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Ma bûche américaine

Ce n’est pas ma bûche de Noël annuelle. J’essaie de créer une nouvelle bûche chaque année, et on n’est pas encore là. Mais hier soir était le dernier événement de l’OCA pour 2024, une soirée tarot, et je voulais faire quelque chose de spécial. Mais j’ai oublié quelque chose d’important. Si la malchance n’existait pas, je n’aurais pas de chance.

Alors, d’abord, parlons de la bûche de Noël. Presque personne ne se souvient de ma bûche de 2021, parce qu’il n’y avait qu’une petite poignée d’abonnés à l’époque. Mais c’était une des grandes réussites du blog. Je l’ai adapté du livre « Desserts by Pierre Hermé » (écrit avec une américaine ; je ne sais pas si « Mes desserts préférés » est exactement le même livre en traduction, mais c’est similaire) , où il a publié un gâteau dit Riviera — des couches d’un biscuit au chocolat sans farine, une mousse au chocolat, et une crème au citron. J’ai ajouté de la gélatine à la crème au citron, remplacé le biscuit sans farine avec du pain de Gênes, et remplacé la mousse au chocolat avec un insert de mousse aux 3 chocolats.

Après en avoir parlé avec La Fille, j’ai remplacé le pain de Gênes cette fois avec le biscuit au chocolat sans farine. Et j’ai décidé de hausser le niveau de décoration. Voici une photo de la bûche telle que je l’ai démoulée :

Bûche de Noël, façon entremet surgelé -- la surface est complètement lisse, et la couleur est toute jaune car l'extérieur est une crème au citron.

C’est joli, mais elle manque de décoration. J’ai donc réalisé une meringue italienne et l’ai pochée au-dessus avec une douille Saint-Honoré :

Même bûche qu'avant, avec un haut recouvert de meringue italienne.

Je l’ai flambé au chalumeau, tout comme une tarte au citron. J’étais si fier des résultats :

Même bûche, avec la meringue légèrement brûlée

La meringue pourrait être un peu plus symétrique, mais c’était littéralement la première fois où j’ai fait ça — j’ai pratiqué sur une assiette avant de le faire, mais c’est autre chose quand on fait ces choses là où tout doit être parfait. Pierre Hermé aurait honte de moi, et je l’assume car il aurait raison.

Tout est bien allé pendant le trajet jusqu’à la maison de l’hôte. Mais quand je suis descendu de ma voiture, la meringue a glissé et est tombée à côté de la bûche :

Même bûche, mais la meringue est maintenant à côté. Elle est tombée en bloc, et ne s'est pas brisée.

Ce n’est pas la pire chose. Je ne sais pas comment régler cette situation, mais même moi, je dirais que mes intentions étaient bonnes.

Je ne sais pas de quoi je parle.

Il y avait quelqu’une là que je connais depuis deux ans déjà, mais qui n’a jamais assisté aux soirées de tarot. Je la connais de mon groupe de cinéphiles. On n’a jamais eu de problèmes entre nous. Cependant

Pendant la pause pour le dessert, tout le monde, dont elle, a goûté ma bûche. Ma bûche d’après Pierre Hermé. Il fallait que je me rende compte que Dorie Greenspan, sa collaboratrice, était aussi américaine que moi. De toute façon, cette femme, divorcée célibataire comme moi et qui a peut-être 4-5 ans de plus que moi, s’est lancée dans un discours devant moi, en s’adressant à un français de naissance, où elle a annoncé que (je paraphrase légèrement) :

« J’ai épousé un américain, mais ça n’a pas marché car il y avait trop de différences culturelles. Personne n’est vraiment capable de s’adapter à la culture française. Même mon dernier copain, un italien, ne l’a vraiment comprise. »

Je restais silencieux, le moral dans les chaussettes, car il me semblait qu’il n’y avait que deux explications possibles. Soit je suis si invisible que l’on peut dire tout ça devant moi en me connaissant sans se rendre compte à quel point je serais offensé, soit elle a compris exactement ce qu’elle disait mais a voulu m’envoyer un message. Au cas où, bien sûr, car rien ne s’est passé entre nous.

Je pensais à quitter l’événement en ce moment, mais j’ai fini par décider que ce serait pour le pire. En même temps, j’ai atteint ma limite. Je ne dérangerai plus personne avec une autre bûche américaine. La prochaine fois, j’apporterai des Twinkies.

« Tag » : ce livre qui…

J’ai vu ce tag chez La lectrice en robe jaune en octobre, et j’avais dit pour le « C’est le 1er » de novembre que j’allais y répondre après la Grande Fête du Tour. Nous voilà.

Couvertures de : Orthodoxie, L'Appel d'Am-Heh, L'espion qui venait du froid, Le second degré n'est qu'une température, et L'Arche de Noé​
Couvertures de : Orthodoxie, L’Appel d’Am-Heh, L’espion qui venait du froid, Le second degré n’est qu’une température, et L’Arche de Noé

Ce livre qui… est le premier que j’ai lu : Absolument impossible à dire en anglais ni en espagnol, mais en français, c’était Le second degré n’est qu’une température. Si celui-là ne compte pas, car c’est juste une série de blagues, puis L’Appel d’Am-Heh. En anglais, c’était probablement un truc de la série Dick & Jane pour apprendre à lire, où toutes les phrases ne font que 3 ou 4 mots. En espagnol, possiblement le recueil de Gabriel García Márquez L’Incroyable et Triste Histoire de la candide Eréndira et de sa grand-mère diabolique ou son roman L’amour aux temps du choléra. J’ai lu beaucoup de ce monsieur au lycée.

