Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Le passe ou la cuisse

Plus que l’on s’approche aux élections, moins que je comprends Le Canard. Mais il y a toujours des dessins intéressants cette semaine.

On commence avec quelqu’un qui n’aurait jamais eu le droit de travailler chez Duchemin. Il ne me semble pas que c’est basé d’une vraie histoire, c’est juste un commentaire sur les passes.

En parlant des passes, Le Canatd a des questions sur quoi exactement sera disponible pour les ukrainiens. Saviez-vous qu’en 2014, l’armée allemande a dû utiliser des manches à balai parce qu’ils manquaient de mitrailleuses ? (Le lien dit « à vérifier », mais voilà un article en anglais avec des citations officielles qui disaient la même chose.)

Moi, je dirais que tous les parents connaissent ce genre de maladie. Quelle coïncidence que ça arrivera juste après le Saint-Valentin. Je suis sûr que ça n’a rien à voir avec le fait d’éviter les foules :

J’ai dû chercher le sens de celui-ci. C’est plutôt marrant qu’il existe une telle chose comme « l’affaire des costumes offerts » ou « Penelopegate ». (Trouvez votre propre nom pour les scandales. Gate, c’est à nous !) Il y avait en fait un coup de fil entre ces deux.

Le gros titre m’a rendu bien confus. Je connais Olaf Scholz (pas personnellement, pour être clair), mais « peu de Scholz » est évidemment un calembour.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Le resto de M. M. Pokora

(Pardonnez-moi le titre, mais je ne savais vraiment pas quoi faire pour rester respectueux. Et peut-être que je l’ai aussi trouvé drôle.)

Aujourd’hui, j’étais à Los Angeles pour une IRM. Ne vous inquiétez pas trop, je n’ai pas de nouvelles blessures, c’est pour un nouveau spécialiste de la douleur. Mais pourquoi y aller ? Il n’y a aucune machine plus près de chez moi ? Oui, mais j’avais deux raisons : 1) le rendez-vous le plus tôt y était disponible, et 2) je pense toujours à vous faire plaisir, j’ai donc suivre cette nouvelle du Consulat français. Vendredi dernier, Monsieur M. Pokora était à Los Angeles pour ouvrir son nouveau resto… italien. Et c’était à seulement 2 km du cabinet médical. Quelle chance !

Le resto, Pasta Corner, est dans le « Farmers’ Market » (marché des fermiers). C’est le genre d’endroit que je suis certain serait appelé « Les Halles » si c’était en France. Ça fait une décennie depuis la dernière fois où je l’ai visité, et j’y ai trouvé beaucoup de surprises merveilleuses. On va donc faire un tour, et à la fin, je donnerai ma critique du resto.

Voici l’entrée du marché :

À gauche, il y avait la meilleure surprise de l’année. Peut-être que je devrais changer d’avis sur LA… nan ! Jamais ! (Il était une fois, j’y ai été volé sous la menace d’un couteau.) Mais Monsieur Marcel a vraiment mon attention, et j’y reviendrai pour la série « Je critique ». Ils ont une charcuterie :

Et un petit bistrot :

Et une jolie pâtisserie :

Et une épicerie PLEINE de produits français, où certains d’entre eux je ne peux même pas trouver chez myPanier ! Voilà surtout la collection de couteaux Opinel :

Si vous n’imaginez pas que j’avais des larmes aux yeux en regardant tout ça, vous devez être nouveau ici.

M. Pokora n’est pas la seule star qui a un resto au marché. Connaissez-vous Danny Trejo ? Pas moi, parce qu’il ne joue jamais dans des films français — j’ai dû demander à un ami français quels films il a tournés ! En tout cas, voilà sa taqueria, comme on dit en espagnol.

Le marché existe depuis 1934, et certaines des boutiques ont presque le même âge. Voilà Bob’s Coffee & Doughnuts (depuis 1947), et Du-Par’s (depuis 1938). Bob’s n’est pas mal, mais je vais vous dire la vérité sur Du-Par’s. C’est le resto le plus nul dont j’ai jamais visité. Ils sont célèbres pour leurs tartes, qu’on trouve dans le dictionnaire à côté du mot « OK », mais le reste est complètement nul. Vous étiez prévenus.

