Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

JE QUITTE LE GROUPE !1!!

Il y a un genre d’humour sur Internet à propos des groupes sur Facebook et le drame entre leurs membres. Ce mème est typique et partout sur Facebook, je n’ai donc pas une source particulière :

L’addition d’un mélange de points d’exclamation et le numéro 1, c’est de l’humour typiquement anglophone à propos du même sujet. Je le mentionne pourquoi ?

Hier, j’ai parlé de M. Macron et son commentaire « Un irresponsable n’est plus un citoyen » et je vous ai dit que j’ai eu une nouvelle triste. Je ne me souviens pas de l’avoir mentionné, mais pendant toute l’année dernière, je faisait partie d’un groupe de conversation hebdomadaire sur Zoom. C’est tout en français et je l’ai rejoint parce que leur organisateur m’a trouvé sur Quora (pas ici) et m’a invité. De leur description sur le site Meetup :

Comme d’habitude, notre réunion du Samedi est une conversation à bâtons rompus, entièrement en français avec un hôte français, autour d’une variété de sujets touchant à la France: films, court-métrages, livres, voyages, jeux de la ville mystère, gastronomie, …

Ce qui arrive le plus souvent n’a rien à voir avec ces sujets. C’est plutôt le virus et la politique. Samedi dernier, plusieurs heures après la dernière séance, j’ai envoyé un courriel à l’organisateur que je ne reviendrai plus, et je lui ai expliqué pourquoi.

D’habitude, il n’y a qu’un français natif dans ce groupe (parfois des invités aussi). La plupart du reste sont des américains ; il y en a plusieurs qui passent leurs appels depuis l’étranger. Je vous dis ça pour que vous compreniez que quand ce groupe parle de la politique française, presque personne n’est vraiment bien au courant sur le sujet (je crois que je suis le seul qui lit un journal français). Mais ce que certains adorent, c’est utiliser des anecdotes françaises pour marquer des points sur notre politique nationale.

Le modérateur a joué une vidéo de l’AFP avec des nouvelles sur M. le Président Macron et son commentaire. Puis un monsieur a commencé à expliquer comme il est d’accord, comme c’est une bonne idée. Je connais trop ce monsieur. Il ne sait rien de la France sauf la langue, mais il adore insulter n’importe qui qui n’est pas d’accord avec lui. Et franchement, il y a une mauvaise tendance aux États-Unis pour que tout le monde soit d’accord avec la personne la plus folle dans une conversation de peur que l’on ne soit dénoncé. Alors ce qu’il disait vraiment, c’était son espoir que beaucoup de monde perdraient leur citoyenneté. C’est la recette d’une nouvelle Guerre civile, et n’imaginez pas du tout que c’est seulement un parti qui a des pensées comme ça ici. C’était pas la première fois où j’ai entendu de la haine dans sa bouche, j’ai donc raccroché.

Je savais déjà que je ne pourrais contredire cette personne. Alors j’ai passé plusieurs heures en réfléchissant, puis j’ai écrit mon courriel et j’ai quitté leur groupe privé sur Facebook. Je n’ai dit rien à personne d’autre ; c’est pas mon style de faire du drame. J’ai déjà un bon fournisseur pour ça.

J’aimerais toujours avoir un groupe pour discuter les mêmes sujets sur lesquels j’écris. Celui-là n’était pas le bon.

Faut pas emmerder les Français

On commence avec une blague que j’ai entendu l’année dernière. Je dois l’écrire de mémoire.

C’est un Allemand, un Britannique, un Américain, et un Français qui ne veulent pas se faire vacciner. Le médecin dit à l’Allemand « Mais c’est une commande de l’État ». Et l’Allemand s’est fait vacciner. Le médecin dit au Britannique, « Mais j’ai lu dans les tabloïds que la famille royale s’est fait vacciner ». Et le Britannique s’est fait vacciner. Puis le médecin dit à l’Américain, « Mais vos voisins se sont tous déjà fait vacciner ». Et l’Américain s’est fait vacciner.

Finalement, le médecin dit au Français, « Vous n’avez pas le droit de vous faire vacciner ». Et le Français s’est fait vacciner.

Bien sûr, c’est Le Canard qui m’a rappelé celle-là :

Savez-vous qui se sent aussi emmerdé cette semaine ? La gestion chez Kärcher. Hier, ils ont demandé aux candidats français d’arrêter d’utiliser leur marque.

