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Doliprane

Langue de Molière est reportée aujourd’hui car j’ai de la fièvre, et honnêtement, je me suis endormi pendant l’écriture. La bonne nouvelle, c’est qu’hier, c’était une sacrée fièvre, avec des tremblements violents, et aujourd’hui, c’est plus ordinaire que ça. Mais, après avoir lu ce billet de Jours d’humeur, et vu ce gros-titre du Canard enchaîné la semaine dernière :

je vais vous dire la chose la plus choquante des 4 ans du blog :

Une raison pour préférer vivre aux États-Unis qu’en France.

C’est presque certainement la seule et unique fois où je dise une telle chose. Mais… vous savez ce qui s’appelle l’ingrédient actif du Doliprane ? Ça s’appelle paracétamol, ou acétaminophène. Voici la boîte de la marque du magasin Ralph’s (ça s’appelle d’après la société mère, Kroger, la plus grande chaîne de supermarchés du pays) :

Cette petite me coûte 15 $ (13,9 € en ce moment). Mais il y a 225 pilules là-dedans, de 500 mg chacune. Du billet de Jours d’humeur, j’ai appris que la plus grande boîte disponible en France n’en contient que 16, et que l’on ne peut pas acheter plus que 6 à la fois ; c’est-à-dire 96 pilules. Ça m’étonne, et pas de bonne façon.

D’autre part, peut-être que vous avez une bonne raison pour ça. Il y a assez de pilules dans cette boîte pour se suicider en mettant un terme définitivement à son foie. 16 ne fera pas l’affaire, et je ne suis pas sûr que 96 suffit. Je ne vais pas le tester pour vous ; pour une chose, la boîte est à moitié vide. Autre chose, si je réussissais, je ne serais plus capable d’écrire quelle est la bonne dose. Désolé, j’essaie d’être plus utile que ça.

Mais je pense à tout, même malade, n’est-ce pas ?

Adieu, Pascale

Je sais depuis longtemps qu’hier arriverait un jour, mais j’espérais que ce serait peut-être 5-6 ans au futur. Je me suis réveillé à découvrir qu’une connaissance en commun essayait de me signaler le décès de mon amie Pascale. Vous la connaissez un peu sans l’avoir su. Je n’ai pas l’habitude de donner même des prénoms, mais dans ce cas, il me semble qu’un prénom ne posera plus de problèmes.

J’ai raconté plusieurs fois que l’histoire de ce blog commence avec un groupe privé sur Facebook en 2020, où je suis allé pour apprendre le français en suivant des vrais. J’ai vite développé l’habitude d’y poster sur un film chaque semaine. C’est comment j’ai rencontré Pascale, qui était aussi grande fan du ciné français. Elle avait toujours l’habitude d’être parmi les premiers à réagir à mes posts là-bas, et quand elle m’a envoyé une demande d’ajoute, j’étais ravi.

Elle était particulièrement fière de ses racines savoyardes, étant née et ayant grandi à Chambéry, où elle vivait jusqu’à la fin. Quand on s’est rencontrés en ligne, elle parlait tout le temps de son « Papounet », déjà atteint de presque 90 ans à l’époque, qui vivait dans un EHPAD. Elle était une fille dévouée de son père, et lui rendait souvent visite, jusqu’à la fin.

Pascale était la raison derrière une poignée de posts ici. C’était son grand amour pour l’émission Les 12 Coups de Midi qui m’a inspiré de la regarder enfin. Ce que je ne vous ai pas dit dans ce post-là, c’était qu’elle écrivait parfois des posts sur Facebook pour corriger des erreurs de la part de M. Reichmann. Je savais même à l’époque qu’elle n’était pas en bonne santé, alors un mois plus tard, j’ai dévoilé une chanson savoyarde et une bûche de Noël inspirée par le département pour mes activités de Noël, car je n’étais pas sûr si elle verrait l’arrivée du Tour en Savoie. Je lui ai demandé une fois que faire pour le Tour une fois là ; voici la note dans mon tableur :

De Pascale : « Pour la Savoie, je te conseille la croziflette, beaucoup plus légère que la tartiflette. C’est un gratin de crozets, de petites pâtes au sarrazin. Avec une simple salade verte, ça passe tout seul ! Tu accompagnes ça d’un verre de vin de Savoie (Apremont ou Mondeuse) avec, pour dessert, un gâteau de Saint-Genix (qui est aussi le village natal de mon Papounet) et tu as un bon repas. Surtout si tu prends des fromages du coin (Beaufort, Reblochon…) »

C’était quoi mon dîner savoyard ? La croziflette et le gâteau de Saint-Genix. Je ne sais pas qui s’en souvienne, mais qu’est-ce que j’ai apporté avec moi en rentrant de la France en 2023, au-delà une douzaine barres de nougat de Montélimar ? Des pralines roses, achetées exprès chez Galeries Lafayette afin de faire ce gâteau-là, car je voulais tellement ne pas la décevoir. Ça fait 3 fois que je suis allé en France pendant le Tour, mais c’est le seul ingrédient que j’y ai acheté pour cuisiner à la maison. Comme j’aurais aimé lui livrer un gâteau !

