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Soirée de jeux

Ce soir, j’ai assisté à une soirée de jeux d’ambiance avec l’OCA. Certaines personnes m’étaient déjà familières ; d’autres, toutes inconnues. Comme d’habitude avec leurs événements, je n’ai pas pris de photos. Mais oh là là, quelle aventure juste pour y arriver.

J’avais dit à la hôtesse que j’apporterais des macarons. Naturellement, après la réussite de la semaine dernière, je voulais refaire les macarons crème brûlée. Quelle boulette ! Jeudi soir, j’ai préparé la ganache avec du chocolat blanc Ghirardelli — une erreur — puis je me suis lancé dans les coques. Je ne vais même pas vous montrer les deux premiers lots ratés — la pâte était si molle qu’elle est trop vite tombée de la poche à douille — inutilisable. Voici mon troisième lot :

Non, je ne comprends pas comment je les ai ratées à ce point. Ma théorie est qu’il faisait trop chaud dans mon appartement, donc trop humide dans le four, mais ça n’explique pas les deux premiers lots. Alors, j’ai refait la pâte une quatrième fois avec de la meringue française, comme d’habitude. Mes coques à la vanille étaient une réussite complète. Les autres…pas autant. Voici quelques exemples du produit final :

Reconnaîtrez que ce sont les meilleurs exemples des coques jaunes. Elles avaient toutes des bulles. Je n’ai pas oublié comment faire les coques, mais quelque chose n’est pas allé. Mais la pire chose — vous voyez cette ganache ? Moooooooolle. Je dois vous dire — n’utilisez que du chocolat Valrhona avec cette recette. Peut-être que l’on peut en faire une bonne avec le chocolat Ghirardelli, ou un autre, mais pas avec les mêmes proportions. Et j’ai vu les résultats. J’ai apporté 3 douzaines à l’événement ; je suis revenu (je ne veux plus dire « rentrer ») avec 21. Pourtant, il y avait 12 personnes. Je sais. On les a goûtés, et ne les a pas trouvés à la hauteur.

Au-delà des macarons, j’ai rencontré un autre problème. On a joué à trois jeux différents. Deux des trois exigeaient un grand vocabulaire pour réussir vraiment. La hôtesse s’inquiétait un peu trop évidemment pour moi, et a dit à plusieurs fois que peut-être que quelque chose sera trop difficile. Je me sentais coupable. Il m’est important dans toutes les situations de ne pas être le fardeau qui pèse sur les autres. C’est moi qui voulais les rejoindre et donc ma responsabilité. En fait, je crois que les jeux se sont plutôt bien passés pour moi, mieux que ce à quoi on attendait.

On a joué à deux jeux qui viennent des États-Unis, et un que l’on ne trouve qu’en France. Le premier jeu de la soirée était « Telestrations« , où tout le monde reçoit un carnet avec une douzaine de pages, toutes des tableaux blancs. On écrit un mot sur la première page, et passe le carnet à la prochaine personne, qui doit le dessiner sur la deuxième page. Cette personne passe le carnet à une troisième personne, qui écrit sur la troisième page ce qu’elle pense est le bon mot vu le dessin de la deuxième page. Ça continue autour de la table. Vous avez l’idée. Je ne peux même pas un peu dessiner, mais j’en ai quand même profité.

Le prochain jeu, Mot Pour Mot, vient de la France. On fait deux équipes qui prennent des tours pour deviner un mot. Je laisse le vendeur l’expliquer :

À votre tour, trouvez vite un mot correspondant à la catégorie imposée puis déplacez chacune de ses lettres vers vous. La première équipe à capturer 6 lettres en les extirpant du plateau l’emporte!

J’ai contribué « montgolfière » à mon équipe. Peut-être pas trop inutile !

La dernière chose était « Good Luck » (Bonne chance en français). Ici, chaque personne écrits trois noms, que ce soient propres ou communs. On forme des équipes. Pendant la premier tour, on doit choisir un nom d’un chapeau, et faut le faire deviner à son équipe. La prochaine fois — toujours avec les mêmes mots — il faut les faire deviner à votre équipe en mimant. (Beaucoup plus simple si on se souvient des mois du 1er tour. La 3e fois, par moyen de dire un seul mot aux membres de son équipe. Encore une fois, il vaut la peine d’avoir fait attention pendant le 1er tour.

Avec ce dernier jeu, ils m’ont battu. Parmi les mots que je connaissais pas : pattemouille, jeannette, et salopette. Honnêtement, je n’entend que « Pat’Patrouille » avec le premier. J’avoue, la hôtesse avait raison ici.

Je ne sais pas ce que je fasse prochainement. Je ne suis pas le seul membre qui n’est pas né francophone, mais aux plus petits événements, c’est le cas. J’espérais que la pâtisserie mettrait les autres plus à l’aise avec moi, mais j’ai toujours l’impression que je n’ai toujours pas trouvé la bonne entrée.

L’expérience vaut quoi exactement ?

