Cauchemar

Je suis en train de préparer mon dîner pour la Somme. Par rapport à tous les autres, celui-ci exige la moins de recherches, pour des raisons que j’expliquerai dans le bon post. (Non, mon ami ne m’a pas donné les recettes.) Mais il me fait quand même des cauchemars, comme j’en fais de plus en plus.

Il y a plusieurs genres de commentaires que je reçois sur ce que je fais ici. La plupart sont très gentils, plus que je mérite, honnêtement, et je les apprécie beaucoup.

Parfois je reçois des commentaires pour me dire que j’ai raté quelque chose, et je les apprécie aussi. Celui en bas répond à un lien que j’ai donné pour mon dîner ardéchois :

Vu la date vous pouvez voir que je n’oublie rien. Ce n’est pas une raison pour ne pas me dire si j’ai fait une erreur ! Je dois souvent deviner certains détails car il n’y a pas de mamie à la maison.

À propos des mamies, un petit détour. Ni l’une ni l’autre des miennes était cuisinière. Le seul souvenir que j’ai de ma grande-mère maternelle à cet égard est plutôt drôle. Vous souvenez-vous des télévisions avant les LED ? Les gross tubes cathodiques ? Ils devenaient plutôt chauds avec assez de temps. Alors, une fois où je restais chez ma grande-mère, elle m’a montré son astuce pour réchauffer un dessert surgelé. Elle l’a mis au-dessus de la télé, on a commencé à regarder quel que ce soit, et une demi-heure plus tard, hop ! Le dessert était prêt !

Ben, personne ne va jamais me déranger avec ce genre de commentaire. Plus énervants sont ceux qui me disent qu’ils auraient préféré que j’aie choisi différemment, comme s’ils étaient là pour m’aider à planifier :

Ça, c’était en réponse à des exemples que j’ai offerts sur Quora. Elle s’est plainte que « La plupart de ceux-ci sont des desserts, pas de plats. » (J’ai proposé deux plats principaux et deux desserts en réponse à la question « Est-ce que la France a de la cuisine quotidienne, à part la haute cuisine ? » (C’est ma traduction.) Bof, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde, quel que l’on fasse.

Ce ne sont pas ceux qui font les cauchemars. Je ne veux impliquer personne, mais je vous raconterai mon cauchemar d’hier soir, car je m’en souviens. J’avais eu une conversation sur Instagram qui l’a certainement provoqué, mais pour être clair, la grande majorité de ce qui suit vient de mon imagination trop active :

mar_ie.cyber21 : « Vous avez complètement raté le ragoût de veau de Nullepart-Saint-Bernard, Justin. »

Moi : « Bon, je vous écoute. »

mar_ie.cyber21 : « On est d’accord qu’il faut le servir sur une belle tranche de pain rassis, n’est-ce pas ? »

Moi : « Mais oui, il faut dessécher une baguette de Trou-sous-Terre pour ça. Comme je ne vis pas dans la bonne région pour aller dans la seule et unique boulangerie qui la vend, j’en ai fait une. La recette est sur le blog.

mar_ie.cyber21 : Et c’est ça le problème. Vous avez plutôt fabriqué une baguette de Trou-EN-Terre, qui n’a rien à voir avec l’autre.

Moi : Mais sûrement vous plaisantez. Les deux ont la même liste d’ingrédients : de la farine, de l’eau, du sel, de la levure boulangère…et l’aile d’une mouche qui doit être cueillie à exactement 3h47 du matin. J’ai même fait le calcul pour compenser les effets de la gravité sur le décalage horaire. Quelle est la différence ?

mar_ie.cyber21 : Bon, vous avez clairement raté vos devoirs. L’aile doit être ajoutée à la farine pour la baguette de Trou-sous-Terre. Par contre, pour la baguette de Trou-en-Terre, il faut d’abord mettre la farine dans le bol, PUIS ajouter l’aile ! C’est tout autre chose, et seulement un étranger ne se soucie pas de la différence ! Et en plus, la frontière de deux départements les séparent, alors c’est du mauvais département !

Il y a un morceau de ce que l’on m’a vraiment dit là-dedans. Mais juste un échantillon, vraiment.

