Le poulet à la normande et le soufflé au navet

Je vais séparer les recettes du dîner calvadosien en deux posts, parce que la recette pour le gâteau Marjolaine est LONGUE. Je ne vais pas vous donner la recette du pain de mie — on peut la trouver dans le livre d’Apollonia Poilâne. Ici, on prépare le plat principal et le plat d’accompagnement. Cette fois, le site touristique officiel du département n’a pas de recettes — ils préfèrent que vous alliez au resto ! — mais après avoir recherché, j’ai choisi une recette qui était publié dans l’un de nos journaux, le New York Times. Oui, j’ai aussi lu mes sites habituels comme Marmiton et Chef Simon. Je trouve que celle-ci est facile à comprendre, soit en anglais soit en français. Ils attendent un poulet entier de 1.5-2 kg ; je n’ai utilisé que 2 poitrines, mais le reste de la recette ici suffit pour un plus grand poulet.

Pour les réseaux sociaux, qui utilisent la première photo du post, d’abord une jolie photo du repas :

Les ingrédients :

  • 2 poitrines de poulet
  • Du sel
  • Du poivre noir
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive ou de graisse de poulet
  • 120 ml de Calvados
  • 300 ml de cidre
  • 15 oignons perlés
  • 0.7 kg de pommes — choisissez une variété dure
  • 2 cuillères à soupe de maïzena
  • 5 cuillères à soupe de crème fraîche — j’ai utilisé «sour cream», quelque chose de similaire

Les instructions :

  1. Assécher le poulet avec du papier absorbant et bien assaisonner avec du sel et du poivre.
  2. Chauffer la graisse ou l’huile dans une grande cocotte ou une poêle profonde à feu moyen-vif jusqu’à ce qu’elle soit chatoyante.
  3. Faire dorer le poulet, par lots si nécessaire, côté peau vers le bas jusqu’à ce qu’il soit bien doré, 6 à 8 minutes, puis retourner et saisir l’autre côté jusqu’à ce qu’il soit doré, encore 3 minutes. Si vous utilisez du poulet sans peau, faire dorer 2-3 minutes par côté.
  4. Après avoir doré le poulet, éteindre le feu et ajouter le Calvados. Quand le grésillement s’est calmé, allumer le feu à moyen-doux, porter le liquide à ébullition et laisser cuire 4 minutes pour évaporer l’alcool.
  5. Ajouter le cidre et les oignons et porter à ébullition à feu moyen. Baisser le feu pour faire mijoter très doucement.
  6. Éplucher et évider rapidement les pommes, coupez-les en morceaux et placez-les sur le poulet.
  7. Couvrir la casserole et cuire, en vérifiant de temps en temps pour s’assurer que le liquide mijote doucement, sans bouillir, jusqu’à ce que le poulet soit tout juste cuit, 35 à 40 minutes.
  8. Retirer le poulet, les oignons et les pommes dans une assiette et couvrir.
  9. Faire une bouillie avec la maïzena et 3 cuillères à soupe d’eau froide. Incorporer ceci dans le liquide de braisage et porter à ébullition pendant 1 minute, jusqu’à épaississement.
  10. Incorporer la crème fraîche et assaisonner la sauce avec du sel au goût, remplacer le poulet, les oignons et les pommes dans la sauce et servir.

Maintenant, le soufflé au navet. Je dois vous dire que j’ai eu un souvenir du «Grand Restaurant» en traduisant la recette, qui vient de notre magazine Saveur (oui, malgré le nom, c’est en anglais). Un kilogramme de navets est devenu (dans la tête) «Ein kilogramme kartoffeln…». Mais je ne vais pas mentir…il n’y a pas de muskatnuss — désolé, de noix de muscade — dans cette recette. Peut-être ça devrait être le cas. Je trouve cette recette un peu fade, même avec du poivre. Je vous recommande d’expérimenter avec des épices, mais ici je vous présente la recette exactement selon ce que j’ai fait.