Il y a une crêperie, mais je ne l’ai jamais visitée :

Il y a aussi une nouvelle boulangerie, Michelina, qui a un menu très français malgré le nom italien. Remarquez, s’il vous plaît, la jolie galette des rois :

À ce point, j’ai encore plus le mal de pays, c’est donc le temps de manger de la cuisine italienne. On arrive enfin à Pasta Corner. C’est un joli petit resto, avec plein de choix :

Selon la carte, c’est le « rigatoni all amatriciana » qui est la pâte préféré de Matt. C’est la seule preuve qu’il est le propriétaire (en dehors des photos du consulat). J’ai demandé au caissier, qui m’a dit qu’il ne voulait pas que ce soit un « resto célébrité ». Au fait, le consulat a mentionné une pâte flambée dans une grande roue de fromage Parmesan. Voilà la roue :

Mais, je ne voulais pas goûter une pâte qui coûte 27 $ à un resto à emporter. J’ai donc commandé la bolognaise pour 20 $.

C’était très agréable — délicieux et une bonne quantité. Je fais maintenant assez de confiance à eux que je goûterais le plus cher plat, mais la prochaine fois où je suis là sera carrément pour visiter Monsieur Marcel. Si vous pouvez lire ce blog (et c’est évidemment le cas) et vous n’avez pas envie de tous ces trésors français, Pasta Corner est un bon choix si vous êtes dans le coin.

La qualité : Bonne

Bon marché : Moyen

Recommandation : J’y reviendrai

OSS 117 n’a pas mérité ça

Ce soir, j’ai regardé le deuxième film d’OSS 117, Rio ne répond plus. Michel Hazanavicius est un réalisateur très talentueux, et ce film est encore mieux d’une point de vue technique, mais à mon avis, OSS 117 n’a pas mérité son traitement dans ce film. Je dois être un peu plus sérieux que d’habitude.

Je veux mentionner que j’ai eu quelque chose de spécial pour manger en regardant ce soir. C’est l’un des derniers souvenirs de mon voyage. La prochaine fois, je n’apporterai qu’une tenue afin de revenir avec plus de biscuits et de bonbons. J’ai mes priorités, et pas de lumière à tous les étages.

On commence à Gstaad, où notre héros divertit son public — toutes des chinoises, apparemment — dans un chalet de ski quand des hommes de main d’un certain Monsieur Lee attaquent. OSS 117 gagne la fusillade — et c’est bien ridicule — puis il séduit la princesse chinoise qui est là. Il dit une connerie :

OSS 117 : Méfiez de Monsieur Lee et des chinois en général d’ailleurs.

Princesse : Les sales rouges.

OSS 117 : Les sales jaunes.

Puis OSS 117 entend qu’il ira au Brésil pour acheter un microfilm d’un ancien Nazi, Von Zimmel, avec une liste de collaborateurs français. C’est immédiatement évident que son chef, Armand apparaîtra dans la liste à cause du dialogue, et j’ai écrit ça dans mes notes en ce moment-là :

OSS 117 : Le Général de Gaulle, a-t-il pas dit que toute la France a fait la résistance ?

Armand : Oui, il l’a dit.

Quand OSS 117 arrive au Brésil, on voit tout de suite pourquoi j’ai dit que film a une meilleure technique. Il adopte le style des films d’espionnage des années soixante. C’est un exemple de comment le réalisateur a bien étudié ses sources. On verra qu’il utilisera cette technique pour montrer le point de vue d’OSS 117 lui-même.

OSS 117 prend une décision stupide et il a failli être tué par un chinois qui veut se venger pour Gstaad.

Il est sauvé par un agent de la CIA, Bill, un anglophone. À moins que les paroles de Bill ne soient traduites en français, vous n’avez aucune idée à quel point il dit des obscénités. Moi, j’ai trouvé ce moment un peu trop.

OSS 117 essaye de livrer l’argent pour le microfilm, mais c’est une ambuscade.

Deux allemands, qui le sauvent des lutteurs masqués, l’appellent « double-un-sept » et il les corrige « cent-dix-sept ».

Ils lui présentent Dolorès, un agent secret du Mossad. On peut voir comment OSS 117 la regarde.

OSS 117 ne veut pas travailler avec elle :

OSS 117 : Chercher un Nazi avec des juifs ? Quelle lourde idée !

Allemands : Pourquoi ?

OSS 117 : Le Nazi les reconnaîtra par le nez…les oreilles, les doigts, les yeux.

Ouais, il dit des trucs racistes. Dans un hôtel, il y a une autre ambuscade, par des Nazis et des chinois, et il raconte assez des trucs insultants, jusqu’à ce que les quatre se tuent.