Ce livre qui… m’a fait le plus pleurer : Oh là là, probablement Tristana par Benito Pérez Galdós, sur une fille malchanceuse qui habite avec un ami de ses parents après leur décès, le diabolique Don Lope. Il la séduite, elle tombe amoureuse d’un peintre, puis elle perd une jambe, le peintre la quitte et sans personne au monde, elle épouse Don Lope juste pour avoir quelqu’un. C’était horrible. (J’ai dû le lire à la fac.)

Ce livre qui… a été relu plus de deux fois : Il n’y a pas de question — Dune. Je le relis toutes les 3 ou 4 années depuis le collège. C’est le meilleur. Mais j’ai aussi relu 1984 par Orwell 6 ou 7 fois à ce point.

Ce livre qui… attend toujours que je le finisse : Uh-oh, faut avouer toute ma PAL, hein ? L’Arche de Noé, par Marie-Madeleine Fourcade, m’attend sur mon appli Kindle pendant 2 ans et demi déjà. Nid d’espions à Canton par Guy-Roger Duvert attend aussi depuis trop longtemps. Plus récemment, La Signare de Gorée par Laura Rahme. Il y a une autre réponse qui vous fera perdre la tête, mais je la garde jusqu’en janvier. Comme vous allez tous rire !

Ce livre qui… est mon livre de chevet : Orthodoxie par G.K. Chesterton, le seul livre relu plus que Dune de ma vie. Ma copie depuis le lycée est dans un état pitoyable, mais c’est ce qui arrive quand on relit un livre plusieurs douzaines de fois. Il nous faudra en parler plus de M. Chesterton.

Ce livre qui… m’a déçu : Je ne peux pas dire Sandworms of Dune, même si on en a parlé, car je savais avant de l’ouvrir qu’il serait la nullité par excellence. Je choisirai donc Prélude à Fondation par Isaac Asimov. Tout le Cycle de Fondation se considère comme un chef-d’œuvre en anglais, et Asimov était une grande influence sur beaucoup d’écrivains de science-fiction, mais il écrivait ses humains comme des robots. Et dans ce livre, ça arrive au point où son personnage principal épouse un robot. (Je le ferais pour R. Dorothy Wayneright de la série anime The Big O, mais aucun autre robot.) Beaucoup trop de coïncidences « chanceuses » dans ce livre aussi ; une fois fini, j’ai dit « Non, mais sérieusement » (mais en anglais).

Ce livre qui… devrait être lu par tout le monde : Le Nommé Jeudi, par G.K. Chesterton. À la fois une dénonciation de la violence politique et l’un des livres les plus drôles que j’ai lus. Si on veut une suggestion moins « message », soit Le Dernier Restaurant avant la fin du monde par Douglas Adams soit L’espion qui venait du froid, le seul livre que j’ai lu sans un seul mot gaspillé.

Ce livre qui… est le dernier que j’ai lu : Backup par Guy-Roger Duvert. Mais c’était en anglais. Est-ce que ça compte ?

Moniteur de glycémie

Peut-être que vous vous souvenez de ma déception plus tôt cette année lorsqu’après 18 ans avec le même moniteur pour mon diabète, j’ai essayé quelque chose de nouveau — et ni l’appli ni le moniteur n’ont tenu leurs promesses de fonctionner en français. Je veux dire avant de continuer que je ne risquerais jamais ma santé pour ce qui suit, et que je crois sincèrement que c’est une amélioration pour d’autres raisons. Ça dit :

J’ai changé de lecteur car mon ancien coûtait des sommes de folie pour les bandelettes réactives, et quand j’ai découvert que la même entreprise vendait un lecteur qui coûterait la moitié pour le matériel, sans une vraie perte d’exactitude, j’étais ravi de faire le changement. Mais il y a trois mois, quand j’ai enfin eu l’opportunité de faire une comparaison entre le lecteur et les résultats du labo, j’étais tout sauf ravi. Puis j’ai lu des tests indépendants, et j’étais très déçu d’apprendre que LifeScan, la manufacture, avait vraiment perdu sa réputation pour qualité. Cependant, je passe maintenant 6 mois entre rendez-vous chez le médecin, et il me restait un bon stock de bandelettes, alors je n’ai rien fait à l’époque.

Cette semaine, j’ai enfin épuisé les vieilles bandelettes. Alors j’ai acheté un lecteur « Contour Next One« , censé être le seul qui réussite une erreur de +/- 10 % plus de 95 % du temps. En plus, les bandelettes ne coûtent que 38 centimes chacune, mieux que les 50 du dernier lecteur, et beaucoup mieux que les 1,30 $ de mon premier lecteur. Les chiffres ont toujours besoin de travail de ma part, mais ce n’est pas la faute au lecteur. Mais l’appli qui va avec, c’est le septième ciel. Vous allez vous moquer de moi, mais allons-y.

