On est maintenant dans un des douze pires mois de l’année, février. Non, mais sérieusement, ceux qui lisent ce blog depuis un peu savent que les deux semaines avant la Saint-Valentin me rendent malheureux, encore plus que les Noël sans La Fille.
Samedi, je suis allé à Los Angeles pour faire des préparations pour la Saint-Valentin en allant chez Surfas. Ça fait des mois, et ce qui est ridicule, c’est qu’en 10 jours, je reviendrai à LA pour un autre projet du blog. Je n’arrive pas à croire que je n’ai pas déjà « renversé les haricots » (expression anglaise pour partager un secret par hasard ; aussi, « laisser le chat sortir du sac »).
Avant que vous ne me félicitiez, car vous avez lu « préparations pour la Saint-Valentin », absolument rien de bon ne m’est arrivé. (Au contraire, j’ai une nouvelle plainte, notre sujet de demain.) C’est juste pour une recette. Je n’allais rien faire du tout pour ce jour cette année, mais un ami — sans « e » — m’a mis une idée folle dans la tête et il me faudra une photo spectaculaire sur mon fil Instagram pour la tenter. Qu’elle marche ou pas, qu’on me gifle pour l’avoir écouté !
Pendant que j’étais chez Surfas, j’ai pris quelques photos et les ai envoyées à une amie avec le message « Bonsoir de quelque part en France » :
Parmi les choses que j’adore chez cette amie, c’est qu’elle a tout de suite remarqué les prix époustouflants et m’a répondu que ce n’était pas le cas chez vous ! Je ne peux jamais la tromper, même à une heure si tardive. (Elle sait quand même que je n’y volerais jamais sans lui dire mes plans à l’avance. Au fait, elle a reçu les photos à plus haute résolution qu’ici. Ne faites pas mal aux yeux.)
On est en février, alors c’est naturel que j’ai fait une autre boulette cette semaine. Je vous ai mentionné que j’allais changer d’iPhone. Je l’ai fait. Mais le nouveau a des connecteurs USB-C, alors tous mes câbles et équipements Lightning ne marchent plus. Dont l’adaptateur qui me permet de brancher mon microphone aux portables. Le nouveau me coûtera 50 $, 10 $ de plus que le dernier. Il ne m’est pas évident pourquoi le prix devrait être plus élevé — le vieux est toujours disponible et son prix n’a pas haussé. J’ai dû donc tout enregistrer avec le micro du portable, et les différences sont claires.
Notre blague traite de la jalousie. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Les gros-titres sont : Ennui, Message de La Fille, et Reggaeton. (Pour être clair, La Fille n’était pas présente. Mais elle aura voulu que je livre ce message.)
On continue le Projet 30 Ans de Taratata avec le dernier chanteur à apparaître sur scène pendant la première partie du spectacle, Axel Bauer. Il a rejoint Jean-Louis Aubert, Zazie et Raphaël pour jouer 3 chansons de Téléphone, ainsi qu’une reprise des Rolling Stones. Il a été aussi sur scène avec Eddy Mitchell, mais on traite chaque artiste selon leur première apparition pendant l’émission.
Ron Thal et Axel Bauer (à droite), Photo par JB Quentin, CC BY-SA 4.0
Axel Bauer est né en 1961 à Paris. Son père, Franck Bauer, a eu une carrière fait pour ce blog. Après avoir travaillé brièvement — littéralement un seul jour ! — pour l’architecte nazi Albert Speer pendant l’exposition universelle de 1937 à Paris, il s’est intégré aux Forces françaises libres en 1940. Il est devenu ensuite speaker pour une émission de Radio Londres, Les Français parlent aux français. C’est ici où on trouvait les 4 premières notes de la Symphonie Numéro 5 de Beethoven jouées comme le V du code morse, pour Victoire — exactement l’histoire racontée dans mon livre de la SGM en tant qu’enfant ! Je vous dis parfois que tout sur ce blog est lié, l’une chose à l’autre. Je le crois sincèrement.
Mais tout ça est l’histoire de son père. Revenons à nos moutons, ou à nos musiciens. Au début des années 80, notre Axel commence à travailler au Rose Bonbon, le même club où Indochine a joué son premier concert. Et Les Rita Mitsouko y jouaient aussi. Je manque de bons mots pour décrire à quel point je me sens lésé. Cependant, c’est ici où Axel Bauer reçoit son premier contrat, suivi par son premier morceau, Cargo — un début qui vend plus de 500 000 exemplaires en France :
Oh là là. Ça doit être l’une des chansons les plus années 80 que j’ai entendues — et j’adore ! Wikipédia dit que « Ce sera le premier clip français à être diffusé sur MTV, aux États-Unis. » Honnêtement, je ne m’en souviens pas — dommage, parce que j’aurais tué pour apprendre le français au lieu de l’espagnol en ce cas. (D’autre part, on ne se connaîtrait probablement pas — j’ai des sentiments mitigés sur ce sujet.)
