Il est 0h50 quand je commence à écrire ce billet. Je viens de rentrer de San Diego, à 115 km de chez moi, où j’ai assisté à la réunion de 30 ans de ma classe au lycée. En 2023, je vous ai parlé des 25 ans de ma classe à l’université. Je sais que cette tradition n’existe pas en France, mais comme vous pouvez voir, elle existe à plusieurs niveaux de l’éducation ici. (Pour autant que je sache, aucune maternelle ne fait ça.)
Mes raisons pour être là sont compliquées. D’une part, j’ai de mauvais souvenirs de mes années lycéennes. D’autre part, si je réussis mon rêve de déménager une fois La Fille part pour la fac, cette fois aura été mon adieu à toutes ces personnes.
J’ai donc préparé une surprise pour le groupe :
Il y avait 3 boîtes identiques — je m’attendais à une trentaine de personnes.
Voici le type qui est allé avec les macarons :
Beurk, je ne peux guère le regarder. Il manque presque complètement de cheveux, le vieillard.
J’espérais que l’ancienne prof de français serait là, car elle se souvenait de moi la dernière fois bien que je n’aie jamais été un de ses élèves. Mon ancienne prof d’espagnol était là, et je lui ai montré le blog. Je veux être bien clair — ma prof d’espagnol était ma préférée au lycée, même si je voulais suivre plutôt le cours de français.
La première partie de la réunion a eu lieu au lycée lui-même. Voici deux photos :
La cour du bâtiment à droite était le lieu, et il y avait environ deux centaines de personnes, car tous les 5 ans ont eu leurs réunions — 1994, 1999, 2004, etc. Après, ma classe est partie pour le bar d’un hôtel pas loin du lycée, afin de continuer entre nous seuls. C’était au bar que j’ai sorti les macarons.
Je dois vous dire, ils ont été très bien reçus. Beaucoup de monde ont déjà vu certaines de mes pâtisseries sur Facebook, mais personne ne s’attendait à ce que j’en apporte ! Peut-être que je l’ai fait juste pour leur rendre jaloux. À vous de décider.
J’étais ravi d’y voir la tante de Sadie, la jeune fille qui a inspiré les collectes de plaquettes du blog (2022 et 2023, 2024). Je ne savais pas jusqu’à ce soir qu’elle lit parfois le blog ! Je la soutiens, alors elle me soutient. J’aurais dû le deviner — elle est l’une des meilleures personnes que je connaisse.
Je ne vais pas vous dire laquelle, mais je n’ai écouté qu’une chanson en boucle pendant tout l’aller-retour. C’était en français. On va la discuter plus tard.
Il me reste la prochaine réunion de ma fac en 2028. J’y irai, enfin, je crois. Mais je me sens enfin prêt à mettre le passé derrière moi.
Aujourd’hui, j’étais sur Amazon — .com, pas .fr — afin d’acheter un CD français indisponible sur iTunes, et où le prix chez la FNAC n’est pas moins cher que celui d’Amazon aux États-Unis. Vous n’avez aucune idée à quel point c’est choquant, ça — à cause des impôts pour les marchands, (presque) tout produit culturel français est moins cher pour moi chez la FNAC qu’ici. Mais le disque en question n’est pas trop récent, et les stocks sont bas partout.
Si vous voulez savoir lequel, vous pouvez visiter mon pauvre compte Instagram, où il y a un indice caché où personne ne l’a trouvé — le post le plus récent en ce moment. (J’ai un don pour trouver de nouvelles manières de me plaindre, n’est-ce pas ?) Laissez tomber — je suis très enthousiaste de cette découverte, comme beaucoup d’autres pistes que j’ai choisies pour le compte. Vous en entendrez parler plus tard.
Mais ce post est en fait sur quelque chose que j’ai vu pendant mon achat. Elle vous sera familière, mais quelque chose n’ira pas :
Ouais, c’est Prospérine Virgule-Point — en anglais. Il y a un échantillon sur Amazon — les trois premiers chapitres, alors j’ai jété un œil.
La première chose à dire, c’est qu’une traduction hyper-fidèle serait une erreur. Ce livre joue avec la langue française sur chaque page, et beaucoup s’en perdraient en traduction. (Puis-je écrire ça de cette façon, où dois-je écrire « beaucoup de choses se perdraient » ? C’est une question sincère.) Je ne suis quand même pas sûr si les choix que j’ai vus sont les bons.
Commençons avec le nom de notre héroïne. Virgule-Point est inattendu en soi ; le bon mot en français est point-virgule. Mais en tant que nom de famille qui s’était produit par un mariage, ça marche. En anglais, point-virgule se traduit par « semicolon » — littéralement, demi-deux points. Virgule veut dire « comma » et point veut dire « period », alors « Prosperine Comma-Period » aurait pu marcher — mais personne n’aurait compris la blague de la fusion de deux marques.
Pourtant, le choix ne fait pas une meilleure blague. En anglais, elle s’appelle « Prosperina Dash », et sa famille est l’union des « Emdash » et « endash » — c’est à dire « tiret cadratin » et « tiret demi-cadratin« . Une traduction en français de son nom en anglais serait donc « Prospérine Tiret » — et l’esprit du jeu de mots se perd.
