Je découvre le Rhône

On continue maintenant le Tour avec le 69, le Rhône. C’est le département le troisième plus peuplé et les habitants se nomment rhodaniens. C’est notre dixième séjour en Auvergne-Rhône-Alpes.

Une note avant de continuer : je pensais à écrire deux articles, parce que l’INSEE distingue un 69M (Lyon) et un 69D (tout le reste). Mais après en avoir parlé avec une amie lyonnaise, j’ai décidé que ce n’était pas nécessaire. L’INSEE ne compte qu’un 69 au lien en haut, la Poste traite le tout comme un seul 69, et ça suffit pour mes buts.

Pour m’aider avec mes recherches, cette même amie m’a surpris il y a deux mois avec un cadeau :

Elle avait déjà mon adresse car c’est la même amie qui m’avait aidé avec le livre de Cook&Record. Si vous vous demandez jamais « Pourquoi est-il « comme ça » pour un pays où il n’a passé que 9 jours pendant toute sa vie? », c’est ça la réponse.

Il faut évidemment commencer à la préfecture, Lyon, l’une des grandes villes de la France. Mon Guide Vert la donne 3 étoiles, mais une meilleure mesure, c’est qu’elle reçoit 20 pages. Le Puy-en-Velay, aussi 3 étoiles, ne reçoit que 6 ; Carcassonne, 5 ; Nîmes, 4. Évidemment, je ne peux pas tout couvrir ici. Avec l’aide de Maman lyonnaise et Lyon Tourisme, je ferai mon meilleur.

On commence avec la toute première recommandation de Maman L. et le Guide Vert également, le quartier du Vieux-Lyon (3 étoiles Michelin). Ça comprend les quartiers Saint-Jean, Saint-Paul, et Saint-Georges, datant du XIVe siècle et l’époque de François Ier. En se promenant le long de la Rue de Saint-Jean (2 étoiles), on croise de tels bâtiments que la Maison du Chamarier, avec des parties gothiques du XIIIe siècle et de la Renaissance du XVe, et la Maison des Avocats, ancienne auberge fréquentée par les clercs du procureur au début du XVe siècle, qui abrite de nos jours le Musée Miniature et Cinéma (1 étoile). Dans ce quartier, on trouve le Musée des Arts de la Marionnette (1 étoile), dont les marionnettes dites Guignol, Gnafron et Madelon sont des symboles de la ville. On peut les voir toujours au Théâtre Le Guignol.

On continue vers la Colline de Fourvière (1 étoile) pour me faire souffrir comme nulle part ailleurs. D’abord, on va visiter la Basilique Notre-Dame de Fourvière (2 étoiles), érigée au XIXe siècle, qui mélange un peu de tout — des styles byzantins, gothiques et romains, des vitraux, des mosaïques, etc. En sortant de la basilique, on tourne vers la Saône et voit la vue, le Panorama de l’esplanade de la Basilique de Fourvière (3 étoiles). Pendant la Fête des Lumières chaque décembre…(voix de Calimero) c’est injuste. C’est vraiment trop injuste. (Voici des photos de France With Véro.)

Derrière nous, il y a Lugdunum (2 étoiles), des anciens théâtres romains et un musée. Après ça, on descend de la colline et traverse le Pont Bonaparte pour arriver à la Presqu’île (2 étoiles), cœur de la ville à la confluence de Rhône et de Saône. Ici, on commence à la Place Bellecour, la 3e plus grande de France. On peut visiter le Musée des Beaux-Arts de Lyon (3 étoiles), avec des œuvres de la Renaissance italienne jusqu’à Matisse, en passant par Géricault et Canova. Il y a aussi le Musée des Tissus et d’Arts décoratifs (2 étoiles), consacré à la plus vieille industrie de la ville, et le Musée des Confluences (3 étoiles), consacré aux sciences naturelles — vos enfants adoreront la collection d’insectes !

Notre dernier arrêt à Lyon est le quartier de la Croix-Rousse, nommé pour une ancienne croix en pierre. C’était la maison des Canuts, des ouvriers de soie, et on peut toujours y visiter un musée dit Maison des Canuts pour expérimenter leur vie. Mais on est là pour deux autres choses, le Parc de la Tête-d’Or (1 étoile), où un trésor des Croisades est réputé d’être enterré. Que ce soit la vérité ou pas, il y a un grand parc là-bas depuis 1861, avec des jardins, un zoo, et des roseraies. Puisque vous êtes avec moi, vous n’allez pas vous échapper de visiter le Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation (1 étoile). Le soi-disant « Boucher de Lyon », Klaus Barbie, y faisait ses travaux maudits. On est aussi là pour se souvenir de Jean Moulin, résistant à Lyon aussi héroïque que Barbie était diabolique.

