Soirée de jeux

Ce soir, j’ai assisté à une soirée de jeux d’ambiance avec l’OCA. Certaines personnes m’étaient déjà familières ; d’autres, toutes inconnues. Comme d’habitude avec leurs événements, je n’ai pas pris de photos. Mais oh là là, quelle aventure juste pour y arriver.

J’avais dit à la hôtesse que j’apporterais des macarons. Naturellement, après la réussite de la semaine dernière, je voulais refaire les macarons crème brûlée. Quelle boulette ! Jeudi soir, j’ai préparé la ganache avec du chocolat blanc Ghirardelli — une erreur — puis je me suis lancé dans les coques. Je ne vais même pas vous montrer les deux premiers lots ratés — la pâte était si molle qu’elle est trop vite tombée de la poche à douille — inutilisable. Voici mon troisième lot :

Non, je ne comprends pas comment je les ai ratées à ce point. Ma théorie est qu’il faisait trop chaud dans mon appartement, donc trop humide dans le four, mais ça n’explique pas les deux premiers lots. Alors, j’ai refait la pâte une quatrième fois avec de la meringue française, comme d’habitude. Mes coques à la vanille étaient une réussite complète. Les autres…pas autant. Voici quelques exemples du produit final :

Reconnaîtrez que ce sont les meilleurs exemples des coques jaunes. Elles avaient toutes des bulles. Je n’ai pas oublié comment faire les coques, mais quelque chose n’est pas allé. Mais la pire chose — vous voyez cette ganache ? Moooooooolle. Je dois vous dire — n’utilisez que du chocolat Valrhona avec cette recette. Peut-être que l’on peut en faire une bonne avec le chocolat Ghirardelli, ou un autre, mais pas avec les mêmes proportions. Et j’ai vu les résultats. J’ai apporté 3 douzaines à l’événement ; je suis revenu (je ne veux plus dire « rentrer ») avec 21. Pourtant, il y avait 12 personnes. Je sais. On les a goûtés, et ne les a pas trouvés à la hauteur.

Au-delà des macarons, j’ai rencontré un autre problème. On a joué à trois jeux différents. Deux des trois exigeaient un grand vocabulaire pour réussir vraiment. La hôtesse s’inquiétait un peu trop évidemment pour moi, et a dit à plusieurs fois que peut-être que quelque chose sera trop difficile. Je me sentais coupable. Il m’est important dans toutes les situations de ne pas être le fardeau qui pèse sur les autres. C’est moi qui voulais les rejoindre et donc ma responsabilité. En fait, je crois que les jeux se sont plutôt bien passés pour moi, mieux que ce à quoi on attendait.

On a joué à deux jeux qui viennent des États-Unis, et un que l’on ne trouve qu’en France. Le premier jeu de la soirée était « Telestrations« , où tout le monde reçoit un carnet avec une douzaine de pages, toutes des tableaux blancs. On écrit un mot sur la première page, et passe le carnet à la prochaine personne, qui doit le dessiner sur la deuxième page. Cette personne passe le carnet à une troisième personne, qui écrit sur la troisième page ce qu’elle pense est le bon mot vu le dessin de la deuxième page. Ça continue autour de la table. Vous avez l’idée. Je ne peux même pas un peu dessiner, mais j’en ai quand même profité.

Le prochain jeu, Mot Pour Mot, vient de la France. On fait deux équipes qui prennent des tours pour deviner un mot. Je laisse le vendeur l’expliquer :

À votre tour, trouvez vite un mot correspondant à la catégorie imposée puis déplacez chacune de ses lettres vers vous. La première équipe à capturer 6 lettres en les extirpant du plateau l’emporte!

J’ai contribué « montgolfière » à mon équipe. Peut-être pas trop inutile !

La dernière chose était « Good Luck » (Bonne chance en français). Ici, chaque personne écrits trois noms, que ce soient propres ou communs. On forme des équipes. Pendant la premier tour, on doit choisir un nom d’un chapeau, et faut le faire deviner à son équipe. La prochaine fois — toujours avec les mêmes mots — il faut les faire deviner à votre équipe en mimant. (Beaucoup plus simple si on se souvient des mois du 1er tour. La 3e fois, par moyen de dire un seul mot aux membres de son équipe. Encore une fois, il vaut la peine d’avoir fait attention pendant le 1er tour.

