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Le dernier pain au chocolat

D’abord, une dernière demande liée au manuscrit, et après, je vous promets, rien de plus. Comme vous pouvez imaginer, j’ai étudié une vingtaine de sites d’astuces sur comment écrire ma lettre d’introduction. Mais une lettre est uniquement la plus importante : il y a une maison d’édition en particulière qui est mon rêve, car elle a sorti un livre sur les États-Unis tellement comme le mien sur la France. J’ai exactement les infos du bon éditeur, alors une opportunité de le soumettre à exactement la personne la mieux placée au monde entier pour comprendre mon projet. Il ne faut pas faire Justin-er cette chance, et ça veut surtout dire ne rien mettre ici pour garder la confidentialité de la personne en question. Si vous seriez content de lire une lettre d’un peu moins d’une page pour évaluer si ça répond à ma rubrique, merci de me signaler dans les commentaires ou par courriel.

Alors, certains d’entre vous, étant liés à moi personnellement sur Facebook savent deja où nous irons. Vous savez tous à quel point je profite de la vie californienne, uniquement chère. Mais rien ne m’a préparé pour hier.

Ça fait trop longtemps depuis ma dernière visite chez Moulin, la boulangerie qui joue un si important rôle dans mon parcours. Après littéralement 7 ans sans goûter même un seul croissant — parce que Pascal Épicerie avait définitivement fermé et le tribunal à La Haye existe exactement pour punir ceux qui servent les croissants de nos supermarchés aux autres — ils n’existaient plus pour moi. Puis avec le Confinement et mes nouvelles études, j’étais désespéré, un ami local m’a parlé de Moulin, et en plus des croissants, j’y ai découvert les Chamonix, les madeleines de Proust de cette histoire. Mais j’y allais de moins en moins parce que des croissants à 4 $ et des pains au chocolat à 4,50 $ étaient des luxes.

J’étais là hier matin pour la première fois depuis presque un an entier (j’étais là en février pour leur resto, Bouillon, sans aller dans la boulangerie). Sans jeter un œil sur les étiquettes, j’ai commandé un pain au chocolat. J’ai presque fait une crise cardiaque en voyant l’addition — pour un sac à emporter avec un seul pain au chocolat. 6,30 $.

À Newport Beach, les loyers sont chers, mais pire qu’à Paris ? Je le doute. Pourtant, qu’est-ce que l’on paye pour un pain au chocolat dans les boutiques parisiennes de Yann Couvreur ?

Pain au chocolat à 2 €
Capture d’écran

2 € fait environ 2,50 $ après les frais de conversion en ce moment. C’est 2,5x plus cher ici ! Pensez-vous que Moulin est mieux que Yann Couvreur ? Ouais, moi non plus.

À vrai dire, c’est Carrefour la bonne comparaison, avec ses pains au chocolat au beurre de Charentes-Poitou, 90 centimes chacun. 6 fois ça, c’est dingue.

C’est donc la fin des pains au chocolat pour moi. Je ne m’intéresse même pas un peu à payer ce prix. Dit autrement, l’inflation a atteint un taux de 33 % pendant cette année dernière. Imaginez-vous que j’ai eu une augmentation de salaire pareille ? Nope.

En fait, c’est pareil pour toute alimentation dans un resto en Californie. Il y a un an, la commande typique de La Fille et moi chez McDo — 10 McNuggets, 1 burger dit « Quarter Pounder », 1 paquet de frites, et deux boissons — ça nous coûtait 15,25 $. Ça nous coûte 19,30 au même McDo de nos jours. Pourquoi ?

La Californie fait deux choses qui rend nos restos plus cher que tous les autres États. Nous avons de loin le SMIC le plus haut, 20 $ par heure, ce qui a augmenté de 15 $ il y a 3 ans. Et avec nos impôts sur l’essence les plus hauts du pays, ça nous coûte beaucoup plus cher pour transporter les ingrédients. Ne me croyez pas sur parole : du site GasBuddy, voici les deux années dernières d’essence pour tout le pays, en bleu, et la Californie, en rouge. C’est environ 4,30 $ le gallon (4 litres) en Californie, contre 3,15 $ le gallon au reste du pays.

Graphique avec les prix d'essence
Capture d’écran

Croyez-moi, le reste du pays ne paye pas 6 $ le pain au chocolat dans leurs boulangeries françaises. Et c’est pareil pour les autres pâtisseries chez Moulin : les éclairs et les Paris-Brests individuels, anciennement 6 ou 6,50 $ chacun, sont tous maintenant 8 ou 8,50 $. C’est moins insupportable — on s’attend à des prix encore plus élevés pour les desserts aux restos — mais 6 $ pour un pain au chocolat ?

Hier, j’en ai mangé mon dernier, jusqu’au moment où je peux quitter définitivement la Californie.

Au lieu de la France

Mercredi était censé être le jour de notre départ pour la région niçoise. Censé, je vous dis. Au lieu de ça, La Fille et moi allons prendre des vacances d’une forme très commune aux États-Unis, mais je soupçonne est inconnue en Europe. C’est le « college trip », le voyage pour voir des universités.

