Portrait de Molière par Nicolas Mignard

La vérité sur le « fake news »

Il y a deux semaines, la blogueuse LadyButterfly m’a présenté le site Bescherelle Ta Mère, un nom bien calculé à attirer quelqu’un avec mes obsessions. Malheureusement, il n’est plus souvent mis à jour. Mais en le visitant, j’ai découvert un article qui m’a fait chaud au cœur — au début :

Capture d’écran

Je n’ai pas remarqué la date, et je croyais que c’était une nouvelle récente. J’ai eu tort de deux façons. Évidemment, la date en est une. Mais l’autre, c’était que l’article a dit :

Le mot officiel est donc « intox ». Il a été choisi parmi une liste comprenant « infausse, infaux, craque et fallace ».

Texte en gras dans l’original

J’étais ravi de voir ça, car j’avais entendu parler de « infox », et ça m’a énervé. Mais il s’est avéré que l’article avait tort — en fait, « infox » était la recommendation de la Commission d’enrichissement de la langue française, ou plus précisément, une de plusieurs :

Lorsqu’il s’agit de désigner une information mensongère ou délibérément biaisée, répandue par exemple pour favoriser un parti politique au détriment d’un autre, pour entacher la réputation d’une personnalité ou d’une entreprise, ou encore pour contredire une vérité scientifique établie, on pourra recourir au terme « information fallacieuse », ou au néologisme « infox », forgé à partir des mots « information » et « intoxication ».
On pourra aussi, notamment dans un cadre juridique, utiliser les termes figurant dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse ainsi que dans le code électoral, le code pénal ou le code monétaire et financier : « nouvelle fausse », « fausse nouvelle », « information fausse » ou « fausse information ».

Légifrance

« Mais Justin », vous me dites, « c’est quoi la différence ? Vous vous souciez d’une lettre dans un néologisme ? Êtes-vous dingue ? »

Il s’avère qu’il y avait déjà un « intox », depuis les années 70. Le Trésor de la Langue française nous l’explique :

[B.2.] Campagne systématique de mise en condition de l’opinion publique par la diffusion d’opinions tantôt vraies tantôt fausses et plus ou moins alarmantes (d’apr. Gilb. 1971).

Intox

C’est proche, mais je peux me mettre d’accord avec l’idée qu’un mot différent est mérité. Mais quant à « forgé à partir des mots « information » et « intoxication » » : je ne le crois pas du tout. En 2020, quand j’ai entendu le mot pour la première fois, toutes les explications que j’ai lues à l’époque disaient que c’était en fait forgé en suivant les gauchistes américains qui appellent notre chaîne « Fox News » plutôt « Faux News ». Je veux éviter la polémique sur pourquoi parce qu’elle n’est vraiment pas mon objectif ici.

Pourtant, je le trouve bizarre, que les Français aient des avis forts sur une chaîne qu’ils n’ont jamais regardée. Imaginez que vous entendiez parler un jour que les droitiers américains avaient commencé à appeler le New York Times « Libé » comme insulte. Est-ce que vous diriez « Hmm, peut-être, il faut le prendre au sérieux et considérer s’ils ont raison ? » Ben non ! Vous diriez plutôt « Ils n’ont aucune idée de quoi ils parlent ; ils ne l’ont jamais lu ! ». Et vous auriez raison.

Ce n’est pas à dire qu’il faudrait tout à coup leur faire confiance. Mais si je vous disais qu’en 2003, l’ancien chef de CNN a avoué que pendant les douze ans précédents, sa chaîne a laissé le gouvernement de Saddam Hussein contrôler leur bureau en Irak ? Ou qu’en 2019, presque tous les journaux et les chaînes de télé croyaient au faux crime haineux contre (par, vraiment) l’acteur Jussie Smollett ? Tout comme Le Monde et l’AFP, en fait. Est-ce que des choses sont arrivées après ces échecs qui auraient mieux allées si les responsables avaient rapporté la vérité, été plus sceptiques ? Il me semble que oui. Mais je le trouverais également bizarre si on disait « bon, appelez ça donc CNNfo ». Il serait plus logique de trouver une référence que vous connaissez tous.