Et c’est à Pascale que je dois l’une de mes leçons les plus importantes sur le caractère français. Elle n’hésitait jamais à me corriger, à chaque fois avec des excuses vraiment pas nécessaires, et souvent avec un sourire. Je dois partager certains avec vous, et surtout cet échange :

Et après un don de sang où j’avais posté seulement en anglais :

Elle m’a aidé à comprendre que vous êtes obsédés de la grammaire, mais pas méchants sur le sujet (ben, je fais partie de Sans l’option Bescherelle sans honte). Mais même quand le sujet n’avait rien à voir avec la grammaire, elle gardait toujours le même sens de l’humour. Sous ce post où j’ai fêté l’arrivée d’une enveloppe avec ma propre écriture (car elle a contenu l’autographe de Nicola Sirkis) :

il y avait cet échange :

Pascale ne me corrigera plus jamais, et non pas car j’aurai réussi à ne plus en avoir besoin, et pour ça, les larmes ont coulé toute la journée.

La bonne conduite

Il y a deux jours, pour la première fois, j’ai réussi à me faire bannir d’un groupe sur Facebook.

« Mais Justin », vous me dites, « vous êtes un sale grossier dès le départ ! On sait tous que La Fille a dû vous gronder pour avoir vite adopté de gros mots français ! » Puis, un Ricard plus tard, « Alors, dites-nous, qu’avez-vous sorti pour mériter ce bannissement ? »

C’était dans un groupe anglophone consacré à des blagues autour de la série de jeux vidéo Final Fantasy. Peut-être que vous avez entendu parler de la mort du chanteur Liam Payne, anciennement du groupe One Direction, qui est tombé du balcon de sa chambre d’hôtel. Il est possible qu’il se soit suicidé. Moins d’une heure après la nouvelle, l’admin du groupe a posté cette photo du personnage Tidus de Final Fantasy X, de la finale du jeu (c’est un moment tragique). La légende en anglais dit, « Il s’est montré digne du nom de son groupe, il est allé vers une direction. »

Source

Je vous dirai en toute sincérité que l’une des choses qui m’attire à ce groupe est le fait que la politique est rigoureusement bannie, pas selon le sens américain de ce mot, où la politique avec laquelle l’admin n’est pas d’accord est bannie. En revanche, l’humour du groupe a souvent un caractère…grossier.

Alors, comment est-ce que j’ai débloqué ces succès ?

Vous pouvez voir mon commentaire en anglais. Ça dit simplement « C’est grossier. » La règle que je n’ai pas respectée ? « Ne sois pas offensé. » L’explication en bas ajoute « Si tu n’aimes pas le post de quelqu’un, bloque-le. En plus, tu peux quitter le groupe. » (Rappelez que selon moi, « you » en anglais se traduit seulement par « tu ».)

C’est typiquement moi d’être banni pour ne pas être assez grossier. Mais honnêtement, j’ai cafardé sur moi afin de justifier râler sur d’autres personnes. Et non pas de ce groupe-là.

Il ne reste qu’un département pour terminer le Tour. Le « Je découvre » paraîtra mardi matin. Je réussira donc mon horaire. Mais afin de ne pas régler des comptes pendant la fête du Tour, je le fais maintenant.

À chaque fois où j’écris un « Je découvre », j’écris un tweet qui remercie l’office de tourisme du département. Je ne m’attends pas à beaucoup, certainement pas à l’accueil des nivernais, mais une mention j’aime ou un retweet est toujours le bienvenu.

Mais il y a un an et demi, les choses ont changé. La moitié des offices de tourisme ont quitté Twitter, et tout le monde se trouve sur Instagram maintenant. C’était donc en février 2023 où j’ai enfin complètement mis à jour mon compte Instagram, et à partir de l’Oise, je tague les comptes de presque tous les cuisiniers auxquels j’emprunte mes recettes, ainsi que les offices de tourisme. Même avant ça, je le faisais parfois, mais pas régulièrement pour le Tour. C’est seulement cette année où je fais des « stories » pour annoncer les « Je découvre » aussi. Mais tout ça, c’est à dire que je fais pas mal de publicité pour d’autres personnes.