Avec ce dernier jeu, ils m’ont battu. Parmi les mots que je connaissais pas : pattemouille, jeannette, et salopette. Honnêtement, je n’entend que « Pat’Patrouille » avec le premier. J’avoue, la hôtesse avait raison ici.

Je ne sais pas ce que je fasse prochainement. Je ne suis pas le seul membre qui n’est pas né francophone, mais aux plus petits événements, c’est le cas. J’espérais que la pâtisserie mettrait les autres plus à l’aise avec moi, mais j’ai toujours l’impression que je n’ai toujours pas trouvé la bonne entrée.

L’expérience vaut quoi exactement ?

J’ai un ami que je connais depuis mon tout premier jour à la fac. Ça fait donc 29 ans que l’on se connaît. Il a immigré aux États-Unis quand il avait 12 ans. Une autre fois, peut-être que je vous raconterai plus de son histoire. Pour l’instant, disons juste qu’il a bien réussi sa vie ici, exactement ce que l’on appelle « the American Dream ». Mais de plus en plus, nous ne sommes plus d’accord sur quelque chose. Et cette chose est un peu le cœur de ce blog.

Ayant assisté à la même fac, et suivi de nombreux cours scientifiques, nous parlons la même langue quant à la chimie. Mais moi, je cuisine depuis la fac, et lui…il vient de préparer des pâtes pour la première fois il y a des mois. (Je ne plaisante même pas un peu ; il a lu un article sur le plat italien dit « cacio e pepe » et décidé que c’était assez simple pour préparer à la maison.) Le manque d’expérience ne l’empêche pas d’avoir des avis forts. Je essayerai de présenter ses avis de manière neutre.

L’année dernière, il a lu un article en anglais qui parle de cette polémique en Italie, provoqué par un scientifique, Giorgio Parisi — gagnant du prix Nobel en physique — qui a décidé qu’il sait mieux que le reste du pays faire cuire les pâtes. Il dit qu’on devrait plonger les pâtes dans l’eau bouillante puis couper le feu après deux minutes et couvrir la casserole. Ça fera des économies d’énergie et produira — selon lui — les mêmes résultats.

Pâtes, Photo par VinRock80, CC BY-SA 4.0

J’hésite à dire à un italien de naissance qu’il ne sait pas cuire des pâtes, mais je suis loin d’être le seul avec une réaction allergique. Un chef étoilé, Antonello Colonna, est cité dans le même article pour dire « Les spaghettis deviennent caoutchouteux quand le feu est éteint, la cuisson à froid est meilleure ».

J’ai peur de prononcer « caoutchouteux ».

Il faut reconnaître que ce débat a eu lieu au moment où l’expression « sobriété énergétique » était partout. Et franchement, s’il disait juste « Ça produira des résultats acceptables » plutôt que « C’est la même chose », je n’aurais pas de problème. Mais mon ami l’a entendu et décidé « Voilà, c’est la science, car c’est la même énergie dans le système. » Mais si on veut parler de la science, il y a trop de suppositions non-justifiées. Que la casserole est assez lourde pour ne pas perdre trop vite la chaleur, que les pâtes ont toutes besoin du même temps de cuisson, que les surfaces de cuisson refroidissent au même rythme — on ne peut pas du tout donner une règle telle que « couper le feu après deux minutes » qui couvre tous les cas !

Mon ex croyait que j’étais fou avec le micro-ondes, qu’il n’y avait aucune raison pour varier la puissance, juste le temps. « C’est la même quantité d’énergie » était l’argument chez elle aussi. Alors, faites fondre du chocolat noir et du chocolat blanc à puissance maximum pendant le même temps, puis dites-moi si les mêmes résultats se produisent. (Indice : le chocolat blanc sera brûlé.) Il faut savoir qu’il y a des différences, que le manque de solides de cacao veut dire un point de fusion plus bas.

Pour revenir vers mon ami, il dit maintenant que si on peut reproduire à la maison ce qui fait un resto, que le prix du resto n’est pas justifié. Je ne suis pas ici pour défendre toute et n’importe quelle augmentation de nos jours. Mais j’ai essayé de lui expliquer quelque chose, non pas pour la première fois. Quand j’ai commencé à faire des pâtes à la maison — feuilletée, à brioche, quelle que ce soit — je n’avais pas la moindre idée de ce que je faisais. Il faut les toucher, les travailler, voir la relation entre la pâte et ce qui sort du four pour comprendre vraiment si la pâte est bonne ou s’il faut l’ajuster. Ce que l’on ne peut pas faire est sortir une enveloppe, faire quelques calculs sur le dos avec plein d’hypothèses non-testées, et s’attendre à de bons résultats.

