Archives de l’auteur : Justin Busch

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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

À la boucherie

Après avoir écrit sur notre visite à Harris Ranch, et surtout du fait que le découpage de bœuf à l’américaine n’est pas identique au français, j’ai reçu un courriel d’Anagrys avec une photo tirée d’un livre français sur la boucherie, qui montre très bien les différences. C’était particulièrement intéressant pour moi, parce que depuis le début, j’ai souvent du mal à traduire les noms des morceaux.

Évidemment, le niveau de détail est plutôt différent pour les trois découpages, mais même sans labels pour toutes les parties, c’est facile de voir que les Français coupent la vache beaucoup plus finement que les Britanniques ou les Américains.

Pour référence, voici la liste complète de morceaux de bœuf à l’américaine selon le Cattlemen’s Beef Board. Ce sera important :

©️Cattlemen’s Beef Board, tous droits réservés

Il s’avère qu’avec « l’aide » de certaines fausses références, ainsi que le fait les britanniques ne savent pas parler anglais, et utilisent les mauvais mots pour décrire certains steaks, j’ai fait beaucoup plus d’erreurs en achetant mes morceaux de bœuf pour le blog que je ne le pensais.

L’année dernière, une autre Langue de Molière parlait de l’erreur où je croyais que « faux-filet » voulait dire de la fausse viande végane. Mais ! À l’époque, je vous ai dit que selon mon amie lyonnaise (l’une d’entre elles à ce point, mais celle à qui je pense quand c’est au singulier) m’avait dit qu’il s’agissait du morceau dit « sirloin » en anglais. Cependant, comme beaucoup de Français, elle a appris la langue britannique. Vous aurez remarqué que dans l’image française, le faux-filet vient de la partie de la vache dit « aloyau ». Mon dictionnaire Oxford, écrit par des britanniques, traduit ce mot faussement par « sirloin ». Mais si vous regardez l’affiche américaine, avec les noms en bon anglais, il y a une différence entre « loin » et « sirloin ». Un « sirloin » en anglais est en fait la partie notée comme « bavette d’aloyau ». Le filet en français, dit « filet mignon » en anglais, vient de la même partie que le faux-filet, le « loin », et le bon équivalent est en fait ce que l’on appelle « strip steak ». On voit souvent aux États-Unis « New York strip » ou « New York steak », mais c’est tout la même chose. Alors, chaque fois où j’ai vu « faux-filet », j’ai acheté des « sirloins », ce qui est la bavette d’aloyau, pas le faux-filet.

Si ça vous laisse toujours perplexe, quand on a parlé des « T-bone steaks » venant de Harris Ranch, ce sont des os avec du filet à un côté, et du faux-filet à l’autre côté. Les britanniques diraient que c’est « filet mignon » et « sirloin », et c’est pourquoi je dis qu’ils ne savent pas ce qui veut dire « sirloin » en anglais. (Au cas où vous l’oublieriez, j’en ai marre de leur attitude que je ne parle pas anglais.)

Mais il y a une erreur encore plus gênant. Chaque fois où j’ai dit « paleron » dans ce blog — le bœuf bourguignon, le chili colorado, la soupe VGE — j’ai acheté de la viande du mauvais bout de la vache. Dans les deux premiers cas, c’était ce que l’affiche appelle « round », du rumsteck — mais ça aurait dû être « chuck ». Il y a beaucoup de morceaux sous la rubrique de « chuck », mais il suffit de dire qu’un bon « blade » ou « flat iron » aurait été le bon choix. Pour la soupe VGE, j’ai acheté du filet — la recette telle que je l’ai trouvée sur le site du Guide Michelin a dit paleron, mais j’avais vu d’autres versions en anglais qui disaient filet.

La seule chose que je peux dire que j’ai fait correctement chaque fois, c’est l’entrecôte. Quand je vois entrecôte dans une recette, j’achète toujours ce que l’affiche américaine appelle « ribeye ». Ça vient de la partie dite « rib », et vous pouvez voir que c’est la partie dite « entrecôte » dans le découpage français. « Côte » se traduit par « rib » dans son sens anatomique, alors là, je sais que je fais toujours la bonne chose.

Mais c’est gênant. Je vous donne toujours les bons noms en français, car toutes mes recettes sont tirées de sources françaises ([Le chili colorado vient désormais du Colorado provençal, apparemment. — M. Descarottes]), mais ça fait presque 5 ans de mauvais achats de mon côté !

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine avec le plus grand casse-tête du livre, grâce à une observation de Filimages.

Le pain perdu selon Péla

La Fille et moi étions dans notre chambre d’hôtel à San Francisco quand WordPress m’a dit qu’elle avait publiée une recette de pain perdu. Je l’ai tout de suite montrée à La Fille, qui m’a répondu : « Comment oses-tu me montrer ça quand nous sommes si loin de notre cuisine ? » Naturellement, 4 jours plus tard, nous l’avons testée :

Joli, hein ? Allons préparer le pain perdu !

