Saison 2, Épisode 39 — Des bêtises naturelles

Hier étant un anniversaire important, je n’ai pas pu vous montrer mon autre activité importante du jour. C’était encore une fois une soirée tarot de l’OCA, et ça veut dire que j’ai dû préparer un dessert. Cette fois, j’ai revisité l’une des stars du blog, les kouign-amanns. Mais j’ai fait de meilleur travail qu’avant d’une façon, et en ai raté d’une autre. Regardez le feuilletage :

D’habitude, on joue au tarot pendant 1 – 1 1/2 heures avant de prendre une pause pour le dessert. Mais une personne m’a dit « Je m’en fiche, je dois en goûter un maintenant » au début, l’a goûté, puis m’a dit que c’était trop salé. Je suis malheureusement d’accord. (J’ai patiente au même moment que le reste du monde pour en goûter un.) Je n’ai pas acheté du beurre salé et essayé de combler l’écart de sel en ajoutant plus de gros sel à mon mélange sucre-sel. Or, il n’en restait qu’un seul à la fin de la soirée — de loin mon record pour la plus petite quantité de restes — et on m’a même demandé la recette.

Je suis fier qu’à ce point « Mais que apportera Justin ? » est devenu une vraie question pour beaucoup de monde. J’espère depuis mon premier gâteau au yaourt que ce serait une entrée pour moi, un moyen de casser la croute avec des gens qui se connaissent depuis des années, mais pas moi de nulle part.

Et il l’est, en quelque sorte. Aimeriez-vous deviner ce qui m’est arrivé les deux dernière fois, dont samedi, mais pas pendant les deux années avant ? Tout à coup, tout le monde me fait la bise en me voyant. Oh, super. Mon avis sur ce sujet n’a pas changé du tout.

Je suis ravi de vous dire que les Chargers ont eu leur match hebdomadaire seul à la télé nationale jeudi soir — et c’était une si grosse boulette, l’équipe a viré son entraîneur le lendemain ! Les Raiders, ceux des 63 points ? Ils n’en ont marqué que 3 la semaine précédente ! Quelle humiliation !

Notre blague traite de l’architecture. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Les latkes, une recette de Hanoucca, Compose le 1 pour Taylor Swift, mes réflexions sur des changements dans mes goûts, et Le chocoflan, un gâteau mexicain fait en honneur d’une amie.

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Le chocoflan

Aujourd’hui est l’anniversaire de mon amie rouennaise, et comme l’année dernière, j’ai un dessert mexicain pour l’occasion à son honneur. Celui-ci est beaucoup plus compliqué — comme on les aime ici — mais c’est la faute à elle, car j’ai eu l’idée en passant par la pâtisserie de Mercado Gonzalez. En fait, le chocoflan — qui n’est pas du tout un flan au chocolat, mais un gâteau avec du flan mexicain au-dessus — est un de mes desserts préférés, surtout au resto où je l’ai découvert, Taco Rosa.

Il faut comprendre pourquoi je fais ça. Mon amie a exactement les mêmes sentiments vers le Mexique que j’ai vers la France. Alors je comprends. Pour ma part, le chocoflan est, pour moi, un dessert de mes années adultes, mais comme je vous dis parfois, la cuisine mexicaine est le patrimoine du Sud-ouest des États-Unis, et j’ai aussi envie de la partager avec vous. Allons le faire !

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Astrid et Raphaëlle

Ce soir, suite à un billet très enthousiaste de La lectrice en robe jaune, j’ai regardé la pilote de la série Astrid et Raphaëlle. Au début, je vais vous dire que ce ne sera pas du tout la seule fois. Mais commençons ailleurs avant de plonger dans l’épisode.

Je m’intéresse depuis longtemps aux séries qui se traitent des enquêteurs autistes ou autrement « différents », à partir de devenir fan de Monk en 2002. Ça part d’une base d’intérêt personnel. Si vous connaissez assez d’ingénieurs et d’informaticiens, vous savez que la ligne de démarcation entre l’intelligence et l’autisme est plutôt floue. Être cinglé et être autiste ne sont pas les mêmes choses du tout, et je crois que certains à mon école d’ingénieur aimaient faire excuser leur comportements inadaptés en disant qu’ils étaient « sur le spectre ». Mais il y a aussi des liens indéniables.