Mais c’est vraiment pas M. Jadot qui les a provoqués, mais plutôt ces deux :

Cette histoire est assez choquante — un député LREM a été agressé devant chez lui dans l’île de Saint-Pierre-et-Miquelon. Moi, j’étais surpris par la langue de l’article : « Un élu de la République lynché devant son domicile familial. » (Souligné par moi.) En anglais, « lynch » comme verbe veut dire tué par une foule. Ce serait mal pour moi de critiquer l’usage en dehors de l’anglais, mais si vous utilisez ce mot avec un anglophone, sachez que ça veut dire quelque chose de plus lourd qu’en français.

On va parler plus de ce commentaire demain, que certains ne sont plus des citoyens. J’ai une triste nouvelle lié au commentaire de M, le Président Macron, mais je vous dirai en ce moment que je ne regrette rien.

Finalement, ce dernier rappelle la citation célèbre de M. Staline, « Le Pape, combien de divisions ? ». L’article lié (sur la citation seulement) est de l’un de mes anciens suivants sur Twitter, Brice Couturier. J’étais choqué quand un journaliste m’a suivi ; je me demande toujours ce que j’ai fait pour le faire changer d’avis.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Mon dîner bretillien

On finit — très en retard — notre séjour dans l’Ille-et-Vilaine avec LE plat bretillien, et un dessert typiquement breton. Voilà la galette saucisse et le kouign-amann, façon « S ».

C’est quoi, la façon « S » ? Eh bien, j’ai une amie qui me dit souvent après avoir lu mes posts qu’elle ne peut pas goûter mes desserts parce qu’elle a besoin d’aliments sans gluten. Vous savez qu’ici, on respecte toujours la tradition et les produits traditionnels, mais c’est une question de la santé, pas d’être difficile. En plus, elle m’a dit il y a des mois qu’elle aimerait voir ce que je pourrait faire avec les kouign-amanns. En son honneur, j’ai décidé que je ferais de petits kouign-amanns selon ses besoins — mais aussi avec une garniture de son enfance. Voilà la confiture aux salmonberries (ronces remarquables), qui viennent de notre état d’Alaska :

En 2002, j’étais en Alaska pour ma lune d’enfer (c’est comme une lune de miel, mais avec votre ex futur) et j’ai goûté ce genre de confiture pour la première fois. Je regretterai pour toujours l’une de ces choses. Peut-être que Dieu me punit pour ne pas avoir suffisamment apprécié cette confiture-là. Et maintenant, vous savez pourquoi ça fait plus d’un mois pour ce dîner — j’ai fait de nombreuses expériences, mais je n’ai jamais arrivé à faire une pâte sans gluten avec assez de structure. Je continuerai d’essayer, mais je ne le permettrai plus d’empêcher notre Tour des Départements.

Je dois la recette de la galette bretonne au Journal des Femmes. On peut lire comment faire une galette saucisse à Recettes Bretonnes, mais tout ce qui est important, c’est qu’il faut griller la saucisse, pas la faire cuire dans une poêle. Ne mettez pas d’autres assaisonnements. Les bretilliens se moqueront de vous ! (Ne prenez pas ma parole mais plutôt celle de l’Association de la Sauvegarde de la Galette Saucisse Bretonne.)

Les ingrédients pour la galette bretonne (pour 4 personnes) :

  • 264 grammes de farine de sarrasin
  • 8 grammes de gros sel
  • 60 cl d’eau froide
  • 1 œuf

Les instructions pour la galette bretonne :

  1. Dans un saladier, mélanger la farine et le gros sel.
  1. À l’aide d’un fouet, verser l’eau en deux ou trois fois, tout en mélangeant la préparation. On obtient une pâte lisse et épaisse à laquelle on ajoute un oeuf pour donner une belle coloration à la cuisson.
  1. Filmer et laisser reposer 1 à 2 heures au réfrigérateur.
  2. Graisser la crêpière avec une coton imbibé d’huile. Verser une louche de pâte, attendre que la galette colore pour la décoller à l’aide d’une spatule et la retourner. La laisser cuire encore 1 minute environ.
  1. Faire griller des saucisses. Les envelopper dans des galettes. Répéter. C’est tout.

Je dois la recette des kouign-amanns au site Food Wishes. J’ai recherché de nombreuses recettes, mais j’ai choisi celle-ci car j’ai trouvé sa technique avec le beurre intéressante. Puisque ce dessert est une réussite, je trouve qu’il a raison, même s’il parle anglais dans sa vidéo au lien. Je recommande fortement que vous regardez cette vidéo-là avant de faire cette recette.