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Saison 4, Épisode 20 — La reprise du Tour commence

D’abord, merci à tous pour être compréhensifs en ce qui concerne le drame d’hier. Ma mère va bien, tous les tests étaient négatifs — il s’agissait uniquement d’une élongation. Je m’inquiète que ça renforcera son habitude de ne pas vouloir chercher un docteur quand elle a des plaintes, mais comme j’aime dire en détournant un dicton anglais, on brûlera ce pont quand on y arrivera. (On dit normalement « croisera » ; ça veut dire que l’on réglera les problèmes quand on les trouveront, pas avant. Ça se dit de choses considérées peu probables.)

Je dois mentionner à nouveau ce que j’ai dit en écrivant sur l’avenir pendant la Grande Fête du Tour. Je refais seulement les 5 premiers départements, parce que j’étais insatisfait de leur traitement. Le format tel que vous le connaissez, 12 photos et un paragraphe sur les personnages ainsi que qu’un sur la cuisine, n’était pas complètement établi jusqu’au 22, les Côtes-d’Armor, mais toutes les idées étaient présentes à partir des Ardennes. Je n’ai pas envie de tout refaire, mais quand j’ai commencé à tout relire pour la Grande Fête, il me semblait que je devais quelque chose de plus aux 5 premiers.

J’aime partager des nouvelles bizarres dans ces posts, et rien n’est plus bizarre que l’histoire de « Leonardo da Pinchy », le chat voleur nouvelle-zélandais (lien en français). En anglais, « pinch » (pincer) a un sens argotique qui veut dire voler, alors ça rime avec le nom de Léonard de Vinci en italien.

Je pense à écrire un billet tout au sérieux plus tard cette semaine, pour revisiter un sujet qui me fait toujours mal au cœur, mon meilleur ami et les suprémacistes chinois en ligne qui l’ont sous leur emprise. Nous avons eu une conversation écœurante ce week-end, car j’ai partagé les Bonnes Nouvelles de cette semaine avec lui, et encore une fois, entendre que l’Europe était supérieur à l’Asie en technologie dans le moindre détail, l’a mis en colère. Je n’avais même pas encadré le sujet de cette façon ! C’est un virus mental qui affecte de plus en plus d’Américains, peu importe la couleur de sa peau. Au fil de la discussion, il a dit que la Chine a le droit de supprimer la langue tibétaine car la France avait fait pareil partout. Il a même cité un réquisitoire en français (par une Bretonne) qu’il ne peut pas lire, ce qui témoigne au niveau de passion, si moins à sa qualité.

Mais je n’aime jamais terminer ces billets sur une note négative, alors : demain vous aurez notre prochaine recette de Péla, et cette semaine verra aussi l’une de mes recettes préférées, un plat principal russe, mais cuisiné comme aux États-Unis (la version dans le Larousse gastronomique est très loin).

Notre blague traite du plus vieux métier au monde. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Élève et Cthulhu. Les Bonnes Nouvelles traitent d’une réussite technologique française.

Sur le blog, il y a aussi Qu’est-il arrivé à San Francisco ?, sur la chute de la ville, Mes plaintes, version californienne, mes plaintes annuelles sur mes vacances, C’était où l’incendie ?, sur un court-métrage de Claude Lelouch, et Dimanche avec les urgences, sur un événement qui m’a empêché d’écrire Dimanche avec Marcel.

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Dimanche avec les urgences

Aujourd’hui était censé être le retour de Dimanche avec Marcel. Mais je n’avais rien lu jusqu’à samedi soir ; puis, quelque chose s’est passé. D’abord, sachez que personne n’est mort. Bon ? Je vais vous raconter le pire secret du blog, puis les événements d’hier soir.

Ambulance dans le Loiret, Photo par Alf van Beem, Domaine public

On est en 1971. Ma mère vient d’être diplômée à la fac et ses parents lui payent un voyage en Europe pour la féliciter. Elle avait appris le français au lycée, mais n’a pas exactement profité de l’expérience (si j’ai un don pour les langues, ça vient uniquement du côté paternel — mon arrière-grand-père a appris 6 langues pour son pressing à New York City).

Le jour de son arrivée à Paris, elle ne sait rien, mais son père a mal à l’épaule gauche. Il appelle son frère, un docteur, qui lui dit que c’est probablement rien de grave. Le lendemain, il est mort d’une crise cardiaque — saviez-vous que le mal à l’épaule gauche est un signe d’une crise cardiaque ? Ma grand-mère l’appelle à Paris pour lui dire de rentrer tout de suite.

Et maintenant, vous savez la vérité sur pourquoi elle luttait pour m’empêcher d’apprendre le français jeune. En quelque sorte, son mauvais souvenir était mon problème. C’est ça la raison pour laquelle j’ai caché toute connaissance même de mes activités avec Duolingo à ma famille jusqu’en 2023.

Samedi soir, ma mère a commencé de se plaindre de mal à… son épaule gauche ! Mais dès qu’elle a dit ça, elle a commencé à tout minimiser, à proposer des raisons pourquoi il n’y a eu aucune raison pour aller aux urgences. Cependant, en même temps, elle continuait de poser tout genre de questions à moi et à mon père afin de se diagnostiquer. Nope.

