On continue à reprendre nos dîners avec la Savoie. Après la Haute-Savoie, je publierai Paris, et début septembre, on finira enfin les trois quarts du Tour. Mais aujourd’hui, on est ici pour mettre à l’honneur une chère amie qui habite à Chambèry. J’ai suivi presque exactement ses conseils, dont acheter un ingrédient à Paris pendant mon voyage juste pour préparer ce dîner. Voici la Croziflette et le gâteau de Saint-Genix :
Je vais vous citer ses instructions, gardées dans mon fichier depuis l’année dernière : « Pour la Savoie, je te conseille la croziflette, beaucoup plus légère que la tartiflette. C’est un gratin de crozets, de petites pâtes au sarrazin. Avec une simple salade verte, ça passe tout seul ! Tu accompagnes ça d’un verre de vin de Savoie (Apremont ou Mondeuse) avec, pour dessert, un gâteau de Saint-Genix (qui est aussi le village natal de mon Papounet) et tu as un bon repas. Surtout si tu prends des fromages du coin (Beaufort, Reblochon…) » Impossible de trouver les fromages au lait cru ou le vin savoyard, mais c’était mon menu. Je considère que le gâteau en particulier est une des stars du blog. Alors, comment les faire ?
Comme je vous dois des dîners après mes vacances ! On commence avec la Sarthe, où je savais toujours que j’allais faire des sablés pour le dessert. Mais que faire pour notre plat principal ? J’ai consulté le site des producteurs des volailles de Loué, et là j’ai trouvé notre plat, la poularde fermière de Loué rôtie aux morilles et poireaux fondants. Voilà :
Il y a pleinde photos, et je vous rassure, vous allez apprendre quelque chose cette fois. Surtout comment ne pas gâcher les sablés. Allons-y !
On continue maintenant le Tour avec le 74, la Haute-Savoie. C’est le département le vingt-septième plus peuplé et les habitants se nomment haut-savoyards. C’est notre douzième — et dernier — séjour en Auvergne-Rhône-Alpes. Elle va me manquer. Arrêtez de pleurer, yeux stupides, j’ai un article à écrire ! (N’imaginez pas que je plaisante.)
On commence à la préfecture, Annecy, dite la « Venise des Alpes » à cause de ses canaux Encore une fois, notre départ est dans le quartier dit Vieil Annecy (2 étoiles Michelin). Ici, on trouve le Palais de l’Île (1 étoile), un bâtiment du XIIe siècle qui a connu plusieurs vies — résidences des comtes de Genève, prison, palais de justice, et de nos jours le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine d’Annecy. En se promenant vers le Musée-Château d’Annecy (1 étoile), on passe par l’Université du Temps Libre, et je ne plaisante même pas. Dans le musée, on trouve des collections d’art, d’archéologie et d’histoire naturelle qui racontent l’histoire d’Annecy. Puis, on se promène le long de la Rue Sainte-Claire (1 étoile), rue à arcades du XVIe siècle. Finalement, on traverse le Thiou pour visiter les Jardins de l’Europe (1 étoile), qui ouvrent sur le Lac d’Annecy (3 étoiles) et abritent des arbres et des arbustes de partout, dont des séquoias géants californiens.
À l’autre bout du lac, on trouve le Col de la Forclaz (2 étoiles), belvédère à 1 150 m sur le lac, alors avec une vue panoramique du tout. Puis on conduit tout au nord du département à Thonon-les-Bains, aux bords du Lac Léman (3 étoiles), qui va avec Key Lime ; c’est une blague anglophone. On va passer par la frontière Suisse, et si vous voulez la sauter pour visiter le Musée Patek Philippe (2 étoiles), je ne dirai rien. Mais c’est un tour du département, pas de l’étranger. Mon tour continue aux Belvédères de Thonon (2 étoiles), pour une belle vue sur la ville et le lac. On est très proche de l’usine où l’eau Evian est embouteillée. Juste au sud du lac, on trouve les Gorges du pont du diable (2 étoiles), un rocher qui forme un pont à travers les parois d’une fissure de 40 m. Un peu plus au sud, on trouve le Mont d’Arbois (2 étoiles). On le monte en télécabine pour des vues du Mont Blanc et des Aravis.