Les ingrédients pour les kouign-amann :

  • 230 ml d’eau tiède
  • 1 cuillère à café de levure boulangère
  • 1 cuillère à soupe de sucre
  • 15 grammes de beurre doux, fondu
  • 325 grammes de farine T65
  • 1 cuillère à café de gros sel
  • 130 grammes de sucre
  • 10 grammes de gros sel
  • 250 grammes de beurre demi-salé, froid
  • De la confiture (facultatif)

Les instructions pour les kouign-amann :

  1. Dans un gros saladier, mélanger l’eau tiède, la levure boulangère, et 1 cuillère à soupe de sucre. Laisser reposer pendant 10 minutes.
  1. Ajouter le beurre fondu, puis environ 275 grammes de farine, puis 1 cuillère à café de gros sel. Mélanger avec une cuillère en bois jusqu’à ce que le mélange devienne une boule pâte assez collante.
  1. Mettre le reste de la farine sur votre plan de travail. Rouler la pâte dans la farine en la pétrissant. Quand la boule a un extérieur sec et est devenue homogène, vous êtes fini, même si vous n’avez pas utilisé toute la farine.
  1. Mettre la boule de pâte dans un bol beurré et couvrir avec un torchon. Laisser reposer pendant 90 minutes à température ambiante.
  1. Sortir la pâte du bol, sur un plan de travail fariné. Étaler en forme de rectangle, 3-5 mm d’épaisseur.
  1. Avec une râpe à fromage ou un Microplane, râper la moitié du beurre partout, sauf près des bords. Fariner les mains puis presser le beurre dans la pâte. Plier par tiers, couvrir avec du film à contact et laisser reposer au frigo pendant 30 minutes.
  1. Sortir la pâte du frigo et répéter avec l’autre moitié du beurre. Cette fois, ne remettez pas la pâte dans le frigo après l’avoir étalée. Étaler et plier par tiers encore deux fois. ENSUITE, couvrir la pâte encore une fois avec du film à contact, et laisser reposer au frigo pendant au moins 1 heure.
  1. Pendant ce temps, préparer le sucre salé et le moule. Pour le sucre, mélanger 130 grammes de sucre avec 10 grammes de gros sel dans un bol. Puis beurrer le moule, mettre du sucre salé dans chaque créneau, et secouer pour faire couvert les bords des puits.
  1. Sortir enfin la pâte. Ne farinez pas le plan de travail, mais plutôt saupoudrer avec du sucre salé. Mettre la pâte sur le sucre salé et saupoudrer avec plus de sucre salé. Étaler un gros rectangle de même taille comme avant, et saupoudrer à chaque fois où le sucre salé est incorporé.
  1. Couper les bords, puis couper un nombre de bouts de pâte égale au nombre de puits dans votre moule. Remplir avec de la confiture si vous avez envie, puis plier afin que le 4 coins se touchent.
  1. Mettre les kouign-amanns dans le moule et saupoudrer encore une fois avec du sucre salé. Laisser reposer à température ambiante pendant 10 minutes et préchauffer votre four à 190°C. Faire cuire pendant 25-30 minutes.
  1. Il faut démouler tout de suite les kouign-amanns pour qu’ils ne collent pas au moule. Je l’ai fait avec une pince. Laisser refroidir sur une grille. Dois-je vous dire que les miennes sont fabriquées en France ?
  1. Montrer les kouign-amanns à votre famille et/ou à des invités. Ils n’ont pas vous aidé ? Ne partagez rien !

Le Magnifique

J’ai recommencé mes films dans le nouvel an avec l’un des meilleurs que j’ai vus — Le Magnifique, avec Jean-Paul Belmondo et Jacqueline Bisset. J’ai passé 4 heures pour regarder ce film, parce que j’ai fini par l’étudier comme presque rien d’autre. En tant que fan de James Bond, ce film mérité encore plus d’attention qu’Austin Powers ! (Le premier, pas les suites.) Je suis complètement sérieux.

Si on est un fan de James Bond — pas les parodies avec Daniel Craig, mais les vrais de Sean Connery à Pierce Brosnan — Austin Powers est un hommage de première qualité. Le film ne se prend pas du tout sérieusement, mais c’est carrément l’œuvre des élèves qui ont étudié de près tous les films Bond jusqu’en 1997. C’est une farce, mais aussi une lettre d’amour. Le Magnifique vient du même esprit. Si vous pouvez lire anglais et vous aimez ce qui suit, je recommande fortement la nouvelle « The Secret Life of Walter Mitty, » par James Thurber. (C’est apparemment disponible en traduction, mais un si haut prix pour une si courte œuvre !)

