Je me plains souvent ([Arretez là ; tout est dit. — M. Descarottes]) de certains mots en français avec plusieurs significations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres (voilà et voilà). Mais je peux parfois au moins me raconter une histoire qui les relient. Ça c’est une poêle :
Je peux me convaincre qu’une poêle s’utilise au-dessus d’un poêle, et que les deux fassent une paire, c’est logique. Bien sûr, ce truc gâche l’affaire :
Mais même là, on pourrait dire que quelqu’une aimerait me mettre sous un poêle afin de me mettre dans un poêle. Et en fait, ce dernier poêle est le seul qui est proche de sa traduction en anglais, « pall ». Le féminin, c’est « pan », et l’autre masculin, c’est « stove ».
Cependant, tout cela est loin de la distance entre deux significations pour le même mot que j’ai découvertes il y a deux semaines. Sauf pour moi, tout le monde connaît Kaamelott et la quête du bocal d’anchois Graal. Ce genre de quête est un périple à la recherche de quelque chose. Si on se souvient du fait que l’accent circonflexe n’est qu’une pierre tombale pour des « s » regrettés (et parfois d’autres lettres, je le sais), cette quête est exactement la même chose que « quest » en anglais. Pourtant, ce jeu vidéo ne se traduit pas par « Dragon Quête » :
(Par contre, le château de Tantegel se traduit par Radatome en VF. J’étais perplexe, mais il s’est avéré que ça vient du japonais original, « Radatōmu », mais en anglais ils ont choisi le nom d’un château réel en Angleterre, lié au roi Arthur.)
C’est la même chose quant à « enquête », un genre de recherche systématique, peut-être judiciaire, peut-être administrative, comme nous dit le Trésor de la langue française. Encore une fois, l’anglais est pareil, « inquest ».
Mais il y a un autre sens de quête qui n’a absolument rien à voir avec la recherche d’un objet ou des infos. Je laisse ma place au Trésor pour l’expliquer :
Je n’arrive pas du tout à comprendre le lien entre les deux. Le Trésor indique que quête dans toutes ses formes vient du latin « quaerere », d’où aussi le verbe « quérir », lui-même lié au sens de partir à la recherche de quelque chose. Mais la collection de fonds me semble fonctionner dans le sens inverse. Plutôt que partir à la recherche des fonds, les donateurs viennent pour les verser dans l’assiette.
Demain, je rentrerai tard de mon projet mystérieux. Je veux garder la séquence de jours de suite avec une publication (596 avec ce post !), alors peut-être que je préparerai quelque chose avant de partir pour LA.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine juste à temps pour payer le loyer.
Il y a trois années, ivre d’expériences avec les macarons, j’ai essayé de créer mes propres macarons en grand format pour la Saint-Valentin. J’ai bien aimé la combinaison de parfums, mais les coques n’ont pas du tout marché, et je les ai publiés en taille traditionnelle. Aujourd’hui, laissez la photo vous dire ce qui a changé !
Je vais avouer quelque chose. Je n’allais rien faire pour la Saint-Valentin cette année. J’aime la chanson Rendez-vous avec moi-même, mais aucune envie de la vivre. Mais il s’avère que j’ai besoin d’une jolie photo en haut de mon compte Instagram pour des raisons. (Je vous dirai l’histoire une fois le résultat sera connu.) Mon complot est donc votre gain. Allons les faire :
Oh là là, que j’aie eu UN JOUR, comme on dit en anglais. (Quand on met un fort accent sur une unité de temps en anglais, ça veut dire que cette période est très mal allée.) La faute est entièrement à moi, mais ça touche sur la pire chose sur ce blog, et son écrivain.
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0
Je vous ai dit il y a une semaine qu’un projet approche, pour lequel je vais conduire à Los Angeles seul avec une femme mariée. Qui ne me connaît pas du tout. Et que ça fait peur, car aux États-Unis juste les apparences de ça suscitent des soupçons. Aux coulisses du blog, j’ai demandé à une belle vingtaine de personnes, à moitié américains, à moitié français, si je devais faire mes excuses et annuler. Les réponses étaient presque toutes prévisibles, au moins pour moi, car je vois très clairement les différences — les américains m’ont tous dit d’annuler, les français de ne pas m’inquiéter.
J’ai enfin pris une décision, de garder le rendez-vous — qui ne l’est pas, pour être clair. (Je suis ce que je suis, et ça ne va pas changer, malheureusement, alors les commentaires réservés continueront.) Ce que j’ai enfin décidé, c’est que je devais découvrir la vérité pour moi-même. Bien sûr, aucune personne n’est représentative de tout un pays, mais si mes amis ont raison, il faudrait être le cas que ça passe sans problème.