Et presque personne ne répond.

Je ne dis pas que quiconque est obligé de partager quelque chose juste car je l’ai tagué. Après tout, si on est un vrai influenceur avec des milliers d’abonnés, même des centaines de milliers, tout le monde veut son attention. Je comprends ça.

Et je vais m’arrêter ici pour dire que la meilleure personne que je connais sur Instagram est Péla, qui reconnaît à chaque fois quand on met ses recettes à l’honneur. Cependant, tout ce que je fais venant d’elle est au-delà du Tour.

Mais dites-donc, quand je vois une preuve qu’exactement la bonne personne a vu une telle pub pour eux, pourtant la moindre mention j’aime, le bouton pour laquelle était sur le même écran en même temps — et le cliquer reste trop d’effort ? (Il y aurait de petits cœurs sur les photos de profil si les utilisateurs avaient aimé le story.)

(J’ai supprimé des gens bien connus à cette communauté — ma plainte n’est pas que ceux qui me connaissent n’ont pas aimé quelque chose. C’est que le sujet du post n’a rien fait.)

Au moins Île de La Réunion Tourisme est un grand compte avec 165 000 abonnés. Il y en a des beaucoup plus petits qui gardent le dos tourné. Je peux pardonner de tels restos que Chez Gégène ou Le Grand Charles pour ignorer de tels clins d’œil, car ils ne sont pas très actifs sur leurs comptes. (Est-ce que je viens de cafarder sur eux ? Mais oui.) Mais au-delà Claire Heitzler pour sa tarte aux figues, la dernière fois où quelqu’un lié au Tour m’a laissé une mention j’aime pour avoir utilisé sa recette…il faut remonter le temps en octobre 2023 pour en trouver une autre. Il y a exactement 4 autres exemples.

Quant au reste ? Ils s’en foutent si on les mentionnent.

Alors, grossier que je suis, j’ai juste un mot pour tous ces ingrats :

Nyctalope.

La malediction de Mehmet

Mon dîner guyanais est une chose qui doit commencer « la veille » pour être prêt, alors il faut attendre le lendemain pour cela. À sa place, vu qui vient de me contacter, je vais vous raconter l’histoire de Mehmet.

En 2008, mon ex et moi, toujours mariés à l’époque, sommes partis pour des vacances en Grèce et en Turquie. La Turquie, je la recommande mais peut-être pas maintenant vu le comportement de M. Erdogan. La Grèce… disons que l’un des plus grands plaisirs de ma vie était la découverte qu’en français, « aller se faire voir chez les Grecs » est une insulte. L’un des deux pires patrons de ma vie venait de Grèce, après tout.

Peut-être que vous savez que les turcs sont réputés pour la qualité de leurs tapis. Nous en avons acheté trois, ainsi qu’un petit utilisé pour les chevets. Ce dernier était un cadeau pour ma grand-mère ; après sa mort, je l’ai reprise en souvenir d’elle. Quelqu’une a tous les autres tapis. Ça me convient ; je n’ai rien gardé de cette époque.

Petit tapis pour chevets

Je serais menteur si je vous disais que je me souvenais bien des vendeurs de ce voyage. Mais à partir de 2014, j’ai commencé à recevoir des SMS. J’ai écrit sur la première sur Facebook (prénoms de l’ex et La Fille supprimés) :

Ça dit en partie :

Je viens de recevoir l’appel le plus inattendu de tous les temps. En 2008, mon ex et moi avons fait une croisière en Grèce et en Turquie…Pendant le voyage, nous avons acheté des tapis de plusieurs magasins à Istanbul (à Athènes aussi, mais la version grecque est une copie inférieure).

Qu’est-ce qui disait le SMS ? « Bonjour Justin, je suis Mehmet le vendeur de tapis. Tu en avais acheté un dans mon magasin en Turquie. Je suis dans ta région et aimerais te rendre visite avec notre collection. » Certains détails ont changé depuis ce temps-là. Pour une chose, il ne s’appelle Mehmet à chaque fois. En 2020, il s’appelait Gurkan :

Des mois plus tard, il s’appelait Metin :

Début 2022, il était Mehmet :

Plus tard cette même année, il est devenu Can (peut-être la version courte de Gurkan ?) :

Il m’a contacté 8 fois en 2023, parfois en écrivant son nom comme « Memet », parfois comme « Mehmet ». Hier, j’ai reçu un SMS en tant que ce dernier :

« Bloque-le ! » me disent tous les américains qui en entendent parler. Mais c’est presqu’impossible car il n’utilise jamais deux fois le même numéro téléphonique — pas stupide, celui-ci ! Pour être juste, il envoie aussi des photos de tapis, et elles font envie :

Il ne me dérangerait pas de décorer mon appartement de cette façon. Mais le mec n’aura jamais un centime de ma part ! Pourquoi ?