Quand j’ai lancé l’appli pour la première fois, les résultats n’étaient pas prometteurs. C’était tout en anglais, mais avec l’option de changer de langue. On verra :

Capture d'écran de l'appli Contour en anglais, qui demande langue et pays.

Un « OK » plus tard, oh là là, mais tout va pour le mieux pour une fois !

Capture d'écran de l'accueil de l'appli Contour

Ce que j’aime déjà, c’est qu’il n’y a pas de messages sur le moniteur lui-même, juste les chiffres. Ça rend la tâche de soutenir une appli plurilingue plus facile. Il y avait plusieurs autres pages de cette introduction :

Finalement, le moment de vérité — une fois je crée un compte, est-ce que l’appli me dira « On est aux États-Unis, parle l’espagnol, toi ! » ? L’autre truc l’a fait. (Ainsi que l’anglais, pour être clair.)

Capture d'écran pour créer un compte ou se connecter

Mais non ! Ils m’ont même envoyé un courriel bien écrit. Qu’est-ce qui arrive ? Ils veulent acheter ma fidélité, quoi ?

En plus, ce truc est très mal adapté aux goûts américains. Où est donc passée la soixante-dizaine de genres ? (Lien à un site médical bien réputé en anglais.)

Écran pour remplir le profil d'utilisateur avec deux choix pour le genre

Il me me dérange pas d’avouer comment je gère le diabète ; pas encore d’insuline pour moi, mais le nombre de cachets quotidiens a atteint sa limite.

Capture d'écran d'un profil rempli avec mon genre de diabète et quels médicaments je prends

J’aimais bien le tableau de mon ancienne appli de LifeScan, qui montrait environ dix jours de résultats à la fois, mais celle-ci a ses vertus. C’est très facile à lire , et j’aime que le symbole pour le jeûne est une pomme barrée. Moi aussi, je dis non aux fruits ! Bon, je plaisante.

Capture d'écran du dernier chiffre du lecteur, un bon taux de glycémie après une nuit de jeûne.

Pour être clair, toutes ces données sont juste pour moi. Ça fait 18 ans où je vis avec cette maladie et aucun de mes docteurs ne m’a jamais demandé de voir les résultats de mon lecteur. Ils ont leurs labos. Si mon docteur voulait suivre mes résultats, je n’hésiterais pas à tout gérer en anglais. Mais puisqu’il n’y en a pas besoin, c’est une opportunité pour tenter vivre encore plus de la vie 100 % en français.

Les 1 500 Coups de Foudre

Ça y est, on est arrivé à 1 500 articles en autant de jours, plus un. (Je l’ai vérifié avec une calculatrice.) Ça comprend une séquence de 896 jours de suite. (Les captures d’écran en bas sont des remplacements pour des temporaires avant la publication.) Je savais que ce jour arriverait ; or, après le Grand Bilan du Tour et la fin des 100 films, je me sens comme si j’ai déjà assez écrit dans ce registre pour l’année.

Pour les 500 posts du blog, j’ai annoncé le lancement de la balado. Les 1 000 posts était l’occasion d’une rétrospective. Au-delà d’une page Facebook (jamais lancée afin de ne rien signaler à mon ex), je n’ai pas envie de lancer un autre canal pour le blog — il n’y a pas assez de traffic sur Twitter, Instagram ou Spotify pour le justifier — alors que faire ?

Je suppose que l’on aura une autre rétrospective, mais de façon très différente. Tous les octobres, je vois une augmentation du trafic qui met grosso modo le niveau pour l’année à venir, car Google revalorise les sites. Cette année, ça veut dire que même des choses que j’avais oubliées sont trouvées par tel ou tel Internaute. Voici des pépites que vous ne connaissiez pas, ou avez probablement oubliées :

Le tuvoiement : J’ai une faiblesse pour inventer des mots en français, et ceci est l’un de mes préférés, après poubelletaine. Ceci était pour décrire l’expérience d’avoir des gens avec qui je fais des aller-retours entre le tutoiement et le vouvoiement, parfois dans la même conversation. Rien n’a changé, mais c’est amusant.

La manne céleste : Avant la disparition de myPanier (il existe toujours, mais seulement en ligne), j’aimais tellement y aller dans l’espoir de trouver telle ou telle nouveauté. Et parfois, si on annulait une commande, quelque chose de surprenant serait là. Ce jour-là, c’était un sac de Savaroises de St-Michel. Je tuerais pour un sac de Savaroises en ce moment.

L’humour Martine : Il me semble que je ne devrais même pas savoir que les livres de Martine existent. Après tout, le temps que j’aie commencé, j’étais déjà beaucoup trop vieux pour ces livres. Pourtant, j’ai fait partie de nombreux groupes qui partagent des parodies de leurs couvertures. (Ils disparaissent régulièrement, probablement à cause de plaintes venant de l’édition.)

Une astuce pour voyager aux États-Unis : Je ne suis pas opposé à notre système de pourboires pour les serveurs. Mais depuis le Covid, on a perdu tout sens. J’ai récemment vu un comptoir dans un resto, uniquement pour des commandes à emporter, qui demandait 20, 25 ou 30 % comme pourboire. Pour rien, à des employés qui gagnaient déjà le SMIC (le pourboire est censé être au lieu du SMIC). On n’a jamais autant payé pour si peu de service.

