J’avais collectionné tout genre de mèmes amers pour partager aujourd’hui. Mais après hier, je me suis dit « Qu’est-ce que tout le monde veut de votre côté ? » Et la réponse, c’est évidemment « des desserts ». Puis, j’étais frappé par un coup de Google — la France entière est passée par mon blog pour chercher les brookies. J’ai donc pensé aux brownies du deuxième pire jour de ma vie — mais en fait, vous avez déjà cette recette dans celle des brookies. Alors j’ai décidé de revisiter une autre Saint-Valentin échouée avec cette mise à jour d’un classique de la pâtisserie américaine, la « Boston cream pie » :
Haute résolution en cliquant
Mais ne vous inquiétez pas, cette recette ne sera pas comme les autres. Comme pour mon anniversaire en 2022, M. Descarottes est de retour pour vous régaler avec ses commentaires. À vous, monsieur !
Je suis bien au courant que pour beaucoup de monde, le point fort de ce blog est l’atmosphère largement positive. Sauf en février. Et en juin. Et pour mon anniversaire. Et autour de Noėl. Mais au-delà ça… Malheureusement, j’écoutais RTL Soir hier, où j’ai entendu la conférence de presse du procureur qui gère l’enquête sur le meurtre de Louise. Aujourd’hui ne verra pas un de ces posts « feel-good ».
Je peux imaginer juste un peu le cauchemar qui vivent les parents de Louise en ce moment. C’était exactement à cause du fait que je pouvais me mettre dans la place d’autres parents d’une fille de cet âge que j’ai lancé les dons de plaquettes annuels. Encore pire, et c’est un témoignage au bon cœur de la petite, le saligaud qui est responsable lui avait demandé de l’aide pour trouver son portable (pas vraiment perdu). Elle voulait juste aider un inconnu. Je n’ai pas de mots pour la rage que je ressentirais si c’était La Fille.
C’est ici où je dirai quelque chose que je ne regretterai pas, mais je sais que ça vous choquera. Aux États-Unis, il y a un juge pour chaque procès, mais la décision de coupable ou non est prise par un jury de 12 citoyens ordinaires sélectionnés juste pour le procès, contre 6 en France pour les cours d’assises. Il arrive parfois chez moi, si quelque chose se passait comme, disons, le cadavre d’Owen le meurtrier se retrouvait dans la rue, poignardé une centaine de fois, et l’ADN du père de Louise est là, un jury refuserait de reconnaître le père coupable. La vengeance de cette façon n’est pas censée être légale, mais…si je faisais partie d’un tel jury, le père serait libéré. Surtout s’il n’avait pas d’histoire criminelle.
Il y a quelque chose qui me rend fou sur ce type. J’entends parler, et apparemment plusieurs témoins ont déjà attesté à cette partie, que cet Owen était accro à des jeux vidéo, surtout la bêtise dite Fortnite. Selon Franceinfo :
« son petit ami jouait à Fortnite et avait eu unealtercation en ligne avec un autre joueur qui l’insultait ». « Très énervé, il arrêtait de jouer et sortait de la maison comme il le faisait souvent pour se calmer »
D’une part, c’est bien connu, et un objet d’autodérision dans la communauté de joueurs, que beaucoup d’entre nous — j’hésite á dire « nous » parce que j’évite à tout prix jouer contre des inconnus en ligne — ont des problèmes de maturité. J’ai mentionné à une amie lyonnaise, très fâchée déjà, qu’en anglais, il y a un mot, « ragequit » (abandonner/quitter dans un état rageux), que les joueurs utilisent pour décrire les gens qui tirent leurs manettes contre l’écran et quittent les jeux. Hyper-adulte, ça. Il y a d’autres comportements puérils. Voici un dessin que je traduirai :
Ça vient d’un « webcomic » dit Penny Arcade. Le type dans la chemise jaune s’appelle Gabe ; celui dans la chemise bleue s’appelle Tycho. Le dialogue va comme ça :
Gabe : OK. Quel est le plus grand problème de Soul Calibur en ligne ?
Tycho : Euh…les délais ?
Gabe : Faux ! C’est que l’on ne peut peut pas étrangler les autres sur Internet. Jusqu’à maintenant.
Gabe : C’est simple. Je serre ce cou en silicone dans les mains. Cet étouffement est transmis à des mains en titane qui ferment autour de la gorge de mon adversaire.
Tycho : Il paraît que le vendre sera difficile.
(Boîte qui montre « des raisons pour laquelle Gabe vous étranglerait » )
Ce dessin a déjà presque 17 ans. Ce problème n’est pas nouveau. Cependant, et c’est important, ce monsieur avait plus de problèmes que les jeux vidéo. Il s’avère qu’il avait déjà tenté la même chose une semaine plus tôt, sans succès selon Franceinfo « Le suspect avait déjà abordé une collégienne dans le même secteur le 4 février. » Évidemment, il avait de graves problèmes psychologiques.