On commence au Mexique, dans un endroit qui pourrait être n’importe quelle « Vieille Ville » (on dirait « Old Town) du sud-ouest des États-Unis, celles qui ont un patrimoine mexicain du XVIIIe siècle. Vous devez comprendre que cette scène m’a fortement rappelé mon enfance, surtout à cause des musiciens, appelés « mariachis » :

L’intrigue commence avec un agent secret, Rodriguez, quand il entre dans une cabine téléphonique. Un hélicoptère enlevé la cabine. Ça m’arrivait aussi de temps en temps, et c’est pourquoi j’ai enfin acheté un portable.

Rodriguez meurt d’une façon ridicule — la cabine est tombé dans l’océan. On se serait attendu qu’il se noierait, mais des plongeurs l’attrapent, et le mettent dans une cage avec un requin, qui le mange. Ça rappelle fortement une scène du film « Opération Tonnerre », où des plongeurs récupèrent une bombe atomique sous l’océan.

Prochainement, on trouve Bob Saint-Clare (je suis les sous-titres pour son nom), l’héros, en train de se battre contre des méchants inconnus. Il reçoit des ordres pour aller au Mexique.

Au Mexique, il rencontre Tatiana, la « femme fatale » (une expression en anglais qui veut dire femme fatale) et ils partent en voiture. Ce qui se passe maintenant est un hommage à deux films de James Bond en même temps, « Goldfinger » et « Bons baisers de Russie » — c’est donc l’un des meilleurs moments dans n’importe quel film pour moi. Saint-Clare et Tatiana conduisent jusqu’en haut d’une colline pour tirer contre un ennemi, exactement comme Tilly Masterson dans Goldfinger. Et Saint-Clare utilise une valise qui déguise son fusil, avec les mêmes couleurs que la valise qui sert à la même chose dans Bons baisers de Russie. Voilà :

Au fait, on peut toujours acheter une copie exacte de la valise de James Bond chez Swaine Adeney Brigg, le fournisseur original du film. Ça coûte cher. (Swaine Adeney Brigg a également fabriqué le célèbre chapeau d’Indiana Jones, et les meilleurs parapluies de la planète.)

Comprenez-vous à quel point ce film est un trésor pour moi ?

Bob et Tatiana arrivent dans un hôtel à Acapulco, où son dent creuse avec une pilule de cyanure tue accidentellement des nageurs dans la piscine. Cette scène me rappelle l’hôtel Fontainebleau à Miami, dans Goldfinger.

Mais après une lutte sur une plage où on voit une femme de ménage qui passe l’aspirateur entre des guerriers, il s’avère que Bob Saint-Clare est un personnage fictif même dans le film :

Et que son auteur, un François Merlin, met des personnes qu’il rencontre dans la vraie vie dans ses contes. Comme j’aimerais faire ça avec certains !

L’histoire de Bob continue dans un pyramide qui ressemble fortement (à l’intérieur) le repaire du Docteur No dans « James Bond 007 contre Dr. No », où il rencontre Karpov, son ennemi.

Le fils de François interrompt l’histoire et finit par lui suggérer plus de sang, un conseil pris au pied de la lettre.

Un rencontre malchanceux avec un plombier par François devient la prochaine évasion pour Bob :

Sa voisine Christine, qui est son inspiration pour Tatiana, rencontre enfin François et lui emprunte des romans. François a des idées bizarres sur l’Alaska, mais peu importe.

Ensuite, cet agent américain est écrasé dans sa voiture, façon Goldfinger :

Mais la situation devient plutôt John le Carré, qui a fini par détester ses personnages et les détruire dans « Les Gens de Smiley », quand François et Christine se disputent. François décidé de rendre Bob malade et ridicule, puis le tuer.

Ils se réconcilient, et François pardonne Christine de l’avoir insulté. (François a apparemment oublié qu’il l’avait draguée. J’entends parler que les hommes ont de mauvaises mémoires.) Mais après il voit par la fenêtre une fête avec son éditeur. Charron, dans l’appartement de Christine, François décide encore une fois de se venger, cette fois-ci avec un combat où Tatiana tombe amoureuse de Karpov, puis Karpov et Bob se tombent amoureux ! Tatiana ne peut que regarder, choquée !

Mais à la fin, François découvre que Christine est en fait amoureux de lui, et les deux disent adieu à Charron. C’est peut-être la fin de Bob, mais pour le couple, on verra.

Comme je vous ai dit, j’ai étudié ce film ! J’ai lu sur Wikipédia qu’il y a d’autres sources, surtout OSS 117. Je peux louer les films OSS 117 chez iTunes (seulement ceux avec Jean Dujardin, donc sortis après Le Magnifique), alors ce sera notre prochaine série.

Je suis sauvé !

Ma fille a goûté la galette des rois d’hier. Je suis sûr que vous êtes surpris qu’elle a trouvé le fève.