Les ingrédients :

  • 1 kilogramme de navets
  • 60 g de beurre
  • 3 cuillères à soupe de farine
  • 80 ml crème liquide entière
  • Au moins 2 cuillères à soupe d’oignon haché
  • Du sel
  • Du poivre
  • 4 œufs, séparés en blancs et jaunes

Les instructions :

  1. Préchauffer le four à 180 °. Graisser un moule à soufflé avec 1 cuillère à soupe de beurre, saupoudrer de farine (éliminer l’excédent) et réserver.
  2. Faire bouillir les navets dans une casserole d’eau salée à feu vif jusqu’à ce qu’ils soient tendres, 8 à 10 minutes; bien égoutter et écraser jusqu’à consistance lisse.
  3. Faire fondre le reste du beurre dans une poêle moyenne à feu moyen. Ajouter la farine et cuire en remuant pendant 2 minutes. Incorporer la crème et la purée de navets et cuire jusqu’à épaississement, environ 5 minutes.
  4. Ajouter les oignons, le sel et le poivre au goût. Retirer la casserole du feu et incorporer graduellement les jaunes d’œufs. Transférer le mélange dans un grand bol et réserver.
  5. Fouetter les blancs d’œufs dans un grand bol jusqu’à la formation de pics fermes. Incorporez-les doucement au mélange de navets et déposer dans le plat préparé.
  6. Cuire au four jusqu’à ce qu’ils soient gonflés et dorés, 35 à 40 minutes.

Mon dîner calvadosien, façon Belgian Lion

Depuis mon enfance, mon plat préféré de toute la cuisine française est le poulet à la normande chez The Belgian Lion. Ils sont fermés depuis longtemps, mais je savais au début de ce blog que je ferais ce plat pour le département du Calvados. Pourquoi ? Parce qu’on fait ce plat avec de la liqueur Calvados ! Et si j’allais faire un plat à la façon Belgian Lion, il fallait que je fasse tout le dîner selon leur style. Alors, mes chers lecteurs, VOILÀ !

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Non, je ne peux pas du tout faire un dîner comme ça pour chaque département ! Mais je voulais vous donner un aperçu du vrai Coup de Foudre, de tout ce qui m’inspire. Je ne me souviens plus de leur pain, alors j’ai choisi une recette que j’adore. Les fromages sont tous calvadosiens, surtout le Camembert, qui est fait avec de la liqueur Calvados. J’ai dû faire le soufflé au navet parce qu’il était l’un de leurs plats d’accompagnement. Le gâteau Marjolaine n’est pas de Calvados — il est au grand chef Fernand Point — mais il était la spécialité de la maison chez The Belgian Lion. On peut le trouver encore chez leur fille. Je suppose que je dois encore un dessert typique au département !

Je vous donnerai les recettes demain, parce que je suis tellement fatigué, mais je vais partager quelques photos du dîner ; le pain de mie, le soufflé au navet, et bien sûr, le gâteau Marjolaine.

Des conseils pour cuisiner avec les noix

Demain, je vous présenterai mon dîner normande. Ce soir, j’ai préparé le dessert, qu’on doit faire avec un jour d’avance. Mais je voudrais vous donner des conseils avant de ce post-là :

NE SOYEZ PAS UN HÉROS.

Vraiment, il n’y a aucune raison pour un cuisinier au foyer de casser des noix au lieu de les acheter prêtes à l’emploi sur le marché. J’ai eu besoin de 40 minutes pour craquer toutes ces noix :

Puis 20 minutes pour les épeler avec un torchon comme ça — alors j’ai décidé d’arrêter :

Ça ne vaut pas la peine ! NE LE FAITES PAS ! Allez soit chez Carrefour soit chez Aldi et achetez celui-ci :

(©️ Carrefour)

Je vous promets, Paul Bocuse et Fernand Point ne reviendront pas pour vous punir !

Aussi, je vous promets que ce sera drôle. Je sais maintenant que pendant toute ma vie, je ne savais pas utiliser un casse-noisette. Ce que je faisais, et ce que j’ai enfin fait ce soir :

Vraiment, c’est un miracle que j’aie jamais craqué des noix sans tuer quelqu’un !

Les Tontons Flingueurs

Ce soir, j’ai regardé Les Tontons Flingueurs. Quel film intéressant ! Les membres de mon groupe sur Facebook que me l’a recommandé savaient à l’époque que je je cherchais des comédies. Mais c’est un peu trop simple d’appeler ce film «une comédie». C’est comme «Le Parrain» de Coppola a commencé avec le retour de Michael, puis à passé deux heures en parlant des problems quotidiens des gangsters — et leurs problèmes incluent parfois d’essayer de s’entre-tuer !

C’est tout à dire que j’ai bien profité de ce film ! Ce que M. Coppola a fait, c’est nous montrer que le gangster le plus intelligent gagnera, mais quand il gagnera, il aura tué autant de monde que les plus vicieux. Ce que Messrs. Lautner et Audiard a fait, c’est que la vie est souvent en désordre, et même les plus intelligentes idées tournent mal. Un gangster peut commencer par planifier à tuer son ennemi, et plus tard finir par boire ensemble. (J’aurai essayer de faire la même chose avec mon ex — je plaisante !)