Carte postale d’une ville sur notre route, Photo par Steve Shook, CC BY 2.0

Ici, même s’il y a un examen, le SAT, que tout le monde prend pour montrer ses compétences, ça n’a presque rien à voir avec la question de si on sera admis à telle ou telle fac. Je ne vais pas faire la polémique ici sur pourquoi, mais disons que c’est l’une de mes plus grandes sources de colère. Mais même une élève avec des notes parfaites et un score très élevé sur le SAT ne sera admis à l’université de Californie à Riverside — loin d’être prestigieuse — qu’une fois sur 4. Et pour les facs de Los Angeles et de Berkeley, les chances sont encore plus faibles.

Alors, on visite de nombreuses facs avant d’atteindre l’année terminale, afin de décider où soumettre des candidatures. Il est fort probable que La Fille envoie une vingtaine en 2027 pour obtenir 2-3 opportunités.

Au lieu d’aller en France, nous allons donc visiter 4 facs pendant les 6 jours de jeudi à mardi prochain : l’Université de la Californie du Sud (d’où j’ai mon master), l’Université de Californie à Los Angeles, l’Université de Californie à Riverside, puis l’Université de Californie à Berkeley. Pour ce dernier, nous allons faire un sacré aller-retour en voiture.

Si vous me demandez, « Mais Justin, c’est quoi un « Riverside » ? » je vous dirai la vérité. Imaginez la Lozère. Maintenant, triplez le nombre de vaches et soustrayez tous les points forts, comme l’histoire de Bertrand du Guesclin et les lieux de tournage de La Grande Vadrouille. Ouaip. Si c’était à moi uniquement, La Fille ne se soucierait pas de cet endroit. Mais sa mère insiste, et au nom de la coopération, nous y jetterons un œil.

Cependant, vous allez avoir une opportunité unique à cause de ce voyage. Je vous dis depuis longtemps que la ville de San Francisco connaît une chute depuis une décennie. Nous allons passer par beaucoup des endroits touristiques de la ville, et vous aurez un compte rendu d’exactement à quel point je suis sérieux. Je vous ai montré une vidéo l’année dernière d’une grande surface en train d’être cambriolée — notre hôtel à San Francisco sera à environ 300 mètres de ce magasin.

N’imaginez pas que c’est mon idée des vacances. Mais on fait ce que l’on peut, et vous allez au moins voir beaucoup de la vraie Californie, car je prendrai des photos partout.

Ça y est

Je viens d’envoyer un cadeau inattendu aux bénévoles qui ont lu mon livre — le manuscrit complet, tel que je préviens de l’envoyer aux maisons d’édition. Il est possible que je reçoive quelques petits changements de plus, mais ils impliqueraient seulement quelques recettes ainsi qu’un portrait d’une personne.

That’s all, Folks, Dessin de Warner Bros., Domaine public aux États-Unis

Alors, d’abord quelques faits divers. Le livre comprend 142 701 mots, dont 1 281 pour la table des matières (chaque recette et chaque essai ont une entrée) et 4 832 pour la bibliographie. Ça veut dire qu’il y a quand même 136 000 mots que j’ai écrits, sur 268 pages. Il y a enfin 305 références, dont 32 qui ne sont qu’à ma propre écriture — puisque le livre est complètement original, sans copier-coller du blog, seulement le citer, à mon avis c’était correct.

Pas comme le Tour tel que vous le connaissez, il n’y a qu’une recette pour chaque département. J’ai décidé que pour garder l’authenticité, toute recette sauf une devait venir d’une source fiable, et quand j’ai inventé certaines recettes qui étaient autrement secrètes — les chichis frégis ou les macarons de Cormery — c’était peut-être intéressant, mais pas dans l’esprit du livre.

Vous êtes curieux. L’exception est le gâteau du Lion du Territoire de Belfort. J’avais une description très exacte de ce qu’il fallait faire et j’étais assez expérimenté pour le reconstituer.

J’ai pris une décision au tout dernier moment de supprimer le pain de Modane pour l’Isère, et le remplacer par le plat principal du même département, la truite grenobloise. Il y avait deux raisons. Avec la fermeture de Keldelice, il n’y a plus de preuve que j’avais une source qui l’a lié au département. Modane est en Savoie, et même si la Maurienne partage une frontière avec l’Isère, je ne voulais pas défendre ce choix.

L’autre raison est que ma recette venait de Mercotte. Je crois que j’ai tout fait selon les lois françaises pour avoir le droit de publier mes recettes — c’est drôle, vous pouvez tout faire sans attribution pour des recettes communes, mais dès que vous dites « j’ai appris ça de quelqu’un », il y a des droits d’auteur. Je n’ai aucune envie de rencontrer les avocats du Groupe M6 quand même. J’ai cité mes sources, les instructions sont autrement mon texte, les listes d’ingrédients ne sont pas protégées par la loi française, mais je soupçonne qu’il y aura des aventures à venir. J’ai donc l’impression que selon les lois françaises, Pierre Hermé, Sébastien Bouillet et Claire Heitzler peuvent tous publier des recettes presque identiques pour la pâte sucrée, et ça va, mais si j’en mentionne un, c’est moi le voleur. J’espère que j’ai mal compris ça, mais on va voir.

En parlant des lois françaises, le restaurant qui m’a mis en colère pendant le voyage fou n’est pas nommé. On m’a dit que partager un mauvais avis risquait d’être poursuivi pour la diffamation. Aux États-Unis, je pourrais publier cette histoire sans peur, et je me demande un peu comment marche des sites tels que Yelp en France, mais le livre est autrement positif, et j’ai décidé qu’il n’en valait pas la peine.