Il s’avère que toute la France s’en fiche de la recommandation du gouvernement. J’ai cherché Google Trends pour 4 choix :

Seulement 1 des 4 est vraiment populaire pendant les 5 dernières années :

Et ce résultat tient où que l’on soit en France :

Pourtant, vous arrivez à me rendre fou à nouveau avec ça ! Le mot le moins populaire, « fausses nouvelles », est le seul choix qui n’est ni anglicisme ni néologisme !

Je ne gagnerai jamais cette bataille. Mais je vous adore quand même. Ne changez jamais.

Langue de Molière vous reverrez après le Nouvel An avec du franc-parler sur le mot franc.

Outsphere 2, Le Réveil

On est de retour à l’univers de mon auteur préféré, Guy-Roger Duvert, dans le cadre de son roman Outsphere. Comme indique la couverture, on parle cette fois d’Outsphere 2 : Le Réveil.

J’ai pris beaucoup trop de temps pour lire ce livre, mais la faute est à moi, pas M. Duvert. Le vocabulaire a exigé encore plus d’efforts à ma part pour fouiller dans les dictionnaires bilingues. Ça ne devrait pas être un problème pour la grande majorité d’entre vous. D’autre part, j’ai lu 1 689 pages dans ma quatrième langue cette année. Je m’en veux à moi un peu moins tout à coup.

On replonge dans un atmosphère « dernier espoir de l’humanité », et si vous vous souvenez du premier tome, où les génies qui savent qu’ils sont tout ce qui reste de l’espèce ont quand même réussi à gaspiller une belle partie de leurs atouts en se battant les uns contre les autres… disons que la crise continue.

Mais cette fois, les problèmes ne naissent pas seulement de la bêtise humaine. Le réveil duquel le titre parle est celui des Ashkaniens, une espèce extra-terrestre dont les colons n’ont trouvé que les ruines de leurs installations pendant le premier tome. On a vu des preuves que quelques Ashkaniens restaient dans un état de sommeil cryogénique, mais il n’était pas clair s’ils étaient toujours vivants. Ils le sont.

Comme dans le premier tome, ce livre se traite d’autres choses que juste les vies de personnages fictifs sur une autre planète. M. Divert aborde des thèmes de la différence entre le communisme et la démocratie, et bien qu’il n’utilise pas ces mots, la théorie du Grand filtre — pourquoi on n’a pas rencontré d’autres espèces avec des milliards de planètes ? Il y a un moment où un militaire récapitule le slogan de Marx — « chacun subvenait aux besoins de la colonie selon ses capacités et recevait en fonction de ses propres besoins » — et c’est intéressant à penser aux similarités entre le communisme et la hiérarchie militaire. Mais enfin, c’est des militaires qui soutiennent la transition à un gouvernement civil.

Aussi comme dans d’autres livres de M. Duvert, il y a des clins d’œil vers les faits divers de nos jours. Il y a un moment où un soldat souhaite avoir des piles au lithium pour qu’ils explosent !

Beaucoup du livre parle des efforts des colons pour développer la colonie. Ils perdent de plus en plus des atouts apportés de la Terre, et j’ai l’impression que leurs descendants vont vivre une vie beaucoup moins technologique que même la nôtre. On n’entend pas parler de comment ils vont éduquer les prochaines générations à faire les mêmes métiers d’ingénieur, de physicien, ou de médecin, pour choisir trois rôles très importants dans les deux premiers tomes. Mais peut-être que la bonne réponse est la même qu’à la question de La Fille quand elle avait 5 ans : « Pourquoi est-ce que personne ne va aux toilettes à la télé ? » Parce que ces détails ne servent qu’à retarder l’histoire qui nous intéresse, ma petite.

Je pourrais aussi dire que le livre fournit une bonne raison pour mettre la question à côté tout court, mais en dire plus serait à jouer au divulgâcheur.

Juste un mot de plus sur l’intrigue. Si vous avez lu d’autres livres de M. Duvert, vous savez qu’il va y avoir des pertes. Beaucoup de monde qui ont survécu le premier livre ne voient pas la fin de celui-ci. Il y en a certains où j’aurais aimé voir un sort plus heureux, mais ce n’est pas la vraie vie et ces livres sont écrits pour des adultes. pas des enfants. Il faut accepter que comme a dit Clint Eastwood dans Impitoyable, « Le mérite n’a rien à voir là-dedans ».

