Archives pour la catégorie Le tour des départements

Je découvre la Haute-Vienne

On continue maintenant le Tour avec le 87, la Haute-Vienne. C’est le département le trente-sixième moins peuplé, et les habitants se nomment haut-viennois. C’est notre douzième et dernier séjour en Nouvelle-Aquitaine, et encore une fois, j’ai des larmes aux yeux à la fin d’une autre région.

On commence notre tour à la préfecture, Limoges. La ville est mondialement connue pour sa porcelaine, alors notre premier arrêt est le Musée national Adrien-Dubouché (3 étoiles Michelin), qui raconte l’histoire de l’industrie à Limoges ainsi que de poterie autour du monde, avec plus de 18 000 pièces dans sa collection. De nos jours, on peut aussi visiter la Manufacture Bernardaud dans la ville. On visite aussi la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), construite à travers 6 siècles, dans un style largement gothique, remarquable pour son portail Saint-Jean du XVIe siècle. En 1169, Richard Cœur de Lion y a été confirmé comme duc d’Aquitaine. Ailleurs dans ce quartier, dit la Cité (2 étoiles), on trouve le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles), avec des collections de Renoir, d’émail, et même d’antiquités égyptiennes. On finit à Limoges avec quelque chose d’inhabituel, le Musée des Distilleries limougeaudes, partie de la Distillerie du Centre, et ce qui reste d’une industrie d’une cinquantaine de distilleries dans la ville.

Juste au sud de Limoges, on visite le village de Solignac, pour prendre une balade le long du Sentier de la Briance et visiter son abbaye avec une des églises romanes les plus vieilles du Limousin. Quelques kilomètres à l’est, on passe par Feytiat, qui a de belles randonnées, mais largement car je trouve sa mairie l’un des plus beaux bâtiments au monde entier. Un peu plus à l’est, on visite Saint-Léonard-de-Noblat pour son ancienne collégiale romane (1 étoile), avec un clocher qui fait 52 m de hauteur. Notre dernier arrêt dans l’est du département est le Lac de Vassivière (2 étoiles), un lac artificiel de 1 000 ha, autour duquel on trouve plein de beaux paysages et randonnées.

Ce ne serait pas Un Coup de Foudre sans un Devoir de Mémoire, alors on tourne vers l’ouest pour un pèlerinage au village d’Oradour-sur-Glane (2 étoiles), où les ruines et les cimetière témoignent à un crime sans pareil. Le village reconstruit est à côté.

Plus à l’ouest, on trouve le château Renaissance de Rochechouart, qui abrite de nos jours le Musée départemental d’art contemporain (1 étoile) et sa collection de plus de 1 300 œuvres. Juste au sud, on trouve le château de Châlus-Chabrol (1 étoile), où Richard Cœur de Lion est mort d’un trait d’arbalète. (On a visité son cœur et le reste de sa dépouille ailleurs.) On finit notre séjour au village des Salles-Lavauguyon pour visiter son église romane avec des fresques du XIIe siècle.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Vienne ? Mondialement, la première place appartient certainement au peintre Auguste Renoir, né à Limoges. Le chimiste Louis-Joseph Gay-Lussac, découvreur d’une loi fondamentale sur les gaz, est né à Saint-Léonard-de-Noblat. Lucien Ginzburg, dit Serge Gainsbourg, a passé 6 mois en tant que lycéen à Saint-Léonard-de-Noblat sous le pseudonyme de Lucien Guimbard pour se cacher des Voisins. Le peintre Camille Corot séjournait parfois à Saint-Junien.

Que manger en Haute-Vienne ? On est dans l’ancienne région de Limousin, alors c’est une cuisine très similaire à ses voisins creusois et corréziens. En plats principaux, on y trouve la pâté de pommes de terre, fait avec des pommes de terre, de la chair de saucisson, de la pâte brisée et de la pâte feuilletée (oh là là, du travail) et les choux farcis à la limousine, avec des pommes de terre et de la chair de saucisson. (On sent un thème ici.) En dessert, il y a la flognarde (déjà fait ici), comme un clafoutis aux pommes, le boulaigou, une crêpe épaisse, ou le pelaud, un petit-four à base de poudre d’amandes, recouvert de chocolat, et nommé pour « ceux qui pèlent la peau » chez la tannerie. Pour boire, il y a le gin « Bleu de Limoges » et les vins Haute-Vienne IGP.