Il y 11 portraits de personnes que j’ai rencontrées. Sauf pour ma regrettée amie Pascale, qui n’avait pas d’autre famille, j’ai obtenu l’autorisation de chacune pour y apparaître. Il y a d’autres blogueurs mentionnés par « nom d’Internet » et à mon avis, je n’étais pas obligé de demander l’autorisation pour mentionner des choses publiées sur Internet. Néanmoins, chacun aura l’opportunité de refuser.

Il y a de nombreuses histoires tirées de ce blog, mais les analyses de ce qui s’est passé sont nouvelles. Il y a aussi de nombreuses nouvelles recherches, des histoires jamais racontées, des lieux pas mentionnés pendant le Tour, surtout au début quand je ne savais pas ce que je faisais. ([Mais ça n’a pas changé ! — M. Descarottes]) Je suis particulièrement fier de ce que j’ai fait pour l’Outre-mer à cet égard — j’étais pressé de finir le Tour avant novembre, et n’ai pas pris le temps d’écrire les histoires que j’aurais explorées. J’ai fait ça.

M. Descarottes a une page, mais ne fait pas des commentaires. J’espère que ce sera pour un grand public, et même si j’expliquais tout, il y en a qui ne trouveraient pas drôle son sens de l’humour.

Je suis épuisé de façon que très peu d’entre vous peuvent comprendre. Il est presque 4h du matin chez moi, mais ce n’est pas ce que je veux dire. J’ai commencé à écrire ce livre en janvier 2023, et même si les progrès étaient presque inexistants cette année-là, je pense à quoi faire depuis ce temps. Tout à coup, même s’il y a d’autres changements, je ne dois plus penser à la structure, à quoi inclure et quoi omettre, à la question de si une blague tombera ou pas. (Il y en a une en revisitant le « tuvoiement » que je crois est parmi mes meilleures. Il m’a fallu du temps.)

Mais après tout ça, c’est fini.

Jacquouille me rend visite

La Fille n’est pas chez moi cette semaine, mais plutôt chez sa mère. Cependant, de temps en temps elle m’envoie des textos, surtout pour pratiquer son français, ainsi que me taquiner. (Elle dit de ses habitudes, « La Fille, c’est plus qu’un nom, c’est une marque. ») Hier, il y avait deux leçons à apprendre à cet égard.

Jacquouille fait une bêtise en cuisine

D’abord, elle m’a écrit :

Dialogue. La Fille : « C'est trop amusant. Tu ne peux pas le faire quand tu n'es pas mon père. » Moi : « Je suis ton père. De quoi parles-tu ? » La Fille : « Je parle qu'aucun peuvent faire d'erreurs comme toi. » Moi : « Hein ? »

Le sujet qui était trop amusant n’est pas important. Mais l’erreur qui suit est une bonne leçon sur ses progrès. Elle sait depuis longtemps que « on » est la personne à utiliser quand il s’agit de n’importe qui, que c’est la personne que l’on peut remplacer pas « quelqu’un ». Cependant, dans la tête, elle pense au mot anglais « you », et en anglais « you » n’est pas seulement la traduction de « tu » et « vous », c’est souvent la traduction de on quand il est au singulier. Au début, je n’ai pas compris ça, En essayant de reformuler la pensée, elle écrit autre chose qui est du vrai n’importe quoi. J’ai dû le lui demander en anglais.

Une fois éclairci, j’ai dit que ça devrait être « Je pense que personne ne peut faire des erreurs comme toi. » Les erreurs sont tous des efforts malmenés à traduire mot-par-mot de l’anglais. Je connais certainement le problème.

Des minutes plus tard, un autre exemple est apparu dans la conversation. J’étais surpris que, vu l’heure, elle soit libre de parler :

Dialogue. Moi : « Tu n'es pas au dîner ? » La Fille : « Non, j'ai fini le dîner. » Moi : « Était-ce bon ? » La Fille : « C'était d'accord. »

Ce moment me rappelle le moment dans Les Visiteurs 2 où Jacquouille découvre le mot « OK » :

Le problème cette fois, c’était que « d’accord » se traduit par « I agree », mais aussi par « OK ». « OK » veut dire plusieurs choses en anglais, dont d’accord, mais aussi que quelque chose est de qualité moyenne — « juste OK ».

J’ai fini par lui donner des exemples de quoi dire pour exprimer un avis mitigé dans ce cas — « il n’avait rien de spécial » ou « c’était moyen » — mais j’ai l’impression que ceci sera plus difficile à corriger. C’est une traduction trop littérale, dans un contexte où les expressions anglaises sont bien figées.

Mais au moins je reconnais ce qui arrive car je sais déjà ce qui est dans sa tête. Il m’arrive à l’esprit que c’est peut-être un problème en apprenant le français comme langue étrangère — si on ne connaît vraiment pas bien l’autre langue de l’élève, il doit être très difficile d’expliquer les erreurs.

Elle devrait apprécier son daron, non ?

Lourdpas le dinosaure

En avril, en répondant à un commentaire de Billie, qui avait dit qu’elle payerait pour avoir mes voisins, j’ai écrit :

Mon voisin à l’étage, je l’appelle « le dinosaure », car il fait des pas lourds à toute heure. Les voisins d’en bas, ils hurlent de gros mots, sont souvent ivres, et jouent de la guitare électrique pendant des heures tous les jours.