« Je prêche à la chorale », comme on dit en anglais. Les Français fêtent l’expérience tous les jours avec les CAP et les prix MOF. Mais vous avez aussi vu mes échecs, les macarons (regardez tout en bas), les gâteaux, et les cookies ratés. Peut-être qu’il faut avoir de l’expérience pour comprendre vraiment qu’il faut avoir de l’expérience.

La règle de d’Alembert

On retourne vers les découvertes françaises avec un œuvre du mathématicien Jean d’Alembert, sa célèbre règle pour les séries. Ceci est loin d’être son travail le plus important, mais il n’y aura jamais de maths trop compliqués sur ce blog. Je ne veux pas perdre de temps en typographie pour les équations aux dérivées partielles non plus. Or, elle reste une avancée importante dans l’analyse numérique. Je suis ici l’exposition de Wikipedia en anglais car : 1) celle en français n’est pas suffisante, et 2) je suis trop paresseux pour inventer mes propres exemples.

Quelle est une série ? ([Quelque chose que vous regardez chaque semaine sur TF1 ? — M. Descarottes]) Pour une fois, notre ami a tort. C’est une séquence de numéros que l’on peut exprimer par une formule, et d’habitude on veut connaître soit la somme soit le produit. Ici, on parle seulement des sommes. Voici un exemple :

Comment lire cette série ? Ici, la variable n va de 1 jusqu’à l’infini, comme ça :

Un fait bien connu chez les mathématiciens est que ceux qui étudient l’infini deviennent souvent fous, comme Georg Cantor ou Kurt Gödel (deux de mes héros, au fait). Moins connu est qu’acheter de la vanille accélère le processus. De toute façon, pour chacun de ces nombres, on calcule la valeur de la formule. Pour nos buts, e = 2.71828 ; c’est un numéro très important dans les maths. Alors pour n égale de 1 à 3, c’est :

Ce n’est pas une grande somme, et on peut voir que les numéros en bas augmentent vite. (C’est bien connu que en va a l’infini.) Alors, on peut soupçonner que cette somme n’est pas infinie. Mais en tant que mathématiciens, on veut le prouver. C’est ici où la règle de d’Alembert s’applique. Il a reconnu qu’il y a une relation entre les termes au-delà de la formule.

Brièvement, si chaque terme est plus grosse que son prédécesseur, la somme grandira sans limite. Si chacune est plus petite que son prédécesseur, il y aura une limite, et la somme ne sera pas infinie. Dit autrement, si on divise chaque terme par son prédécesseur, et le quotient est moins que 1, la série « converge » — elle a une valeur finie. Si le quotient est plus que 1, la série « diverge grossièrement » — la valeur est infinie. Si le quotient est exactement 1, il faudra attendre la naissance d’Augustin Cauchy pour en parler plus.

On peut exprimer ça en ce qui concerne notre exemple en tant que formule :

Alors, on sait que la somme converge. La règle de d’Alembert ne nous dit pas quelle est la somme finale, simplement que ça existe. Je vous dirai tout simplement que le résultat final est environ 0,921.

Peut-être que ça vous semble un truc plutôt évident — si la formule baisse à chaque fois, elle ne pousse pas à l’infini ; sinon, elle pousse sans limite. Mais pour l’analyse, il ne suffit pas de dire « c’est évident » ; il faut être rigoureux. Et on ne trouve pas ce résultat chez les grecs, ni les romains, ni les allemands non plus. (Le suisse Euler l’a probablement découvert en dormant et l’a cru trop évident pour écrire, mais il était le plus grand mathématicien de l’Histoire.) Il fallait attendre Jean d’Alembert.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Rendez-vous avec moi-même

Vu que j’ai toujours Les Rita Mitsouko dans l’esprit, notre gros-titre du jour vient d’une de leurs chansons. Cette fois, on parle de l’un des sujets les plus difficiles dans toute la Langue de Molière, les pronoms réfléchis.