Mais j’ai aussi décidé que tout devait être aussi professionnel que n’importe quel taxi. J’ai donc dû résoudre deux problèmes avant jeudi. Le premier était la faute d’une bouteille de pesticide que j’ai achetée la nuit où ma voiture est tombée en panne. Je ne l’ai pas mentionné à l’époque, mais l’une des bouteilles a eu une fuite. Les contenus ne sont pas toxiques du tout pour les êtres humains (pour les mouches non plus, mais laisser tomber). Mais en résultat, l’intérieur de ma voiture sent le sapin — très littéralement — depuis un mois. J’ai acheté un désodorisant hier matin pour le résoudre. Ça a bien marché. Super.
L’autre problème, c’est que je conduis une SUV. (Merci de ne rien dire à Mme Hidalgo.) J’ai la mauvaise habitude d’utiliser le coffre comme si c’est de l’espace de stockage. Cependant, on peut tout voir de l’intérieur. J’ai donc décidé de vider le coffre. Et c’était ici où j’ai fait la boulette de l’année. Je ne sais toujours pas comment je l’ai réussi, mais en jetant certaines choses gardées dans le coffre, j’ai perdu la clé de la voiture. La Fille et moi avons fouillé chaque centimètre de la voiture, j’ai vérifié la poubelle, mais la clé a disparu sans laisser de trace.
Il est impossible de faire comme moi, et tant mieux pour le reste du monde. C’est un don, je vous dis. Évidemment, j’ai une autre clé. Mais il serait de la folie de ne pas en acheter une nouvelle. Et ça va me coûter cher.
Ce que je sais avec certitude, c’est que rien ne me serait arrivé sans mon attitude perfectionniste. Rien dans le coffre n’aurait offensé qui que ce soit. Je voulais que personne ne puisse se plaindre de moi. Et maintenant, la seule personne qui va se plaindre de moi, c’est moi.
Le gros-titre vous a déjà tout dit, alors pas besoin de rien cacher. Ayant commencé le livre lundi soir, j’ai tout de suite su que je voulais inviter Mme K pour parler de son livre, ce que j’ai fait mardi après-midi. J’allais garder mon article pour la semaine prochaine si elle n’était pas disponible cette semaine, mais elle m’a vite répondu, alors nous voilà. Vous pouvez commander PluriElles en ligne chez la FNAC, sur Amazon.fr, ou chez Cultura. (Des liens non-affiliés.)
Mais voudriez-vous me rendre hyper-jaloux ? Allez dans votre librairie, achetez un exemplaire, puis postez un selfie avec une légende telle que « Acheté au coin de la rue sans frais d’importation…gnagna, Justin ! » Des points bonus s’il y a un Carrefour en arrière-plan. ([Nous comptons sur vous, les amis ! — La Fille et M. Descarottes])
Beaucoup d’entre vous connaissent la blogueuse Angélique Kearsley et son association Les Crins du Barde. J’ai reçu un magnifique cadeau d’elle ce week-end, un de ses fameux carnets, avec une dédicace spéciale. Vous pouvez en commander un sur Amazon.fr ; voici des photos :
Au fait, Spotify a commencé à demander s’il y a des messages commerciaux dans les épisodes des podcasts. C’est nouveau à partir de cette semaine. Cette fois, j’ai dit non car rien n’est payé — par choix de ma part, afin de garder mon indépendance. Mais peut-être que j’ai tort, car il y a des annonces d’où acheter PluriElles. Vos avis sont les bienvenus
On a parlé de Véronique Sanson ce week-end sans mentionner que sa chanson pour Taratata était « Bernard’s Song », sortie en 1977. Je ne savais pas qu’il y avait un Bernard réel derrière la chanson. Selon Éric Jean-Jean de RTL, c’était son producteur Bernard Saint-Paul.
J’entends parler qu’il y avait un match de football américain hier, une sorte de Superbe Bol. Je n’ai rien vu. Mais j’ai vu cet article (en anglais) du journal de Kansas City sur une fête où leurs fans ont été exclus afin de ne pas déranger les fans de l’équipe de San Francisco, après avoir été invités par l’hôte. Je n’ai plus de mots.
Notre blague est une dictée censée être à Raymond Devos (je n’ai pas trouvé des preuves définitives à cet égard). Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Les gros-titres sont : Bières, Robots, et M. Scott. Ce dernier vient de Star Trek, mais j’ai eu du mal à retrouver les bonnes répliques en français. Si on peut me corriger, je serais reconnaissant !