« Justin, » vous dîtes « vous avez triché, bien sûr. » Oui et non, je peux répondre, en toute confiance. D’une part, je n’ai fait aucune marque. D’autre part — je n’ai pas eu besoin. Regardez encore une fois la photo de la galette après la cuisson :

J’ai déjà su parce que cette partie a été au-dessus les mots « made in France » sur mon tapis. Et à cause du fait que les marques n’étaient pas du tout régulières, c’était très simple de se souvenir d’où couper.

En tout cas, bien qu’elle n’aime toujours pas la frangipane, elle m’a dit qu’elle a aimé la galette, et qu’elle serait heureuse d’en avoir une autre l’année prochaine. Je suis bien satisfait de ce résultat.

La galette de Miraculous

Oui, c’est un jour en retard pour publier quelque chose à propos des galettes des rois, mais j’en ai fait un ce soir pour vendredi. Pourquoi ? C’est pour ma fille, qui est un grand fan de la meilleure émission pour les enfants, Miraculous. Je vous ai dit qu’il y a un épisode qui traite des galettes, et elle m’a demandé de lui faire une galette. Avec plaisir. (La decoration aurait pu mieux se passer.)

C’est la première fois où j’ai mis un fève dans une galette (il dit ça comme s’il a fait plus de 4 galettes des rois dans sa vie entière — M. Descarottes). Et je suis sûr que vous me comprenez quand je vous dis que l’on n’a pas de fèves dans nos magasins. Alors je suis allé dans plusieurs bijouteries à la recherche de quelque chose de la bonne taille et pas trop cher. 30 $ plus tard, voilà :

Mais on va parler un peu plus de Miraculous, surtout sur l’épisode « Chère famille », et pourquoi ça a capturé l’imagination de ma fille.

Peut-être que vous saviez déjà que le père de l’héroïne est boulanger, et que la famille a leur propre boulangerie. Mais au moins en traduction, c’est rarement le cas que les épisodes parlent fortement de la culture française. Tout se déroule à Paris, souvent en haut de la Tour Eiffel, mais la grande majorité de l’émission pourrait avoir lieu dans n’importe quelle grande ville. C’est donc un événement très inhabituel quand une fête ou des traditions uniquement françaises prennent la parole. (En traduction, l’Épiphanie n’est pas mentionnée en tant que telle ; les personnages parlent plutôt du « Jour des galettes ».)

Ça se passe de manière plutôt spectaculaire ! Il y a de petites créatures magiques, appelées Kwamis, d’où viennent les pouvoirs des héros. Si un Kwami utilise ses pouvoirs tout seul, sans un être humain, il y aura une catastrophe. Et cette fois, quand un Kwami veut manger une galette des rois, son vœu crée une galette géante qui remplit le ciel entier au-dessus de Paris !

Capture d’écran du trailer officiel de Chère Famille, ©️ ZAG-Method

À chaque fois où le méchant, Papillon, veut attaquer les héros, il jette un sort à quelqu’un pour en faire un nouveau méchant. Cette fois, il choisit 4 membres de la famille de Ladybug (l’héroïne, mais il ne le sait pas), dont son père, qui devient « Boulangerix ». Il ressemble fortement à Obelix, non ?

Capture d’écran du trailer officiel de Chère Famille, ©️ ZAG-Method

Alors, elle est curieuse parce que cette épisode est plutôt plus française que d’habitude, et moi, je veux l’encourager, bien sûr.

J’ai suivi la même recette de Cook&Record que l’année dernière, mais j’ai essayé quelque chose de stupide pour la décorer. J’avais eu l’idée que je pouvais utiliser l’emporte-pièce papillon d’hier pour couper des lignes au-dessus, au lieu d’un couteau. Voilà, des photos :

J’aime bien l’idée, mais je crois que ça a fait des trous qui n’étaient pas égales partout. À cause de ça, une partie de la galette est devenue plus gonflée que le reste. Oups.

Je vous dirai ce qu’elle pense de la galette. Franchement, je suis stressé. Je veux tellement qu’elle l’aime.

Les haguignettes

On verra enfin pourquoi j’ai dû faire de la pâte feuilletée. Les haguignettes sont une tradition normande pour l’Épiphanie, surtout liée à Rouen. Vous savez exactement qui m’a donné cette idée.