J’ai un ami que je connais depuis mon tout premier jour à la fac. Ça fait donc 29 ans que l’on se connaît. Il a immigré aux États-Unis quand il avait 12 ans. Une autre fois, peut-être que je vous raconterai plus de son histoire. Pour l’instant, disons juste qu’il a bien réussi sa vie ici, exactement ce que l’on appelle « the American Dream ». Mais de plus en plus, nous ne sommes plus d’accord sur quelque chose. Et cette chose est un peu le cœur de ce blog.

Ayant assisté à la même fac, et suivi de nombreux cours scientifiques, nous parlons la même langue quant à la chimie. Mais moi, je cuisine depuis la fac, et lui…il vient de préparer des pâtes pour la première fois il y a des mois. (Je ne plaisante même pas un peu ; il a lu un article sur le plat italien dit « cacio e pepe » et décidé que c’était assez simple pour préparer à la maison.) Le manque d’expérience ne l’empêche pas d’avoir des avis forts. Je essayerai de présenter ses avis de manière neutre.

L’année dernière, il a lu un article en anglais qui parle de cette polémique en Italie, provoqué par un scientifique, Giorgio Parisi — gagnant du prix Nobel en physique — qui a décidé qu’il sait mieux que le reste du pays faire cuire les pâtes. Il dit qu’on devrait plonger les pâtes dans l’eau bouillante puis couper le feu après deux minutes et couvrir la casserole. Ça fera des économies d’énergie et produira — selon lui — les mêmes résultats.

Pâtes, Photo par VinRock80, CC BY-SA 4.0

J’hésite à dire à un italien de naissance qu’il ne sait pas cuire des pâtes, mais je suis loin d’être le seul avec une réaction allergique. Un chef étoilé, Antonello Colonna, est cité dans le même article pour dire « Les spaghettis deviennent caoutchouteux quand le feu est éteint, la cuisson à froid est meilleure ».

J’ai peur de prononcer « caoutchouteux ».

Il faut reconnaître que ce débat a eu lieu au moment où l’expression « sobriété énergétique » était partout. Et franchement, s’il disait juste « Ça produira des résultats acceptables » plutôt que « C’est la même chose », je n’aurais pas de problème. Mais mon ami l’a entendu et décidé « Voilà, c’est la science, car c’est la même énergie dans le système. » Mais si on veut parler de la science, il y a trop de suppositions non-justifiées. Que la casserole est assez lourde pour ne pas perdre trop vite la chaleur, que les pâtes ont toutes besoin du même temps de cuisson, que les surfaces de cuisson refroidissent au même rythme — on ne peut pas du tout donner une règle telle que « couper le feu après deux minutes » qui couvre tous les cas !

Mon ex croyait que j’étais fou avec le micro-ondes, qu’il n’y avait aucune raison pour varier la puissance, juste le temps. « C’est la même quantité d’énergie » était l’argument chez elle aussi. Alors, faites fondre du chocolat noir et du chocolat blanc à puissance maximum pendant le même temps, puis dites-moi si les mêmes résultats se produisent. (Indice : le chocolat blanc sera brûlé.) Il faut savoir qu’il y a des différences, que le manque de solides de cacao veut dire un point de fusion plus bas.

Pour revenir vers mon ami, il dit maintenant que si on peut reproduire à la maison ce qui fait un resto, que le prix du resto n’est pas justifié. Je ne suis pas ici pour défendre toute et n’importe quelle augmentation de nos jours. Mais j’ai essayé de lui expliquer quelque chose, non pas pour la première fois. Quand j’ai commencé à faire des pâtes à la maison — feuilletée, à brioche, quelle que ce soit — je n’avais pas la moindre idée de ce que je faisais. Il faut les toucher, les travailler, voir la relation entre la pâte et ce qui sort du four pour comprendre vraiment si la pâte est bonne ou s’il faut l’ajuster. Ce que l’on ne peut pas faire est sortir une enveloppe, faire quelques calculs sur le dos avec plein d’hypothèses non-testées, et s’attendre à de bons résultats.

« Je prêche à la chorale », comme on dit en anglais. Les Français fêtent l’expérience tous les jours avec les CAP et les prix MOF. Mais vous avez aussi vu mes échecs, les macarons (regardez tout en bas), les gâteaux, et les cookies ratés. Peut-être qu’il faut avoir de l’expérience pour comprendre vraiment qu’il faut avoir de l’expérience.

La lettre d’amour parisienne

En 2012, j’ai rejoint un site appelé Quora. L’idée était que certains écriraient des questions et d’autres personnes — on espérait, bêtement, avec des connaissances utiles — les répondraient. Étant sur Internet, ça marchait exactement comme vous vous attendiez — des cons demandent des questions idiotes, et d’autres cons répondent de façon moitié non pertinent, moitié insultante. Puis, il y a les commentaires.

J’ai arrêté d’écrire sur Quora en anglais il y a longtemps, mais quand j’ai commencé â apprendre le français, je me suis lancé sur Quora en français. (Je suis aussi brièvement revenu sur Quora en anglais pour parler de mes expériences françaises.) Disons que ça m’a vite poussé à penser à un blog pour écrire. Quora en français est moins nul que Quora en anglais, mais on parle de petites différences. Mais de temps en temps, une question m’intéresse, et je fais l’erreur d’y répondre. Et oh là là, mais j’ai reçu une note d’enfer d’un parisien !