Peut-être que quelqu’une qui est médecin a essayé de profiter de cette ligne floue au passé. Je dis ça, je dis rien.

Mais je connais aussi ce monde de façon personnelle, ayant passé du temps toutes les semaines pendant 3 ans autour d’enfants qui avaient d’autisme profond. On ne trouve pas trop d’Adrian Monk ni de Morgane Alvaro parmi ces personnes. Idéaliser ce qui arrive est une honte — ne pas regarder des gens aux yeux est loin d’être le véritable problème. Les cris, le manque de contrôle de leurs corps — c’est lamentable et pas une « superpuissance ».

J’étais tout de suite hypnotisé par cette émission parce qu’il y a toujours des moments humouristiques, mais je trouve les tribulations d’Astrid beaucoup plus réalistes que ce que l’on trouve chez Monk, House, ou HPI. Il n’y avait qu’un faux pas que je ne suis pas prêt à accepter, mais il est arrivé après le moment où ma critique se terminera.

On commence au milieu d’une scène bizarre. Un homme bien habillé retire 8 000 € d’une banque, le met dans une enveloppe, jette l’enveloppe dans une poubelle, puis se suicide en se mettant le feu.

Puis on rencontre Astrid, le personnage autiste, pour la première fois. Cette scène ne met pas toutes les cartes sur la table. Elle est draguée par un homme qui demande — et reçoit exactement — une minute. On pourrait trouver son comportement soit marrant soit autiste. Chez les ingénieurs, je dois vous dire que cette attitude littérale est exactement ce que j’ai dans la tête en parlant de la ligne floue.

Puis on rencontre Raphaëlle. Je préfère de ne pas lui désigner « la neurotypique », comme fait la série. C’est un mot des militants, avec lequel je ne suis pas d’accord. Je comprends qu’ils ne veulent pas stigmatiser des comportements involontaires, mais je m’arrête là. De toute façon, elle est là pour motiver les enquêtes, mais aussi pour être le personnage humoristique. On peut mettre des clins d’œil dans sa bouche que l’on ne peut pas faire avec Astrid, comme celui-ci :

Les deux femmes se rencontrent enfin dans les archives policiers où travaille Astrid. Raphaëlle comprend vite que quelque chose ne va pas, mais pas quoi exactement. Le directeur lui explique la situation et essaye d’empêcher Raphaëlle de demander de l’aide à Astrid, car il sait à quel point des situations inattendues lui posera des problèmes.

J’aimerais bien regarder une telle série où l’enquêteur n’est pas divorcé ni veuf, mais celle-ci ne l’est pas. On apprend que Raphaëlle est divorcée et il y a des conflits avec son ex à propos de la garde des enfants. Cependant, je félicite les producteurs pour ne pas avoir simplement rendu l’homme le méchant. Raphaëlle a de vrais problèmes à gérer son horaire.

Astrid découvre vite des choses sur une drogue impliquée dans un meurtre que les autres ont ratée. Mais ça l’amène à être soupçonnée d’avoir commis le crime et Raphaëlle doit lui en sortir. La scène de l’interrogatoire est un chef-d’œuvre du réalisme quant aux comportements autistiques. Parmi les bruits et les questions stressantes, Astrid s’effondre et se retire dans sa propre tête.

Une fois libérée, Astrid découvre que le tueur a une signature : il laisse toujours une fleur Cattleya sur la scène du crime.

Deux moments où je n’étais pas convaincu : quand Astrid prépare un organigramme géant pour un coup de fi, mais ne sait pas que l’on peut répondre de plusieurs façons, dont « allô » et « ouais » :

L’autre,chose, c’était qu’Astrid s’est fait flippée quand Raphaëlle offre de « prendre un verre et parle de tout et rien ». Soit elle est aussi lettré pour savoir qu’on ne mange pas un verre (et devrait s’en faire plaindre), soit elle ne comprend pas l’idée d’un métaphore.