Commentaire sur Saison 4, Épisode 6

Je vous dis ça pour établir que je m’en plaignais en avril, pas juste depuis une semaine. Mais pourquoi est-ce que je le mentionne maintenant ?

Photo de Barney le dinosaure, personnage de la télé américaine. Il est violet, avec un ventre vert.
Barney le dinosaure, vedette de la télé pour enfants, Photo par Barney show in Qatar, CC BY 2.0

Depuis ce temps-là, je souffre quotidiennement pendant toute la journée aux mains de ce voisin. Ou plus probablement, à ses pieds. Les bruits forts commencent vers 7h tous les jours et continuent jusqu’à minuit, et parfois après — même à 3h du matin de temps en temps.

Pendant les deux dernières semaines, tout est parti en vrille. En plus des pas lourds sans cesse, il y a des sons comme un marteau-piqueur, suivis toutes les 2-3 heures par un aspirateur, jusqu’à 22h du matin. Je ne sais pas ce qui se passe, mais impossible que tout ça vient d’un trop gros homme qui marche partout.

Hier, je n’en pouvais plus. J’ai contacté la gérante de mon immeuble et lui ai dit : « Dis-donc, je n’ai rien dit car après mes problèmes avec le voisin en bas l’année dernière, je voulais essayer d’être compréhensif. Mais ce type est bruyant sans cesse depuis 3 mois déjà ! » Elle m’a dit qu’elle le vérifierait, mais dis-donc, c’est probablement juste une machine à laver tombée en panne.

QUOI ? Le problème, c’est que l’attitude de tout service aux clients aux États-Unis est de nier que les problèmes existent. De dire que vous imaginez tout.

Une heure plus tard, elle m’a écrit pour me dire que depuis une semaine, ils accueillent des invités, dont un garçon très actif, mais tout ça arrêtera. Et une heure après ça, c’était même le cas — mais si c’était vrai, j’ai deux questions :

  1. Quel genre d’adulte ne considère pas ce niveau de bruits un problème jusqu’à ce qu’il reçoive des plaintes de la gérante ?
  2. Pour quel genre de con me prennent-ils ? Je viens de dire que ça fait 3 mois, et ils veulent me faire croire que ça ne fait qu’une semaine ?

Je ne suis pas aussi stupide que ça. Je comprends que beaucoup de monde mentirait dans une situation pareille, afin de ne pas recevoir une punition plus sévère. Mais je n’allais pas accepter cette explication insultante. Je lui ai donc écrit pour dire, « Merci, mais je ne les crois pas du tout. Je viens de te dire que ça fait plus longtemps qu’une semaine. » Et à son tour, elle m’a écrit pour dire « Je t’écoute ». Ça m’a énervé encore plus — impossible que nous disons les deux là vérité !

La Fille et moi avons parlé de « Stompy the Dinosaur » pendant tout ce temps, mais j’ai dit juste « le dinosaure » car je n’étais pas sûr de comment traduire son surnom. Mon dictionnaire donne « pas lourd » pour « stomp » en tant que nom, mais ici, c’est plutôt un adjectif, ce qu’il fait. Et si je combinais les deux mots dans l’ordre donné par mon dictionnaire, vous me diriez tous qu’il était un fruit de mer. Alors il n’est pas « Paslourd » mais « Lourdpas. ». Et peu importe la traduction, il est sans conteste le pire voisin que j’ai jamais eu.

Je suis sûr qu’il y a plein de voisins chelous dans les immeubles français. Mais de plus en plus, je suis absolument choqué par le niveau d’indifférence de tous les voisins autour de moi. C’est comme si chacun — en bas, à l’étage, et à côté — se croyait le seul qui habite ici, et qu’il n’avait d’obligation envers personne. Je me demande sincèrement ce qui s’est passé ici ; mon immeuble n’était pas du tout comme ça même il y a 5 ans.

Langue de Switch 2

Je vous avais dit que La Fille serait bientôt propriétaire d’une Nintendo Switch 2, qui est arrivée chez nous mardi dernier. En ce moment, nous n’avons que deux jeux pour aller avec : Mario Kart World, qui tout le monde achète pour aller avec (c’est beaucoup moins cher de cette façon qu’au lien), et Welcome Tour, un mini-jeu qui vous montre comment marche le tout. Ce dernier vaut les 10 €, peu importe les nombreuses plaintes en ligne que c’est payant tout court. Mais nous ne sommes pas ici pour une critique de la console en soi. C’est hors mon sujet. Ce qui rentre bien dans mon sujet, c’est parler de certaines traductions liés à Nintendo.

Avant de même essayer le nouveau jeu de Mario Kart, la première chose dont La Fille avait envie, c’était de tester comment marchait le dernier Zelda, Tears of the Kingdom. La différence est incroyable. Mais à cause de ce jeu, j’ai découvert qu’une blague que j’ai fait il y a deux ans, à sa sortie, ne marche pas du tout en français. J’explique :

Dans le premier Zelda pour Switch, Breath of the Wild, il y avait un héros en forme d’oiseau géant, nommé Revali. Revali avait un super-pouvoir, dit en anglais, « Revali’s Gale », littéralement « le vent violent de Revali ». Avec ce pouvoir, il pouvait se lancer très fortement dans le ciel. Mais dans le dernier jeu, son descendant Babil, a un pouvoir beaucoup moins puissant, la Rafale de Babil. Quand je l’ai vu pour la première fois en 2023, j’étais déçu et je l’ai tout de suit appelé « l’éternuement de Revali ». Cependant, ça ne marche pas comme calembour en français, parce que le pouvoir original ne porte pas de nom lié au vent en français. C’est plutôt la Rage de Revali. Je sais, il ressemble à un animal sauvage, mais avec un tel nom, mieux vaut faire appel au docteur Pasteur, non ?