Parce qu’à chaque fois où il m’écrit, la première chose qu’il fait est de me rappeler que j’y ai fait des achats avec quelqu’une qui me déteste et elle en a tous sauf un ! Je considère ça une partie de ma condamnation, mais à moins que je change de numéro, ces appels et SMS continueront.

Les aventures postales

Je vous ai mentionné que j’allais envoyer un autre colis en France cette semaine. Je ne m’attendais pas à autant de problèmes. Comme le fondant, c’est une chose où le nombre de répétitions n’a rien à voir avec ma confiance en mes compétences (zéro). Mais ce que vous ne saviez pas, c’est que c’était la suite d’une autre aventure de cartes postales.

Fin septembre, une amie a partagé avec moi cet appel pour des cartes postales :

Source sur Facebook

Vu que l’École Arzmael se trouve en Bretagne, je pensais gravement à leur écrire, « J’ai vu votre appel sur les rézosocios. Non, mais sérieusement. » Vous devriez savoir pourquoi.

Mais étant moi, je me suis dit « Awww, des petits. Je dois faire quelque chose de spécial pour eux ! » Vu que j’ai dû conduire à San Diego, j’ai décidé de passer par Legoland California pour leur acheter une carte.

Sauf que. (Pour continuer notre thème breton.)

Sauf que ça fait une décennie depuis la dernière fois où je suis allé à Legoland, et je ne savais pas que l’hôtel est de nos jours entouré par le même parking payant que le reste du parc. Je suis prêt à beaucoup, mais payer 25 $ juste pour acheter une carte postale ne se compte pas parmi mes bêtises.

Mais une fois dans la région, je me suis dit, « Allez, vous pouvez au moins déjeuner chez Milton’s. » C’est un deli façon new-yorkaise — vous diriez plutôt « restaurant-traiteur » selon mon dictionnaire. Ce genre de resto me manque cruellement dans mon comté tout asiatique-hispanique. (Nous avions Jerry’s Famous Deli. Tout ce que j’ai dit avant s’applique.) Je ne peux trouver un sandwich comme celui-ci nulle part chez moi, du rosbif et du pain de seigle new-yorkais (on dit « rye bread ») :

En rentrant de San Diego, je me suis dit, « Ben, vous allez passer par l’ancienne mission des espagnoles, ça marcherait aussi. » C’était déjà 18h quand j’y suis arrivé, et la mission était déjà fermée. Mais j’espérais qu’il y aurait des boutiques toujours ouvertes dans le quartier. NON. Tout ce qui était ouvert, c’était un resto à côté du chemin de fer.

Déçu, j’ai trouvé une carte postale dans une pharmacie le lendemain. C’est écrit avec mon sens de l’humour typique. Je vous rappelle que je ne connais aucun « Dingo ». Il s’appelle Goofy en VO. Ceux qui ont de bonnes mémoires se souviendront du fait que j’ai joué ce tour au passé.

Mais cette carte, en fait ça fait déjà 10 jours depuis que je l’ai envoyée. Le casse-tête du jour, c’était le colis avec ce cadeau pour mon amie — la même qui m’avait demandé d’envoyer la carte !

J’ai acheté quelques bonbons mexicains pour aller avec, parce que si j’allais dépenser une somme pour envoyer un colis, il devait valoir le coup. On peut les trouver en France, mais ça coûte environ 3x ce que je paye. En revanche, après les frais de livraison et les impôts, c’est moins le cas !

Et c’est les impôts dont j’ai envie de parler. Pour la première fois, l’USPS (notre association à but jamais-lucratif pour employer les plus gros cons du pays — dit autrement, notre Poste) m’a donné des estimations précises des impôts payés par la destinataire. J’ai failli avoir une crise cardiaque.

Puisque vous ne pouvez pas voir les valeurs déclarées, je vous dirai que j’avais dit 5 $ pour les 2 boîtes de bonbons « De la Rosa » (j’ai payé 5,20 $, mais on ne peut pas utiliser les centimes dans le formulaire), 2 $ pour les sucettes « Coronado », et 33 $ pour le crâne en plastique, ce que j’ai payé au ciné. Et pour ça, 23 $ de « frais » ainsi que 20 $ d’impôts ?!?