Je vous laisse ici quant à l’histoire. C’est un meilleur mystère que « Meurtres à », au moins aussi bon que « Capitaine Marleau ». Je suis impressionné. Il y a de l’espace pour les personnages d’apprendre à s’entendre. Je suis bien au courant que je suis en retard, que le monde est en plein milieu de la 4e saison. Je ne l’attraperai pas, je crois. Mais j’ai hâte de regarder plus !

Compose le 1 pour Taylor Swift

Je ne m’attendais jamais à ce que le nom dans le gros-titre n’apparaisse ici. Mais un ami m’a envoyé un SMS hier matin pour me dire qu’il a dû faire un coup de fil à StubHub, le revendeur de billets d’évènements le deuxième mal réputé aux États-Unis (Ticketbastard Ticketmaster ayant le titre à jamais), et que le tout premier choix du menu était « Compose le 1 si votre appel concerne des billets de Taylor Swift, le 2 autrement ». (N’oubliez pas qu’à mon avis, même « tu » est trop formel pour traduire le « you » américain. S’il y avait une forme réservée seulement aux couples au lit, ce serait le choix de nos grandes entreprises.) J’ai dû le vérifier pour moi-même.

Enfin, c’est assez proche de la vérité. Il faut d’abord composer 1 pour choisir « questions sur des billets déjà achetés », mais après ÇA, c’est Mme Swift ou autrement. Assez drôle en soi quand on pense au fait qu’autrement en ce moment comprend la NFL, Pink, Red Hot Chili Peppers et la dernière tournée des Eagles avant leur retraite. (Super. Comme dit une chanson de country, « Comment peux-tu me manquer si tu ne me quittes pas ? » « Hotel California » est la chanson la plus jouée de trop de tous les temps.)

J’ai essayé à plusieurs fois d’écrire un plus long billet à partir de ce sujet, mais je trouve qu’à chaque fois, il finit par faire plus de la polémique que j’en avais envie. Mais je vais quand même partager un fait intéressant.

Voici les derniers albums ajoutés à mon iPhone jusqu’à mi-2021 :

Il y a quelques bandes-sonores de jeux vidéo, deux albums du pianiste Keith Jarrett ainsi que le dernier album de Rush, les trois dans ma collection de disques depuis une décennie mais pas convertis avant — et le reste vient d’artistes francophones, soit français soit québécois. Il n’y a rien de nouveau sorti par un artiste anglophone.

Ce n’est pas par hasard. En fait, les dernières nouveautés en anglais dans ma collection sont arrivées en 2019, et elles sont aussi beaucoup plus vieilles que ça suggère (j’ai acheté quelques tubes des années 80 et 90).

Je dis parfois que je fuis quelque chose autant que je cours vers quelque chose. Il est le cas, tellement, absolument le cas que je peux écouter n’importe quel Français pas nommé Gaëtan Roussel pendant toute la journée. (Il gratte les oreilles. J’ai essayé, j’ai vraiment essayé.) Mais toute la musique en haut a quelque chose en commun — il n’y a rien consacré à me dire à quel point le chanteur ou la chanteuse me déteste. Vous n’avez aucune idée à quel point c’est rafraîchissant.

Le magazine à la sauce IA

Fin novembre, l’excellente Graine de Sable a publié un poème sur choisir un calendrier pour le nouvel an. Ça fait presque 20 ans depuis la dernière fois où j’ai eu un calendrier imprimé, les ayant abandonné depuis longtemps pour un PalmPilot, puis un BlackBerry, puis des iPhones. Mais ce qui a attiré mon attention — et je vous avais dit que j’allais écrire sur le sujet — était cette strophe :

L’autre jour au centre commercial,
J’ai scanné avec une molle curiosité les étalages :
les filles de Sports illustrated et les autres maillots de bain
suivies par les Chippendales, les pompiers sexy –
J’essaye de visualiser l’effet sur le mur de ma cuisine

J’étais bien surpris à voir le nom « Sports Illustrated » dans un poème en français — je doute que personne ne le reconnaisse au-delà des expatriés aux États-Unis ou des américains de naissance. (Au fait, il m’amuse que Graine de Sable a mis l’adjectif du titre en minuscule, selon la façon française, plutôt que garder son majuscule.)