Je vais prendre une petite pause avant de lire Outsphere 3 (déjà acheté, évidemment), parce que mon prochain livre, beaucoup plus court, est une œuvre non-fictive, récemment sortie et tellement liée à l’actualité. Si vous suiviez mon Twitter en novembre, vous savez déjà quel livre et par qui. Mais peut-être que c’est M. Duvert lui-même qui va me faire tarder à reprendre Outsphere, car en recherchant des titres sur Amazon.fr… Nid d’Espions à Canton ? Les Chroniques Occultes sont de retour ? (On le savait de l’interview, mais pas la bonne date.) Comme on dit en anglais, taisez-vous et prenez mon argent ! (En fait, il l’a maintenant pour ce livre !)

Saison 2, Épisode 40 — Noël parmi les cactus

D’abord, je sais à quoi vous vous attendiez. C’est Noël, et chez moi, ça veut dire bûche (voilà, voilà, et voilà). Puisqu’aujourd’hui est le jour de la balado, je vous donnerez un aperçu. Ou deux. Mais vous pouvez voir que quelque chose n’est pas allé avec la mousse blanc au milieu. Je crois que je sais comment le régler, alors je vais la refaire avant de vous donner la recette, mais les supermarchés seront fermés jusqu’à mardi.

Je l’appelle ma bûche « République », et c’est mon rêve depuis 2022. J’ai raté l’idée cette année, mais j’ai réussi à en sauver une partie (le deuxième lien du trio en haut), et celle-là est devenue la graine d’où cette bûche a poussé. Je suis si, SI proche maintenant !

Vous comprenez que je fais tout ça car il était une fois, je croyais que c’était tout simplement ce que vous faisiez tous, que vous étiez une nation de CAP Pâtissiers ? Il s’avère que c’est plus exact à dire que vous savez tous quel est bon, mais comme à dit Hitler à la fin d’Il est de retour, je peux travailler avec ça.

J’ai réussi à dépasser mon but pour l’année hier. Merci mille fois à vous tous, même certains desquels je parle à la fin du dernier post de chaque année. Qu’un certain article reste le plus populaire du blog pendant trois ans déjà, oh là là.

Malheureusement, deux mauvaises nouvelles sont arrivées hier. La première, c’est que mon appareil photo — celui que j’ai acheté pour mes recettes — est tombé en panne. J’ai des photos pour la recette, mais je suis déçu. L’autre nouvelle n’est pas à moi. Disons simplement que quelque chose de nul est arrivé à quelqu’un de spécial. Je ne peux pas en dire plus. Mais j’ai le cœur brisé pour cette personne.

On m’a donné un autre compliment hier, tout inattendu. Cette fois, c’était une connaissance de Facebook qui m’a écrit que je devrais recevoir la Légion d’honneur au lieu de Depardieu pour des services à la culture française. Par hasard, on va bientôt parler de monsieur quand même. Mais que l’on dirait une telle chose sur moi, je rougis. C’est en fait un rêve que je me permets de temps en temps, mais je suis tellement loin de la mériter. Publions un livre bien reçu, puis on en parlera à nouveau, hein ?

Encore une fois une perte pour les Chargers, et de la meilleure variété, où ils ont perdu encore une fois au dernier moment ! Quel super cadeau pour Noël ! (Il y a assez d’abonnés récents qu’il me faudra l’expliquer encore une fois.)

Notre blague traite de l’architecture. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Merrrrr…ci, les Postes ?, sur une livraison moins qu’idéale, Compliment, un article inattendu sur un compliment inattendu, Un cactus pour Noël, mes plaintes annuelles sur être seul à la maison pendant les fêtes, et Entre le bœuf et l’âne gris, car je chante un nouveau (pour moi) chant de Noël chaque année.

Si vous aimez cette balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Deezer. J’apprécie aussi les notes et les avis sur ces sites. Et le saviez-vous ? Vous pouvez laisser des commentaires audio sur Spotify for Podcasters, qui abrite la balado. Bonne écoute !

Entre le bœuf et l’âne gris

Il y a une semaine, Laurence Manning a sorti deux vidéos d’un concert de Noël auquel elle a joué. Une des deux chansons était parmi les plus vieux chants de Noël connus en français, « Entre le bœuf et l’âne gris ».

Avant de le regarder, je dois vous dire que j’ai eu un choix entre enregistrer dans un lieu trop bruyant ou un lieu trop réverbérant, et j’ai choisi la deuxième option.