« Heureusement » pour mon amie, j’ai eu des problèmes avec le site de l’USPS, et ne pouvais pas imprimer le formulaire tout de suite. J’ai mentionné ça à une amie expatriée, et elle m’a dit que tous ses cadeaux renvoyés en Europe ont une valeur déclarée de 20 $. Ayant bien compris ce qu’elle voulait dire, j’ai coupé par 2 mon estimation de la valeur du crâne, et le nouveau total des frais et impôts était 10 $.

Je trouve ça dingue. On est censé avoir le droit d’envoyer 45 € de valeur en cadeau sans impôts selon les règles actuelles. 40 $ de valeur déclarée est en dessous de cette limite. L’idée qu’elle aurait payé plus d’impôts que ce que j’ai payé originalement, c’est fou.

Mais, euh, merci de ne pas cafarder sur moi aux douaniers, d’accord ?

Remplacé

D’habitude, je n’écris qu’une fois par jour, et ce post est, sans vergogne, largement pour rétablir mon horaire. Mais, je ne l’écrirais pas si quelque chose d’hilarant n’était pas arrivé !

Le nouveau robinet

Alors, la grande majorité de mécaniciens et gardiens en Californie du Sud sont des immigrés mexicains (ainsi que les cuisiniers dans les restos rapides, les jardiniers, les nettoyeurs à sec, et certains autres posts). En général, ils n’apprennent que la moindre quantité d’anglais dont ils ont besoin pour interagir avec leurs employeurs et leurs clients. D’où la polémique, mais je n’écris pas pour me lancer dans le sujet. Je le dis juste pour vous expliquer que le mec entré dans mon appartement pour réparer — enfin, remplacer — le robinet a eu trois appels téléphoniques pendant sa visite chez moi, tous en espagnol, tous sur haut-parleur.

Je ne dis jamais aux personnes qui ne le savent pas que je comprends leurs conversations dans d’autres langues. Si elles pensent que c’est la sécurité grâce à l’obscurité, elles méritent tout ce qui leur arrivent. Je ne ferai rien avec cette info, mais ce que j’ai clairement entendu pendant sa conversation avec une femme qui n’était pas évidemment une collègue, c’était (je traduis) :

Ne t’inquiète pas, l’époux n’est pas à la maison.

Époux est la traduction la plus exacte de « esposo », après tout. (Je dirais « mari » s’il avait dit « marido » — voilà, je reste en bonne forme.)

La polémique WordPress

Je ne crois pas que j’écrive ce post, mais je viens d’apprendre des choses sur un procès lié à WordPress qui pourrait poser des problèmes au futur pour ses utilisateurs. La plupart de mes sources sont en anglais, mais il s’avère que ce procès est maintenant bien connu parmi la presse francophone (au moins la partie consacrée à la technologie).

Détail de Boxing, from the Games and Sports series (N165) for Old Judge Cigarettes – print, issued by Goodwin & Company, Photo par The Metropolitan Museum of Art, Domaine public

Le contexte, c’est qu’il y a deux entreprises qui s’appellent « WordPress », avec des domaines presqu’identiques, wordpress.org et wordpress.com. La première est une association à but non-lucratif qui gère le logiciel dit WordPress. La deuxième est une entreprise dit « Automattic », un jeu de mots sur le nom de son fondateur, un certain Matt Mullenweg, qui était aussi co-fondateur de l’association. Automattic héberge tous les sites « wordpress.com », dont celui-ci, mais n’est pas le seul hébergeur disponible. En revanche, elle a une relation unique avec l’association, ayant le seul droit d’utiliser les marques et logos de WordPress sans limites. Pourtant, le changement pour renommer son appli « Jetpack » est venu du fait que même là, l’entreprise n’est pas censée se représenter comme le seul fournisseur du logiciel.

Le problème, c’est que l’autre grand spécialiste en hébergement de sites de WordPress, une entreprise dite « WP Engine » n’a jamais rien contribué au développement du logiciel WordPress. (Plus précisément, la quantité d’effort est minuscule par rapport à celle d’Automattic.) Mais le problème avec cela, c’est que WP Engine n’est pas obligé de contribuer au développement du logiciel. C’est « open source » (lien en français) ; c’est-à-dire que le logiciel n’est pas payant en soi, et n’importe qui peut le copier et l’utiliser à nouveau.