L’idée elle-même n’est pas difficile. Il y a des mots comme ça en anglais. Moi-même, toi-même, elle-même ont tous des traductions exactes — « myself », « yourself », « herself ». Il serait bien étrange de trouver une langue qui ne pouvait pas les exprimer. Alors il n’y a rien d’étonnant ou bizarre à dire pour un anglophone :

Je m’habille.

I get dressed./I dress myself.

Mais certaines traductions sont plus naturelles que d’autres :

Je me promène le long du lac.

I walk along the lake.

On ne voit pas de « -self » en anglais ici. Il y a certains contextes où on choisirait un pronom réfléchi pour aller avec un tel verbe, mais ils ont l’air archaïque :

Je me suis promené chez le médecin.

I walked myself to the doctor’s office.

Mais ça suggère que c’était un effort, que ce soit à cause d’une maladie soit une blessure. « Walk » dans notre exemple peut prendre un objet direct, exactement comme en français, mais la version réfléchie est très inhabituelle :

J’ai promené le chien.

I walked the dog.

Ça, c’est commun. Alors pour moi, c’est un effort de dire « me promener », parce que « marcher » est beaucoup plus proche de l’usage typique en anglais quand on veut parler de soi-même.

Puis, il y a des fois où l’usage français est un mystère. Il n’y aucun mystère si je dis :

J’ai lutté contre lui.

I fought against him.

Pourtant en français, on peut exprimer la même idée en disant « Je me suis battu contre lui. » Et ça fait mal à la tête. Nous savons que vous comprenez très bien que le sujet ici n’a pas lancé des coups de poing vers lui-même. Vous pouvez dire exactement ça avec « lutter ». Alors, à quoi sert « se » ici ? Ça nous semble être une description d’un film des Frères Marx ou les Trois Stooges.

J’ai hâte d’ajouter qu’il y a un sens très limité en anglais où une traduction littérale de « me battre » a sens. On peut dire « I fought myself », ce que je traduirais en français comme « Je me suis battu contre moi-même » dans un sens métaphorique : je voulais vraiment faire Quelque Chose, et j’ai ga-lé-ré pour faire L’Inverse.

Puis il y a des fois où il nous faut tout simplement hausser les épaules en soupirant « Faites comme vous voulez ». Il n’y a pas de meilleur exemple que « se marier ». Pour nous, ce verbe, comme tous les verbes en anglais, n’est pas réfléchi en soi. On peut les rendre réfléchis avec le choix de pronom pour le sujet, mais le seul sens en ce cas où on dirait ce que « Je me suis marié » veut dire littéralement, « I married myself », c’est une maladie mentale. Cette femme s’est mariée selon nous :

Source

On se demande ce qui s’est passé quand elle a enfin trouvé le bon monsieur, la cause du divorce. Un argument à la maison où elle s’est disputée (avec elle-même) à cause de s’être trompée ? Vous voyez sûrement le problème. On n’utilise pas la forme réfléchie, et on dort sur ses deux oreilles parce que l’on ne s’est jamais soucié de telles pensées.

Au fait, la chanson « Rendez-vous avec moi-même » me pose un autre problème. La chanteuse, Catherine Ringer, a un nom qui me rappelle exactement le mot anglais pour quelqu’un responsable de faire sonner des cloches ; c’est le « ringer ». Mais on ne le prononce pas du tout selon la façon française. Dans cette interview sur Taratata, Nagui le prononce d’une façon que je ne peux pas distinguer de « ranger ». Mais dans la chanson de laquelle on parle, Mme Ringer chante son nom en anglais avec exactement la prononciation à laquelle je m’attends. Alors malgré être fan depuis trois ans déjà, je n’ai pas la moindre idée de comment elle prononce son nom de famille.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour demander des avis quant à « quant à ».

La lettre d’amour parisienne

En 2012, j’ai rejoint un site appelé Quora. L’idée était que certains écriraient des questions et d’autres personnes — on espérait, bêtement, avec des connaissances utiles — les répondraient. Étant sur Internet, ça marchait exactement comme vous vous attendiez — des cons demandent des questions idiotes, et d’autres cons répondent de façon moitié non pertinent, moitié insultante. Puis, il y a les commentaires.