« Mais Justin », vous me dites, « la balado est toujours parfaite à cet égard — sans bruits et sans échos. Qu’est-ce qu’il y a ? » Ce qu’il y en a, c’est que la balado est enregistrée sans vidéo — je m’allonge sur le sol et la moquette s’occupe des échos. Parler en étant allongé sur le ventre, c’est une expérience très désagréable, mais je fais tout et n’importe quoi au nom de perfectionnisme pas cher ! (5 Minutes Avec est enregistré assis devant un ordinateur, au bureau, pas sur le sol.)

Anciennement, j’enregistrais mes chansons dans ma cuisine, mais la cuisine était toujours réverbérante. Mon salon y est connecté, et avec le remplacement récent des fenêtres par le propriétaire, tout l’appartement est maintenant trop réverbérant. J’ai essayé littéralement plus de 100 fois pendant les deux jours précédents, et j’ai fini par enregistrer dans la salle de jeux de l’immeuble. C’était quand même mieux que mon appartement.

Ma chambre a plus ou moins le bon son, mais si vous pensez que j’enregistrerais une telle chanson devant mon lit…. hahahaha, non.

Mais je vais vous dire ce que j’ai essayé de plus. De 22h hier soir jusqu’à 0h30 ce matin, je me suis conduit par ici et par là, partout dans Elbe-en-Irvine, pour essayer de trouver un parc ou quelque part de silencieux. Et je n’ai eu aucune chance. Même à cette heure, les bruits des autoroutes s’entendent partout. J’ai essayé. J’ai vraiment essayé.

Peut-être que vous y trouverez un message sur la vie californienne. Je ne peux pas regarder les étoiles ici parce qu’il y a trop de lumière. Et je ne peux pas trouver un endroit tranquille parce qu’il y a trop de bruits. C’est vraiment à couper le souffle.

Une note sur la chanson. Comme j’ai dit, c’est parmi les plus vieux chants de Noël en français, datant au XVIe siècle. Mais à la fin du XVIIIe siècle, on a ajouté une strophe haineuse au-delà de toute compréhension, au moins à mes oreilles. Évidemment, je ne l’ai pas chantée. Mais je me suis demandé si je devais chanter quelque chose avec de tels liens, surtout vu l’actualité. J’ai finalement décidé que vu que cette strophe n’a pas fait partie du chant original, elle n’est pas une tâche sur ce que j’ai chanté. Et je fais confiance absolue au jugement de Laurence.

J’ai une autre chanson pour vous, mais je ne sais plus où je vais l’enregistrer. Mais j’espère que vous profitez de celle-ci, et je vous souhaite un joyeux Réveillon de Noël. Veuillez m’excuser, il faut que j’aille paniquer sur ma bûche maintenant !

Reconnaissant

J’espérais écrire sur mon prochain livre de Guy-Rogert Duvert aujourd’hui, mais on (tousse, tousse — mes parents — tousse, tousse)* a acheté un nouvel ordinateur et m’a demandé de l’aide pour tout installer. J’y ai passé plusieurs heures en disant des trucs comme « Nan, mais sérieusement, vous ne pouvez pas choisir le bon pays quand il est déjà sélectionné et il ne faut que cliquer « OK » ? » « Oh, mais tu as grandi avec tout ça et c’est tout écrit en grec ! En greeeeeeeec ! » Parmi mes nombreuses plaintes, c’est que beaucoup de monde s’effondrent devant les ordinateurs bien que tout soit écrit dans un anglais pas trop compliqué.

*(Il doit y avoir une façon de faire semblant de tousser en disant la vérité à basse voix. Si je l’ai ratée, dites-le-moi.)

Bon, vous êtes tous excusés. Bill Gates aurait dû penser à traduire ces trucs en français. Je serais certainement plus compréhensif si l’ordinateur parlait en français. J’avoue que j’ai pensé — brièvement, mais j’y ai certainement pensé — à faire une farce en installant un clavier français.