En 1988, il sort sont premier album, Les Nouveaux Seigneurs. Je suis arrivé à trouver deux morceaux de l’album, celui du titre, ainsi que Jessy :
Cet album n’est pas une grande réussite et il quitte son éditeur, EMI. Perso, j’aime bien ce clip, mais j’avoue que c’est plus de la même chose (ce qui ne me dérange pas !).
Son deuxième album, Sentinelles, sort en 1990, et il se retrouve encore une fois aux hauts de la musique française — le morceau « Éteins la lumière » est classé #18. C’est clairement toujours lui, mais les synthétiseurs hyper-années 80 ont disparu. Le résultat marche très bien :
Ça fera des années avant son prochain album, Simple Mortel, en 1998. Je dois vous dire, son compte officiel sur YouTube a fait des efforts pour supprimer cet album du web — tous les liens aux clips officiels sortis par le compte lui-même ne sont plus disponibles. J’ai lu que l’album n’était pas bien accueilli à l’époque, mais je ne le comprends pas — j’ai écouté l’instrumental 00 Zen dans cette version live, et je l’ai beaucoup aimé !
Franchement, une des choses qui me manque le plus avec mon abandon de la musique américaine, c’est les instrumentaux. On en trouve beaucoup dans ma collection d’antan, mais très peu dans mes albums français.
En 2001, il écrit et joue de la guitare sur « J’ai rêvé de nous » pour Johnny, une réussite complète. Son prochain effort pour lui-même est l’album « Personne n’est parfait » ([Pas d’accord. Moi voilà — Mon ex]), sorti en 2002. C’est moins « métal » que mes goûts typiques, et si on remplaçait les paroles par leur traduction anglaise, je le sauterais probablement. Pourtant, j’aime très bien le morceau du titre :
Sur le même album, on trouve une collaboration avec Zazie, À ma place, #4 en France et « Chanson francophone de l’année » aux NRJ Music Awards. Je l’aime moins que ça, mais j’ai dû souffrir avec « Hot in Herre » (erreur d’orthographe dans le titre original). En fait, des 100 chansons les plus populaires aux États-Unis en 2002, je n’en aime même pas une. Tout est relatif. En plus, c’était l’année de La Catastrophe.
En 2006, il a sorti « Bad Cowboy », un autre album qui n’a pas connu beaucoup de succès. Honnêtement ? Je ne le comprends pas — j’aime beaucoup le morceau du titre :
En 2013, il est de retour avec « Peaux de serpent », album plus proche au son de Personne n’est parfait. J’aime bien le morceau Rien ne s’oublie :
J’ai aussi aimé « Elle est SM » du même album, mais même après avoir lu les paroles, il faut que j’avoue que je ne comprenne ce qui veut dire SM.
On finit avec son album le plus récent, Radio Londres, de 2022, ce qui nous ramène à son père. « Ici Londres » contient plusieurs extraits de ses diffusions pour la BBC, et les paroles ressemblent aux messages codés qui faisaient souvent partie des émissions à l’époque :
En général, j’aime aussi cet album. L’Homme qui court et C’est malin — ce dernier sur le cancer qu’il a survécu — sont excellents.
Que dire pour en conclure ? C’est rare de trouver quelqu’un où j’aime tout ce que j’écoute, mais vous aurez remarqué qu’il n’y a même pas eu une fois où j’ai dit que je n’ai pas aimé quelque chose le long de l’article. Son style est plus « pop » que moi, mais vous pouvez vous rassurer que ma note finale fera absolument partie de ma prochaine commande chez la FNAC.
Il y a deux jours, M. Jours d’humeur a écrit sur son ascension fulgurante dans le classement de joueurs de tennis de table, jusqu’à la 73 403e place. En réponse, je lui ai dit qu’il me faudrait écrire sur mon exploit inconnu en tant que champion mondial d’un jeu vidéo, auquel personne n’a joué. Il l’a cherché sur Google, sans succès, mais j’aurais pu lui dire à l’avance qu’il n’existe pas de preuves en ligne. Pourtant, je les ai.
Notre histoire commence avec un jeu vidéo de légende, l’un des meilleurs de tous les temps, Zaxxon. Un jeu conçu pour mettre en vedette la technique de perspective axonométrique (qui donne l’impression de trois dimensions), c’était un jeu de tir spatial (merci, les québécois — les français utilisent l’anglicisme « shoot ’em up« , et ça m’a donné une crise cardiaque). Wikimedia n’a aucune capture d’écran, alors voici un extrait du jeu :
1982, les enfants !