Le fion vendéen

Je savais depuis début octobre que ce serait mon dessert vendéen. J’avais envoyé une photo de mon flan pâtissier à mon amie F, et elle avait deviné que c’était un fion. C’était assez d’un indice pour moi ! (Au fait, j’espérais que ce genre de truc m’arriverait plus souvent, où les habitants des départements à venir me donneraient des idées.) Alors nous voilà ; voici le fion vendéen :

La véritable recette exige un moule que je n’ai pas, alors on parlera des changements à faire. Allons le préparer !

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Mon dîner vendéen

Je connais mon dessert vendéen depuis longtemps, mais au moment où j’ai publié « Je découvre la Vendée », je n’avais toujours pas choisi un plat principal. Puis j’ai reçu plusieurs commentaires qui parlaient des mogettes, un genre de haricot blanc, et tout était clair. Je n’allais pas trouver un vin vendéen ici, et mon amie F serait mécontente si je servais un dîner dit « vendéen » sans vin ni pain, alors voici le préfou et la chorba d’agneau à la mogette de Vendée.

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Allons les préparer !

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Je découvre la Vienne

On continue maintenant le Tour avec le 86, la Vienne. C’est le département le quarante-cinquième moins peuplé et les habitants se nomment poitevins (afin de ne pas se faire confondus avec les viennois, qui habitent — évidemment — en Autriche, ou en Isère ; c’est compliqué). C’est notre onzième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

On commence notre tour dans la préfecture, Poitiers. Il n’y a pas de poitevin plus célèbre dans le monde anglophone que Saint-Hilaire, qui a vécu pendant le IVe siècle, défenseur de la Trinité contre l’arianisme, alors notre premier arrêt est l’Église Saint-Hilaire-le-Grand (2 étoiles Michelin), construite au XIe siècle, et distinguée par ses 4 chapelles ainsi que les reliques du saint. À 1,5 km, on visite le Musée Sainte-Croix (2 étoiles), avec 2 collections remarquables — de l’archéologie (de la préhistoire jusqu’à l’époque gothique) et des Beaux-Arts (des tableaux italiens et français, ainsi que des sculptures de Claudel et Rodin).

Au nord de Poitiers, on visite le Parc du Futuroscope (3 étoiles), parc d’attractions renommé pour des attractions comme Chasseurs des Tornades avec l’écran LED circulaire le plus grand d’Europe, et la Oh-Hell-No (Objectif Mars), montagne russe dont je m’en fous des détails. Ce blog est consacré au patrimoine dès le départ, car aucune montagne russe n’en font pas partie. Juste à l’est de la ville, on visite la cité médiévale de Chauvigny, Les ruines du château baronnial (1 étoile) du XIIe siècle surveillent la ville, et le spectacle de fauconnerie dit Géants du Ciel est comme très peu que l’on a vu dans le Tour.

On continue vers l’est jusqu’à Montmorillon. J’ai horriblement envie d’y prendre une balade, parmi tous les vieux bâtiments du Moyen-Âge. Mes amis littéraires voudront visiter la Cité de l’Écrit et les Métiers du Livre, un quartier de bouquinistes et artisans, et moi, je me rends au Musée du Macaron. Vous pensez que je plaisante, mais on ne plaisante jamais sur les macarons ici (on parle des macarons locaux, rien à voir avec Ladurée ou Pierre Hermé). Un peu au nord, on visite l’Abbaye de Saint-Savin (3 étoiles), fondée au IXe siècle et qui abrite une collection exceptionnelle de peintures du XIe siècle autour de thèmes bibliques.