On quitte Lyon pour aller à l’ouest, pour suivre l’Aqueduc romain du Gier. Ça traverse 21 communes, dont 10 dans le Rhône, alors consultez les cartes pour choisir un site. Puis, on va au nord, dans le Beaujolais (2 étoiles). C’est une région viticole prestigieuse, mais je suis le mauvais guide pour vous dire quel vignoble à visiter parmi les nombreux villages avec 12 appellations. Dans cette région, on trouve les villages dits « Pierres Dorées » pour leur architecture toscane ; on visite Oingt, l’un des Plus Beaux Villages de France. On finit par visiter l’un des châteaux du Beaujolais, celui de Jarnioux, car il m’est incroyable qu’on a fait tout un département sans un château, et celui-ci est bien préservé depuis le XIIe siècle.

Qui sont les personnages les plus connus du Rhône ? Malgré les obsessions de ce blog, il faut commencer avec le physicien André-Marie Ampère, théoricien de l’électromagnétisme, sans qui vous n’auriez pas d’ampoulés, peu importe d’ordinateur. Mais après lui, le chef Paul Bocuse, sans doute l’un des trois chefs les plus importants de l’histoire (Carême et Escoffier étant les autres). Saint-Bonaventure est décédé à Lyon, ainsi que Saint-Irénée, qui y était évêque. Les musiciens Benjamin Biolay et Jean-Michel Jarre — sûrement vous connaissez Oxygène, réussite mondiale ? — viennent de Lyon. L’humoriste Mimie Mathy y est née, ainsi que Florence Foresti, réputée d’être humoriste aussi (et moi, je suis mannequin). Auteur du Petit Prince — mondialement connu — Antoine de Saint-Exupéry est né à Lyon, ainsi que le réalisateur de Borsalino, Jacques Deray et le gendarme de l’écran, Christian Marin. Héros du blog et animateur de la télé, Stéphane Bern, vient de Lyon. Économiste Jean-Baptiste Say, un immortel du métier, était lyonnais. Le footballeur Karim Benzema y est né aussi, même si toute la France aimerait l’oublier après la dernière Coupe du monde.

Quoi manger dans le Rhône ? Nous sommes au carrefour de plusieurs traditions. D’une côté, il y a la cuisine des « bouchons », un genre de resto uniquement lyonnais. Cette cuisine vient des « mères lyonnaises », souvent des cuisinières pour des familles bourgeoises avant d’ouvrir leur portes pour leurs propres comptes. Cette cuisine est réputée pour ne rien gaspiller, avec des tripes et du foie, comme dans le gâteau de foie de volailles ou le gras double à la lyonnaise. On y trouve aussi les quenelles, la salade lyonnaise, et la cervelle de canut (malgré le nom, à base de fromage), On a déjà rencontré le saucisson brioché dans mon dîner ligérien. Mais cette tradition, en forme de la Mère Brazier, a aussi formé Paul Bocuse, champion de la haute gastronomie, et il est créateur, parmi d’autres choses, de la soupe VGE, composée de truffes noires et de foie gras, des produits de luxe. Les desserts lyonnais viennent de cette tradition de bouchons, comme le matefaim, une sorte de crêpe aux pommes bien épaisse. En produits locaux, on trouve les fromages Mont D’Or et le bleu de Bresse, les chocolats dits papillotes, et les pralines roses. Pour boire, il y a les vins Beaujolais, dont 12 appellations de 2 cépages (Chardonnay et Gamay).

Les Rôdeurs de l’Empire

On retourne encore une fois vers l’univers de Guy-Roger Duvert, mais cette fois, on n’est pas dans les Chroniques Occultes. C’est sa série « Les Rôdeurs de l’Empire », et cette fois, on parle du premier tome. (Puis-je ajouter que j’adore que l’on dit « tome » pour ça ? En anglais, ce mot veut dire un gros livre, un qui pèse, euh…des livres !)

Avant de continuer, je vous recommande aussi les avis de Light & Smell et Les Crins du Barde.