Après, OSS 117 et Dolorès cherchent Heinrich, le fils de leur cible. OSS 117 dit que Dolorès ne connaît pas les dictatures, en parlant du Brésil. Elle lui demande « Et comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’État ? » Il répond : « J’appelle ça la France, mademoiselle. Et pas n’importe laquelle. La France du Général de Gaulle. » C’est une critique amère, et on devrait croire que ça arriverait de la bouche d’un tel homme, qui ne croit même pas que les collabos existaient ?

Pendant qu’ils sont coincés dans une jungle, Hubert « s’excuse » à Dolorès pour ne pas avoir d’affaires sérieuses, puis il se plainte qu’elle n’aime pas les hommes, parce que sa religion interdit les saucisses. Elle lui demande de quoi il parle, et il répond que l’alcool est aussi interdit et les femmes sont voilées. Elle lui dit de ne pas confondre les juifs et les musulmans. Il se plainte que les juifs ont l’attitude « Je suis juif alors j’ai raison sur tout. » Elle répond que ses « analyses sur les juifs, sur les noirs, sur les femmes ; j’aimerais bien que vous les gardez pour vous à l’avenir » Franchement, il me semblait que ce moment n’était qu’une opportunité pour critiquer l’ancienne génération.

OSS 117 et Dolorès assistent à une fête des Nazis. Ils sont capturés, mais ils s’échappent après une autre fusillade aussi ridicule comme celle à Gstaad.

Il s’avère que Bill les a trahis aussi, pour donner l’asile à Von Zimmel. Ça rappelle les scientifiques comme Werner Von Braun après la Seconde Guerre mondiale.

Bill: J’ai l’impression que nous sommes amis seulement quand vous nous demandez de vous libérer.

OSS 117: Qu’est-ce que tu insinues ?

Bill: Oui, pardon. Vous vous êtes libérés tous seuls, ze French.

Je n’aimais pas non plus ce moment. Je ne nie pas que cette attitude existe chez les américains. Et ce film a sorti après la deuxième Guerre du Golfe. Je ne doute pas qu’il y avait des sentiments comme ça vers nous en France à l’époque. Mais il faut demander si ça aurait été le cas en 1967, l’époque du film. En fait, en 1966, le Général de Gaulle a écrit au président Johnson que la France propose de « cesser sa participation aux commandements « intégrés » et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ». C’est-à-dire que les sentiments des deux côtés auraient été compliqués à l’époque, et pas une question de « phobies ».

À cause d’être une comédie, le film finit par rendre OSS 117 un héros encore une fois — il arrête enfin le Nazi, la femme tombe amoureuse de lui, et il est même nommé à la Légion d’Honneur.

Il s’avère que son chef faisait partie de la liste de collabos, comme j’avais deviné (pas surprenant), et il dit une chose de plus qui est vraiment une critique : « Il faut que la France oublie » pour avancer (j’ai eu du mal à comprendre la fin de la phrase, mais l’intention était bien claire). On reviendra à cette connerie. J’ai des photos de mon voyage pour partager — et elles contredisent cette attitude.

À mon avis, le plus gros problème de ce film, c’est qu’il s’arrête souvent pour sermonner le public. Et en plus, qu’il ne respecte pas le caractère des personnages. Si Hubert est un si grand dinosaure, pourquoi est-ce qu’il appelle la France une dictature lui-même ? Pourquoi est-ce que les femmes tombent-elles amoureuses de lui ? Elles semblent être fortes et sûres d’elles, alors pas besoin de tolérer ses conneries. C’est donc bien réalisé, mais il veut trop souvent faire la polémique, de peur que le public rate son message.

Les deux Postes

Une amie en France m’a récemment aidé à acheter quelque chose dont le fournisseur ne me l’enverrait pas. C’est pas encore arrivé mais je sais déjà assez pour écrire ce post, et j’ai pas envie de mentionner cette histoire quand le truc arrive enfin. Version courte : soyez fiers de La Poste, les amis.

Début décembre, j’ai envoyé un colis à quelqu’un en France. Notre poste l’a reçu le 2 décembre, mais vers la fin de I l’après-midi. On dira donc le 3 décembre. Voilà l’histoire :

J’ai payé cher pour le service appelé « Prioritaire », qui m’a promis « 6-10 jours », pour deux fois l’argent du service ordinaire. On peut voir que le colis a été retardé de 27 jours aux États/-Unis avant d’arriver en France. Je pardonne le délai après — c’était la fête du Nouvel An. Mais c’est inacceptable.