D’abord, la question et ce que j’ai écrit :

Source

Peut-être que vous aurez remarqué la raison pour écrire sur Quora — pendant à peu près deux semaines, cette courte réponse a autant de vues que tout ce blog en 3 ans ! Ceux qui me fréquentent reconnaissent sûrement que ce n’est qu’une plus petite version de mes pensées en revenant de mes vacances.

Bien que Quora cache les votes négatives, je sais que cette réponse était en général bien accueillie. Comment ? Parce que ça n’arrive qu’aux réponses avec de bonnes réactions :

Mais il y a des membres de l’équipe 1er degré encore plus forts que moi, et ce monsieur m’aime :

Bon, ça n’a pas trop à voir avec moi personnellement. Je suis habitué au fait qu’environ 10 % des internautes français inconnus que je rencontre me traitent comme une piñata pour décharger leurs sentiments chaleureux envers les américains. Franchement, pour autant que je ne l’aime pas, si seulement 10 % des inconnus sur Internet étaient de gros cons, on l’appellerait une réussite.

J’ai mordu à l’hameçon :

Saviez-vous qu’il y avait toujours des nobles en France ?

On lui a demandé de l’aide. La honte ! La lèse-majesté ! Comment ose-t-on le déranger quand il a un RER à prendre ? Mais j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un rapport alors j’ai répondu à sa question. Ça a provoqué plus d’insultes :

J’en ai enfin eu assez. Ce genre de haine envers les touristes est excessif. Et à ce point, je n’avais dit rien de personnel. Ce n’était pas mon meilleur moment, mais on doit accepter combien d’insultes avant de se défendre ?

Sa dernière réponse n’est pas la chose la plus malpolie que l’on m’a écrit sur Internet, mais ça doit être proche !

Je sais mieux qu’à dire « voilà, l’attitude parisienne ». C’est faux et je me souviens bien de mon premier voyage. Mais en même temps, monsieur travaille dur pour renforcer les stéréotypes !

Contrebandier de vanille

Plus tard cette semaine, je vais publier le dessert Coup de Foudre par excellence. Je peux dire ça sans hésiter, car c’est déjà fait, les photos sont toutes prises — il ne me reste rien à faire sauf écrire l’article. Trois articles en fait. Je vous dirai que ce sera mon dessert parisien. Mais je vous dois d’abord le « Je découvre » ainsi que le dîner. Seulement 5 personnes savent ce que j’ai fait, dont La Fille, qui l’a déjà goûté.

Mais il y a une histoire que je ne veux pas raconter dans ce post-là, car je m’attends à ce qu’il soit lu par certains qui ne connaissent pas mon sens de l’humour. Et il sera important de ne pas les offenser. Alors, je suis ici maintenant pour vous parler de ma carrière à venir, contrebandier de vanille.

J’ai déjà menacé de me lancer sur ce chemin quand j’ai dû acheter du piment d’Espelette pour mon dîner basco-béarnais. Certains produits sont vendus de façon identique aux drogues illégales — pour autant que je sache — par le gramme. Et il me semble que la vanille impose le modèle pour tous les autres.

Vous n’avez jamais vu que la vanille liquide chez moi. Quand je fais de la crème pâtissière, j’utilise toujours de la vanille liquide car : 1) c’est juste pour moi, et 2) le prix d’une bouteille de Nielsen-Massey, notre meilleure marque de vanille, est grosso modo le même qu’une boîte de deux gousses — ici — mais fait beaucoup plus de recettes que deux gousses. La recette de mille-feuilles de Laurène Lefèvre ne demande qu’une gousse pour 8 personnes.

Si on achète de la vanille en poudre chez Carrefour, il y a toute une gamme de prix. On peut acheter 7 grammes de Vahiné pour 5,55 €, soit 694 € le kilo. Les vrais gourmands peuvent acheter 4 grammes de Sainte-Lucie pour 7,90 €, soit 2 633 € le kilo. En France, la cocaine coûte 71 € le gramme, soit 71 000 € le kilo — mais la vanille, c’est légal. Ça vaut quelque chose.

J’ai acheté cette vanille en poudre :

Elle m’a coûté 20 $ / 26 grammes, soit 712 € le kilo. J’aurais pu aller chez Surfas pour une autre de deux fois plus chère. Mais vous voyez — si je peux convaincre les clients de Sainte-Lucie que les nôtres sont aussi bons, il suffira que je remplirai les poches de mon imperméable avec des boîtes de vanille, aller en France pour les revendre, et le billet d’avion se paiera !

