.

J’entends parler que Sebastian Marx sera ici cet été. J’ai beaucoup appris de lui et Paul Taylor en tant qu’humoristes bilingues au début. Je n’aurais aucun problème quant à le comprendre. Mais en ce moment, je ne sais pas si j’ai envie de répéter ce qui s’est passé hier.

Google gâche tout

Une erreur de Google a vraiment gâché ma journée hier. Je vais vous montrer quelques captures d’écran qui racontent toute l’histoire. D’abord, on penserait qu’hier était de loin la plus grande réussite du blog :

OH LÀ LÀ, ouais ? Je vous dirai que jusqu’à hier, le record était 386, quand j’ai publié ma critique du livre « Le second degré n’est qu’une température ». Et cette fois-là, le tout a été dû au lien de son auteur sur Twitter. Mais les apparences sont fausses.

Je n’ai aucune envie de revisiter la polémique autour du livre de Mme Koç ; ce n’est pas le sujet. Je vous dirai que je ne doute pas le chiffre pour The Salingers, car ça reste une nouvelle récente et tous les jours, cet article continue de recevoir des visites. Il y a plein de fans d’Indochine qui veulent en savoir plus. Mais l’autre article date de janvier, n’est plus au courant, et personne ne l’a lié. Et voici ce qui s’est passé :

Tout ce traffic vient de Google — 373 + 61 = 434, pas une coïncidence. Au cas où ce ne serait pas clair, c’est leur araignée :

Je sais que le tout est trop vite arrivé car j’ai reçu une notification de WordPress :

On pourrait dire, « Ben, personne n’a été blessé ; laissez tomber ». Et c’est vrai. Mais il y a une dernière graphique qui est le vrai problème. Ça, c’est le traffic de la balado :

Ce chiffre est évidemment lié à l’araignée de Google et non pas à de vrais auditeurs. Je vous ai dit à la fin de l’année dernière que je craignais que la hausse des chiffres n’avait aucun sens. La plupart des lecteurs lisent ce blog avec l’appli de WordPress, et pourtant Spotify me dit que tout le traffic vient du web, non pas de leur appli, ni d’iTunes. Les statistiques de la balado sont évidemment le résultat du lecteur téléchargé avec chaque visite sur le web, et il n’y a pas de public. Spotify dit qu’ils ne comptent que les lectures qui durent au moins une minute ou dont l’épisode est téléchargé. Ce dernier explique tout.

Je ne sais pas ce que je vais faire avec cette info. La balado est beaucoup de travail. Il y a des gens qui m’ont parlé d’avoir écouté certaines interviews dans la vraie vie, et ça vaut quelque chose. Et je l’ai lancée afin de pratiquer ma prononciation, non pas dans l’espoir de devenir « viral ». ([Ne vous inquiétez pas, je vous considère un virus en forme humaine. — Mon ex]) Mais j’ai fait des bêtises pour le blog — des interviews à 3h du matin, l’enregistrer dans l’hôtel à Paris le lendemain du concert d’Indochine afin de ne pas rater une semaine — et je parle apparemment juste aux robots. Ça, c’est déprimant.

Je n’aime jamais vous raconter une histoire toute pourrie, alors je vais vous raconter quelque chose de hilarant qui est arrivé la veille. Vous souvenez-vous de la fois où j’ai fait 300 macarons pour un événement avec mon ex ? Elle m’a envoyé un SMS pour me dire « Les macarons que tu as faits l’année dernière étaient délicieux. Puis-je avoir la recette ? » Elle n’a jamais fait aucune pâte dans sa vie ! En plus, je n’oublierai jamais l’invité qui m’a dit « Ton ex a trouvé une super pâtisserie pour les macarons. Tu sais laquelle ? » Mais je coopère au maximum.

J’ai appelé un ami pour partager le fou rire avant de répondre. Il m’a dit « Tu dois lui donner la version de Pierre Hermé avec le sirop bouillant ! » Mais je n’ai pas fait ça pour l’événement. J’ai donc écrit la recette avec une meringue française en anglais, avec chaque astuce que je connais. Il suffit d’imaginer sa réaction en lisant des choses comme « On cherche un « ruban lisse » avec la pâte » et « Utilisez une douille Ateco 806 pour les pocher ». La meilleure vengeance est un macaron servi froid.