Sur le blog, il y a aussi Ce qui me dérange, mes pensées sur un sujet sensible auquel on va revenir, Rien que des arnaques, une plainte sur la chute libre en continu de Twitter, et Je redécouvre Véronique Sanson, mon ode à une héroïne du blog dans le cadre de notre projet 30 Ans de Taratata.
On continue maintenant le Projet 30 Ans de Taratata avec Véronique Sanson. Je sais, j’avais dit que j’allais sauter par elle car j’ai déjà écrit un article sur elle il y a longtemps. Mais je l’ai relu et me suis vite dit « Ce n’est vraiment pas à la hauteur de ce que je veux pour ce projet. Surtout car on ne parle pas d’une inconnue, on parle d’un membre de la Trinité. » Je parle ici d’Indochine, Les Rita Mitsouko, et Véronique Sanson.
Mettons donc la scène. Pourquoi une telle estime ? Revenons au début de la meilleure semaine de ma vie, mon premier voyage en France. J’étais dans l’avion avec mon t-shirt préféré et rien à faire pendant 12 heures, alors j’ai commencé à écouter les choix musicaux proposés par Air France. C’était là où j’ai découvert « Chanson sur ma drôle de vie », et je l’ai écoutée en boucle pendant le vol. J’ai dû attendre mon retour aux États-Unis pour commander l’album, parce qu’il ne m’est arrivé dans l’esprit de le chercher chez la FNAC. (J’étais pressé cette semaine-là, et n’ai pas toujours pensé de façon logique.) Depuis ce temps-là, aucune semaine ne passe sans que j’écoute « De l’autre côté de mon rêve », l’album et non pas seulement la chanson de même nom.
Alors quand Nagui a crié « et…Véronique Sanson ! » pour présenter son quatuor, vous pouvez comprendre pourquoi j’ai eu des larmes aux yeux. Au-delà de Catherine Ringer, on parle de la vedette des vedettes à mes yeux.
Véronique Sanson est née en 1949 à Boulogne-Billancourt. Au milieu des années 60, elle commence à travailler chez Pathé-Marconi avec un certain Michel Berger, directeur artistique. Là, elle sort son premier disque 45 tours avec 2 chansons, dont Le printemps est là. C’est un produit de son époque, avec trop d’échos comme était le style partout, mais on reconnaît déjà cette voix. Si elle m’ordonnait de cambrioler une banque, je serais en prison :
En 1972, sous la direction de Michel Berger, elle sort l’album « Amoureuse » avec notamment le tube « Besoin de personne ». Elle est déjà en pleine forme avec cet album ; elle joue du piano ainsi que chante, et la musique est à elle en tant qu’autrice-compositrice. La chanson du titre, Amoureuse aura de nombreuses reprises d’autres artistes, dont celle de Helen Reddy en anglais.
Mais c’est plus tard en 1972, encore une fois aux côtés de Michel Berger, qu’elle livre l’album « De l’autre côté de mon rêve », avec la chanson. Si cette Véronique Sanson m’ordonnait de sauter d’un pont…sachez que je profitais énormément de vous rencontrer tous.
Mais impossible de parler de Véronique Sanson, surtout à cette époque, sans mentionné son mauvais jugement personnel. Quelques mois plus tard, elle quitte Michel Berger et la France de façon nulle. Que l’on souhaite mettre un terme à une relation, je comprends, mais mentir que l’on va aller faire des courses, pour prendre un avion à travers l’Atlantique en secret, ça je ne comprends pas. On prend un vol à travers l’Atlantique en secret pour aller voir un concert en le cachant de sa famille et son ex, oui, ça se fait tout le temps. Mais en ce cas, il faut être de retour à temps pour aller chercher sa fille à l’école comme si rien ne s’est passé.
C’est donc comment elle a commencé son expatriation chez moi en se mariant avec le guitariste Stephen Stills, le plus gros con de tous les temps. Véronique Sanson a fait ça pour lui, pourtant il n’a pas fait son tout pour la garder. Con. Pendant les 5 prochaines années, elle vit au Colorado et sort 5 albums, à partir du Maudit, dont la chanson du titre ainsi que On m’attend là-bas expriment ses pensées à propos du malchanceux M. Berger :
Pendant cette période américaine, elle produit de nombreuses chansons en anglais qui montrent un niveau complètement indiscernable d’une native. « When We’re Together », une chanson qui parle clairement de Berger, pourrait se faire passer pour Carly Simon. Je n’aurais aucune idée que la chanteuse est française si on ne me l’avait pas déjà dit :
Pour être clair, ce ne sont pas mes chansons préférées de sa part. Mais cette partie de son œuvre me montre que ses compétences en tant que chanteuse en français doivent être à la hauteur que je pensais. Si elle a ce niveau de talent dans une deuxième langue, elle doit être également bonne dans sa première.