Ce n’est pas du tout à excuser le rôle de Fortnite dans sa vie. Mais je fais la comparaison avec cet autre même que j’ai récemment vu, du Super Mario Bros original :
On n’a jamais entendu parler de quelqu’un qui est devenu fou à cause de Mario. Ces jeux ne sont pas joués contre des inconnus, il y a des différences très évidentes entre les bons et les méchants, le monde est en général très mignon, et si on échoue, on sait que c’est de sa propre faute. C’est pour ça que seulement les jeux de Nintendo sont permis chez moi, un choix fait exprès il y a une décennie quand j’ai acheté une Wii U pour La Fille. Il y a des jeux de Nintendo où on tue vraiment des ennemis, mais il n’y a jamais du sang, et il n’y a rien de réaliste.
Fortnite est loin d’être le pire à cet égard, mais ce n’est pas les contenus que je crains le plus — c’est la culture autour de tels jeux. On peut parler à haute voix avec des inconnus pendant les matchs en échangeant des insultes. Ce qui était une blague en 2008 est devenu la réalité en 2025, sans les manettes en forme de cou. C’est tout le harcèlement des écoles sans les profs ou directeurs qui pourraient corriger les mauvais comportements.
J’ai le cœur absolument brisé pour Louise et sa famille. J’espère que cet Owen passera le reste de sa vie en prison. Mais j’espère surtout que cette tragédie provoquera des réflexions dans la communauté de joueurs des jeux vidéo sur les comportements qui vont avec, et de ne plus supporter les gestes anti-sociaux au nom de compétition.
Il y a des décennies, un linguiste américain, Geoff Pullum, écrivait une colonne pour un journal académique, Natural Language & Linguistic Theory (Langue naturelle et théorie linguistique). Après des années, il a publié un recueil, The Great Eskimo Vocabulary Hoax (Le Grand canular du vocabulaire esquimau). Le livre est nommé pour son essai le plus célèbre — la fausse « découverte » que la langue esquimaude avait plus de 50 mots différents pour des genres de neige. La réalité, c’est que l’esquimau fonctionne comme l’allemand avec moins de morts, où des phrases entières sont représentées dans un seul mot plein de préfixes et de suffixes. Mais c’est Langue de Molière ici, et mon sujet du jour, c’est le point auquel le français est le vrai esquimau !
Tout ça a commencé à cause de mon amie rouennaise, qui poste parfois des photos de son quartier avec la légende « ça caille ». Je note qu’il fait 7° C aujourd’hui là-bas, mais 16° C à Elbe-en-Irvine. On penserait donc que je n’ai rien pour m’en plaindre, mais je porte une veste tout ce mois, et ça ne m’a jamais empêché quand même. Mais vu que je n’ai jamais vu de la neige en Californie du Sud sauf pour un matin en 1989 (sérieusement), presque tout ce qui suit vient d’un article de la prof de Français Langue Étrangère Sandrine Escoffier.
On commence avec « ça caille », expression de laquelle elle dit « cela signifie qu’il fait un froid de canard ». Super, définir de l’argot par le biais d’autre argot ! Non, mais elle explique que l’on dit cette dernière parce que les canards s’en fichent du froid et se mettent dans l’eau même en hiver.
Cependant, est-ce vrai ? Oui, et j’ai trouvé ce clip où une paire de lunettes Jamy explique comment font les canards. Au fait, il s’avère que le mot français pour les plumes les plus proches de la peau, le « duvet » est aussi le mot anglais pour ce qui se dit en français la « couette ».
Une fois sous nos couettes, on reprend la neige. Elle commence avec le givre, apparemment de la glace qui forme sur tout sauf le sol pendant la nuit. C’est donc de la rosée, comme on voit sur nos voitures en Californie si elles restent dehors pendant la nuit, mais gelée. Pas si difficile.
Mais le měme truc sur le sol, où il devient tout sale, parce que comme a dit Adrian Monk, « La nature, c’est sale », c’est le verglas. En anglais, on dirait apparemment « black ice », « glace noire », selon mon dictionnaire bilingue. Je ne sais pas. Il faudrait que j’entende cette expression afin de la connaître — ce phénomène n’existe en Californie du Sud ! Si la rosée tombe par terre, le sol est simplement mouillé. On n’a pas de mot pour ça.
La « glace », elle est apparemment plus solide que le givre. On peut y patiner, selon Mme Escoffier. C’est quoi, patiner ? Non, je plaisante, mais je n’ai jamais, même une fois, vu quelqu’un en train de patiner sur un lac. C’est toujours sur une surface artificielle, avec des Zamboni. Vous les appelez « surfaceuse », selon Wikipédia, mais en Amérique du Nord, elles sont connues par la seule marque, tout comme on dit « Google » pour rechercher même avec Bing.
Alors, pour vous expliquer comment je peux être si ignorant, permettez-moi de partager un mème en anglais :
En haut, ça dit « 10° C à San Diego », où tout le monde s’habille en cagoules, en gros manteaux, et en gants. Puis il y a « 10° C dans le Wisconsin », très au nord du pays, où tout le monde s’habille en robes sans manches ou en short. Pour les californiens, ces températures sont largement inconnues et on ne sait pas quoi faire face à un peu de froid. Dont moi, absolument.