Mon amie F

Nous sommes en Vendée, alors je vais enfin vous raconter certaines histoires autour de mon amie qui habite là. Elle ne savait pas que ce post paraîtrait ; j’espère que ça ira.

Photo par Chabe01, CC BY-SA 4.0

Remontons le temps jusqu’en mai 2020. Je me suis enfin présenté dans le groupe de Facebook qui m’a lancé sur tous les chemins que je parcours — Louis de Funès, Indochine, Bourvil, Les Rita Mitsouko — et j’étais choqué par toutes les demandes que j’ai reçues sur Messenger pour parler. La plupart du monde qui m’ont contacté étaient bilingues, ceux qui avaient fait des séjours linguistiques ou se sont expatriés pendant un certain temps. C’était facile de parler avec ces gens car ils pouvaient toujours changer de langue quand j’avais des problèmes. Et honnêtement, je devais vérifier des choses sur Google Traduction sans cesse.

Je croyais que ça resterait le cas, qu’il y aurait toujours plus d’affinités avec ceux qui avaient été marinés dans une culture anglophone. Mon amie rouennaise habitait au Royaume-Uni. Mon ami en Somme ne parle pas l’anglais, mais il a voyagé plusieurs fois aux États-Unis. Cependant, F m’a fait changer d’avis.

Je ne lui ai jamais demandé à quoi elle s’attendait à l’époque — je ne l’ai demandé à personne, pour être clair, mais pour les bilingues, c’était assez évident. Beaucoup de monde mourraient de curiosité sur « l’américain », mais la majorité me passeraient le bonjour et c’était tout. Ça va, et je n’ai aucune plainte. Mais certains continuaient les conversations, et j’ai vite découvert que F voulait vraiment m’aider. Elle m’écrirait des notes sur telle ou telle chose que j’avais mal écrit dans le groupe, ou ajouterait un renseignement sur une question que j’avais demandé. Mais quelque chose était différent entre nous qu’avec tout le reste du monde.

Ce ne sera pas du tout ce à quoi vous vous attendiez… 😉

Les réseaux sociaux sont largement très informels. Et j’ai toujours hâte à vous dire que chaque usage de « you » en anglais se traduit comme « tu », pour de nombreuses raisons. Alors beaucoup de monde me tutoyaient dès le départ, ou me demandaient « On peut se tutoyer ? » très vite. Mais à l’époque, F et moi continuions de nous vouvoyer. Et pour être clair, ça ne me dérangeait pas du tout ! Je n’ai jamais demandé de changer à personne, jusqu’à maintenant, car je reste très mal à l’aise sur quel est le bon moment (on en parlera plus une autre fois), mais j’ai chanté les louanges du vouvoiement dans ces pages.

Toutefois, nous avions parlé d’avoir un coup de fil téléphonique pendant mon premier voyage. Le dernier jour, j’étais dans le métro et en retard, en route pour Les Invalides ; nous avions choisi midi, mais j’étais toujours sous terre. Elle m’a appelé avant que je ne puisse quitter le métro, et m’a vite demandé « On peut se tutoyer ? »

À ce point-là, nous nous connaissons depuis un an déjà. Je sais que ça a l’air dingue, mais pour la première fois, j’ai senti comme si je l’avais mérité, comme si c’était une promotion. La seule chose à laquelle je peux faire la comparaison, c’est le son d’avoir réussi une quête. J’ai dû quitter le pays plusieurs heures plus tard, mais le sourire a duré pendant des jours.

Il y a d’autres histoires. Quand j’ai lancé ce blog, F était la toute première personne à laquelle je l’ai montré. Elle m’a gentiment envoyé quelques corrections avant le lancement « officiel ». Une autre fois, très tôt, je lui ai écrit « Je m’ai fait une promesse », et elle m’a expliqué que les verbes réfléchis utilisent toujours « être », ce que Duolingo ne m’avait toujours pas enseigné. Alors, voilà, je me souviens de cette leçon à chaque fois où j’écris un verbe réfléchi au passé composé. Il était une fois, je vous ai dit que je gardais un fichier plein d’expressions inattendues d’un étranger, pour faire rire une amie dite F. Elle voilà.