Il y avait quelques suites, mais après 1995, rien n’est sorti pendant 17 ans. Puis en 2012, Sega a permis un petit développeur de faire une suite uniquement pour les portables, Zaxxon Escape. Il n’y a pas de captures d’écran disponibles non plus, mais voici la bande annonce :
Ce jeu était nul. Beaucoup de bogues (merci encore, les québécois — mon dictionnaire Oxford donne « bug »), un système avare de bonus payants (pour lesquels je refusais de payer), aucune fin (la vitesse du jeu continuerait à hausser jusqu’à ce que le joueur perde) — ce jeu n’était qu’un effort de profiter d’un nom célèbre.
Par conséquence, il y avait très peu de joueurs. En 2011, avant la sortie de Zaxxon Escape, Apple a vendu 72 millions d’iPhones (lien en anglais), et 125 millions en 2012. On penserait donc qu’un jeu portant le nom de l’un des jeux les plus célèbres aurait vendu au moins 500-600 mille exemplaires, n’est-ce pas ?
HAHAHAHAHAHAHA…non.
Grâce aux critiques aussi pourries que méritées — 2,5/5, 2,5/5, 3/5 (liens en anglais) — le truc a vendu environ 12 671 exemplaires pour iOS. Au monde entier. « Euh, Justin », vous me dites, « ce nombre est bien trop précis. Vous travailliez chez le développeur ou quoi ? » Ah non, la vérité est bien plus stupide que ça.
Vous voyez…comment dire ça…vous voyez… j’étais presque la seule personne qui a en fait joué au jeu. Fin septembre, quand mon divorce a été finalement terminé, après deux ans d’une lutte aussi amère qu’absurde, j’étais bien misérable et désespéré pour quelque chose de familier. Et voilà, il y avait exactement ça dans les mains. Et j’ai vu que j’avançais vite sur le classement de « Game Center« , l’appli avec tous les classements des jeux pour iOS. Finalement, le 27 décembre de cette année-là, ça m’est arrivé :
Les deux mesures sont le score le plus élevé et la meilleure distance. Quelle était la différence ? En volant son vaisseau virtuel, on tirait sur de nombreuses cibles, et le score était le résultat des points gagnés pour tous les cibles touchées. Il n’y avait pas de points pour distance volée, mais le jeu l’a aussi traquée. Alors par n’importe quel choix de mesure, j’étais le meilleur joueur au monde.
Pourquoi y a-t-il 4 scores de moins que de distances ? Ça veut dire qu’après avoir payé le jeu, 4 personnes l’ont lancé, ont écrasé leurs vaisseaux et l’ont trouvé si ennuyeux qu’ils n’y ont jamais joué une deuxième fois.
Mais quand je vous dis quelque chose d’absurde, j’apporte toujours des preuves. ([Sa vie est juste telle qu’il y en a plein, les amis. — M. Descarottes]) Alors voici une capture d’écran de mon compte Facebook, où j’ai noté ma « réussite » :
Après avoir grimpé la plus basse montagne au monde des jeux vidéo, j’ai quitté Zaxxon, mais je continuais à vérifier le classement de temps en temps. Un an plus tard, quelqu’un d’autre a battu mon record (je ne me souviens plus duquel). Maintenant, le jeu ne fonctionne plus, et Apple a retiré l’appli Game Center, alors on ne peut plus voir le classement.
Or, est-on satisfait qu’en fait, j’étais champion mondial de ce jeu ?
Hier matin, je me suis réveillé en disant, « Hmm, je ne me souviens pas de quand est Chandeleur ». À cause d’Apple, j’ai plein de fêtes sur mon calendrier qui ne m’importent pas du tout, et très peu de celles qui comptent. Puis je l’ai recherché, et si vous aimez ma voix paniquée, vous vous seriez régalé. MAIS : tant qu’il reste au moins un jour, on peut toujours faire quelque chose. J’aimerais croire que j’ai assez bien « quelque-chosé » (vous avez l’idée) :
Haute résolution en cliquant
Cependant, alors que je dois être prêt avec un jour d’avance pour les fêtes à cause du décalage horaire, vous, pas autant. Alors, vous pouvez faire la ganache et la pâte ce matin, et être prêt à tout monter ce soir. Allons-y !
Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.
On a de nombreux retours ce mois, et je suis ravi de voir chacun, alors ils se regroupent tous en haut des « habituels ».
Les Dédexpressions est de retour avec des explications de l’expression « une brique » d’argent (utile avant de regarder des films d’Audiatd !), et « cage dorée », ce qui existe en traduction littérale en anglais, notamment dans une de mes chansons préférées de Rush, sur le meilleur album pas en français de tous les temps.
Miss Biblio Addict !! aime le livre Bcopalypse d’Ariel Holzl. Si la ligne « Pour se rendre au lycée, Samsara n’oublie jamais sa batte de baseball, ses talismans et son couteau de chasse » vous rend curieux, vous aller l’aimer. (Pour moi, ça sent plutôt le collège. Je plaisante moins que vous ne le pensez.)
SCRiiPT parle d’un jeu de rôle avec le meilleur titre de tous les temps, « Mousquetaires et Sorcellerie », ainsi qu’une série de BD des années 70, Kamandi, créé par la légende, Jack Kirby.