Je ne peux pas mentir, voici la seule glace dont j’ai envie de faire la connaissance :
En anglais, quand on parle de « The Talk », La Conversation, ça veut dire que l’on est parent, on a un enfant qui est sur le point de devenir ado, et il faut lui expliquer les oiseaux et les abeilles, comme on dit (ou chante) en anglais. (Je ne sais pas si les Français utilisent la même métaphore, et franchement, je n’ai pas envie de découvrir ce qui fera Google si je lui donne l’idée que je recherche ce sujet.) Mais une ou deux fois par année, il faut aussi que l’on a « La Conversation ». En général, c’est juste « Allez, arrêtez avec les cartes en anglais et le ketchup, hein ? », mais parfois il faut parler d’attitudes plus xénophobes.
Je me sens coupable à chaque fois où j’évoque ces sujets, car les habitués du blog sont exactement le mauvais public pour ces plaintes. Les internautes aléatoires qui passent par ici pour The Salingers et la page des blagues, qui sait ? Mais en général, si vous êtes ici, c’est dans un esprit accueillant, et je suis reconnaissant tous les jours pour ça.
Alors, après tous ces efforts pour me racler la gorge, qu’est-ce qui me dérange ? Hier, j’ai vu un post dans un groupe public sur Facebook avec une fausse capture d’écran du site Télé-Star. C’est une photo d’un homme inconnu à moi, assez réel ; c’est le gros-titre qui est faux :
En fait, M. Cabrol a souffert certains problèmes pendant sa retraite, tels que l’état le déclarant mort alors qu’il ne l’est pas, ce que j’ai appris du véritable article de Télé -Star. Mais cet article et toute autre chose que j’ai trouvée sur lui m’ont dit qu’il était journaliste, pas chanteur. Alors j’ai posé une question dans les commentaires :
J’ai rapidement reçu plusieurs réponses utiles ; oui, et il annonçait la météo sur Europe 1. (Alors il connaît Émilie Mazoyer ! Faut que l’on parle !) Merci, je les apprécie. Puis, le « Yankee go home » est arrivé :
J’ai appris des choses depuis 2020. Je n’ai pas répondu — le moi de 2020 aurait certainement mordu à l’hameçon, et je ne fais pas trop confiance au moi de 2023 non plus à cet égard. Honnêtement, je ne le comprends pas complètement — le but de sa première phrase m’échappe, mais je n’allais pas demander des explications. Mais un autre est arrivé, moins hostile, mais évidemment pas gentil :
Dites-donc, j’ai expliqué pourquoi je ne comprenais pas la blague, alors qu’est-ce qu’il y a ? J’ai demandé cette fois :
J’ai eu ma réponse peu avant de publication :
Je lis ce dernier mot comme « désolé que vous êtes stupide », pas « désolé pour vous avoir insulté ». Mais mettez ça de côté.
Je suis bien au courant qu’Internet ne manque pas de malpolis. Je suis également au courant que je vais dans des espaces qui ne sont pas « pour les touristes ». Si je voulais rencontrer juste des gens qui aiment traîner autour des étrangers, je me limiterais à Everything French, le groupe géant où tous les anglophones sont comme moi, et tous les francophones sont comme vous.
Peut-être que c’est seulement pour manque d’assez d’exemples, mais je ne peux même pas penser à une fois où j’ai vu un Français aller dans un groupe anglophone, puis poser une question qui montre une telle lacune dans ses connaissances. Et ça, c’est peut-être parce que je ne fais partie que d’une douzaine de groupes anglophones, dont plusieurs limités aux écoles où j’ai assistées. Cependant, c’est-à-dire que j’ai eu cette conversation plusieurs fois, mais ne l’ai jamais vue allant dans l’autre sens.
Il y a 20 ans — et vous vous souviendrez que nos pays n’étaient pas d’accord sur des choses importantes à l’époque — je lisais sur une habitude des touristes américains, de faire semblant d’être canadiens. Voici un article de 2004 (en anglais) qui parle d’une entreprise qui vendait des accessoires pour réussir ça — des t-shirts, des autocollants, etc. Et un autre de 2016 qui a demandé si ça se passait toujours (la réponse : oui). Je ne sais pas si ça arrive de nos jours, mais je n’ai pas trouvé d’articles récents. Je mentionne ça pour dire que je n’ai jamais vu des astuces de faire semblant d’être québécois ou belge en allant aux États-Unis.
Ce n’est pas à dire qu’il n’y a rien dans l’autre sens — les « freedom fries » étaient réelles, et il y a une raison pour laquelle on dit « French bashing« , un anglicisme, pour exprimer la francophobie en français. Mais il me semble que quand je la vois, c’est au niveau général, pas envers une personne spécifique. D’autre part, quand je suis autour des expatriés, les seuls anglophones sont soit moi soit des époux. (Toujours époux, jamais épouses. Vos hommes partagent mon avis sur les américaines, mesdames.) Je reconnais que je parle peut-être d’un point d’ignorance, mais je n’ai pas envie de contrarier les expatriés avec des questions indélicates.
Peut-être que j’en tire la mauvaise leçon, mais il me semble que je pose trop de questions et il faut que j’arrête.