Le pain californien de France

Avez-vous entendu parler de la Ruée vers l’or de 1849 en Californie ? C’est l’une des épisodes les plus connues de notre histoire. Mais ce que vous ne sauriez pas peut-être, c’est que l’une des choses de ce temps-là qui existe toujours…vient de la France ! Voici Boudin, la boulangerie la plus populaire partout en Californie :

Leur plus grand magasin, à San Francisco. ©️ Boudin Bakery

Le nom n’est pas une coïncidence ! Pendant la Ruée vers l’or, Isidore Boudin est arrivé en Californie de la Bourgogne. Il a créé un genre de pain au levain, appelé «sourdough», comme ça :

©️ Boudin Bakery

Ils ont maintenant 25 magasins partout en Californie, mais la vraie preuve du succès d’Isidore Boudin est qu’on peut trouver du pain comme ça dans chaque supermarché en Californie. C’est un exemple de notre patrimoine français !

Interview avec Laurence Manning

Laurence Manning, ma pianiste préférée qui reste toujours mon inspiration pour avoir commencé ce voyage, a un nouvel interview avec la chaîne québécoise MAtv. Au début, c’était mon but à regarder des clips comme celui-ci :

https://matv.ca/sorel-tracy/mes-emissions/lezarts-sorel-tracy

(Mise à jour : le lecteur ne foncionne pas correctement sur ce site, je l’ai donc remplacé avec le lien.)

Cet interview est sur son nouvel album qu’on peut trouver sur son site.

Des bonnes questions

Cette semaine, on a pu voir une grande différence entre les nouvelles en France et aux Etats-Unis. Le procès de l’ex-président Sarkozy était très important dans les journaux français – mais si je ne lisais encore que les journaux en anglais, je n’aurais pas su ce qui s’était passé. Alors je n’aurais pas compris ce dessin du Canard Enchaîné :

Mais ils ont aussi de bonnes questions, comme :

Ou peut-être, «Qu’est-ce c’est qu’un livre ?» :

Grâce à un autre article dans Le Canard, j’ai l’impression que celui-ci n’a rien à voir avec les Kindle. Je crois que c’est encore quelque chose à voir avec le procès. Nous ne sommes pas trop bien informés sur ce sujet ici.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

La Cité de la peur

Je ne pouvais pas regarder mon film habituel ce week-end parce que ma stéréo s’est cassée. Mais j’ai trouvé une solution temporaire pour ce soir (elle manque de contrôle du volume !), alors j’ai décidé de regarder «La Cité de la peur». OMD — quels jeux de mots !

J’ai dû arrêter souvent le film pour être sûr de ce que j’ai entendu, mais ça valait la peine ! Il y a trois mois, je ne pouvais pas compris des répliques comme :

Commissaire : Votre travail, c’est qu’il y a un max de pub autour de ce film. Est-ce que je me trompe ?

Odile: Trompe «qu’il y a». C’est «qu’il y ait»

Et cette blague était très drôle pour moi comme américain :

Commissaire: D’où venez-vous ?

Odile: Dijon. Je m’occupais du Festival « Moutarde et Cinéma »

C’est drôle parce qu’il y a une moutarde Dijon très célèbre ici, appelée Grey Poupon, mais ça vient maintenant de notre état de Pennsylvanie. Sinon selon Wikipédia, la marque est bien française. Mais j’ai compris !

Ce film me rappelle ceux de Leslie Nielsen, comme «Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?». C’est vraiment différent à mes films habituels, mais j’en ai bien profité !

Je découvre le Calvados

On continue maintenant avec 14, le Calvados. C’est le département le trente-deuxième plus peuplé et les habitants se nomment calvadosiens.

Le Calvados est absolument plein de l’histoire ancienne et moderne. On se trouve la célèbre tapisserie de Bayeux (XIe siècle), la maison de Sainte Thérèse de Lisieux (XIXe siècle), et quatre des cinq plages du débarquement allié en Normandie (le 6 juin 1944)

Aux États-Unis, les produits agricoles du Calvados sont très bien connus. La célèbre liqueur appelée Calvados est bien disponible. Vous souvenez-vous de mes problèmes en cherchant le fromage aubois Chaource ? Pas de problème avec le Camembert et la Mimolette du Calvados !

La plus grande ville du Calvados, Caen, a été fondée au Xe siècle. Guillaume le Bâtard — désolé, Guillaume LE CONQUÉRANT — a grandi la ville, et lui et sa femme ont fondé l’Abbaye aux Dames et l’Abbaye aux Hommes, où tous les deux sont enterrés. (Je ne devrais pas me moquer du roi — selon l’Alliance Française, la moitié des mots anglais sont d’origine française grâce à lui, un fait qui m’aide à apprendre.) Plus tard, au XIVe siècle, la ville faisait partie de la Guerre de Cent Ans. Pendant la Révolution, la très bien connue Charlotte Corday à vécu à Caen avant d’assassiner Marat.