Je sais ce que vous pensez en ce moment. « Justin, c’est pas cool. Les deux ont plus de 77 ans chacun. » Alors je vais vous raconter une histoire 100 % vraie qui m’est venue cet été. Mon père avait en quelque sorte réussi à changer la langue de son navigateur sur son portable en arabe. « Oh, le portable a fait ça tout seul, j’ai rien fait ! » Ouais, ouais, je sais. Je ne peux pas lire arabe et je n’utilise aucun appareil Android non plus — mais je l’ai réglé. Tout ce que j’ai fait était de chercher des captures d’écran en anglais et les suivre jusqu’à ce que j’aie trouvé les bons paramètres. Aucune école ne m’a enseigné ça ! C’était un peu comme la première fois où j’ai commandé des trucs à la FNAC — 3 mois après ma première leçon de français mais on a oublié de me dire que j’étais censé avoir peur.

Mais tout ça n’a rien à voir avec mon sujet du jour, étant juste pourquoi j’ai raté mes plans. Je vais juste vous parler brièvement de ma livraison d’un certain cadeau ce soir. Celui-ci :

Au fait, voici les bonbons dont j’essayais de copier l’apparence et le goût tous les deux. De tous les bonbons industriels, ce sont parmi mes préférés.

Andes Mints, Photo par Evan-Amos, Domaine public

J’ai fait quelque chose qui m’a fait peur. Avant d’y arriver, j’ai envoyé un texto à madame pour vérifier si on était là pour les recevoir. J’aurais préféré l’envoyer à monsieur, mais son numéro n’apparaît pas dans l’annuaire. Si vous avez bien compris mon post d’hier, je voulais éviter un malentendu. Ce serait tout ce dont j’ai besoin ; bienvenue à la paranoïa à la sauce américaine. Pas armoricaine cette fois.

De toute façon, elle me semblait s’être attendu à ce que je fasse une telle chose. G, si tu me lis et je ne le savais pas, bonjour ! Mais elle était ravi de les recevoir, et a répété qu’il me faudrait faire ça professionnellement. Ça me fait chaud au cœur. (Ma colonne vertébrale et la douleur qui m’empêche de dormir rendent cette idée impossible, mais j’aime l’entendre.) Vraiment, je ne pourrais pas demander un meilleur cadeau.

Un cactus pour Noël

J’étais chez mon resto mexicain préféré aujourd’hui, Rodrigo’s. Si on me rend visite, ce n’est pas celui que je choisirais — la nourriture n’a rien de spécial, mais le service est excellent, surtout pour le prix. C’est où je lis Le Canard enchaîné la plupart du temps, car il m’amuse de le faire dans un resto où la carte est en espagnol. Mais je voulais le visiter avant Noël pour acheter une carte de cadeau — pour moi-même. Ça vaut 20 % de plus, et j’y vais assez souvent. De toute façon, voici la décoration à l’entrée :

Oui, un cactus avec toutes ses épines. Il y a aussi des sapins ici, mais aujourd’hui, il me semblait être une métaphore. Désolé, mais solstice ou pas, c’est la saison où je déprime. Il fait noir et froid, et la pire partie, seul.

Par hasard, j’ai vu plusieurs choses aujourd’hui qui sont pertinentes. D’abord, un ami m’a envoyé ce tweet sur la catastrophe qui est la vie sociale aux États-Unis :

C’est comment les couples se rencontrent ici. La ligne rouge, c’est les applis de rencontre. Quant au reste — vous pouvez voir que presque toute interaction est considérée un risque. Et selon un sondage par notre magazine d’économique le plus réputé, Forbes, c’est encore pire en 2023 — pour les hommes 75 % de relations n’arrivent que sur les applis (pour les femmes 66 %).

Mais ça ne marche pas du tout pour la grande majorité. Quand notre plus grande appli de ce genre, Match, demandait des infos sur son salaire, de nombreuses études ont découvert que plus de 50 % des femmes sur l’appli ne regarderaient que le top 1 % de salaires. (Ils l’ont donc arrêté.) En plus, d’autres études montrent que ça réduit le tout à un catalogue — tout le monde, des deux genres, vérifie les profils et si même une chose ne le convient, allez-vous-en ! (C’est plus compliqué que ça ; il y a des hommes qui ont tendance à écrire à tout le monde car personne ne répond.)

Puis, une connaissance sur Twitter a posté un fil par une française expatriée aux États-Unis :

Il y a une raison pour laquelle j’aime traîner avec des expatriés, au-delà de pratiquer la langue. Ils font des comparaisons, et je les trouve intéressantes. Bien sûr, si l’on a choisi de déménager comme ça, il est fort probable que l’on préfère le nouvel endroit, et je suis bien au courant de ça.