Il y a une page que je n’ai jamais édité depuis le début du blog, celle où je me présente. J’y mentionne qu’une amie m’a donné l’expression « un coup de foudre ». Oui, des jours avant que je ne voie Le Gendarme se marie et décide que ce sera le bon nom pour le blog. Vous savez qui maintenant.

Une histoire qu’elle entendra en même temps que vous ? En 2022, j’ai dû expliquer à mes parents pourquoi je partais pendant un week-end et avais besoin de quelqu’un pour garder M. Descarottes. Des parents de F venaient de visiter la Californie, dont LA. Les miens avaient au moins entendu parler de F, alors…je leur ai dit que j’allais passer du temps avec ses parents pendant leur séjour. Leur séjour déjà conclu. Oui, je sais. Mais sérieusement, pensiez-vous que j’allais dire « Je pars en France, mais juste pendant un jour ; gardez le cobaye, svpkthxbye » ? Ouais, moi non plus.

Ils ne savent toujours pas d’où vient mon t-shirt « Central Tour ».

On devrait tous avoir un tel ami. Quel pays, la France, qui m’en a donné trois, et en 2020 en plus !

Parlez l’anglais — COMME UN CON !

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet qui réunit plusieurs de mes bêtes noires. Nous avons parlé des profs d’Internet qui gagnent leurs vies grâce à être jeunes et jolies, et…disons que c’est un chemin qui ne m’était jamais disponible, même à mes 25 ans. Nous avons parlé de comment je ne peux guère supporter l’anglais comme on le parle aux États-Unis — et nulle part ailleurs non plus. Pourtant, si je suis honnête — ce qui est rarement le cas — j’aimerais aussi gagner un peu de ce fric d’influenceur. Et c’est bien évident que ça n’arrivera jamais grâce à la pâtisserie non plus. Que faire ?

Je vous présente la prochaine étape pour mieux s’intégrer aux États-Unis — je vous enseigne comment reconnaître notre langue de con, et répondre de façon naturelle. Plus envie de tronçonner tout le monde autour de vous, garanti !

Avec l’amicale participation de La Fille en tant qu’opératrice caméra, nous vous montrons 100 % de vrai anglais comme on l’utilise dans les restos. PAS DE MENSONGES ! Aucun manuel scolaire ne vous montrera ces secrets car sinon tout le monde abandonnerait leurs études d’anglais.

Image par brgfx sur Freepik, colorée par moi avec Photoshop

POISSON D’AVRIL !

OU EST-CE ?

Un quatrième jour dans notre vie

C’est encore une fois le 29 mars, mon « anniversaire français ». Il m’étonne toujours combien a changé à partir du jour où je me suis dit « Je suis bien ennuyé dans cet appartement avec cette saloperie de virus partout. Je vais essayer un cours de français sur Duolingo. »

([En fait, il n’a dit rien de sorte, les amis. Tout le français qu’il a appris ce jour-là était genre « un garçon et un cheval », « un cheval et un chat », etc. Croyez-moi, j’en ai eu marre d’entendre toutes les répétitions ! — M. Descarottes])

Le jour où « Un Jour Dans Notre Vie » est devenu mon générique

Je reviens encore et encore à ce thème (2021, 2022, 2023), à partir de ma chanson préférée de tous les temps, parce que comme j’ai écrit en 2023, il exprime tout ce que veux dire ici, tout mon espoir et désespoir en même temps. Et il me semble que la leçon de la dernière année est le point auquel les deux côtés de ça existent ensemble.

Je me demande souvent à quoi je m’attendais ce premier jour-là. Je ne connaissais personne dans ma ville avec laquelle le français serait utile. À l’époque, ça faisait 12 ans depuis la dernière fois où j’avais sorti des États-Unis, et il me semblait que je devais attendre les 18 ans de La Fille (en 2028) pour régler ça. J’avais les concerts de Laurence Manning en ligne, mais c’était tout.

Toutes les raisons que j’avais pour apprendre le français au début sont disparues. Ça fait un an entier depuis le dernier concert en ligne de Laurence, alors je ne vois plus les québécois avec lesquels j’avais envie de parler. Le groupe sur Facebook qui m’a accueilli deux mois après le début existe toujours, mais il est largement devenu un seul type (pas moi) qui parle à lui-même.