Mais encore plus lucratif, c’est les gousses de vanille. Voici les miennes :

J’ai payé 15 $ pour chaque boîte de 2, alors 7,50 $ ou 6,95 € la gousse. Chez Carrefour, on trouve encore une gamme, mais la bonne direction est claire. Je peux acheter 3 gousses de vanille Vahiné pour 7,95 €, ou 2,65 € la gousse. Même les gousses les plus chères font environ 5,65 €. Pourtant, une gousse ne pèse que 2-3 grammes. On parle donc d’une valeur de 2 800 € le kilo en France, contre 3 500 € aux États-Unis.

Le choix est donc clair. J’achète 2 kg de la vanille en poudre aux États-Unis, et je les revends en France. Ça me donne 1 800 € net. J’achète 2 kg de gousses de vanille en France, je les revends aux États-Unis, c’est 1 400 € net de plus. Mon aller-retour est peut-être 900 € à chaque fois, et avec toute cette vanille dans les poches de mon imperméable, je ne paye même pas de frais pour une valise.

Je ne vois pas de problème. J’aime tellement cet avenir de contrebandier de vanille !

Le massacre de Maillé

Aujourd’hui, le 25 août, est l’anniversaire d’un crime de la Seconde Guerre mondiale, le massacre de Maillé en 1944. On parle d’un village de Touraine, pas proche des endroits stratégiques. En même temps, vu la date, presqu’au même moment que la libération de Paris, c’est bien clair que tout comme le massacre d’Oradour-sur-Glane, c’était une dernière opportunité pour infliger des cruautés à la population française. En ce qui suit, je suis les récits de la Maison du Souvenir de Maillé ainsi que des sources provenant de Wikipédia. Je remercie aussi France with Véro pour m’avoir appris cette histoire l’année dernière.

Contrairement à Oradour, il y avait un réseau de résistants lié au village. L’Abbé Henri Péan avait dirigé un réseau de son village de Draché, à moins de 4 km de Maillé. Il est difficile de dire qui l’avait dénoncé à la Gestapo ; ce qui est certain selon le témoignage du résistant André Goupille, c’est qu’un collabo a dit de lui :

Le curé de Draché est mort …. Je ne sais plus si c’est d’un œil arraché ou d’une pneumonie … C’est de sa faute, on ne pouvait le faire parler

On ne peut que remarquer la manière civilisée derrière ces mots. Mais ce qui compte, c’est qu’il menait la résistance très proche de Maillé. Bien qu’il soit mort en février 1944, c’était sa partie de la résistance soupçonnée de plusieurs actes en août qui a attiré l’attention des allemands. J’emprunte le récit à Wikipédia :

En août 1944, la ligne Paris-Bordeaux est sabotée trois fois près de Maillé. Le 11 août, les habitants aident un pilote canadien dont l’avion a été abattu à se cacher et à s’enfuir…Le 21 août, les Allemands interceptent un parachutage d’armes dans la région proche…Le 24 août au soir, des accrochages entre des FFI et des Allemands à bord de deux véhicules ont lieu à la ferme de Nimbré, au nord de la commune de Maillé, faisant probablement des victimes du côté des Allemands.

Massacre de Maillé

Donc le matin du 25, le Wehrmacht a encerclé le village pour empêcher le monde de fuir ou entrer. Il y a ceux qui disent que le Wehrmacht était les soldats « de métier », et que les crimes appartenaient à la SS et à la Gestapo. Mais c’était ces braves qui ont permis la Waffen-SS d’aller de maison en maison, tirant sur les habitants, même les enfants et les animaux. Puis pour le coup final, un canon Flak, une pièce d’artillerie de 88 mm comme celle en bas a tiré sur le village, 80 obus en total pour détruire 52 des 60 maisons.

Canon Flak 36, Photo par Rickard Ångman, CC BY-SA 3.0

Après la libération, seulement un officier a été jugé coupable, le sous-lieutenant Gustav Schlüter, condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1952. Naturellement, il est mort en 1965 en Allemagne sans enquête de leur part. Mais en tant que sous-lieutenant, il est peu probable qu’il ait organisé le massacre lui-même. Il n’existe pas trop de documents pour éclaircir exactement ce qui s’est passé. Mais si vous connaissez vos canons, les Flak étaient à la Luftwaffe, l’armée de l’air — on dit toujours « flak » en anglais en tant que métaphore pour des agressions verbales. Alors c’est probable que la Luftwaffe — aussi des soldats « de métier » — a participé au crime.

Le village a été reconstruit après la guerre, pas comme Oradour-sur-Glane. Avec peu de documents et très peu de dégâts qui restaient, le massacre est passé dans l’histoire sans être bien remarquée jusqu’aux années 70. À l’époque, un monument à été finalement érigé — je ne peux pas vous le montrer directement car le massacre reste assez inconnu qu’il n’y a pas de photos gratuites en ligne. Mais tous les ans, il y a une cérémonie au cimetière pour se souvenir des 124 victimes.

Le « hurriquake »

On l’aurait pensé la fin du monde. Un tremblement de terre s’est produit juste à temps pour l’arrivée de l’ouragan. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Voilà, le tremblement de terre :

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Avec de gros numéros rouges en plus !