J’ai arrêté d’écrire sur Quora en anglais il y a longtemps, mais quand j’ai commencé â apprendre le français, je me suis lancé sur Quora en français. (Je suis aussi brièvement revenu sur Quora en anglais pour parler de mes expériences françaises.) Disons que ça m’a vite poussé à penser à un blog pour écrire. Quora en français est moins nul que Quora en anglais, mais on parle de petites différences. Mais de temps en temps, une question m’intéresse, et je fais l’erreur d’y répondre. Et oh là là, mais j’ai reçu une note d’enfer d’un parisien !

D’abord, la question et ce que j’ai écrit :

Source

Peut-être que vous aurez remarqué la raison pour écrire sur Quora — pendant à peu près deux semaines, cette courte réponse a autant de vues que tout ce blog en 3 ans ! Ceux qui me fréquentent reconnaissent sûrement que ce n’est qu’une plus petite version de mes pensées en revenant de mes vacances.

Bien que Quora cache les votes négatives, je sais que cette réponse était en général bien accueillie. Comment ? Parce que ça n’arrive qu’aux réponses avec de bonnes réactions :

Mais il y a des membres de l’équipe 1er degré encore plus forts que moi, et ce monsieur m’aime :

Bon, ça n’a pas trop à voir avec moi personnellement. Je suis habitué au fait qu’environ 10 % des internautes français inconnus que je rencontre me traitent comme une piñata pour décharger leurs sentiments chaleureux envers les américains. Franchement, pour autant que je ne l’aime pas, si seulement 10 % des inconnus sur Internet étaient de gros cons, on l’appellerait une réussite.

J’ai mordu à l’hameçon :

Saviez-vous qu’il y avait toujours des nobles en France ?

On lui a demandé de l’aide. La honte ! La lèse-majesté ! Comment ose-t-on le déranger quand il a un RER à prendre ? Mais j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un rapport alors j’ai répondu à sa question. Ça a provoqué plus d’insultes :

J’en ai enfin eu assez. Ce genre de haine envers les touristes est excessif. Et à ce point, je n’avais dit rien de personnel. Ce n’était pas mon meilleur moment, mais on doit accepter combien d’insultes avant de se défendre ?

Sa dernière réponse n’est pas la chose la plus malpolie que l’on m’a écrit sur Internet, mais ça doit être proche !

Je sais mieux qu’à dire « voilà, l’attitude parisienne ». C’est faux et je me souviens bien de mon premier voyage. Mais en même temps, monsieur travaille dur pour renforcer les stéréotypes !

Saison 2, Épisode 24 — Paris vous aime

Cette dernière semaine était tout Paris, et la prochaine le sera aussi. Comme je vous ai dit hier, on est loin d’être finis avec Paris.

Or, j’avais une raison importante pour finir le dîner le plus vite possible. Ça doit rester secret pour le moment. Mais je vous dirai que vendredi le 8, je vais refaire les macarons pour un événement de l’OCA. Ce n’est pas le secret. Ils vont recevoir du chocolat Ghirardelli au lieu de Valrhona, car pour autant que je les aime, c’est pas Versailles ici.

Ce week-end, j’ai eu deux « chocs culturels » aux États-Unis à cause de la France. Le premier était samedi matin, à cause de la diffusion de la finale de la cinquième saison de Miraculous. La Fille me l’a fait regarder avec elle. ([Papy n’a pas trop fait de la résistance, vous savez ? — La Fille]) J’ai hâte de trouver l’épisode en français car il y a certaines répliques qui m’étonneraient si elles étaient des traductions littérales. L’autre chose, c’est que La Fille et moi, nous étions à la fête d’une famille persane, où j’ai écouté quelque chose de complètement inattendu. On va en parler plus tard.

Au fait, je suis en deuil pour Gabriel Agreste, le meilleur méchant de toutes les émissions pour enfants du XXIe siècle. Il y a un petit hommage à lui caché dans la balado pour cette semaine. Cet épisode de Miraculous était choquant de nombreuses façons. Miraculous continuera, on sait déjà qui sera la nouvelle méchante quand la série reviendra fin 2024, mais comment les producteurs seront à la hauteur de la 5e saison, je ne sais pas.

J’ai fait un cookie géant de Laurène pour cet épisode de Miraculous, car La Fille me l’avait demandé. J’espère que vous comprendrez le choix des couleurs :

Notre blague traite — complètement par hasard, je n’étais pas assez malin pour planifier ce jeu de mots — des paris. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner parisien, le homard Thermidor, Les macarons crème brûlée de Pierre Hermé, exactement ce qui promet le titre, et C’est pas le 1er, version septembre 2023, ma revue mensuelle de mes blogs préférés.