Selon le site Développez, ainsi que The Verge et Ars Technica (deux derniers en anglais), M. Mullenweg a exigé que WP Engine commence à payer 8 % des revenus à Automattic pour le droit d’utiliser le nom WordPress ainsi que le logo. WP Engine a dit « non », alors WordPress.org — l’association à but non-lucratif — a répondu par désactiver son droit d’accéder aux serveurs de l’association pour obtenir des mises à jour. WP Engine a lancé un procès contre Automattic, et de son tour, Automattic vient de faire démissionner 8 % de ses employés, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec ses décisions.

Il y a un dicton parmi les avocats anglophones, et j’imagine que les francophones ont quelque chose de similaire : « Une partie qui se représente a une folle pour cliente ». On pourrait dire que c’est un dicton intéressé, car les avocats ne gagnent pas d’argent dans ce cas. Mais il y a de bonnes raisons en plus, et numéro un — je vous dis ça en tant que fils d’un avocat ainsi que quelqu’un qui a survécu deux procès avec mon ex — c’est que quoi que l’on dise peut être utilisé devant le tribunal. Ce qui dit son avocat, pas autant. Apparemment, personne n’a dit ça à M. Mullenweg.

Il participe à un fil sur le site Hacker News (en anglais) pour discuter le procès. Là, pendant les 3 derniers jours, il mentionne tout genre de conversation qu’il a eu avec des employés de WP Engine, dont Heather Brunner, la PDG de l’entreprise, qui il a essayé d’embaucher pour WordPress.org. Ça apparaîtra dans les documents rendus au juge, je vous rassure, mais présenter son côté en public comme ça, ça mettra de l’eau aux bouches des avocats de WP Engine !

On dirait que ces affaires n’impliquent pas directement les utilisateurs de WordPress.com, moi et vous tous. Mais si vous avez aimé le niveau de service aux clients jusqu’à ce point (il le dit avec un maximum de sarcasme), ça ne va pas s’améliorer avec 8 % des employés de moins. On va payer les frais des avocats pour ceci, et les revenus pour ça chez Automattic viennent des cotisations de sites comme celui-ci (je paye 96 $/année pour le plan « Premium »). Il n’est pas difficile à imaginer comment ça affectera les frais d’Automattic à l’avenir.

Je suis plus sympathique aux plaintes d’Automattic que vous ne le pensez. Ils font la grande majorité des travaux sur le logiciel open source. J’utilise tout genre de tel logiciel dans mon quotidien, et je comprends l’investissement. Mais cette histoire de 8 % des revenus d’un utilisateur, ça n’ira nulle part dans un tribunal américain, et il m’étonne qu’ils aient choisi ce chemin au début.

Les Craquantes

Aujourd’hui, j’ai quelque chose de complètement inattendu pour vous tous. Les deux lecteurs qui ont moins de 30 ans, vous n’aurez aucune idée de quoi je parle. Le reste d’entre vous vont me prendre pour un américain — non, encore plus que d’hab. Mais en vidant ma chambre chez mes parents récemment, j’ai trouvé quelque chose que j’avais égaré il y a des décennies.

Pendant les années 80, au-delà des Transformers et GI Joe, mon émission préférée à la télé était The Golden Girls, connue dans les pays francophones sous les noms Les Craquantes ou Carré de dames. À quel point c’était connu, je ne sais pas. J’ai horriblement du mal à trouver des clips en français, ce qui me dit que ce n’était pas la réussite énorme en France que c’était aux États-Unis. Et ça me rend perplexe, car les Français connaissent souvent des échecs aux États-Unis dont je ne m’en souviens pas du tout, comme Tonnerre mécanique ou Manimal. (On parle ici d’une émission qui a duré pendant 7 ans contre deux annulées pendant leur première année.)

Comment est-il arrivé qu’un garçon de 9 ans aimait une émission sur 3 dames âgées de 60 ans et une autre de 80 ans autant qu’une série sur des robots géants ? On parle de 4 actrices comiques de la télé qui étaient toutes bien-aimées du public avant le début de la série. Je ne les connaissais pas du tout de leurs séries des années 70, mais l’humour marchait d’une façon que même moi, je pouvais le comprendre.

Par exemple, une fois, les quatre sont dans un resto italien quand elles se rendent compte que les prix sont beaucoup plus chers qu’attendus. La plus vieille, Sophia, dit « Ne vous inquiétez pas, j’ai un vieux tour sicilien pour éviter les factures. » Elle verse du sel dans son vin puis appelle le serveur et commence à le gronder : « Dites-donc, est-on censé enlever les chaussettes avant d’écraser les raisins ? » Elles finissent par recevoir le dîner gratuitement !