Notre dernier arrêt est la région de Chamonix-Mont-Blanc, à l’est du Mont d’Arbois. Encore une fois, il y a trop de trésors naturels pour les mentionner tous. La Vallée de Chamonix-Mont-Blanc (3 étoiles) est bordée d’un côté par le Mont-Blanc (3 étoiles) et de l’autre côté par les Aiguilles-Rouges (3 étoiles). L’Aiguille du Midi (3 étoiles) offre une vue magnifique du Mont-Blanc, et si vous êtes plus courageux que moi, tentez le plancher de verre pour voir une chute de plus de 1 000 mètres sous vos pieds. Vos, j’ai dit. Les skieurs voudront descendre par la Vallée Blanche (3 étoiles), 20 km hors piste qui relient l’Aiguille du Midi avec le village de Chamonix. La Mer de Glace (3 étoiles) est le plus grand glacier de France,
Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Savoie ? Robert de Genève, malgré le nom, né dans le château d’Annecy, était l’antipape Clément VII, qui s’est installé à Avignon en lançant le Grand Schisme d’Occident. Patrick Modiano, lauréat du prix Nobel de littérature est né à Annecy, ainsi que le chimiste Claude-Louis Berthollet, inventeur de l’eau de Javel, et héros du blog Marcel Fournier, créateur du groupe Carrefour. Marie Curie, physicienne légendaire, est décédée à Passy, empoisonnée par le radium qui l’avait rendu célèbre. Gabriel Cachat, fondateur de la marque d’eau Évian, était propriétaire de la source à Évian-les-Bains quand ça réputation a été lancée.
Que manger en Haute-Savoie ? C’est assez similaire à leurs voisins en Savoie, avec plein de fromages, mais il y a des produits et plats uniques à eux aussi. Il y a notamment l’abondance AOP, fromage à base de lait de vache affiné au moins 100 jours, le persillé des aravis, fromage au lait cru de chèvre, et le chevrotin des aravis AOP, exclusivement fermier (presque tous les producteurs sont en Haute-Savoie). En plats principaux, alors que leurs voisins de la Savoie mangent de la « croziflette », les hauts-savoyards mangent de la tartiflette savoyarde, gratin de pommes de terre et du fromage Reblochon, ainsi que les pommes de terre farcies à la savoyarde, avec de la « viande des Grisons », des lardons, et du tomme de Savoie. En dessert, il y a le gâteau de Savoie et les manalas de Saint-Nicolas, de petites brioches en forme d’homme, décorées avec des pépites de chocolat, des noix, ou similaire. Pour boire, il y a de l’eau Evian, ainsi que le génépi et la liqueur des aravis.
Peut-être que vous vous souvenez de ma bûche de Noël savoyarde et chanson de Noël — les deux étaient inspirées par une chère amie qui habite à la préfecture, Chambèry. (Mon dîner, déjà connu depuis l’année dernière, est à elle.) C’est donc là où on commence notre tour.
Comme souvent en ma France, notre point de départ est la vieille ville de Chambèry (2 étoiles Michelin). Sur la Place Métropole, on est devant la Cathédrale Saint-François-de-Sales (1 étoile), remarquable pour sa collection de peintures en trompe-l’œil par Casimir Vicario. En passant par la Place Saint-Léger (1 étoile), pavée en roches roses, on se promène au Château des Ducs de Savoie (1 étoile), construit au XIIIe siècle en tant que forteresse pour la famille qui deviendrait plus tard la famille royale italienne. Notre dernier arrêt à Chambèry est le Musée des Beaux-Arts (1 étoile), avec une collection de peintures italiennes du XVIe au XVIIIe siècle, ainsi que d’autres des écoles allemandes, flamandes et françaises.