Carnets d’une plume, avec sa sensibilité habituelle, fouille dans l’histoire de « Dry January » et sa propre relation avec ses origines.
Light & Smell est très enthousiaste pour Mamie Luger, un roman qui me rappelle fortement un de mes films français préférés, « Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages ». (Films préférés, franchement, français ou pas.)
Phrenssynnes est fan de La mer de tranquillité, un roman qui se déroule un peu sur la Lune, et beaucoup plus sur une autre planète où la plupart d’entre vous vivent. En plus, elle a eu des mots gentils pour moi, toujours apprécié.
Bonheur des yeux et du palais partage un post sur Ouchy, le port de Lausanne. (Juste taper ce nom me met sur le point de m’effondrer de rire — « ouchy » est ce que les enfants anglophones appellent une toute petite blessure.)
News from Ibonoco écrit sur Samuel Beckett. Il m’a fallu 44 ans pour comprendre pourquoi un anglophone de naissance écrirait d’abord en français, puis tout traduire. Ça fait maintenant trois ans où je ne comprends pas pourquoi il se soucie de la traduction en anglais.
Une habitude à laquelle je ne mettrai probablement jamais un terme est de découvrir aux mauvais moments que j’ai besoin d’un mot et je n’y ai jamais pensé avant. La semaine dernière, ça m’est bel et bien arrivé avec ma voiture, car honnêtement, Duolingo n’apprend que « volant », « essence », et « coffre ». Il y a plus de leçons sur les manifs, même si c’est peu probable que l’on y assiste en tant que touriste, que sur les voitures, où il est fort probable que l’on en loue une.
Alors, une fois que le dépanneur est arrivé et m’a montré comment démarrer la voiture du point mort, j’ai dû rechercher l’expression « point mort » dans mon dictionnaire. Sinon, j’aurais deviné « neutre », parce que l’on utilise les mêmes lettres pour les boîtes de vitesses. Il m’étonne, mais je n’ai jamais pensé à ce que l’on disait pour PRND même en louant une voiture en France l’année dernière.
Une fois recherchée, j’ai découvert toute autre mort, cette fois chez les comptables. Il s’avère que cet autre point mort parle aussi de quelque chose qui n’avance ni ne recule :
Le point mort est le seuil de chiffre d’affaires à réaliser pour que l’ensemble des charges soient couvertes. Une entreprise qui atteint son point mort est donc à l’équilibre.
C’est amusant à savoir que l’anglais retient encore une autre mort que le français a laissé tomber. En France, un prêt pour acheter une maison s’appelle un prêt immobilier. Mais si j’avais 1M $ pour un apport personnel, ce dont on a besoin pour acheter une maison à Elbe-en-Irvine (elles coûtent environ 1,5M $ de nos jours), ce que je prendrais à la banque s’appelle « mortgage« , attesté en français au XIIIe siècle. Ça part de la même mort, mais le « gage » vient du latin médiéval et veut dire une promesse ou engagement. C’est le même gage que celui de nos jours, dont celui des tueurs à gages. Mais ce qui est vraiment inattendu ? Un « mort gage » du Moyen-Âge payait pour toujours car l’intérêt ne réduisait pas la dette. Le prêt qui fonctionnait comme nos prêts immobiliers actuels ? C’était un « vif-gage », pas mort du tout !
Rien à voir, vraiment, mais il y a des jours, l’amie du blog Light & Smell a laissé un commentaire ici d’où j’ai fait la connaissance du musicien Bénabar, et sa chanson, « Le slow de la mort qui tue » :
Je dois avouer que je galère à trouver le lien entre les paroles et la mort, mais peut-être qu’après toute cette mort — et des banquiers en plus — l’opposé fait du bien.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec une autre histoire de dépanneur. Mais ne vous inquiétez pas, ma voiture n’est pas tombée en panne à nouveau !
En 2022, je vous ai parlé de l’un des livres les plus importants de ma vie, Claire, le prénom de la honte. À l’époque, j’ai dit que « [Q]uant au dernier chapitre, c’est rien d’autre que La Marseillaise moderne » et en ai conclu en disant que « c’était l’histoire de mes propres pensées ». Après avoir lu ce livre, qui est sorti en novembre de l’année dernière, je peux donner le résumé en une phrase :
En tout ce qui compte, elle parle pour moi.
Avant de continuer, je vous ai dit au passé que l’une de choses que j’admire la plus chez les Français, c’est que vous vous occupez largement de vos propres oignons. Je ne sais toujours pas quelles sont les croyances de la grande majorité de mes amis francophones, ni les partis politiques de personne. Mais ici, impossible de parler du livre sans parler des croyances personnelles. Si ça vous dérange, pas de souci et on se reverra demain.