Alors, pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça ? J’ai un cousin, Steven Haft, qui travaillait en tant que producteur chez Disney à l’époque. Peut-être que vous avez entendu parler d’un film qu’il a produit avec un humoriste, un certain Robin Williams, Le cercle des poètes disparus ? (À ne pas oublier, les producteurs ne sont pas les réalisateurs, mais plutôt des hommes d’affaires.) Deux de ses associés sur le film étaient Paul Witt et Tony Thomas, aussi des producteurs des Craquantes. Alors un beau jour en 1988, cette photo avec les autographes des stars est arrivée chez moi :

Haute résolution en cliquant

Mais ne me croyez pas complètement sur parole. Avec la photo, il y avait une lettre, adressée à mon père :

Je la traduis pour vous :

1er novembre, 1988

Bonjour Michael,

Diane (ma mère) me dit que les garçons sont de grands fans des « Craquantes ».

J’ai demandé à Paul Witt et Tony Thomas, mes amis qui produisent l’émission, obtenir ces photos signées personnellement.

J’espère qu’ils en profiteront.

Bisous à la famille, Steven

La papeterie dit « The Dead Poets Society » en bas, le titre en VO du film que j’ai mentionné avant. Quand on a un tel tube, on veut que tout le monde le sache !

Mon cousin et moi ne parlent que très rarement — il est de même âge que mes parents et habite sur la Côte Est. La relation est plutôt distante — on parle d’un cousin au troisième degré — mais oui, on se connaît. Peut-être qu’une autre fois, je vous raconterai plus d’histoires sur lui, car il est intéressant. Mais vu que j’ai enfin trouvé cette photo, j’ai la partager !

Oups

Hier, j’ai subi une dévitalisation pour la première — et j’espère la dernière — fois de ma vie. C’est une bonne chose que je n’ai pas dépensé le prix d’un billet d’avion pour voir Indochine, car entre ça et la couronne qui l’a suivi… l’argent pour une telle visite n’est plus là. Je ne suis pas dans le bon état pour finir mon billet sur la Guyane, et j’ai toujours du maaaaal à la joue et à la dent où la roulette a été passée, alors à cause du mauvais jugement qui va avec la douleur, j’écrirai sur mes regrets venant de la dernière soirée de tarot.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Pour être clair, je crois que je n’ai pas « brûlé mes ponts » comme on dit en anglais (c’est-à-dire mettre un terme à ses relations avec d’autres personnes, en général de façon dramatique). Mais si j’ai raison, c’est dû à ma différence culturelle préférée, que les Français sont beaucoup plus capables de vivre une différence d’avis. Je n’aurais jamais dit soit une chose soit l’autre en anglais à un groupe d’américains, surtout de californiens.

Je vous ai dit que vous connaissiez déjà l’un des deux secrets que je ne voulais pas révéler à ce groupe. Ce n’est pas la pire chose, c’est juste que je sais que personne au sein de l’OCA ne lit ce blog, alors je peux raconter mes mauvaises expériences ici, et je ne les mentionne jamais aux autres membres. Je parle en ce cas de « La Boulette ». J’espère que la raison sera assez évidente — je n’ai pas besoin de cafarder sur moi-même dans un groupe de connaissances en commun. Mais à l’instant, il me semblait que je n’avais pas de choix. J’explique.

Il y a très peu de personnes célibataires qui font partie de l’OCA. Soit on fait partie d’une jeune famille qui veut grandir ses enfants à l’étranger, soit on fait partie d’un vieux couple marié qui voulait prendre sa retraite ici. (Je ne vois surtout pas la logique de ce dernier groupe — les prix sont chers et la nourriture… — mais ça fait la plupart de mes connaissances.) Évidemment, des choses arrivent dans la vie — on divorce, quelqu’un meurt d’une maladie inattendue, etc. — mais en général, les gens qui sont là sont venus en couple.

Si j’ai tiré une leçon de La Boulette, c’était « défense de pécher dans cet étang ». J’ai rejoint l’OCA pour pratiquer la langue, et si j’offense qui que ce soit, je perdrai mon seul moyen d’interagir avec des natifs. Je sais que je n’ai même rien fait à cet égard, mais je dois rester au-dessus de tout soupçon. En revanche, en quelque sorte, tout le monde pense que c’était ma raison pour apprendre la langue ! Vous n’avez aucune idée de combien de monde m’ont demandé si c’était mon but. C’est souvent la deuxième ou troisième question que je reçois quand je raconte mon parcours à une nouvelle connaissance !