Un peu plus au nord, dans l’un des Plus Beaux Villages de France, Angles-sur-l’Anglin, on voit leurs célèbres vélos suspendus, chroniqués par nos amis chez Blogosth. Le village tire son nom du tribu des Angles, c’est-à-dire les barbares germaniques qui ont envahi l’Angleterre avant que le pays n’ait fait civiliser par Guillaume le Conquérant. On est là pour les vues de la Forteresse d’Angles sur la vallée, ainsi que les artisans des « Jours d’Angles », de la broderie. Puis on visite Châtellerault pour La Manu (1 étoile), ancienne manufacture d’armes devenu musée d’art et d’industrie avec des expositions sur les autos ainsi que l’ancienne industrie de la ville. Une balade à travers les ponts nous fera du bien aussi !

Dans cette région, il me faut mentionner La Roche-Posay, ville thermale, car je vois un panneau avec son nom à chaque fois où je vais à la pharmacie. Mais honnêtement, je suis la dernière personne à consulter sur ces sujets. On passe autrement par la ville de Loudun, où on arrêt pour voir la Tour carrée du XIe siècle ainsi que son jardin médiéval. Notre dernier arrêt est le Château de La Mothe-Chandeniers, du XIXe siècle, gravement endommagé par une incendie en 1932, devenu un jardin sauvage dans les ruines.

Qui sont les personnages les plus connus de la Vienne ? Probablement le plus célèbre au monde entier est le Docteur de l’Église, Saint-Hilaire de Poitiers. Plus récemment, le grand chef Joël Robuchon (j’adore son Atelier à Las Vegas) est né à Poitiers, ainsi que le soi-disant philosophe Michel Foucault, un type trop célèbre pour ne pas mentionner, mais pas du tout un crédit à la France. L’actrice Anne Madeleine Louise Bourguignon, dite Anémone, mentionnée à la 40e place dans notre grand classement de films, est décédée à Poitiers.

Que manger en Vienne ? En produits locaux, on y trouve le chabichou du Poitou AOP, un fromage de chèvre, ainsi que des producteurs du beurre de Charentes-Poitou AOP. En plats principaux, il y a les écrevisses à la poitevine, le pigeon aux fines herbes, et le farci poitevin. En dessert, il y a les macarons du Poitou (nos macarons de Montmorillon étaient une variante), le mijet ou soupe au vin sucré, les croquants de Loudun, et le broyé du Poitou, une grosse galette dorée que l’on casse à table avec un coup de poing. Pour boire, il y a les vins du Haut-Poitou AOC, largement soit du sauvignon blanc ou gris soit du cabernet franc, ainsi que les bières de nombreuses brasseries artisanales.

Mon dîner vauclusien

Aimeriez-vous un dîner moins compliqué pour le Tour ? Moi aussi. J’ai pensé à faire une bouillabaisse, parce que c’est un plat provençal que l’on n’a pas eu pendant le Tour, et je l’ai raté en quelque sorte, mais il y a très peu de preuves que ce plat est lié à ce département entouré. Puis deux coïncidences heureuses me sont arrivées et nous voilà. Voici les œufs à la provençale et les sacristains aux fraises :

Ni l’un ni l’autre n’est très compliqué à moins que vous deviez fabriquer votre propre pâte feuilletée. Allons faire notre dernier dîner provençal !

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Je découvre la Vendée

On continue maintenant le Tour avec le 85, la Vendée. C’est le département le trente-cinquième plus peuplé et les habitants se nomment vendéens. C’est notre cinquième, et dernier séjour dans le Pays de la Loire, et si les larmes coulent plus que d’habitude en achevant cette région, c’est parce que dans le pays le plus spécial au monde pour moi, on est quelque part un peu plus spéciale que le reste. J’attends ce moment depuis longtemps, pour deux raisons.

Je vous ai récemment parlé des niveaux d’amitié. Si je suis complètement candide — taisez-vous, Voltaire, je n’ai pas aimé le livre — il y a trois personnes en France où les perdre me blesserait comme rien d’autre. On en a déjà visité deux dans ce Tour, en Seine-Maritime et en Somme. Bienvenue chez la troisième. On y reviendra. Mais mon autre raison pour avoir hâte d’y visiter ? Il y a longtemps, je vous ai dit qu’il y a seulement trois départements connus à chaque lycéen aux États-Unis : Paris, Gironde, et Vendée, à cause de la Révolution et la Guerre de Vendée. Nous voilà.