En 1981, elle enregistre l’album « Laisse-la vivre », son dernier aux États-Unis mais tout en français. Elle l’a toujours, mais l’espace entre ses albums deviendra de plus en plus long.
En 1988, elle sort l’album « Moi le venin », où Michel Berger retourne pour l’aider à produire la chanson « Allah », ce qui fera des problèmes pour elle après l’affaire Rushdie. Je n’y crois pas — non, pas la chanson sur Allah, que Michel Berger travaillerait à nouveau avec elle. Puis elle m’offre le choix de sauter d’un pont, et tout à coup, je suis prêt à croire à quel qu’elle en veuille.
En 1992, elle est de retour avec « Sans regrets », un album plutôt trop électrique pour mes goûts car les guitares interfèrent trop avec la voix. « Rien que de l’eau » en est typique. Je préfère de loin la chanson du titre :
En 1998, elle enregistre l’album « Indestructible », dont la chanson « Je me suis tellement manquée » est un superb retour en forme. La chanson du titre est aussi bonne. Pendant ce temps-là, elle montre encore son mauvais jugement en se mariant avec Pierre Palmade, duquel le truc le plus gentil que je puisse faire est de ne rien dire.
On va finir en 2004 avec son album « Longue Distance », non pas à cause d’une baisse de qualité depuis ce temps mais parce qu’elle continue de sortir plus d’œuvres dans le même style et à ce point, on sait exactement ce qu’elle est, une des plus grandes chanteuses de tous les temps dans n’importe quelle langue. La chanson du titre n’a même pas été l’un des singles de l’album, mais on l’écoute pendant 3 secondes et on sait déjà que c’est Véronique Sanson, pas personne d’autre :
Si vous ne l’avez pas déjà deviné, il n’y a qu’une note possible :
Ma note : JE PRENDS L’AVION.
En fait, à cause du titre de son tour actuel, « Hasta luego », ce qui veut dire « à plus tard » en espagnol, j’y ai sérieusement pensé. Mais je me suis fait une promesse que la fois pour Indochine serait la seule telle folie. Alors il me faudra contenter de l’intégrale et savoir qu’une belle partie du Coup de Foudre s’appelle Véronique Sanson.
Ce soir, je suis revenu vers la série Astrid et Raphaëlle, cette fois avec l’épisode Le paradoxe de Fermi. Le titre fait référence à une théorie du physicien Enrico Fermi : il y a plein de planètes, cependant aucune preuve de vie intelligente ailleurs. ([Pourtant, c’est simple — les espèces intelligentes savent mieux que de s’atterrir près d’un si gros con que Justin. — Mon ex])
On commence dans un labo quelque part à Paris. Une femme est poursuivie par un vigile. Elle disparaît mais le vigile trouve un cadavre :
Astrid et Raphaëlle viennent sur scène, mais ne trouvent rien, sauf pour le couteau du tueur, déjà récupéré par d’autres enquêteurs. Elles partent — mais tout à coup, la femme disparue réapparaît devant leur voiture !
La femme, une Sophie Lenoir, est placée sous garde à vue, mais ne parle pas et est presque catatonique. Sa mère visite la gendarmerie, mais ne peut pas aider à interroger sa fille.
Raphaëlle cherche Astrid aux archives, car elle n’était pas à la gendarmerie quand la mère est arrivée. Il s’avère que depuis le dernier épisode, Astrid a changé le jour de la semaine où elle fait ses courses. Raphaëlle suggère que c’est pour voir le neveu de M. Tanaka, l’ancien épicier, mais Astrid ne comprend pas la suggestion que c’est à cause d’un coup de cœur. Pauvre Astrid. Même moi, j’ai compris.
Sophie revient dans un état plus normal, et Raphaëlle lui parle. Sophie raconte avoir vu des flashs de lumière, et jure que c’est comme la fois où elle a été kidnappé par un OVNI. Ça n’est pas la défense juridique la plus efficace, mais Astrid veut l’explorer et Raphaëlle doit avouer que Sophie semble être complètement sincère.
Astrid prépare un autre organigramme pour faire un appel téléphonique. Elle veut parler au docteur qui a examiné le cadavre.
Les deux enquêtrices apprennent que Sophie fait partie d’un groupe pour soutenir les victimes des OVNIs, alors elles vont à leur réunion. Tout ce qu’elles apprennent est que ce groupe est plein de gens sincères, et qu’ils savent très bien que personne ne les prend au sérieux.