Pourtant, tout ça est à partir d’un vrai cauchemar que j’ai fait. Je sais que je suis un peu hyper-sensible ([COMME c’est un faux ami avec l’anglais ! — Mon ex]), mais je vous jure — je me suis réveillé hier en disant, « Je suis désolé ! »

(Photo de couverture : « Their Nightmare » (Leur cauchemar), par C.J. Taylor, 1895, Domaine public)

Je découvre la Somme

On continue maintenant le Tour avec le 80, la Somme. C’est le département le quarante-quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment samariens. C’est notre cinquième, et dernier, séjour dans les Hauts-de-France. Au fait, malgré le fait que le nom du département est féminin, on dit « dans la Somme », pas « en Somme ».

Que puis-je dire ? Vous êtes tous spéciaux à moi, mais il y en a certains qui le sont un peu plus. On est dans le département de mon plus vieux ami en France, la première personne qui m’a envoyé une carte postale — et c’était son idée — l’ami qui m’a aidé avec le colis de mes rêves. J’oserais dire que nous sommes au pays de votre meilleur ambassadeur.

On commence à la préfecture, Amiens, où on trouve la plus grande cathédrale gothique en France, Notre-Dame d’Amiens (3 étoiles Michelin). Remarquez les fleurs sculptées partout, la guède, qui faisait partie de la richesse de la ville en tant que plante tinctoriale, ainsi que la rose de la façade occidentale. D’ici, on suit la Rue de la République jusqu’au Musée de Picardie (2 étoiles), avec des collections archéologiques de la région, ainsi que de Beaux-Arts du Moyen-Âge jusqu’au XXe siècle.

On traverse la Rue Mail Albert Ier pour visiter la Maison de Jules Verne, qui y a passé 18 de ses 34 ans à Amiens. J’ai presque — presque ! — sauté ma visite à Orléans juste pour visiter cette maison, avec sa bibliothèque de 12 000 livres, son cabinet de travail, et des espaces consacrés aux plus grands livres français, Le Tour du Monde en 80 Jours et Vingt-Mille Lieues Sous Les Mers. Puis on croise la Somme pour visiter les Hortillonnages d’Amiens (2 étoiles), des canaux et des jardins flottants qui servent toujours comme des potagers pour la ville.

Nos prochaines destinations sont vers l’est du département, où on va faire le parcours du Circuit du Souvenir, consacré à la Première Guerre mondiale. Il y a de nombreux monuments aux soldats qui sont venus de partout afin de lutter pour la France et la liberté. À Thiepval, on trouve son Mémorial (lien en anglais, car britannique) (1 étoile) aux soldats britanniques, un arc de triomphe en briques. À Beaumont-Hamel, il y a le Mémorial terre-neuvien (1 étoile) aux soldats canadiens, avec une statue de caribou, symbole emblématique du Canada — il reste des tranchées partout, souvenirs de la bataille. Il y a 9 sites aux australiens ainsi qu’un site sud-africain. Notre musée phare pour cette partie est L’Historial de la Grande Guerre (2 étoiles) à Péronne. Situé aux côtés d’un château du XIIIe siècle gravement abîmé par les voisins, le musée se concentre sur les expériences des individus qui ont vécu la guerre — les civils et les soldats.

En retournant vers l’ouest, il nous faut absolument passer par le village avec le meilleur nom de toute la France, Y. Au-delà de rencontrer Nicola Sirkis ou Catherine Ringer, la photo que je veux la plus au monde soit moi à côté de ce panneau :

Y, Photo par Zzerox, CC BY-SA 4.0

J’aime imaginer les conversations autour du village : « Je dois y aller ». « Tu vas où ? » « Y ». « Ouais, ouais je sais, c’est la grammaire, tu peux remplacer n’importe quel endroit par ‘y’, mais où est y ? » « Dans la Somme. » « Plutôt vague, ça. Ce lieu a un nom ? » « C’est Y. » « QU’EST-CE QUE TU CACHES ? C’EST QUOI SON NOM, ELLE ? J’APPELLE MON AVOCAT ! » Il doit Y avoir un t-shirt : « J’Y vais. » Et un autre, « J’Y suis. » Goûtez le veau, j’Y serai toute la semaine, tout le monde ! (Une blague fortement new-yorkaise, ça.)