Dans son premier livre, sorti en 2021, Mme Koç nous avait dit :
Pour ma part, j’ai toujours rêvé d’une assimilation totale, ce qui sous-entend d’être baptisée, car je voulais me fondre pleinement dans la culture religieuse et historique de la France qui fut longtemps considérée comme la fille aînée de l’Église.
Claire, le prénom de la honte, p. 191
J’en ai tiré la conclusion que son intérêt à l’Église était plutôt en tant qu’instrument, que si elle voulait se convertir, c’était parce qu’elle la percevait comme « la chose française à faire ». Et j’ajouterai que l’on fait ce choix pour de telles raisons tous les jours, partout au monde : pour se marier, pour assimiler… peut-être que « Paris vaut bien une messe », ça vous parle ? Je ne juge pas. Mais Mme Koç raconte être rejetée par un prêtre parce que son mari s’est marié avant dans l’Église, et on sait tous que ça fait des problèmes. Je croyais donc que c’était la fin de l’affaire, que on n’entendrait plus rien sur le sujet.
Mais c’est exactement ici où je me suis trompé. Si on a vraiment compris la France de ce blog, elle tourne autour de deux axes, celui de Sainte-Jeanne-d’Arc et celui de Louis de Funès. C’est une façon de dire que ce qui m’attire est autant la France des cathédrales que la France du Corniaud. Si vous pouviez voir les messes aux États-Unis, qui sont plus des concerts de rock que des événements sacrés, puis les larmes aux yeux quand une messe a commencé pendant ma dernière visite à la Sacré-Cœur, tout serait clair. Mme Koç ayant plus de classe que moi, elle choisit une meilleure métaphore et parle plutôt de la France comme l’union de Marie et Marianne. La structure du livre suit ses rencontres avec les deux.
Mme Koç lance son histoire aux Seychelles, où elle est enfin baptisée. Elle n’est toujours pas bien éduquée dans la foi, mais on savait déjà du premier livre que c’était important à elle. Puis on remonte dans les temps. En fait, avant le rejet du prêtre en France, elle avait été catéchumène, avait suivi des cours, mais juste au dernier moment, le père lui avait dit « qu’il doit réfléchir à « mon cas » et qu’une enquête sera ouverte sur mon époux ; comme si nous avions commis un crime » (p. 40).
Je n’ai pas envie de critiquer l’Église ; les lois sont là pour des raisons. Mais elle remarque, pas sans justice, que un certain criminel « a reçu plus de compassion que moi, une femme dont le seul « tort » est d’avoir épousé un homme divorcé » (Ibid.). On voit ici un parallèle important avec sa lutte pour se naturaliser — autant que certains Français la décourageaient de devenir citoyenne, certains religieux faisaient la même chose. Mais si on connaît Claire Koç, on sait qu’elle trouvera un chemin.
On tourne vers l’incendie de Notre-Dame de Paris. Elle remarque que « il transcende les frontières et devient une tragédie mondiale…Quant à moi, j’ai ressenti une étrange sensation. Une impression de communion qui ne m’a plus quittée. « (pp. 44-46). Elle avait déjà ressenti l’appel de l’Église, mais cet épisode renforce pour elle que même si l’Église elle-même est universelle, son incarnation française est pourtant la lumière des nations.
Elle cherche d’autres chemins et considère également le protestantisme et l’église orthodoxe. Mais à la fin, elle sait — c’est l’Église catholique ou rien. On trouve certainement un héritage protestant en France aussi, mais je comprends ses sentiments — au-delà des plages normandes, le site de la Grande Croisade, le Tour passe encore et encore par des lieux de culte catholiques.
Ici commence la polémique. Elle diagnostique une crise spirituelle en France, comme partout ailleurs :
Quoi qu’il en soit, il est certain que notre monde est en quête de sens, que ce soit par le biais de la spiritualité ou d’autres moyens, pour construire un avenir épanouissant et durable.
Page 65
Elle remonte encore plus dans le temps pour nous parler de sa première rencontre avec une statue de Marie dans une église, puis nous demande : « Pourquoi ne pas reconnaître le courage de la Vierge Marie, qui a osé s’opposer aux normes de son époque ? » (P. 75) Elle invoque d’autres exemples — Jeanne d’Arc, Sainte-Thérèse, et Saint-John-Vianney — puis nous invite à considérer deux choses. 1) de nos jours, on comble l’écart spirituel avec des croyances ténèbres — elle cité de nombreux exemples de références à la sorcellerie dans la culture, et 2) on ne cherche plus les solutions de nos ancêtres. Elle demande :
[P]ourquoi ces militantes ne s’approprient-elles pas la représentation de Jeanne d’Arc, pourtant accusée elle aussi de sorcellerie et brûlée vive en place publique ? Cette dernière est considérée au mieux comme franchouillarde, au pire comme le symbole d’un mauvais camp politique.