Mais avant, une petite anecdote sur mes vieux calendriers. Quand j’étais jeune, j’aimais avoir des calendriers dits « page-a-day » (une page par jour). Une année, c’était des dessins de Garfield ; une autre, de Dilbert. Mais au lycée, je suis tombé sur un calendrier dit « Les secrets de victoire d’Attila le Hun » et c’est comment j’ai passé 1993.

Je sais que vous êtes certain que je plaisante. Que je mens. C’est ridicule. Mais je viens de trouver une copie sur eBay — ne me croyez jamais sur parole, mais je vous apporte toujours des preuves !

Capture d’écran

C’était complètement décevant. À partir d’un livre d’affaires, la grande majorité desquels racontent des histoires stupides avec des métaphores poussées au-delà de tout sens. Les « secrets » n’étaient que des commerces genre « Aucun Hun n’a jamais gagné une bataille seul, mais toujours en équipe. » Rien à voir avec le vrai Attila.

Alors, Sports Illustrated, ou comme on dit ici, SI. Pendant des décennies, c’était un magazine prestigieux, avec des journalistes célèbres parmi ses employés. Vous ne connaissez pas les noms Frank Deford ou Rick Reilly, mais ils étaient considérés des écrivains de qualité. Mais franchement, même à l’époque, personne ne croyait que l’on lisait SI pour leurs articles. Les abonnés étaient là pour un numéro annuel, le « Swimsuit Issue » (Numéro de Maillots de bain).

Rien à voir avec la natation, c’était le numéro pour les hommes dont leurs femmes ne supporteraient pas un abonnement à Playboy. Voici la toute première couverture de 1964 :

Couverture de SI, ©️Time Warner, Publié sous le droit d’usage raisonnable aux É-U

Jusqu’aux années 00, c’était habituellement le cas que cette couverture serait réservée aux mannequins dites « supermodels », jamais aux athlètes qui sont les sujets typiques du magazine. Mais à cause d’Internet, et les sites…euh…gratuits, si vous me suivez, s’abonner à un magazine pour ce genre de chose est devenu de moins en moins rentable. Mais vous avez sûrement maintenant la référence — le calendrier de Sports Illustrated était bien dans ce genre de photo.

« Mais Justin », vous me dites, « tout ça n’a rien à voir avec l’IA, sauf peut-être que l’on peut maintenant produire de telles photos de cette manière ». C’est vrai. Or, leur scandale avec ça est bien plus choquant. Je vous ai dit en haut qu’avant, ils avaient de bons écrivains. Pas plus.

Littéralement la veille de la publication du poème de Graine de Sable, un site américain, Futurism, a publié un article (lien en anglais) intitulé « Sports Illustrated publia des articles par de faux écrivains, générés par de l’IA ». Il s’est avéré que leurs critiques de produits (catégorie d’article qui n’existait jamais dans le magazine quand il était bon) étaient toutes attribuées à des écrivains avec de fausses biographies et des photos du visage en vente sur le site d’une autre entreprise qui les crée avec de l’IA. Et les articles disaient des bêtises comme « c’est difficile à apprendre à jouer au volley-ball, surtout quand on n’a pas de ballon pour pratiquer ».

Plus que Futurism essayait de vérifier l’existence d’écrivains sur d’autres sites appartenant aux mêmes propriétaires, plus il a trouvé la même chose — sur TheStreet, consacré aux investissements, et sur Men’s Journal, comme le Journal des Femmes, mais pour les hommes.