En fait, l’idée est plutôt similaire à la galette des rois, parce qu’elle vient de la tradition. Anciennement, les boulangers faisaient les haguignettes avec les restes de la pâte pour les galettes. Ce sont en forme d’animaux, qu’on fait maintenant avec l’aide d’une emporte-pièce. Les boulangers chantaient une chanson pour les vendre :

Moi, j’ai choisi une emporte-pièce en forme de papillon, parce que les papillons sont le symbole du méchant de Miraculous. Ah bon, je plaisante, mais en fait je ferai une galette pour le retour de ma fille vendredi, parce qu’une galette des rois fait partie de son épisode préféré de Miraculous. Elle est donc devenue très curieuse à propos des galettes, et je veux l’encourager.

Je ne trouve pas que cette recette donne beaucoup de haguignettes. Peut-être que mon emporte-pièce est trop grande, mais je n’ai pu en faire que trois. J’ai coupé les ingrédients pour les deux garnitures par deux, et c’était une bonne idée. Je crois que l’auteur ne s’attend pas à ce que nous ne fassions que l’une des deux. De toute façon, voilà la recette originale au site Culture Crunch.

Le plan des ingrédients :

  • 1 pâte feuilletée
  • De la compote aux pommes
  • De la crème aux amandes

On peut trouver la recette de la pâte feuilletée ici. On continue avec la compote aux pommes.

Les ingrédients pour la compote aux pommes :

  • 2 ou 3 pommes (en préférence, des reinettes ; j’ai utilisé des Fuji)
  • 1 à 2 cuillères à soupe de cassonade
  • 1 pincée de cannelle en poudre ou filet de jus de citron
  • 1 noix de beurre

Les instructions pour la compote aux pommes :

  1. Laver, éplucher, évider puis couper les pommes en morceaux.
  1. Faire fondre une noix de beurre dans une casserole et mettre les morceaux de pommes à cuire.
  1. Ajouter la cassonade, la cannelle ou ou un léger filet de jus de citron. — Je ne vais pas mentir : j’ai renversé la cannelle !
  1. Bien mélanger le tout.
  1. Laisser compoter à feu doux. — J’ai essayé d’utiliser une presse-pomme de terre, et ça n’a pas trop aidé. Alors j’ai utilisé une « machine miracle » (mixeur plongeant) après avoir coupé le feu.
  1. Mettre hors du feu et laisser refroidir.

Les ingrédients pour la crème aux amandes :

  • 50 grammes de poudre d’amandes
  • 37 grammes de sucre en poudre
  • 25 grammes de beurre
  • 1/2 oeuf (veuillez lire les instructions)

Les instructions pour la crème aux amandes :

  1. Faire ramollir le beurre au bain-marie. Ou faire comme moi et laisser le beurre à température ambiante pour qu’il devienne ramolli.
  2. Verser la poudre d’amandes et le sucre en poudre dans un bol.
  1. Ajouter un œuf, le beurre et l’extrait d’amandes amères. — Pour utiliser un 1/2 œuf, je l’ai mis tout seul dans un bol, puis je l’ai battu avec une fourchette. Après, j’ai mis la moitié de la liquide dans la crème. Voilà, 1/2 œuf.
  1. Mélanger au fouet jusqu’à l’obtention d’une crème lisse et homogène.

Les ingrédients pour le montage :

  • 1 jaune d’oeuf
  • 1 œuf entier
  • 1 cuillère à soupe de lait

Les instructions pour le montage et cuisson :

  1. Etaler la pâte feuilletée sur un plan de travail fariné et abaisser sur 3 mm.
  1. Découper en double les formes de 10 à 18 cm à l’emporte-pièce. — C’est inhabituel de couper la pâte feuilletée de cette façon. FAITES ATTENTION !
  1. Disposer les faces inférieures sur une plaque de cuisson munie de papier sulfurisé (ou un tapis en silicone).
  1. Etaler la garniture de son choix sur la pâte en laissant une bande libre sur le pourtour d’environ 5 mm. — Moi, j’ai utilisé moins. Il s’est avéré que c’était difficile de fermer les haguignettes quand même.
  1. Humidifier les bords au pinceau avec un mélange de jaune d’œuf et de lait.
  1. Poser la face supérieure et sceller les bords.
  1. Pratiquer trois ou quatre petits trous avec un cure-dent pour que la pâte ne gonfle pas trop lors de la cuisson. — Oui, les trous sont là. Faut loucher.
  1. Faire quelques dessins sur la face supérieure à l’aide d’un couteau. — J’ai essayé, mais j’ai trop peur pour faire de beaux dessins.
  1. Laisser reposer 30 min au réfrigérateur.
  2. Dorer le dessus avec un mélange d’oeuf et de sucre glace. — Moi, je n’utilisais qu’un œuf entier.
  1. Fixer les yeux en raisins secs ou chocolat. — Oups, je l’ai oublié !
  2. Préchauffer le four à 180° C et enfourner durant 30 min jusqu’à ce que ce la pâte soit gonflée et bien dorée.