Je ne suis pas docteur, et mon père non plus. C’est la même chose avec vos proches. Et même si j’ai tort et l’un de vos proches est médecin, il n’est pas votre médecin. En fait, aux États-Unis, c’est une violation éthique de soigner sa propre famille. Il y a beaucoup de bonnes raisons pour ça. Peut-être que vous écrirez de fausses ordonnances pour des opioïdes. Ou peut-être que vous êtes en train d’intenter un procès en divorce, et vous abusez de votre diplôme de médecine pour dire au juge que votre ancien chéri est en fait autiste, et il doit payer 5 000 $ à des spécialistes pour prouver que c’est faux. Je vous rassure, cette dernière situation est certainement hypothétique et n’a rien à voir avec mon histoire. J’ai payé plus cher que ça ! J’imagine que la situation est similaire en France, et pour les mêmes raisons.

Tout ça, c’est-à-dire que si vous croyez que vous faites une crise cardiaque, ne faites pas d’excuses pour ne pas voir un médecin. Si vous avez raison, votre petit-fils risque d’être interdit d’étudier le français, et il finira par voler à travers l’Atlantique juste pour une nuit. Pire, peut-être que vous ne serez pas là pour le voir. Faites pas ça, d’accord ?

C’était où l’incendie ?

Ne me dites jamais que je ne fais rien pour vous. Je suis si généreux qu’aujourd’hui, je vous propose un film entier de Claude Lelouch, gratuit. Voilà :

Il s’agit d’un court-métrage, intitulé « C’était un rendez-vous ». Dans ce film, il n’y a aucun dialogue, juste les bruits d’un moteur alors que l’on voit tout Paris passer sous nos yeux : de l’Arc de Triomphe à la Basilique du Sacré-Cœur, en passant par le Quai des Tuileries, la Place de l’Opéra, et plein d’autres points de repère bien connus. (Il y a une liste complète au lien.) Mais ce court-métrage cache quelques autres faits intéressants.

Le chauffeur est Lelouch lui-même. Il roule dans sa propre Mercedes-Benz 450 SEL 6.9 — une berline haut-de-gamme avec un moteur de 286 chevaux (le son, cependant, vient d’une Ferrari). Il a décidé de tourner de fil car il lui restait de la pellicule après le tournage de « Si c ‘était à refaire », mais vu le taux incroyable de délits dans de film — tout feu rouge est ignoré — il devait tout tourner en une fois.

Mercedes-Benz 450 SEL, Photo par Matti Blume, CC BY-SA 4.0

On dit en anglais quand un autre roule à si grande vitesse, « Where’s the fire? » (C’est où l’incendie ?). Vous pouvez deviner du titre ce qui est à l’origine de l’urgence, mais aucun incendie n’est impliqué.

Selon cette interview en anglais qu’un ami anglophone m’a envoyée — c’était lui qui m’a fait découvrir ce film — le film a fait fureur à sa sortie : Lelouch n’a pas demandé l’autorisation pour rouler comme ça dans les rues parisiennes. Heureusement, Wikipédia raconte aussi son histoire la plus amusante :

Après le tournage, convoqué par le préfet de police, ce dernier lui a retiré son permis de conduire (on voit dans le film que Lelouch a brûlé plus d’une dizaine de feux rouges et n’a pas respecté autant de priorités à droite) pour le lui rendre quelques instants après : « Je m’étais engagé à vous le retirer » me dit-il. « Mais je n’ai pas précisé pour combien de temps »

Cependant, il y a une chose qui me rend perplexe. Le film donne l’impression que tout se passe à grande vitesse. Mais Wikipédia nous dit aussi : « Ce trajet mesure 10 km de long, ce qui suggère une vitesse moyenne de 75 km/h. » Ce n’est pas particulièrement vite quand une rue est assez large — la limite est 80 km/h dans la rue directement à côté de mon immeuble. Toutefois, à tout moment, il semble qu’il roule si vite, il risque d’avoir un accident. D’où vient cette impression ? J’ai du mal à l’expliquer.

Quand je l’ai vu, j’ai dit à mon ami que je croyais qu’il fallait 40 minutes et 15 arrêts pour faire le même trajet par métro. J’étais très proche — Google m’a donné un itinéraire de 41 minutes et 14 arrêts. Pas surprenant que j’étais proche : le parcours de mon deuxième jour en France était presque identique. Mais à vrai dire, quand on fait tout ce trajet sous terre, impossible d’apprécier vraiment l’ambiance. Bien que je sache que le Paris de ma visite était déjà très différent de celui du film, surtout en ce qui concerne la circulation, c’est une expérience émouvante de voir tous ces endroits bien connus dans si peu de temps.

Je redécouvre l’Ain

On reprend maintenant le Tour avec le début des « 5 Premiers, revisités ». Cette fois, on revisite le 01, l’Ain. C’est le département le trente-neuvième plus peuplé, et les habitants se nomment aindinois. C’est notre premier retour en Auvergne-Rhône-Alpes.

