Ce n’est pas ma bûche de Noël annuelle. J’essaie de créer une nouvelle bûche chaque année, et on n’est pas encore là. Mais hier soir était le dernier événement de l’OCA pour 2024, une soirée tarot, et je voulais faire quelque chose de spécial. Mais j’ai oublié quelque chose d’important. Si la malchance n’existait pas, je n’aurais pas de chance.
Alors, d’abord, parlons de la bûche de Noël. Presque personne ne se souvient de ma bûche de 2021, parce qu’il n’y avait qu’une petite poignée d’abonnés à l’époque. Mais c’était une des grandes réussites du blog. Je l’ai adapté du livre « Desserts by Pierre Hermé » (écrit avec une américaine ; je ne sais pas si « Mes desserts préférés » est exactement le même livre en traduction, mais c’est similaire) , où il a publié un gâteau dit Riviera — des couches d’un biscuit au chocolat sans farine, une mousse au chocolat, et une crème au citron. J’ai ajouté de la gélatine à la crème au citron, remplacé le biscuit sans farine avec du pain de Gênes, et remplacé la mousse au chocolat avec un insert de mousse aux 3 chocolats.
Après en avoir parlé avec La Fille, j’ai remplacé le pain de Gênes cette fois avec le biscuit au chocolat sans farine. Et j’ai décidé de hausser le niveau de décoration. Voici une photo de la bûche telle que je l’ai démoulée :

C’est joli, mais elle manque de décoration. J’ai donc réalisé une meringue italienne et l’ai pochée au-dessus avec une douille Saint-Honoré :

Je l’ai flambé au chalumeau, tout comme une tarte au citron. J’étais si fier des résultats :

La meringue pourrait être un peu plus symétrique, mais c’était littéralement la première fois où j’ai fait ça — j’ai pratiqué sur une assiette avant de le faire, mais c’est autre chose quand on fait ces choses là où tout doit être parfait. Pierre Hermé aurait honte de moi, et je l’assume car il aurait raison.
Tout est bien allé pendant le trajet jusqu’à la maison de l’hôte. Mais quand je suis descendu de ma voiture, la meringue a glissé et est tombée à côté de la bûche :

Ce n’est pas la pire chose. Je ne sais pas comment régler cette situation, mais même moi, je dirais que mes intentions étaient bonnes.
Je ne sais pas de quoi je parle.
Il y avait quelqu’une là que je connais depuis deux ans déjà, mais qui n’a jamais assisté aux soirées de tarot. Je la connais de mon groupe de cinéphiles. On n’a jamais eu de problèmes entre nous. Cependant…
Pendant la pause pour le dessert, tout le monde, dont elle, a goûté ma bûche. Ma bûche d’après Pierre Hermé. Il fallait que je me rende compte que Dorie Greenspan, sa collaboratrice, était aussi américaine que moi. De toute façon, cette femme, divorcée célibataire comme moi et qui a peut-être 4-5 ans de plus que moi, s’est lancée dans un discours devant moi, en s’adressant à un français de naissance, où elle a annoncé que (je paraphrase légèrement) :
« J’ai épousé un américain, mais ça n’a pas marché car il y avait trop de différences culturelles. Personne n’est vraiment capable de s’adapter à la culture française. Même mon dernier copain, un italien, ne l’a vraiment comprise. »
Je restais silencieux, le moral dans les chaussettes, car il me semblait qu’il n’y avait que deux explications possibles. Soit je suis si invisible que l’on peut dire tout ça devant moi en me connaissant sans se rendre compte à quel point je serais offensé, soit elle a compris exactement ce qu’elle disait mais a voulu m’envoyer un message. Au cas où, bien sûr, car rien ne s’est passé entre nous.
Je pensais à quitter l’événement en ce moment, mais j’ai fini par décider que ce serait pour le pire. En même temps, j’ai atteint ma limite. Je ne dérangerai plus personne avec une autre bûche américaine. La prochaine fois, j’apporterai des Twinkies.





