Bien que je me sois trouvé dans le monde duvertien à cause de ses équipées lovecraftiennes, il s’avère que je l’adore autant pour ses personnages et ses cadres à lui. L’Empire et ses alentours doivent une certaine ambiance aux conventions du genre du fantastique, mais on est encore une fois aux mains d’un maître avec ses propres idées. Le problème pour moi, c’est comment l’expliquer sans jouer le divulgâcheur.

Ce livre, également que L’Appel d’Am-Heh, lance une série, mais commence d’une façon très différente – et j’oserais dire plus française — que l’autre. Qu’est-ce que je veux dire ? L’Appel d’Am-Heh commence par lancer le lecteur en plein milieu de l’action — on retrouve un archéologue en train de fouiller un temple égyptien sans explication, et son assistant est tué dans les premières pages. C’est un style très américain, d’après ses sources comme Cthulhu et Indiana Jones.

Les Rôdeurs de l’Empire, par contre, prend le premier vingt pour-cent du livre pour mettre les pièces sur l’échiquier, une belle vingtaine de personnages. (Il y a un glossaire à la fin du livre.) C’est exactement ce que j’ai dit du style français en regardant mes premiers films — il y a beaucoup plus d’attention à mettre la scène, et le « denouement » (mot anglais qui veut dire « dénouement ») se déroule plus vite car il ne reste autant de temps. Oscar est l’exemple le plus extrême de cette tendance — 60 minutes lentes d’exposition suivies par 20 minutes des rires les plus fous possibles. Les Rôdeurs de l’Empire est loin d’être Oscar, mais après une quarantaine de pages, j’ai décidé de recommencer à nouveau et écrire des notes après avoir fini chaque chapitre. C’est difficile de tout garder en tête ! Mais je vous promets — ça vaut le coup.

Une fois la scène est mise, quel échiquier ! On est à la frontière de deux pays sur le point de tomber en guerre, il y a de nombreuses factions, des mercenaires de loyauté inconnue, des criminels, et pas mal de civils malchanceux, au mauvais endroit au mauvais temps. Quand une armée assiège une auberge où tous ces personnages se réunissent complètement par hasard, c’est comme un roman où Psychose se retrouve avec L’espion qui m’aimait (le roman, pas le film), dans une ambiance de Mobile Suit Gundam 0080. Un espace confiné, de grands mystères, et de lourdes pertes partout, surtout parmi ceux qui n’ont pas cherché le danger.

Je vous conseille de ne pas vous attacher à n’importe quel des personnages. Encore plus que d’hab, M. Duvert n’a pas peur de tuer ses personnages, et il y aura des rebondissements à découvrir avant la fin. Vous aurez probablement tort sur l’état d’affaires à la fin. Mais ce ne sera pas facile — avec seulement quelques pages pour présenter chacun de ses personnages au début, il réussite quand même à donner un beau sens de leurs origines et leurs buts.

J’ai ma plainte habituelle quant aux prénoms des personnages. On est dans un monde bien fictif, alors il n’y a pas besoin de rencontrer des noms familiers. Et on va rencontrer Sathin et Eyamen, Jorekin et Roeken, tout au bien. Mais aussi Logan, Ethan, Trevor et Tobias ? Qu’est-ce qu’il y a ? Pas besoin de retrouver des noms anglophones pour donner un sens de l’exotique ! Dans mon roman, ce serait plutôt Delphine ou Gontran, peut-être un Enguerrand ou une Aliénor, pas mes copains de classe à la maternelle ! Mais ne me prenez pas au sérieux ; pour des lecteurs francophones, ça marche sûrement.

Mon autre plainte, c’est qu’il y a un personnage qui parle en « business English », même si les mots sont en français. Il dit à un moment « Mon calendrier est assez libre, en ce moment ! », et à un autre « Je suis un joueur en équipe, moi ! » J’entends surtout « team player » pour le dernier dans la tête. Encore une fois, ne me prenez pas au sérieux, à moins qu’il revienne pour dire qu’il fait « le buzz ».

Au-delà de ces soi-disant plaintes, j’ai énormément profité de ce livre, comme d’habitude chez M. Duvert. Je ne sais pas si je me lance dans la suite pour mon prochain livre, ou revienne vers Outsphere, un autre de ses livres en attente sur mon appli Kindle . Mais il n’y a aucune question que je continue d’être fan, et de le recommander sans hésitation.