J’en ai trouvé d’autres. On va bientôt visiter la Vendée pour le Tour, où quelqu’un de vraiment spécial y habite (pas le sujet de Peur). J’ai découvert une passion pour les films français qui nous amènera à une semaine consacrée aux films en même temps que notre Fête des Impôts (le 15 avril). Il y a toujours un manuscrit en cours, même si je suis plus pessimiste qu’avant à propos de la date où il sera fini. Mais ce sont tous des buts liés à un blog qui ne faisait jamais partie des rêves du jeune moi.

Et si ce monsieur avait reçu ce qu’il avait demandé ? Ce blog est né de la terreur que je n’arriverais jamais en France. Mais si j’avais réussi à y passer une semaine après mes années à la fac, si j’avais appris la langue assez tôt pour le vivre comme j’ai envie, est-ce que j’aurais fait les bons choix ? Ou est-ce que j’aurais tout mis à côté comme l’espagnol ?

Je n’ai pas de bonnes réponses à ces questions. Je me dis parfois qu’il y a 3 personnes que je souhaite avoir connu il y a 30 ans, pas juste récemment. Mais si je suis honnête, je ne peux même pas imaginer comment ce serait arrivé en deux des trois cas. Je pleure les opportunités ratées, puis je me dis que je suis fou pour pleurer l’impossible. (J’aime me gronder, la seule chose qui arrive dans tous les avenirs possibles.) Tout ce que je peux dire vraiment est ce que je dis depuis des années : qu’un jour dans notre vie, tout peut changer. Et je suis reconnaissant que vous êtes tous là maintenant.

Ne parlez pas l’anglais comme les autres non plus

Il y a des mois, énervé par les bruits de mes con-citoyens qui font semblant de parler anglais, j’ai écrit un article intitulé « Ne parlez pas l’anglais comme un américain, 1ère partie ». J’ai ajouté « 1ère partie » car j’étais loin d’épuiser le sujet, mais il ne m’est pas venu à l’esprit d’y revenir. Plus précisément, j’ai des limites pour la fréquence de billets où je me plains de tel ou tel chose. Et il y a des sujets plus importants pour m’en plaindre.

L’image la plus américaine de toutes, Photo par Tech. Sgt. Andrew Burdette, Domaine public

Un de ces sujets est l’attitude du reste de l’anglophonie vers l’anglais tel qu’il est à travers l’Étang, comme disent les britanniques. Je suis moins ravi d’écrire ça que vous ne le pensez. Il était une fois, tout le monde qui me connaissaient auraient dit que si j’allais vivre quelque part à l’étranger, il serait à Londres. Petit, j’avais la tête aussi pleine de rois britanniques que de français. J’adore l’accent britannique autant que le vôtre (au moins l’accent éduqué, le soi-disant « Received Pronunciation » — les personnages de Sasha Baron-Cohen font mal aux oreilles). Et j’aime leur cuisine — je sais, une attitude très inhabituelle, mais sincère. En revanche, je ne connais personne là-bas et on ne peut pas vivre à temps plein chez Fortnum & Mason. Mais pour autant que je sois prêt à me plaindre de l’anglais de chez moi, leurs plaintes sont du codswallop (mot britannique : bazar, n’importe quoi) le plus pur.

Reculons un peu. Je fais partie d’un groupe d’utilisateurs de Duolingo sur Facebook. Ironiquement, je ne l’ai trouvé qu’une fois que j’avais enfin supprimé l’appli. Je ne l’ai pas réinstallée, mais je suis heureux d’aider ceux que veulent apprendre le français sur le même chemin que moi. Et il y a certaines expériences qui ne sont logiques que pour les autres utilisateurs de Duolingo. Si vous ne connaissez pas les satanés leaderboards (classements), comptez-vous chanceux. Parmi ce groupe, on trouve tout la cantina de Mos Eisley — des américains, des britanniques, même des brésiliens qui utilisent Duolingo en anglais pour apprendre le français.

Je vous rappelle que Duolingo est disponible gratuitement, et que je n’ai jamais rien payé pour l’utiliser — plutôt l’inverse ! Et c’est fait aux États-Unis, par des anglophones américains (ils embauchent des autochtones pour dire les exemples à haute voix). Les brésiliens, les scandinaves, ils ne se plaignent pas de cette situation. Mais les britanniques, les australiens, les néo-zélandais ?