Sa ville, plutôt qu’une traduction de « Demi-Mot », qui serait littéralement « half-word », est « Ellipsis », d’où le titre — mais ça veut dire points de suspension. Honoré Point-Virgule, le héros de l’histoire, devient « Honorius Hyphen ». Un « hyphen » est un trait d’union — mais ça commence aussi par une « h », qui garde un peu du sens de l’humour de l’originale.
Il y a des blagues de la part des traducteurs (il y en a deux) qui reflètent leur connaissance de la culture française. Le livre fictif au centre de l’histoire s’appelle « Peines perdues », et là, la référence est clairement au pain perdu. En anglais, le livre s’intitule « In Search of Lost Loves », d’après une autre œuvre bien connue, « In Search of Lost Time ». Peut-être que vous connaissez cette dernière sous un autre nom, « À la recherche du temps perdu ». Les défauts que j’ai mentionnés ci-dessus, ils sont clairement aux limites de l’anglais, car ces traducteurs connaissent évidemment leur sujet.
Est-ce que je vais l’acheter et le lire ? Enfin, je crois que non. Je connais déjà l’histoire, et le vrai goût de ce texte se trouve en VO, ce qui est VF en ce cas. Cependant, ça me donne envie à nouveau de faire l’expérience de lire un livre français en parallèle avec sa traduction, afin de parler des différences. En plus, on va bientôt parler d’un autre livre écrit par quelqu’une qui habite en France — mais qui l’a écrit en anglais. (Le livre n’est pas encore sorti — je l’ai pré-commandé.)
J’ai eu cette expérience une centaine de fois, d’être surpris par un titre familier dans une police familière — dans une langue inattendue. Venant des États-Unis, ça m’arrive avec nos films tous les jours. Mais je crois que c’est la première fois où j’ai eu cette expérience à l’envers !
Avant de me lancer, une note. Dès que je suis sorti du RER B près de l’Île de la Cité mon tout premier jour à Paris, je me suis dit « Vous êtes enfin à la maison pour la première fois de la vie », et je n’ai jamais perdu cette impression pendant toute cette semaine. Pourtant, je suis passé par de bons quartiers et…de moins bons quartiers. Rien n’a changé mon avis. En ce qui suit, on va parler de la seule fois où j’ai vraiment eu peur en France, un an plus tard.
À presque chaque fois où j’ai quelque chose de négatif à dire sur la France, je me sens obligé d’offrir mes excuses (2022, 2023). Il y a donc parfois des fois où je ne dis rien, même si ça donne la fausse impression que tout est de l’ensoleillement, des sucettes, et des arcs-en-ciel, comme dit une chanson en anglais. Et franchement, vu que j’ai su en 2022 que j’étais vraiment malheureux à cause de l’anglais, j’ai sauté les autres problèmes. Mais on est en Seine-Saint-Denis, le site du voyage fou, et ce dimanche-là était tout sauf agréable. Cette fois, ce n’est pas un commentaire ironique, genre « car j’ai dû quitter la France ». Mais c’est tout ce que j’ai dit sur cet aprèm — dans mon billet, je suis passé directement des Galeries Lafayette à l’avion :
Alors, qu’est-ce qui s’est passé en Seine-Saint-Denis ?
Je vous avais dit à l’époque que mon hôtel était l’Hôtel du Parc Roissy. Impossible d’être plus proche du RER B :
À la gare du RER, il y avait un panneau charmant. Je me surnomme depuis ce jour-là « Membre fier des autres ». (Pour être bien clair, je n’ai parlé à personne là. Mais j’ai une réputation à maintenir.)
Le plan était génial. Je volerais à CDG samedi, prendrais le RER B jusqu’à l’hôtel, y déposerais mon sac, prendrais le RER puis le métro aux Invalides, marcherais à mon resto, puis irais au stade. Après le concert, j’aurais un court trajet vers l’hôtel. Le matin, je laisserais mon sac à l’hôtel, prendrais le train vers Galeries Lafayette, faire mes achats là et à la FNAC, retourner dans le train pour chercher mon sac à l’hôtel, puis revenir à l’aéroport grâce au train.
Sauf que.
Sauf que dimanche matin, j’ai découvert que le RER B était fermé à cause de travaux. Super. C’est ici où j’ai fait ma première erreur. J’aurais dû porter mon sac avec moi afin de ne pas devoir le récupérer plus tard. Au lieu de ça, je suis parti dans un bus jusqu’à une station métro, d’où j’irais aux Galeries Lafayette. Je savais déjà qu’il me fallait annuler mes autres plans car le bus prendrait trop de temps. Mais il faut reconnaître deux autres erreurs ici.