Il nous faut commencer à La Roche-sur-Yon, la préfecture. Cette ville, agrandie à sa taille présente par les ingénieurs de Napoléon, a changé son nom huit fois pendant le XIXe siècle, étant aussi connue sous les noms Napoléon, Bourbon-Vendée et Napoléon-Vendée. Plus récemment, La Roche est connue pour avoir été la maison du soldat Pithivier (Jean Lefebvre) dans les films de la 7e Compagnie.

Avec toute cette histoire impériale, il faut se lancer sur la Place Napoléon, au cœur de la ville. Un jardin à quatre bassins, le spectacle à voir est Les Animaux de la Place, une collection d’animaux mécaniques construits par le même ingénieur derrière les Machines de l’Île à Nantes. Il faut attendre 2028 pour la réouverture du Musée de La Roche-sur-Yon, mais pour l’instant, à quelques pas de la Place, on trouve l’Espace Malraux, une petite collection consacrée à Paul Baudry et à Benjamin Rabier, artistes yonnais du XIXe siècle. Puis on marche 1 km jusqu’au Haras de la Vendée (1 étoile Michelin), construit pendant les années 1840, où on trouve des animations et des concours équestres.

Aux alentours de La Roche-sur-Yon, on trouve L’Historial de la Vendée (2 étoiles), qui raconte l’histoire du département de la Préhistoire jusqu’à nos jours. Il y a 7 espaces qui couvrent 6 époques, notamment la Guerre de Vendée. On passe aussi par les villages d’Apremont et La Chapelle-Palluau où le le film Les Vieux de la Vieille — un autre classique Audiard/Gabin — a été tourné. Le château d’Apremont abrite de nos jours la mairie, et vaut la visite pour ses tours de la Renaissance.

Notre prochain arrêt est Montréverd, pour visiter le Logis de la Chabotterie (2 étoiles), nommé pour ses propriétaires du XIIe siècle, mais surtout un musée consacré au général Charette et la vie quotidienne à la fin du XVIIIe siècle. Très proche, on visite le Refuge de Grasla (1 étoile), où en 1794, des citoyens opposés à la conscription et la Terreur ont construit un village insolite au milieu d’une forêt de 600 hectares.

Puy, on visite le joyau de la Vendée, le renommé Puy du Fou (3 étoiles), avec 4 villages et 19 spectacles qui racontent l’histoire de la France. Il ne faut absolument pas rater La Cinéscénie (2 étoiles), un spectacle présenté la nuit dans un espace de 23 hectares pour raconter 700 ans d’histoire vendéenne. Regardez la bande-annonce ; il n’y a rien comme ça au monde entier.

Près de Fontenay-le-Comte, on trouve deux abbayes importantes fondées au XIe siècle, Nieul-sur-l’Autise (1 étoile), abbaye royale d’Aliénor d’Aquitaine, et Maillezais (1 étoile), maison pendant les années 1520 d’un certain François Rabelais. Dans cette région, il nous faut visiter un des 15 embarcadères pour voir le Marais poitevin par bateau.

On retourne vers l’ouest jusqu’aux Sables d’Olonne, de nos jours une station balnéaire, mais on est là pour Les Salines (1 étoile), le musée-parc des marais salants régionaux. Ici, je peux enfin vivre le rêve de faire récolter du sel à ma fille (en fait, je menace plus habituellement de lui envoyer dans une mine de sel, mais ceci suffit). Notre dernier arrêt se trouve vers le nord le long de la côte, à l’Île de Noirmoutier, que l’on atteint en traversant le Passage du Gois (2 étoiles), une chaussée submersible qu’il faut traverser à marée basse. L’Île elle-même offre des plages, des campings, et le Bois de la Chaise (1 étoile), une forêt de pins le long d’une plage.