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Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est pas le 1er, version septembre 2023

Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Ce mois, j’aurais pu sorti cette colonne au bon jour, mais j’avais une raison pour laquelle j’ai dû publier mon dîner parisien aussi vite. Que ça marche ou pas, je vous l’expliquerai au bon moment. Pourtant, on est loin d’être finis avec Paris.

Nouveaux à moi :

Rien. Qu’est-ce qu’il y a ?

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Bonheurs culinaires, Un déjeuner en Provence, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Les souris de Paris, Planète Vegas, Une Brève Histoire d’Art, Planète Opalie, Bonheur des yeux et du palais, Je suis sur la route, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, Grain de Sable, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Les macarons crème brûlée de Pierre Hermé

Ce post marque une étape importante pour moi. Hier, je vous ai montré un aperçu de ces macarons, en mentionnant qu’elles étaient selon la recette de Pierre Hermé. Avant de continuer, jetons un œil vers les miens :

C’est la première fois où j’ai réussi une recette de Pierre Hermé avec sa meringue italienne. (Certains de mes amis ont vu plein de photos de mes échecs.) Mes macarons habituels sont toujours faits à base de meringue française. Mais le Tour exige un maximum d’authenticité. Je crois que les miens sont à la hauteur de ses boutiques.

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Mon dîner parisien

En pensant à mon dîner parisien, j’ai naturellement commencé avec le dessert. Il fallait absolument être la recette d’un grand chef, et en plus, suivie au pied de la lettre. Je vous en parlerai plus demain — C’est le 1er est reporté jusqu’au 3 — mais je vous dirai que ce sont les macarons crème brûlée du livre Macaron par Pierre Hermé. Pour aller avec, un plat à la hauteur, venu d’un chef au niveau de M. Hermé, le homard Thermidor d’Auguste Escoffier :

Mon histoire avec le homard Thermidor commence au fin du XXe siècle, pendant un voyage à San Francisco. Il y a un resto là-bas qui date de la Ruée vers l’Or, le Tadich Grill, qui est célèbre pour leur version du plat, qui date de 1880 à Paris. J’ai revisité ce resto plusieurs fois, et il reste le seul où j’ai trouvé le homard Thermidor sur la carte (aux É-U ; je ne l’ai pas cherché en France). Mais c’est la recette classique d’une légende. Allons le préparer !

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Je découvre Paris

On continue maintenant le Tour avec le 75, Paris. C’est le département le deuxième plus peuplé et les habitants s’appellent centre-du-mondiens parisiens. C’est notre premier séjour au milieu de la Grande Mer de France, ce que l’on sait doit être là puisque la ville est en Île-de-France, et…quoi ? Vous voulez me dire qu’il n’y a pas de Grande Mer, que l’Île est complètement entourée ? Ben, la France est un pays avec une Côte-d’Or sans côte, et une île qui n’est rien de sorte. Et vous vous moquez des connaissances géographiques des américains.

Au fait, les franciliens sont réputés pour avoir les meilleurs goûts de tous les Français. Une mesure objective de ce phénomène se trouve dans les statistiques d’une certaine balado :

Je me suis fait une promesse au début du blog que cet article serait exactement comme tous les autres. Mon format depuis longtemps est 12 photos, trois paragraphes sur les incontournables, et un paragraphe chacun pour les personnages et la cuisine. Je suis menteur. ([Alléluia ! La vérité enfin ! — Mon ex et M. Descarottes]) On est dans la ville soit la plus visitée soit la troisième ou sixième plus visitée au monde entier. (Ça dépend de comment on compte ; par visiteurs, par argent dépensé, par longueur de durée, etc.) Dans tous les cas, c’est de loin la ville la plus visitée de France. Et avec la popularité de Miraculous autour du monde — diffusée dans plus de 120 pays — sans doute la ville la plus connue chez les enfants. Ce billet est parsemé avec des vidéos de France With Véro, ainsi que mes photos habituelles.