D’abord, je n’ai jamais pris le bus tout seul de ma vie. Ce n’est pas comment on fait dans les villes telles qu’Elbe-en-Irvine, où les voitures sont la vie. L’autre chose…j’allais passer par des quartiers pas accueillants aux touristes. Connaissez-vous cette station ? À l’époque, moi non plus :
Voici ce qui arrive si vous recherchez « Porte de La Chapelle » en anglais sur le Goog (voilà, j’ai mon propre verlan, et vous ne connaissez personne comme moi !) :
Est-ce qu’un mot vous semble…familier ? Non, pas « Paris », M. Jours d’humeur — je sais sur qui je peux compter ! La 5ème suggestion. « Dangerous ». Oui, même les anglophones savent que ce quartier est dangereux. Et moi, j’y suis allé sans savoir RIEN.
Un employé du RATP à la station RER « Exposition Paris-Nord » m’avait dit de prendre le bus de l’arrêt en face de la rue jusqu’à la Porte de La Chapelle, puis prendre le métro aux Galeries Lafayette. Aveuglé par ma mission d’acheter du nougat ainsi qu’un cadeau pour La Fille, je n’ai pas pensé non plus au retour à l’aéroport.
Avec rien entre les mains en partant pour le centre-ville, personne ne m’a harcelé. Mais plus on s’approchait de Porte de La Chappelle, plus je me rendais compte que je n’avais rien de commun avec les autres passagers. On passait par des quartiers où un étranger n’est pas censé aller. J’aurais dû abandonner. Mais non. Je suis allé à Galléries Lafayette Haussmann, et je suis revenu avec des sacs portant leur nom ainsi que ceux de Pierre Hermé et Pierre Marcolini. Du luxe. Dans ce quartier décrit par Le Figaro comme ça :
La Porte de la Chapelle, station de la ligne 12 du métro située dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, concentre depuis des années des problèmes d’insécurité liés aux trafics de drogue et à des flux migratoires incontrôlés.
Avez-vous remarqué que je peux être vraiment con parfois ? ([Peux ? — M. Descarottes])
J’ai dû patienter une heure pour le prochain bus revenant vers le Parc des Expositions. C’était l’heure la plus longue de ma vie. Les yeux de chaque personne dans la queue, ainsi que les « SDF » de la rue, fixés sur mes sacs. Personne ne répondrait à mes questions si j’étais même au bon arrêt — il y en a 4 autour du métro (faut pas prendre les bus seul si vous n’êtes pas expérimenté !). En plus, j’avais gravement sous-estimé le temps.
Une fois revenu — enfin — à l’hôtel, j’ai récupéré mon sac et demandé au réceptionniste de m’appeler un taxi. Il m’a dit que ça prendrait au moins 45 minutes pour arriver. Mon vol décollerait en 2 1/2 heures.
Heureusement, avec l’appli Freenow, j’ai réussi à trouver une voiture. Je suis arrivé à CDG 1 1/2 heures avant mon vol, mais la queue de sécurité était vide, alors ce n’était pas un problème. Dans la queue pour monter dans l’avion, j’ai pris une photo de moi-même pour me rappeler mon attitude en ce moment. Je ne voulais pas quitter la France, c’était certain, mais je ne voulais plus jamais passer un autre jour comme celui-là.
Langue de Molière est annulée cette semaine pour une raison bizarre. Je me suis assis avec mon portable pour la rédiger et…je vous jure que mon dictionnaire avait une entrée sur laquelle la colonne entière aurait tourné. Le sujet ayant été complètement remis en question, on va parler sur ce que certaines personnes diraient s’est passé.
L’effet Mandela est le nom donné à un genre de faux souvenir. CNews — le premier résultat en français quand je l’ai recherché — l’explique comme ça :
Il se produit lorsque de nombreuses personnes sont persuadées qu’un événement a eu lieu, alors qu’en réalité, il ne s’est jamais produit, ou qu’elles partagent des croyances erronées.
Ce phénomène tire son nom du faux souvenir de la personne qui l’a nommé. Du même article :
L’«effet Mandela» fait référence à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela et opposant historique au régime de l’apartheid. Il a été baptisé ainsi et théorisé en 2010 par l’écrivaine américaine et chercheuse en paranormal Fiona Broome.
Comme beaucoup d’autres, cette dernière était persuadée que le fervent défenseur des droits de l’Homme était décédé en prison dans les années 1980, alors qu’il a été libéré en 1990, après vingt-sept ans de détention, et qu’il a rendu son dernier souffle en décembre 2013, à l’âge de 95 ans.
On parle donc de quelque chose dont on aurait jurée qu’il s’était produit. Et d’autres personnes peuvent même être d’accord — pourtant tous ont tort !
Un autre terme que l’on dit en anglais pour ça est « a glitch in the Matrix », qui se traduit apparemment plutôt littéralement par « un pépin/bug dans la matrice ». Ça vient du film Matrix, l’un des meilleurs de tous les temps sur une réalité fictive gérée par des ordinateurs afin de tromper l’humanité. Malheureusement, malgré le fait d’avoir été une réussite énorme, le film n’a jamais eu une suite. Au lieu de ça, les ordinateurs nous ont donné de faux souvenirs de deux des pires films de tous les temps, des bêtises sans qualités, afin de nous convaincre que le premier film était faux.