Week-end en Alabama

Je ne savais pas si j’allais vous raconter les détails de mon voyage en Alabama du week-end. Ce qui implique La Fille doit être géré soigneusement, parce que je suis soucieux que je n’ai pas le droit de publier son visage. Mais deux choses ont changé mon avis : d’une part, j’aimerais vous montrer un peu notre Sud — ce n’est pas si différent que certains en pensent. D’autre part, j’ai eu le retour d’enfer et j’ai hâte de râler un peu !

Dans un si grand pays, il est impossible de prendre des vols directs partout, même d’un aéroport aussi gros que celui de Los Angeles. Alors, nous avons dû voler d’abord à Charlotte, en Caroline du Nord, qui est plus à l’est que Huntsville, puis voler en arrière à Huntsville, en Alabama. Et il n’y a pas trop de ces derniers vols, alors nous avons dû arriver le plus tôt possible à Charlotte. Alors, nous avons quitté la maison à 4h30 samedi matin pour conduire à Los Angeles (à 60 km de chez nous).

Il n’y avait pas trop ouvert à l’aéroport à cette heure, mais je fais ce que je peux. Entre Dunkin’ Donuts, notre plus grande chaîne de donuts, et une petite boulangerie dite « La Provence », laquelle vais-je choisir ?

Je suis complètement prévisible ! En anglais, on appelle cela un « croissant au chocolat ».

Mais pour vous donner une idée des coûts horrifiques à nos aéroports, deux de ces petits, un jus d’orange et une limonade nous ont coûté 20 $.

Notre arrêt à Charlotte était bref — il n’y avait que 30 minutes entre notre atterrissage et le départ de notre prochain vol ! Et nous avons dû traverser un kilomètre avec du monde partout. Mais j’ai quand même arrêté pour prendre une photo pour vous. Vous reconnaissez sûrement Brioche Dorée. Encore une fois, tout prévisible !

Qu’est-ce qu’American Airlines sert pour le goûter à chaque vol ? Je regrette de vous dire que je les déteste depuis 20 ans déjà. Je trouve ces biscuits complètement secs, et même le nom m’offense. « Scoff » en anglais veut dire « se moquer » ou « dédaigner ». Je les appelle « thé biscuits you scoff at » ou « les biscuits desquels on se moque ». Désolé, je sais que vous les aimez.

Huntsville est en plein milieu du Sud profond. Si vous avez même entendu parler d’Alabama, c’est probablement juste à cause de la lutte pour les droits civiques. Mais c’est aussi la maison de notre programme de recherches en fusées. C’est pourquoi on y trouve Space Camp, où les jeunes peuvent explorer des carrières liées à l’espace. Mais on est toujours samedi. Pour le dîner, on est allés chez Olive Garden, l’une de nos plus grandes chaînes pour la cuisine italienne. Ce n’est pas trop authentique, mais je dirais que c’est typiquement américain. Je commande habituellement les linguini Alfredo aux fruits de mer.

Le matin, on a pris le petit-déjeuner chez Waffle House, et il n’y a rien de plus américain. On les trouve partout au Sud et dans le Midwest — pas à la Côte Ouest — et ce n’est pas du tout cher. Les Waffle House sont tous ouverts 24h par jour, et ne ferment que pendant de vrais désastres. En fait, le gouvernement les utilise pour traquer à quel point un désastre est sévère. D’abord, le resto lui-même :

Sa carte, pour le petit-déjeuner et le dîner — tout est disponible pendant toute la journée.

J’ai commandé un waffle aux noix de pécan et des « hash browns », des pommes de terre râpées et frites. Tout ça, 7,50 $. Pour nous deux, 17,50 $ pour beaucoup plus à manger qu’à LA. C’est tout autre monde.

C’est ici où on voit ceux qui n’ont pas honte de vivre aux États-Unis. L’époque où ce sentiment n’appartenait pas seulement à une région me manque.

S’il y a deux photos sur ce blog pour exprimer pourquoi j’écris sur la Creuse, la Lozère, la Nièvre, les voilà. Ce sont, d’une façon, les mêmes gens. Mais si vous pensez que c’est la nourriture de la pauvreté, sachez que ces photos sont en face de la rue :

À 5 km, on trouve enfin le Centre national de fusées, maison de Space Camp.