L’autre chose que je vais évoquer cette fois n’a strictement rien à voir avec la Switch 2, mais il s’agit de Nintendo. Si vous fréquentez certains blogs français, surtout celui d’Agathe, vous avez peut-être croisé un internaute qui s’appelle Bleck. Ce nom me rendait fou, et un jour, je n’en pouvais plus : je lui ai demandé si c’était d’après mon méchant préféré de tous les jeux de rôle dans l’univers Mario, le comte Bleck. Il m’a dit que non, et a ajouté qu’il n’avait pas la moindre idée de quoi je parlais. Je compatis. Moi non plus.

Puis, il s’est avéré qu’aucun Français n’aurait une idée de quoi je parlais — car le méchant ne s’appelait pas « Bleck » en français. Ce n’était même pas proche.

Dessin du comte Bleck. Il porte un costume et un haut-de-forme blanc ainsi qu'un monocle, tient une baguette magique dans sa main, et a un sourire maléfique, un ligne à zigzags rouge.
Le comte, Source, Fair use selon les lois des États-Unis

Je suis franchement jaloux de son sourire et son style. Mais en français, il s’appelle le comte Niark. J’ai souvent du mal avec les choix de traductions en français, mais celle-ci me rend particulièrement perplexe. Je ne sais pas si « Niark » vous rappelle quelque chose, mais « Bleck » est proche du mot anglais pour le noir, “black ». Ça va très bien pour un méchant. Heureusement, il me semble que la traduction française est autrement très bonne, et la scène où le comte arrange le mariage de la princesse Peach avec le méchant Bowser reste aussi hilarant en français que la version que je connais :

Je pourrais écrire des milliers de mots sur les différences entre les jeux de Nintendo en français et en anglais. Mais j’arrêterai avec la meilleure traduction de toute Nintendo, qui dépasse la version anglaise. Lisez attentivement le nom du méchant !

C'est un méchant en forme de boîte de crayons de couleur. Il dit que son nom est « Côme Raoul Aimé Yves Oscar Nicolas Siméon de Couleur, 12ème du nom ». Si on lit juste les initials, c'est « crayons de couleur ».
Source

Paul Taylor au Regent Theatre

Je sais à quoi vous vous attendiez, mais hier, j’ai réussi le dernier rêve lié à mon expérience d’apprendre le français en 2020. C’était un moment doux-amer ; ce chapitre de ma vie est désormais définitivement fermé.

Quand j’ai commencé à étudier le français, dès que les algorithmes de Facebook se sont rendus compte que je passais du temps sur des groupes français, le site a commencé à me recommander des humoristes en français. C’est comme ça que j’ai découvert Sebastian Marx, qui est en fait new-yorkais, et Paul Taylor, qui est d’origine irlandaise. Je sais que je l’ai dit plusieurs fois au passé, mais c’était une aide inestimable, d’écouter des voix plus proches de la mienne afin d’apprendre la langue. J’espère depuis longtemps les voir en France, pas aux États-Unis, mais on fait ce que l’on peut.

Comme toujours quand il s’agit d’un spectacle à Los Angeles, je suis parti 3 heures à l’avance. On dirait que j’étais là encore une fois beaucoup trop tôt, mais s’il vous semble que je vous ai montré des adresses nulles au passé, cette fois nous sommes dans le centre-ville historique, devenu parmi les pires adresses de la Californie. Je mentionne parfois que quand on dit « banlieue » en anglais, il s’agit des pires quartiers autour de Paris (les journaux télévisés l’utilisent pour avoir l’air authentique ; ils ne savent pas que « Versailles est en banlieue » apparaît dans mon dictionnaire bilingue). Bienvenue dans la banlieue de LA !

Voici le Regent Theater :

Regent Theater à Los Angeles

Vous voyez le bâtiment à votre gauche ? C’est abandonné :

Photo pris de plus loin qui montre le mauvais état du bâtiment à côté du Regent Theater

Au coin de la rue, il y a l’un de plusieurs anciens hôtels, devenus des HLM. Celui-ci était le Hotel Barclay

Il n’y avait presque rien à manger dans ce quartier. J’ai trouvé quelques bars, tous en mauvais état — mais aussi un restaurant très inattendu, « Le Petit Paris » :

Il a l’air assez accueillant, n’est-ce pas ? Les prix sont à couper le souffle — entre 30 et 60 $ pour tout dans un mauvais quartier. Franchement, je ne voulais pas prendre le risque. Regardez en face de la rue — des graffitis sur un autre bâtiment abandonné :

Bâtiment en face du Petit Paris -- les fenêtres sont toutes brisées

Il y avait des sans-abris partout — j’ai fait un effort pour ne pas leur prendre en photo, car ils sont des êtres humains dignes du même respect auquel je m’attendrais. ([Mais vous n’avez plus d’attentes à cet égard. — M. Descarottes])