Parlons en japonais : J’ai expliqué la signification d’un t-shirt de mon premier cours de japonais. Il y a beaucoup de choses dans les archives ici qui n’ont rien à voir avec la France, mais valent quand même au moins un sourire.

À la pharmacie : Dans les griffes d’un rhume, j’ai fait un cauchemar sur ce qui m’arriverait en France si j’étais tombé malade. J’ai donc fait mes recherches sur les noms des médicaments. Sauf pour une catégorie qui sentait le piège.

Le mensonge de «Black Friday» : À cause de la Grande Fête du Tour, je ne pouvais pas revisiter ce billet injustement oublié, car écrit tout au début, la vérité derrière l’une des expressions que je déteste la plus en anglais. Suivi « comme le blanc sur le riz », comme on dit en anglais, par « Cyber Monday », et de nos jours « Cyber Week ».

Le vrai chez Tricatel : Impossible à sur-estimer l’influence de L’Aile ou la cuisse sur moi. Alors quand j’ai découvert que Jacques Tricatel était un très légèrement déguisé Jacques Borel, j’ai dû en savoir plus. Mon père et La Fille n’avaient aucune idée à quel point j’étais ravi quand nous avons dîné chez Courtepaille un soir, car cette entreprise est l’un des successeurs de M. Borel.

Mais je dois conclure en vous disant que vous avez tous raté la meilleure blague du blog lundi. Personne n’a écouté la balado, alors personne n’a entendu le nouveau slogan de la campagne de M. Descarottes :

Des carottes pour tous, et tous pour Descarottes.

Je pourrai écrire 1 500 billets de plus, mais je ne dépasserai jamais celle-là !

VoiceOver

Aujourd’hui, je ne serai que sérieux, enfin presque, car je veux sincèrement que tout le monde prenne quelque chose en compte. Ce que vous faites avec les infos suivantes est à vous, mais ça m’est important.

La semaine dernière, j’ai tenté le défi de la blogueuse Il Est Quelle Heure, de lire l’article lié ici avec l’aide de VoiceOver, la technologie d’iOS qui permet l’accessibilité aux lecteurs aveugles. Surtout, elle voulait que l’on essaie de lire le texte alternatif d’une photo de son chat. J’ai eu des aventures à cet égard, car activer cette technologie n’est pas grand-chose, mais la maîtriser, c’est tout autre histoire.

Photo du monument à Louis Braille au Panthéon
Monument à Louis Braille au Panthéon, ©️Justin Busch 2021

Pour ce qui suit, j’ai changé la langue de mon portable en français. Si vous voulez vivre le vrai cauchemar, faites comme ma première expérience, et gardez la mauvaise langue pour le portable par rapport aux textes lus en ligne. Ces technologies ne s’attendent pas à des cas de figure plurilingues, et liront les textes un caractère à la fois.

Alors, on va commencer par activer VoiceOver. Ça se trouve dans le menu d’accessibilité dans les réglages pour iOS :

Capture d'écran pour montrer où trouver VoiceOver

Une fois sélectionné, la vie va vite changer, car tout élément sur l’écran en fera partie. Dès que l’on active VoiceOver, il y aura beaucoup de nouvelles options. Vous voyez que « Parole » est sélectionné ? On va toucher deux fois — une fois sera désormais juste pour sélectionner, pas pour activer — et choisir la voix :

Capture d'écran des options Parole, Braille, etc.

La voix au début s’appelle Thomas. Je suis sûr qu’il est un chic type, mais pour mes buts, on va la changer. Je ne sais pas quelle soit la différence entre une Audrey de qualité et une Audrey premium, mais après quelques essais, j’ai fini par choisir Aurélie. Il y a longtemps, j’ai dit à La Fille que si je pouvais tout refaire, elle s’appellerait Aurélie. Non, je n’en connais pas une. J’aime le son, c’est tout. (Si vous avez lu cet autre billet soigneusement, peut-être que ce n’est pas toute l’histoire. Mais je l’ai dit bien avant.)

Capture d'écran du menu pour sélectionner une voix, dont Audrey, Aurélie et Thomas

De toute façon, je recommande fortement que vous suivez le tutoriel offert. Voici une petite vidéo du début pour mieux comprendre :

Même avec de l’expérience, vous pouvez voir que je rate souvent les gestes de balayer. Voici une autre courte vidéo, de naviguer au bon blog dans mes abonnements, puis de trouver l’article, puis de trouver l’image. Ça passe moins vite que d’hab, car VoiceOver soulignera chaque élément le long du chemin :

Vous aurez remarqué qu’il y avait deux descriptions de l’image. La première était en fait générée par une IA après avoir analysé les contenus. L’autre, c’était la légende, lue à haute voix.

Ouvrons maintenant le même article dans le navigateur Safari, pas au-dedans l’appli. Les choses changeront. Écoutez le texte lu par Aurélie, qui je vais mentionner autour de mon ex sans divulguer son identité :

C’est très différent de ce que l’on a entendu de ma chère Aurélie — l’IA ne savait pas que le chat de l’image s’appelait Stella. Ce que vous venez d’entendre cette fois, c’était le texte alternatif, écrit par l’autrice d’Il Est Quelle Heure afin de communiquer aux aveugles exactement ce qui est dans la photo. Peut-être que vous aurez remarqué que l’appli WordPress a sauté le texte alternatif — il est bien possible que j’aie raté un paramètre, mais je veux attirer votre attention vers quelque chose d’important. La légende avec le lapin était trompeuse. Si vous avez l’habitude de relier les légendes au texte du billet, et peut-être y faire des blagues — je le fais, certainement — ça pourrait tromper les lecteurs aveugles. Le texte alternatif, c’est pour eux.