Que ça sente merveilleux, n’est-ce pas ?

À Bourg-en-Bresse, il faut absolument visiter le Monastère royal de Brou (3 étoiles Michelin), un joyau de l’architecture gothique flamboyante, un style bien connu en Belgique, mais unique en France. Construit sous Marguerite d’Autriche en tant que mémorial à son époux, Philibert de Savoie, on y trouve de nombreux points forts, tels que le « jubé », un mur pour séparer le chœur du nef, construit en « dentelle de pierre » ; les trois tombeaux de Marguerite, sa mère et son époux ; et trois cloîtres, pour la famille royale, les moines, et les domestiques, une structure aussi unique en France.

Au nord de Bourg-en-Bresse, à Saint-Trivier-de-Courtes, on visite la Ferme de la Forêt, une ancienne ferme du XVIe siècle devenu musée consacré à la vie agricole du XIXe siècle et la culture bressane. Un autre bon choix dans la même région est le Domaine des Saveurs (1 étoile) à Saint-Cyr-sur-Menthon. Cette ferme du XVe siècle, de nos jours le musée départemental, est remarquable pour l’élevage des célèbres volailles de Bresse, ainsi qu’un potager. Juste à l’ouest de Bourg-en-Bresse se trouve la cité médiévale de Châtillon-sur-Chalaronne. Si seulement j’avais su ce que je faisais au début — j’aurais pu avoir mon Montargis sans attendre le Loiret ! Qui n’a pas envie de prendre une balade autour de la rivière Chalaronne quand ce quartier vous attendez ? Et pour quelque chose d’inhabituel, donc très Coup de Foudre, essayez le Musée du train miniature qui se trouve dans la ville.

On passe vers l’est du département pour visiter les Grottes du Cerdon, coupées sous la terre par une rivière, et inhabitées par des hommes préhistoriques il y a 12 000 ans. Attention, à cause des eaux, il fait froid dans les grottes mène en été, alors portez une veste ! Au nord-est des grottes, on visite un autre musée inhabituel, le Musée du Peigne et de la Plasturgie à Oyonnax (pas de photos gratuites, hélas). La région se dit « Plastics Vallée » et abrite une industrie importante consacrée aux produits en plastique — le musée a une collection de plus de 16 000 objets fabriqués dans le Haut-Bugey. Puis, en dehors de la commune de Valserhône se trouve les Pertes de la Valserine (1 étoile), une curiosité naturelle au milieu de la rivière Valserine ou l’eau semble disparaître derrière les rochers — attention, le sentier n’est pas pour ceux en mauvaise santé.

Notre prochain arrêt est le Fort l’Écluse à Léaz. Il y a des fortifications sur ce point stratégique depuis le XIIIe siècle — attention aux Dauphinois — mais les bâtiments tels qu’ils existent de nos jours ne datent que de l’époque napoléonienne, avec des additions pour la Ligne Maginot. En plus des expositions historiques, le fort abrite un festival de jazz l’été, en partenariat avec notre prochaine destination, le Château de Voltaire (1 étoile), près de la frontière suisse. Le philosophe a acheté le domaine en 1759, mais le château lui-même n’était achevé que 3 ans plus tard. De nos jours, c’est un monument historique consacré à son mémoire, avec de nombreux bustes et portraits là-dedans.

Dans le pays de Gex se trouve le Col de la Faucille (2 étoiles) et plus important, le Mont-Rond (2 étoiles), des points de vue pour observer les montagnes du Jura et le lac Léman, ce qui me donne encore une fois envie d’une tarte de Key Lime (c’est une blague HORRIBLEMENT américaine — « lac » sonne comme « lock », ou serrure, et Léman sonne comme « lemon », citron, alors que « key » veut dire clé et « lime » veut dire citron vert ; disons que je suis très loin d’être le premier à dire ça — mais d’habitude, c’est pour Loch Lomond en Écosse).

Qui sont les personnages les plus connus de l’Ain ? François-Marie Arouet, dit Voltaire, est évidemment la star du département, y ayant vécu pendant les 20 dernières années de sa vie. Le peintre Louis Jourdan est né à Bourg-en-Bresse, ainsi que le chef Jacques Pépin, qui a fait sa carrière aux États-Unis, et l’humoriste Laurent Gerra, plus connu en tant que le porte-parole du gouvernement Descarottes. Le compositeur Gabriel Fauré séjournait souvent à Divonne-les-Bains pour des raisons de santé.

Que manger dans l’Ain ? Tout doit commencer avec les produits phares du département : les fromages Comté AOP, Morbier AOP et Bleu de Gex AOP, ainsi que la volaille de Bresse AOP. En plats principaux, il y a les grenouilles comme en Dombes, des cuisses de grenouilles roulées dans de la farine et frites dans du beurre bressane (à vous), ainsi que de nombreuses préparations de la volaille de Bresse — par exemple, à la crème et aux morilles, ou aux écrevisses. En dessert, il y a la tarte bressane, une brioche garnie d’un mélange de crème et de sucre, et la galette de Pérouges, une tarte au sucre très similaire à notre dessert ardennais. Pour boire, il y a le vin Coteaux de l’Ain IGP, les vins du Bugey AOC, et l’eau-de-vie dite Marc du Bugey.