Astried va à la réunion de son groupe de soutien aux autistes. Là, elle dit qu’il lui semble qu’elle vient d’une autre planète que Raphaëlle. Super écriture, les dialoguistes !
Raphaëlle, qui n’aurait dû jamais recommencer son ancienne relation avec le procureur Mathias la met un terme. Bravo, il fallait faire ça depuis longtemps !
Astrid et Raphaëlle commencent à croire que quelque chose n’est pas allé au labo au-delà du meurtre, car beaucoup de monde a vu des flashs et a des coups de soleil sans être sortis. Elles rendent visite à un gérant, et apprennent que Sophie avait vu un facteur juste avant le meurtre, quelque chose d’inconnu pour eux avant.
Astrid a l’idée de parler à un psychologue qui est spécialiste en les affaires des OVNIs. Il insiste sur ses méthodes scientifiques et dit que souvent, c’est vraiment une façon d’exprimer un autre traumatisme. Peut-être qu’il peut hypnotiser Sophie et apprendre plus sur le traumatisme.
Mais elle crie et hurle pendant la séance — en serbe, une langue qu’elle est certaine qu’elle ne parle pas !
Cette fois, la mère de Sophie avoue qu’elle est adoptée, ayant été orpheline à Srebrenica. Tout commence à tomber en place. Le facteur, M. Charpentier, a-t-il un lien avec ça ?
Mathias, rarement utile, découvre qu’en fait, le facteur a francisé son nom, et était anciennement M. Medic, soldat serbe à…vous n’allez jamais deviner où…Srebrenica. Ouaip.
Sophie avoue enfin l’avoir reconnu, qu’il l’avait poursuivie, et que le scientifique mort a été tué par le facteur en la défendant. Elle s’était cachée sous-sol, ce qui avait déclenché les flashs, car avait touché des fils.
Mais Astrid se sent coupable (en est-elle capable ?) pour avoir demandé trop de choses personnelles à Raphaëlle et lui dit ce qu’elle a appris dans son groupe, qu’un ami n’est pas obligé de tout dire.
Cet épisode m’a un peu inquiété. J’adore les X-Files, mais je ne veux pas qu’Astrid et Raphaëlle devienne ce genre de série. Heureusement, il n’y a pas eu de vrais extra-terrestres après tout. En même temps, alors qu’Astrid n’a pas fait une blague avec sa réplique sur une autre planète, il doit y avoir des limites avec les clins d’œil dans ses paroles. Si elle comprend vraiment les jeux de mots comme ça, peut-être qu’elle n’est pas ce que l’on en pense ? Je ne le crois pas, car il y a trop de symptômes physiques, mais je serais déçu si ça arrivait. Peu importe, ce duo a toujours mon attention !
L’autrice de ce livre est bien connue aux lecteurs d’Un Coup de Foudre, mais peut-être pas sous ce nom. Vous la connaissez plutôt sous le nom de plume par lequel elle apparaît dans chaque « C’est le 1er ». En décembre 2022, je vous l’ai présentée comme ça :
Je me suis exprimé de façon réservée. Ce que je voulais vraiment dire était plutôt genre « Laissez tout tomber et allez la lire maintenant. » Si vous lisez le commentaire que j’ai laissé au premier lien, vous aurez une meilleure idée de ce que je pensais à l’époque. Dans ce contexte, c’est-à-dire que bien que je n’aie pas lu de la fiction de sa part, dès que j’ai vu son post pour annoncer ce recueil de nouvelles, j’ai tout de suite su que j’ai dû le lire.
Avant de continuer, je vais vous donner ma conclusion, afin qu’il n’y ait pas de confusion sur mon avis. PluriElles est une œuvre puissante ; les pages se tournent vite, et vous allez vous arracher du livre avant sa fin avec difficulté. La plupart des nouvelles ne font que 10 pages, mais vous serez en haleine à chaque fois. Chaque nouvelle est une véritable montagne russe de sentiments, une étude psychologique de quelqu’une que nous ne connaissons que brièvement, pourtant quelqu’une dont son sort devient la chose la plus importante au monde pour la durée. PluriElles porte ma plus haute recommandation.