Voilà ce que La Poste a fait vers l’autre direction :

Je n’ai pas honte — c’est pas moi qui « travaille » (le mauvais mot) chez l’USPS. Mais je suis en même temps tellement gêné et jaloux. 4 jours pour traverser l’Atlantique, pas 27.

Quand j’ai vu Jour de Fête, je vous ai dit que la partie intitulée « La Poste en Amérique » était une grosse blague. C’est pas juste qu’ils ne font pas les efforts super-héroïques décrits dans le film. C’est qu’il ne faut pas utiliser le mot « effort » quand on parle d’eux.

Comme je vous ai dit, soyez fiers.

La bible de la pâtisserie

Fin novembre, un nouveau livre a été publié aux États-Unis, mais je viens de le recevoir cet après-midi. C’est « French Pastries and Desserts by Lenôtre, » et c’est la deuxième édition (en traduction) du livre « Faites votre pâtisserie comme Lenôtre » (le lien est aussi la nouvelle version). Ce livre pèse une tonne et je ne regrette pas de ne pas l’avoir importé.

Ce livre n’est pas comme mes livres de Pierre Hermé ou François Payard. Au-dedans, on ne trouve que des classiques, mais au plus haut niveau ! Les instructions sont très détaillées, et les photos sont toutes belles. On n’en attendrait pas moins de la Maison Lenôtre. Regardez :

Celui-ci est le gâteau Opéra, pour lequel M. Lenôtre est justement célèbre. J’en ferai un cette année, mais les décorations au-dessus ne seront pas aussi belles.

Sa tarte normande glace royale. Si c’est pas clair, normande veut dire « aux pommes ». Croiriez-vous que le livre dit que cette tarte a un niveau débutant ?

Celui-ci s’appelle « Singapour ananas et mangue ». Niveau moyen. J’ai des questions sur le dictionnaire chez Lenôtre.

Voilà sa bûche de Noël. Je crois que je suis en fait prêt à faire celle-ci, malgré son niveau avancé. C’est plus ou moins le gâteau Opéra en forme de bûche.

Gâteau basque. Je vais gâcher une surprise — j’ai déjà choisi ce gâteau pour le Tour des Départements il y a des mois. Je suis loin de faire ça pour chacun, mais je reçois parfois de bonnes suggestions.

Ce livre sera bien utile chez moi, parce que notre but est de partager la tradition, et beaucoup de classiques sont aussi des recettes régionales. On y trouve le far breton, le kouglof alsacien, la galette des rois, le gâteau forêt noire, etc. Pour ceux qui aiment la France éternelle, c’est indispensable.

MAIS ! Je dois râler sur quelque chose, non ? Ma plat plainte principale, c’est l’excès d’optimisme par rapport au temps de préparation. 15 minutes pour la tarte normande ? (Ça ne comprend pas le temps pour la pâte.) Il y a même de bonnes blagues à propos du sujet dans le livre. Par exemple, le temps pour la pâte feuilletée ? 5h30. Le temps pour la pâte feuilletée « rapide » ? 3h20. HAHAHA, rapide ! (Rodolphe Landemaine veut 12 heures pour sa pâte feuilletée « inversée », mais peu importe. Il n’appelle pas la sienne « rapide ».)

Je vous rappelle que Karen Krasne, la pâtissière par excellence de Californie, a étudié avec Gaston Lenôtre lui-même. Je sais donc depuis longtemps que j’ai besoin d’un livre de Lenôtre. Et honnêtement, si mes plaintes ne sont que du second degré, c’est presque aussi parfait que mon ex. (La seule chose parfaite dans l’univers. Demandez-lui.)

Le numéro emmerdeur

J’aurais dû deviner que Le Canard ne serait pas du tout fini avec « l’affaire emmerdeur » de la semaine dernière. Cette semaine, ils mettent la célèbre phrase dans la bouche de plusieurs personnes, dont Macron et Taubira. Il y a enfin un petit article sur la mort des frères Bogdanoff, deux messieurs dont je me serais attendu à les trouver au Canard, mais aucun dessin. De toute façon…

On commence avec un calembour sur la présidence d’Europe et une réunion à Strasbourg :

Moi, je fais partie des anti-choucroute avec enthousiasme mais je ne connais que le produit industriel américain, comme celui-ci. Peut-être que j’aimerais mieux une version alsacienne, mais j’avoue c’est quelque chose qui me fait peur quand je pense au Bas-Rhin.