Cathédrale Saint-François-de-Sales, Photo par Morio60, CC BY-SA 2.0, Place Saint-Léger, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0, Château des Ducs de Savoie, Photo par Zairon, CC BY-SA 4.0, Mariage du Vierge et L’Annonciation par un anonyme savoyard, Musée des Beaux-Arts, Photo par Morio60, CC BY-SA 2.0
D’ici, nous avons un problème. La Savoie est remplie de sites naturels qui valent tous 2 ou 3 étoiles. Mais vous savez déjà que mes préférences sont toujours pour le patrimoine plutôt que la randonnée. Alors, je vais vous donner beaucoup plus de recommandations que de photos. Et je vais quand même rater plein de belles idées. Consultez Savoie-Mont-Blanc pour encore plus quant à la nature.
De Chambèry, on va au nord, à Aix-les-Bains et le Lac du Bourget (2 étoiles). Aux bords du lac, on trouve l’Abbaye d’Hautecombe (2 étoiles), la nécropole de la Maison de Savoie, rois de Sardaigne et d’Italie, ainsi qu’un monastère qui fonctionne jusqu’à maintenant. On montre sur le Mont Revard pour une vue panoramique (3 étoiles) du Rhône, du Lac du Bourget, et du Mont Blanc. En passant par Albertville, ancien site des Jeux Olympiques d’hiver, il y a de nombreux sites liés aux jeux, dont la Halle olympique et la Cité olympique. Mais nous allons continuer jusqu’à Val-d’Isère et Tignes, deux villages où la nature est exceptionnelle. Il faut mentionner le Rocher de Bellevarde (3 étoiles) pour sa vue sur Val-d’Isère ainsi que la Route de l’Iseran (3 étoiles), d’où on peut voir le Massif de la Vanoise (3 étoiles) et son Col (3 étoiles) et la Grande Sassière. Ne ratez pas non plus l’Aiguille-Rouge (3 étoiles) et le Glacier de la Grande-Motte (3 étoiles).
Abbaye d’Hautecombe et Lac du Bourget, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0, Vue du Mont Revard, Photo par Zairon, CC BY-SA 4.0, Glacier de la Grande-Motte, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0, Vue du sommet de l’Aiguille-Rouge, Photo par Florian Pépellin, CC BY-SA 4.0
On continue vers le village de Bonneval-sur-Arc (2 étoiles), station d’hiver où on trouve le hameau de l’Écot, avec ses chalets de pierres et de lauzes. Puis, à Bessans, on visite la Chapelle Saint-Antoine (2 étoiles), avec de nombreuses fresques de l’époque Baroque qui racontent la vie du Christ. À Val-Cenis, on trouve la Chapelle Saint-Sébastien, avec un plafond « composé de 918 caissons sculptés et peints », aussi de la Baroque, ainsi que l’Église Notre-Dame de l’Assomption, du XIXe siècle, mais décoré aussi de façon Baroque, grâce aux meubles de l’ancienne église du village. Finalement, à Aussois, on trouve les Forts de l’Esseillon (2 étoiles), construits par le Royaume de Piémont Sardaigne pendant le XIXe siècle pour sauvegarder la région contre les Français vilains et leur tendance d’envahir leurs voisins.
Qui sont les personnages les plus connus de la Savoie Il faut absolument commencer avec Joseph Opinel, fondateur de la manufacture de couteaux, né à Albiez-le-Vieux. Joseph de Maistre, philosophe et royaliste dont sa popularité aux États-Unis pendant le XXe siècle vous surprendrait, est né à Chambèry. Jean-Jacques Rousseau, pire père de France, habitait à Chambèry pendant quelques années avec Mme de Warens. Jacqueline Pin, dite Mercotte, animatrice de M6 ainsi que blogueuse culinaire, est née à Aix-les-Bains. ainsi que Marc Tellenne, dit Karl Zéro, animateur et musicien connu mondialement pour un épisode de X-Files qui a utilisé sa musique.