Mes papillons ne ressemblent pas trop à l’animal. C’est difficile de garder la forme de la pâte. Mais ça vaut la peine et vous aurez quelque chose de différent à table !

La pâte feuilletée

Souvent dans les recettes françaises, comme pour la galette des rois ou la croustade de Couserans, on trouve l’instruction « n grammes de pâte feuilletée », ou pire « 1 pâte feuilletée », comme c’est un genre de truc bien standardisé que l’on peut juste trouver au supermarché et… c’est quoi ? Qu’il y a en fait 24 sortes de cette pâte chez Carrefour, de 6 marques différentes ? Ralphs de supermarché, c’est nul ici ! (Si vous étiez un client de Ralphs, vous le considériez aussi comme un gros mot. Carrefour me MANQUE.)

DE TOUTE FAÇON…cette recette est pour ceux qui aiment mentir qu’ils n’accepteraient jamais une pâte industrielle mais en réalité, doivent faire tout maison parce qu’il n’y a aucune pâte disponible. En fait, la pâte feuilletée est vraiment l’une des bases les plus importantes de la pâtisserie. On en aura besoin demain, mais vous ne devinerez jamais pourquoi. Sérieusement. J’ai déjà fait une galette des rois. On ne répète rien chez Coup de Foudre — il reste trop de France pour explorer !

Je dois ma recette habituelle pour la pâte feuilletée à Cook & Record. Le texte, sinon, c’est le mien. Ces quantités suffiront pour produire environ 570 grammes de pâte.

Les ingrédients pour la pâte feuilletée :

  • 250 grammes de farine
  • 125 grammes d’eau
  • 10 grammes de beurre fondu
  • 5 grammes de sel
  • 165 grammes de beurre, en préférence AOP de Charentes-Poitou

Les instructions pour la pâte feuilletée :

  1. Dans un grand saladier — ou sur un plan de travail bien plat et propre — faire un puits avec la farine. Mettre au milieu l’eau, le beurre fondu, et le sel.
  1. Mélanger tout avec soit les mains soit une cuillère en bois. Même si vous commencez avec la cuillère, vous finirez avec les mains, mais c’est plus facile pour commencer dans le saladier.
  1. Formez une jolie boule. La pâte ne devrait pas être collante. Si la farine n’est pas toute incorporée, ajouter quelques grammes d’eau et travailler plus. Si votre pâte est maintenant un peu collante, saupoudrer ave juste un peu de farine et rouler sur votre plan de travail jusqu’à ce que la pâte devienne sèche. Couper une croix au dessus de la pâte. Réservez au frigo pendant 30 minutes.
  1. Faites un carré de beurre : Mets votre beurre dans un rectangle de papier sulfurisé. Si vous avez besoin de plusieurs morceaux, on peut les battre avec un rouleau. Étaler un carré aussi régulier que possible dans le papier. Réservez au frigo jusqu’à ce que votre pâte ait reposé.
  1. Fariner votre plan de travail. Étaler la pâte, en commençant avec la croix. Former un grand carré, puis mettre le beurre au-dedans pour faire un portefeuille — plier les bords de la pâte, puis tourner au dos, et étaler. Votre pâte devrait être environ deux fois plus longue que large.
  1. Faire un tour double : plier environ un quart de la pâte vers le centre, puis plier l’autre bout au-dessus. Puis plier par deux. Frapper les bords avec votre rouleau pour faire un plus beau rectangle. Laisser reposer encore une fois au frigo, pendant 30 minutes de plus.
  1. Répéter #6 deux fois de plus. N’oubliez pas de fariner votre plan de travail encore une fois avant de chaque répétition. À la fin de la troisième fois, votre pâte est prête pour n’importe quelle recette. Vous pouvez la garder au frigo pendant 1-2 jours, couvert au film à contact, si vous n’êtes pas encore prêt à l’utiliser, ou la mettre dans le congélateur.

La vie compliquée des Français

Si vous n’êtes pas abonné au Canard enchaîné, je dois vous conseiller — fortement — de lire le numéro d’aujourd’hui. Je vais enfreindre mes règles habituelles parce que je ne peux même pas en choisir seulement quatre.

Cette semaine, également qu’en France, on a rentrée aux écoles cette semaine (pour la plupart des élèves, mardi pas lundi). Et les règles pour assister sont devenues compliquées.

Ça me rappelle une blague que j’ai trouvé sur Facebook :

(Non, je ne connais pas toutes les références. Mais j’ai fait mes achats chez Le Temps des Cerises près de l’arrêt Châtelet-L’es Halles à Paris.)