Voici le dortoir où La Fille va passer la semaine, « Habitat 1 ». Il n’y a pas de fenêtres, et ce n’est pas par hasard :

Impossible pour quelqu’un de mon âge de ne pas avoir des larmes aux yeux en voyant un bâtiment nommé en souvenir de la navette Challenger. Nous l’avons tous regardée exploser à la télé en direct :

Il y a un réservoir d’eau pour entraîner les astronautes à s’habituer à l’espace :

Et des fusées partout :

Huntsville est aussi la maison d’un autre genre de fusée :

Il y a une plaque en souvenir du premier atterrissage sur la Lune :

Mais aussi une en souvenir de l’équipe de scientifiques allemands qui ont tous choisi soudainement après la SGM d’y déménager pour construire des fusées, dont Wernher von Braun, architecte également des fusées V2 et Saturn V.

Après y avoir laissé ma fille, tout est parti en cacahuète. American Airlines m’a changé mon vol sans me prévenir, et j’ai passé 7 heures à l’aéroport de Huntsville en tant que leur prisonnier invité. J’ai au moins eu un excellent burger et gâteau aux carottes (dont j’ai gardé la moitié pour le lendemain) à l’hôtel dans l’aéroport.

Grâce à tout ce « temps libre » inattendu, j’ai fini mon prochain roman en français, et la critique paraîtra plus tard cette semaine. Je suis arrivé à Dallas à 23h. Mais j’ai eu le « droit » (oh merci) de passer juste 4 heures à l’hôtel avant de devoir aller à l’aéroport à 4h30 du matin encore.

J’étais prévu pour une interview avec notre prochaine invitée de la balado à 4h. C’était censé être à 2h après que je ne sois rentré. Mais au lieu de la reporter à cause de tout ça, j’ai gardé le rendez-vous. L’interview paraîtra lundi prochain. Vous allez adorer l’invitée !

Mais la dernière indignité ? J’avais garé ma voiture près de LAX. J’y suis arrivé avec 7 1/2 heures de retard, mais j’ai fini par payer pour un jour entier de plus. Merci infiniment, American Airlines, notre histoire du très, très, très petit amour est finie.

Saison 2, Épisode 12 — Le temps des forêts-noires

Cette dernière semaine s’est déroulée d’une façon plutôt différente que d’habitude. Comme je vous ai dit, vendredi a été la fin de notre année scolaire. La Fille et moi, nous sommes réveillés à 4h du matin samedi pour aller à Los Angeles afin de l’amener à Space Camp. Il n’y a pas de vols directs entre la Californie et Huntsville en Alabama. Alors, j’ai presque tout enregistré jeudi soir — où j’ai reçu une belle surprise ! La dernière « mise à hier » d’Apple a cassé l’adaptateur qui relie mon micro à mon portable ! (Je ne vais pas dire « mise à jour » quand j’ai moins de fonctionnalité qu’avant.) J’ai quand même branché le micro dans mon ordinateur, tout enregistré, puis — c’est la partie la plus marrante — tout édité dans l’aéroport à Huntsville en attendant mon avion pour le retour. Et j’aurai toute une histoire sur ce voyage !

Ce que je fais pour ne pas rater même un jour, les amis. 341 jours de suite sans cesse, et ça malgré le fait que le trafic du blog est en chute libre depuis un mois. (Ai-je insulté quelqu’un ?)

La semaine à suivre nous trouvera enfin dans le Rhône. Ça veut dire la maison, entre autres, du chef le plus renommé de Disney World, un certain Paul Bocuse, dont son resto ne coûte qu’un petit 195 $ la personne. Vous en avez entendu parler ?

J’ai un certain don pour dire des choses inattendues, n’est-ce pas ?

Notre blague de la semaine vient de l’armée américaine. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi C’est le 1er, version juin 2023, ma revue mensuelle d’autres blogs, Mon dîner haut-rhinois, le poulet au Riesling, et La forêt-noire, mon dessert pour le Haut-Rhin.

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Le gâteau forêt-noire

Il y a des moments où les besoins du Tour et les désirs de La Fille se joignent les uns aux autres. En décembre, après avoir joué le jeu vidéo Portal, elle m’a demandé de faire le gâteau du jeu, une forêt-noire. Je lui ai répondu que je serais heureux de le faire, mais seulement quand deux choses arriveraient : 1) le retour des cerises dans mon supermarché, et 2) l’arrivée du Tour en Alsace. Nous voilà, donc voici mon dessert haut-rhinois, le gâteau forêt-noire.

