Le millas aux pêches

Les Landes partagent leur cuisine avec beaucoup de leurs voisins. En recherchant l’Ariège, j’ai découvert le milhassou au potiron, un genre de flan fait avec de la farine de maïs. Cette fois-ci, c’est le millas, un cousin de ce dessert-là, aussi avec de la farine de maïs, mais aussi de la farine de blé. J’ai lu dans la recette que j’utilise ici que l’on peut ajouter des pêches — et voilà, mais les miennes sont caramélisées !

Je dois cette recette au site de l’Office Intercommunal de Tourisme et du Thermalisme du Grand Dax. La recette parle de rhum, mais nous sommes au pays de Bas-Armagnac ! J’ai donc remplacé le rhum par cet Armagnac. J’ajouterai que j’ai fait cette recette deux fois — la recette originale recommande une température de 160°C. Après 30 minutes de cuisson, c’était toujours tout liquide à l’intérieur ! Autres recettes recommandent une plus haute température, je l’ai donc refait selon leurs avis. Les autres recommandent aussi moins de lait, et je suis d’accord — la prochaine fois, j’utiliserais environ 600 ml, pas 750, pour une pâte moins liquide.

Les ingrédients du millas aux pêches :

  • 6 œufs
  • 150 grammes de sucre
  • 100 grammes de farine de maïs
  • 50 grammes de farine de blé
  • 75 cl de lait
  • 15 grammes de beurre + 1 noix pour le moule
  • un pincée de sel pour les blancs en neige
  • 2 cuillères à soupe d’Armagnac
  • 2 cuillères à café de poudre de vanille
  • 3 pêches
  • Du cassonade

Les instructions du millas aux pêches :

  1. Lavez, peler et couper les pêches.
  1. Faire fondre 15 grammes de beurre dans une grande sauteuse.
  1. Mettre les pêches dans le beurre. Saupoudrer avec du cassonade.
  1. Après 3-4 minutes de cuisson, retourner les pêches avec une spatule.
  1. Après 3-4 minutes de plus de cuisson, retirer les pêches et les réserver.
  1. Préchauffer le four à 190°C. Battre les jaunes d’œufs et incorporer en remuant le lait, les farines bien tamisées, le sucre, la poudre de vanille et le rhum.
  1. Monter les blancs en neige très fermes (y ajouter une pincée de sel pour les raffermir).
  1. Incorporer les blancs en neige à la préparation, délicatement pour ne pas les casser, jusqu’à obtention d’une pâte homogène.
  1. Beurrer le moule à tarte et y verser un peu de la préparation. Y mettre les pêches, puis le reste de la préparation. Enfourner environ 35-40 minutes. Vérifiez la cuisson en plantant la pointe d’un couteau. (Bien que la mienne soit resté propre, il était encore humide à l’intérieur.) Si votre millas bouge, c’est pas encore prêt ! Ne démoulez pas votre millas — coupez-le plutôt en parts, et servez-les individuellement.

Le pain au soda irlandais

Aujourd’hui est la fête de Saint-Patrick, connu surtout en Irlande, mais aussi aux États-Unis. Le « soda bread, » comme on dit en anglais, est un pain traditionnel des irlandais qu’ils mangent pendant toute l’année, mais ici, c’est seulement disponible en mars. Je l’adore et c’est si simple que je veux vous le partager pendant qu’il reste assez de temps pour le faire le jour même !

Ma recette vient d’une boulangère irlandaise, et a été publiée dans le New York Times. J’ajoute des raisins secs selon la façon américaine — ça transforme ce pain d’un accompagnement pour le dîner au goûter parfait. Malgré étant l’un de mes pains préférés, il n’est pas du tout sucré. Attention si vous comptez sur moi pour votre sucre quotidien !

