Votre quotidien, mon Disneyland

La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer.

Sylvain Tesson

D’abord, je veux juste vous dire : APPRÉCIEZ ce que vous avez. Ah bon, on continue.

Pendant cet an dernier, j’utilisais tout le temps le site de Carrefour pour vérifier si les mêmes ingrédients étaient disponibles. D’ailleurs la FNAC, Pierre Hermé, et Picard, il n’y avait aucun magasin dont j’avais plus envie de visiter. J’ai donc pris beaucoup de photos de mon supermarché habituel avant de partir, pour faire une comparaison. Ici, je fais mes courses chez Ralphs. C’est un supermarché typique, et rien de spécial. Pour cet article, j’ai visité le Carrefour à 79 Rue de Seine, 75006 Paris.

Au début, il faut que je vous montre la vérité — il y a presque autant de ketchup chez vous que chez moi :

À gauche, Ralphs ; à droite, Carrefour

Pourquoi est-ce que je commence avec le ketchup ? C’est pourquoi je lis parfois des plaintes sur Quora (le plus grand site de rencontres pour râleurs dans le monde entier) qu’il n’y a rien que du ketchup dans nos supermarchés. Voilà un exemple. (En fait, je connais un peu l’auteure de cet article ; elle n’est vraiment pas une râleuse, ni menteuse, mais elle exagère un peu pour ses compatriotes. Ses photos sont de chez Walmart, pas un supermarché.) Elle parle aussi de la mayo et des pickles comme s’il y a des rayons entiers pour ces trucs ici. C’est vraiment pas le cas — les deux dans mon supermarché :

Voulez-vous savoir ce dont on en a beaucoup trop ? De la sauce barbecue — je n’ai rien trouvé chez Carrefour :

Ce qui m’a étonné chez Carrefour — il n’y avait pas plus de moutarde qu’ici. À Ralphs, c’est à côté du ketchup — et c’est pas si différent.

Une autre chose vraiment similaire, les rayons de confiture. Mais en France, Bonne Maman est quelque chose de quotidien — aux États-Unis, c’est une marque de luxe !

On tourne maintenant vers les bonbons. Il y a des choses en commun — les M&M, les barres de chocolat Lindt, mais il y a aussi beaucoup de différences. Il y a plus de tailles différentes pour les sacs aux États-Unis. D’abord, Ralphs :

Et Carrefour :

Je ne vais pas vous mentir. J’ai goûté des Carambar Fruits, et je ne les ai pas aimés. J’ai aussi acheté un sac des Petit Oursons Guimauve, mais je ne les ai pas encore goûtés. J’ouvre très lentement mes sacs de bonbons parce que j’ai tellement mal au cœur. Vous n’avez aucune idée.

S’il y a quelque chose qui me fait VRAIMENT mal au cœur, c’est le rayon magique, les biscuits. D’abord, nos déchets industriels :

Vous seriez surpris — cette photo ne manque pas trop de ce que vous trouverez ici. Juste quelques biscuits de Pepperidge Farm (pas mal, mais rien de spécial).

Je voulais en acheter un de chacun chez Carrefour :

Mais ce qui m’a le plus blessé :

Moi, je paye 6 fois ce prix pour les Napolitain aux États-Unis ! Je pleure encore juste à cause de me souvenir de ce moment.

Les viandes ne sont pas trop différentes. D’abord, Ralphs :

Puis Carrefour :

Les choses surgelées sont aussi similaires. D’abord, Ralphs :

Puis Carrefour :


Et s’il y a quelque chose dont mes amis français ont envie de visiter nos supermarchés, c’est les céréales. Voilà d’abord Carrefour :

Puis Ralphs :

Mais les beurres, oh non, je vais encore pleurer.

La moitié des « beurres » chez Ralphs sont en fait de la margarine. Vous savez déjà que j’ai conduit environ 120 km juste pour l’un des beurres chez Carrefour. Et les fromages ! Il n’y a RIEN comme ça ici :

Il y a des mois, j’ai fait cette photo avec l’aide de Photoshop. Ce sont les croissants de 3 supermarchés différents ici, dont Ralphs :

Toutes ces boîtes coûtent environ 5-6 €. Aucun croissant n’est comme ce que l’on trouve ici :

Lisez les panneaux sous les viennoiseries. Ils disent tous la même chose : « Viennoiserie au pur BEURRE AOP Charentes-Poitou ». J’ai acheté deux pains au chocolat pendant ma visite chez Carrefour. Ils étaient presque aussi bons que ceux de Moulin ici. Mais à Moulin, je paie 3,5 € le pain au chocolat. À Carrefour, 1,55 € pour les deux.

Écoutez BIEN ce que M. Tesson a dit au début de ce post. Pour vous, tout ça n’est que le quotidien. Pour moi, il n’y a qu’UNE chose que je n’échangerais pas contre le droit d’y faire les courses tous les jours.

2 réflexions au sujet de « Votre quotidien, mon Disneyland »

  1. Bernard Bel

    Votre comparaison est certainement pertinente, mais vous n’avez montré que des aliments emballés (« packaged ») et donc un mode de consommation plus fréquent dans les grandes villes pour une population de jeunes consommateurs (ou de gens qui ont peu de temps ou peu de moyens).
    Je n’achète un produit emballé que s’il n’existe aucun équivalent en vrac, donc non « manufacturé ». Et je vérifie la composition sur l’emballage : la plupart du temps, des colorants, des conservateurs, des liants etc. Exemple : les œufs de poisson qui sont vendus dans de petits bocaux dans mon magasin Leclerc. Tous sont « trafiqués » à la seule exception des œufs de saumon qui sont uniquement salés. Le principe est simple : un emballage rend quasiment indispensable l’ajout de produits assurant une plus longue conservation.
    Je suis un peu désespéré de voir la consommation de laitages aromatisés, par exemple ces yaourts « aux fruits » qui ne sont pas sains, alors qu’on peut acheter du yaourt nature et le mélanger à son goût avec une excellente confiture ou des fruits frais… Mais parfois il faut passer beaucoup de temps pour trouver du yaourt nature au milieu des centaines de produits aromatisés… Et les enfants sont conditionnés à consommer des produits déjà mélangés avec des couleurs qui leur plaisent. Quand j’étais enfant, nous voulions toujours un dentifrice « avec des rayures rouges » !
    Pour le reste : fruits et légumes, viandes, fromages etc. je me sers en vrac, vente à la pesée. Et chaque fois que possible avec le label bio (« AB » en France). Ce n’est pas une exception car un nombre croissant de consommateurs français préfèrent cette pratique. J’en vois beaucoup aussi qui achètent sur les marchés ou dans les AMAP qui sont des réseaux de distribution directe entre paysans locaux et consommateurs. Tout cela existe aussi aux USA, des amis qui y ont séjourné longtemps disaient qu’ils trouvaient ces produits à des prix aussi bas qu’en France. Ce srait intéressant de comparer – à votre prochain voyage ! 🙂

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