Pour continuer avec la rentrée, ce dessin m’a fait beaucoup rire, peut-être à cause de mauvaises raisons. Aux États-Unis, les notes à l’école ne sont pas 1-20, mais A-F (A est la meilleure). Mon ex se plaint que notre fille est en train d’échouer à l’école car toutes ses notes sont soit A ou A-, sauf un B.

C’est pas seulement la rentrée qui est compliquée. Sur la première page, il y a des nouvelles sur « Dry January » (janvier sec), une campagne britannique contre l’alcool arrivée en France il y a 3 ans.

Et la vie dans les trains de la SNCF aussi :

J’ai pas envie de faire des commentaires sur la politique, mais celui-ci est juste à temps pour le 6 janvier :

Et finalement, j’ai entendu BEAUCOUP parler de cette nouvelle ces derniers jours :

L’article lié dit que c’était retiré « comme prévu ». Peut-être. Aux États-Unis, cette situation n’aurait jamais arrivé, et pas parce que l’on ne fait partie de l’UE. Il y a en fait une loi pour exactement ce genre de situation. Sauf aux ambassades (dont l’ONU à New York City), c’est interdit d’installer le drapeau de n’importe autre gouvernement au-dessus du nôtre aux bâtiments publics. Ça comprend les drapeaux des états individuels. Personne n’aurait donc jamais osé installer seulement un autre drapeau sous un tel monument. Les deux drapeaux auraient flotté au même niveau.

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Le second degré n’est qu’une température

Je vous rappelle que j’ai acheté ce petit livre dans ma dernière commande chez FNAC :

J’ai lu tout de ce livre pendant environ une heure — c’est court. Mais j’ai beaucoup appris, parce qu’il y a de beaux jeux de mots avec des proverbes. Ici, je partagerai quelques de mes préférés et ce que j’ai pu apprendre. Puisque la plupart des blagues du livre étaient d’abord des Tweets, j’ajouterai des liens.

La lurette est-elle vraiment belle ? En avez-vous des photos ?

Source

Selon cette explication de l’Alliance Française de Raleigh-Durham, l’expression « il y a belle lurette » veut dire « depuis longtemps », et « lurette » vient du mot « heurette », ou « petite heure ».

Non, une souris verte ne peut pas devenir un escargot tout chaud.

Source

Je ne connaissais pas cette chanson pour les enfants. Selon Femme Actuelle, les paroles parlent de la guerre de Vendée de 1793 à 1796 — on a parlé de cette guerre au lycée aux États-Unis ! C’est pas qu’une souris se transforme, mais plutôt qu’un soldat républicain qui a torturé un soldat vendéen (la souris verte) aurait reçu une récompense (l’escargot chaud).

Quand on me dit que c’est la fin des haricots, je suis content parce que je n’aime pas les haricots.

Source

On dirait en anglais que c’est le bout de la rue. Selon le blog du Projet Voltaire, il y a plusieurs théories sur les haricots — peut-être que c’était la dernière chose à manger sur les navires au XVIIIe siècle, ou peut-être que les haricots étaient les monnaies d’un jeu de société.

Vous ne pouvez pas dire à quelqu’un qu’il est né de la dernière pluie parce qu’en fait, il est né de sa maman.

Source (pas exact)

Selon le site All About French, c’est-à-dire que quelqu’un n’est pas naïf. Bien que je n’aie jamais entendu celle-ci, j’ai tout de suite compris, parce qu’on a un dicton similaire en anglais — je ne suis pas né hier soir. On dit aussi « Je ne viens pas de tomber du camion de navets. »

Savez-vous combien de temps met un maçon portugais pour construire un mur ? En fait ça dépend de la taille du mur et de plein d’autres paramètres.

Source

Je ne comprends exactement ce que ça veut dire, mais j’ai trouvé plein de blagues à propos des maçons portugais, comme celle-ci (un peu sale) et cette page avec de nombreuses blagues. Il y a des trucs à propos de leur accent (que je ne reconnaîtrais pas) et le fait d’être des maçons, mais ça n’en explique pas beaucoup.

Il y en a un que je ne comprends pas du tout. Ça dit « Expression : PANTOMBERNEAU ». Bien que je l’aie trouvé sur Twitter, il me semble que c’est du n’importe quoi, parce que les réponses sont toutes bizarres. Mais je suis sûr qu’il y a un genre de calembour ici, parce que c’est le style de l’auteur.

De toute façon, j’espère que vous comprenez maintenant pourquoi j’adore tellement ce monsieur — quand j’ai le cafard, je compte sur lui de me rappeler de trouver une tapette à mouche !