Les ingrédients pour le pain au soda :

  • 450 grammes de farine de blé
  • 3 grammes de sel de mer fin
  • 4 grammes de bicarbonate de soude
  • 350 ml de lait ribot ou lait de beurre
  • Des raisins secs

Les instructions pour le pain au soda :

  1. Préchauffer le four à 230°C. Dans un saladier, tamiser la farine, le sel de mer, et le bicarbonate de soude.
  1. Faire un puits au milieu et y verser le lait. Avec une cuillère en bois, plier les ingrédients secs dans le lait.
  1. Ajouter les raisins secs et pétrir un peu. La pâte devrait être douce, mais pas trop collante. Si c’est pas le cas, vous pouvez ajouter plus de farine pendant la prochaine étape.
  1. Bien fariner votre plan de travail et y mettre la pâte. Lavez les mains — ouais, avec du savon ! Pétrir légèrement la pâte, puis faire une miche ronde d’environ 4 cm d’épaisseur.
  1. Mettre la miche sur un tapis en silicone ou une plaque beurrée. Couper une croix profonde à travers le centre, jusqu’aux bords. LAVEZ VOTRE COUTEAU TOUT DE SUITE. (Vous me remercierez plus tard.)
  1. Enfourner pendant 15 minutes, puis baisser la température jusqu’à 200°C. Continuer à faire cuire jusqu’à ce que le haut devienne doré et le fond sonne creux si vous le tapez — environ 30 minutes de plus. Servir chaud, mais pas immédiatement — il y aura de la vapeur quand le pain est coupé !

Mon dîner landais

Pour notre plat principal landais, j’ai suivi la même stratégie que dans le Gard. J’aurais aimé faire le plat landais, l’assiette landaise,, mais il me manque les bons ingrédients — c’est difficile de trouver des gibiers de canard ici ! J’ai donc choisi un plat suggéré par un site du département, Qualité Landaise, qui nous propose ce Parmentier de Bœuf de Chalosse (le bœuf de Chalosse étant un produit IGP et Label Rouge).

Il y a deux changements dans ma recette de la version landaise. J’ai oublié un ingrédient en préparant ce plat, la chapelure — je ne l’ai pas fait exprès, donc elle reste dans la recette, mais elle n’est dans aucune photo. Aussi, pour mieux faire fondre le fromage, j’ai fini par 5 minutes sous le gril.

Les ingrédients du Parmentier :

  • 400 grammes de viande hachée de Bœuf de Chalosse
  • 1 oignon
  • 800 grammes de pommes de terre à purée
  • 50 grammes de beurre
  • 15 cl de lait chaud
  • du pain sec ou de la chapelure
  • 1 poignée de gruyère râpé
  • Du sel, du poivre, et de la muscade

Un fait stupide avant de donner les instructions. Voilà mon Gruyère — ça m’a coûté 8 $. Mon supermarché m’en aurait vendu la moitié déjà râpé au même prix. Voleurs !

Les instructions pour le Parmentier :

  1. Épluchez et faites bouillir vos pommes de terre. — Les miennes étaient grosses, alors je les ai coupées en gros dès.
  1. Faites revenir vos oignons émincés dans une poêle avec une noisette de beurre.
  1. Lorsqu’ils sont sont décolorés, ajoutez votre viande hachée et faites cuire quelques minutes. Salez et poivrez.
  1. Mixez votre purée au moulin à légumes ou à l’écrase purée avec le beurre et le lait chaud. Assaisonnez de sel, poivre et muscade si vous le souhaitez. — Ma casserole n’était pas trop grande, alors je les ai mises en plusieurs fois. Le beurre était celui de Charentes-Poitou.
  1. Dans un plat, disposez votre mélange oignons/viande hachée et ajoutez par dessus votre purée. Recouvrez de gruyère et de chapelure et faites cuire 15 min à 200 °C. Finir sous le gril pendant quelques minutes pour une plus belle couleur.

Voilà, en gros plan :

Le canard démasqué

Je m’attendais qu’il n’y aurait plus de masques pour les canards du Canard aujourd’hui, mais j’étais bien surpris. Avant, quand les terrasses ont rouvert, ils ont fêté la nouvelle. Alors, le canard de la semaine dernière à gauche et d’aujourd’hui à droite :

Mais peut-être que c’est une bonne chose. C’est bien le temps pour un peu de normalité. En fait, il faut attendre jusqu’à la sixième page pour celui-ci :

Bien sûr, la moitié du numéro traite de la Russie, comme d’habitude ces derniers deux mois. Dans ce cas, le dessin parle des arrestations de manifestants qui portent même juste des feuilles blanches :

Bien sûr, l’essence reste à la une. Moi, qui habite dans l’état avec les plus impôts les plus élevés sur l’essence aux É-U, je remarquerais guère ce changement. Mais c’est mieux que rien !