On suit le cours du fleuve Somme vers Long, un village pittoresque du Moyen-Âge de 600 habitants, pour y prendre une balade. On conduit un peu au sud-ouest pour visiter le château-fort de Rambures (1 étoile), du XVe siècle, le premier en France construit en « brique et pierre », et toujours aux mains de la famille originale. On passe d’ici au nord, par Feuquières-en-Vimeu pour noter une entreprise française, la société Auer, récemment rebaptisée Intuis, qui produit des chauffe-eaux et pompes à chaleur. Les parents de mon ami en Somme y travaillaient et elle reste un producteur fièrement « fabriqué en France ». Leur histoire comprend avoir fabriqué les éclairages au gaz parisiens !

On rejoins la Somme à Abbeville ; aux alentours, on visite l’abbaye de Saint-Riquier (2 étoiles), fondée au VIIe siècle, mais avec une église qui date principalement du XIIIe au XVIe siècles après plusieurs incendies et reconstructions dans un style gothique flamboyant. On passe à la cité médiévale de Saint-Valery-sur-Somme, aux bords de la Baie de Somme, équipé de tous les besoins pour une balade parfaite — un château-fort, des remparts, des murs en pierre. Finalement, ne ratez pas la Baie de Somme elle-même (2 étoiles), un Grand Site de France avec de nombreuses activités, dont le Parc du Marquenterre (2 étoiles), une réserve d’oiseaux et les Jardins de Valloires, avec plus 5 000 espèces de plantes.

Qui sont les personnages les plus connus de la Somme ? Je n’ai jamais lu son livre, mais il me semble que le monde entier connaît Pierre Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses. Je l’ai également mis en Loire-Atlantique, car né à Nantes, mais j’ai absolument lu des livres de Jules Verne, qui vivait et est mort à Amiens. M. le Président de la République Emmanuel Macron vient d’Amiens, ainsi que la Première dame, Brigitte Macron. Jean-Baptiste de Lamarck, biologiste qui a gagné une place dans l’Histoire pour ayant perdu face à Charles Darwin, est né à Bazentin. Éric Fréchon, chef 3 fois étoilé à l’hôtel Le Bristol Paris, est de Corbie.

Que manger dans la Somme ? On est bien en Picardie, maison de certains plats préférés du blog, comme la ficelle picarde (fait pour l’Aisne) et la rabote picarde (aussi fait ici). D’autres plats locaux comprennent le lapin aux pruneaux ([TOUCHEZ PAS À MON COUSIN — M. Descarottes]), la sauce confit d’oignons, le pâté de canard d’Amiens (servi en croûte), la soupe des hortillons (un hortillon étant un jardinier), et bien sûr d’autres spécialités nordistes comme la carbonade flamande et les endives (dont 3/4 de la production nationale de ce dernier). En produits locaux, on trouve les carottes de Saint-Valery-sur-Somme — décrites par Keldelice comme des carottes « de luxe » ([DONNEZ-MOI-EN ! — M. Descarottes]), les moules de la côte picarde, la rhubarbe d’Abbeville, et les pommes de Picardie. En dessert, il y a le gâteau battu, un genre de brioche, les macarons d’Amiens — spécialité de la famille de Mme Macron, et les berlingots de Berck. Pour boire, il y a les bières de la Brasserie De Clerck et la Brasserie Ambiani, et le cidre de la Cidrerie du Pays des Coudriers.

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Ma toute belle

J’ai l’impression d’avoir parlé d’une partie de ce qui suit avant, mais vu que chercher un site en français pour le mot « tout » est inutile, et que je sais que j’ai quelque chose de nouveau, nous voilà. Aujourd’hui, Langue de Molière est surtout sur tout.

J’ai vu le graphique suivant sur Facebook hier :

Source

Je croyais pendant trop longtemps que « tout » s’accordait toujours avec le nom qui allait avec. On remarque dans les exemples en haut que l’on parle de « tout » comme pronom, déterminant, adverbe, etc. — mais ce que remarque l’élève pressé, c’est qu’il semble être une règle plus basique : « tout » s’accorde grosso modo avec le sujet :

Tous les enfants porteront un manteau.