C’était une semaine très inhabituelle chez Un Coup de Foudre — trois billets qui parlent de livres. Ce que vous ne saviez pas, c’était que la bibliothèque m’avait mis de la pression pour terminer Dungeon Crawler Carl — il y a autant de demande que les renouvellements des emprunts sont interdits. Je n’ai jamais emprunté un si récent livre avant, alors je n’avais aucune idée !
Cette semaine, je vais rompre ma « règle » contre refaire le même dessert pour mes événements de l’OCA. J’ai reçu la nouvelle qu’un couple que j’adore, dont leurs enfants sont plus vieux que La Fille, mais qui sont très proches de mon âge, rentrera bientôt en France. Ce n’était pas prévu, mais la vie est comme ça parfois. Le macaron Saint-Valentin est sans doute mon dessert le mieux accueilli , et j’aimerais le partager avec eux.
En parlant du Saint-Valentin, j’ai trouvé un clip de la fabrication de l’Ispahan chez Pierre Hermé, et je sais maintenant qu’il triche. Plus précisément, il triche encore — je vous ai dit il y a longtemps qu’il m’était évident que les grands chefs, dont lui, cachent des étapes importantes même dans leurs livres. Dans ce cas, il est évident en regardant le clip que la pâte est bien plus épaisse que d’hab pour les petites coques. Vous savez déjà ce qui suivra — je ferai une coque comme ça. Si ça marche, l’autre sera le même. Sinon, elle sera le fond.
La Fille a demandé que je fais un autre gâteau macaron parce qu’il me restait assez des garnitures. Voici les coques, faites avec une plus petite douille. C’est encore plus de preuve qu’il faut utiliser une pâte plus épaisse, car la rondeur reste toujours un problème, même avec une spirale plus étroite.
Y avait-il une sorte de match à la télé, un Saladier moyen, ça vous parle ? Toujours ravi de savoir que je n’ai rien payé aux athlètes de la NFL, ni à aucun rappeur. Mais un ami en France m’a contacté avec une question sur les plastrons qui portent les joueurs. Je l’ai envoyé cette photo du mien pendant mes années lycéens. Je la gardais pour un autre post sur les fouilles archéologiques dans mon ancienne chambre chez mes parents, mais voilà. Quand j’ai tourné le dos, sachez que c’était difficile :
Une meilleure nouvelle ? On a posté dans le groupe de Facebook qui m’a lancé dans toute cette aventure, pour demander où sont donc passés les anciens membres. Vu que c’est un groupe privé, pas de noms ni de captures d’écran. Mais c’était une réunion joyeuse avec quelqu’un qui me manque, et auquel je pense plus souvent qu’il ne le sache.
Notre blague traite des cantines à l’école. Nos articles sont :
Les gros-titres sont Reims et Asperges. Les Bonnes Nouvelles traitent du retour d’une espèce disparue, et c’est l’une de mes histoires préférées depuis le lancement de cette partie.
Bienvenue encore une fois au billet de plus en plus bien nommé, Dimanche avec Marcel (maintenant avec des contenus 50 % parus le dimanche !). Cette fois, j’ai avancé de 50 pages ; on est maintenant fini avec le premier tiers de Du côté chez Swann, mais vu le manque de chapitres, ça ne veut dire absolument rien. On parle de plusieurs thèmes aujourd’hui, mais vu que la malheureuse cuisinière Françoise est le sujet de deux parties de cette tranche du livre, cette semaine est dédiée à elle. Encore une fois, mes citation en français viennent de la version trouvée chez Wikisource.
On commence avec une digression sur M. et Mlle Vinteuil. M. est le professeur de piano de Combray ; Mlle est sa fille. Je mentionne cette partie seulement pour les mettre en jeu, car Proust a l’habitude de présenter des personnages, ne rien faire avec, puis y revenir des dizaines de pages plus tard. M. est possédé de deux traits importants : une « pudibonderie excessive » qui le mène à éviter Swann à tout prix, et un esprit dont « il craignait de les ennuyer et de leur paraître égoïste s’il suivait ou seulement laissait deviner son désir », au point où il cache toutes ses compositions de ses visiteurs.
Mlle Vinteuil, pour sa part, n’entre dans l’intrigue que pour se faire remarquer à cause de son odeur de frangipane. La traduction anglaise le rend comme si c’était juste « amande amère » (mentionnée aussi en français). Comme la cyanure ? Je me demande si ce sera important plus tard.
On reprend les aventures de la monstrueuse Tante Léonie. Elle rêve apparemment d’un incendie tel que :
la maison était la proie d’un incendie où nous avions déjà tous péri et qui n’allait plus bientôt laisser subsister une seule pierre des murs, mais auquel elle aurait eu tout le temps d’échapper sans se presser
Puis on entend parler que la relation entre la visiteuse hebdomadaire Eulalie et Françoise est beaucoup plus toxique qu’imaginée. Eulalie met des idées dans l’esprit de Léonie que Françoise lui vole de l’argent. Pour sa part, Léonie se dit ces trucs à haute voix, comme ça :
elle se prononçait à elle-même les excuses embarrassées de Françoise et y répondait avec tant de feu et d’indignation que l’un de nous, entrant à ces moments-là, la trouvait en nage
Le narrateur est certain que Françoise entendait aussi ce théâtre : à sa place, j’aurais tout de suite quitté le boulot plutôt que subir ça. Mais Françoise répond par faire encore plus d’efforts pour se montrer fiable. On y reviendra.