Voici où trouver le texte alternatif pour l’ajouter à vos photos dans l’appli :

Capture d'écran des paramètres d'une image dans l'appli WordPress

Et au cas où vous utiliseriez la version web :

Capture d'écran de l'éditeur du bloc dans la version web

C’est la toute première chose au-dessous du titre « Réglages ».

Si vous avez joué n’importe quelle de ces vidéos, vous savez que VoiceOver recommence à nouveau à chaque fois où vous interagissez avec n’importe quel élément sur l’écran. Je suis sûr qu’un utilisateur plus doué que moi a des astuces pour réduire les diversions. J’avais déjà commencé à ajouter des textes alternatifs à partir du début novembre, mais cette expérience m’a vraiment enseigné l’importance pour ces lecteurs. Et je pouvais tricher en étant voyant !

Je ne trouve pas que ce soit un grand effort, mais ce sera différent pour chacun. Je ne ferai honte à personne qui laisse le texte vide. Mais pour moi, tous les lecteurs sont égaux, sauf pour ce nouvel abonné et ses confrères :

Capture d'écran d'un abonné dont le nom d'utilisateur est « Le meilleur maître marabout africain du monde entier »

Je fais donc tout ce que je peux pour les accueillir, et j’espère que vous penserez à faire pareil.

La carte d’homme

La Fille veut que j’écrive ce billet, même si l’on ne l’a pas discuté à l’avance. Il y a un sujet où nous sommes complètement en désaccord, et bien qu’elle ait tort, je ne sais pas si on parle de la même chose en France, au moins de même façon. Toutefois, je crois que même si je me trompe du vocabulaire, il n’y a pas d’homme au monde entier qui ne comprendra pas exactement de quoi je parle.

Carte d'identité californienne (modèle), fourni par le département de véhicules à moteur
Carte d’identité californienne (modèle), Photo par Department of Motor Vehicles, Domaine public

Mettons une scène hypothétique. Supposons que vous êtes au supermarché, et ne savez pas où trouver la poudre de perlimpinpin. On pourrait demander à un employé quel rayon chercher. Mais honnêtement, il n’y a jamais assez d’employés, et il est fort probable qu’une fois trouvé, le malheureux aille juste dire, « Je ne sais pas » ou pire « Faut que je le demande au gérant », et en plus vu que c’est une poudre, c’est probablement soit une aide de pâtisserie soit un produit de santé et je peux vérifier les deux rayons plus vite que ça, et si ce n’est pas là, je vérifierai le rayon d’épices, et ainsi de suite.

Si vous avez lu tout ce paragraphe en disant, « Mais c’est ridicule », vous êtes une femme. Si vous hochiez la tête tout le long du paragraphe précédent, félicitations, vous avez gardé votre carte d’homme.

Autre exemple : Vous êtes enfermé dans une toute petite pièce avec une bombe nucléaire qui explosera d’ici 10 minutes. Sur le sol est un scientifique, kidnappé par les mêmes terroristes que vous, gravement blessé mais toujours capable de parler. Sur la table, à côté de la bombe, est un livre intitulé « Manuel pour désactiver les bombes nucléaires », signé par le même scientifique, mais il fait 500 pages. Vous faites quoi ?

Si la réponse est « Demander de l’aide au scientifique », vous êtes une femme. Si vous dites plutôt, « Il n’y a pas de temps à perdre ! Faut que je m’en débrouille tout seul ! », votre carte d’homme reste valide.

Mieux vaut mourir dans une boule de feu que d…d…d…demander ! Beurk, je me sens tout sale juste pour l’avoir dit !

Vous avez sûrement une idée de quoi je parle, maintenant. En anglais, on parle de la « man card », une sorte de carte de membre en tant qu’homme. Ce n’est jamais imprimé, mais on peut quand même la perdre en faisant certaines choses. Demander de l’aide pour chercher quelque chose. Lire un mode d’emploi. Avouer que l’on ne sait pas quoi faire.

Il ne faut pas confondre ça avec le fait que nous refusons tous de l’aide dans les magasins quand on l’offre sans demande. De nos jours, il est impossible de flâner dans une grande surface sans qu’un vendeur s’impose. Ils veulent vous mettre de la pression pour acheter quelque chose. Les clientes féminines ne sont pas aussi dérangées par ça que les hommes, car elles sont plus sociables. Mais les clients masculins ne s’intéressent pas du tout aux avis des vendeurs, qui ne comprennent pas ça.

Il arrive souvent que La Fille et moi soyons quelque part tel que Home Depot (pensez à Leroy Merlin) ou Macy’s (pensez à Galeries Lafayette, mais seulement en dehors du Boulevard Haussmann). J’aurai du mal à trouver quoi que ce soit, et elle me dira, « Just ask » (Il suffit de demander). À chaque fois, je commence à faire des grimaces malades, tousser violemment et cracher les lettres « a-s-k » un par un. Elle insiste qu’il n’y a pas de telle chose qu’une carte d’homme, que je ne risque rien, et qu’en plus, je fais semblant de souffrir.