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Mais en fait, ces numéros sont cinq fois rien. Comme je vous ai dit dans Mon guide aux tremblements de terre, on ne se réveille même pas pour les trois. Le cinq, c’était dérangeant pour ceux qui vivent proche de l’épicentre, mais chez moi, rien. Pourtant nos médias ont nommé la combinaison du tremblement et l’ouragan le « hurriquake » (hurricane + earthquake). Ne me croyez pas sur parole : voilà, voilà, et voilà.

Comme toute l’affaire, c’est une blague pourrie. Je pensais à tourner quelques petites vidéos pour vous dans mon immeuble. (J’ai déjà supprimé les données géographiques, désolé les harceleurs.) Voici dimanche après-midi et le début de la pluie. C’est bruyant, mais pas plus.

Et le soir ? Rien d’étonnant à exactement le moment où il était censé verser sur nous.

Lundi matin, il y avait si peu de pluie que je suis sorti sans veste :

Et le temps que l’après-midi soit arrivé ? C’est juste une photo car il n’y a même plus de l’eau par terre !

Pourtant, je sais quelles images vous avez vu en France. Un ami m’a envoyé une vidéo de France 3 qu’il avait enregistrée de sa télé. Voici une vidéo similaire de France 24 :

C’est exactement comme les émeutes de fin juin à l’envers. Nos médias nous a montré seulement des vidéos d’un pays enflammé. Mon père avait peur et pensait à annuler notre voyage en même temps que tous mes amis me rassuraient qu’il n’y aurait pas de problème. Je leur faisais confiance, et j’avais raison. Si la presse vous montre mes photos où rien n’arrive, ça va se vendre ? Bien sûr que non.

D’autre part, il ne faut pas dire que rien n’est arrivé non plus. Les images sont bien réelles. En 2020, il y avait une tendance aux États-Unis à nier les images de nos propres émeutes (le meilleur gros-titre de tous les temps : « des manifs fougueuses mais largement paisibles »). En vous montrant que rien n’est arrivé chez moi, ce n’est pas à dire qu’il n’y a de vrais dégâts nulle part.

Mais c’est absolument pour me moquer de nos médias. Le « hurriquake » ! La distance entre Ojai, l’épicentre, et Palm Springs, avec les pires inondations, est presque deux fois la distance d’Ojai à chez moi. C’est à dire que les inondations et le tremblement de terre étaient loin l’un de l’autre. (Je n’aime pas ce que j’ai écrit. Est-ce que ça devrait dire « les unes de l’autre » ? Les astuces que j’ai trouvées en ligne ne s’adressent pas à cette situation exacte.) Si vous entendez parler que des sites près de la côte comme Dodgers Stadium étaient inondés, cette un mensonge (lien en anglais).

Pour être bien clair, je ne me plains pas du fait que je vais bien. Mais il faut comprendre — pendant les trois jours avant l’arrivée de Hilary, tout le monde disait que ce serait une catastrophe sévère, parce que nous ne sommes pas du tout prêts pour un vrai ouragan. Notre architecture compte sur des tremblements, mais pas sur les inondations. Mais il y a une raison pour ça — les eaux de la Pacifique sont trop froides à nos latitudes. Nos voisins au Mexique sont moins chanceux à cet égard. Ils ont de vrais ouragans en Basse-Californie. Ici, nous avons bel et bien perdu la tête, et à la radio dimanche soir, j’entendais déjà des animateurs qui disaient « C’est mieux que nous avions tort, n’est-ce pas ? » Ben oui, mais il y a des limites au nombre de fois où on peut crier que le ciel va tomber sur la tête (en anglais, on dit que ça arrive du « petit poulet » ou Chicken Little).

La soirée tarot

Vous n’allez jamais croire ce que j’ai fait avec l’OCA hier soir. Moi, je suis toujours un peu surpris moi-même. Une fois par mois, un petit groupe — avec beaucoup des mêmes gens que je connais de mon groupe de cinéphiles, assistent à une « soirée tarot ». Mais il y a plusieurs choses que l’on peut faire avec ce genre de carte, dont la divination. Honnêtement, je ne savais pas à quoi je devais attendre.

Je n’ai pas de photos de l’évènement lui-même. C’était dans la maison d’un membre de l’OCA, et vous savez déjà que je ne partage jamais de photos de personne sans permission. Sa maison non plus.

Alors, on a joué à quelque chose un peu comme bridge, mais avec 5 enseignes au lieu de 4 — des carreaux, des piques, des cœurs, et des trèfles, ainsi qu’une série de cartes numérotées dite « atout », et une autre carte dite « l’excuse ». J’aurais du mal à vous donner plus de détails en ce moment, mais j’ai fait une promesse aux autres que j’étudierai avant la prochaine séance.

Et il y aura une prochaine pour moi. Je me sentais bel et bien perdu au début, mais ils étaient très gentils avec moi, comme toujours avec presque tout le monde chez l’OCA. J’adore vraiment ces gens. Je me sens toujours un peu l’étranger, parce qu’ils se connaissent tous depuis longtemps, et j’ai entendu parler de tous genres de choses dont je n’en fais partie. Mais dans le cadre du groupe, ils sont tous très accueillants. Je l’apprécie beaucoup.