Peut-être que vous avez entendu parler de la polémique sur les baguettes chez Leclerc. Aux États-Unis, la qualité du pain chez Walmart ou dans nos grandes chaînes de supermarchés est aussi mauvaise qu’il n’y a pas de question de concurrence. Mais il n’y a pas trop de bonnes boulangeries non plus.

Moi, je tuerais pour La Croissanterie en ce moment, peu importe s’il y en a plein de meilleures.

Il y a un dessin à propos d’Anne Hidalgo et Christiane Taubira que je trouve absolument passionnant. Au XIXe siècle, aux États-Unis, les candidats essayaient de convaincre tout le monde qu’ils sont venus de zéro. La manière la plus célèbre pour ça était de dire que l’on est né dans une cabane en rondins (« log cabin »). En 1840, le slogan « log cabin and hard cider » (cabane en rondins et cidre) a été une grande réussite pour William Henry Harrison, deux symboles de la vie des pauvres à la frontière (qu’il n’avait pas du tout partagé, mais peu importe). Mme Taubira a dit quelque chose de similaire dans son autobiographie.

Finalement, il y a une nouvelle étonnante scientifique à propos de la greffe d’un cœur de porc dans un être humain. Franchement, cette histoire me rappelle un peu Terminator renaissance. (Ne le regarde pas juste pour comprendre la référence.)

Il y a une bonne blague des canards en haut de la première page. Ils parlent de Roberta Metsola, nouvelle présidente du Parlement européen, et le deuxième dit « Ça va faire Malte ». (Elle vient de Malte.) J’ai dû la rechercher pour comprendre, mais comme on dit, il faut casser le noyau pour avoir l’amande.

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La rumeur Bonne Maman

Il y a une histoire — une légende urbaine, vraiment — qui circule sur Internet anglophone, et qui fait partie de nos sujets, parce que ça traite de l’histoire de France. J’ai vu un exemple pour la première fois il y a une semaine quand l’un de mes amis a partagé ce post. À cause d’être en anglais, je traduirai un peu :

Un professeur américain a tweeté :

« Au supermarché, j’ai rencontré une petite vieille qui restait debout en face d’une étagère avec des pots de confiture Bonne Maman…Après l’avoir aidée, elle m’a demandé « Savez-vous pourquoi j’achète cette marque ? » J’ai dit « Parce que c’est délicieux ? » Elle a répondu « Oui » et après une pause « Je suis survivante de la Shoah…Pendant la guerre, la famille à laquelle appartient l’entreprise a caché ma famille à Paris. Je l’achète donc toujours. »

C’est certainement le cas que le professeur, un certain Michael Perino (inconnu à moi) existe et a tweeté tout ça. Mais est-ce vrai ? C’est une histoire plus compliquée.

J’ai trouvé plusieurs articles écrits en février ou mars de 2021. C’est bien évident que beaucoup d’entre eux utilisent les mêmes sources. Du Jérusalem Post, de Snopes (un site en anglais connu pour des recherches sur les légendes urbaines), et du Times of Israël (ce dernier est en français). On peut dire les faits suivants avec certitude :

  • Bonne Maman est une marque d’Andros, à Biars-sur-Cère.
  • Les familles Gervoson et Chapoulart, les fondateurs de Bonne Maman, vivent à Biars-sur-Cère depuis 1910.
  • En 2016, un survivant qui vivait dans le New Jersey a dit à un journal qu’il a été caché à Biars-sur-Cère par d’autres Français. Et il a mentionné Bonne Maman (qui n’a pas été fondée jusqu’en 1971). Mais il est mort avant cette histoire, alors personne ne peut lui demander plus de détails.

Ce qu’on ne sait pas :

  • Le musée israélien Yad Vashem garde des témoignages de survivants sur leurs sauveurs. Il y a 2999 enregistrements de la base de données qui traitent de la France (je l’ai vérifié). Mais il n’y a aucun enregistrement qui parle de Biars-sur-Cère.
  • L’entreprise Andros refuse de répondre à n’importe quelle question sur ses fondateurs, alors il manque un témoignage direct.

Il faut que j’ajoute qu’il y a toujours beaucoup de rumeurs à propos des entreprises qui existaient à l’époque de la SGM aux États-Unis. Parfois, elles sont vraies — Hugo Boss lui-même a réalisé les uniformes de la SS. Parfois, elles sont fausses — la soda Fanta à été créé en Allemagne pendant la SGM, mais pas par les Nazis (lien en anglais). Dans le cas de Bonne Maman, que ce soit vrai ou pas, on peut dire qu’il y a clairement des sentiments positifs envers la France et cette marque, à cause desquels beaucoup de monde veulent croire que c’est vrai. C’est une bonne chose.