Il suit un épisode ridicule, la question d’un certain M. Legrandin. Est-ce qu’il a insuffisamment rendu le bonjour du père du narrateur ? Est-ce que c’était pour montrer qu’il était fâché pour telle ou telle raison ? On y reviendra.
De nulle part, on revient à Françoise. On en a entendu parler à plusieurs fois à ce point, toujours de manière positive. Mais maintenant, on entend plutôt qu’elle fait son tout pour s’interposer entre tante Léonie et tout autre domestique de la maison, au point où :
si cet été-là nous avions mangé presque tous les jours des asperges, c’était parce que leur odeur donnait à la pauvre fille de cuisine chargée de les éplucher des crises d’asthme d’une telle violence qu’elle fut obligée de finir par s’en aller.
Quelle méchante ! Pourtant, je me doute que notre narrateur prend tout pour le pire ; tôt ou tard, la réputation de chaque personnage se noircit dans son récit.
C’est donc le tour de M. Legrandin pour y subir. Il s’avère qu’après tout, il est aussi faux. Il avait dit ailleurs qu’il avait une sœur à Balbec ; pourtant, quand la famille du narrateur mentionne un voyage à suivre à cette ville, il n’offre pas de faire une introduction.
On a enfin d’où le nom « Swann’s Way » en anglais :
Car il y avait autour de Combray deux « côtés » pour les promenades, et si opposés qu’on ne sortait pas en effet de chez nous par la même porte, quand on voulait aller d’un côté ou de l’autre : le côté de Méséglise-la-Vineuse, qu’on appelait aussi le côté de chez Swann parce qu’on passait devant la propriété de M. Swann pour aller par là, et le côté de Guermantes.
Pendant des décennies, je croyais que « way » ici voulait dire « sa façon de vivre ». Mais non, c’est juste littéralement le chemin qui passe par chez lui.
Et pourquoi est-ce que l’on apprend ça ? Le narrateur, son père et son grand-père prennent une balade par ce chemin. Il rencontre Gilberte, la fameuse Mlle Swann qui est amie de Bergotte, raison suffisante pour que le narrateur soit tombé amoureux d’elle sans la connaître. Alors, face à l’objet de sa passion, il dit quoi ?
Absolument rien.
Dites-donc, je lis un roman ou ma biographie ?
J’ai tout à coup tout genre de questions sur la relation entre Mlle Swann et Bergotte, car elle est mineure, et lui, il a au moins ses 30 ans. Et ils voyagent ensemble ailleurs en France ?!? Mais je sais enfin ce qui veut dire « Du côté de chez Swann » et il faudra que ça suffise pour l’instant.
Hier, j’ai assisté à une autre soirée de jeux de plateaux de l’OCA. Comme d’habitude, je ne peux partager aucune photo prise là-bas, mais j’y suis allé avec un but : que l’on aille enfin goûter les macarons Saint-Valentin qui n’est ni moi ni La Fille. En plus, vu qu’il y avait 9 personnes là, dont une qui ne peut pas manger de produits laitiers, j’ai décidé que j’allais le faire en taille géante, un gâteau comme on trouve dans les boutiques de Pierre Hermé. Mon pochage est loin du sien, mais le voilà :
Je vous ai donné la recette deux fois déjà, en format ordinaire, et à partager pour deux personnes. Je ne vais donc pas tout écrire à nouveau, mais j’offrirai mes astuces pour le réussir, ainsi que mes observations déprimantes habituelles quand on dit « Saint-Valentin ».
D’abord, quelques photos pour prouver que ça vient vraiment de ma cuisine. Ce n’est pas assez professionnel pour être de chez Moulin, peu importe Pierre Hermé, mais d’autre part, on a ce que l’on paye, et ceci est gratuit aux autres, n’est-ce pas ?
De tous les desserts du blog, le macaron Saint-Valentin était la chose dont j’avais le plus envie d’entendre l’avis des vrais Français. Quelqu’une qui je respecte énormément l’a dit « une tuerie », et une autre personne m’a demandé si j’accepterais des commandes. Ça fait chaud au cœur. Je sais que la pression ne vient que de moi-même à ce point, mais je me sens comme si je dois toujours me prouver à chaque fois.
Alors, ce que j’ai appris en faisant ce macaron à taille de gâteau :
Pour les coques :
J’ai imprimé un cercle de 20 cm sur une feuille de papier, et l’a glissé au-dessous de mon tapis en silicone habituel :
Il faut environ 90 % de la pâte de ma recette ; je recommande que l’on fait deux lots de la pâte, et jette l’excès ou fait de petits macarons avec les restes. Si vous avez deux de chaque outil — deux plaques, deux tapis, etcétéra — on peut doubler la recette, mais c’est difficile de diviser cette quantité en deux pour pocher les deux coques.