Finalement, la tragédie de Gérard Depardieu continue. Aux États-Unis, il faut le considère comme s’il est innocent jusqu’à ce que un tribunal le déclare coupable. Mais honnêtement ? Ce serait…surprenant.

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J’aime l’oignon

Ce soir, c’était encore un cours de cuisine avec l’Alliance Française, mais avec une surprise — c’était aussi seulement la deuxième fois où ma fille a mangé un plat principal français que j’ai fait ! (Voici le premier.) En ce cas, c’est une tarte à l’oignon alsacienne. Par hasard, la chanson de l’oignon est sa préférée de toutes mes chansons. Ouais, je suis bien surpris.

Les ingrédients pour la tarte à l’oignon :

  • 500 grammes d’oignons
  • 15 cl de lait
  • 15 cl de crème fraiche
  • 200 grammes + 5 cuillères à soupe de farine de blé
  • 3 jaunes d’œuf battus
  • 100 grammes de beurre + un peu pour faire cuire les oignons + un peu pour le moule
  • De l’huile d’olive
  • Du sel
  • Du poivre
  • Muskat-nüss De la muscade
  • 100 cl d’eau

Les instructions pour la tarte à l’oignon :

  1. Tamiser la farine dans le bol d’un robot.
  1. Couper le beurre puis l’ajouter au bol avec une pincée de sel.
  1. Battre à vitesse moyenne pendant quelques minutes. Ajouter progressivement l’eau, et battre jusqu’à ce que la pâte soit bien mélangée.
  1. Rouler la pâte en forme de boule avec un peu de farine. Mettre la pâte dans le frigo et laisser reposer pendant au moins 20 minutes.
  1. Préchauffer le four à 200°C.
  2. Couper l’oignon en fines lamelles.
  1. Mettre de l’huile et du beurre dans une grande casserole ou une sauteuse. Laisser chauffer.
  1. Mettre l’oignon dans l’huile. Quand l’oignon commence à rissoler baisser le feu le plus possible, couvrir et faire cuire pendant 10 minutes. Après, augmenter la température et continuer à faire cuire pendant 5 minutes de plus.
  1. Pendant que l’oignon cuite, mélanger le lait et la crème fraîche.
  1. Saler, poivrer, et muscader le lait/crème. Ne me regardez pas comme ça — les instructions écrites de ma prof, une vraie Française, ont dit « muscader » !
  1. Après les 15 minutes de cuisson, saupoudrer les oignons avec 5 cuillères à soupe de farine et bien mélanger.
  1. Ajouter le lait/crème et laisser mijoter pendant quelques minutes en remuant.
  1. Retirer les oignons du feu et ajouter les jaunes d’œuf.
  1. Fariner votre plan de travail et étaler la pâte. Foncer un moule à tart rond. Couper les bords avec un couteau. Piquer le fond avec une fourchette.
  1. Mettre la garniture dans le moule.
  1. Enfourner 25-35 minutes. J’ai sorti ma tarte après 30 minutes de cuisson.
  1. Servir avec une salade ou des légumes.

Le dîner de cons

Ce soir, j’ai testé France Channel avec un film, Le dîner de cons. Ce n’est pas un « Je critique » mais j’étais déçu à découvrir qu’on ne peut pas utiliser un AppleTV avec cette appli. J’ai donc dû regarder le film sur mon portable, quelque chose que je ne fais jamais. Je n’ai pas encore décidé si c’est assez pour annuler l’abonnement à la fin de l’essai. Mais on passe au film.

On commence avec un type qui tire des boomerangs dans un parc. Il accepte une invitation à dîner sur son portable, puis il est frappé par l’un de ces boomerangs. En même temps, un homme, Cordier, rencontre Pignon (Jacques Villeret) sur un train. Pignon est un type qui passe ses jours en faisant des modèles de célèbres monuments français des allumettes. Un obsédé de la France qui n’a plus d’autres loisirs et manque de cheveux en haut de la tête…connais-je quelqu’un comme ça ?