Lundi, The Arena Group, le propriétaire de ces magazines, a remercié son PDG (lien en anglais). Un si grand merci qu’il a pris effet immédiatement.

Et si je vous disais qu’un ami m’avait suggéré de lancer la balado avec un logiciel de synthèse vocale ? C’est vrai, mais il a complètement raté le but de parler pour moi-même ! Si seulement quelqu’un chez SI avait compris que les vrais lecteurs voulaient la même chose.

Les latkes

C’est toujours Hanoucca, et après avoir lu ce post de la Miaougraphie de Clément, j’ai pensé à faire un plat de cette fête. Il y avait apparemment deux choix, l’un étant les soufganiyot, une sorte de donut ou beignet fourré de confiture, et l’autre étant les latkes, connu sur Wikipédia sous le nom de galettes de pommes de terre. (Wikipédia ne distingue pas entre les criques, les latkes, et les râpés. Les éditeurs ne cuisinent jamais, évidemment.)

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Ce ne sont pas des « mini-criques ». La crique n’utilise que le blanc d’œuf, ajoute de l’ail et du persil, et n’utilise pas de levure chimique. Les latkes sont plus croustillants, mais aussi plus facile à brûler.

La bonne nouvelle, c’est que cette recette n’est pas compliquée. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il faut faire frire beaucoup de petites choses, pas comme la crique, qui est aussi géante que votre poêle. Allons les préparer !

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Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Un, deux, trois

Encore une fois, ce que j’avais planifié pour aujourd’hui n’est pas assez cuit — cette fois littéralement, à cause d’une grippe intestinale de la part de La Fille — alors Langue de Molière apparaît un jour à l’avance.

Alors, je dois avouer quelque chose. Vous savez peut-être que j’adore mon Bescherelle Conjugaison. Mais malgré l’avoir acheté très peu après le début, il y a quelque chose que je n’ai jamais compris jusqu’à récemment.

Dès le début, j’ai remarqué ces « groupes » qui sont mentionnés sans explication :

Alors, celui-ci est un verbe du premier groupe. Mais ça veut dire quoi exactement ? Est-ce comme le japonais, où on utilise des numéros différents pour compter selon la signification d’un mot ? Ou peut-être que c’est-à-dire que le verbe est transitif ? Ou transitif mais prend seulement un objet ? J’sais pas moi. Voilà, voici un verbe d’un autre groupe :

Ah, c’est aussi transitif mais prend un seul objet, alors le groupe n’a probablement rien à voir avec ça. Mais il signifie tout autre chose que beurrer alors cette hypothèse reste valide. De toute façon, un autre :

Un troisième groupe ! Mais celui-ci peut être soit transitif soit intransitif. Peut-être que j’avais trop hâte de jeter cette idée. Dites-donc, quel est un autre exemple de ce groupe ?

C’est intransitif seulement, alors j’abandonne cette pensée. Mais ça se termine par -er, et entendre par -dre, alors je crois que les groupes n’ont rien à voir avec la terminaison. Un autre exemple de plus ?

Voilà, voilà ! Un verbe -ir qui fait aussi partie de ce groupe. Maintenant, je suis certain, au-delà de tout doute, que ces groupes n’ont rien à voir avec les terminaisons. Toute la gamme est là : -re, -er et -ir.

Pourtant, j’ai enfin lu une explication il y a des semaines, et il m’étonne que le pays d’Évariste Galois peut avoir de tels drôles d’ensembles comme principe organisateur de la grammaire. Le premier groupe est assez logique, étant composé de tous les verbes qui se terminent par -er, sauf aller, qui est très irrégulier. Mais le deuxième groupe est plutôt « tous les verbes ayant leur participe présent finissant par « issant », à l’exception de maudire ». On aurait pensé que ce serait tous les verbes qui se terminent par -ir, sauf que « avoir » casse la règle, et « venir ». Et « ouïr ». Et « partir ». Je meurs –autre verbe qui n’en fait pas partie ! Non, mais sérieusement, pourquoi pas un groupe « tous les verbes qui n’ont pas de trémas » ou « tous les verbes dont la troisième lettre est une consonne » ?