Vous voyez sûrement ce que j’ai fait, là. Évidemment, on est généralement d’accord que les suites Matrix Reloaded et Matrix Resurrections ont été tournés, sont sortis, etc. Mais je trouve ça assez horrible que je préfère croire que le premier film était un documentaire, et que les ordinateurs peuvent vraiment nous tromper de cette façon. Je vous dis parfois qu’il n’y avait jamais aucun film de James Bond avec un « Daniel Craig » pour la même raison. Mais comme les cigognes, sauf quand j’en parle à La Fille, j’avoue que ce n’est pas la réalité.
Je dis tout ça, et je crois grosso modo qu’il n’y a pas vraiment des « pépins » dans la réalité car pas de Matrix. Mais j’ai un souvenir qui me barre d’abandonner l’idée tout court.
En 1999, j’ai acheté un disque avec les génériques de tous les films de James Bond jusqu’à ce point :
Je me souviens bien d’avoir écouté ce disque dans la salle de sport de mon immeuble, avec un lecteur de disques portable, et que c’est comment je suis arrivé à croire que Surrender par k.d. lang aurait dû être le vrai générique de Demain ne meurt jamais (elle ne joue qu’à la fin du film). Je me souviens aussi d’avoir détesté la chanson The World is Not Enough par Garbage, du film Le monde ne suffit pas, et d’avoir sauté cette piste à chaque fois. Pourtant…
J’ai perdu le disque pendant une décennie. Quand je l’ai retrouvé dans une boîte dans mon appartement, c’était sans doute la version de 1999. Mais selon la liste de versions de cette disque (lien en anglais), mes souvenirs sont impossibles. La version de 1999 ne contient ni l’une ni l’autre de ces deux chansons, la version de 2002 n’a que celle de Garbage, et ce n’était qu’en 2008 qu’un disque avec la chanson de Mme Lang est sorti.
Toutes les preuves disent que je n’ai jamais eu un disque avec la chanson Surrender. Mais j’ai des souvenirs très clairs de ça — et avant cette histoire de dictionnaire, aucun autre exemple de ma vie où la réalité contredit si complètement mes souvenirs.
Je dis que je ne crois pas aux théories que la vie n’est qu’une simulation. Mais je me demande.
C’était une formalité, mais jeudi soir, j’ai assisté à une réunion du bureau de l’Orange County Accueil sur Zoom, où le premier point à l’ordre du jour a été l’élection pour être responsable du bulletin. Je suis heureux de vous dire que les voix ont été unanimes. Ça aurait été…intéressant…si l’on avait voté contre, n’est-ce pas ?
Puisque cette partie du site de l’association est publique, je ne trahis aucune confidentialité en vous montrant une capture d’écran ni un lien vers la page de « l’équipe » :
Si vous faites la comparaison entre ma photo et les autres sur la page, vous remarquerez quelques choses. D’abord, je suis le seul homme parmi tous, et j’ai remplacé une femme en plus. Ça me donne un autre point de vue sur certaines choses, car honnêtement, je ne l’avais pas remarqué avant. Ce serait le truc le plus américain au monde de ne pas vouloir ma présence dans un tel environnement.
Je ne dis pas que je suis d’accord avec ça, parce que ce n’est pas vrai. Mais je dirais peut-être que je comprends d’où vient le sentiment. Je n’ai vraiment pas envie de faire la polémique sur ce sujet dans ce post, parce que ça touche sur mes plaintes les plus graves sur mon pays natal.
On remarque peut-être que je n’ai pas choisi une photo de tête comme les autres. J’ai pensé à ça. En partie, cette photo est ma « marque » personnelle. Mais c’est aussi le cas que je veux toujours que tout le monde voie les paroles en français sur le t-shirt. Après avoir déjà écrit un numéro, j’ai déjà prouvé que j’en suis capable. Pourtant, je me sens toujours comme si je dois faire de la publicité à cet égard.
Autre chose à laquelle vous ne penseriez pas, mais qui attire mon attention — c’est le seul endroit où mon nom de famille apparaît en majuscules selon la façon européenne. On n’écrit pas les noms de famille comme ça aux États-Unis. Je ne sais même pas comment décrire l’expérience de le voir : dépaysant ? Déroutant ? Surprenant ?
J’avouerai quelque chose. L’année dernière, j’ai changé mon nom sur mon portable pour l’écrire de cette façon, et il reste comme ça :
C’est devenu une prise de tête car le navigateur remplit tous les formulaires en ligne selon ce qui est écrit là, et personne ne fait ça en anglais. D’autre part, certains logiciels le « corrigent » en version américaine — voici ce qui fait Ferrite, mon éditeur de podcasts :
Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait. Je voulais vous imiter, peut-être. Pourtant, même Air France n’écrit pas ses courriels comme ça — c’est pire :
« Mrs./Mr. » veut dire « Mme/M. » Comme quoi, ils n’ont pas l’info ? Il me semble que le truc avec le prénom et deuxième prénom sans espace est juste comment fait les compagnies aériennes de nos jours. Mais pas de nom de famille en majuscules tout de même.