Mais elle dirait exactement ça. Elle est une fille, après tout. Et moi, je ne plaisanterais jamais sur de telles choses. Ça risquerait de me faire perdre ma carte d’homme !

Meurtres aux États-Unis

D’abord, un grand merci à vous tous pour avoir reçu l’article d’hier dans le bon esprit. J’ai entendu les nouvelles en conduisant pour le déjeuner, et j’ai tout écrit pendant l’heure suivante, en attirant des regards perplexes. Honnêtement, tout est parti de la première question qui m’est venue dans l’esprit — « Que ferait Dogbert dans ce cas ? — et dès que je me suis dit « Détourner la situation de la retraite à son avantage », le reste s’est écrit. Évidemment, je connais assez bien l’actualité, mais il y a toujours une certaine peur qui va avec tenter ce genre d’humour de l’étranger. Je voulais surtout ne pas me comporter comme John Oliver ou Trevor Noah, deux soi-disant humoristes à la télé ici, des immigrés les deux, qui méprisent tous les jours le pays où ils gagnent des millions de dollars. Il y a un public pour ça, malheureusement.

Mais mon sujet hier allait être sur les voisins en bas dont j’ai envie de faire sauter leur appartement. Ça détruirait le mien, un problème, mais comme ils le méritent, avec de la musique forte jusqu’à 1h30 tous les matins. Leur argent étant apparemment plus vert que le mien (expression américaine pour se plaindre d’être mal servi par rapport aux autres), il m’a fallu deux mois de demandes avant que la gérante ne leur ait dit quelque chose. Pourtant, et vous savez que je suis sérieux, je ne ferais jamais rien en réalité contre eux. Quelqu’un doit s’occuper de La Fille et de M. Descarottes, après tout.

Aujourd’hui, les cons de mon pays — je vous jure que ce n’est pas tout le monde, mais comme c’est difficile à croire en ce moment — fêtent un meurtre politique. J’ai essayé de vous dire en été que la moitié du pays croit aux meurtres politiques comme façon légitime d’avancer son programme. Je vous garantis que personne ne connaissait le nom Brian Thompson avant mercredi, sauf ses employés, mais beaucoup de monde sont ravis de son meurtre dans une rue new-yorkaise (lien vers Le Monde).

M. Thompson était PDG de l’une de nos plus grandes compagnies d’assurance de santé, UnitedHealth. Ma seule plainte sur l’entreprise, c’est que j’y ai passé un entretien d’embauche il y a une décennie, j’ai entendu que c’était une réussite, puis rien. Mais vu son domaine, beaucoup de monde ont une dent contre l’entreprise, car elle ne paye pas toutes les réclamations. (Expliquer pourquoi ça arrive est hors sujet cette fois. Mais c’est légal en général.)

Je ne dis pas que tout le monde devrait l’aimer. Mais il a laissé une veuve et deux enfants après avoir été fusillé 3 fois en derrière par quelqu’un qui semble être un pro. Au cas où ce ne serait pas clair, les balles ont eu les mots « deny », « defend », « depose » inscrits sur leurs cartouches, d’après un livre contre l’assurance privée (lien en anglais). On dit souvent ici, « Si tu n’as rien de gentil à dire, ne dis rien ». Au lieu de ça… je n’ai pas de mots, sauf que j’ai honte de partager un pays en commun avec ces types.

Voici la réponse de Taylor Lorenz, ancienne journaliste chez The New York Times et Washington Post, maintenant chez Vox. Ça dit « J’ai écrit sur le bazar de couverture des médias sur le manque de « civilité » et « respect » en ligne après la mort du PDG de United Health. » Le dessin avec l’étoile qui sourit ? « PDG descendu ». Et le titre de son article, « Oui, « nous » voulons que les cadres d’assurance meurent ». Pour être bien clair, elle condamne les condamnations.

Tweet sur BlueSky qui dit « J'ai écrit sur le bazar de couverture des médias sur le manque de "civilité" et "respect" en ligne après la mort du PDG de United Health. »
Capture d’écran

Voici un exemple complètement sans ambiguïté de quelqu’un qui dit « Les actions produisent des résultats » en réponse à une nouvelle qu’une compagnie d’assurances annulera une décision controversée après le meurtre :

Tweet sur BlueSky qui dit « Les actions produisent des résultats ».
Capture d’écran

Voici une professeure d’éthique à Saint Louis University, qui dit « Alors, je ne fête pas que le PDG de UHC a été fusillé dans la rue, je n’en suis pas triste non plus. Les gens méritent mieux que l’industrie d’assurance et les poulets sont rentrés. » Cette dernière expression veut dire que l’on a reçu les conséquences méritées de ses actions. Dit autrement, elle le trouve justifié et on peut ignorer le reste.