Qui sont les personnages les plus connus de la Vendée ? Le pirate des Caraïbes François l’Olonnais est né aux Sables-d’Olonne (je sais, inattendu !), anciennement la maison de l’ornithologue Jean-Jacques Audubon ainsi que le couturier espagnol Paco Rabanne. Paire de lunettes Jamy Gourmaud est né à Fontenay-le-Comte, où romancier Georges Simenon a vécu pendant la Second Guerre mondiale (Maigret a peur s’y déroule). Héros de la Révolution américaine et général vendéen — un de très peu nés en Vendée ! — Gaspard de Bernard de Marigny est né à Luçon, où le cardinal de Richelieu était évêque. Charles de Royrand, commandant de l’Armée du Centre pendant la Guerre de Vendée, est né à Saint-Fulgent, et son remplacement, Charles Sapinaud de La Rairie, est né à La Gaubretière.

Que manger en Vendée ? Peut-être que vous vous souvenez de notre brioche de Pâques il y a deux ans, la gâche — c’est une spécialité vendéenne. Parmi les produits locaux, on trouve les huîtres Vendée-Atlantique, le jambon de Vendée IGP, même des producteurs du beurre Charentes-Poitou AOC. En plats principaux, il y a le farci de jottes, des feuilles de bettes farcies de légumes, la potironée, une soupe aux potirons, et la pintade au chou vendéen, élaborée de préférence avec une pintade de Challans. En dessert, il y a le gâteau minute, un peu similaire à un quatre-quarts, le foutimasson, une sorte de beignet à l’eau de fleur d’oranger, et le fion, comme un flan pâtissier, mais avec beaucoup plus d’œufs entiers dans l’appareil, non pas seulement des jaunes. Pour boire, il y a le Kamok, une liqueur de café, et le troussepinette, une liqueur fabriquée de vin rouge, d’eau de vie, de sucre, et de pousses d’épine noire.

Je découvre le Vaucluse

On continue maintenant le Tour avec le 84, le Vaucluse. C’est le département le quarante-septième plus peuplé, et les habitants se nomment vauclusiens. C’est notre sixième — et dernier — séjour en Provence-Alpes-Côte d’Azur. À chaque fois où j’écris « notre dernier séjour », il y a des larmes aux yeux.

Comme souvent en écrivant sur les départements, il n’y a qu’un endroit logique pour commencer. Cette fois, c’est sur le Pont d’Avignon 🎶. Je plaisante un peu à peine pas ; on va commencer à Avignon en plein milieu du Rhône, sur le Pont Saint-Bénézet (2 étoiles Michelin), construit au XIIe siècle, ayant anciennement 22 arches, mais il n’en reste que 4. Il y a deux chapelles sur le pont, de nos jours devenues parties du musée qui est notre prochain arrêt, le Palais des Papes (3 étoiles). Cette résidence a accueilli 7 papes des 9 avignonnais, dont 2 schismatiques. On est là pour sa grandeur en tant que bâtiment, mais aussi pour ses fresques et ses jardins. Juste à côté, on trouve le Musée du Petit Palais (2 étoiles), maison des 2 premiers papes, qui abrite de nos jours des œuvres de peinture italiennes et avignonnaises ainsi que des sculptures. On finit notre visite avec le Jardin du Rocher des Doms (2 étoiles), un parc avec des vues panoramiques sur la vieille ville.

On conduit vers le sud-est, à Gordes, un des Plus Beaux Villages de France (il y en a 7 dans le Vaucluse !). Ici, on visite l’Abbaye de Sénanque (2 étoiles), fondée en 1148, qui conserve preque complètement sa forme du début, et vaut la visite aussi pour ses jerdins de plantes médicinales et champs de lavande. Puis on passe à Ménerbes, un autre des Plus Beaux Villages, largement construit pendant le Moyen-Âge et la Renaissance. Au-delà des espaces consacrés aux producteurs locaux, comme la Maison de la Truffe et du Vin du Luberon, on visite le très inhabituel Musée du Tire-bouchon, avec une collection de 1 200 pièces des derniers 4 siècles.