Le gâteau est un mensonge ; haute résolution en cliquant

Pour faire la comparaison, voici le gâteau du jeu :

©️Valve Software

Aimeriez-vous un aperçu de l’intérieur ? Bien sûr !

Haute résolution en cliquant

Il ne reste qu’apprendre à le faire !

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Mon dîner haut-rhinois

Pour ce dîner, j’avais fait une promesse à M. Oth qu’il y aurait un Vin d’Alsace (à ne pas confondre avec un vin alsacien, il me semble). Mais je ne peux pas boire toute une bouteille tout seul, alors le plat a dû aussi utiliser du vin. Et vu que j’ai grandi à 200 mètres d’une rue dite « Riesling » à San Diego, le choix était bien clair. Voilà, le poulet au Riesling :

Haute résolution en cliquant

Notre recette vient du site French Cooking Academy. C’est en anglais, mais c’est presque identique à celle du coq au Riesling de Keldelice. Pourquoi utiliser celle-ci ? Vous verrez demain un dessert qui utilise de la crème liquide, alors je voulais une version testé avec la crème liquide au lieu de la crème fraîche pour ne rien gaspiller. De toute façon, allons voir comment le préparer.

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L’instant « Aaron Burr »

La meilleure publicité (en anglais) à la télé de ma vie était pour le lait. Je ne plaisante pas. Je mets la scène : En 1804, le vice-président des États-Unis, Aaron Burr , a tué le Père fondateur Alexander Hamilton, dans un duel. L’homme que l’on voit dans la pub est grand collectionneur de souvenirs de l’événement et a évidemment consacré sa vie à l’étudier (la collection vaut le coup même si vous ne comprenez même pas un mot). Il reçoit un appel téléphonique d’un animateur de radio — il recevra 10 000 $ si seulement il peut répondre à une question : qui a tué Alexander Hamilton ? Mais malheureusement, il vient de manger un sandwich au beurre de cacahuètes et n’a plus de lait. Alors, il ne peut pas parler, et perd son opportunité !

Hier, un article de Les2olibrius m’a rappelé cette pub. Elle a regardé un épisode de « Tout le monde veut prendre sa place », où beaucoup des questions se traitaient d’Indochine. Naturellement, j’ai dû le voir pour moi-même.

Et je dois vous dire, je comprends la vieille pub beaucoup plus qu’avant. Il y avait 12 questions, et je connaissais toutes les bonnes réponses. Mais je ne pouvais que hurler contre l’écran !

On commence avec une question où je connais la bonne réponse depuis le tout premier jour : pour quel anniversaire a été composé leur tube le plus récent, « Nos Célébrations » ? (Je ne connais aucune « 3SEX ».)

Le 40e ! Le 40e ! C’est sur le dos du t-shirt que je porte dans ma photo de profil partout sur Internet ! Quel est le titre de la vidéo en bas, jouée pendant le premier concert que j’ai vu en ligne ? « #INDO40 — Composition de Nos Célébrations »

Et ce n’est que ma chanson la 3e plus préférée ! On continue — c’est qui OLi dE SaT ?

Le guitariste ! Le guitariste ! Le batteur est Ludwig Dahlberg ! Qui est, à mon avis, de loin le batteur le plus talentueux de l’histoire d’Indochine.

Marguerite Duras ! Tout le monde sait que la chanson vient directement de son roman L’Amant ! Et le groupe lui-même est nommé pour Un Barrage contre le Pacifique.

J’sais déjà ! Qui n’a pas de frissons quand un stade entier chante « Et on se prend la main  » ??? Même avec Christine, ou Redcar, ou qui que ce soit.

Mais il y aura un problème :

Mont Saint-Michel ?!? ÊTES-VOUS SÉRIEUX ? La toute derniere chose que j’ai fait avant de quitter la France la premiere fois a été d’aller à la Grande Arche PARCE QUE le clip y a été tourné. Et naturellement, j’ai dû enregistrer une petite quelque chose.

Celle-ci m’a donné un problème avant de voir les choix. Je peux l’entendre dans la tête, mais trouver la bonne orthographe, c’est autre chose. Mais après avoir vu les quatre, j’ai su que c’était « Doum ».