P. 80
Elle retrouve sa réponse dans la mauvaise influence de la culture américaine, et il me tue, mais je suis malheureusement d’accord. Ce blog n’existerait pas si je ne m’étais pas retrouvé en 2020 face à l’autodestruction de mon pays dans les émeutes « largement paisibles ». C’était le jeune moi, admirateur de Jeanne d’Arc, qui était de retour pour chercher des racines plus solides en France pour me sauver. Mais c’était en fait ma rencontre avec Marianne, et ici on tourne vers la sienne.
À ce point, je suis sûr que beaucoup de monde disent à l’écran, « Mais la République, c’est laïque ! Il n’y a plus de place pour ça ! » C’est ici où je note avec un certain plaisir que Mme Koç a redécouvert, sans le savoir, la sagesse des Pères fondateurs américains, surtout John Adams. Elle écrit :
La France est un pays chrétien ; la République, elle, est laïque. Sans m’aventurer dans un exercice philosophique pour lequel je n’ai pas la prétention de revendiquer quelque compétence que ce soit, je pense qu’il est possible de se définir à la fois comme chrétien et comme laïc.
P. 125
Ceux qui parlent aux États-Unis d’un « mur de séparation » ont mal compris que le but de notre Premier Amendement n’était pas d’établir un gouvernement athée, mais de permettre que les habitants du Maryland pouvaient vivre leur foi catholique en même temps que ceux du Massachusetts, leur foi protestante. Pour effectuer ça, il faut que la loi n’accorde une place privilégiée à aucune religion.
Et c’est ça que je trouve la vraie beauté de ce livre. On a bel et bien établi dans son premier tome sa fidélité à la République. Ce n’est dans aucun sens un appel à l’intégralisme ou à la nostalgie pour les Bourbon. Elle nous rappelle :
Les rois de France, la Révolution, le peuple français et Napoléon ont tous joué un rôle majeur dans la construction de notre nation, façonnant la mémoire de notre pays au fil des siècles. Être français, c’est éprouver une fierté inébranlable et une admiration profonde pour la longue et riche histoire de France.
P. 140
Quel est donc son but ? En restaurant une place pour le christianisme dans l’espace public, Claire Koç espère que tout le monde, soit croyant soit athée, se rattachera à nouveau aux racines qui ont donné à la France l’histoire la plus glorieuse au monde.
Pas surprenant que le livre termine donc pas avec une prière ou un texte républicain mais avec une citation du général de Gaulle :
Je suis un Français libre. Je crois en Dieu et en ma patrie. Je ne suis l’homme de personne.
Cet épisode est plus court que d’habitude — seulement 16m30 — mais on a une invitée vedette pour vous raconter la blague cette semaine. J’ai vu une version de la blague dans le fil d’une amie, et j’ai tout de suite su que faire.
Touchez pas à La Joconde, les cons. Puis-je dire ça ?
Demain dans cet espace, il y aura une critique d’un livre qui fera un peu la polémique. Moi, je suis complètement fan. Cependant, je sais que certains d’entre vous auront des réactions négatives. Je vous offre mes excuses à l’avance — je n’ai jamais l’intention de vous offenser.
Une petite histoire que vous n’allez pas croire ? En tant que père célibataire, c’est presque impossible pour moi d’arranger des rendez-vous pour La Fille avec ses amies, car les mères ne font pas confiance aux hommes célibataires. Mais ses amies parlent tout le temps à leurs parents du père qui fait les macarons, car je les envoie à l’école. C’est comment j’ai réussi — après 3 ans d’efforts à la même école — à enfin organiser un rendez-vous. Avec la liste de numéros que j’ai ramenée — beaucoup desquels sont simplement « Mère d’A » ou bien « Parent de B » dans mes contacts — tout à coup d’autres parents ont commencé à inviter les mêmes enfants ailleurs. Hier, La Fille est allée à une fête d’anniversaire organisée avec l’aide de ma liste.
Les macarons, y a-t-il quelque chose qu’ils ne peuvent pas réussir ? ([Vous gagner un rendez-vous. Dites-donc, c’était votre question. — M. Descarottes])
Je crois que cette semaine, je vais faire quelque chose de surprenant, certainement d’inattendu. Peut-être que vous vous souvenez du fait que j’ai acheté un iPhone 12 mini juste avant mon voyage en France en 2021. Parce que je suis con, j’ai un contrat de 3 ans, mais je le croyais 2. On est maintenant à 2 1/2 ans, et le truc ne va pas bien du tout. Je peux payer le reste du portable à l’avance et m’en acheter un nouveau. Il y a un risqueque ça arrive. Si je le fais, le remplacement sera un 15 Pro, parce que l’appareil photo a 48 Mpx, et ça pourrait vraiment aider le blog. Je ne signerai plus jamais un tel contrat avec mon opérateur.
Notre blague traite des écoles. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
On retourne vers la série Astrid et Raphaëlle pour parler du deuxième épisode de la deuxième saison, Irezumi. Cette fois, on joue sur mon terrain, parce qu’il s’agit d’un meurtre dans la communauté de japonais expatriés en France.