Puis-je dire qu’apparemment, l’herbe est toujours plus verte ailleurs ? Je ne vais convaincre Mme Lafont-Grave de rien, mais il y a des entreprises ici — dont Facebook (lien en anglais) — où si on demande un rendez-vous à un collègue deux fois, on sera viré. Je ne sais pas quels sont les problèmes en France à cet égard, mais je ne crois pas que nous ayons la bonne réponse !

Alors, la boulette du début de l’année ? Après plusieurs belles conversations avec un membre de l’OCA pendant nos séances de films, je lui ai envoyé une demande d’ajoute sur Facebook. Je ne m’attendais pas du tout à la colère qui a résulté. La pirouette pour tourner le dos était impressionnante. Je suppose qu’elle l’a crue une tentative de draguer, mais nous n’avions eu aucune conversation comme ça. Je ne la croyais pas grand-chose, mais j’avais tort. C’est pourquoi j’ai adopté une règle hyper-américaine pour mes interviews — pas de vidéo — afin que personne ne puisse dire que quelque chose n’est pas allé. Je ne plaisante même pas un peu.

Je vous ai dit hier que j’allais faire quelque chose pour la personne qui m’a laissé ce compliment inattendu. Hier soir, j’ai fait des macarons au chocolat et à la menthe (d’après un bonbon bien aimé ici, les Andes) ; je les livrerai à elle et son mari ce soir. J’espère que ce ne sera pas une autre boulette. J’aimerais juste ne pas être un cactus pour Noël.

Compliment

Je n’ai pas l’habitude d’écrire plus qu’une fois par jour, mais ça VIENT d’arriver, et il me fait pleurer. C’est un commentaire en réponse à une question dans un groupe privé pour l’Orange County Accueil.

Si vous saviez à quel point je ne me sentais jamais apprécié pour mes efforts en cuisine pendant une certaine vie d’avant… disons qu’il y aura une récompense pour ce témoignage inattendu.

Les papillotes Révillon

Il y a des semaines, j’ai fait des achats chez myPanier. Parmi mes achats était un paquet de papillotes du chocolatier Révillon :

La Fille l’a ouvert avant que je ne puisse prendre une photo du sac, alors j’ai fait ce que je pouvais. Mais je ne m’en plains pas ; elle a des notes parfaites pour terminer le semestre, et elle se couche toujours au bon temps sans plaintes. Si ceci est mon idée d’un problème, je suis effectivement très chanceux en tant que père.

Mais pour avoir le droit d’écrire cet article, j’ai dû me faire souffrir. Voici le dîner qui l’a précédé :

Je ne sais pas ce qui est pire : la salade en soi, ou le fait que le prix ait flambé de 8 $ jusqu’à 10,29 $ ce mois, car le SMIC juste pour les ouvriers aux restos rapides va hausser à 20 $/heure en avril, bien qu’il vienne de hauser à 15 $ au début de l’année. Je vous laisse à en tirer vos propres conclusions.

([Ici Descarottes. DITES-LEUR TOUTE LA VÉRITÉ. Vous avez mangé quoi exactement avec La Fille pour fêter son concert d’hiver la veille ? MONTREZ-LE-LEUR !])

Ben, il gagne. Nous avons emporté des tartes individuelles de chez Moulin :

Je vais vous dire la vérité. Ils sont plus doués que moi quant à la décoration. Ce n’est pas proche. Mais la mienne est aussi bonne que la leur. Et je sais que chaque membre de mon groupe de tarot le sait aussi. Désolé, mais si je ne peux pas me vanter un peu sur mon propre blog, où puis-je ? ([Nulle part. — Mon ex])

Alors, qu’est-ce que l’on trouve au-dedans ? Beaucoup de ces petits joyaux :

J’adore l’emballage. Dans ce sac, on y trouve plusieurs sortes de bonbon, dont ces deux :

Les deux sont fourrés également de praliné, mais à gauche avec des éclats de noisette, et à droite avec des éclats de biscuit. Il y a une troisième sorte, sans éclats de n’importe quoi, mais…euh…elle a tout disparu avant les photos.