J’ai écrit et réécrit ce qui suit plusieurs fois. Si vous avez suivi ce blog depuis un moment, il y a un sens où je suis la mauvaise personne pour critiquer ce livre. Je lis une phrase comme :
Tu te rappelles la remarque qu’une ancienne DRH t’avait faite à propos de ta couleur de peau « pas assez matifiée »,
Entretien d’embauche, p. 105
et c’est dans une langue plutôt extra-terrestre qu’étrangère. (Je ne considère pas le français comme étant étranger pour moi.) J’ai trouvé une explication de « peau matifiée », mais ça ne m’aurait rien signifié en anglais non plus. Il y a une autre nouvelle, « TIC-TAC », une exploration des pensées, seconde par seconde, de quelqu’une qui vient de prendre un test de grossesse, et…j’ai une fille, mais tout ce que je peux dire autrement ne servirait que pour me faire gêner. Cette nouvelle est un point fort dans un livre qui en est rempli — on vit l’expérience de la narratrice — mais disons simplement que pour en parler, je dois m’enlever de la critique.
Alors, reprenons notre histoire. Ce soir-même, à 2h du matin — je ne plaisante même pas un peu — j’ai lu la première nouvelle, « Toi et moi ». C’est une série de lettres entre une femme et elle-même 40 ans plus tard. Le « comment » n’est pas le sujet de l’histoire. C’est plutôt l’histoire de quelqu’un qui a sauté la frontière mexicaine (un sujet dont j’ai des opinions) pour travailler aux États-Unis, mais qui a perdu ses boulots à cause du Covid (ça se déroule en 2020). Pour un instant, c’était la colère plutôt que la curiosité qui m’a propulsé à travers les pages. Aux mains d’une autrice américaine, cette nouvelle aurait été complètement prévisible et terminée d’autre façon.
Je ne vais pas vous dire comment je me suis trompé, car je veux que vous lisiez ce livre vous-même. (En fait, je veux être clair — si vous ne m’écoutez qu’une fois à propos des livres, je veux que ce soit celui-ci.) Mais j’ai trouvé ce qui est arrivé à la fin juste, pas du tout de la polémique facile que je craignais, et le plus important, à la hauteur de l’empathie et la sensibilité auxquelles je m’attends déjà sur son blog.
Une fois au-delà de moi et des miens, c’est une nouvelle après une autre des vies des femmes, en général dans leurs vingtaine ou trentaine. La diversité des voix coupe le souffle — il y a des histoire dans toutes les trois personnes. Ici, les souvenirs d’une boîte à musique qui nous parle de sa propriétaire ; là, le journal d’une fille à partir de ses 10 ans jusqu’à ses 34 ans. Céline Kokkomäki glisse entre ces voix, entre des personnages si différents, avec une fluidité qui nous fait oublier à chaque fois qu’il y a deux pages, on parlait de tout autre vie. C’est impressionnant.
Je veux attirer votre attention à deux nouvelles en particulier parmi les 13 du livre. « Retrouver le fil » est l’histoire d’une femme qui n’a jamais compris pourquoi toutes ses aînées tricotaient. La plupart des nouvelles dans ce recueil ont des fins « plus sage mais plus triste ». Celle-ci se distingue par un moment où l’éclaircissement de la protagoniste nous mène à une fin heureuse. « La créole dorée » est la chose la plus proche d’un conte de surnaturel, et m’a donné une frisson digne d’Edgar Allan Poe à sa fin.
Le livre finit avec « La Rupture », dur à lire parce que le lecteur voit la vérité avant la protagoniste, pourtant on ne peut que suivre ses expériences même en sachant comment elles finiront. Mais la fin de l’histoire, donc du livre, est un moment où on peut ressentir de la fierté pour notre héroïne, une note d’espoir. J’attends avec impatience quel que Céline Kokkomäki sorte prochainement.
L’année dernière, j’ai écrit sur une explosion d’arnaques liées à une entreprise, Shein, qui gâchait vraiment mon expérience d’Instagram. Je ne sais pas ce qui soit arrivé chez Zuckerberg, mais je remarque que la quantité d’escrocs liés à Shein a bien baissé. Mais de plus en plus, il me semble que toutes mes autres interactions sur les réseaux sociaux sont fausses. Je n’ai pas dit « sur Internet » — je parle ici des sites comme Instagram, Twitter, et un peu Facebook. Les blogueurs sont largement réels, enfin, je crois. ([Pas lui. Quand est-ce qu’il va vous avouer qu’il est un romancier échoué de 27 ans qui habite à Mont-de-Marsan et fait semblant d’être en Californie ? Seulement les photos de votre cobaye préféré sont réelles, les amis. — M. Descarottes])
Je me demande en ce moment que faire avec Twitter (je m’en fiche du changement de nom). Ce n’est pas juste que ça ne vaut plus la peine d’y poster des liens vers le blog, mais c’est vrai :
J’aimerais bien savoir ce qui se passe chez Facebook, car je poste mes articles où mes amis en France qui ne sont pas abonnés peuvent les voir tous les matins ! (Mes soirs, mais vous comprenez.) Mais Twitter, c’est mort. Je sais que je ne vais pas le quitter, car j’ai plusieurs chères connaissances là-bas que je n’ai nulle part ailleurs. Mais il est plus souvent le cas maintenant que mes tweets reçoivent seulement une réaction chacun. Peut-être que vous devinerez le problème :
Oui, chacune de ces captures d’écran ne montre que des escrocs. Et largement pour des « services » sexuels, ce qui me gêne énormément. Ce n’est pas moi qui les ai mis sur mes posts, mais je n’approuve pas. Tout ce que je publie est « tous publics » ; qu’un inconnu puisse changer cela sans mon consentement, ça pique.