Je vous dirai au début que j’ai trouvé cet épisode moins convaincant que d’habitude. Ça n’a rien à voir avec l’autisme d’Astrid, mais avec sa connaissance profonde de la culture japonaise. Peut-être que j’ai raté quelque chose dans la première saison, où France TV l’a faite disparaître de leur site avant que je ne puisse finir de la regarder. Mais pendant cet épisode, Astrid montre un niveau de connaissance qui serait attendu de quelqu’un avec plusieurs années d’études non pas seulement de la langue, mais de faits divers que je n’ai pas étudiés. Est-elle vraiment experte en tatouages des yakuza ? L’autisme n’est pas un super-pouvoir qui donne de l’omniscience, et j’aimerais savoir si elle va devenir un deus ex machina qui sert juste pour avancer l’intrigue, ou si ça aura des limites.
Je ne peux pas commenter sur tous les faits évoqués dans cet épisode, mais en dehors de mes questions sur l’origine des connaissances d’Astrid, j’ai trouvé le traitement de la culture japonaise respectueux et n’ai pas d’autres plaintes.
On commence dans un onsen, un genre de sauna et baignoire rituelle. Un assassin y pénètre et tue l’homme qui y baigne, un M. Kimura. Il y a des gardes, mais on les fait endormir en haussant la température du sauna.
Astrid et Raphaëlle se rendent sur scène, et Astrid explique aux enquêteurs que l’on a coupé le doigt à M. Kimura, une tradition des yakuza — pourtant, M. Kimura n’est pas tatoué, donc pas yakuza lui-même. Jusqu’ici, je sais de quoi on parle. Mais j’ai fait deux ans d’études de japonais à la fac.
Astrid va dans une épicerie japonaise où un M. Tanaka est le propriétaire. Il remercie Astrid pour l’avoir parlée en japonais — mais la corrige, car il dit qu’elle lui a adressé de manière trop polie. Il explique l’idée de keigo, la politesse et formalité dans la grammaire japonaise. Son explication est un peu trop simplifiée, mais le bon niveau pour une diffusion de ce genre. Pourtant, comment est-il arrivé qu’Astrid aurait seulement appris le niveau le plus formel, ce qui n’est pas la première choose que l’on apprend ? J’ai trouvé ça irréaliste.
Astrid et Raphaëlle visitent la maison des Kimura pour parler avec Hitomi, la veuve. Elle refuse de parler avec Raphaëlle, qui s’est trop penchée. Astrid mène donc la conversation. Encore une fois, un peu irréaliste. Je vous ai parlé du fait qu’à mon tout dernier arrêt pendant mon premier voyage en France, j’ai oublié de dire bonjour à la femme au guichet de la Grande Arche de La Défense. C’était la seule fois de tout le voyage. Et elle faisait semblant de ne pas m’entendre jusqu’au moment où je me suis rendu compte de mon erreur. Puis, elle m’a parlé seulement en anglais. J’ai des nouvelles pour vous. Les Japonais sont moins têtus que les Français à cet égard.* Au Japon, oui, ça peut arriver. Mais en tant qu’expatrié, en parlant avec un gaijin (non-japonais) qui exerce de l’autorité légitime ? Jamais.
(*Bon, la plupart d’entre vous ne sont pas comme ça. Cependant, vous connaissez tous au moins une personne qui l’est, et je le sais. Ne vous inquiétez pas, j’aime râler, mais je vous adore à cause de ce comportement, pas malgré.)
Astrid revient à l’épicerie parce qu’elle veut interroger Hiro Morin, un jeune qui travaille dans la galerie d’art de M. Kimura. Elle était censé juste arranger l’entretien pour Raphaëlle, mais après un malentendu, elle croit qu’elle doit tout faire toute seule tout de suite. Où est-ce qu’elle a appris toutes les nuances de la cérémonie du thé japonaise ?
Avec des infos reçues de Hiro, les femmes découvrent la garçonnière de M. Kimura. Astrid se demande pourquoi on installerait une caméra pour enregistrer des vidéos de soi en train de dormir. Moi aussi, Astrid. Moi aussi.
Mais dans une vidéo, elles trouvent des tatouages sur un homme qui paraissent appartenir à un yakuza enterré à Paris il y a 25 ans. Elles découvrent des fleurs sur sa tombe, et l’ADN trouvé sur la base implique Ken, le garde du corps de M. Kimura :
Mais Ken est retrouvé mort, et n’est pas le meurtrier. Je vais arrêter ici afin de ne pas divulgâcher la fin, mais je vous ai donné le goût de ce que j’ai aimé et n’ai pas aimé en ce qui concerne l’épisode. Il a été écrit par quelqu’un qui connaît très bien la culture japonaise, et tout est vrai d’une façon ou autre. Mes plaintes sont largement qu’Astrid semble en savoir trop sans avoir travaillé pour ça, et que certaines chose ne s’appliqueraient pas hors du sol japonais.