Que manger en Savoie ? On est dans les Alpes — c’est donc l’emmental de Savoie et fondue savoyarde à go-go ! Pour ce dernier, ainsi que la croziflette, un gratin d’une pâte locale, les crozets, il faut vraiment du fromage Reblochon — illégal aux États-Unis à cause du lait cru. (Alors ne vous plaignez pas de moi quand je fais un plat savoyard sans Reblochon.) Les savoyards mangent aussi de la raclette — la spécialité fait avec le fromage du même nom. En dessert, on y trouve le Saint-Genix, une brioche aux pralines roses, ainsi que le biscuit de Savoie, déjà apparu ici en tant que base de ma bûche de Noël savoyarde liée en haut. Gaston Lenôtre propose dans son livre une tarte dite Val-d’Isère, à base de massepain, de noix, et de Kirsch, mais j’ai du mal à trouver des preuves qu’elle vient vraiment de la région. Pour boire, il y a le génépi, liqueur à base de plantes de montagne du même nom, le vermouth de Chambèry, et le bonal, une eau-de-vie à base de raisins, de quinquina, et de gentiane.
Il faut que l’on commence dans la plus grande ville du département, la préfecture, Le Mans. Je dois beaucoup au récit du Chat Voyageur pour notre balade ici. On commence sur la Place Saint-Michel, au cœur du Vieux Mans, dit la « Cité Plantagenêt » (2 étoiles Michelin). Là, on est devant la Cathédrale Saint-Julien (2 étoiles), de style gothique avec des contreforts spectaculaires ainsi que des vitraux du XIIe siècle. Puis, on se promène dans le quartier en passant par la Maison d’Adam-et-Ève, nommée pour son bas-relief de la Renaissance (mais selon le Guide Michelin, les figures sont en fait Ariane et Bacchus). On continue vers les bords la rivière Sarthe, où on trouve l’enceinte romaine (1 étoile), qui a ceinturé la ville pendant plus de 1 700 ans. Finalement, aux bords de la ville, on visite le village des 24h du Mans, dont le Musée des 24h du Mans (2 étoiles). Ici, on trouve de nombreuses voitures qui ont participé au célèbre concours, dont la 1958 Cadillac Eldorado de mes rêves.
Juste aux alentours du Mans, on visite l’Abbaye Royale de l’Épau (1 étoile), fondée par la Reine Bérangère, veuve de Richard Cœur de Lion, vers 1220, et elle y est enterrée. De nos jours, en plus des salles monastiques, on y trouve un jardin et un festival de musique classique. Puis, à 40 km au nord du Mans, on trouve Fresnay-sur-Sarthe, élu 2e village préféré des Français en 2021. On est là pour faire une balade parmi les bâtiments des IXe aux XIIe siècles. Après ça, on fait de la randonnée parmi les Alpes mancelles (2 étoiles), avec de nombreux chemins, dont l’un de plusieurs de Saint-Jacques-de-Compostelle. Au sud-ouest des Alpes mancelles, on visite le château de Sillé-le-Guillaume, forteresse médiévale devenue école de musique et musée, qui abrite une collection de l’artiste du XIXe siècle Arsène Le Feuvre.
Au sud du département, on trouve le Zoo de La Flèche (2 étoiles), avec plus de 1 500 animaux de 160 espèces. Juste à l’est du zoo, on trouve le Château du Lude (2 étoiles), originalement du Moyen-Âge, mais renouvelé pendant la Renaissance selon la façon italienne. Les jardins du XIXe siècle sont classés remarquables. À l’est du château, on trouve le site archéologique d’Aubigne-Racan, avec des ruines gallo-romaines. Finalement, on visite le Château de Montmirail (rien à voir avec Godefroy), monument historique du XVe siècle, avec des collections d’armes médiévales ainsi que les salons de la Princesse de Conti, fille de Louis XIV.