Il faut les faire cuire plus longtemps que de petites coques. J’ai sorti la première coque du four après 15 minutes — le fond restait collant. J’ai pu l’utiliser pour être le fond du gâteau, mais 17 minutes pour la deuxième coque était le bon choix. Vous pouvez voir que la première coque s’est brisée un peu au centre, mais que la deuxième est plat :
Je recommande que l’on utilise une plus petite douille que celle pour les macarons typiques. Le gâteau Ispahan de Pierre Hermé est fabriqué de cette façon, et bien que l’on peut voir les traces de tous les cercles concentriques, ses résultats sont plus réguliers que les miens. J’ai déjà une quinzaine de douilles, mais je vois une autre dans mon avenir.
Pour la garniture :
On n’a besoin que de la moitié de mes quantités de crème pâtissière et de ganache au chocolat pour un seul gâteau de 20 cm. J’ai fait beaucoup trop de chacune pour remplir mon gâteau, et j’ai des restes. D’autre part, si j’allais faire deux gâteaux, ce serait parfait. Au fait, c’était mon premier essai avec de la pâte de vanille au lieu de l’extrait ou d’une gousse. Je suis content des résultats, même si je préfère toujours les gousses.
Je considère que ma garniture ne manque pas trop par rapport à l’Ispahan, que je n’aime pas pour son goût, juste son aspect. La combinaison de vanille, de chocolat, et de framboises fraîches est une gagnante, et absolument dans le courant dominant de ce que l’on fait pour la Saint-Valentin.
Dernière pensée :
J’essaierai de ne pas trop me plaindre, mais vu l’histoire maudite de mes recettes de Saint-Valentin, je voulais vraiment que l’on l’aime. J’ai eu ça. Cependant, on m’a dit au début de la soirée, « Il fallait le faire en forme de cœur ». J’ai presque fait une crise cardiaque, bien que je sache parfaitement bien que c’était un commentaire innocent. Je sais quelle expression était sur mon visage, et je lui écrirai une note avec mes excuses. Mais y penser fait tellement mal au cœur.
Je me suis dit il y a des années, « Vous avez probablement lu un livre en anglais pour plaisir pour la dernière fois. » Vous pensez que je plaisante, mais si ce n’est pas en français, je ne m’y intéresse plus depuis 2020. C’est comment le dernier livre que j’ai lu en anglais était « A Walk in the Woods » par Bill Bryson, au début du confinement. Mais en décembre 2024, Light&Smell a critiqué un livre, Dungeon Crawler Carl, qui m’intriguait. Mon problème étant avec les créateurs anglophones plus que la langue anglaise, j’ai quand même décidé de le lire dans sa VO. D’habitude, je n’écrirais pas sur un tel œuvre pour ce blog, mais l’expérience était si déroutant que je dois en parler.
Dungeon Crawler Carl est le premier livre que j’ai lu dans le genre « LitRPG » ; c’est-à-dire « Jeu de rôle littéraire ». Mais c’est la 1000e fois où j’ai lu du texte écrit dans ce style. Light&Smell avait écrit :
J’ai, en effet, eu le même ressenti que quand je jouais avec mon frère aux jeux vidéo et que c’était son tour d’avoir la manette : pendant quelques minutes, mon esprit est concentré sur ce qui se passe et puis, il finit par dériver.
Ça ne commence guère à décrire mon expérience de lire ce livre. Chaque bataille dans ce livre pourrait être tiré de la Final Fantasy Legend pour la Game Boy, ou Zork pour les ordinateurs du début des années 80. Permettez-moi de vous offrir un exemple de ces jeux, traduit en français comme on trouve seulement chez Un Coup de Foudre :
GRIR attaque ConnardGris avec ÉPÉE.
ConnardGris perd 4 Points de Vie.
ConnardGris frappe GRIR avec PQÛR.
Punaise ! GRIR est EMPOISONNÉ.
GRIR boit ANTD.
Youpi ! GRIR n’est plus EMPOISONNÉ !
Ah, les bons vieux jours quand les noms étaient limités à 4 lettres, alors notre pauvre Guerrier est devenu GRIR, et le puissant ConnardGris (une oie avec une queue de scorpion et des pinces de homard) attaquait avec PQÛR au lieu de Piqûre. Heureusement, GRIR avait un sac invisible où il stockait tout genre de potion, dont ANTD, de nos jours Antidote, avec un maximum de 9 bouteilles jusqu’au moment où nous sommes passés à des consoles 16 bits, et tout à coup, 99 est devenu possible. (La révolution en sacs invisibles était encore plus impressionnant que la révolution en ordinateurs. Il fallait être là, je suppose.)