Je découvre l’Indre

On continue le tour avec le 36, l’Indre. C’est le département le quinzième moins peuplé, et les habitants se nomment indriens. C’est notre troisième séjour dans la région du Centre-Val de Loire (si on ne compte pas que j’ai passé une belle journée dans le Loiret). En plus, c’est notre deuxième séjour dans l’ancienne province du Berry, et je dois vous dire — ils ont le meilleur site web touristique que j’ai vu. (Contrairement à tous les autres, on peut emprunter leurs photos !)

Encore une fois, on commence donc en dehors de la préfecture, cette fois au Château de Valençay (3 étoiles Michelin), l’ancienne maison du plus grand homme politique de tous les temps, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dit simplement Talleyrand chez les anglophones. Si vous n’êtes pas d’accord sur sa grandeur, considérez qu’il n’a perdu la tête ni sous l’ancien régime, ni sous Robespierre, ni sous Napoléon. C’est comme M. Machiavel — même si on n’est pas d’accord avec ses choix, impossible de nier son talent. Dans le château, on trouve les salons où M. Talleyrand accueillait des diplomates, des souvenirs du Congrès de Vienne, un parc et des jardins exceptionnels, et les cuisines où travaillait le chef légendaire Antonin Carême. (Un nom plutôt malheureux pour un chef, non ?)

Château de Valençay, Photo par Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0

Très peu au sud de Valençay, on trouve le Château de Bouges (2 étoiles), à Bouges-le-Château. J’ai failli le visiter juillet dernier. Comment ? Eh bien, c’est une réplique du Petit Trianon à Versailles ! Bien sûr, c’est pas une copie exacte — il y a leurs propres collections de meubles et d’art, mais à l’extérieur, c’est en fait Versailles ici ! Puis on conduit environ 60 km vers l’ouest pour visiter le Château d’Azay-le-Ferron (1 étoile), un château qui a eu de nombreux propriétaires entre le XVe et XXe siècles et a donc de nombreux styles architecturaux aussi.

Très proche à Azay-le-Ferron, on trouve le Parc naturel régional de La Brenne (2 étoiles), où on trouve plus de 3 000 étangs et 100 000 de tortues ! Après avoir passé un jour au parc, on conduit un peu vers l’est, pour visiter l’Abbaye de Fontgombault (1 étoile), du XIe siècle, avec une église du style roman. Leur communauté religieuse a même fondé un nouveau monastère aux États-Unis, Notre-Dame de Clear Creek dans l’Oklahoma. Notre plus long trajet — 90 km à l’est — nous amène à Nohant-Vic pour visiter la Maison de George Sand (1 étoile), consacré comme musée de l’écrivaine célèbre (de son vrai nom Aurore Dupin) et ses connaissances, comme Balzac, Delacroix, Liszt, et Chopin — à l’honneur de ce dernier, on y trouve le Festival Chopin tous les juins. Pendant que vous êtes là, ne ratez pas non plus les Fresques de Vic (2 étoiles), du XIIe siècle, dans l’Église Saint-Martin. On finit à Issoudun, pour visiter le Musée de l’Hospice Saint-Roch (2 étoiles), avec une collection très inhabituelle, dont deux sculptures de l’Arbre de Jessé, de l’art océanienne, et du patrimoine, dès l’époque gallo-romaine.

On a fait un tour autour de la préfecture, Châteauroux, sans la visiter. Ça n’arrive jamais ici, je veux donc vous dire que j’aime bien ce que j’ai trouvé de cette ville-là. Il me semble que je pourrais être très heureux d’y vivre. Mais en tant que destination touristique, je trouve que les bonnes addresses de l’Indre sont en dehors.