Qui sont les personnages les plus connus de la Sarthe ? On est encore une fois dans le pays des Plantagenêt, alors il faut commencer avec Henri II, roi d’Angleterre, né au Mans, ainsi que deux siècles plus tard, Jean II le Bon, roi de France. Marlène Schiappa, star dans un second rôle du Canard enchaîné, y était conseillère . L’actrice Hélène Rollès, connue pour le rôle de Hélène Girard dans de nombreuses séries, est née au Mans aussi. Le célèbre moine bénédictin, Dom Prosper Guéranger, est né à Sablé-sur-Sarthe, et a refondu l’abbaye de Solesmes.
Quoi manger en Sarthe ? Le plat incontournable du département est sans doute les rillettes du Mans, du porc cuit pendant des heures dans de la graisse de porc. (J’ai regardé la vidéo au lien, et ça reste toujours un mystère pour moi.) Il y a aussi la marmite sarthoise, une recette plutôt récente créée par une association de restaurateurs pour mettre en valeur des produits locaux, dont le poulet de Loué et le vin de Jasnières. En dessert, on y trouve — je ne plaisante pas — les sablés de Sablé. Pour boire, il y a deux vins AOC, le Jasnières et les Coteaux du Loir.
La Saône-et-Loire m’a posé un petit problème, car leur cuisine partage beaucoup avec leurs voisins, et je veux toujours choisir quelque chose. Mais j’ai fini par trouver deux recettes que j’adore, et qui feront partie de ma quotidienne dans l’avenir. Voici le poulet à la comtoise et le cacou :
Ce qui rend ce dîner aussi « Coup de Foudre » que possible, c’est que le poulet met en vedette deux produits typiques du département : le vin Mâcon-Villages AOP, et le fromage Comté. Oui, mon cher riz de Camargue en accompagnement n’est même pas de la région, mais ce plat principal est super pour les diabétiques — une glycémie de 143 après ! (Le dessert ne fait pas partie de ce taux.) Pour sa part, le cacou est hyper-local à Paray-le-Monial. Voyons comment tout faire.
On continue maintenant le Tour avec le 71, la Saône-et-Loire. C’est le département le quarante-huitième plus peuplé, et les habitants se nomment saône-et-loiriens. C’est notre sixième séjour en Bourgogne-Franche-Comté.
On commence à la préfecture, Mâcon. Avant de visiter notre première destination, je dois juste déposer La Fille à l’Hospice de la Charité, par cette petite porte :
Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est un « tour d’abandon », où pendant le XVIIe siècle, des parents pauvres pouvaient abandonner leurs bébés juste après leur naissance. Ça lui apprendra à m’embêter ! Non, je plaisante — si seulement car elle est trop grande ! ([Tu veux que je partage cet article avec Maman ? — La Fille. NONONONONON ! — Moi])
Après un petit détour à la gendarmerie pour expliquer mon sens de l’humour, on continue au Musée des Ursulines (1 étoile Michelin). Un ancien couvent du XVIIe siècle, de nos jours il abrite une collection de 25 000 œuvres liés à l’histoire de Mâcon, dont une mosaïque du Ier siècle et un espace consacré au plus célèbre mâconnais, Alphonse de Lamartine. Puis, on va explorer le vignoble du paysage, le Mâconnais (2 étoiles), où on trouve 29 appellations sur plus de 4 000 hectares — consultez Les Vins Mâcon pour un guide.
Aux alentours de Mâcon, on visite la Roche de Solutré (2 étoiles), un Grand Site de France qui fait presque 500 m de hauteur, et où des outils en pierre de plus de 15 000 ans ont été trouvés — visitez le Musée de la Préhistoire de Solutré (1 étoile). À Cluny, on est là pour l’Abbaye (2 étoiles), qui abrite aujourd’hui le Musée d’Art et Archéologie (1 étoile), mais était anciennement le chef-monastère de l’ordre bénédictin, datant à 931 ! Malheureusement, les révolutionnaires ont saccagé ce site et seulement la moitié en reste.