Tout ça, c’est-à-dire que c’était un quartier que je ne recommanderais jamais, pas comme le Sunset Strip où Arnaud Demanche a joué. En fait, l’un des restos les plus vieux de la ville, Cole’s, se trouve dans ce quartier. Il fermera définitivement le 2 août après 117 ans. C’est connu pour ce que j’ai appelé « le sandwich français qui ne l’est pas », le « French Dip » : du rosbif sur une baguette. Il y avait une queue époustouflante pour y aller :

J’ai trouvé le quartier extrêmement effrayant, et heureusement, l’homme au guichet m’a laissé entrer une heure avant le spectacle. Alors, la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y pas eu de reprise de ce qui s’est passé dans la queue pour Arnaud Demanche, où tout le monde autour de moi refusait de me parler. La mauvaise nouvelle, c’est qu’au-delà d’un couple assis devant moi — dont j’ai offert de leur prendre en photo — tout le monde dans le théâtre refusait de me parler. Encore une fois, c’était dommage — je suis très curieux sur qui va à ces spectacles.

Voici la scène :

Scène du Regent Theater

Avant Paul Taylor, il y a eu une première partie, un immigré français nommé Noman Hosni (lien vers son compte Insta). Il n’était pas drôle. Il faut comprendre que depuis le 11 septembre 2001, je ne m’intéresse pas du tout à des « blagues » venant de telles personnes sur la sécurité à nos aéroports.

Heureusement, Paul Taylor était tout ce que j’espérais. Son spectacle, dit « Fuck me, I’m French » (Baise-moi, j’suis Français), était complètement en anglais, mais il s’agissait de son sujet habituel, la vie en France en tant qu’expatrié anglophone qui doit s’adapter. Je dirais que par rapport à ses spectacles bilingues, il s’est plaint plus sur les difficultés de jouer en France — en particulier, il parlait d’une ville de l’est du pays, Freling (orthographe ?), où il avait l’impression que personne ne comprenait ses blagues, et qu’il préfère jouer dans les grandes villes avec plus de personnes vraiment bilingues. Il a dit que c’était pour ça qu’il voulait faire un spectacle tout en anglais, mais il me semblait qu’il voulait flatter un peu le public pour le comprendre.

Et cette question de bilingues fait la plupart de son humour. Il parlait du bas niveau d’anglais en France et a dit quelque chose que la foule semblait apprécier, que quand ses connaissances françaises expatriées reviennent dans le pays, il doivent faire semblant de parler l’anglais pire qu’en réalité, ou leurs proches leur taquinent. Il y avait toute une séquence sur apprendre l’anglais à sa fille, ce qu’il trouve difficile parce que les livres disponibles pour son âge (6 ans) ne sont pas très bons. Et au cas où le public ne le croirait pas, il a apporté un livre qui était censé apprendre des comptines en anglais — c’était enregistré par des Français, et les extraits étaient très difficiles à comprendre.

Cependant, j’aurais du mal à traduire ses blagues en français, parce qu’ils s’appuyaient sur certains faits de prononciation en anglais. Par exemple, il parlait de l’expérience d’utiliser Siri chez lui, car sa femme est Française, mais ils utilisent Siri en anglais. Alors quand elle demande à Siri de compter 13 minutes, elle dit « thirteen », mais ça sonne exactement comme « thirty », 30. Il racontait une situation où après un peu, elle a changé à demander « twelve », 12. Il l’a félicité pour avoir trouvé une solution pour éviter ces mots trop proches, et elle a répondu, « Nan, j’ai perdu une minute en discutant avec Siri, alors je n’ai plus besoin de 13 minutes ! ». Croyez-moi, tout ça a marché en anglais, mais l’explication le rend moins drôle.

Cette foule était très différente des autres que j’ai vues avec des humoristes français venus aux États-Unis. Les couples étaient largement mixtes — comme la Française avec l’Américain assis devant moi. Il a demandé des questions comme ça au public ; ce n’était pas juste mon imagination. Je pouvais certainement l’écouter autour de moi. Je suppose que c’était pour ça qu’il n’a pas attiré les couples habituels de l’OCA qui sont venus aux autres spectacles racontés ici pendant les deux dernières années.

Je n’ai qu’un vrai regret cette fois. J’aurais tellement aimé prendre une photo avec lui, tout comme Sebastian Marx et Bertrand Usclat. Ils étaient la bande-sonore de cette première année d’études. Mais dès qu’il a quitté la scène à la fin du spectacle, je l’ai perdu, et l’homme du guichet m’a dit qu’il était parti par une autre porte. C’est dommage. Je lui écrirai pour dire autant, parce que ça aurait été la fin parfaite.

HAHAHAHAHA

En août dernier, M. Descarottes a dû partager ce qu’il a appelé « le meilleur jour de ma vie ». Il s’agissait du câble manquant. Hier, c’était mon tour à moi. Vous allez ri-go-ler !

De temps en temps, mon ex oublie qu’elle m’a intenté un procès pendant 2 ans, 10 ans après le divorce, juste pour s’amuser pendant le Confinement, un procès où elle n’a rien gagné. Alors, quand La Fille a eu un événement scolaire en 2022 où nous étions là ensemble, mon ex m’a dit — devant ladite Fille — « oui, chéri » en réponse à je-ne-sais-plus-quoi. C’était choquant, mais après, La Fille et moi avons ri.