Qui sont les personnages les plus connus de l’Indre ? Il faut qu’on commence avec le prince Talleyrand et l’écrivaine George Sand. Le réalisateur Jacques Tati a tourné le film Jour de Fête à Saint-Sévère. L’acteur Gérard Dépardieu est né à Châteauroux, Le prince infâme italien César Borgia était seigneur d’Issoudun,

Quoi manger dans l’Indre ? Ils partagent leur cuisine avec leurs voisins berrichons du Cher, alors on y trouve le truffiat, une galette pleine de pommes de terre que nous avons déjà goutée — également pour le gâteau moelleux aux noix du Berry. La lentille verte est un produit local Label Rouge, et ça fait partie de nombreux plats, dont la crème de lentilles vertes et la velouté de lentilles vertes. Il y a deux fromages AOP de l’Indre, le fromage chèvre de Valençay, et le Pouligny-Saint-Pierre. Les vins de Châteaumeillant viennent également de l’Indre que du Cher, mais je ne peux pas les acheter ici. Parce que j’ai déjà fait un dîner très typique du Berry, peut-être qu’on fera des recettes du chef Carême. On verra.

Le héros que j’admire

Ça y est ; j’ai enfin trouvé le personnage français dont j’ai le plus envie d’imiter ! C’est Hubert Bonisseur de la Bath, qui se comporte exactement comme moi (pourtant, il est en meilleure forme). Dans « Le Caire, nid d’espions » il dit beaucoup de choses qui pourraient être des phrases sur ce blog ! Mais avant de parler du film, je vous dois mes excuses — je l’ai loué sur iTunes aux États-Unis, alors il y a des sous-titres en anglais.

On commence dans un avion à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Hubert (OSS 117) et son ami Jack volent des plans pour les fusées V-2 et tuent un colonel nazi.

Dix ans plus tard, on rencontre OSS 117 à Roma, où il vole une enveloppe à la Princesse Al Farouk, qui tombe amoureuse de lui. Leur conversation est marrante :

Princesse : Avant de partir, sale espion, fais-moi l’amour.

OSS 117 : Je ne crois pas, non.

Princesse : Pourquoi ?

OSS 117: Pas envie. Je n’ai pas aimé le truc sur les vaches.

Princesse : Je le retire.

Notre héros revient à Paris, où il reçoit ses ordres pour aller au Caire. À l’aéroport, il retrouve Larmina, le secrétaire de son ami Jack.

Au canal de Suez, il y a une scène culte. OSS 117 nous montre qu’il ne se soucie d’aucune culture en dehors de la France. Et on trouve combien de posts sur des autres cultures ici ? Exact.

OSS 117: Construire pareil ouvrage il y a quatre mille ans, il fallait être visionnaire.

Larmina : Le canal a été construit il y a seulement quatre-vingts six ans.

Puis OSS 117 et Larmina arrivent au bureau de la Société Cairote d’Élevage de Poulets, où Jack travaillait. Ils retrouvent Moeller, un concurrent allemand, et OSS 117 nous montre qu’il ignore n’importe quel indice, comme le mot « Kapov » écrit dans un paquet d’allumettes.

À son hôtel, OSS 117 est pris en embuscade par la princesse et son acolyte. Il est très doué en combat ! On voit un exemple de la pauvre qualité de la traduction — en français, OSS 117 dit qu’il a un « pistolet », et la traduction dit « revolver. » C’est en fait un semi-automatique.

Plus tard, il y a une autre mauvaise traduction du dialogue suivant :

Larmina : Mais ce sera surtout l’occasion de rencontrer le gratin Cairote.

OSS 117 : Et non pas le gratin de pommes de terre ! … Nan, parce que ça ressemble à carotte, Cairote. Le… le légume, puisque vous avez dit gratin… Gratin de pommes de terre… C’est, c’est une astuce…”

La traduction parle de beurre et de crème, pas de légumes. Je ne connaissais pas ce sens du mot gratin. En anglais, on dirait « la crème de la crème » — oui, avec des mots français. En tout cas, lui et moi, nous racontons des blagues de même qualité .

À la fête de laquelle ils parlaient, OSS 117 dit des choses insultantes à propos de l’Islam parce qu’elle ne boit pas d’alcool. Mais ensuite, Larmina lui donne, à mon avis, le plus grand compliment possible :

Plus tard, il est capturé par des militants islamistes qui essayent de le noyer.

Après s’être échappé, lui et Moeller se retrouvent et Moeller l’emmène dans une pyramide.

Il s’avère que Moeller est un ancien colonel Nazi, et il a des plaintes :

Moeller : C’est marrant que c’est les Nazis qui ont les mauvais rôles

Après qu’OSS 117 ait attrapé les Nazis, Larmina lui demande comment il a trouvé le bon bouton pour fermer la porte. Et il répond avec une réplique qui pourrait être le slogan de ce blog :

Larmina : Comment avez-vous fait ça ?