Juste au nord, on arrive au Château de Cormatin (2 étoiles), ancienne siège de la famille du Blé depuis le XIIe siècle, mais dont la forme présente date du XVIIe siècle. Les jardins (2 étoiles) occupent 10 hectares, comprennent un labyrinthe et un potager, et méritent la visite tous seuls. Notre prochain arrêt est Tournus, juste au nord de Mâcon. Là, on trouve l’Abbaye Saint-Philibert (2 étoiles) et son Église abbatiale (2 étoiles). Ces bâtiments viennent du Xe au XIIe siècles, alors on est là pour l’architecture carolingienne, dont un clocher à deux étages. À Chalon-sur-Saône, on visite le Musée Nicéphore Niépce (2 étoiles), consacré non pas seulement à l’inventeur de la photographie, mais aussi à toute son histoire, avec une collection de plus de 3 millions d’images ainsi que 6 000 appareils.
On doit conduire un peu pour Paray-le-Monial, dans l’ouest du département. La Basilique du Sacré-Cœur (2 étoiles) nous y attend, avec une intérieure très inspirée par la Trinité — triple nef et trois arcatures sur trois fenêtres. À 70 km au nord, on trouve Autun, une ville très ancienne dite Augustodunum à l’époque romaine, avec un théâtre romain (1 étoile) qui accueillait 20 000 spectateurs. Le trésor d’Autun est la Cathédrale Saint-Lazare (3 étoiles), chef-d’œuvre du XIIe siècle où la vedette est le tympan du Jugement Dernier par le sculpteur Gislebertus. On finit au site archéologique Bibracte (2 étoiles) et son musée (2 étoiles aussi), ancienne cité gauloise (à ne pas confondre avec les Gauloises), où 10 000 personnes habitaient avant l’époque d’Astérix la conquête romaine.
Qui sont les personnages les plus connus de la Saône-et-Loire ? Le poète Alphonse de Lamartine est né à Mâcon, ainsi que le footballeur Antoine Griezmann. Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie, est né à Chalon-sur-Saône, et comme on a vu dans Le Cercle Rouge, a fait ses découvertes à Saint-Loup-de-Varennes. Le chanteur Florent Pagny vient aussi de Chalon-sur-Saône. Fernand Point, grand chef et héros du blog pour son gâteau Marjolaine, est né à Louhans. L’actrice légendaire, Jacqueline Maillan, connue pour Pouic-Pouic et Papy fait de la résistance mais aussi pour de nombreux rôles au théâtre, est née à Paray-le-Monial. Le Français le plus dingue de tous les temps, grimpeur en solo intégral Alain Robert, est né à Digoin.
Les Griottines sont un produit typique de la Haute-Saône. Elles sont des griottes macérées dans du Kirsch, une marque de la Distillerie Peureux. J’ai décidé de faire un dessert proposé par eux il y a des mois. Alors, le moelleux Griottines :
Mais j’ai fini par devoir remplacer le vrai produit avec un remplaçant italien. Les Griottines étaient stockées chez myPanier, mais voici ce qui est arrivé quand j’y suis allé :
Peut-être que vous pouvez lire les étiquettes. Les Griottines étaient censés y être. Malheureusement, elles n’apparaissent plus sur le site du magasin alors j’ai dû faire un choix : cherchez un autre fournisseur, sûrement par correspondance, ou soutenir le fournisseur le plus important du blog. J’ai décidé que ce dernier était plus important — alors j’ai acheté un produit italien très similaire qui restait sur leurs étagères, ainsi que d’autres choses. (C’est un trajet ; je ne vais pas y acheter une seule chose.)
Ma recette vient du site des Distilleries Peureux, mais leur version est taillée pour un moule de 27 cm. Je l’ai coupée à 23 cm ; ça devrait être 72 % des ingrédients, mais j’ai utilisé 75 % pour rendre le calcul plus simple. Aussi, je n’ai pas de farine parfumée de Kirsch — oui, ça existe — alors je l’ai remplacé avec de la farine ordinaire et le jus des griottes.
Les ingrédients pour le moelleux Griottines :
250 grammes de sucre
220 grammes de beurre
210 grammes de chocolat de couverture noir
120 grammes de Griottines® ou autre griottes confites en alcool, ainsi que l’alcool de la boîte
150 grammes d’œufs (3 moyens)
100 grammes de farine
Les instructions pour le moelleux Griottines :
Préchauffer le four à 175º C.