Á quelques km de Ménerbes, on visite encore un autre des PBV, Roussillon, et son sentier des ocres (2 étoiles) parmi les pierres rouges qui donnent une couleur unique aux bâtiments du village ([Pas si vite, mon ami. — Collonges-la-Rouge]) Notre prochain arrêt, le tout petit village de Brantes n’a que 88 habitants, mais a d’excellentes vues sur la face nord du Mont Ventoux (3 étoiles). Mais Brantes vaut aussi la peine pour les ruines de son ancien château et sa chapelle des Pénitents blancs.

On retourne vers l’ouest du département, jusqu’à Carpentras. Vous avez eu assez d’églises et abbayes ? Bon, ici on visite la Synagogue de Carpentras (1 étoile), la plus vieille de la France toujours en activité. Construite pendant les années 1360 avec l’approbation de l’évêque, la salle de prière a été renouvelée pendant le XVIIIe siècle, mais le mikvé (bain rituel) et les deux boulangeries (une pour le pain de chabbat, l’autre pour le pain azyme de la Pâque juive) sont beaucoup plus vieilles. Puis on va à Vaison-la-Romaine pour voir les ruines gallo-romaines (2 étoiles). Là, il y a 15 ha de sites à voir, dont La Villasse, ancienne place principale ; Puymin, théâtre et quartier des riches, et un pont romain du Ier siècle.

On finit notre séjour vauclusien à Orange, d’où la famille royale néerlandaise, les Orange-Nassau. Mais on n’est pas là pour manger des hagelslag, on est là pour les trésors de la ville, à partir du Théâtre antique (3 étoiles), un lieu de spectacle romain qui a plus de 2 000 ans, pourtant est si bien préservé que Johnny et The Police y ont joué (pas en même temps ; en plus, il me faut vous raconter mon histoire liée à The Police). Notre tout dernier arrêt est l’Arc de Triomphe d’Orange (2 étoiles), monument au jus érigé par Tibère en hommage aux ennemis d’Astérix soldats de la IIe Légion gallique.

Qui sont les personnages les plus connus du Vaucluse ? Avignon est la seule ville au-delà de Rome à avoir été le siège des Papes, alors la ville compte sept Papes de Clément V jusqu’à Grégoire XI, ainsi que deux « antipapes » du Grand Schisme. Le compositeur Olivier Messiaen, connu pour sa Turangalîla-Symphonie (une inspiration de la série Futurama), est né à Avignon, ainsi que Mireille Mathieu, dont j’ai appris La Marseillaise en l’écoutant. D’autres avignonnais comprennent : Océane Colom, dite Suzane, chanteuse et Jules-François Pernod, fondateur de la maison devenue Pernod Ricard. L’acteur Jean-Louis Trintignant est né à Piolenc. L’acteur Michel Modo est né à Carpentras, ainsi qu’Édouard Daladier, homme politique. Alexandre Dumas, père, a vendu une collection de son œuvre à la bibliothèque de Cavaillon en échange de douze melons par an, pour la vie. (Pas surprenant qu’il ait fait faillite.) Porte-parole de M. le président Kennedy devenu complotiste fou, Pierre Salinger, est décédé à Cavaillon. Le producteur des Bronzés et oncle de Christian Clavier, Yves Rousset-Rouard, était maire de Ménerbes pendant 19 ans.

Que manger dans le Vaucluse ? On est en Provence et toujours aux griffes de la cuisine provençale, tout comme dans le Var, alors on parle juste des produits locaux. Il y a plus de 500 producteurs de truffes dans le Vaucluse, et le fromage Banon AOC s’y trouve aussi. La ville d’Apt est connue pour sa production de fruits confits. Une confiserie locale est la papaline d’Avignon, un chocolat rempli de la liqueur d’origan (à base de marjolaine) ; il y a aussi les berlingots de Carpentras, des bonbons en forme de pyramides. Pour boire, il y a les vins du Vaucluse IGP et surtout une belle partie de la production des vins Châteauneuf-du-Pape AOC.