Ils se plaignent de tout. C’est insupportable. J’ai commencé à garder des captures d’écran à partir du moment où un britannique s’est plaint que Duolingo dit « burglarize » pour cambrioler au lieu de « burgle ». Il a dit « Sûrement même les Américains ne disent pas « burglarized » ? » Ce tosser (mot britannique : con) a bien mérité les réponses :

Une personne a répondu qu’il n’a jamais entendu « burgle » (vous le trouverez seulement dans des rediffusions de la BBC) ; deux autres ont dit que si, nous l’utilisons. Moi, j’ai répondu avec une pub ancienne de McDo avec un personnage dont son nom, Hamburglar, dit hamburger et burglar en même temps.

Mais ça continuait. « Malheureusement, Duo utilise l’anglais américain par défaut » :

Malheureusement ? Bollocks ! (mot britannique : merde, une connerie) C’est gratuit. Vous vous souciez de ne pas utiliser des expressions britanniques afin que nous les provinciaux puissions vous comprendre, monsieur ? Et plus :

« Je dis absolument « film » et ne rêverais même pas d’utiliser le mot « movie ». » Taisez-vous, toff (mot britannique : snobinard riche). Les américains du groupe ne « rêveraient » même pas d’avoir une telle attitude de wanker (mot britannique : branleur) vers votre anglais.

On continue. « Tristement, nous les britanniques doivent apprendre l’américain. » Quand on lui répond « Peut-être que vous les Brits trouvent un site produit par une société britannique ? » un autre britannique se plainte que « c’est impoli » et que les américains ont mal compris et veulent juste être offensés, car « sadly » veut dire « malheureusement » :

Honnêtement ? Bugger off ! (Expression britannique : casse-toi, de façon vulgaire.)

Au cas où ce ne serait pas clair, je connaissais déjà chaque « briticisme » que j’ai utilisé dans ce billet. Je trouve cette attitude absolument inacceptable. J’étais abonné du site britannique Kwiziq pour aller plus loin que Duolingo et je ne me suis jamais plaint de son anglais avec des « ou » partout où nous écrivons « o ». Et je le payais.

Peut-être que vous comprenez maintenant pourquoi je ne m’intéresse même pas un peu à vivre dans un autre pays anglophone. Je vous ai parlé honnêtement des « fans » en France qui m’ont dit « j’espère que tu resteras aux États-Unis ». L’ancien Empire, c’est souvent comme ça mais sans les bonnes pâtisseries. Un échange qui ne vaut pas la peine !

Deux choses qui valent le coup

Je vous ai prévenu en février que le 22 mars allait voir les sorties du prochain volet de S.O.S. Fantômes ainsi que Princess Peach Showtime. Nous voilà. Je suis ravi de vous dire que, puisque La Fille est en vacances cette semaine, on a vu le film et acheté le jeu, et les deux portent ma recommandation, surtout le jeu.

Princess Peach Showtime ©️Nintendo ; S.O.S. Fantômes : La Menace de glace, ©️Columbia Pictures

D’abord, le film. S.O.S. Fantômes : La Menace de glace (traduction curieuse du sous-titre ; c’était « L’Empire gelé ») continue le film de 2021, dans lequel l’hérésie de 2016 n’est jamais arrivée. On suit les aventures d’une famille, les Spengler, la fille et petits-enfants de l’un des quatre chasseurs de fantômes du film original. Il y a des apparitions de presque tous les personnages bien-aimés de l’original : les trois chasseurs survivants, leur secrétaire, même les petits Bibendum Chamallow. Je ne vais pas vous donner une critique détaillée, mais tout ce que le film précédent et celui-ci avaient dû faire était ne pas cracher sur les films originaux, et ils le réussissent. J’ai pu regarder ce film et en profiter car il n’y avait aucun discours magistral pour faire honte aux vieux personnages ou leurs fans à cause de leurs identités. Je n’arrive donc guère à croire que ce soit un film américain !