Faire fondre le chocolat et le beurre dans une casserole sur un feu doux. Mélanger bien.
Mélanger les œufs avec le sucre, jusqu’à ce que le tout devienne mousseux. Ajouter la farine. Mélanger. Ajouter le jus de griottes et mélanger encore.
Finalement, ajouter le mélange chocolat-beurre et incorporer avec une cuillère en bois. Ça va prendre un peu de temps pour devenir homogène.
Verser dans un cercle de pâtisserie bien beurré sur un tapis en silicone (diamètre 23 cm).
Déposer les Griottines ou autres cerises au-dessus.
Faire cuire entre 35 à 40min. Ce n’est pas surprenant quand la pâte fuite un peu à l’extérieur. Vous pouvez voir qu’il se démoule très facilement. Mais attention. Il y a un risque que le moelleux craquera le long des lignes visibles à la surface. J’ai trouvé que c’était beaucoup plus facile de le servir en tranches directement du tapis plutôt que le présenter à table. Comme s’il y avait quelqu’un à la table, mais j’aurais aimé prendre une photo avec le tout sur une assiette.
Pour une fois, je vais vous donner un plat très simple, très facile. Non, mais sérieusement, il n’y a que 5 ingrédients et autant de minutes de travail. En plus, on parlera d’un ingrédient fait dans seulement un moulin en toute la France, et ça, c’est le genre de renseignement le plus Coup de Foudre possible. Voila, la soupe de gaudes.
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Les gaudes sont une sorte de farine de maïs torréfié. Le Moulin Taron est le seul producteur restant, et il se trouve à Chaussin, dans le Jura. C’est donc le voisin de la Haute-Saône, mais cette soupe est bien franche-comtoise. Vous pouvez la réaliser avec de farine de maïs ordinaire, ce que j’ai fait, mais la plus authentique sera avec la bonne farine.
Pour aller avec, j’ai fait des croûtons comme pour la salade lyonnaise, et une petite salade verte. Faites comme vous voulez pour les accompagnements ; ce ne sont pas compliqués. Le pain vient de la Boulangerie Boudin, comme d’habitude. Je dois la recette au Moulin Taron ; c’est la variante 3 au lien, coupée par 2.
Les ingrédients pour la soupe de gaudes (2 personnes) :
125 grammes de gaudes ; à défaut, de farine de maïs
50 grammes de beurre
Du lait
Du sel et du poivre
Les instructions pour la soupe de gaudes (2 personnes) :
Mélanger les gaudes avec 750 ml d’eau froide dans une grande casserole ou faitout.
Remuer jusqu’à ce qu’il ne reste pas de grumeaux. Faire cuire à feu doux une bonne heure.
À la fin de cuisson, ajouter le beurre.
Assaisonner avec du sel et du poivre selon vos goûts et remuer pour tout incorporer.
Si besoin de croûtons : pain, ail, huile d’olive. Assemblage requis.
Servir dans des bols. À table, creuser un petit trou au centre et y verser un peu de lait froid.
Deux des personnages fictifs les plus aimés au monde entier viennent de la Haute-Saône. C’est bien connu que le sergent-chef Éric Chaudard, de la série de films La 7e Compagnie, vient de Vesoul. (Si on se plainte que La 7e Compagnie est mieux connu en France qu’ailleurs, je suis où exactement ? Si la plainte est, en revanche, que la quincaillerie a bien été tournée en Loire, c’est autre chose.) C’est moins connu que le meilleur capitaine de Star Trek, Jean-Luc Picard, sera né en Haute–Saône, à La Barre. Je trouve ça absolument incroyable, que des écrivains américains ont regardé une carte assez longtemps pour découvrir une partie du pays en dehors de Paris, mais en plus, loin des stations balnéaires. Croyez-moi, quand j’ai commencé à rassembler mon fichier de faits divers, c’était une de mes premières questions, et j’étais bouleversé par la réponse.