Il y a une partie de moi qui ne le crois pas du tout. Qui crois que l’un de ces quatre, je me réveillerai en disant, « Êtes-vous dingue ? Ce n’est pas votre place ! » Pour vous donner un exemple de ce qui me dérange toujours à cet égard, tous les janviers il y a « L’Assemblée générale ». Je n’y ai jamais assisté. Pourquoi ? Parce que le consul français de Los Angeles y vient pour donner un discours, et il me semblait que c’était le « pont trop loin », même s’il n’y avait aucune question d’espionnage. Alors j’ai demandé si je devrais assister à la prochaine, et la réponse était oui, car tous les responsables doivent y présenter leurs candidatures à nouveau. Mais j’ai l’impression que je leur fais penser à des questions qui ne se sont jamais posées avant. Dit autrement, je serai surpris si j’y trouve les autres américains de naissance du groupe.
Quel qui arrive, je m’engage probablement jusqu’en 2028, quand La Fille aura ses 18 ans et partira pour la fac. J’espère qu’à ce point, je serai ailleurs. Mais ça, ce sera une autre histoire.
Vous vous attendiez à mon dîner altoséquanais, n’est-ce pas ? Mais ce soir, j’ai dû aller à une collecte pour le lycée de La Fille, et c’était aussi un dîner. Vous voyez, c’est deja la rentrée chez nous.
Je ne peux pas vous dire si c’est la rentrée ailleurs ici. Aux États-Unis, chaque comté a sa propre « school board », une comité de gestion des écoles, et garde son propre calendrier. Chaque état a ses propres règles en ce qui concerne le nombre de jours que les élèves doivent passer aux écoles, mais les dates sont très, très locales. Je vous promets, j’ai grandi dans un pays où la rentrée avait lieu en septembre, les bonbons de Halloween n’arrivaient sur les étagères qu’en même temps, et on pouvait remplir le réservoir de sa voiture avec un billet de 20 $. Je ne reconnais pas du tout celui-ci.
De toute façon, je ne peux pas vous montrer des photos de La Fille prête pour l’école ou le lycée lui-même. Mais, je vais vous raconter quelques anecdotes autour de cette rentrée.
La veille, La Fille m’a demandé de lui préparer un cookie géant. En retour, j’ai demandé si elle voulait celui de Cook&Record ou celui de Péla. Malgré le fait que le premier fait partie de nos vies depuis 2020, elle a choisi le cookie de Péla — pas surprenant car je vous ai dit, c’est mieux. J’ai publié une photo sur Instagram, mais seulement après avoir déjà servi plusieurs parts :
Mais naturellement, sur Instagram, j’ai dû choisir de la musique pour aller avec. Et j’ai choisi quoi ? Ceci :
J’ai mentionné « Sacré Charlemagne » avant, mais sans mentionner comment je l’ai trouvée. C’était mon groupe de nostalgiques des années 80, bien sûr, très tôt en 2020. Je ne suis pas devenu hyper-obsédé de France Gall, mais j’adore que pendant le XXe siècle, on pouvait avoir un tube dont le sujet était un roi du VIIIe siècle. Je ne peux même pas imaginer quelle serait la société anglophone où une telle chose était possible.
Je sais que vous êtes aussi curieux que moi, mais il s’est avéré que La Fille n’a pas été obligée de choisir un prénom français pour utiliser dans sa classe. En 5e, j’ai dû choisir un prénom espagnol, et jusqu’à maintenant, si on crie « Diego » autour de moi, je tourne la tête. Elle ne l’a pas trouvé drôle quand je lui ai envoyé un SMS pour suggérer qu’elle devrait choisir soit Chloé soit Cerise — deux méchantes de Miraculous ! Mais bien qu’Alya commence à devenir populaire, il n’y a personne nommée Juleka (Politologue n’a aucun résultat), et Marinette serait trop évidente. (Il m’étonne qu’il n’y ait pas de jeunes Marinettes en France à cause de Miraculous.)
Alors, la collecte. Une des tendances ici est d’avoir une nuit dans un resto où on montre une affiche aux caissiers, et le resto donne une partie des recettes à une organisation. En ce cas, c’est la fanfare du lycée, à laquelle La Fille s’intègre. La collecte a eu lieu chez Chipotle, une chaîne de restos rapides consacrée aux burritos — c’est une réussite énorme depuis 20 ans, et leur PDG vient de la quitter pour prendre le même poste chez Starbucks. Il s’avère que la chaîne a 6 restos en France (j’aimerais dire « location », mais vous m’avez convaincu que cette bataille est perdue). Puisque Chipotle n’existe chez vous au-delà de Paris et Lyon, j’ai pris quelques photos :
C’est l’intérieur typique de leurs restos — tout est en bois vieilli et aluminium brossé (regardez les tables), car il faut attirer les milléniales et seulement les milléniales :
Quand on commande un burrito, les serveurs mettent une tortilla dans une presse chauffée (l’outil circulaire sur le comptoir). Je ne sais pas pourquoi — les tortillas sont déjà faites, et ce n’est pas assez longtemps pour les réchauffer vraiment :
Puis on passe le long du comptoir avec le serveur — on choisit ses ingrédients et le serveur les met sur la tortilla, puis la plie en burrito à la fin :
J’aimais tellement y aller jusqu’en 2023. Cette année-là, ma commande habituelle est passée de 15 $ à 20 $, et ça, c’est un rapport qualité prix absolument inacceptable. Ça ne comprend ni chips ni service à table, et pour 20 $, je peux aller chez Rodrigo’s, où les deux sont compris et je suis bien aimé par l’équipe.