Après le rencontre, Cordier invite Pignon au même dîner que le type des boomerangs, donné par un éditeur, Brochant (Thierry Lhermitte). Il s’avère que c’est un « dîner de cons », où les vrais invités concourent pour voir qui peut trouver le plus gros con. Cordier est certain qu’il a trouvé « le champion du monde », l’obsède de la France. Pourquoi me sens-je si inquiète ? De toute façon, Christine, la femme de Brochant, déteste ce jeu et elle part.

Brochant s’est blessé pendant un match de golf et son médecin lui rend visite. Le médecin avoue qui jouait un tel jeu avec les moches au lieu des cons :

Après la sortie du médecin, Pignon arrive chez Brochant. Il manque de toute conscience de soi.

Brochant, qui est trop blessé pour marcher, dépend de son nouveau compagnon pour faire beaucoup de choses, dont faire des coups de fil. Pignon ajoute aux problèmes de Brochant en disant les mauvaises choses à Christine et la maîtresse de Brochant, mais il appelle à un collègue qui sait où est l’ancien copain de Christine. Avec la bonne adresse, peut-être que les deux peuvent tout régler. Mais le collègue de Pignon est contrôleur fiscal, et il découvre que Brochant trompe de ses impôts !

Vers la fin, Pignon parle au téléphone avec Christine, et il lui explique que Brochant a fait beaucoup de choses pour essayer de réparer leur relation. En ce moment-là, il semble qu’il ne soit pas un si grand con. Mais au dernier instant, il dit à Christine qu’il est à côté de Brochant, et elle finit par croire que c’était tout un mensonge. Le film finit donc au même endroit où l’intrigue avait commencé — avec la relation des Brochant en rupture.

J’ai beaucoup ri en regardant ce film, mais je demande encore si je connais ce M. Pignon de quelque part. ([C’est le miroir, toi con ! — M. Descarottes])

France Channel

Il s’avère que mon inscription à l’Orange County Accueil a déjà versé un dividende. Ce soir, dans leur groupe privé, ils ont posté un code pour un essai gratuit de France Channel, un nouveau service de streaming. Ça ne fonctionne qu’aux États-Unis, mais je doute que ça vous dérange car les contenus sont tous disponibles chez vous. Moi, je tuerais un certain avocat juste pour avoir Canal+ — est-ce que ça peut le sauver ?

L’interface utilisateur est plutôt curieux. La moitié des images et presque tous les menus et descriptions sont en anglais :

Mais l’audio est tout en français. Alors, il faut parler anglais pour utiliser l’appli — c’est logique vu où habitent les utilisateurs — mais ça ne sert à rien à moins que l’on parle couramment le français. Il y a de nombreux choix avec des sous-titres, dont beaucoup où France Channel devait les ajouter parce qu’ils n’étaient jamais diffusés à l’étranger. Mais en faisant ça, ils donnent de nouveaux titres. Par exemple, une version France Channel à gauche, et l’originale à droite :

La sélection n’est pas encore trop grande — j’estime qu’il y a environ 300 films et peut-être deux fois cette quantité d’épisodes d’émissions. Mais si je le garde, un an me coûterait moins qu’un colis typique de la FNAC. C’est pas mal, hein ?

Avouez-le, vous vous attendiez quelque chose de différent sur le lien de l’avocat !

L’Orange County Accueil

J’ai fait plein de belles découvertes grâce à mon chapitre de l’Alliance Française, dont myPanier et Moulin. Mais autant que j’adore l’AF, je ne m’intègre pas bien avec les autres élèves. Pour être clair, ce n’est la faute de personne — c’est juste que je suis (presque) le seul de mon âge. En général, il y a deux sortes de membres : des beaucoup plus jeunes qui veulent voyager, et des retraités qui veulent revivre des expériences d’avant. Il n’y a vraiment pas de gens d’âge moyen. De toute façon, je n’apprends rien en parlant avec des anglophones non plus. Et bien que je vous adore tous — sérieusement — je ne parle que rarement avec mes amis en live. Ça fait donc longtemps que j’ai envie de trouver une communauté plus locale.