Ne t’inquiète pas pour les valises ; toutes suivent.

Elles sont toutes contentes.

J’ai glissé sur plusieurs exemples, mais vous voyez sûrement ce que je vois ; il y a des noms et des « tout », et ce dernier mot accorde avec les noms, quel qu’il arrive. Facile, hein ?

Mais faux. La première fois où je me suis rendu compte que je faisais des erreurs, c’était grâce à ce tweet d’Aurore Ponsonnet :

Vous remarquerez que c’est à partir de cette date que j’ai arrêté d’écrire « toute autre chose », et que l’on voit maintenant « tout autre chose » ici. Mais j’ai certainement raté ce que voulait dire « il est invariable dans les autres cas ». Je ne suis pas sûr où trouver des exemples, mais je n’avais aucune idée que « Ils sont tout émus » était correct.

« Justin », vous me dites, « ça doit être la Langue de Molière la plus ennuyeuse de toutes. Tout ça juste pour nous dire que vous étiez tout perplexe, mais pas plus ? » Il faut me faire plus confiance que ça, les amis — si ce blog a un but au-delà d’écrire sur toute la France, c’est de tout cafarder sur moi-même. D’où tout l’humour, d’habitude.

Peut-être que vous vous souvenez que ma réplique préférée de tous les temps est le moment où Cruchot rencontre Josepha dans Le Gendarme se marie. On en a parlé dans une autre Langue de Molière en mai. Tout ça part du moment où Cruchot fait irruption dans le bureau de son chef en criant, « Alors, ma toute belle ! » Évidemment, tout doit accorder avec l’adjectif. Laissez tomber.

Mais ça nous amène à un souvenir tout Justin, que Facebook m’a récemment rappelé. Je ne veux pas partager une partie, mais je vais vous donner une capture d’écran ainsi que la photo qui est allée avec.

Ça vient de m'arriver à mon supermarché habituel, Ralph's. Je n'OSERAIS jamais raconter cette histoire en anglais. 

J'ai vu ces viandes à l'entrée, et j'ai dit « Hello, gorgeous » -- c'est-à-dire « Bonjour, ma belle ». Une femme près de moi m'a entendu et pensait que je lui parlais, alors elle m'a regardé avec un visage colérique. Gêné, j'ai répondu « Désolé, je parlais à la viande ». Ça l'a rendue encore plus en colère, mais elle est partie. 

Aux États-Unis, on ne sait JAMAIS si une femme appellera la police si on dit quelque chose comme ça. Je ne dirais jamais rien sur l'apparence d'une inconnue pour cette raison. Certaines d'entre mes amies sont ce genre de personne, c'est donc pourquoi je ne dirais jamais ça en anglais.

C’est la véritable photo de la viande qui m’a lancé dans cet épisode-là. Cependant, qu’est-ce que tout ça a à voir avec toutes mes bêtises en haut ? C’est tout simplement que ce qui était vraiment dans la tête en ce moment, c’était la réplique : « Alors, ma toute belle ! ».

Au fait, je vous rassure que ce que j’ai omis n’était pas plus grave. On ne s’est pas disputés, heureusement. Enfin, à haute voix.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler d’autres règles que j’ai raté — trois groupes de ça, en fait.

Le cookie à partager de Péla

« Papa », m’a dit La Fille, « Péla a fait un nouveau cookie. Tu sais ce que ça veut dire ? » « Éclairez-moi », j’ai répondu. « Quoi, tu veux que je tire des éclairs sur toi ? » « Laisse tomber, je me lance. » Alors, voilà :

Disponible à haute résolution en cliquant

Mais oui, voici la dernière recette de Péla, un cookie géant à partager. Je l’ai testé pour vous — comme s’il y avait un doute que ce serait une autre réussite chez elle !

Je vais vous conseiller de suivre exactement ce que dit Péla. Je n’ai pas beurré et fariné mon moule car je me suis dit « Moule anti-adhésif, pas besoin ». J’avais tort. On peut sauter ça avec la recette de Laurène Lefèvre, qui est moins collante, mais c’est une mauvaise idée ici. Et par rapport avec la recette de Laurène, nous sommes d’accord que ce cookie est meilleur.