Mais tout n’était pas perdu. J’ai passé le bonjour au prof, qui a vu que sa nouvelle élève avait une famille qui participe aux collectes. Je veux qu’elle soit la chouchoute du prof, n’est-ce pas ?
Je vous ai dit dans le bilan de l’année dernière que je craignais que les statistiques de la balado étaient soit fausses soit exagérées.
Il faut faire face à la réalité. D’une part, il y a ça :
D’autre part, il y a ça, ce que je n’ai jamais vu avant lundi :
Je crois que Spotify a enfin réglé l’erreur que je craignais, où chaque visite d’un navigateur a été traité comme une lecture. Si j’ai raison, la situation est encore pire que je ne le croyais.
J’ai le cœur brisé. Vous voyez chaque semaine un fichier disponible dans un lecteur, mais derrière ça, il y a 3-5 heures de travail tous les dimanches pour trouver des blagues, écrire mes gros-titres, enregistrer le tout, et l’éditer. Malgré le manque total d’un budget et de l’aide, je crois que c’est un podcast produit au plus haut niveau possible sans ingénieurs ni le droit à de la musique.
J’ai lancé la balado pour pratiquer ma prononciation autant qu’autre chose, et je n’ai pas envie d’abandonner ce but. D’autre part, il m’étonne à quel point elle n’a pas réussi à trouver son public. Vos suggestions sont les bienvenues.
BONJOUR, les amis ! Ici Descarottes. Hier, c’était le meilleur jour de ma vie. Connaissez-vous la chanson de Noël « It’s the Most Wonderful Time of the Year » (C’est le temps le plus merveilleux de l’année) par Andy Williams ?
Pas d’excuses, vous devriez au moins connaître M. Williams car il s’est marié avec l’actrice française Claudine Longet. De toute façon, je chante maintenant « C’est le jour le plus merveilleux de ma vie » sur sa mélodie, car hier était si, siDÉLICIEUX. Encore plus que ces croquettes :
« Qu’est-ce qui s’est passé ? » vous demandez au cobaye de Beverly Hills. Alors vous souvenez-vous sûrement des mésaventures du gros avec son ordinateur, non ? Gardez ça dans la tête.
Hier après-midi, il a enfin nettoyé ma cage pour la première fois en neuf jours. Ça devrait être tous les jours pour une star comme moi, mais c’est si difficile de trouver un bon majordome de nos jours. Alors, il a demandé à La Fille de m’enlever de la cage, car il a trop peur pour le faire lui-même. Oh, comme j’attends ce moment depuis deux jours. Pourquoi ? Parce que j’avais déjà vu ce qu’elle allait découvrir. Excusez-moi un moment.
([BWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! — Moi])
Elle m’a enlevé de la cage, puis m’a apporté à la boîte où ils me gardent quand c’est le temps de vider la cage. Cette boîte se trouve à côté de la table dans la salle à manger. Là où il prend toutes les photos de la nourriture, mais aussi où il travaille sur son ordinateur quand il doit l’ouvrir. Puis elle a crié, « Papa, tu ne vas jamais croire ce qui est dans la boîte ! »
Ouais. C’était le câble perdu ! Il l’avait mis de côté en travaillant sur le vieux boîtier, puis il l’a poussé à travers la table en travaillant sur le nouveau. Je l’ai vu tomber, mais je n’ai rien dit. C’est le plus grand TLBM (tu l’as bien mérité) de tous. Les. TEMPS.
Ce qui est vraiment drôle, c’est qu’il vient de se faire livrer un remplacement, où les frais de livraison lui ont coûté plus cher que le câble ! Pourquoi ? Parce que le seul magasin pour ces trucs à moins de 30 km de chez lui ne les a pas — seulement des rallonges ! Les seuls moyens de les avoir sont d’acheter une alimentation, car les câbles vont avec, ou de les commander sur Internet.
Ça lui apprendra à ne pas nettoyer ma cage tous les jours ! Il aurait trouvé son câble deux jours plus tôt s’il avait l’habitude !
Au fait, j’ai une autre histoire pour vous raconter. La Fille lui a fait une farce. Elle lui a envoyé un texto pour lui demander comment écrire « je m’en fiche », en disant qu’elle ne connaissait pas la bonne orthographe. Lisez leur conversation ; elle apparaît sur les fonds gris :
Vous voyez comment il fait avec seulement moi et La Fille à la maison ? Et aucune adulte pour compatir ! Hihihihihihihi !