Cette semaine, après avoir consulté avec l’une de mes profs (on va bientôt visiter son département natal ici), j’ai rejoint une nouvelle (à moi) organisation, Orange County Accueil. Selon eux :

Vous voyez déjà comment c’est différent que l’Alliance Française, dont presque tout leur site est en anglais. L’OCA, c’est pour les expatriés (et fait partie d’un réseau international d’Accueils). Et voilà, c’est la raison pour laquelle je voulais demander à ma prof si je pourrais vraiment faire ça. À ce point, j’ai déjà reçu leur bulletin bimensuel, et… il me semble que les seuls à ne pas être expatriés sont les époux des expatriés. On verra.

Alors, qu’est-ce que l’on peut faire avec cette organisation ? Selon le même bulletin, ce mois il y aura : une marche rapide, un « doggie-walkie » (leur expression, pas la mienne !), une randonnée dans la montagne, le pétanque (mais il faut apporter vos propres boules), des pique-nique en famille (mais il faut apporter des enfants francophones), des cafés-rencontres, et une soirée cinéma. C’est quand même un groupe très actif, j’espère donc que ce sera enfin ce que je cherche.

À propos des frites…

Je suis déçu avec Le Canard cette semaine. Ils parlent presque seulement de l’Ukraine (ne vous inquiétez pas, ils n’ont pas oublié la présidentielle !), mais ont raté l’histoire la plus « Canard » de la semaine. On y reviendra en bas.

Il était une fois, le comédien Groucho Marx a dit « Je ne veux faire partie d’aucun club qui m’accepterait comme membre ». Mais il y en a peut-être un pour lequel il ferait une exception :

Mais on a d’autres choses en commun. Par exemple, le prix de l’essence augmente :

En fait, la station-service la plus proche de chez moi coûte 5,60 $ le gallon (pour le moins cher). C’est environ 1,34 € le litre. Mais c’était 1,08 € il y a trois semaines !

Ma fille ne sera plus obligée de porter un masque à l’école le même jour qu’en France. Heureusement, elle reste toujours un peu trop jeune pour avoir ce problème :

On connaît tous certains comme celui-ci.

Et maintenant, l’histoire que Le Canard a ratée. Avez-vous entendu parler du resto parisien qui sert principalement le plat québécois appelé « la poutine » ? Et qu’il y a certains qui se plaignent qu’ils doivent changer le nom du plat à cause du président russe ? Ils ont dit que ça n’arrivera pas :

Mais à mon avis, ils ont raté une opportunité. À leur place, j’aurais dit que l’on peut l’appeler « les frites de la liberté ». Bon, je sors ! (J’imagine que ça reste un sujet délicat.) Mais d’abord…

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Je découvre les Landes

On continue le Tour maintenant avec le 40, les Landes. Je commence à me sentir comme j’ai atteint un gros chiffre dans le compteur kilométrique d’une voiture. D’ici dix départements de plus, on aura fini avec la moitié. De toute façon, c’est le département le soixantième plus peuplé et les habitants se nomment les landaisne pas confondre avec Lelandais). C’est notre septième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

Les Landes se vantent des plages, dont « 106 km de sable fin et 15 stations ». Moi, en tant que californien, je lis de la « capitale du surf français » et je pense au bobsleigh jamaïcain, ou le fromage américain. Mais en fait, le titre est bien mérité — il y a 99 clubs et écoles de surf, et la plage à Hossegor fait partie du championnat mondial de surf. Franchement, ce département me rappelle chez moi plus que les 39 précédents, parce que les landais veulent que vous y alliez aussi pour le golf, le vélo, et le thermalisme. Mais je suis le mauvais guide pour ces trucs.