Dans ce cas, c’était un homme du groupe de tarot qui l’a évoqué. Devant une femme célibataire d’environ le même âge (je crois ; je ne demande jamais cette info !), pendant notre pause pour le dessert, il a suggéré que nous devions sortir ensemble parce que, et je le cite, « Pourquoi pas ? ».

Et oui, c’est assez logique ! On partage le tarot comme intérêt en commun, on se connaît depuis des années, elle ne coupe jamais mes desserts comme s’ils sont faits à base de choux de Bruxelles. C’est mieux que rien. Mais sans même un moment pour réfléchir, j’ai lancé « Jamais avec un membre de l’OCA ! » Puis j’ai expliqué que j’ai déjà évité le groupe de cinéphiles pendant six mois, car sur un malentendu, ça n’a pas du tout marché. (Je ne suis pas assez malin pour avoir dit ça au bon moment.) Au moins, je n’ai pas rendu le nom.

Je ne dis pas que j’allais faire autrement, mais j’imagine que ça n’aura rien fait du bien au cas où je changerais d’avis dans l’avenir.

L’autre chose, c’était que l’on s’est lancés dans une conversation sur la présidentielle de novembre. Je ne dirais jamais rien à d’autres américains sur le sujet. Mais dans ce groupe, j’ai partagé certaines des mêmes choses que vous avez entendues ici, mais encore plus fortement. Je n’ai pas envie de lancer dans une polémique ici, mais je vous préviens souvent que la bataille politique aux États-Unis est loin d’être le combat entre les bons et les méchants. Je n’oserais même pas dire autant en anglais.

Je dois vraiment me féliciter pour tout ça. Dans le cours d’une seule soirée, j’ai réussi à ouvrir la bouche sur deux choses dont j’essaye de les éviter à tout prix. Sans même avoir rien bu !

Je suis de retour

([M. Descarottes va bien, mais il a des choses à dire.])

Bonjour les amis, je vous ai manqué, je le sais ! Ne vous inquiétez pas, malgré le faible niveau de service aux clients chez le gros — c’est pas la FNAC ici — je ne vais nulle part.

Le gros m’a réveillé à 6h45 pour aller chez la vétérinaire. Ce serait hyper-énervant si les cobayes avaient l’habitude de dormir plus de 10 minutes à la fois, mais j’en ai quand même rälé. Quoi, je suis un cobaye qui parle français ! À quoi vous attendiez-vous exactement ?

Honnêtement, je ne me souviens pas trop de la suite. Ils m’ont laissé chez la vet à 7h45. La docteur Kumar est gentille et je la laisse me relever la première fois à chaque fois. Mais cette fois, elle m’a surpris avec une aiguille et après ça, je me suis endormi.

J’étais prêt à rentrer à partir de 15h30, mais c’est exactement le moment où la petite sort du lycée, alors j’ai dû patienter une demi-heure entière avant qu’ils ne me cherchent ! Pensez-vous que les Brockway accepteraient de tels délais ? Moi non plus.

La vet a donné au gros un sac en plastique de quelque chose de dégoûtant, de la nourriture Oxbow Critical Care. C’est grosso modo du foin en poudre qu’il faut mélanger avec de l’eau. À mes yeux, ça ressemble à un « dime bag » de marijuana (littéralement « sac à pièce de 10 centimes », mais en général un sac en plastique, rempli de drogues illégales, qui se vend pour 10 $). Comme j’aurais aimé qu’un policier le contrôle pendant le trajet — ça aurait été marrant !

Cependant — et je veux que vous pensiez désormais aux photos suivantes à chaque fois où le gros cuisine, hihihihi ! — il à dû préparer cette nourriture avec les mêmes ustensiles qu’il utilise pour tout autre chose ! Vous les reconnaîtrez de beaucoup d’autres recettes. En fait, j’insiste sur vous donner ma recette !

Les ingrédients de l’Oxbow Critical Care (1 cobaye) :

  • 1 cuillère à soupe de foin en poudre au goût d’anis
  • 2 cuillères à soupe d’eau froide, filtrée au frigo et non pas le bazar du robinet

Les instructions de l’Oxbow Critical Care :

  1. Dans une tasse utilisée pour tous les gâteaux des êtres humains, ajouter le foin en poudre.
  1. Y ajouter l’eau.
  1. Mélanger le tout avec une cuillère qu’un être humain va aussi mettre dans sa bouche. Laisser le cobaye rire follement.
  1. Verser le tout dans une seringue en plastique. Poursuivre votre cobaye préféré jusqu’à ce que vous soyez bien épuisé. BWAHAHAHAHAHA !