Les ingrédients pour le cookie à partager :

  • 180 grammes de beurre mou à température ambiante
  • 170 grammes de cassonade
  • 60 grammes de sucre en poudre
  • 2 œufs 
  • 2 pincées de fleur de sel 
  • 320 grammes de farine
  • 1 sachet de levure chimique (11g)
  • 250 grammes de chocolat noir pâtissier
  • 30 grammes de pépites de chocolat

Les instructions pour le cookie à partager :

  1. Préchauffer votre four à 180°C.
  2. Mettre la cassonade, le sucre et le beurre mou dans un robot pâtissier. Bien mélanger avec la feuille.
  1. Ajouter les œufs et la fleur de sel et mélanger encore. Puisque la fleur de sel est presque invisible à ces quantités, voici ma boîte pour vérifier que j’en ai ; croyez-moi, pas besoin de me convaincre !
  1. Ajouter la farine et la levure chimique et mélanger le plus vite possible. Votre pâte sera plutôt collante.
  1. Hacher le chocolat pâtissier avec un couteau sans dents et incorporer avec la feuille. J’ai utilisé plutôt 100 grammes chacune de pépites de Valrhona et de Ghirardelli pour vider mon stock, ainsi que 50 grammes de chocolat noir Ghirardelli.
  1. Déposer dans un moule rond à charnière beurré et fariné.
  2. Étaler à la main. Péla conseille d’utiliser une cuillère humide, ce que j’ai fait après en avoir essayé une sèche. La pâte est trop collante pour ça.
  1. Parsemer avec le reste des pépites de chocolat. Je n’ai pas fait ça avec des pépites déjà dans la pâte.
  2. Enfourner pendant 25 minutes. Laisser refroidir avant de démouler.

Les deux dernières images sont disponibles à haute résolution en cliquant :

Saison 2, Épisode 37 — À la ferme de piments

J’ai la joie de vous dire que mon frère m’a laissé un super cadeau d’anniversaire pendant sa visite — il était bien malade, et maintenant, moi aussi. La voix n’est pas ce qu’elle devrait être pour cet épisode, mais heureusement, rien comme en août.

Je reçois parfois des pourriels en français à l’adresse du blog, car elle se termine par .fr. Celui-ci de ce week-end m’a fait rire :

En fait, je rêve tous les jours d’acheter de l’immobilier en France. Mais pas de cette façon, et pas en investissant dans un EHPAD non plus. Pourtant je profite même de ces arnaques autant que des pubs à la radio — tout ça me fait sentir comme si je fais partie du club ! (Mais ce sentiment a ses limites : les brouteurs sont trop personnels et trop agressifs, et je n’apprécie pas du tout leur attention.)

En parlant du « club », je vous raconterai une petite anecdote. Ma question dans le forum de l’OCA continue de provoquer des réponses. Je ne me rendais pas compte à quel point les difficultés d’envoyer des colis en France font du mal aux cœurs des expatriés. On m’a laissé ce commentaire cet après-midi :

Ça dit exactement « Bienvenue dans le club ». Je n’avais aucune intention de mettre qui que ce soit mal à l’aise, mais j’ai l’impression de l’avoir quand même réussi. C’est un don, je vous dis.

On penserait qu’une victoire pour les Chargers m’aurait rendu triste hier, mais regardez plus proche. Ils ont gagné par juste quelques points contre la pire équipe de leur ligue. C’est son propre genre de catastrophe !

Je ne vais toujours pas le partager, mais quelque chose m’a frappé ce week-end. J’ai écrit la fin du Tour il y a longtemps, et je n’ai jamais pensé à changer ces mots. Mais on m’a dit quelque chose de parfait, et pour la première fois depuis plus d’un an, j’ai fait des changements à ce fichier-là. Le truc le plus surprenant, c’est qu’il est peu probable que nous nous croisions une deuxième fois, mais on ne sait jamais d’où vienne l’inspiration. (Sauf pour chez Valrhona.)

Notre blague traite du golf. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner deux-sévrien, les Saint-Jacques et fondue de poireaux, et les macarons de Montmorillon ; C’est le 1er, version décembre 2023, ma revue mensuelle de mes blogs préférés, dont 5 nouveautés ; et Mercado Gonzalez, un tour d’un supermarché mexicain remarquable.

