Ce post marque une étape importante pour moi. Hier, je vous ai montré un aperçu de ces macarons, en mentionnant qu’elles étaient selon la recette de Pierre Hermé. Avant de continuer, jetons un œil vers les miens :
C’est la première fois où j’ai réussi une recette de Pierre Hermé avec sa meringue italienne. (Certains de mes amis ont vu plein de photos de mes échecs.) Mes macarons habituels sont toujours faits à base de meringue française. Mais le Tour exige un maximum d’authenticité. Je crois que les miens sont à la hauteur de ses boutiques.
En pensant à mon dîner parisien, j’ai naturellement commencé avec le dessert. Il fallait absolument être la recette d’un grand chef, et en plus, suivie au pied de la lettre. Je vous en parlerai plus demain — C’est le 1er est reporté jusqu’au 3 — mais je vous dirai que ce sont les macarons crème brûlée du livre Macaron par Pierre Hermé. Pour aller avec, un plat à la hauteur, venu d’un chef au niveau de M. Hermé, le homard Thermidor d’Auguste Escoffier :
Mon histoire avec le homard Thermidor commence au fin du XXe siècle, pendant un voyage à San Francisco. Il y a un resto là-bas qui date de la Ruée vers l’Or, le Tadich Grill, qui est célèbre pour leur version du plat, qui date de 1880 à Paris. J’ai revisité ce resto plusieurs fois, et il reste le seul où j’ai trouvé le homard Thermidor sur la carte (aux É-U ; je ne l’ai pas cherché en France). Mais c’est la recette classique d’une légende. Allons le préparer !
On continue maintenant le Tour avec le 75, Paris. C’est le département le deuxième plus peuplé et les habitants s’appellent centre-du-mondiens parisiens. C’est notre premier séjour au milieu de la Grande Mer de France, ce que l’on sait doit être là puisque la ville est en Île-de-France, et…quoi ? Vous voulez me dire qu’il n’y a pas de Grande Mer, que l’Île est complètement entourée ? Ben, la France est un pays avec une Côte-d’Or sans côte, et une île qui n’est rien de sorte. Et vous vous moquez des connaissances géographiques des américains.
Au fait, les franciliens sont réputés pour avoir les meilleurs goûts de tous les Français. Une mesure objective de ce phénomène se trouve dans les statistiques d’une certaine balado :
Je me suis fait une promesse au début du blog que cet article serait exactement comme tous les autres. Mon format depuis longtemps est 12 photos, trois paragraphes sur les incontournables, et un paragraphe chacun pour les personnages et la cuisine. Je suis menteur. ([Alléluia !La vérité enfin ! — Mon ex et M. Descarottes]) On est dans la ville soit la plus visitée soit la troisième ou sixième plus visitée au monde entier. (Ça dépend de comment on compte ; par visiteurs, par argent dépensé, par longueur de durée, etc.) Dans tous les cas, c’est de loin la ville la plus visitée de France. Et avec la popularité de Miraculous autour du monde — diffusée dans plus de 120 pays — sans doute la ville la plus connue chez les enfants. Ce billet est parsemé avec des vidéos de France With Véro, ainsi que mes photos habituelles.
On commence au Panthéon (2 étoiles Michelin). Je trouve que l’explication le plus simple est l’inscription en haut de la porte : « Aux Grands Hommes, La Patrie Reconnaissante ». Ici, on trouve les sépultures des héros de l’Histoire — Voltaire, les Curie, Louis Braille. Les tableaux au rez-de-chaussée racontent le début de l’histoire française : Sainte Geneviève, Charlemagne, Jeanne d’Arc. Puis, on descend la colline vers l’Île de la Cité (3 étoiles), au milieu de la Seine, Ici, on trouve peut-être la cathédrale la plus célèbre au monde, Notre-Dame de Paris (3 étoiles). Malgré l’incendie de 2019, il y a plein de touristes qui y viennent quand même juste pour un aperçu de la cathédrale du bossu de Hugo, ses arcs-boutants, ses gargouilles. Sur l’Île, on trouve aussi la Sainte-Chapelle (3 étoiles), érigée par le roi Louis IX pour abriter des reliques de la Passion du Christ, et avec des vitraux spectaculaires, dont La Rose de l’Apocalypse. Puis on traverse le Pont d’Arcole et continue tout droit vers le Centre Pompidou et son Musée d’Art moderne (3 étoiles). Ici, on trouve de tels œuvres que le célèbre Fontaine de Marcel Duchamp, qui a lancé le mouvement Dada, ainsi que le New York City de Piet Mondrian et Les Mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
On passe par Les Halles (1 étoile), plein de magasins et restos, pour arriver au Musée du Louvre (3 étoiles). Ses bâtiments sont étoilés eux-mêmes : la Pyramide (2 étoiles) et la Cour carrée (3 étoiles). C’est un musée très inhabituel, avec juste un tableau, La Joconde. Non, je plaisante — ignorez « Jocondisneyland » et profitez du Serment des Horaces, Le Radeau de la Méduse, et mille autre chefs-d’œuvre. Puis, on quitte le Louvre pour la Rue des Rosiers, pour rendre hommage au film qui m’a fait l’auteur de ce blog, Les Aventures de Rabbi Jacob. Remarquez aussi les nombreuses plaques en souvenir de la Shoah.