Alors, je ne fête pas que le PDG de UHC a été fusillé dans la rue, je n'en suis pas triste non plus. Les gens méritent mieux que l'industrie d'assurance et les poulets sont rentrés.
Capture d’écran

Il y a des milliers comme ceux-ci. Supposons qu’ils ont raison et que ce monsieur était responsable de milliers de morts. Qui a donné au tueur le droit de le fusiller dans la rue ? De risquer de blesser d’autres personnes ? De faire tout ça sans procès ? Si ce n’est pas un crime de tuer M. Thompson, ou de tenter d’assassiner un candidat présidentiel, pourquoi est-ce que la droite ne devrait pas faire pareil ?

Ces gens sont des monstres qui ne seront jamais heureux jusqu’à ce qu’il y aura une guerre civile. Et ils ont des postes d’influence.

Premier ministre

([J’avais planifié tout autre chose pour aujourd’hui, mais vu l’actualité française, M. Descarottes souhaite reprendre la parole. — Justin])

Bonjour, les amis, c’est votre cobaye préféré, M. Descarottes. J’ai entendu parler que vous êtes désormais à la recherche d’un nouveau premier ministre. Je suis sûr que vous vous ennuyez de ce tourbillon et aimeriez tous juste regarder Fort Boyard en paix. Mais en plus, vu que vous avez du mal à choisir entre la gauche et la droite, vous avez besoin d’un autre choix, quelqu’un qui n’est là que pour soi-même. Et, euh, pour vous.

Moi.

Une photo en gros-plan de M. Descarottes dans sa cage.
Le candidat

Mon programme ne sera rien d’autre que populaire. Disons qu’en anglais, on dit que les hommes politiques offrent un choix entre une carotte et un bâton (lien malheureusement en anglais), et moi, je suis expert en carottes. Alors, voici le programme du gouvernement Descarottes :

  • La retraite à 4 ans — Je trouve cet argument entre 63 et 64 ans ridicule. Aucun membre de ma famille n’a jamais atteint ses 10 ans, et mon prédécesseur est mort à l’âge de 18 mois. On va donc mettre en place une règle plus réaliste vu les besoins de mes parents.
  • La réforme agricole — Je suis bien au courant des plaintes des agriculteurs et je compatis. Je ne veux surtout pas qu’ils finissent comme leurs collègues dans les Pays-Bas. Le gouvernement Descarottes imposera donc un prix minimum de 120 % des prix actuels pour les légumes. Cependant, il faudra désormais pousser seulement les carottes et les laitues.
  • La réforme du Conseil — Il faut que la sobriété budgétaire commence au sein de mon gouvernement. En conséquence, je n’aurai que deux ministres, un âne et un serpent. Pourquoi ne pas avoir des vrais pour une fois ? Si vous avez besoin de traduction, leur porte-parole sera M. Laurent Gerra, car il est déjà expert en parler pour tout le gouvernement.
  • Relations étrangères — Il n’y aura pas de guerre en Europe sous mon gouvernement. Cependant, à partir du premier jour, nous serons en guerre contre le Pérou. Ça durera jusqu’à ce qu’ils reconnaissent les droits des cobayes et arrêtent de nous manger.
  • La réforme judiciaire — Depardieu et Palmade seront condamnés à nettoyer ma cage tous les jours, sans plus de procès. Ce sera télévisé sur LCP, et les publicités qui iront avec paieront la dette. Le gouvernement déménagera au ZooParc de Beauval au cas où ils finiraient trop vite.
  • La réforme fiscale — Même chose pour les acteurs qui ne payent pas leurs impôts. Depardieu ne s’en sortira vraiment pas !
  • La transition écologique — Il faut baisser la consommation d’électricité, mais n’étant un gouvernement ni de droite ni de gauche, la peine doit être partagée. Les médias de M. Bolloré et les concerts des rappeurs seront donc tous les deux interdits. Avec du temps, je crois que même leurs fans comprendront la sagesse de cet échange. En plus, l’équipe du PSG sera interdite de voler en jet privé, d’après la loi Mbappé du 10 décembre. (Je sais qu’il n’est plus là. C’est juste un hommage.)
  • Droits des animaux — Le Canard enchaîné peut continuer de se publier, mais il faut libérer les canards. Si le Dauphiné pouvait le faire, eux aussi.
  • Recherche scientifique — Je veux que nous soyons les chercheurs les plus prestigieux en génétique, car c’est l’avenir. Chaque département sera donc chargé de développer sa propre variété de carottes si une n’en existe pas déjà. Les AOP pour tous !
  • Liberté d’expression — Garantie comme avant, sauf que l’expression « les carottes sont cuites » sera interdite. C’est une pensée dégoûtante.

Mais je ne veux pas que vous pensiez que c’est juste un complot pour laisser le gros mettre les pieds en France. J’ai deux idées pour lui, à choisir par une vote pendant un téléthon (on va lui rendre utile pour un but caritatif ; je suis généreux comme ça). Est-ce que l’on va le renvoyer dans les terres australes avec rien à manger sauf des escargots, où il n’aura le droit qu’à donner des leçons d’anglais par Zoom ? Ou est-ce que l’on va le rattraper dans une boule en plastique à la frontière espagnole afin qu’il puisse voir la France sans y entrer, pendant que tout le monde lui parle en espagnol ?

Descarottes — 49.3 carottes dans les pots de chacun !