On commence au Panthéon (2 étoiles Michelin). Je trouve que l’explication le plus simple est l’inscription en haut de la porte : « Aux Grands Hommes, La Patrie Reconnaissante ». Ici, on trouve les sépultures des héros de l’Histoire — Voltaire, les Curie, Louis Braille. Les tableaux au rez-de-chaussée racontent le début de l’histoire française : Sainte Geneviève, Charlemagne, Jeanne d’Arc. Puis, on descend la colline vers l’Île de la Cité (3 étoiles), au milieu de la Seine, Ici, on trouve peut-être la cathédrale la plus célèbre au monde, Notre-Dame de Paris (3 étoiles). Malgré l’incendie de 2019, il y a plein de touristes qui y viennent quand même juste pour un aperçu de la cathédrale du bossu de Hugo, ses arcs-boutants, ses gargouilles. Sur l’Île, on trouve aussi la Sainte-Chapelle (3 étoiles), érigée par le roi Louis IX pour abriter des reliques de la Passion du Christ, et avec des vitraux spectaculaires, dont La Rose de l’Apocalypse. Puis on traverse le Pont d’Arcole et continue tout droit vers le Centre Pompidou et son Musée d’Art moderne (3 étoiles). Ici, on trouve de tels œuvres que le célèbre Fontaine de Marcel Duchamp, qui a lancé le mouvement Dada, ainsi que le New York City de Piet Mondrian et Les Mariés de la Tour Eiffel de Chagall.

On passe par Les Halles (1 étoile), plein de magasins et restos, pour arriver au Musée du Louvre (3 étoiles). Ses bâtiments sont étoilés eux-mêmes : la Pyramide (2 étoiles) et la Cour carrée (3 étoiles). C’est un musée très inhabituel, avec juste un tableau, La Joconde. Non, je plaisante — ignorez « Jocondisneyland » et profitez du Serment des Horaces, Le Radeau de la Méduse, et mille autre chefs-d’œuvre. Puis, on quitte le Louvre pour la Rue des Rosiers, pour rendre hommage au film qui m’a fait l’auteur de ce blog, Les Aventures de Rabbi Jacob. Remarquez aussi les nombreuses plaques en souvenir de la Shoah.

Après, on se promène le long de l’Avenue de l’Opéra pour arriver devant le Palais Garnier (3 étoiles), dont son magnifique Grand Escalier (achetez un billet et prendre le tour). On va déjeuner aux Galeries Lafayette (0 étoiles ?!?) ou Printemps (même erreur), les Grands Magasins du XIXe siècle. Aux deux, on peut goûter les merveilles de Pierre Hermé, Yann Couvreur, Nina Métayer, Christophe Adam, et d’autres génies.

D’ici, on prend le métro pour aller à la Basilique du Sacré-Cœur (2 étoiles). Merci à France With Véro pour m’avoir dit de sortir à Abbesses, pas Barbès-Rochechouart. Prenez le funiculaire à moins que vous aimiez grimper des marches. Les vues sur Paris sont époustouflantes, et bien que ce soit une église du XIXe siècle, donc pas gothique, l’intérieur vaut le coup aussi. Il y a des reliques de mon Pape pour toujours, Saint Jean-Paul II, au-dedans. Il faut visiter au moins un cimetière à Paris, alors promenons le long du Boulevard de Clichy, en passant par le Moulin Rouge, jusqu’au Cimetière de Montmartre (0 étoiles, quelle bêtise). Ici, on peut rendre hommage à Jacques Offenbach, Fred Chichin, Adolphe Saxe, Michel Berger, Michel Galabru, et d’autres lumières. Attention, le quartier n’est pas le plus chic ou propre ; évitez-le la nuit, surtout avec des enfants.

On reprend le métro jusqu’à l’Église Saint-Augustin, recommandée par le Chat Voyageur. Très inhabituelle pour un bâtiment datant d’avant le XXe siècle, l’armature est métallique. Le dôme de 25 mètres est impressionnant. Puis on continue vers l’Arc de Triomphe (3 étoiles), monument napoléonien qui abrite depuis 1921 le premier tombeau d’un Soldat inconnu au monde. Montez sur le toit pour d’autres vues spectaculaires. D’ici, on se promène le long des Champs-Élysées (2 étoiles), où on trouve les boutiques phares de telles marques que Louis Vuitton, Cartier, et Christian Dior. On va tourner à droite sur l’Avenue Georges V pour notre prochain arrêt.