Moi, je ne ferais jamais la même erreur. Disons que nos expériences de ces affaires n’étaient pas du tout pareilles. Mais j’écrirai d’abord « Die Tour durch die deutschen Länder », où je cuisine ein Schnitzel und ein Nachtisch de chaque état allemand avant que cette pensée ne vient dans l’esprit.

Avec ça en tête, mettons la scène. La Fille et moi sommes chez McDo, en train de nous plaindre que la différence entre deux promotions pour notre déjeuner était exactement de six centimes, et que le prix de notre commande a haussé de 27 % au même endroit par rapport à janvier 2024. C’est-à-dire, nous ne dérangions personne. C’est en ce moment que LE SMS arrive du numéro de mon ex. Je jette un coup d’œil à mon portable, et tout de suite plie de rire si fort que La Fille craint que je fasse une crise cardiaque.

Vous avez probablement déjà deviné où je vais. Quels étaient le premiers mots du texto ?

Salut Mon Amour

Cette fois uniquement, il va falloir me croire sur parole parce que je n’oserais jamais publier une capture d’écran avec son nom, soit le nom de son enfant avec Gargamel. (Je vous rappelle que ce choix de surnom vient uniquement de sa coupe de cheveux et ne contient aucun autre message.) Mais je vous jure que ce n’est rien que la vérité. En traduction, évidemment.

Je suis bien au courant que les fautes de frappe peuvent arriver à tout le monde. Mais je vous promets, vous aurez mon enregistrement de « Deutschland Uber Alles » sur ma chaîne YouTube avant que je ne fasse cette boulette.

([Il peut faire une si extravagante promesse seulement car il ne tapera jamais « Salut Mon Amour » dans un SMS. Rien à voir avec la destinataire. — M. Descarottes])

Le vilain cobaye a probablement raison. Mais je peux dire sincèrement que malgré toutes les « erreurs de minuit » sur ce blog, je n’ai jamais fait cette erreur, et même si je vis cent ans de plus, je ne la ferai jamais !

Capture d'écran qui dit : « Merci et au revoir. Le site Keldelice.com a fermé ses portes après 17 belles années et 32 millions de visites. Merci à tous les producteurs et amoureux de produits de terroir pour votre confiance au fil des années. Et merci à l’équipe qui a développé ce site en 2008. »

Adieu, Keldelice

En novembre 2020, j’ai demandé pour la première fois, « Mais quelles sont les spécialités du département ? » J’ai dû rechercher quelque chose comme « recettes locales Ain » — je ne sais plus — et heureusement, j’ai vite trouvé Keldelice, un site consacré aux producteurs et à la cuisine des régions. On pouvait y rechercher non seulement par département mais même par commune, un niveau de détail inestimable pour mes besoins.

La toute première recette du blog, la soupe bressane au potiron, venait du site. La dernière recette d’Un Coup de Foudre qui venait de Keldelice a été le dessert du même département, le gâteau de courge. La vérité sur cette catastrophe, c’est que je l’ai échouée plusieurs fois, puis décidé que c’était une ressource excellente pour « quoi faire », mais une mauvaise idée pour « comment faire ». Cependant, presque tout article du Tour contient au moins un lien vers Keldelice, et souvent beaucoup plus.

Avec la fin de Mayotte (et il n’y a pas de lien vers Keldelice dans cet article-là — autant qu’en Creuse, le site n’a pas eu de données pour le département), j’ai mis le site de côté pendant des mois. Puis, en mars, quelque chose de bizarre est arrivé quand j’ai commencé à vérifier des liens pour ma bibliographie — seulement l’accueil marchait. Tout autre lien produisait des erreurs. Cette situation a duré pendant 5, peut-être 6 semaines. Il n’y avait pas de moyen pour contacter les admins, et je n’avais aucune idée de quoi faire. Puis, en mai, le site était de retour sans explication. Je ne m’en plaignais pas !

Lundi, je pouvais toujours visiter des liens là pour vérifier des détails. Mais hier, en vérifiant pourquoi le correcteur sur mon ordinateur n’aimait pas « brocciù » avec un accent grave sur le « u », j’ai reçu un message tout différent d’avant du côté de Keldelice :

Capture d'écran qui dit : « Merci et au revoir. Le site Keldelice.com a fermé ses portes après 17 belles années et 32 millions de visites. Merci à tous les producteurs et amoureux de produits de terroir pour votre confiance au fil des années. Et merci à l’équipe qui a développé ce site en 2008. »

Évidemment, quelque chose n’allait pas déjà — c’était incroyable que personne n’ait rien fait pour restaurer le site avant. Mais une disparition totale ? Je n’étais pas du tout prêt pour cette nouvelle, même si la bibliographie est autrement prête.

La question du brocciu est un bon exemple de comment il me fallait souvent trouver une deuxième source en ce qui concernait Keldelice. Une fois que je me suis rendu compte qu’il y avait une erreur d’orthographe, j’ai vérifié le bon « Je découvre », vu que c’était ma pratique à l’époque, et l’ai recherché. Et je croyais — brièvement — que je devenais soit fou soit aveugle ([Soit ? Ce n’est pas comment s’écrit « et ». — M. Descarottes]). Pour la deuxième fois cette semaine, il me semblait qu’une erreur d’orthographe ailleurs m’avait trompé de façon durable. Si vous recherchez « brocciu » tous les résultats n’ont pas d’accent sur le « u » : pas du Ministère d’Agriculture, ni du site officiel des producteurs, ni le site officiel de tourisme. Mais en insistant avec des guillemets, j’ai trouvé d’autres exemples avec l’accent : Marie Claire, un resto corse, le magazine Taste France (une publication du Ministère d’Agriculture !).