Aujourd’hui, j’ai fait quelque chose d’inhabituel — j’ai amené La Fille et 4 de ses amies à l’Orange County Fair, la Fête foraine du Comté d’Orange. Je ne peux pas poster des photos avec les enfants, mais ne vous inquiétez pas, j’ai planifié pour exactement ça.
Au lieu d’utiliser une traduction plutôt longue, je vais juste l’appeler l’OC Fair, comme on dit en anglais ici. Si ce qui suit vous paraît un peu familier, nous étions au même endroit l’année dernière pour visiter Centennial Farm.
La tradition de ce qu’on appelle « county fairs » est bien établie partout aux États-Unis, mais surtout au Midwest, car elles sont fortement liées à l’agriculture. Originalement, le but de ces événements était de servir en tant qu’exposition pour les agriculteurs. On jugerait les animaux et les légumes élevés par les producteurs, et c’était une forme de publicité pour eux. Mais avec du temps, des fêtes foraines ont apparus aux côtés des expositions, et de nos jours, bien que les producteurs viennent toujours, les horaires sont au profite des opérateurs des attractions. Je vous montrerai exactement de quoi je parle en bas.
Commençons donc avec les attractions. Chacun de ces trucs peut être plié pour transporter dans un ou plusieurs camions. On est loin du niveau de ce que l’on trouve chez Disneyland, mais les attractions des « fairs » ont leur propre charme :
Il y a un genre d’attraction très populaire aux États-Unis, dit « log flume ». Ça vient de l’industrie forestière, car c’était souvent le cas que l’on mettrait les grumes sur les rivières et les laisser flotter jusqu’aux villes où les scieries se trouvaient. Je ne suis pas fan, mais on les trouve partout à ce genre d’événement :
Vous n’hallucinez pas, ils appellent leur grande roue « La Grande » :
Un autre truc populaire est ce que l’on appelle une « funhouse » (littéralement « maison de divertissement »). Mon dictionnaire dit « palais des miroirs », et il y a souvent plein de miroirs au-dedans, mais pas seulement ça. Il y a souvent des choses effrayantes ou des défis physiques, comme des sols qui bougent. Remarquez les décorations avec des personnages dont les opérateurs n’ont certainement pas les droits d’auteur :
Il y a aussi tout genre de jeu où on pourrait gagner des peluches si les jeux n’étaient pas truqués :
Mais la chose pour laquelle les « county fairs » sont mieux connues, c’est la nourriture…hors de commune. Tout est géant, frit, ou une combinaison des deux. Regardez d’abord les « Twinkies frits », un Twinkie étant un petit gâteau fourré d’une « crème » 100 % artificielle :
Aimeriez-vous une pizza aux cornichons et aux Cheetos ?
Peut-être des cuisses de dinde vous tentent ?
Ou des horreurs à base de poitrine de bœuf, avec des frites. Ouais le panneau dit « sundae » avec du porc, du poulet, ou de la poitrine de bœuf :
Les « corn dogs » sont des hot-dogs frits dans une pâte de maïs :
Ils sont prêts à servir :
On y trouve aussi tout genre de cookies — frits, avec de la glace, etc. :
Je vous ai tourné un clip des environs :
Pour ceux qui ont des goûts mexicains, il y a des boissons dits « micheladas », de la bière avec du jus de fruits, des épices (surtout des piments), et du chamoy, une sauce de piments au vinaigre. Ici, le panneau dit « michelaguas » — les aguas frescas (eaux fraîches), étant un genre de jus de fruits :
Peut-être que je vous préparerai un « funnel cake », une sorte de pâte à beignets pochée dans de l’huile de friture :
Une des choses que l’on trouve à ces fêtes foraines, c’est des produits « artisanaux » pour emporter. J’étais anciennement fan des cinnamon rolls, mais c’était à 30 $ pour une boîte de 6, surgelés pour enfourner à la maison. À 45 $, ils peuvent les garder ; j’en préparerai mes propres !
Vous souvenez-vous de ce que j’ai dit en haut, que les fêtes foraines sont gérées pour les opérateurs d’attractions plutôt que les producteurs ? Sur les parois de la boutique de cinnamon rolls, il y a l’horaire annuel de son circuit. Vous pouvez y lire les noms de toutes les fêtes foraines en Californie — pensez-vous qu’il y a vraiment des producteurs qui veulent montrer leurs légumes en février ? Non :
Haute résolution en cliquant afin de le lire plus facilement
Mais j’ai une surprise pour vous pour terminer ce billet. Les filles ont déjeuné après la fête foraine, car elles étaient choquées par les prix — honnêtement, ce sont des enfants hyper-responsables malgré le fait qu’elles ont tous 14 ans. La Fille a des amies de qualité. Ce n’est pas la surprise ; je vous le mentionne juste pour expliquer le cadre de la photo suivante. Je vous ai dit lundi qu’un ami m’avait envoyé un cadeau. Je le porte dans cette photo. Cliquez si vous avez du mal à lire le t-shirt ;
En écrivant sur les Hauts-de-Seine, j’ai mentionné l’entreprise Louis Vuitton plusieurs fois. Aujourd’hui, je vais vous partager mon petite histoire avec eux. Ça va vous surprendre un peu, car s’il y a quelque chose pour laquelle je ne suis pas connue, c’est la mode.