Avec les chocolats, on trouve de petits papiers avec des citations :

Si celle de Napoléon avait été « Impossible n’est pas français », je serais déjà sorti pour trouver le bon cadre. (Non, je n’imprimerais pas une telle chose moi-même. En ce qui concerne l’art, la provenance est toute. Marcel Duchamp le comprenait.)

J’étais surpris à trouver d’autres personnages cités :

Vous connaissez William Cowper ? Il était poète britannique du XVIIIe siècle. La première partie de sa citation est en fait une expression courante jusqu’à nos jours, mais je vous promets que personne ici ne sait qui l’a dite !

Alors, que penser finalement des Révillon ? D’une part, ces chocolats comblent exactement l’écart dont j’avais envie dans les chocolats français — un niveau de qualité plus haut que Nestlé, mais pas à la hauteur de Pierre Marcolini ou La Maison du Chocolat. Ils me rappellent parfaitement nos bonbons See’s, et je serais fier de les garder dans un bol pour mes invités (imaginaires). D’autre part, bien que le rapport qualité prix en France soit super7,49 € le sac chez Carrefour en ce moment (et le 2ème à -50 % !), j’ai payé 20 $, soit environ 18 €. Ce serait 51 €/kg, beaucoup mieux que La Maison du Chocolat à 150 €/kg, mais à ce prix, on peut avoir des tablettes de Bonnat en France, et on est à une vache près de Michel Cluizel. Je n’y arrive pas, du moins pas en Californie.

Pourtant, avec le flambé de nos prix — See’s coûte environ 58 €/kg maintenant (c’était 42 en 2022 !) — peut-être que je regarde cette situation de mauvaise façon. Je ne m’habitue toujours pas à la catastrophe des 2 dernières années et je ne pense pas à See’s comme le produit de luxe qu’il est devenu. Acheter Révillon en France est un très bon rapport qualité prix. En Californie, tout est autre chose !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les intraduisibles, 1ère partie

J’essaye souvent à vous donner le goût de certaines expressions en anglais sans les écrire directement. On voit tout le temps « comme on dit en anglais » après quelque chose en français : « Il vient avec la territoire » ou « un budget de « lacet de chaussure » ». Évidemment, on n’utilise pas ces mots exacts. Ce sont des traductions de ma part. Mais des traductions exactes. On ne finira pas avec une situation de « Fabriqué en Dinde » au lieu de Turquie si on les remplace mot par mot avec un dictionnaire bilingue.

Puis, il y a des mots où je n’ai aucun espoir de vous expliquer ce que je veux dire. Cette fois, Langue de Molière parle de certaines de ces situations en détail, afin de vous faire comprendre à quel point c’est un enfer de ne pas être capable de partager ces choses. Du moins, sans assez d’explications pour gâcher toute et n’importe quelle blague !

(Je n’ai toujours pas de suite planifiée, mais j’ai l’impression que l’on va revenir sur ce sujet, d’où la « 1ère partie ».)

Commençons avec un calembour que j’ai vu sur les nouvelles du Nintendo Switch. L’article traitait de jeux vidéo où il fallait cuisiner (je vous rappelle le gâteau monstre de Zelda). Voici une capture d’écran avec une blague pourrie en anglais, mais qui n’a aucun sens en français :

Il y a un bouton qui dit « Lettuce turnip the heat. » Une traduction littérale serait « Laitue navet le chaleur ». Aucun sens. Mais il y a deux calembours de suite : « Lettuce » rime avec « let us », laisse-nous. « Turnip » rime avec « turn up », augmenter ou hausser. Laisse-nous augmenter le feu, donc. Mais dans le contexte de cuisine, deux calembours avec des noms de légumes est drôle — pourtant, aucune traduction en français ne peut sauver la blague.

Il y a une expression que l’on trouve de moins en moins de nos jours, mais très commun dans l’anglais américain du XXe siècle. On appelle quelque chose de passionnant — un concert, un discours, etc — « a barnburner ». C’est-à-dire littéralement quelque chose qui met le feu à une grange. DeepL offre un seul exemple canadien qui le traduit en tant que quelque chose de mauvais, « un discours incendiaire », mais ça le rate complètement. C’est un compliment ! Paul Gonsalves avec Duke Ellington au Festival de Jazz de Newport en 1956, c’est un barnburner, pas un discours de Hitler ! Mais impossible de le traduire de façon qui communique le sens original.