Je vais suivre les conseils du site de tourisme départemental, et diviser notre séjour également parmi 3 régions : la Vallée de l’Ognom, les Vosges du Sud, et le Val de Saône. On a déjà fait la même chose en Loire et dans le Lot-et-Garonne, et je la mentionne afin de vous prévenir que ce ne soit pas forcément la route la plus courte.
Commençons donc en Vallée de l’Ognon, nommée pour un affluent de la Saône. Notre premier arrêt est Pesmes, l’un des Plus Beaux Villages de France. Le Guide Vert ne connaît pas ce joyau médiéval — tant pis pour eux. L’église Saint-Hilaire, du XIIIe siècle, est assez bien préservée — mais regardez ce pont en bas, et dites-moi que vous n’avez pas envie d’y prendre une balade. À Gy, on trouve le Château de Gy, ancienne maison des Archevêques de Besançon depuis la fin du XVe siècle. L’Église de Voray-sur-l’Ognon ne vient que du XVIIIe siècle, mais le décor intérieur est superbe. Au village d’Autoreille, on visite les Jardins Acorus, un espace de plus de 3 ha, plein de pièces d’eaux, ainsi que plus de 250 espèces de plantes aquatiques.
On passe aux Vosges du Sud. La Planche des Belles Filles, étape légendaire du cyclisme (dont 5 fois partie du Tour de France) est une station de ski en hiver, mais son côté Coup de Foudre est la légende derrière son nom. Pendant la Guerre de Trente Ans, elle est censée être le lieu où les filles du village de Plancher-Bas ont sauté à leur mort plutôt que subir aux mercenaires suédois. On y trouve aussi le Plateau des Mille Étangs (1 étoile Michelin), un grand parc où on fait le parcours de nombreux sites naturels remarquables. À Luxeuil-les-Bains, on visite la Tour des Échevins, ancien hôtel de ville du XVe siècle, aujourd’hui la maison du musée de la ville. Toujours à Luxeuil, on visite la Basilique Saints-Pierre-et-Paul, du XIIIe siècle, de style gothique mais inhabituellement en grès rose des Vosges.
Planche des Belles Filles, Photo par A.BourgeoisP, CC BY-SA 4.0, Plateau des Mille Étangs, Photo par A.BourgeoisP, CC BY-SA 4.0, Tour des Échevins, Photo par A.BourgeoisP, CC BY-SA 4.0, Basilique de Luxeuil, Photo par A.BourgeoisP, CC BY-SA 4.0
Finalement, on arrive dans le Val de Saône, aux alentours de Vesoul. On visite le Château de Champlitte (1 étoile), château de la Renaissance qui abrite maintenant le Musée départemental des arts et traditions populaires. Quelque chose de vraiment inhabituel, Nacia esperanto muzeo — désolé, le Musée de l’Esperanto — à Gray se vante d’une collection de plus de 6 000 œuvres dans la langue de même nom. On finit avec deux arrêts à Vesoul. Le Vieux Vesoul (1 étoile), quartier des XVe et XVIe siècles, abrite de vieilles maisons comme l’hôtel Thomassin autour de l’église Saint-George du XVIIIe siècle. Finalement, au Musée Georges-Garret, le musée municipal de Vesoul, on trouve des collections archéologiques et de beaux-arts, surtout de l’artiste vesoulien Jean-Léon Gérôme.
Château de Champlitte, Photo par Jérôme BARDIAU, CC BY-SA 4.0, Musée de l’Esperanto, Photo par Chipougne, Vieux Vesoul, Photo par Bhuoc9, CC BY-SA 4.0, L’entrée du Christ à Jérusalem par Jean-Léon Gérôme, Musée Georges-Garret, Domaine public
Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Saône ? Le peintre Gustave Courtois est né à Pusey. Le chanteur Jacques Brel n’était pas haut-saunois, mais est connu parmi d’autres choses pour sa chanson Vesoul. Mickaël Azouz, premier gagnant de la coupe du monde de la pâtisserie, vient de Vesoul.