Mais c’est le jeu, Princess Peach Showtime, duquel je suis vraiment ravi. C’est seulement la deuxième fois pendant plus de 38 ans de jeux Mario avec la princesse Peach en vedette. Cependant, beaucoup de monde qui connaissent seulement le jeu original de Mario se trompent en pensant à Peach comme victime perpétuel. Dès le deuxième jeu de la série, on peut jouer dans sa peau, et si elle reste parfois l’objet de tentatives d’enlèvement par Bowser, c’est seulement pour la bonne raison féodale, qu’il veut agrandir son royaume en le rejoignant au sien, ce qui exige un mariage politique.

La Fille ne s’est jamais trompée sur la question de personnages de jeux vidéo comme modèles à suivre. Au-delà de jouer avec Peach comme héroïne dans Super Mario 3D World ou Super Mario Wonder, je l’ai encouragé de jouer à Metroid, avec Samus Aran, chasseuse de primes ou bien The Wind Waker ou Skyward Sword, des jeux de Zelda où la princesse n’a pas besoin d’être sauvée, juste de l’aide. Mais bien que ces personnages soient forts, elles ne haïssent pas les hommes, presque tout ce que l’on trouve dans la fiction américaine de nos jours. La Fille a déjà sa ceinture noire en karaté ; je ne me soucie pas de la question de sa confiance en soi.

On a passé deux heures avec ce jeu aujourd’hui. Il n’y a pas de Mario, ni Luigi, ni Bowser. C’est Peach contre une nouvelle méchante et sa bande, Syrah et sa Grappe maléfique (la méchante s’appelle Grape en anglais ; c’est-à-dire Raisin). Mais ce dont je suis vraiment ravi ? Elle essaye tout genre de carrière le long du jeu :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

On a énormément profité de découvrir ces rôles ; l’épéiste, c’était comme jouer dans un film de cape et d’épée avec Jean Marais. La Fille a vite réussi à décorer des gâteaux avec la poche à douille en tant que pâtissière ; moi, j’ai eu du mal avec ça. (On appelle ce moment « l’ironie ».) L’étape cow-boy, c’était un truc d’impossible pour moi avec un lasso — encore une fois, pas de problème pour La Fille.

Il y a même un clin d’œil vers Arsène Lupin, l’original, pas le descendant censé de l’animé japonais :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

Il y a des critiques anglophones qui trouvent le jeu sexiste ou « condescendant » car elle peut changer de robe — une critique ignorante qui ne rend pas compte du fait que Mario a une centaine de costumes dans Super Mario Odyssey, et il y a tout un jeu Zelda, Triforce Heroes, où Link (un homme) change de costume tout le temps. Le jeu est — comme beaucoup trop des jeux Nintendo de l’année dernière — trop court pour son prix, mais j’ai la même plainte sur Super Mario Bros. Wonder et Pikmin 4.

Il n’y a absolument rien dont cette Peach n’est pas capable et on peut dire ça sans mépriser personne. Je trouve ça un message extrêmement positif, et il était super aujourd’hui de trouver deux divertissements en anglais qui le communiquaient. Je croyais qu’en trouver un tel n’était plus possible !

Peur

Je suis trop déprimé pour parler d’autre chose aujourd’hui, mais je n’ai pas le droit de dire exactement ce qui s’est passé. Alors, ça va être compliqué.

Il était une fois, j’ai lu quelque chose sur les niveaux d’amitié qui m’a parlé assez bien que je retiens l’idée même plusieurs décennies plus tard, bien que je n’aie plus aucune idée de quelle était la source. L’auteur a proposé qu’au-delà des inconnus, il y a 4 niveaux de connaître les gens. Je l’esquisse :

J’espère que l’idée sera assez claire : il y a des gens que l’on connaît, et les relations peuvent être assez chaleureuses sans vraiment les compter parmi nos amis. Puis, il y a des amis, et des amis ; ceux auxquels on ferait l’appel pour l’aider à cacher le cadavre, ou pas.

Je trouve que ce modèle marche le mieux quant aux deux cercles extérieurs. Le type qui travaille dans un bureau dans le même bâtiment mais qui vous ne connaissez pas au-delà de le voir dans le parking, c’est une connaissance éloignée. Le serveur que vous voyez chaque semaine pendant le déjeuner, qui connaît votre commande à l’avance, où vous vous connaissez les prénoms et même parlez de choses au-delà de votre commande, c’est une connaissance proche.