J’ai supprimé l’accent du livre. Cet article n’est pas sur le brocciù, c’est sur Keldelice, et ceci est un exemple de comment j’ai appris quelque chose là qui n’était pas complètement faux, mais peut-être pas la bonne chose à citer. D’autres fois, des erreurs du site m’ont dit que le Bleu de Gex était un produit antillais, ou que le nougat de Montélimar venait des Hauts-de-France. Je ne crois pas que ces choses aient été faites exprès, mais que l’on ne faisait pas assez d’attention aux fautes de frappe avec certaines données.

Ça dit, c’était souvent mon meilleur outil pour me lancer sur la bonne voie. À défaut d’une référence telle que le Larousse gastronomique — un livre qui ne se concentre pas sur la cuisine paysanne comme le Tour — Keldelice était un point de départ largement fiable, et souvent plus utile que les sites de tourisme, qui ne proposaient que de « bonnes adresses ». Vraiment, sans faire un tel projet, vous ne comprenez pas pourquoi j’apprécie tant les Berry Province et Réunion Tourisme du pays — trouver même juste les bons noms de plats était souvent un défi.

Alors, malgré ses défauts, Keldelice me manquera. J’écris dans le livre sur l’expérience de quitter Duolingo — quand quelque chose fait partie de sa vie pendant des années, c’est difficile de le quitter. Mais j’avais vraiment épuisé Duolingo. Keldelice était une ressource vivante, et un modèle pour tout ce que j’essaye de faire ici. Je n’ai jamais pleuré un site web avant, mais il y a des larmes pour Keldelice.

Les erreurs les plus lamentables

J’ai appris beaucoup de choses ce week-end que je n’aiment pas du tout. Il y a des erreurs que j’ai faites des milliers de fois ici sans que personne ne les mentionne.

Statue où Caïn tient son visage dans sa main
Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

En 2022, j’ai partagé sur Facebook un mème qui se moque de l’âge de M. Michel Drucker en ajoutant :

« Aux États-Unis, notre version de M. Drucker s'appelait Dick Clark. Il est mort depuis quelques ans, mais puisque la lumière des étoiles vient du passé, peut-être que l'on le reverra après tout. »

Ma chère amie Pascale m’a répondu que :

« Bien vu ! Au fait, Justin, on dit "des années." »

J’en ai tiré la mauvaise leçon. Depuis ce temps-là, j’écris chaque fois « des années », « des minutes », « des heures », etc. Mais beaucoup de mes bénévoles m’ont corrigé avec « quelques » au lieu de « des ». Voici un petit « best-of » du blog :

Il y a des années, quand j’ai entendu « Douliou Douliou Saint-Tropez » pour la première fois…

Don’t you Saint-Tropez

Il y a des années, avant cette aventure, une amie m’a dit quelque chose de très perspicace.

Mon t-shirt chef Dumas

Il y a des mois, j’ai lu un article sur France 3 Bretagne qui se traitait d’un cloître gothique breton. 

La Bretagne au Kansas

Si j’ai bien compris, j’aurais dû écrire « quelques » chaque fois.

Et parlons de « chaque fois ». D’habitude, j’écris « à chaque fois ». Mais j’ai lu encore et encore des corrections pour me dire d’éliminer les « à ». Puis j’ai découvert cette astuce de l’Académie française :

À chaque fois (que) est tout à fait correct, d’emploi plus rare et plus littéraire que chaque fois (que).

Dire, ne pas dire

Je ne sais pas s’il reste des lecteurs qui s’en souviennent, mais il y a longtemps, avant de rejoindre l’OCA, j’avais l’habitude d’écrire sans « ne », afin de pratiquer la langue comme je l’utiliserais à l’oral. J’ai reçu assez de plaintes pour arrêter ça, mais personne ne m’a jamais dit « n’écrivez pas « à » dans ce cas » ! Et maintenant tout le monde le fait !

Un de plus ? Voici l’erreur la plus gênante de tout le blog. Je viens d’apprendre que c’est « couper en dés », pas « couper en dès ». J’ai failli faire une crise cardiaque en apprenant ça. Voilà :

1/2 heure avant de commencer, sortir le beurre du frigo et le couper en dès afin de ramollir.

La tarte normande

Pendant ce temps, couper le Roquefort en petit dès.

Mon dîner val-de-marnais

Il y a des centaines d’exemples de cette erreur. Mais il faut remonter jusqu’à mon dîner rhodanien pour trouver un exemple de l’usage correct, et là, j’ai aussi écrit « Couper le paleron en dès ». En fait, il n’y a que 3 autres recettes sur tout le blog, toutes de l’époque où j’avais l’habitude de copier-coller des instructions, qui sont correctes à cet égard : Mon dîner manchois, Mon dîner cantalien, et Les chouquettes. Ouaip.

Ai-je mentionné que j’ai collé certains de ces « dès » dans les bulletins de l’OCA, et personne ne les a jamais remarqués non plus ? Gê-naaaaaaaaaaaant !

Le français n’a pas de bons mots pour exprimer le point auquel je suis gêné en ce moment. L’allemand en a probablement des centaines.