En revanche, tant qu’Astrid se montre aussi naïve que moi, je ne peux que la trouver attachante. Je serai certain de continuer de regarder la série !
J’avais espéré publier mon dessert tarn-et-garonnais aujourd’hui, mais je l’ai raté. Au lieu de ça, on va parler d’une farce que j’ai faite à mes amis sur Facebook cet après-midi. Je suis un peu déçu que ce soit si facile à faire, même si je m’attendais à ce qui s’est passé.
Mettons la scène : J’ai dû aller dans un magasin spécialisé en ordinateurs pour acheter quelques câbles USB pour mes parents, Micro Center. Il est souvent le cas ici que de tels magasins vendent beaucoup d’autres trucs, en général ce que l’on appelle des « impulse purchases », achats d’impulsion — des magazines, des bonbons, etc. — toujours aux côtés des caisses.
Puis-je m’interrompre pour vous dire qu’il m’a énervé de découvrir qu’il y avait une chaîne dite « Cuir Center » en France ? Ça devrait au moins être « Centre ». Je reprends :
Il y a beaucoup de magazines sur une étagère là-bas, qui n’ont rien à voir avec les ordinateurs. En voyant une certaine paire, je me suis dit « Hihihihihi, les Français auront des crises cardiaques à cause de ces deux ! » et j’ai pris une photo :
J’ai ajouté une légende qui disait « La Fille et moi sommes allés au magasin d’ordinateurs pour chercher des mitrailleuses, comme tout le monde ici ». Dans les commentaires, j’ai ajouté une deuxième photo pour offrir du contexte :
C’était une boulette, même si je la survivrai en meilleur état que la dernière. Car je m’attendais à ce que certains disent « Oh là là, c’est vraiment le Far West ! ». Mais je croyais que L’ON dirait « Nan, c’est une blague », et ça n’est pas arrivé du tout.
Au fait, mon dictionnaire Oxford donne « Far West » comme la bonne traduction de notre « Wild West », mais « far » en anglais veut littéralement dire « loin » et ce ce que je voulais dire ici est plutôt « sauvage ». Quand on dit « Wild West » ici, c’est pour parler de l’époque de Wyatt Earp et OK Corral, pas juste l’Ouest du pays.
Alors, j’aimerais vous dire d’abord :
C’est absolument faux que l’on peut acheter une arme à feu n’importe où aux États-Unis. Pour les vendre, on doit avoir un permis du gouvernement fédéral (lien en anglais).
Quant aux mitrailleuses, ça fait maintenant 90 ans depuis la dernière fois (lien en anglais) où une telle arme achetée légalement a été utilisée pour un crime.
Depuis 1986, aucune mitrailleuse neuve peut être vendue (lien en anglais) aux États-Unis. Les vieilles continuent de circuler, mais les transférer nécessite l’aide d’un fournisseur agréé par le gouvernement.
Ça fait longtemps depuis la dernière fois où je me suis disputé avec un Français à propos des armes à feu aux États-Unis, largement parce que je ne lis plus beaucoup d’articles sur Quora. Mais je vous dirai sans plaisanter qu’il m’étonne parfois, les trucs que j’entends sur ce sujet. On m’a dit que l’on pouvait acheter des armes à feu dans n’importe quel 7-Eleven (une chaîne d’épiceries pas chères), et en plus qu’il l’a vu avec ses propres yeux. Ça, c’est un mensonge tout court. Pourtant, il l’avait écrit sur Quora en français en parlant d’avoir été expatrié ici.
D’autres me disaient qu’il y avait des attaques criminelles, ce que l’on appelle un « drive-by shooting » (une fusillade lancée d’une voitures), partout et sans exception. Il n’y a eu aucune attaque de ce genre à Elbe-en-Irvine depuis sa fondation il y a 60 ans, et nous ne sommes pas exceptionnelles. Ce problème appartient aux grandes villes.
Ma remarque n’est vraiment pas à propos des armes à feu. C’est sur les stéréotypes. Je suis bien au courant que beaucoup de monde en Europe croient que nous sommes tous des cow-boys ou des truands. Ce n’est pas vrai. Dit autrement, il y avait une raison pour laquelle je voulais vous montrer l’Alabama l’année dernière, avec ses fusées et ses concessionnaires de voitures de luxe. « Quelque chose de Tennessee » peint un portrait aussi faux de ces gens que « Piège de cristal » le fait de Los Angeles.
J’ai donc une responsabilité de ne pas plaisanter sur certaines choses, car je ne sais jamais quand on aille me prendre au sérieux où je le croyais impossible. (J’ai ce problème en général ; je parle juste quant à mon pays en ce moment.) Ça pèse plus qu’un peu, parce qu’il n’y a pas de panneaux indicateurs pour me dire où ça arrivera !