Mes plaintes, version californienne

Aucun récit de voyage chez moi ne se termine sans un billet consacré aux plaintes. C’est une tradition qui date de mon premier voyage en France, jusqu’au voyage à Las Vegas l’année dernière, en passant par le voyage fou et Montréal. Il n’y a rien pour la Nouvelle-Orléans, car la seule plainte aurait été sur ma famille, mais je vous rassure, j’avais aussi une grosse plainte à cette époque-là. On dirait que cette fois, il n’y a rien de nouveau, car je râle souvent sur la Californie, mais on aurait tort — car cette fois, je râle sur mes con-citoyens du Nord.

(Et non pas du Norg, les joueurs de Final Fantasy VIII.)

La première plainte, c’est que pour autant que je me plaigne des prix en Californie du Sud, c’est encore pire là-haut. Il y a des semaines, nous avons parlé du prix de notre commande habituelle chez McDo, dans le resto le plus proche de chez moi. Ce prix a haussé de 27 % pendant les 18 derniers mois.

Je tuerais pour que tout soit si bon marché en Californie du Nord.

Si vous êtes ici depuis longtemps, vous savez que de tous les restos rapides chez moi, le plus cher au cœur pour La Fille et moi est de loin Boudin. Le pain levain Boudin existe depuis 1849, et c’est absolument le produit phare de l’État et un produit de qualité en plus : vous seriez agréablement surpris d’apprendre que la recette n’a guère changé de l’époque d’Isidore Boudin. La Fille et moi y dînons toutes les semaines depuis ses 6 mois, et plus souvent à emporter pendant le Confinement. Cependant, nous étions de retour notre dernier soirée, pour un dîner dans la partie qui est censé est comme le notre, pas le resto haut-de-gamme de mon billet sur Fisherman’s Wharf. Voici notre ticket :

Le « French Dip », un sandwich dont nous avons parlé en 2021, est juste du rosbif sur une petite baguette de pain levain. La « chowder » est une soupe à base de crème, avec des palourdes. Je veux que vous voyiez ce que l’on paye pour ces deux à Elbe-en-Irvine, tiré du site de Boudin :

Le sandwich coûte 3 $ de moins chez moi, et il y a un paquet de chips en accompagnement — pas à San Francisco ! Et la soupe coûte 4,10 $ de moins. (Les boissons coûteraient 2,99 $ chacune chez moi, mais je m’en plaindrai moins.) Et ce n’est pas la seule insulte — il y a de faux frais imposé par la ville, 4 % du total avant les taxes, dit « Employee Health Surcharge ». San Francisco facture toutes les entreprises de la ville pour l’assurance médicale — bien que ce rôle soit réservé au gouvernement fédéral et aux États. Les villes ne jouent aucun rôle dans l’assurance, et vous ne trouverez ces frais nulle part ailleurs aux États-Unis.

Même en dehors des limites de San Francisco, les prix sont dingues. La Fille et moi avons payé 40 $ pour deux salades dans un resto rapide à Bakersfield en allant vers le nord. Ça aurait coûté peut-être 25-30 $ à Irvine (la chaîne était locale ; impossible de faire une comparaison exacte). Et je crois que je vous ai dit déjà que nous avons dépensé 40 $ pour deux sundaes chez Ghirardelli. Tout est absolument dingue au nord, au point où Irvine est presque — presque — raisonnable par rapport.

Mais pire que les prix, c’est l’attitude de merde. Tout le monde suit des scénarios rigides pour parler aux clients. Dès que l’on dit quelque chose qui part de leurs attentes, les masques tombent et des attitudes complètement inacceptables se montrent. C’est comme ça en Californie du Sud, mais turbocompressé en Californie du Nord.

Chez Boudin, il n’y a pas de recharges de boisson à Fisherman’s Wharf, pas comme à la maison. Alors je suis plus sensible quand l’employé remplit complètement le verre avec des glaçons avant d’y verser du thé. Quand je me suis plaint qu’il n’y avait presque rien à boire dans le verre, il m’a dit « Goodbye » (au revoir), dans un ton utilisé uniquement en anglais pour « F$%k you » (n*que-toi).

Quand nous avons quitté le Westin St. Francis — 250 $ la nuit pour la chambre — le portier m’a demandé « Puis-je t’appeler un taxi ? » Je lui ai dit non. Mais nous sommes allés à l’accueil pour avoir une copie imprimée de la facture. Il m’a demandé exactement la même chose 5 minutes plus tard, comme s’il ne nous a pas vu avant. C’était comme parler à un PNJ (personnage non-joueur) dans un jeu vidéo. J’étais un peu fâché, parce qu’en fait, nous avions dû nous garer dans un garage public, parce qu’il n’y avait pas de places dans l’hôtel à notre arrivée. Je lui ai dit ça — d’accord, j’aurais dû me taire — et il m’a répondu avec exactement le même « Goodbye » qui était vraiment F U.