Pour ma part, je savais que j’allais être le bienvenu pour une raison si rien d’autre. C’était quoi la seule demande des organisateurs ? Apporter un dessert. Je vous ai dit, j’ai une réputation. Dès que je suis entré dans la maison, on m’a demandé « Tu nous as apporté quoi cette fois ? » Ils savent.

C’est bon d’être mon ami, comme Le Parrain mais avec moins de meurtres. Plus de monde devraient l’essayer. Ils pourraient avoir des macarons gratuits. J’ai choisi le macaron Chloé du livre Macaron par Pierre Hermé pour mon projet. La ganache est au chocolat et à la framboise, mais la technique pour la faire est très différente de celle de Laurène Lefèvre. On doit aussi assécher des framboises pour faire toute la recette, et je ne l’ai pas fait. Les deux couleurs de coque non plus. Mais j’ai beaucoup appris en les faisant. Voici des photos :

Il faut bien bouillir vos framboises, et il aurait pu dire ça plus clairement. On veut les réduire, pas juste avoir des bulles. Il faut aussi mélanger le tout avec un batteur plongeant. Vous voyez de la crème liquide ? Moi non plus — et franchement, cette ganache est supérieure à toutes les autres que j’ai faites. Pierre Hermé est le roi, et c’est le nouveau standard chez moi.

Je vous dis souvent qu’il faut toujours être prêt à apprendre et ne pensiez jamais « j’ai tout maîtrisé ». Même Yann Couvreur dit ça.

De toute façon, voici mes coques. Ça fait 3 mois depuis mes derniers macarons. Quelques bulles de plus que j’aurais aimé, mais pas mal du tout :

Et un échantillon du produit final :

La prochaine fois, je ne ferai pas de macarons pour le groupe. C’était pas mon premier choix, mais j’ai décidé que le gâteau dans ma tête — le chocolat-framboise de Laurène — était trop petit. Et heureusement, je n’ai pas fait un marbré, car quelqu’un d’autre en a fait un. Je pense aux éclairs maintenant. Ce groupe n’a jamais plus de 10 personnes alors je peux faire des choses qui seraient trop difficiles pour 30.

Je vais publier la balado tôt demain (le post paraîtra à son heure habituelle). Il y a un risque que l’on va avoir une jolie coupure. En quoi est-ce différent de la Californie de 2001 ? Honnêtement, pas du tout. Mais avant ça, c’était une bonne soirée.

Le génie

Je vous ai déjà recommandé le compte Twitter de Méta-Brouteur, mais il y a des fois où un sujet mérite vraiment son propre article. Il y a deux autres raisons : 1) monsieur m’a bien fait rire hier, et 2) je suis en plein panique sur quel dessert à préparer pour mon groupe de l’OCA aujourd’hui. (Vous penseriez que ce serait facile, mais j’ai une réputation à tenir, et ça fait peur.) C’est donc bon quand quelqu’un d’autre fait le travail pour moi ! (Voilà, j’ai bien compris Tom Sawyer.)

Pour vous rappeler, Méta-Brouteur fait semblant d’être brouteur lui-même. Mais en fait, il leur apprend à faire des choses ridicules qui sont évidents à ceux qui vivent dans l’Hexagone où savent au moins utiliser Google.

Alors, commençons avec un fil de Twitter qu’il a posté hier. Il a dit qu’il allait aider monsieur à améliorer son profil :

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Peut-être que vous connaissez la jeune femme. Son « nom d’Internet » est en fait Thaïs d’Escufon, de son vrai nom Anne-Thaïs du Tertre. J’ai l’impression en lisant sa page Wikipédia qu’elle ne m’aimerait pas trop à cause de ne pas être français de souche, mais on fait ce que l’on peut, n’est-ce pas ? De toute façon, voici ce que « elle » s’appelle dans les mains de Méta-Brouteur :

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Thalys SNCF ! OMD ! Même moi, j’ai passé par assez de gares pour le comprendre !

Train Thalys, Photo par Clic, CC BY-SA 4.0

Toujours avec sa signature personnelle, un lieu impossible si on connaît même un peu la géographie française — Versailles en Savoie ! Les brouteurs se font avoir de cette façon à chaque fois car ils sont paresseux. Google est — dans ce contexte — votre ami.

Je vous cautionnerai que « Thalys » dit des choses que l’on ne trouverait jamais dans ces pages. Je vous dis parfois, c’est un blog « tous publics » sens plutôt La guerre des robots que Les Bisonours, mais absolument pas sens Peur sur la ville. Mais en lisant les tweets de son profil, j’ai ri.

Il y avait aussi cet échange avec un autre paresseux qui croit à tout et n’importe quoi :

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Il a préparé une sacrée surprise pour monsieur !