On arrive devant la Tour Eiffel (3 étoiles), chef-d’œuvre de l’ingénierie française. Ne ratez pas les photos du Chat Voyageur. Un billet pour le deuxième étage suffit pour avoir les vues les plus impressionnantes au monde entier. D’ici, on peut voir la Seine, les Jardins du Trocadéro (2 étoiles), le Palais de l’Élysée (n’oubliez pas de passer le bonjour à son habitant)…quand on dit que Paris est la ville la plus romantique au monde, c’est d’exactement ici dont on parle. Beurk. Mais on a une vue magnifique de notre dernier arrêt, L’Hôtel des Invalides et le Musée de l’Armée (3 étoiles). Votre billet vous permet de visiter le musée, avec plus de 500 000 pièces d’art et de souvenirs militaires. Mais en plus, ça nous permet de rendre hommage au Grand Homme de L’Histoire française, l’Empereur Napoléon, qui repose dans son tombeau dans l’Église de Saint-Louis des Invalides, entouré par les maréchaux de France qui l’ont servie avec honneur.

Qui sont les personnages les plus connus de Paris ? Oh là là, que je puisse ajouter des noms à cette liste pendant des jours ! (Alors soyez le bienvenu d’ajouter d’autres dans les commentaires, mais reconnaissez qu’il me faut arrêter quelque part.) Je mets à côté tous les rois, présidents et d’autres hommes politique qui devaient y vivre. Alors, commençons avec une femme très fêtée au Panthéon, Sainte Geneviève, sainte patronne de Paris qui y vivait pendant le Ve siècle. Lié également à l’église et l’état, et devenu personnage littéraire célèbre, Armand Jean du Plessis, le cardinal Richelieu, y est né et décédé. Chez les scientifiques, on y trouve le mathématicien Jean d’Alembert, le plus grand des horlogers, Abraham-Louis Breguet, les physiciens Pierre et Marie Curie, le mathématicien Henri Poincaré, et l’ingénieur Gustave Eiffel. Du côté des musiciens, Paris se vante de Camille Saint-Saëns, Georges Bizet, Paul Dukas, Frédéric Chopin, Jacques Offenbach, Johnny Hallyday, et Françoise Hardy. Au cinéma, il y a les immortels Léon Gaumont, Sacha Guitry, Gérard Oury, Annie Girardot, Jean Girault, et Michel Galabru, Chez les écrivains, il y a Charles Perrault, Voltaire, Dénis Diderot, Stendhal, Honoré de Balzac, Émile Zola, et Marcel Proust. Les stars de la cuisine française viennent de partout pour s’établir à Paris depuis des siècles : Nicolas Stohrer, Antonin Carême, Auguste Escoffier, la famille Poilâne, Gaston Lenôtre, Guy Savoy, Alain Ducasse, et Pierre Hermé pour ne mentionner que quelques des plus célèbres.

Que manger à Paris ? Vous êtes nouveau ici, c’est ça ? Depuis le début du blog, je raconte les histoires des pâtisseries qui m’ont rendu ce que je suis ([Surtout autour du ventre — Mon ex]). On est dans la ville de ma pâtisserie préférée de tous les temps, le mille-feuille. Vous pensiez sûrement que c’était le macaron parisien, mais c’est les mille-feuilles qui sont mes madeleines de Proust. On est dans la ville de la religieuse (voici la mienne), le Saint-Honoré (encore le mien), où Gaston Lenôtre (ou Dalloyau) a inventé le gâteau opéra. N’oubliez pas le flan parisien !

Je suppose qu’il nous faut aussi manger des plats principaux — Paris est également la maison du croque-monsieur ainsi que l’endroit où j’en ai goûté un pour la première fois. Le plat des rois, le homard Thermidor, y a été créé, ainsi que le homard à l’américaine, dans une sauce jamais connue en Amérique (vous et la géographie…). Le tournedos rossini, du filet de bœuf avec du foie gras, vient de Paris, ainsi que les rognons de veau bercy. Pour boire ? Il y a une douzaine de vignes parisiennes, mais pas beaucoup de production. Cherchez plutôt les spiritueux de la Distillerie Viaduc, dans le 12e arrondissement, ou les cocktails inventés chez Harry’s New York Bar, tels que le Bloody Mary, le French 75, ou le Blue Lagoon. Il y a aussi de nombreuses brasseries locales, dont La Parisienne, La Baleine, Paname, et BapBap.