Puis Madame Boccolini a joué un enregistrement dont je me souviendrai même si j’aurai l’amnésie.

OH PUNAISE. On parle des premiers moments de LA CHANSON, celle pour laquelle j’étais prêt à tout risquer juste pour être dans un stade avec d’autres fans. L’Aventurier n’est que numéro 5 dans mon classement personnel, mais à mon avis, rien ne parle plus à toutes les générations.

Oh, Marjorie.

LA VIE ! LA VIE ! Je saute de ma chaise !

MARJORIE, IL FAUT QU’ON PARLE.

J’aurais dit « Mickey3D », pas son vrai nom, mais je sais bien que c’est « J’ai demandé à la lune ».

Puis Madame Boccolini a demandé le nom du frère décédé de Nicola Sirkis.

Stéphane ! Il est mort juste apres « Wax ». C’est ma balle de la pub !

Finalement, il y avait une question où je n’étais pas certain de la réponse.

J’avoue que j’ai dû deviner la moitié de cette réponse. J’ai vu un clip tourne a Bruxelles, qui avait mentionné deux concerts au même jour, mais j’ai deviné Paris. J’avais raison.

Mais on a finit avec une autre question facile.

Allez les Bleus, c’est evidemment noirs !

Je n’aurais pas gagné, car deux des quatre joueurs ont fini avec des notes parfaites. Le type dans la grande chaise a fini par choisir l’une d’entre eux (la femme dans la dernière photo). Mais je suis fier de savoir que je n’aurais rien raté si j’avais été là.

Et j’aurais été tellement chanceux qu’il n’y avait aucune question sur La République des Meteors.

Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version juin 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Mais il me semble que je dois un peu changer les miens, car je suis tout le monde qui me suit, et ça commence à être un boulot. Je crois que tous les blogs que je suis n’apparaissent plus tous les mois. Si vous ne voyez pas quelqu’un, je n’ai pas arrêté de le suivre, c’était juste trop de travail. Merci de votre compréhension.

Nouveaux à moi :

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Planète Vegas, L’Atelier du Phoenix, Je suis sur la route, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, Grain de Sable, La tête dans le panier, Bonheur des yeux et du palais, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

D’avoir et de tenir

Je pense parfois à ouvrir une pâtisserie, et de la nommer « J’ai torte ». Le problème, au-delà des limites de mon dos, qui ne supporterait pas rester debout autant, c’est que les clients anglophones ne comprendraient pas le « j’ai » et les francophones, le « torte ». En ce cas, torte est un mot qui veut dire un gâteau en anglais ainsi qu’en allemand. Une forêt-noire, par exemple, est nommé Schwarzwälder Kirschtorte en allemand ; la tarte Sacher s’appelle Sachertorte. Vous comprenez sûrement.

Mais c’est le « j’ai » qui provoque notre réflexion du jour. Quand je dis que les anglophones ne comprendraient « j’ai », c’est simplement que c’est dans une langue étrangère à eux. Mais il y a aussi un sens plus profond, parce que ça exprime un sens différent de sa traduction en anglais.

Avoir veut dire que son objet appartient au sujet ; la traduction habituelle en anglais est « havé ». Mais ce n’est pas le mot que l’on utilise en anglais pour exprimer beaucoup des mêmes idées. Pour un torte, un gâteau, on dirait en français « J’ai un torte », mais évidemment je voulais faire un calembour avec « j’ai tort ». Et pour ça, on dirait plutôt « be », traduit habituellement en français comme « être ». Comme l’anglais doit être déroutant à première rencontre — « I am hungry/hot/cold/wrong » — « Je suis faim/chaud/froid/tort/etc. ». ([Ne vous inquiétez pas. Vous aurez tort pour toujours chez moi. — Mon ex])

C’est exactement ici où l’espagnol m’a permis de sauter par-dessus de cette expérience. L’espagnol fait la même distinction que le français. Sauf que. (Phrase entière, comme dit notre ami Jours d’humeur.) Sauf qu’en espagnol, qui est trop riche en verbes — ayant ser et estar pour des sens différents d’être — c’est plutôt « tener » pour tous ces sens d’avoir, et tener veut vraiment dire « tenir ». Avoir, surtout en tant qu’auxiliaire, l’espagnol a « haber » pour ça.