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La faute à Bruxelles

Peut-être que j’ai fait la mère de toutes les boulettes, pour emprunter une expression à Saddam Hussein. Je vous explique.

Hier, j’ai envoyé un cadeau à mes amis à Rouen, comme je vous l’ai dit. Mais je ne croyais complètement pas quelque chose que j’ai entendu au bureau de poste. Aujourd’hui, j’ai fait une enquête au forum de l’OCA, et maintenant je suis tellement désolé.

À chaque fois où j’envoie quelque chose de plus grand qu’une carte postale en France, je remplis une forme des douanes. Ben, c’est normal. Mais la dernière fois où j’ai envoyé quelque chose était en 2022, quand j’ai envoyé des livres à mon amie lyonnaise qui m’avait envoyé des lyonnaiseries. Alors, je ne savais pas que les choses ont changé. Évidemment, ce temps-là, je n’ai rien entendu de ce que l’on va discuter.

Quand j’ai rempli le formulaire cette fois, il m’a donné une estimation de ce qui est appelé en anglais le « landed cost ». Je ne suis pas sûr si ce soit le bon mot en français, mais Google me donne « prix au débarquement » en traduction. Ça comprenait deux frais : les frais de livraison que je payerais, et un impôt pour le destinataire. C’était la toute première fois où j’ai vu ce dernier. Tous les colis que j’ai envoyés étaient des cadeaux, et il me semble maintenant qu’au passé, il n’y avait pas d’impôts, au moins pour la valeur déclarée.

Voici encore les contenus :

J’avais toujours l’étiquette alors j’ai pu donner exactement les bonnes valeurs pour chaque chose. 31 $ en total, pas grand-chose. Et pourtant…

La forme en ligne m’a dit que l’impôt serait environ 13 $. La TVA n’est que 20 %, et ce serait 42 % ? On est sérieux ?

Je me suis rendu au bureau de poste après avoir imprimé la forme. Avant de vous dire ce qui y est arrivé, je vais cafarder sur ces gens, les ouvriers des bureaux de poste :

Nous les détestons.

Aux États-Unis, il y a une expression, « going postal » (lien en anglais), littéralement « devenir postal », ce qui veut dire « devenir dangereusement fou comme un employé de La Poste ». Ça vient du fait qu’à partir des années 80, beaucoup des pires massacres au travail ont été commis par des facteurs, ainsi que des employés aux guichets. Ils ne sont pas tous des meurtriers, bien sûr, mais je vous ai parlé plus tôt de leur paresseuse et indifférence aux courriers volés, ce qui est beaucoup plus commun. C’est pourquoi « Jour de fête » reste le film le plus choquant que j’aie vu.

De toute façon, j’avais payé la boîte — mais toujours pas l’affranchissement — avant d’aller au comptoir, afin de la peser avec le reste des trucs, mais j’ai gardé l’étiquette. Au bureau de poste, ils essayent souvent de vous facturer pour les boîtes déjà payées. Quand j’ai dit à l’employée que j’ai eu mon étiquette, elle m’a dit « Don’t give me attitude » (littéralement, « Ne me donnez pas de l’attitude » ; mieux, « Ne vous faites pas foutre de ma gueule »). Puis elle a scanné ma forme des douanes et commencé à taper. Et taper et taper et taper. J’avais tout rempli avec les bons codes. Mais elle faisait des changements. Puis, elle m’a dit « L’impôt sera maintenant 34 $. Mais peut-être qu’il ne sera pas facturé. ». Quant aux frais de livraison ? 78 $.

Un impôt de plus de 100 %, payé par le destinataire ?!? Je suis choqué. Mais si un employé de notre Poste m’a dit que 2+2 = 4, j’irais chez mes vieux profs de maths pour exiger qu’ils m’expliquent pourquoi ils avaient menti, car ça fait clairement 5. Je ne croirais rien sur leur parole.

C’est ici où notre histoire arrive à Bruxelles. Des connaissances chez l’OCA m’ont dit que oui, les règles avaient changé, qu’au passé, il n’y avait pas d’impôts pour des cadeaux avec une valeur moins de 45 €. Voici un lien au site de l’Ambassade de France aux É-U qui dit la même chose. Publié en 2008. En ce qui concerne les frais de livraison, tout le monde était d’accord que je n’allais pas faire mieux.