Plage des culs nuls à Hossegor, Photo par Aubron Jules, CC BY 3.0

Comme dans le Gers, les Landes sont un producteur de l’armagnac, alors on commencera notre tour près de la préfecture, Mont-de-Marsan, à Labastide d’Armagnac, une Petite Cité de Caractère. Les bastides sont un genre de ville fortifiée typique du sud-ouest, construits autour d’une place centrale, avec une caractéristique très inhabituelle — même dans le XIIIe siècle, les habitants étaient des citoyens libres ! (Ne soyez pas trop enthousiaste — les impôts existaient toujours.) Il y a 9 producteurs d’Armagnac là-bas, et on peut en visiter un — le Domaine d’Agnoas offre des visites guidées. Voulez-vous quelque chose d’insolite ? Sur l’une des voies de Saint-Jacques de Compostelle, on y trouve la Chapelle Notre-Dame des Cyclistes, une vraie église, mais décoré avec les maillots des champions du Tour de France (dont celui du dernier champion américain duquel je n’ai pas honte, Greg Lemond). C’est moi qui guide ce tour, alors on va passer par la bastide avec le meilleur nom n’importe où en France, Saint-Justin. En plus de son nom exceptionnel, c’est plein de bâtiments des XIIIe et XIVe siècles, dont plusieurs tours octogonales — très inhabituel !

On passe maintenant vers Dax (1 étoile Michelin). Selon le Guide Vert, Dax est le station thermale préférée des Français. Il faut donc visiter d’abord la Fontaine Chaude, au service depuis l’époque romaine (le bâtiment ne date qu’au XIXe siècle). Puis on visite le Musée de Borda, labellisé Musée de France, avec des collections d’archéologie, des beaux-arts, et encore d’ethnographie. Dax est aussi la maison des plus grandes arènes de la tauromachie dans les Landes. Il y a aussi le Musée de l’Armée de la Terre et de l’hélicoptère — c’est pas Airwolf Supercopter ici, mais plutôt une base militaire qui fonctionne toujours, où on peut voir « plus de 30 aéronefs, avions et hélicoptères, en parfait état ainsi que des centaines d’objets et de souvenirs, rares ou insolites ». Aux alentours de Dax, on trouve le berceau de Saint-Vincent de Paul, qui m’intéresse parce qu’il est le saint patron d’une célèbre association caritative dans ma ville natale.

Dax est près de la côte. D’ici, il y a pleine de stations balnéaires à choisir. Mais moi, je tourne à droite et pars au nord pour finir le tour des Landes dans le Parc régional naturel des Landes de Gascogne (1 étoile). Ça comprend 41 communes mais aussi la forêt des Landes, la plus grande forêt artificielle d’Europe occidentale. On finit dans le parc à l’Écomusée de Marquèze (2 étoiles) — attention, il est seulement ouvert d’avril à septembre — qui accueil une collection de plus de 40 000 objets dans son pavillon pour raconter la vie rurale des landais.

Qui sont les landais les plus connus ? Carrément Saint-Vincent, mais aussi l’ancien Premier ministre Alain Juppé, l’animatrice de La Cuisine des Mousquetaires, Maïté (j’ai vu plusieurs épisodes sur Internet), le chef cinq fois étoile Hélène Darroze, le golfeur Jean Van de Velde (oups), et les surfeurs Jérémy Florès et Mikaël Picon. L’économiste Frédéric Bastiat, qui je vénère, y vivait, mais je le compte comme citoyen des Pyrénées-Atlantiques. On parlera de lui plus tard.

Quoi manger dans les Landes ? Nous sommes à côté de deux départements que nous avons déjà visités, le Gers et la Gironde. C’est donc pas surprenant que les landais mangent aussi de l’entrecôte à la bordelaise et du pastis gascon. Mais il y a aussi des plats locaux comme la salade landaise (avec du foie gras et des magrets de canard) et le pastis landais (un genre de brioche sucrée). Il y a plein de produits locaux, comme le bœuf de Chalosse IGP, l’asperge des Sables des Landes, et la volaille fermière des Landes IGP. Pour boire, il y a surtout l’Armagnac, mais aussi le vin de Tursan AOC et le Floc-de-Gascogne AOC, un mélange de jus de raisin et d’Armagnac. Le site de Qualité Landes nous propose des centaines d’idées — on n’y mourra pas de faim !