Hier, je vous ai parlé d’un ami face à sa désillusion de la culture américaine. Il y a un sens où nous ne sommes pas si différents. Je vous dis parfois que je fuis quelque chose autant que je cours vers quelque chose. Cette semaine, j’ai pris une décision qui est un symbole de la fuite.
Alors, ce que j’ai fait. Je ne suis pas sûr à quel point vous me preniez au sérieux la plupart du temps, mais je vous dis souvent que je ne consomme guère les produits de ma propre culture. Ça fait maintenant plus de 7 ans depuis la dernière fois où j’ai régulièrement suivi n’importe quelle série américaine à la télé (voilà), la dernière fois où j’ai regardé un match de football américain a été en février 2022 (le Moyen Bol de cette année)…bref, je m’en fouche (mot inventé ici pour fiche et fous en même temps). Pourtant, je continuais de payer afin que La Fille puisse regarder ses trucs de D’Isigny, ou comme vous les anglophones l’écrivez, Disney.
(Au fait, j’ai originalement appris ça du livre de James Bond Au service secret de Sa Majesté.)
Vous avez probablement déjà deviné où je vais, mais voici la photo que j’ai partagée avec une amie il y a deux jours :

C’est les deux boîtes à idiot (on dit littéralement « idiot box » en anglais comme terme péjoratif pour ce truc ; ne me croyez pas sur parole), débranchées et prêtes pour leur retour chez AT&T, mon ancien opérateur (toujours le cas pour mon portable ; je rêve de l’échanger pour Orange comme vous rêvez d’aller à Tahiti). Celle en haut fournit Internet à celle en bas, mais n’est pas ce que j’utilise pour Internet avec mon ordinateur car AT&T veut en savoir trop sur mon réseau. (Je ne payais pas pour deux services Internet ; AT&T me facturait juste pour le service télé.)
Évidemment, j’avais arrêté de regarder la télé pour de la fiction bien avant mon détour français, mais je vivais toujours pour les sports. Qu’est-ce qui s’est passé ? L’année 2020, c’est quoi. Et surtout, ce moment :

Je doute que vous en aviez entendu parler en France. C’était un immeuble toujours en cours de construction à Minneapolis, dit Midtown Corner. Un projet qui a coûté plus de 37M $, il était censé être du logement abordable pour exactement la communauté qui a fait les émeutes. N’étant pas contribuable dans l’état du Minnesota, la perte n’était pas à moi, mais c’est un symbole puissant de tout ce qui a suivi. Si le grand problème des États-Unis est censé être le racisme partout, il ne faut absolument pas mettre le feu à exactement les choses qui étaient censés être des efforts pour améliorer ce problème.
Pourtant, les acteurs et les athlètes ont parlé de toute la destruction avec une voix. Ils nous ont dit non pas seulement qu’il faut comprendre, mais qu’il faut excuser toute et n’importe quelle violence au nom de cette cause. Qu’il faille payer les cautions des émeutiers, même quand ils ont cambriolé des magasins dans tout autre état, qui n’ont rien eu à voir avec les événements de Minneapolis.
Je souhaite que je puisse vous faire vraiment comprendre la descente en enfer des 4 dernières années ici (liens à suivre en anglais). Ma ville d’Irvine n’a connu presqu’aucun crime au cours de mes 20 premières années ici. Il y a des mois, une bijouterie à moins de 2 km de chez moi a été cambriolé — plus de 900 000 $ de biens volés — sans aucune résistance par les gardes de sécurité ni la police. Je ne peux plus acheter des rasoirs nulle part sans l’aide d’un employé pour ouvrir les étagères, toutes fermées à clé maintenant, parce que ces trucs sont volés partout. Le gouvernement de Californie ne poursuit plus tout cambriolage de moins de 950 $ de biens, par loi (car c’est maintenant un délit, pas plus un crime), et souvent beaucoup plus que ça — regardez cette vidéo choquante d’un Apple Store cambriolé il y a deux semaines. Quand je suis allé à LA pour faire mes achats il y a des semaines, je n’ai pas pu aller dans une boulangerie de donuts célèbre, Primo’s à Westwood — car elle vient de fermer définitivement à cause de la hausse de crimes et de personnes sans abri devant ses portes. Et tout ça, pendant que nous devons écouter des discours magistraux de nos meilleurs qu’il faut laisser tout partir en vrille au nom de justice.
Je ne peux rien faire, mais je ne suis pas obligé de payer le privilège. Je pense à cette décision depuis déjà deux ans. Hollywood et nos ligues de sport ont fait leur choix, et finalement, moi aussi. Je viens d’acheter un abonnement à D’Isigny+ pour La Fille, mais moi, je ne m’intéresse plus à soutenir ni nos acteurs ni nos athlètes. Je l’emmènerai aux films dont elle a envie, les SOS Fantômes et les Sonic the Hedgehog à venir. Mais pour ma part, j’ai mon VPN, mon lecteur de disques français, et absolument aucun désir de regarder en arrière.











