OSS 117 : Ma chère, quand on s’intéresse à une culture, on en apprend la langue.

(Peu importe que ça contredise son attitude d’avant.)

Au fait, j’étais bien curieux de sa montre — il s’est avéré que c’était une Tissot. Ça me surprend parce qu’à l’époque du film (1955), les Bréguet étaient toujours fabriquées en France (jusqu’en 1987). Un tel chauvin français n’aurait dû porter rien d’autre.

De toute façon, OSS 117 découvre que c’est en fait son ancien ami Jack qui est derrière toutes les intrigues du film. La princesse tue Jack, puis elle se bat contre Larmina. OSS 117 et Larmina finissent par détruire les armes qui étaient la raison pour la mission au début.

OSS 117 rentre en France, et déjeune avec son chef à propos de sa prochaine mission, en Iran.

Chef : Je vous envie, Hubert. L’Iran est un beau pays et je crois que les Occidentaux y sont fort appréciés.

OSS 117 : Vous savez, les Occidentaux sont appréciés partout à condition qu’ils y mettent un peu du leur.

Voyez-vous ? Comme on dit, « Qui se ressemble, s’assemble ». Pas surprenant que j’adore OSS 117 !

Le con stéréophonique

J’imagine souvent une conversation entre quelqu’un comme moi et un Français :

Français : Tu vas où en vacances ?

Américain : Je visiterai Colères.

Français : Tu n’es pas sérieux ! Où est-ce ?

Américain : T’es con, toi ? C’est la préfecture du 49 !

Français : C’est toi le con ! C’est Angers !

Américain : Ouais, et ma carte est en anglais, et « anger » est « colère » en français. C’est quoi le problème ?

J’ai de plus en plus la même pensée sur des mots en anglais. Pour une conférence, on dit « conference, » sans l’accent, et « convention » est le même mot dans tous les deux, mais on dirait aussi pour les deux « con. » C’est encore plus drôle pour « téléconférence », parce que l’on dit « telecon, » et c’est habituellement un coup de fil avec plusieurs cons en même temps. Je vous dis tout ça parce que jusqu’à il y a 2 semaines, j’allais assister à un événement aujourd’hui appelé « Audio Con LA. »

En fait, cet événement pour des mélomanes est géré par deux québécois, qui gèrent aussi le Salon de l’Audio de Montréal, et personne ne peut me convaincre qu’ils n’ont déjà eu cette pensée. De toute façon, Audio Con est annulé à cause d’Omicron. Et je suis tellement triste parce qu’il y aurait été beaucoup de liens entre l’événement et ce blog. Oubliez les déchets comme Sony ou Samsung ; certains des meilleurs équipements au monde viennent de France. Je parle de marques comme Focal, Micromega, et Jadis. Mais il s’avère que j’ai quand même une histoire de son et d’un produit français.

Depuis mes jours au lycée, je suis toujours fier du fait que tout mon équipement est fabriqué aux États-Unis. Beaucoup de monde croient que tout ce genre de truc vient du Japon ou de la Chine, mais c’est pas vrai. Quand je dis tout mon équipement, c’est la vérité — l’amplificateur, les haut-parleurs, même deux des trois lecteurs de disques (pour mes films français, j’ai dû acheter un produit de Sony). J’ai le même casque depuis 1996, qui vient d’une entreprise à New York City :

Le casque marche parfaitement toujours, et d’habitude, je ne fais pas de changements juste pour l’avoir fait. Mais c’est mon loisir le plus important, et j’espérais qu’en assistant à Audio Con, j’aurais eu l’opportunité d’écouter certains produits français. Je veux que ça fasse partie de toute ma vie.

Par hasard, en même temps que l’évènement a été annulé, j’ai eu une très rare opportunité, d’acheter un casque audio de Focal — d’un revendeur autorisé, mais arrêté par le fabricant — pour un tiers de son prix d’origine. J’ai pris le risque. Voilà :

Et croyez-moi, je l’ai enregistré avec Focal dans la bonne langue :

Comment est-ce ? Si vous connaissez bien les casques, il y a deux sortes, ouverts et fermés. Mon ancien, c’est ouvert. Le nouveau, c’est fermé. Je dirais que le nouveau est plus différent que meilleur, mais c’est également le cas que mes jeans du Temps des Cerises ne sont vraiment pas meilleurs que les jeans Polo. Ce sont plutôt une expression d’identité, et pour la deuxième fois cette semaine, je ne regrette rien.