Prenons un exemple dans l’autre sens. Voici un méchant de la série Mario, connu en français sous le nom Maskass, ou au Québec. Maskache :

©️Nintendo, Tous droits réservés, Source

En anglais, ce méchant est connu sous le nom Shy Guy, Gars timide. Mask fait référence à sa masque, évidemment, mais « ass »… en anglais, ça ne signifie que « cul » et « âne ». En japonais, il s’appelle « Heiho », d’après les kanjis 歩兵, qui se prononcent « hohei » (les japonais ont leur propre version de verlan) et veulent dire « soldat qui marche ». J’ai lu une explication qui dit « fantassin » pour hohei, et je suppose que c’est d’où l’ass, mais aucun anglophone qui lit « Maskass » va le comprendre de cette façon. Il me dit quelque chose que cette explication ne vaut rien au Québec, vu qu’ils disent Maskache. Car trop de monde là-bas comprennent l’anglais, j’imagine.

Je continuerai de garder des exemples de mots dont la traduction exige que l’on fait tout un fromage. Pour l’instant, Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour terminer l’année avec de vraies nouvelles sur le « fake news ».

Merrrrr…ci, les Postes ?

J’ai une mise à jour sur mon colis d’il y a trois semaines. Il a été livré samedi. Je ne l’ai guère reconnu !

Édité pour supprimer tout code à barre et adresse

J’ai tiré la photo ci-dessus d’un post de mon amie, et évidemment, je voulais supprimer tout ce qui n’était pas le colis lui-même. Je n’ai pas arrivé à supprimer la « décoration », mais laisser tomber.

Il est recouvert partout avec des rubans adhésifs de La Poste, plusieurs élastiques, ainsi qu’un auto-collant rouge (en haut) qui dit « Colis reconditionné par La Poste ». Euh, d’accord, La Poste a certainement fait des changements.

D’une part, le colis est arrivé tout court. Je suppose que je suis censé me sentir reconnaissant. D’autre part, pour 78 $, environ 71 € en ce moment, non, je ne suis pas content. Du tout.

Mon amie m’a dit que le colis a évidemment été ouvert. Mais il est aussi arrivé bien mouillé — il y a eu une carte de vœux au-dedans, écrit par ma fille pour les filles de la famille, une lettre de ma part, ainsi qu’une carte postale que j’ai raté envoyer de Paris en été. Toutes les écritures étaient dans une enveloppe, mais ont fini par être bien mouillées. Il n’a pas plu ce jour-là, ni la veille, donc pas d’excuses.

Je ne suis pas sûr de qui blâmer pour le mauvais état du colis. L’eau, c’est à votre côté. Mais les autres dégâts ? Dites-donc, il n’y a aucune agence gouvernementale à laquelle je fais moins confiance que notre Poste, alors je suis bien prêt à les blâmer. En fait, même si on m’offre

Ils y a des différences entre les détails de suivi aux deux côtés. D’abord, voici ce qui m’a dit La Poste :

Le 14, le colis a subi un « incident », hein ? Quel incident ? Genre « Maurice a mangé tout le ChocoSui’s » ou genre « On a coupé l’électricité à Jurassic Park et les dinosaures sont en roue libre » ? Y’a une petite différence, N’EST-CE PAS ?

Le soi-disant US Postal « Service » offre plus et moins de détails en même temps :

On apprend que le 12 décembre, le colis a passé par « Wissous B Colis ». Selon un article que j’ai trouvé, c’est le plus grand centre de tri de toute la France. Le 14, jour de l’incident sans nom, on apprend seulement qu’il a été tenu dans une « office de livraison ». Il y a beaucoup plus de notes ; or, il n’y a pas plus de détails utiles. Mais ils ont du recevoir ces notes de La Poste ; votre « service » sait beaucoup plus sur l’état de vos colis qu’il vous en mentionne.

Ce que je voulais plus que tout, c’était que les filles reçoivent leurs sucettes, le mari reçoive son mazapan de cacahuètes, et mon amie reçoive ses tablettes de chocolat chaud Ibarra, la meilleure boisson au monde entier. J’ai réussi ces buts. Mais La Fille a passé une bonne heure pour faire des dessins pour sa carte, et tous ces efforts n’ont servi à rien. Je suis franchement déçu, et pour cette quantité d’argent, oui, je m’en veux aux deux.

Au moins il n’y avait pas d’impôts :