La tarte tropézienne de Yann Couvreur

Hier, je vous ai donné un aperçu de ma tarte tropézienne. Je suis parfois tricheur avec les posts « mon dîner », une chose étant préparée loin de l’autre, mais cette fois, il y a eu plus d’une semaine entre les deux ! Il m’est venu dans l’esprit de la faire pour une de mes soirées tarot. On en parlera plus en bas. Voilà :

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Je suis fan des tartes tropéziennes depuis longtemps et il m’était important que celle-ci soit un chef-d’œuvre du blog, pas juste un autre dessert. J’ai donc décidé que j’allais finalement suivre une recette de Yann Couvreur, qui est un vrai feu d’artifice en forme humaine. Ceci est du travail.

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Mon dîner varois

Il y a une chose que je savais dès le départ du blog — pour Saint-Tropez, il me fallait faire une tarte tropézienne. Un dessert lié à’histoire de l’industrie cinématographique, nommé par Brigitte Bardot elle-même pendant le tournage d’Et Dieu créa…la femme, créé par un pâtissier d’origine polonaise (alors on a quelque chose en commun). Il ne me restait qu’à choisir un classique de la cuisine provençale pour aller avec. Voici la soupe au pistou et la tarte tropézienne :

Malheureusement, il vous faudra attendre jusqu’à demain pour la recette de la tropézienne. C’est un monstre et elle mérite son propre post. Mais je voulais tellement les montrer ensemble. Alors, allons préparer la soupe au pistou !

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Presqu'île de Saint-Tropez

Je découvre le Var

Douliou douliou douliou, Saint-Tropez ! Oh désolé, je ne vous ai pas entendu sur la chanson du Var. Recommençons de zéro.

On continue maintenant le Tour avec le 83, le Var. C’est le département le vingt-deuxième plus peuplé et les habitants se nomment varois. C’est notre cinquième séjour en Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais ça fait 70 départements depuis la dernière fois, Bouches-du-Rhône. Si on m’avait dit que ça ferait 3 ans, je ne l’aurais jamais cru. (Je croyais qu’il me faudrait 2 ans pour tout le Tour…HAHAHAHAHA, non.)

J’attends ce moment depuis le début du blog, lancé juste après avoir vu Le Gendarme et les extra-terrestres. Le premier film critiqué sur ce blog a été donc Le Gendarme et les gendarmettes. Ce film est un navet, mais Saint-Tropez est si important à mon histoire que ce blog est nommé pour une scène dans Le Gendarme se marie (sur la suggestion d’une amie ; on y reviendra en Vendée). Il nous faut donc absolument commencer dans cette ville.

Et là, il nous faut commencer au site du Graal, le Musée de la Gendarmerie et du Cinéma, abrité dans le bâtiment des films. Ce musée est là évidemment à cause de Ludovic Cruchot, mais raconte l’histoire du cinéma tropézien, qui comprend de telles œuvres que Et Dieu…créa la femme, Bonjour tristesse, ou bien Chitty Chitty Bang Bang (basé sur un roman de par l’auteur de James Bond). D’ici, il n’y a pas de choix pour notre deuxième arrêt — le celebre Port (2 étoiles Michelin), où chaque volet des Gendarmes se terminait avec un défilé.

Juste à côté, on trouve L’Annonciade (2 étoiles), le musée d’art de la ville, avec une collection de fauvisme et de pointillisme. Pour finir à Saint-Tropez, on conduit à la plage des Canebiers pour suivre le sentier du littoral autour de la presqu’île (2 étoiles). Je ne peux pas faire mieux que de citer le guide Michelin : « Le paysage est le plus souvent paradisiaque, avec une mer aux reflets turquoise, et une végétation méditerranéenne où abondent arbousiers, chênes verts et genévriers. »

Au fait, je vous conseille fortenent de visiter le site Saint-Tropez Lieux de Tournage, un guide inestimable pour des pèlerinages cinématiques. Il vous amènera à la Chapelle Sainte-Anne où Cruchot et Josepha se sont mariés, voire le Château de Pampelonne, où se cachait Sœur Marie-Cruchotte.