Il semble que cette règle reste en vigueur. Mais en 2021, l’UE a changé les règles (lien en anglais) pour supprimer les exemptions de la TVA pour des colis commerciaux avec une valeur déclarée de moins de 20 €. Et qu’à La Poste, cette règle est maintenant souvent compris à vouloir dire que tous les colis qui viennent de l’étranger doivent être taxés (selon le même lien). C’est certainement le cas que je n’ai jamais reçu des estimations d’une taxe avant.

Évidemment, la femme au bureau de poste chez moi ne fera pas partie d’une décision prise en France. Mais c’est bien clair qu’elle a changé les valeurs déclarées pour hausser l’estimation de la taxe. Je suis sûr que les douaniers ne vont pas vérifier les prix — je garde quand même mes étiquettes, au cas où. J’ai déjà envoyé un MP à mon amie pour lui dire que si elle est facturée, dis-moi et je la rembourserai. Mais je me sens énormément coupable juste en pensant à la possibilité qu’un cadeau de Noël pourrait coûter aux destinataires. Quelle belle surprise à la part du Père Justin !

Juste pour en conclure sur une meilleure note, La Fille a écrit une carte aux filles de la famille, dont cette photo de M. Descarottes :

Mercado Gonzalez

Je vous parle parfois du patrimoine mexicain du Sud-Ouest des États-Unis. Pourtant il est rarement le cas que j’ai des raisons pour vous montrer des exemples. Les vrais trésors de cette partie de l’histoire californienne sont loin de chez moi, à Los Angeles ou à San Diego. ([Avec « trésors, il exagère — il ne donnerait plus qu’une étoile Michelin à rien ici, lui. — M. Descarottes]) Cependant, j’ai enfin quelque chose de nouveau qui vous donnera le goût de la vie à la mexicaine. C’est Mercado (Marché) Gonzalez, qui vient d’ouvrir ses portes il y a une semaine.

Ce post est plein de photos alors je les cacherai dernière un « lire la suite » :

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Bannière qui dit « C'est le 1er » avec des dessins de 3 desserts : bûche de Noël, religieuse, macaron à la framboise

C’est le 1er, version décembre 2023

Je continue de copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles.

J’ai une nouvelle à partager avant de continuer. Novembre était de loin la plus grande réussite du blog, ainsi que de la balado :

Il y a maintenant environ 120 vrais abonnés (ainsi qu’environ 30 arnaqueurs), mais le traffic des moteurs de recherche a bien haussé aussi. Il est possible que j’atteigne mon but de 30 000 vues pour l’année après tout. (2 700 ferait le coup.)

Nouveaux à moi :

Les habituels :

À encourager :

Rien de nouveau chez Mathilde’s little things, Quelques notes de culture, Les papiers de Mrs. Turner, Bonheur des yeux et du palais, Un déjeuner en Provence, L’Atelier du Phoenix, La bibliothécaire, Les souris de Paris, Planète Vegas, Soigner l’esprit — Guérir la Terre, et Le journal des Jum’s. Laissez-leur de gentils commentaires pour les encourager à reprendre !

Portrait de Molière par Nicolas Mignard

Les profs d’Internet

C’est encore une fois Langue de Molière, mais j’abandonne l’essai planifié, car je ne suis pas content des contenus. Peut-être que l’on le revisitera. On va plutôt parler d’un sujet dont vous êtes certainement pas au courant, et tant mieux pour vous. Je me sens presque — presque ! — coupable pour même le mentionner, car l’ignorance, c’est un délice, comme on dit en anglais (« ignorance is bliss »). On va parler des profs d’Internet.

« Mais Justin », vous me dites, « vous avez déjà nous fait endormir avec ce sujet ! » Ben oui, mais cette fois-là, on parlait du japonais. Cette fois, on va parler des profs de français en ligne.

Il a fallu quelques semaines au début afin que Facebook apprenne que je recherchais des contenus en français, et encore plus de temps pour YouTube. Mais quelque chose de surprenant m’est arrivé sur YouTube avec ça, et je vis toujours, trois ans plus tard, avec les conséquences.