Cadeau d’anniversaire

Ce n’est pas le post que vous étiez censés voir ce matin. Malheureusement, plusieurs choses sont mal allées en ce qui concerne la surprise que je faisais. J’espère que je la posterai plus tard aujourd’hui. Heureusement, complètement par hasard, on m’a envoyé un cadeau d’anniversaire inattendu une semaine à l’avance (le bon jour, c’est le 22 novembre).

Deux tomes intitulés « Molière : Ses plus belle œuvres ».

Vous pouvez facilement reconnaître l’auteur ainsi que les contenus de ces deux tomes. Le truc surprenant, c’est qu’ils sont un cadeau de la part de mon frère cadet. Dire qu’il n’est pas fan de ce que je fais ici, c’est un euphémisme. Mais il serait également vrai de dire qu’il ne sait pas que le blog existe. C’est juste que je sais qu’il préférerait que je ne perde pas de temps avec ce qu’il trouve un rêve bête.

Mais je l’apprécie vraiment. Ce que vous ne savez pas, c’est qu’il y a 28 ans, il m’a donné un cadeau plutôt lié à celui-ci. C’était la traduction complète de « À la recherche de temps perdu ». Je regrette de vous dire que je ne l’ai jamais terminé. Ce n’était même pas proche. Je l’ai toujours et… j’allais cacher ceci jusqu’après la fin de la Grande Fête, mais j’avais planifié une nouvelle colonne hebdomadaire avec Proust en traduction anglaise. (Je ne suis pas assez ambitieux pour le lire en VO.) Mais maintenant, avec Molière ici, il me faudra penser à nouveau à quoi faire d’abord. Vos avis seront les bienvenus.

Il fera longtemps avant que je croie que c’est un rêve bizarre. Sérieusement.

Bon 4e anniversaire au blog

Il y a 4 ans aujourd’hui, j’ai publié mon premier post sur Un Coup de Foudre. Je n’arrive toujours pas à croire que ça fait 856 jours de suite (la capture d’écran vient d’hier), 831 664 mots (ce post pas compris), 243 posts avec des recettes (dont beaucoup du Tour avec plus qu’une — il y a probablement environ 300 recettes en total) — et un Tour des 101 départements, fini juste à temps.

Franchement, je suis épuisé.

D’habitude, les posts d’anniversaire ont deux choses en commun : un nouveau dessert (gâteau chocolat-framboise, Saint-Honoré, macarons « Montélimar ») et des réflexions de plus en plus mélancoliques sur l’avenir. Il n’y a pas de dessert cette fois, juste les réflexions.

L’année dernière, je vous ai écrit :

Pourtant, il reste le cas que ce sont largement des activités virtuelles. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais j’aimerais toujours que ce soit la vraie vie, non pas seulement des trucs que j’écris la nuit. Je ne sais pas comment changer ça en vivant à Elbe-en-Irvine, mais je ne vais nulle part. En repassant sur les autres anniversaires du blog, on peut voir que j’ai plus ou moins la même pensée à chaque fois. Au moins je suis cohérent.

Rien n’a changé. Je me dis souvent que j’écris sur deux choses : la France et moi-même. Tout blog est en quelque sorte l’histoire de son auteur ; on les lit parce que son point de vue nous intéresse. Vu ce qui est arrivé juste après minuit hier, je n’ose pas dire que la partie sur la France ne va pas :

Je l’apprécie vraiment, et je vous remercie. Mais si vous avez fait attention, vous savez que la partie personnelle…n’est pas une telle réussite. Je ne parle même pas des relations, même s’il m’énerve que la bise oblige certaines personnes de me toucher de façon qu’elles préféreraient évidemment ne pas faire. J’ai voulu mourir pendant un tel moment le week-end dernier. Je ne sais pas comment me sortir de ces situations. Mettez ça de côté.

Au premier anniversaire, je vous ai dit :

Je crois que je peux enfin vous dire le vrai secret du blog, qui est peut-être moins un secret que quelque chose dont il vous semble toujours que je plaisante. Je dis parfois que ce blog est la plus longue liste de courses au monde. Mais je cherche quoi exactement ?

Où habiter.

Avec la fin du Tour, j’ai ma réponse. Je l’ai depuis longtemps, honnêtement, mais si je pense que les deux dernières années au sein de l’OCA représentent mes efforts pour apprendre à vivre parmi vous, je dois les considérer un échec. Il m’a fallu deux ans juste pour créer assez de liens que l’on ferait du covoiturage avec moi ! Personne ne se débrouillera jamais dans la vie quotidienne là où il est étranger, pas comme ça. Je n’ose pas partager certaines choses des coulisses, mais je sais maintenant qu’il me faut traiter l’avenir comme si je dois commencer de zéro si j’arrive sur le sol français. C’était la leçon la plus dure de l’année.

Alors ce blog continuera sur son chemin planifié. J’ai certainement des plans — le blog sur la France m’a amené à des endroits que je n’ai jamais imaginé. Je ne sais toujours pas ce que j’espérais trouver quand j’ai ouvert Duolingo pour la première fois, mais après 4 ans, 100 films, et un Tour complet, le Coup de Foudre m’a sous son emprise plus que jamais. Mais si je veux que ce soit plus qu’un intérêt académique, je dois trouver un moyen pour réussir la vie parmi vous au-delà d’Internet.