Même chose avec les « abonnés ». Voici un récent :
Qu’est-ce que ça dit sous le bouton pour la suivre en retour ? « Rejoins mes contenus gratuits ». Oui, sur le profil il y a un lien au-dessous. Pas besoin d’être Einstein pour savoir que c’est un lien vers des contenus pornographiques. (Non, je ne les ai pas vérifiés moi-même. J’étais responsable de la sécurité pour un programme informatique gouvernemental qui coûtait 15M $ par an pendant les années 00. Pensez-vous que je vais cliquer juste n’importe où ? [Ouais. — M. Descarottes])
Ce serait supportable s’il restait des preuves que des gens comme les « bons œufs » voyaient aussi mes tweets. Mais je ne vois plus presqu’aucune preuve de ça. Si on a de meilleures idées pour faire connaître le blog que les réseaux sociaux, je suis preneur !
Je vous ai promis une autre histoire de dépannage, et nous voilà. En écrivant sur le jour où ma voiture est tombée en panne il y a des semaines, j’ai appris que ça veut dire tout autre chose au Québec.
Voici un dépanneur à la québécoise :
Couche-Tard, Photo par Patrick Le Barbenchon, CC BY-SA 3.0
Bienvenue chez Couche-Tard, où on peut acheter des sodas, des bonbons, et toutes les autres choses auxquels on s’attend chez les épiceries. Il n’y a pas de remorquage disponible chez eux ; pourtant, selon l’Office québécois de la langue française, le mot privilégié pour ce genre de magasin est « dépanneur ».
Je sais, au-delà des québécois qui liront cet article, vous êtes tous tout à coup curieux — comment appelle-t-on le type qui conduit la dépanneuse s’il n’est pas le dépanneur ? C’est le conducteur de dépanneuse. Très logiques, ces québécois.
Mais il s’avère qu’il y a d’autres significations pour ce mot au Canada, qui traitent d’expressions en anglais que je ne connais pas. Ils disent dépanneur aussi pour quelque chose en anglais dit « fault finder« . Selon leur dictionnaire, c’est quelqu’un qui règle des problèmes dans les chaînes de télévision (aux studios, j’imagine). Peut-être que c’est l’argot des employés dans ce secteur. Mais il me semble que c’est de l’anglais canadien ou britannique quand on parle de ce domaine. Tout ce qu’il me dit est une personne qui cherche des fautes chez les autres afin de s’en plaindre, et j’ai vite trouvé un dictionnaire d’anglais qui est d’accord. ([Je ne le suis pas, les ennemis. Ses fautes sont si nombreuses qu’il n’y a pas besoin de les chercher. — Mon ex])
Il y a d’autres dépanneurs inattendus au nord-est de chez moi. Qu’est-ce que c’est qu’un dépanneur-biériste ?
Je ne sais pas vous, mais je ne me souciais pas de faire cette distinction. Un dépanneur ordinaire vend plutôt de la Molson ou de la Budweiser, je suppose.
C’est plutôt logique aussi. Les dépanneurs-biéristes en ont certainement besoin. Pourtant, encore une fois, j’ai eu du mal à trouver le bon mot en français hexagonal, parce qu’ici, les canadiens parlent anglais plutôt comme moi, pas les britanniques. Le dictionnaire de l’Office québécois rend l’anglais comme « dolly », le même mot que chez moi. Mon dictionnaire Oxford ne sait pas quel est un « dolly ». L’autre mot que l’on utilise, « hand truck » ? Pas non plus. Il s’avère que les britanniques — donc mon dictionnaire aussi — disent « pushcart ». Je dois vous dire, si j’ai entendu un britannique dire ça, j’aurais cru qu’il voulait dire le chariot d’un supermarché, pas le truc en haut. Ils parlent tout autre langue au Royaume-Uni, vous savez.