Mais le troisième groupe, oh là là. C’est l’incarnation d’une expression anglaise, « tout sauf l’évier » ! C’est juste tous les verbes qui n’en font pas partie des deux premiers. On penserait que ça veut dire les « -re », mais il y a une belle poignée de verbes « -ir » là-dedans, et « aller » en plus.

Je regrette de vous dire que ce n’est pas comment le français est enseigné en anglais. Duolingo est la mauvaise source pour des explications détaillées de la grammaire, mais ses astuces font du français exactement la même chose que l’espagnol dans nos écoles : il y a trois groupes — -er, -re, et -ir — puis des exceptions. (En espagnol c’est plutôt -ar, -er, et -ir.) Mais Kwiziq, qui n’évite pas la théorie, les enseigne de même façon : verbes réguliers avec -ir, verbes réguliers avec -er, verbes avec -oir, etc.

Mais ce qui m’a fait rire était de découvrir que quiconque écrit Wikipédia en français a essayé de dire que l’anglais s’organise comme le français. Regardez nos soi-disant groupes :

Source

Je suis deux fois diplômé en linguistique, et c’est la première fois de ma vie où j’entends parler d’une telle structure ! Les exemples n’ont pas tort, mais on ne les classe de cette manière ; on parle de verbes réguliers et auxiliaires, et la même page de Wikipédia appelle ce dernier groupe « défectif », tout comme « falloir » ou « braire ».

Ai-je raté grand-chose ? Je dépasserai 600 000 mots sur ce blog le temps que l’année ne finisse, et il me semble que non, que les fautes ici se trouvent ailleurs. Mais je sais que l’ironie exige que je payerai cher cette attitude. Un jour, il y aura un entretien de naturalisation, et l’agent me dira, « Alors, M. M’as-tu-vu, vous connaissez assez bien la géographie, vous avez évidemment triché en mémorisant cette liste de chansons incontournables — oui, on refuserait un passeport français à quelqu’un qui ne connaît pas un musicien belge ! — mais pouvez-vous citer cinq verbes du troisième groupe ? » Et je m’évanouirai car je l’aurai prédit il y a une décennie.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec des expressions intraduisibles.

Saison 2, Épisode 38 — En Somme

Il y a longtemps, en parlant d’OSS 117, celui au Caire, j’ai mentionné que cette réplique était censé considérée une insulte, mais je l’ai trouvée plutôt un compliment :

Je ne suis pas prophète ni voyant, et je n’ai pas consulté n’importe quel de mes faux abonnés qui offrent de tels services non plus. Mais je l’ai prédit — je me suis réveillé hier à cette réponse à mon dernier dîner sur BlueSky :

J’aime bien le monsieur qui l’a écrit, alors j’ai effacé son identité ici. Si vous êtes sur BlueSky, merci de le laisser tranquille. Mais c’est si, si, tellement français de me corriger même quand j’ai fait mes devoirs ! (Au fait, selon ce critère, La Fille est la personne la plus française au monde. [Et moi, je suis donc quoi ? — M. Descarottes]) En ce cas, Keldelice et Recettes et Terroirs la mettent tous les deux dans la région et le département, respectivement. En plus, je l’ai sur la parole d’un habitant du département !

Laissez tomber. Je sais qui vous êtes, et je vous adore même pour ça. « Il vient avec la territoire », on dit en anglais.

Au fait, j’ai trois codes d’invitation pour BlueSky. Si vous en voulez un, dites-moi dans les commentaires.

Tournons à quelque chose que je dois partager. La semaine dernière, La Fille a dû colorer une carte de l’Europe de l’Est, pour montrer qu’elle connaît les pays. (Ne me demandez pas pourquoi ils font toujours de telles choses en 4e.) Mais personne ne l’a dit qu’elle a dû le faire selon les drapeaux !

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Je suis ravi encore une fois de vous dire que les Chargers ont perdu. Si vous ne comprenez pas pourquoi je fais ça, tout s’explique ici.