Le salopard dont vous avez entendu chaque détail de chacun de ses ébats au lit à travers le plafond de votre chambre pendant une année entière sans jamais l’avoir rencontré, c’est le voisin à l’étage, et c’est une honte que les lois vous interdisent de tirer un fusil de chasse sur votre propre plafond. Non, je n’ai pas de fusil de chasse, pourquoi ?

Les lignes deviennent plus floues après ça. Les gens avec qui vous jouez au tarot une fois par mois, pour lesquels vous passez des heures en cuisine — pour inventer un exemple par hasard — sont-ils des connaissances proches ou des amis éloignés ? Difficile à dire. Mais on sait clairement quelle est la différence entre un ami proche et un ami éloigné — si on doit toujours être celui qui lance les appels, on n’est pas trop proches, n’est-ce pas ?

Évidemment, la distance complique la situation. Vous voyez déjà où je vais avec ça. C’est une chose quand on n’est jamais disponible dans la même ville. Cependant, à travers un décalage horaire de neuf heures, pour choisir un autre exemple complètement par hasard — c’est tout autre chose.

Je suis horriblement au courant à quel point ils sont fins, les fils qui me connectent à ma communauté outre-Atlantique, peu importe le cercle où ils se trouvent. En septembre, un ami — sans hésitation, je dis ami, pas connaissance — a trouvé une copine, et une semaine plus tard, il a quitté sa vie en ligne, dont la gestion d’un groupe sur Facebook qu’il avait fondé et poussé jusqu’à 10 000 membres. Il a disparu de la vie de toutes nos connaissances communes. Néanmoins, je suis content pour lui, car je crois qu’il est plus heureux de cette façon. Mais si je suis complètement honnête, il appartenait au deuxième cercle.

Le cercle au centre est le plus petit, mais il y en a certains qui y habitent même à travers un océan. En ces cas, j’ai plus de moyens de les contacter que juste Facebook ou des blogs, pourtant…

Pourtant, ça va être gravement testé et je ne sais pas pendant combien de temps. Quelqu’un de spécial pour moi a arrêté toute activité en ligne il y a deux semaines, et ça fait une semaine où toutes nos connaissances communes n’avaient aucune idée de ce qui s’est passé (pas un blogueur ; malheureusement, ça pourrait en décrire plusieurs que l’on connaît tous). Je suis soulagé de vous dire que l’on s’est enfin retrouvés cet aprèm. Le pire n’est pas arrivé. Toutefois, je sais que ça fera longtemps avant notre prochaine conversation. Je lui ai rappelé un dicton anglais, « Out of sight, out of mind » (Hors de vue, hors d’esprit). L’ami m’a répondu avec un dicton français, « Loin des yeux, près du cœur ». Il me semble que ce ne sont pas des synonymes. Il n’y a rien au monde que je veux plus en ce moment que d’avoir tort.

Mais j’ai peur.

La règle de 6-6-6

Je n’allais pas publier ce post. J’ai écrit le premier brouillon avant la Saint-Valentin, puis décidé que c’était trop amer. Mais après ce qui m’est arrivé cette semaine, j’ai changé d’avis car encore une fois, j’en ai marre. Si vous en avez eu assez de mes plaintes romantiques, on se reverra demain.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Ça fait des années depuis la dernière fois où je me suis abonné à n’importe quelle appli de rencontres américaine. Mais je garde ouvert mon compte sur la plus grande parce que je suis con ne veux pas perdre tout espoir. Que l’on me gifle pour l’avoir payé encore une fois ! On y reviendra en bas.

Si vous avez un peu appris sur le Nouveau Testament, vous savez que le chiffre 666 appartient au Diable. ([Vous ne m’avez pas dit qu’un numéro vous appartenait. J’exige la moitié, comme tous vos autres atouts. En fait, je veux plus que la moitié car vous l’avez caché pendant le procès. — Mon ex]) Mais aux États-Unis, c’est le numéro préféré des américaines.

« Justin », vous me dites « arrêtez. On comprend l’amertume, mais c’est trop. La moitié du pays n’est pas composé des amoureuses du Diable. » Mais je ne vous mens jamais sur ce genre de chose. En fait, la règle de 6-6-6 est comment les américaines choisissent qui est digne tout court de leur attention.