Mais dans un hôtel de ce prix, pas d’excuses. Il fallait me dire quelque chose comme « Désolé que nous ne pouvions pas répondre à tes attentes » ou similaire. Et ça, c’était après un séjour complètement sans équipements ou service. À ce prix, on peut s’attendre à des cartes postales de l’hôtel dans la chambre et un stylo — c’est un peu de publicité, mais aussi un souvenir, et habituellement gratuit. Rien. Mais aussi pas de boutique dans l’hôtel pour acheter de telles choses et pas de resto non plus, le resto célèbre de l’hôtel ayant fermé en 2023 sans remplacement. C’était donc un Ibis Budget avec une meilleure décoration. Et toute l’équipe se fichait absolument de ça.

J’aurais pu payer la moitié de cet hôtel pour une expérience pareille, mais j’avais voulu partager quelque chose de spécial avec La Fille. Et c’était tout sauf ça. Tout le monde a la main ouverte, avec des demandes pour des pourboires de 18 % ou plus même pour des commandes à emporter (ne payez jamais un pourboire pour une commande à emporter aux États-Unis — ces employés ne sont pas payés de cette façon). Mais personne ne fait rien pour le mériter et l’attitude est inacceptable à chaque fois.

On penserait peut-être, « Ben, c’est la vie des grandes villes. Paris est pareil. » Mais c’est faux. Je n’oublierai jamais les histoires derrière « La bienveillance des Français » et tout ça s’est déroulé en plein Paris. Si Sartre connaissait mon État, Huis clos se serait terminé : « L’enfer, c’est la Californie du Nord. »

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les plaintes de La Fille

Avant de partir en vacances, je vous ai prévenu que la prochaine Langue de Molière traiterait des plaintes de La Fille sur la langue française. Nous voilà. Disons que nous sommes certainement liés.

Vous savez déjà que nous avons l’habitude d’échanger des SMS en français, surtout quand elle n’est pas chez moi. Et un jour, j’ai reçu un SMS de sa part qui a dit « Bon matin ». Quoi ? Elle n’a pas entendu ça de sa prof, j’en étais sûr. Je le lui ai dit, et elle m’a dit : « Mais jour ne veut pas dire la même chose que matin. On peut certainement dire « Bon après-midi » et « Bonsoir ». Et c’est le matin. Alors, c’est quoi le problème, mon vieux ? » ([Attention, peut-être qu’il a un peu embelli l’histoire. La Fille est toujours hyper-respectueuse. Comme moi. — M. Descarottes])

Je lui ai expliqué : « Tout n’est pas une traduction équivalent. On dit « Good morning » en anglais, et ça se traduit par « bon matin ». Mais ce n’est pas la bonne chose en français, tout comme tu voulais dire « Mon Dieu-roi », pas « Mon vieux » en traduisant de l’anglais. » Elle n’était pas contente de cette explication, et je l’avoue, moi non plus. La dernière partie est certainement correcte. Mais pourquoi existe-t-il des expressions équivalents pour l’aprèm et le soir, mais pas le matin ? Et puisque l’on en parle, pourquoi est-ce que l’on dit « bonne nuit » pour quitter quelqu’un plutôt que « bonne nuitée » ? Ce serait pareil à ce que l’on dit pendant le reste de la journée. J’avais donc des questions.

Je vous rappelle qu’il y a un effet sonore officiel du blog pour ce genre de question :

Nos amis québécois à l’Office de la langue française nous disent que « bon matin » est un emprunt à l’anglais, alors déconseillé. Cependant, ils ajoutent qu’en quittant quelqu’un, on peut dire « bon avant-midi », quelque chose que je n’ai jamais entendu. M. le Robert nous dit que ça se dit en Belgique et au Canada, et les logiciels ont tendance à n’apprendre que le français de l’Hexagone. Curieux de trouver une autre source métropolitaine, j’ai limité la recherche à des sites .fr, et ça n’a donné qu’une page de résultats, tous inutiles.

Mais quelque chose d’inattendu est arrivé quand j’ai essayé de rechercher « bon matin » uniquement dans l’Hexagone. Je n’ai rien trouvé d’officiel, tel qu’une déclaration de l’Académie française, juste un commentaire dans le forum du Figaro pour dire que c’est inconnu en France. Cependant, il faudrait dire ça à cette brasserie rennaise. Et à ce vendeur de sauces piquantes à Bordeaux. Et à ce petit resto réunionnais. En quelque sorte, « bon matin » s’étend partout !

Pour finir cette exploration de « bon matin », une linguiste québécoise, Marie-Éva de Villers, ajoute que : « bon matin est à la limite une formule de départ, comme le sont bonne soirée ou bon après-midi… ». Ça me rend perplexe encore une fois ; il me semble que l’on utilise le masculin pour l’arrivée et le féminin pour le départ. D’où les formules de jour/journée et de soir/soirée.