Bon, j’avoue, j’ai complètement inventé le dialogue en haut, mais ça pourrait venir de tout jeu de rôle vidéo de l’époque. Un beau tiers du livre se déroule de cette façon, mais ce n’est que le début du point auquel l’auteur habite dans ma tête — et presque tout homme américain de plus de 35 ans. Je vais vous donner toute l’intrigue de ce livre sans utiliser le nom d’un seul personnage du livre lui-même :
La Terre souffre une catastrophe du début du Guide du Voyageur galactique. Notre héros, John Rambo va descendre dans un donjon souterrain avec son chaton, Alf pour jouer au Running Man sur le plateau du jeu vidéo Smash TV, mais où les règles ont toutes été écrites par le réalisateur de Final Fantasy. Là, il rencontrera les vieillards de Cocoon ou Miracle sur la 8e rue, ainsi que la prostituée à 3 seins de Total Recall. Malheureusement pour lui, Alf lui dira que son ex le trompait gravement, et la seule femme qu’il rencontrera dans tout ça qui s’intéressera à lui, elle vient de Gremlins.
Voilà, aucun divulgâcheur direct, mais les initiés auront tout compris. Et il n’y a pas besoin de me croire sur parole — c’est l’auteur lui-même qui fait référence à Running Man juste après le début. Il y a des centaines de références, surtout à la série Gilmore Girls (jamais vue de mon côté).
Ce livre n’était donc pas autant un livre qu’une espèce de magie noire, de vaudou lancé par quelqu’un pour qui je n’ai aucun secret. L’équipe derrière SCRiiPT, l’auteur les connaît comme ça aussi. Je vous ai dit une fois que j’ai tendance de voir le monde comme si c’était une campagne de Donjons et Dragons, avec les statistiques partout pour chacun. Vous allez faire le plein des statistiques le temps que vous finissiez ce livre.
Au cas où vous ne croiriez pas qu’il est dans ma tête, je traduis un tout petit morceau où un sort de protection est décrite :
Coque protective :
Imagine-toi au lycée. Puis imagine toutes les filles qui ne s’approcheraient jamais de toi. C’est comme ça mais fait exprès.
Voyez-vous comme il connaît mes névroses ?
L’auteur est un écrivain bien capable, mais je dois vous dire, ce style de « LitRPG » me dérange. Pour autant que je profite des jeux de rôle, je n’ai pas envie de lire un livre qui met les règles des jeux en vedette à ce point. Je préfère fortement les Chromiques de Lancedragon, qui se déroulent dans une campagne de D&D, mais qui n’exposent jamais les règles du jeu sous sa forme littéraire. Les trois premiers romans sont des livres de qualité en tant que livres. (Après, tout part en cacahuète, mais les trois premiers livres sont des perles.) En plus, il s’avère que Dungeon Crawler Carl n’est que le premier tome d’une série de même longueur que Proust, et elle n’est pas encore finie. Non. J’offre mes meilleurs vœux à Carl et sa chatte, Donut, mais 6 tomes de plus (et peut-être encore plus), c’est trop.
J’étais curieux — c’était quoi la version expat de Chandeleur ? Alors j’ai commencé à glisser parmi les photos du post — c’était tout une histoire en BD d’une femme qui essayait de faire des crêpes pour le bon jour malgré étant à l’étranger. Puis, j’ai atteint la chute, qui disait « C’est la galette des rois encore une fois » (mais en anglais), et j’ai dû en savoir plus. Après tout, les 4 dernières années sont une histoire d’essayer toujours de faire exactement ça, mais un jour à l’avance à chaque fois, afin de publier au bon moment.
Inutile d’ajouter que j’ai partagé ce post-là dans le groupe privé de l’OCA, mais vu le manque de réponses soit les autres l’ont trouvé moins drôle que moi soit c’était le mauvais moment pour attirer leur attention. Mais j’étais si curieux que quand j’ai vu à la fin que les dessins sont venus d’un plus long livre, une BD intitulée « Les Expats », je l’ai tout de suite achetée en format Kindle.
Je n’étais pas du tout déçu. Sauf pour une chose qui n’a rien à voir avec les contenus. On en parlera à la fin. Mais sachez tout au début que je recommande cette BD sans aucune hésitation et non pas seulement à ceux qui sont expatriés.
Je suis dans une situation bizarre en tant que critique. On penserait que le public pour ce livre était les autres membres de l’OCA, les vrais expatriés. Mais je me reconnais dans ce livre comme si c’était ma biographie. Il y avait un moment où le livre partage une liste de ce qui font tous les français vivants à l’étranger, dont « régresser à la moindre trouvaille française » devant des Choco BN au supermarché, et « regarder des programmes français bien pourris avec un VPN ». Et elle n’a même pas lu mes posts liés ! (Oh, « Meurtres à », je vous aime quand même.)
Il faut savoir que le livre est une collection de dessins réalisés par l’autrice, Clémentine Latron, pour un magazine dit Courrier International, inconnu pour moi jusqu’à cette semaine. Il s’agit d’une revue hebdomadaire de la presse étrangère et est publiée par Groupe Le Monde. Vous savez peut-être que je me plains parfois des lacunes dans Le Monde, alors j’étais agréablement surpris d’apprendre que CI existe. Mme Latron elle-même est une expatriée qui habite aux Pays-Bas, mais il me semble qu’elle a dû passer du temps dans un pays anglophone en plus.