D’ici, on conduit à l’Est, vers Fréjus, pour visiter le cloître, la cathédrale et le baptistère (2 étoiles), où les plus vieux bâtiments datent au Ve siècle et les plafonds peints du XIVe siècle sont particulièrement intéressants. Il y a un risque que l’on sent l’odeur de cookies venant du Muy pendant ce trajet. On continue à l’Est, jusqu’aux Pics du Cap-Roux (3 étoiles) et de l’Ours (3 étoiles) pour une vue panoramique de la mer ainsi que les montagnes.

Puis on retourne vers l’Ouest, au Thoronet, pour visiter l’Abbaye du Thoronet (2 étoiles), une partie des réformes cisterciens du XIIe siècle, où l’église elle-même fonctionne comme un instrument musical. Considérez le village de Cotignac ici, absolument charmant, avec des grottes à explorer. Puis on passe au village de Bormes-les-Mimosas, pour prendre une balade parmi les fleurs et passer des vacances comme un coprince d’Andorre président français au Fort de Brégançon (12 €/personne, vraiment pas mal).

On continue le long des plages jusqu’à Hyères. Il y a un tas d’endroits à visiter ici — les Îles d’Hyères (3 étoiles) comprennent Port-Cros (3 étoiles), le Levant, et Porquerolles (2 étoiles), toutes avec des plages, des pins, et d’autres sites naturels. À Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, on visite la Basilique Sainte-Marie-Madeleine (2 étoiles), reconnue comme le tombeau de Sainte-Marie-Madeleine, compagne du Christ (mais certainement pas partie de la famille royale française, une théorie complotiste). On finit notre tour du Var à Toulon, la préfecture. De son port (1 étoile), on regarde la Rade de Toulon (2 étoiles) en cherchant un joli café le long du Quai Cronstadt.

Qui sont les personnages les plus connus du Var ? Puisque cette partie est largement consacrée à ceux dont j’en ai entendu parler, il faut évidemment commencer avec Péla, cuisinière extraordinaire. Actrice légendaire et héroïne du blog, Mireille Darc, est née à Toulon, ainsi que Jean-Michel et Philippe Cousteau, les deux fils de Jacques, et Simone Melchior, épouse de Jacques, explorateurs eux-mêmes. Gérard Oury, réalisateur de 3 de mes top 6 films dans n’importe quelle langue, est décédé à Saint-Tropez. L’écrivain écossais, Robert Louis Stevenson, connu mondialement pour L’Île au trésor et Dr Jekyll et M. Hyde, vivait à Hyères. L’écrivain Christopher Tolkien, responsable pour beaucoup des publications de son père, est mort à Draguignan. Jean-Christophe Napoléon, prétendant au trône impérial de France, est né à Saint-Raphaël. Stéphane Mifsud, ancien champion mondial d’apnée, vit à La Crau. ([Peut-être qu’il peut donner des leçons de comment se taire à Justin. — M. Descarottes]) Jean de Brunhoff, créateur de Babar, séjournait à Saint-Maxime et la Plage des Éléphants de la ville est apparue dans un de ses livres, d’où son nom.

Que manger dans le Var ? On est bien en Provence, et même si ça fait si longtemps que vous avez complètement oublié nos chichis frégis et panisses, pas moi. Parmi les produits locaux, on trouve la Brousse du Rove AOP, un fromage de chèvre, la figue de Solliès AOP, et la châtaigne du Var. En plats principaux, on y trouve des classiques de la cuisine provençale, la ratatouille, la bouillabaisse, la sauce anchoïade, la soupe au pistou (un mélange de tomates et basilic), et la soupe de poissons. En dessert, il y a la célèbre tarte tropézienne, le nougat artisanal, et la galette à l’anis. Pour boire, il y a les vins de Bandol AOC, les Côtes de Provence AOC (presque tout rosé), les Coteaux varois en Provence AOC (aussi rosés), les Coteaux d’Aix-en-Provence AOC (qui comprend le nord du Var), et le Var IGP.