Quant à « bonne nuitée », il y a une poignée d’exemples en ligne, mais tous me semblent pas fiables pour des raisons diverses. Je considère que ça n’existe pas, mais j’ai du mal maintenant à expliquer pourquoi il existe bonjour/bonne journée et bonsoir/bonne soirée, mais pas de bonne nuit/bonne nuitée.

Cependant, nous sommes en train de former une francophone, alors vous vous trompiez si vous pensiez que La Fille n’avait qu’une plainte. Et celle-ci, nous la partageons. Chez nous, on dit quelqu’une avec un accent lourd pour indiquer une personne en particulier. Cependant, cet usage est apparemment déconseillé. Encore une fois, selon nos amis québécois :

L’emploi de quelqu’une est attesté au sens de « une… entre plusieurs » (une personne ou une chose), mais son emploi est considéré comme rare, vieilli et littéraire.

Il vaut mieux utiliser quelqu’un ou l’une ou une, ou reformuler la phrase.

Quelqu’une

Selon eux, si on va utiliser « quelqu’une », ça doit être suivi par « de » ou « des » :

Tu peux prendre quelqu’une des trois places disponibles.

Quelqu’une d’entre elles vous indiquera la marche à suivre.

Ils n’aimeraient donc pas notre utilisation, en tant que nom propre. Et là, il faut noter que l’Académie française est complètement d’accord. Dans son dictionnaire, elle dit qu’au singulier, c’est un usage littéraire si suivi par « de/des », et que ça doit être au masculin afin de vouloir dire « Un individu dont l’identité n’est pas précisée ».

On s’en fout. Nous avons besoin d’un mot pour désigner « un individu dont l’identité est parfaitement bien connue, mais nous sommes trop terrifiés pour le dire ». Comme Voldemort ; c’est-à-dire Celle-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Évidemment, j’ai peur de quelqu’une qui ferait peur à Voldemort. Ou bien à Mégatron.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour faire de la boucherie.

Qu’est-il arrivé à San Francisco ?

Une nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres.

Louis Antoine de Saint-Just

Et si Saint-Just se trompait, et en fait, c’était sur des monceaux de fèces et de seringues ? Toute conversation autour de San Francisco doit partir d’un fait : jusqu’en 2015, la ville était assez propre et assez normale. Puis, tout est parti en vrille. Parlons d’abord de la chute.

Entre 2011 et 2014, j’ai voyagé de nombreuses fois à San Francisco pour mon boulot, dans beaucoup des mêmes quartiers que je vous ai montrés la semaine dernière, ainsi que le « Mission District », où j’avais de nombreuses réunions. J’étais assez content de la ville elle-même que j’étais de retour avec La Fille et mes parents pour des vacances en famille en 2015. Même cette année-là, tout semblait normal.

Mais en 2015, il y a eu un meurtre choquant. Un immigrant illégal, Juan Francisco Lopez-Sanchez, a tué une femme, Kate Steinle (lien en français), au milieu de l’Embarcadero, les quais entre le Ferry Building et Fisherman’s Wharf. Vous avez vu les photos aux deux liens — c’est un quartier très touristique. M. Lopez-Sanchez a été expulsé des États-Unis 5 fois avant ce meurtre. Si on le croit, il avait trouvé un pistolet sur le quai, jouait avec le truc, et a tiré complètement par hasard. Trois fois. Cependant, la vérité, c’est que le pistolet a été volé à un officier du Bureau de Land Management 4 jours plus tôt. Personne ne peut prouver que M. Lopez-Sanchez l’a volé lui-même, mais son histoire n’était pas crédible. Cependant, il était chanceux de façon importante — San Francisco est l’un de nombreuses soi-disant « villes sanctuaires » qui interdisent toute coopération avec le gouvernement fédéral, et le jury local a déclaré Lopez-Sanchez non-coupable de tout sauf la possession illégale du pistolet.

Un certain candidat à la présidentielle a adopté la cause de justice pour Mme Steinle comme un thème de sa campagne. C’était ainsi que Donald Trump a gagné en 2016. Je vois qu’un lecteur du Monde n’a rien entendu de l’importance de cet événement — pourtant, c’était mentionné dans de nombreux discours du candidat !

Capture d'écran du moteur de recherche du Monde entre la date du meurtre et la date de la présidentielle, avec aucun résultat pour le nom Steinle.

C’était avec ça que le reste du pays a commencé à se rendre compte qu’en général, San Francisco s’en fichait des citoyens, surtout des contribuables, au nom non seulement des immigrants illégaux, mais aussi des SDFs. Malgré le fait que le problème avait commencé à la fin des années 2010, c’était seulement après le meurtre que le problème de la merde est devenu connu. Voici une carte de tous les rapports reçus par la ville de fèces humains dans les rues entre 2011-2019 :

Source

Ça vient du magazine Forbes, consacré au commerce et aux bourses, et les données sont entièrement des rapports reçus par 311, le numéro de téléphone de la ville pour des problèmes qui ne sont pas d’urgences. C’est 132 000 rapports pendant une décennie, dans une ville de presque exactement la même superficie que Paris. Ce projet continuait de rassembler des données jusqu’en 2023 — vous pouvez examiner la carte ici.