J’étais récemment curieux sur les vœux de mariage en français. Oui, oui, je sais, on va à la mairie, il n’y a plus de mariage religieux en France, mais il y a toujours des églises, n’est-ce pas ? Et non, la question n’a aucun intérêt personnel ; en juillet, je « fêterai » un anniversaire honteux sur ce sujet, et non pas quant au divorce. Ce que je voulais savoir vraiment, c’était comment on traduisait « to have and to hold », littéralement « d’avoir et de tenir », mais peut-être tout autre chose vu la discussion en haut.

Aux églises américaines, également catholiques que protestantes, cette formule est plutôt archaïque, et n’est plus souvent utilisée.

(Name), do you take (name) for your lawful wife, to have and to hold, from this day forward, for better, for worse, for richer, for poorer, in sickness and in health, until death do you part?

Mais il reste une option chez les catholiques et les anglicans aussi. En français, cette paragraphe du « Livre de la prière commune » se rend littéralement :

(Nom), est-ce que vous prenez (nom) pour être votre femme légitime, d’avoir et de tenir à partir de ce jour, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse, dans la pauvreté, dans la maladie et dans la santé, jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

(Adopté de ma part de la source la plus proche que j’ai pu trouver.)

La traduction officielle moderne des anglicanes remplace l’expression tout simplement par « garder » (pp. 388-391). Pour leur part, selon La Croix, l’expression est tout disparue chez les catholiques avec « l’aimer fidèlement » en préférence. Je remarque que la maladie et la santé sont également disparues ! Mais je ne suis pas expert. Si vous en savez plus, renseignez-moi dans les commentaires, s’il vous plait.

J’ai trouvé des preuves que l’expression ancienne est connue, mais rien pour dire qu’elle est courante.

Curieusement, on ne dit pas « Je suis envie » en anglais pour « J’ai envie ». Le motif a ses limites, et « envy » veut quand même dire tout autre chose, beaucoup plus proche de « j’envie ». C’est une autre histoire.

Langue de Molière se mettra en pause jusqu’après mes vacances, parce que je vais essayer d’avancer plus vite dans le Tour des Départements, comm je vous ai dit.

Mais où est donc passé le foie d’oie ?

Hier, j’ai demandé s’il me faudrait trouver du foie gras à base d’oie, ou si le foie du canard suffirait. Il s’avère que c’était la mauvaise question.

La semaine dernière, la Cour suprême des États-Unis a refusé d’accepter un pourvoi en cassation (lien en anglais) sur la question de la francophobie californienne, en ce cas l’interdiction du foie gras (parmi d’autres comme le cuir d’alligator). Je trouve cette situation scandaleuse — en général, les états individuels n’ont pas le droit de bannir les produits qui sont fabriqués légalement ailleurs dans le pays. Seulement le Congrès a le droit de réglementer la commerce entre les états.

Foie gras, Photo par Nikodem Nijaki, CC BY-SA 3.0

Le fait que la Cour n’a pas accepté le pourvoi ne veut pas dire qu’ils seraient d’accord avec la loi s’ils l’accepteraient. Il y a plus de demandes chaque année que ce qu’ils peuvent accepter. Mais ça veut dire qu’il n’y a pas au moins 4 juges qui trouvent la situation une urgence.

Mais ce que je ne comprenais pas, c’est qu’il est en fait impossible d’acheter du foie gras à base d’oie aux États-Unis. Voici les producteurs du pays (et du Canada) : Hudson Valley Foie Gras, Rougié, D’Artagnan, et La Belle Farms. Aucun d’entre eux n’offre plus du foie gras d’oie, seulement du canard. Les interdictions de Californie et de New York City (pas l’état, juste la ville) ciblent le gavage tout court, pas l’espèce d’animal. Alors, il ne m’est pas clair pourquoi il n’y a pas de foie gras d’oie.

Pourtant, c’est en fait le cas de nos jours que ça n’existe pas. Même Petrossian, une entreprise française, ne vend que du canard aux États-Unis. (Et j’ai des questions sur leur produit — c’est n’est pas logique de dire que le foie vient du « canard entier ». Vendent-ils du pâté en disant « foie gras ?)

Pour l’instant, je dois donc abandonner la quête. Il est bien clair que je n’arriverai pas à trouver du foie gras d’oie aux États-Unis. Je n’ai pas de choix — il faut que j’accepte du foie de canard pour mon dîner rhodanien.