Un dépanneur de plus ? Au Québec, les mécaniciens qui travaillent pour les chemins de fer sont des « visiteurs dépanneurs ». Je trouve ça un peu mystérieux. Ils visitent qui ou quoi exactement ? En France, on dit plutôt « dépanneurs de maintenance » (lien vers la SNCF) pour le même poste.
La France et le Québec, deux pays séparés par une langue en commun. (Remarque sur les États-Unis et le Royaume-Uni souvent attribué soit à Oscar Wilde soit à George Bernard Shaw.)
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine en quête. Peut-être même une Dragon Quête.
À la fin du dernier épisode de la balado, j’ai dit « et avec ça, on se lance dans la Semaine annuelle de la dépression nerveuse ». Si vous pensez que je plaisante, à la même époque l’année dernière, j’ai écrit « L’histoire d’un bol » et « L’impôt célibataire », et tout ce qui a changé depuis la dernière fois c’est que des Français m’ont fait honte d’être célibataire.
Alors, commençons avec quelque chose de ridicule, que j’ai mentionné hier. Je viens d’aller à Los Angeles ; j’y reviendrai dans une semaine. La deuxième fois, je n’aurai pas d’opportunité pour passer par chez Surfas, alors les deux trajets ne sont vraiment pas liés, mais c’est quand même presque le même voyage. Ce sera pour un projet du blog, mais laissez tomber pour l’instant.
Je ne veux pas divulgâcher ce que j’y ferai, mais il y a un mois, j’avais demandé dans le forum privé de mon association d’expatriés si on aimerait faire du covoiturage ce jour-là. Je n’ai reçu aucune réponse. Jusqu’à vendredi dernier, quand on m’a enfin écrit pour me dire qu’elle m’accompagnerait.
Il faut comprendre que les trajets vers LA sont LONGS. Il faut en général 2 heures pour conduire de chez moi jusqu’à notre destination, à cause du traffic — le retour prendra la moitié du temps car il sera tard. Vu où j’habite et où habite l’autre personne, il est bien plus logique que je conduis ; sinon, il faudrait qu’elle retrace une belle distance de 20 km très tard, et je ne veux faire de tels problèmes pour personne.
Pourtant, nous ne nous sommes jamais rencontrés. C’est une chose d’embaucher un chauffeur de taxi, ou Uber, ou quel que ce soit — on s’attend à ce que les entreprises auront vérifié l’histoire du chauffeur à l’avance. Mais je suis un parfait inconnu,
Revenons à une autre situation récente. En décembre, six mères d’amies de ma fille ont laissé leurs filles sous ma garde tout seul. Pendant des années, j’ai entendu encore et encore, « Un homme célibataire qui essaye d’arranger un rendez-vous pour que son enfant puisse jouer avec un ami, c’est un type qui veut draguer les mères pendant qu’ils soient ensemble. » Une mère, la seule qui a acceptée un rendez-vous dans un parc pour nos filles pendant les 5 dernières années, m’a dit exactement ça quand nous nous sommes enfin rencontrés. Cette même mère m’a laissé prendre sa fille à Disneyland avec ma fille, juste nous trois sans elle, une autre fois. Alors, on ne peut pas faire confiance à un homme inconnu avec des enfants présents, mais on peut lui confier tout seul la garde des mêmes enfants ?
Vous voyez où je vais. Mais étant un homme, je ne peux pas expliquer mes sentiments sans l’aide des films de gangsters, alors écoutons la question d’Eliot Ness dans Les Incorruptibles : « Où est-ce qu’on a pêché leurs flics dans cette ville ?…Vous avez tourné le dos à un homme que vous savez armé ? »
Ce qui arrive dans cette scène est que le policier Malone vient de remarquer que Ness portait un revolver sous sa veste. Mais dès que Ness dit — sans montrer aucune insigne — qu’il s’intègre à la brigade financière, Malone lui fout la paix. Alors qu’est-ce que Ness demande vraiment ? Au fond, ce n’est pas une question sur son fusil. C’est plutôt qu’en raison de ce qu’il est — policier — on s’attendrait à seulement un comportement de Malone : enquêter plus ou même arrêter Ness tout court. Faire autrement est surprenant, même déroutant.
Qu’est-ce que tout ça a à voir avec la Saint-Valentin ? À la fin de l’année dernière, je vous ai parlé de comment presque toutes les rencontres aux États-Unis (enfin, 3/4) sont par le moyen des applis parce que personne ne fait confiance à personne, et que même quand on a déjà vu que je me comporte comme un gentilhomme, mon caractère a été vite remis en question pour une simple demande d’ajoute. Si être homme célibataire est la même chose qu’être l’homme avec le fusil sous la veste… quelque chose ne va pas, et je ne l’aime pas du tout.