Pour visiter toute cette histoire incroyable, les plus beaux lieux sont les musées de Bayeux (3 étoiles Michelin) où on peut voir la tapisserie et étudier la Bataille de Normandie, le château de Guillaume à Caen (2 étoiles), le cimetière militaire US de Colleville-sur-Mer (3 étoiles), l’Église Saint-Étienne (site de l’Abbaye aux Hommes, 3 étoiles), et peut-être aussi la Basilique et le Carmel de Lisieux.

Qui sont les personnes célèbres du Calvados ? Bien sûr, Guillaume le Conquérant et Sainte-Thérèse, mais aussi le compositeur Erik Satie, le très grand mathématicien Pierre-Simon de Laplace, l’évêque anglicane Thomas Becket et l’écrivaine Françoise Sagan.

Et pour manger au Calvados ? On a déjà parlé de leurs fromages et la liqueur Calvados, mais il y a aussi les fêtes de la coquille Saint-Jacques, du cidre AOC, et beaucoup d’autres produits laitiers et fruits de mer. Si vous mourez de faim là-bas, c’est de votre faute !

Mon histoire normande

Cette semaine, on arrivera dans le Calvados, en Normandie. Il y a beaucoup de raisons pourquoi cette région est spéciale pour moi. Avant de mon «Je découvre» habituel, je vais vous raconter les histoires de deux normands et d’un belge, trois hommes qui ont fait de moi ce que je suis. C’est leur influence qui a semé ce blog.

Quand j’étais tout petit, un garçon de six ou sept ans, j’ai reçu mes premiers souvenirs de la cuisine française grâce à deux restaurants à San Diego. L’un d’eux, appelé Piret’s, est fermé depuis 1991, mais l’autre, The French Gourmet existe toujours. Le propriétaire du French Gourmet, Michel Malecot, est venu de Normandie aux États-Unis dans les années 70s. Grâce à cet homme et à sa boulangerie, j’ai découvert ce qui reste de mon dessert préféré, le mille-feuille. (Aux É-U, c’est aussi connu sous le nom de «Napoleon».) Mais ce n’était pas seulement le mille-feuille — grâce à lui, j’ai découvert l’amour de toutes les classiques de la pâtisserie et la viennoiserie.

L’extérieur du French Gourmet. ©️ The French Gourmet.
La pâtisserie de mon enfance. ©️ The French Gourmet

Le deuxième homme, Don Coulon, venait de Belgique. Son restaurant, Thé Belgian Lion (Le Lion Belge), a toujours été le préféré de toute ma famille quand j’étais ado. The Belgian Lion est fermé maintenant, et M. Coulon est malheureusement décédé, mais à mon avis, c’était l’un des deux meilleurs restaurants à San Diego à l’époque.

Malgré avoir venu de Belgique, le menu du Belgian Lion était plein de classiques de la cuisine française. Voici un article de 1991qui parle du Belgian Lion. Si j’ai appris mon dessert préféré de M. Malecot, je dois mon plat préféré à M. Coulon. C’est quelque chose de normand, mais je vais garder le secret un peu plus longtemps.

Également important, The Belgian Lion était affaire de toute sa famille — sa femme, Arlene, était la maîtresse d’hôtel, et sa fille, Michelle, était le chef de dessert. Elle a encore une pâtisserie à San Diego, et leurs petites-filles ont aussi un restaurant là-bas, appelé Thé Little Lion (Le Lion Petit).

Je ne connaissais pas le deuxième normand jusqu’à j’avais atteint 23 ans. Pascal Olhats est venu aux États-Unis en 1984. Il a travaillé brièvement chez Piret’s, mais je ne lui ai pas connu à l’époque. En arrivant à Irvine, j’ai découvert Tradition by Pascal et sa voisine à côté, Pascal Épicerie. De M. Olhats, j’ai appris surtout mon amour des macarons, mais aussi de la tradition. Après la fermeture de ses restos originaux en 2013, je n’avais plus rien de la cuisine française pendant des années. C’est grâce à lui que je cherche toujours les plats typiques. M. Olhats a encore un resto ici, Café Jardin, mais c’est quelque chose de différent qu’avant. (Surtout, il n’y a plus l’épicerie de mes rêves.)

Je rendrai hommage à tous les trois ici, mais à leurs propres moments. Chacun mérite cet honneur.