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Dites donc, même moi, j’ai entendu parler d’un site appelé « Jacky et Michel ». Je suis naïf comme très peu de monde, mais je lis assez de trucs sur les réseaux sociaux. Mais… je suis nul avec les visages dans les meilleurs cas. Je n’avais aucun espoir de reconnaître ce couple, mais j’étais certain qu’ils sont bien connus en France, car c’est le style de Méta-Brouteur. Alors, j’ai copié l’une des tweets :

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Puis j’ai demandé à quelques amis, « qui sont-ils ? ». La réponse m’est vite venue : Ségolène Royal et François Hollande.

À ce point, je dois avouer quelque chose. Je devrais reconnaître Mme Royal. « Mais pourquoi, Justin, ça fait déjà 16 ans depuis son tour en tant que candidat ? Vous ne lisiez pas nos journaux à l’époque ! » vous me dites. Et vous avez raison. Mais vous ne le saviez pas — en 2007, la presse américaine est tombée amoureuse de Mme Royal après son résultat dans le premier tour. Elle était à la une partout dans nos journaux, d’une façon que je n’ai jamais vu avant ou après pour n’importe quel candidat français. J’ai un avis sur la raison, mais ce n’est pas un blog sur la politique. Disons que ça avait probablement plus à voir avec notre premier tour à venir (à l’époque) qu’avec elle-même. Mais il suffit de dire que s’il y a quelqu’un que je devrais reconnaître, c’est bien elle.

Encore une fois, je ne vais pas publier exactement ce que ce compte dit avec le soi-disant aide de Méta-Brouteur, mais vous avez déjà le goût. Des échangistes !

On pourrait soupçonner que Méta-Brouteur crée de faux comptes lui-même. Mais je ne le crois pas. J’ai vu assez de son travail que je suis certain qu’il parle avec de vrais brouteurs qui cherchent de l’aide. Ses conversations avec eux sont souvent beaucoup plus longues qu’ici. Mais si même moi, à l’étranger, peut en tirer autant de fous rires, il vaut vraiment le temps pour quelqu’un qui a toutes les références de le lire !

Perdu

Quelques conversations pendant la dernière journée m’ont rappelé une certaine vérité.

Boussole, Photo par Jacek Halicki, CC BY-SA 4.0

Hier matin était le Jour-J de notre rentrée. J’aimerais tellement vous montrer la photo annuelle du premier jour, mais je n’ose pas le faire, parce que je n’ai pas le droit. Mais je l’ai quand même partagée sur Facebook avec quelques amis. L’un d’entre eux m’a demandé « Elle rentre en quelle classe ? »

J’allais répondre « La 8ème », puis je me suis souvenu : ce n’est pas comment on compte en français. Aux États-Unis, après la maternelle, dit « kindergarten », on passe de la 1ème à la 5ème dans l’école primaire, « elementary school », la 6ème à la 8ème au collège, « junior high school », puis finit au lycée (« high school ») de la 9ème jusqu’à la 12ème. Vous ne comptez pas l’école primaire de même façon du tout. Notre 1ème est le CP ; notre 5ème est le CM2. La seule année où c’est la même chose est la 6ème. Alors, La Fille vient de se lancer dans sa 4ème en France. J’ai dû chercher les conversions pour répondre à mon ami.

Puis j’ai vu le texte suivant dans un post chez Jours d’humeur :

En revanche, je ne me doutais pas qu’une frange bien précise de la population tirait autant la langue. Je pensais qu’ils étaient à l’abri des platées de coquillettes marque repère.

Pauvres d’eux

J’ai lu la deuxième phrase, ensuite je me suis dit « Punaise, c’est écrit dans une langue étrangère ! Je ne la comprends pas du tout ! » (Je viens de dépasser mes 500 000e mot ici le week-end dernier. On reviendra vers ce sujet en bas.) De toute façon, je ne savais pas ce qui voulait dire « platées », un mot que je n’ai jamais rencontré, mais en plus, je me suis complètement trompé de la structure. Je connais assez bien le mot « marque » — Louis Vuitton est une marque. Coca-Cola est une marque. Mais je n’ai pas compris « marque repère », et j’ai galéré à comprendre sa relation avec le reste. J’ai enfin demandé de l’aide à Google Traduction et reçu du vrai n’importe quoi :

Ça n’a aucun sens en anglais. J’essaye de ne pas demander souvent que veut dire quelque chose qu’un autre blogueur a écrit, car la responsabilité est à moi, mais j’étais perdu. Un de ses commentateurs me l’a expliqué. « Marque Repère » est une marque de Leclerc. Encore une fois, j’ai raté quelque chose à cause d’un manque de connaissances culturelles.

Mais ces 500 000 mots ont quelque chose à dire sur le sujet. En écrivant ce billet, YouTube m’a recommandé une vidéo — « 10 mots de remplissage pour faire semblant de parler le français ». Malgré le titre anglais de la vidéo, c’est tout en français, par une Française :

Je les utilise tous, merci, et je crois que c’est d’une façon naturelle en plus. Aucun logiciel ou prof ne me les a appris — ce ne sont pas la matière des manuels.