Alors, pourquoi est-ce que je l’écris avec des traits d’union ? C’est parce que ça décrit trois attributs qu’un homme doit avoir :

  • 6 pieds — c’est la hauteur minimale qu’il faut faire, équivalent à 183 cm
  • 6 numéros — le nombre de chiffres dans son salaire (donc pas moins de 100 000 $)
  • « 6 pack » — une expression qui veut dire littéralement 6 cannes de soda, c’est de l’argot pour décrire les muscles abdominaux. J’ai trouvé un article en français qui utilise le terme.

Pensez-vous toujours que ça sent l’amertume ? Il y a certainement pas mal d’articles en ligne qui disent que tout ça est une hallucination des hommes célibataires, que ça sent le complotisme (voilà et voilà, en anglais). Mais il y a des preuves. On m’a récemment partagé un article (en anglais) avec des statistiques déprimantes.

Quant à la question de la hauteur, il s’avère que sur les applis de rencontres, où on balaye vers la droite pour indiquer l’intérêt et vers la gauche pour refuser, les statistiques sont encore plus catastrophiques que j’avais cru. Sur le site Bumble, 90 % des américaines filtrent leurs résultats afin d’exclure tout sauf le 6 % des hommes qui font les plus grandes tailles. Moi, je fais 177 cm. Carnets d’une plume a un article sur (en partie) exactement ce sujet, la tendance de traiter tout le monde comme des pièces dans un catalogue.

D’autres études montrent que l’homme d’attractivité moyenne sera aimé par environ 1 % des femmes qui le voient. Ça se trouve sur Tinder, sans doute l’appli la plus superficielle, mais il n’y a pas trop de raisons pour croire que c’est différent ailleurs.

Pendant tout mon abonnement original (6 ans) chez Match, l’appli en question, j’ai été contacté exactement deux fois. La première fois était un mot d’une seule phrase afin de me gronder pour avoir osé aimer son profil, car elle (une divorcée) ne s’intéressait pas aux pères célibataires. L’autre m’a mené au seul rendez-vous de ma vie avec quelqu’un d’autre que mon ex. J’étais si déprimé après le mot d’avant, quand une vietnamienne qui ne parlait guère l’anglais m’a écrit, j’ai dit oui parce que j’ai cru qu’il me fallait accepter tout et n’importe quoi. Mais pendant le déjeuner — notre seule rencontre — elle m’a dit qu’elle avait hâte d’adopter La Fille. Pas si vite. Je ne lui ai plus répondu après ça, pas gentil de ma part, mais ça ne pouvait pas continuer.

Alors cette semaine. J’ouvre parfois Match pour voir si elle me proposera quelqu’une qui parle français. Dimanche dernier, elle m’a enfin proposé une expatriée française, pas loin géographiquement, mais pas partie de mon association non plus (au moins, personne dans l’annuaire a le prénom qu’elle utilisait). Elle a écrit qu’elle avait récemment divorcé, voulait voir qui est là et s’intéressait plutôt à trouver des connaissances que des relations.

Étant con, je l’ai crue. J’y ai pensé pendant 2 jours et demi, puis je me suis abonné à nouveau, ce qui coûte autant qu’un de mes colis de la FNAC. Je lui ai écrit un mot bien bilingue, mais pas en franglais ; après m’avoir présenté en français, j’ai changé à l’anglaise. J’ai dit que ses souhaits me convenaient bien car j’ai envie de déménager, mais que l’on pourrait s’emntendre bien et je serais ravi de la connaître selon ses termes.

Rien de mercredi jusqu’à vendredi après-midi. Puis elle l’a lu, et…

Elle m’a bloqué sans réponse.

Un ami m’a déjà grondé pour avoir pris ce genre de parole au sérieux, et il a probablement raison. Tout ce que je peux dire, c’est qu’aux États-Unis, tout qu’un homme peut faire est considéré comme harcèlement, alors une opportunité pour baisser la température m’a semblé une bonne idée. J’ai eu tort.

Mais jamais une réponse positive au-delà de mon ex-femme, en 32 ans ? Non, je ne trouve pas ça normal. Du tout.