Notre blague traite des chiens. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Le cookie à partager de Péla, encore une fois un cookie de notre pâtissière préférée, Le dîner de Noël 2023, sur le dîner annuel de mon chapitre de l’Alliance française, et Mon dîner samarien, la carbonade flamande et le gâteau battu.

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Mon dîner samarien

Je vous ai dit que ce dîner a fallu la moins de recherches du blog. Pourquoi ? Parce que devant vous est le dîner planifié le plus longtemps de tout le Tour. Il faut savoir à ce point que je fais attention à tout ce que vous dites tous. Alors, quand mon ami en Somme a posté des photos en décembre 2020 d’une carbonade flamande, je n’ai rien dit — mais je l’ai mis dans mon fichier comme mon dîner pour le département ! Pour aller avec, le gâteau battu picard, un autre spécialité régionale qu’il aime.

Je suis ravi de vous dire que la carbonade flamande est une star du blog, et sera sans doute parmi les finalistes pour le meilleur plat de viande du quart. Le gâteau battu n’est pas mal, mais la carbonade flamande est quelque chose que je ferais pour n’importe quel invité de l’OCA. Ou si vous me rendez visite. Allons les faire !

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Le dîner de Noël 2023

Vous souvenez-vous de la dernière fois où j’ai parlé d’une activité chez l’Alliance française ? Moi non plus. J’ai dû fouiller dans mes archives pour découvrir que ça fait un an entier depuis mon dernier cours chez eux, le croque-monsieur. Il n’y a plus de cours de cuisine ni de musique chez eux, hélas. Je me demande s’il est logique de renouveler mon inscription pour le nouvel an. Mais ce soir, j’étais encore une fois à Bouillon, le resto de Moulin, pour leur dîner de Noël (2021, 2022).

Il y avait une quarantaine de gens cette fois, et comme les deux autres fois, avec un grand groupe, on a eu une petite carte :

J’ai commencé avec le saumon fumé. J’ai oublié de prendre une photo avant de tout assembler. Le saumon avait été étalé sur l’assiette, et les autres choses étaient bien rangées. Oups.

La truite amandine était la meilleure partie du repas. J’étais un peu surpris — est-il habituel de servir un tel plat avec les amandes au-dessus de la peau du poisson ? Ce n’était pas grand-chose, mais inattendu.

Les profiteroles étaient décevantes. Les choux, bons, mais la glace à la vanille ? Comme un glaçon ! Je crois que c’était ce que l’on appelait « ice milk » aux États-Unis — une version de la crème glacée sans assez de matière grasse pour être vendue sous le nom « ice cream » (la traduction littérale de crème glacée). Ice milk est un produit bas de gamme et pas digne d’un resto aussi bon que Moulin. (En écrivant ce post, je viens d’apprendre qu’un changement dans nos lois permet l’ancien ice milk d’être vendu sous les noms « low-fat » — faible en gras — ou « nonfat » — sans gras. Les États-Unis, pays de la crème glacée écrémée, tout le monde !)

Je ne connaissais pas du tout mes voisins à table, et l’une d’entre eux était trop occupée par des SMS pour participer à la conversation. J’aurais tellement préféré m’asseoir à côté de mon ancienne prof de musique, mais elle est arrivée après moi. (Elle enseigne la langue, mais pas plus la musique.)

Il me faudra prendre une décision d’ici fin décembre : renouveler ou pas ? D’une part, je dois beaucoup à l’Alliance française pour 2021 — mon amour de la chanson française est grâce à leurs cours, et j’ai appris pas mal de choses en cuisine avec eux. D’autre part, même pas une seule activité chez eux toute l’année ? Je ne sais plus. Je peux toujours participer sans m’inscrire, mais je sais qu’ils se débrouillent avec un budget de « lacet de chaussure », comme on dit en anglais. (Mon dictionnaire Oxford le rend « budget de misère.) Ce qui est certain, c’est qu’il y a très peu d’associations ici qui méritent autant d’être soutenues.