Alors, étant paru un dessin à la fois, il n’y a pas de grande histoire ici, mais plutôt une série d’observations sur le comportement des expatriés à l’étranger et rentrés, ainsi que leurs proches. (Une idée fixe, c’est que les expatriés font leur tout pour s’éviter, les uns aux autres.) Vous me reconnaîtrez bien dans ce dessin, surtout si vous avez fouillé dans les archives et vu mon pèlerinage chez Carrefour :
Non, je ne porte pas de robe — je voulais dire juste le comportement !
Il y a la plainte habituelle, que j’ai travaillé dur pour éviter, que les étrangers ne connaissent que Paris. J’ai appris les vrais noms de ce que j’appelais Saint-Nullepart ailleurs sur le blog de cette partie :
(En anglais américain, Perpète-les-Olivettes s’appelle « Podunk ».)
Il y a l’image miroir de mes plaintes sur la bise, des plaintes sur l’habitude anglophone de serrer quelqu’un dans les bras, ce qui se dit « hug ». On trouve la même plainte dans le premier livre de Guy-Roger Duvert que j’ai lu, et je l’ai mentionnée à l’époque.
Au fait, il me semble que des gens ont commencé à se rendre compte du point auquel la bise me met mal à l’aise. Ça arrive toujours, mais moins.
Et pour finir, une autre expérience « image miroir », c’est les gens qui demandent encore et encore quand je trouverai une française. Je ne sais pas, ils en connaissent plus que moi, rien ne leur empêche de faire une introduction. (J’ai la même plainte sur mes soi-disant amis américains, qui ne m’infligeraient jamais à leurs autres amies.) Apparemment, Mme Latron entend souvent la question de trouver un hollandais, car elle apparaît dans le livre à plusieurs reprises.
Alors, ma plainte. J’ai acheté ce livre sur Kindle — mais je n’y ai pas lu une seule page. On ne peut pas magnifier les pages sur Kindle pour iOS, malgré le fait que ce sont tous des dessins (on peut le faire pour des images dans d’autres livres numériques). L’écriture est un peu trop petite pour moi. Alors j’ai pris des captures d’écran de toutes les pages, puis les ai lues dans mon appli Photos. Je ne sais pas si c’est un choix de l’édition ou une limite du logiciel.
Mais mettez ça de côté. Je reconnais tellement les expatriés que je connais, ainsi que moi-même dans ce livre. Si vous avez des proches qui sont partis à l’étranger après un accident avec une poêle, ce livre est pour eux — et pour vous. Mme Latron est hilarante et une observatrice attentive, et je recommande Les Expats avec enthousiasme.
Cette semaine, vu que tout le monde sauf votre hôte boira du champagne plus tard ce mois, Langue de Molière présente une expression liée à la boisson.
Il y a des années, j’ai vu une vidéo de comment ouvrir une bouteille de Petrus 1961 sans risquer que le bouchon finit dans le vin. On utilise une pince et du feu. C’est l’un des trucs les plus dingues que j’ai vus. Malheureusement, ce n’est disponible que sur Facebook, alors je vous offre ici un lien mais pas de vidéo directement dans cet article.
Plus tard, j’ai découvert une technique encore plus impressionnante, au moins visuellement, le sabrage, où on ouvre une bouteille de champagne avec un sabre. On dirait aussi « sabrer le champagne ». Voici un exemple :
Il y a des semaines, j’ai vu un clip sur Facebook, produit par TV5MONDE avec le professeur de linguistique Bernard Cerquiglini. Heureusement, il est aussi disponible sur Instagram, alors je peux le partager ici. Il s’agit de l’expression « sabler le champagne » :
Alors, c’est quoi « sabler » le champagne ? Après tout, le sable, c’est la poudre énervante qui me donne envie d’éviter la plage, et la pâte sablée, c’est la pâte qui prend une forme similaire à la poudre épouvantable. Mais cette expression n’en a rien à voir.
Si vous connaissez un peu la fonderie, il s’avère que « sabler » a un sens technique, selon le professeur Cerquiglini, ou ça veut dire « faire couler du métal liquide dans un moule de sable ». Par analogie, si on boit rapidement le champagne, de façon « trou normand », on « sable » le champagne de même façon que l’on « sable » le métal. Mais plus tard — disons le XVIIIe siècle, selon le professeur — la rapidité a été remplacée par la compagnie, et « sabler » a fini par vouloir dire « boire dans une situation festive ».
Je ne connais pas du tout cette idée de boire dans un contexte festif. Mais je connais certainement l’idée de boire rapidement. Il était une fois, et je veux dire la fin des années 90, il y avait une émission à la télé américaine — par câble seulement — dite « The Man Show », Le Spectacle aux Hommes. Chaque épisode finirait avec le pianiste menant le public dans une chanson, puis il buvait deux bières d’un coup, sans respirer. C’était un talent impressionnant. Inutile, mais impressionnant quand même. J’ai mis la vidéo juste avant le bon moment ; si ça ne marche pas pour vous, la démarrer à partir de 20:48.
Peut-être que je passerai le 14 en essayant de boire de la bière aussi rapidement que ce monsieur.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour se plaindre du froid.