Revenons d’abord aux années 80. Connaissez-vous la Coupe de l’America, une compétition de voile ? Pendant plus de 130 ans, cette trophée appartenait au New York Yacht Club, qui la défendait tous les 4 ans contre tout et n’importe quel challenger (sérieusement, il n’y a pas un mot d’origine française pour ça ?) de l’étranger. Eh bien, jusqu’à mes 7 ans. En 1983, l’homme le plus controversé de ma ville natale de San Diego, Dennis Conner, l’a perdue aux australiens. Cette même année-là, la coupe du concours pour gagner le droit de participer à la compétition, a été créée, la Coupe Louis-Vuitton.
Le concours de la Coupe Louis-Vuitton a lieu dans la même ville que la Coupe de l’America. Alors, vu qu’un club australien l’a gagnée en 1983, en 1987, les coupes de Louis-Vuitton et de l’America ont été gagnées à nouveau par M. Conner. (Vous n’avez aucune idée à quel point cet homme était détesté pour être la première personne à perdre face à une équipe étrangère dans l’histoire de la compétition. En plus, il n’avait vraiment pas assez d’argent pour ce sport.)
Alors, en 1992 et 1995, la Coupe Louis-Vuitton a eu lieu chez moi. M. Conner ne faisait pas partie de ces concours, étant le gagner de la Coupe de l’America en 1987 et 1992. Mais en 1995, il l’a perdue à nouveau, et depuis ce temps-là, San Diego n’a plus jamais fait partie de l’histoire de la voile. (Les équipes américaines sont désormais contrôlées par un milliardaire de Silicon Valley, Larry Ellison. Il a l’argent.)
Mais pendant une belle décennie, le nom Louis Vuitton et ses dessins, surtout le célèbre « Monogram », étaient partout à San Diego. Des panneaux d’affichage à partir d’un an avant le concours, des expositions au havre, près du club où les concours ont eu lieu — vous avez l’idée. J’ai bel et bien absorbé l’idée que la France était synonyme du luxe.
J’essaie parfois de vous convaincre que vous êtes beaucoup plus prestigieux aux États-Unis que vous ne le pensez. Je ne crois pas que c’était juste moi avec mes chefs-idoles et Louis Vuitton. Cependant vous étiez dans ma tête comme personne d’autre.
Puis, j’ai laissé tout tomber. Cette histoire est assez répétée ici qu’il n’y a pas besoin de la revisiter. Sauf pour une chose.
Je crains souvent que vous pensez tous que je suis une sorte d’homme riche et c’est loin de la vérité. Alors j’ai caché cette histoire depuis longtemps, et vous ne trouverez aucune photo de ce qui suit ailleurs sur Internet, au moins pas avec moi. Mais dans un acte de folie en 2013, après mon divorce, j’ai fait une bêtise que j’ai attendu les Hauts-de-Seine pour partager.
J’ai un « look » habituel depuis 30 ans déjà — des chemises façon « Polo » (plus souvent de la marque du même nom, mais pas toujours), des jeans, et soit des chaussures de la marque Ecco soit des baskets de la marque New Balance. En Californie, ça dit plutôt clairement « professionnel mais pas avocat, docteur ou comptable ». (Mais attention, nos avocats ne s’habillent pas en costumes avec des cravates non plus.)
Je ne me suis pas précipité pour plonger dans les applis de rencontres une fois séparé de Celle Qu’Il Faut Obéir (connaissez-vous les nouvelles de Rumpole par John Mortimer ?) en 2010. Il a fallu deux ans pour finaliser le processus, et je ressentais comme s’il serait trompeur d’essayer jusqu’à la fin, même si j’aurais préféré descendre en Enfer que revenir vers le cauchemar. Mais j’ai vite décidé qu’il me fallait faire quelque chose pour me rendre plus intéressant. J’ai donc commencé à hanter le magasin de Louis Vuitton à South Coast Plaza. Là, j’ai vu le plus beau coupe-vent au monde. Je me suis dit « Allez, vous allez économiser pour ça, et oui, il sera probablement parti le temps que ça arrive, mais peut-être qu’il y en aura un similaire. »
Je ne vais pas vous dire combien il a coûté, mais il m’a fallu deux ans et un peu plus. En janvier 2013, je suis revenu chez Louis Vuitton, et quel miracle, c’était toujours là ! J’ai pris une photo pour vous, mais pas avec moi :
J’espérais qu’avec ça, des têtes tourneraient. J’avais tort. (Ça m’étonne, là où Les Real Housewives d’Orange County a été tourné.) Je le porte parfois pour dîner chez Quattro Caffe, mais je vous promets, j’ai bien appris la leçon — on ne peut pas acheter de l’attention de cette façon.
Ni avec les pâtisseries non plus, mais c’est tout autre histoire.