Mais toutes ces pépites ont quelque chose en commun — que je les connaisse ou pas est presque aléatoire. Je n’ai plus de plan pour m’éduquer. Au passé, pour emprunter un dicton à notre ancien ministre de défense, Donald Rumsfeld, je savais ce que je ne savais pas. C’était assez facile de suivre des cours avec les logiciels, de regarder mes films, d’écouter ma musique, etc. Mais ce plan est largement fini. On dit que les niveaux C1 et C2 ne reflètent pas plus de temps à l’école, mais l’expérience de vivre la langue. De plus en plus, je le vois.

Je croyais que la réponse serait de rejoindre autant d’associations que possible. Cette idée de génie a ses propres problèmes. Vous souvenez-vous de la dernière fois où j’ai mentionné un événement ? Ouais, en mars. J’en aurai enfin un nouveau ce week-end, mais pas avec les cinéphiles. (Au fait, il me faudra préparer un dessert.) Tout cela, c’est à dire qu’en ce moment, je me sens plus qu’un peu perdu.

La meilleure coïncidence au monde

Hier, dans une certaine blague que personne n’a évidemment écoutée, j’ai mentionné l’équipe de baseball que je déteste la plus, les Dodgers de Los Angeles. Enfin, c’est probablement la deuxième après les Yankees de New York, mais les Yankees sont l’équipe la plus détestée par tout le monde qui n’est pas lié à New York. Mais les Yankees — un ancien joueur, en particulier — sont responsables de mon fait préféré de toute la langue française. En fait, grâce à Facebook, je sais que j’ai appris ce fait le 5 juin 2020.

À cause du fait que toutes les chaînes de télé font la majorité de leurs affaires sur la Côte Est, et que les horaires de télé sont organisés pour convenir aux habitants de la Côte Est, les équipes de la Côte Est sont toujours surestimées. C’est un effet bien connu depuis des décennies que les joueurs des équipes de la Côte Ouest reçoivent moins de votes pour les nombreux prix individuels à cause du fait que les électeurs qui habitent sur la Côte Est ne voient pas leurs jeux. On l’appelle « East Coast bias, » le biais vers la Côte Est. Ne me croyez pas sur parole. Wikipedia en anglais offre de nombreux liens sur le sujet.

De loin, le pire exemple de ce biais est un ancien joueur des Yankees. Je vais cacher son nom en vous expliquant la situation. En 2020, ce type a été élu membre du Temple de la renommée du baseball avec la deuxième plus grande quantité de votes de tous les temps. Plus de votes que Babe Ruth, le meilleur joueur de tous les temps (aussi un Yankee). Plus de votes que Willie Mays, qui avait de meilleurs statistiques que cet homme dans chaque catégorie. Je considère le fait de cette élection le plus grand scandale de tout baseball (hormis les drogues ou les paris illégaux). Pourquoi ?

Parce que ce type était le pire joueur défensif de tous les temps.

Il jouait court-arrêt (shortstop), la position la plus difficile de tous. Alors « pire » est une idée relative. Mais ce qu’il vous faut comprendre, c’est qu’on juge la valeur d’un joueur par deux choses : en tant que frappeur et en tant que défenseur. Il y a peut-être 300 joueurs au monde entier qui peuvent frapper au moins 20 coups de circuit par année. Ce numéro n’est pas mal ! Mais. D’entre eux, la moitié sont nuls en tant que défenseurs. Ils peuvent jouer au premier but ou au champ droit, les positions les plus faciles. On estime donc qu’un joueur qui peut frapper 20 circuits par année en jouant arrêt-court vaut plus qu’un joueur qui fait la même chose au champ droit.

Mais quand je vous dis ça, c’est avec l’idée que le joueur a au moins un niveau moyen en jouant à leur position. Quelqu’un qui est particulièrement surdoué ou sous-doué en tant que défenseur peut changer le calcul.

Il y a plusieurs outils pour mesurer la valeur d’un joueur en tant que défenseur. Mais vous ne voulez pas un cours magistral sur le sujet. Il suffit de dire qu’ils sont tous d’accord que ce monsieur est le pire de tous les temps ; voici un lien vers « defensive runs saved » (points empêchés en tant que défenseur). Une valeur positive veut dire que le joueur a gagné des points pour son équipe ; une négative veut dire qu’il a coûté son équipe des points. Ce monsieur a de loin la valeur la plus négative de tous les temps, -162. Le deuxième pire joueur ? -100 !

Évidemment, ce monsieur valait beaucoup plus en tant que frappeur. Mais s’il avait joué au champ droit, il y a un risque qu’il n’aurait jamais élu au Temple de la renommée, parce que sa contribution en tant que frappeur aurait été considéré moins valable. Alors, quel est le nom de ce monsieur, ce qui me fait rire comme rien d’autre ?

Derek Jeter.

HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !

J’aurai des larmes aux yeux pour le reste de ma vie à cause de ce fait !

Oui, je dois avouer qu’il ne le prononce pas de même façon. Peu importe. Il n’y aura jamais de meilleure coïncidence nulle part ailleurs.

(Crédit de photo de couverture : Champ de baseball à San Diego, Domaine public)