En 2022, la Hoover Institution, une partie de Stanford University (juste au sud de San Francisco), a estimé que la ville dépensait environ 57 000 $ par SDF (lien en anglais). Pensez-vous qu’il coûterait autant que ça pour nettoyer les rues ? J’en doute. Le problème, c’est que l’argent est gaspillé de façon époustouflante : la ville paye des hôtels pour abriter une petite partie de la population SDF, et pire, puisque la ville refuse de punir les consommateurs de drogues illégales, une très petite partie de cette population (162 adultes, selon un compte) a coûté 113M $ pendant une période de 8 ans, juste pour des traitements médicaux. L’argent est là, mais sans efforts pour changer les comportements, il ne sert à rien.

Je vous ai parlé avant la présidentielle du problème de crime dans cette ville, et comment même les vitrines de ma ville sont toutes fermées à clé. C’était comme ça qu’en 2023, les propriétaires du centre commercial que je vous ai montré ont tout simplement décidé d’abandonner le centre, même avec un prêt de 566M $. Et les propriétaires du Hilton Union Square, l’autre grand hôtel près du Westin St. Francis, ont aussi rendu l’hôtel à la banque cette même année (liens en anglais).

Pourtant, les photos que je vous ai montrées étaient d’une ville vide, pas sale. Fin 2023, Gavin Newsom, l’ancien maire de San Francisco devenu gouverneur de Californie, a ordonné le nettoyage de San Francisco avant la visite de Xi Jinping (lien en anglais). Quoi que l’on pense de sa motivation, la chute semble avoir arrêté. La question reste : est-ce que l’on peut sauver San Francisco ? Sincèrement, je ne sais pas.

Saison 4, Épisode 19 — J’ai laissé mon portefeuille à San Francisco

Il y a une chanson célèbre par le chanteur Tony Bennett, « I left my heart in San Francisco » (J’ai laissé mon cœur à San Francisco), enregistrée originalement en 1962. Notre gros-titre met le sentiment à jour avec ce que je ressentais en quittant la ville, mais pour être clair, je n’ai pas été agressé. C’était tout légal.

La Fille et moi sommes passés par une exposition d’art jeudi pour voir les tableaux de mon amie et l’hôtesse des soirées de jeux de l’OCA, Véronique Schmitt. Vous pouvez voir ici et au lien sur son nom qu’elle est talentueuse. Ses tableaux sont à moitié des scènes de la Californie du Sud, et à moitié des scènes françaises (typiquement parisiennes — la clientele reste américaine). Je pense parfois à lui demander d’apparaître sur « 5 Minutes Avec ».

« Mais Justin », vous me dites, « le nom en haut à gauche dit « Veronica ». Qu’est-ce qu’il y a ? » Comme beaucoup de monde, elle utilise le prénom équivalent en anglais. Je n’arrive pas à le dire, même si je regrette parfois de ne pas avoir adopté un prénom plus populaire en France : Enguerrand ou Ymbelet. Ne doutez jamais que je fais mes devoirs, même si je me trompe parfois de siècle.

Véronique ne le sait pas, mais si je réussis à déménager en France, l’une des dernières choses que je ferai ici sera de lui demander de peindre quelque chose en souvenir.

En parlant de commerce avec des membres de l’OCA, ce week-end, j’ai acheté un mixeur tout neuf en boîte à un autre, pour la moitié du prix original. L’histoire est un peu drôle. En 2023, son fils était en train de finir un doctorat dans un autre état. Elle pensait qu’il allait déménager à nouveau en Californie, alors elle avait acheté quelque choses qui semblaient bon à avoir pour meubler un appartement ici. Mais il a fini par accepter un poste dans un autre pays ! Alors elle cherchait à se débarrasser des trucs dont elle n’avait pas besoin. La garantie ayant expiré, évidemment elle n’allait pas le vendre à son prix original. Mais à ce prix, j’étais heureux d’abandonner la quête de remplacer le pot de mon ancien mixeur, alors c’était une bonne chose pour nous deux.

Demain sera la polémique sur ce qui s’est passé à San Francisco pour vider les magasins et les gratte-ciel. Si ceci n’est pas votre tasse de thé chez Un Coup de Foudre, on se reverra mercredi pour Langue de Molière comme d’hab.

Notre blague traite des métiers. Nos articles sont :

Les gros-titres sont Plats et Cave. Il n’y a pas de Bonnes Nouvelles cette semaine.

Sur le blog, il y a aussi San Francisco sans Maxime Le Forestier, la première partie de notre récit de la visite, Ghirardelli Square et les quartiers ethniques, notre balade autour des quartiers nommés, Le magasin Nintendo, sur le seul magasin de ce genre de l’État, C’est le 1er, version août 2025, ma revue mensuelle de mes blogs préférés et UC Berkeley, la visite de la fac célèbre.

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