Ce que je recherchais sur YouTube en anglais était prévisible : le Championnat mondial de Tetris (voici la dernière réussite du plus grand maître de tous les temps), des coups étonnants en anglais (j’imagine que Juliette connaît Mexican Radio ; il nous faudra en parler), les boulettes des Chargers (celle-ci est historique)… vous voyez des profs de n’importe quoi ? Moi non plus.

Je suppose que je peux — un peu — blâmer mes compatriotes. Quelles sont les recherches en français qui viendraient d’un pays anglophone ? Des leçons de grammaire, j’en suis sûr. Peut-être que vous verrez le motif avant que je ne le dise :

Bon, je suis sûr que vous l’avez remarqué à ce point. Elles — et ce sont presque toutes « elles » — sont jeunes, et… comment dire ça ? Ne font pas mal aux yeux, comme on dit en anglais. Mais vous en remarquerez quelques autres en cliquant.

Une chose : ces vidéos ciblent toutes un public anglophone, car les traductions offertes sont toutes en anglais, et la plupart des titres aussi. Autre chose : vous remarquerez quelque chose de drôle, ou peut-être une drôle de chose, qu’elles ont toutes en commun. Personne — et je veux vraiment dire personne — ne parle qu’en français dans ces vidéos. Et. Tou. Jours. Très. Lentement.

Alors, je dois me demander : qui est vraiment le public pour ce genre de vidéo ? Après tout, il faut commencer quelque part et je me souviens bien que quelque part pour moi était des répétitions sans cesse de « un garçon et une fille », « une fille et un cheval » et la phrase la plus Duolingo de tous les temps, « Le chat mange un croissant. » Pourtant, les instructions étaient toujours en anglais. Comment est-ce qu’un débutant est censé comprendre ces vidéos sans avoir déjà atteint un niveau plutôt avancé ? Un niveau suffisamment avancé pour suivre des phrases complètes, non pas seulement un mot par ici et par là. Vous fouillerez leurs chaînes sans succès pour des vidéos toutes débutantes.

Je ne dirais jamais que ces gens sont condescendants, mais… un peu trop flatteurs, ça marche ? Voici un exemple de ce que je veux dire, tiré de la deuxième vidéo :

Cette prof, Élisa, vient de nous dire que Bradley Cooper a un très bon accent (avec un clip ; ça commence à partir de 3:20). À mon avis, lui et moi, nous avons presque le même accent, et vous avez déjà entendu les plaintes à cet égard. De toute façon, dans ces captures d’écran, elle chante ses louanges pour avoir dit « trucs » au lieu de « choses ». C’est censé nous montrer qu’il a un gros vocabulaire, grâce à une année d’études à Aix-en-Provence.

Non, mais sérieusement, comme dit le blogueur qui nous manque à tous. J’ai cherché dans mes archives sur Facebook ; c’est difficile à dire quand j’ai commencé à dire « truc », mais il m’a certainement fallu moins de 6 mois. Ce n’est pas grand-truc grand-chose.

J’ai donc du mal à vous dire quel est le bon moment voire le bon niveau pour regarder ces vidéos. Mais je sais qu’elles réussissent très bien les buts des créateurs. Comment ça ? Je ne suis abonné à aucune chaîne ; pourtant, la première vidéo que je vois en ouvrant YouTube est TOUJOURS quelque chose sur la grammaire.

Après avoir fouillé plus dans mes dernières recommandations, j’ai réussi à trouver la vidéo en bas :

Un pas vers l’égalité, évidemment.

Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine, mais pour l’instant, pas de promesses sur le sujet.

Mon dîner deux-sévrien

J’ai dû penser à que faire pour ce dîner. La cuisine deux-sévrienne est pleine de choses qui n’existent pas chez moi, telles que l’oseille et l’angélique. Mais après avoir consulté le site de tourisme des Deux-Sèvres, avec des idées de leurs producteurs, je l’ai eu. Voici les Saint-Jacques et fondue de poireaux façon Sèvre & Belle (servis avec mon riz de Camargue bien-aimé), et les macarons de Montmorillon :

Notre plat principal est plus un hommage aux producteurs locaux qu’un plat local, mais le dessert est bien traditionnel au département. Allons les faire :

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