Après, on se promène le long de l’Avenue de l’Opéra pour arriver devant le Palais Garnier (3 étoiles), dont son magnifique Grand Escalier (achetez un billet et prendre le tour). On va déjeuner aux Galeries Lafayette (0 étoiles ?!?) ou Printemps (même erreur), les Grands Magasins du XIXe siècle. Aux deux, on peut goûter les merveilles de Pierre Hermé, Yann Couvreur, Nina Métayer, Christophe Adam, et d’autres génies.
D’ici, on prend le métro pour aller à la Basilique du Sacré-Cœur (2 étoiles). Merci à France With Véro pour m’avoir dit de sortir à Abbesses, pas Barbès-Rochechouart. Prenez le funiculaire à moins que vous aimiez grimper des marches. Les vues sur Paris sont époustouflantes, et bien que ce soit une église du XIXe siècle, donc pas gothique, l’intérieur vaut le coup aussi. Il y a des reliques de mon Pape pour toujours, Saint Jean-Paul II, au-dedans. Il faut visiter au moins un cimetière à Paris, alors promenons le long du Boulevard de Clichy, en passant par le Moulin Rouge, jusqu’au Cimetière de Montmartre (0 étoiles, quelle bêtise). Ici, on peut rendre hommage à Jacques Offenbach, Fred Chichin, Adolphe Saxe, Michel Berger, Michel Galabru, et d’autres lumières. Attention, le quartier n’est pas le plus chic ou propre ; évitez-le la nuit, surtout avec des enfants.
On reprend le métro jusqu’à l’Église Saint-Augustin, recommandée par le Chat Voyageur. Très inhabituelle pour un bâtiment datant d’avant le XXe siècle, l’armature est métallique. Le dôme de 25 mètres est impressionnant. Puis on continue vers l’Arc de Triomphe (3 étoiles), monument napoléonien qui abrite depuis 1921 le premier tombeau d’un Soldat inconnu au monde. Montez sur le toit pour d’autres vues spectaculaires. D’ici, on se promène le long des Champs-Élysées (2 étoiles), où on trouve les boutiques phares de telles marques que Louis Vuitton, Cartier, et Christian Dior. On va tourner à droite sur l’Avenue Georges V pour notre prochain arrêt.
On arrive devant la Tour Eiffel (3 étoiles), chef-d’œuvre de l’ingénierie française. Ne ratez pas les photos du Chat Voyageur. Un billet pour le deuxième étage suffit pour avoir les vues les plus impressionnantes au monde entier. D’ici, on peut voir la Seine, les Jardins du Trocadéro (2 étoiles), le Palais de l’Élysée (n’oubliez pas de passer le bonjour à son habitant)…quand on dit que Paris est la ville la plus romantique au monde, c’est d’exactement ici dont on parle. Beurk. Mais on a une vue magnifique de notre dernier arrêt, L’Hôtel des Invalides et le Musée de l’Armée (3 étoiles). Votre billet vous permet de visiter le musée, avec plus de 500 000 pièces d’art et de souvenirs militaires. Mais en plus, ça nous permet de rendre hommage au Grand Homme de L’Histoire française, l’Empereur Napoléon, qui repose dans son tombeau dans l’Église de Saint-Louis des Invalides, entouré par les maréchaux de France qui l’ont servie avec honneur.
Que manger à Paris ? Vous êtes nouveau ici, c’est ça ? Depuis le début du blog, je raconte les histoires des pâtisseries qui m’ont rendu ce que je suis ([Surtout autour du ventre — Mon ex]). On est dans la ville de ma pâtisserie préférée de tous les temps, le mille-feuille. Vous pensiez sûrement que c’était le macaron parisien, mais c’est les mille-feuilles qui sont mes madeleines de Proust. On est dans la ville de la religieuse (voici la mienne), le Saint-Honoré (encore le mien), où Gaston Lenôtre (ou Dalloyau) a inventé le gâteau opéra. N’oubliez pas le flan parisien !
Il y a certains mots français qui me font mal à la tête car ils ressemblent à des mots anglais mais n’ont rien à voir : dont, car, bribe. Mais c’est presque pire quand un mot français veut dire la même chose que tous les sens d’un mot sauf le plus commun. C’est le cas avec notre sujet du jour, « rude ».
En français, bien que je n’aie plus la source, je suis certain que la première fois où j’ai vu « rude », c’était dans l’expression « la concurrence est rude ». Ici, « rude » veut dire vigoureux, redoutable, etc. Et c’est certainement un sens du mot rude en anglais ; on dit exactement la même chose en traduction, comme « I thought of trying to do this as a job in Paris, but the competition is rude« . Je vous cautionne ; dans ce sens, ce mot est beaucoup plus commun en français qu’en anglais. Si vous le dites en anglais, c’est ce que l’on appelle un « ten-dollar word » (mot qui vaut 10 dollars) — onze dollars si vous êtes M. Dogg, le rappeur et aficionado de marijuana. Vous apparaîtrez donc un peu snobinard. Heureusement pour moi, j’en suis déjà réputé.
Un autre sens de « rude » en français est pénible, comme « Rude journée de dix heures de marche, par un froid rigoureux et dans des vallées complétement désertes ». Et on dit en anglais, par exemple, « A rude awakening », littéralement un éveil rude, une leçon de la vie qui est un sale coup.
Il y a un sens partagé, juste légèrement snobinard en anglais, car largement britannique, qui est plus positif que les autres. Ça peut dire courageux ou hardi, par exemple, « Il n’y a pas de brume qui tienne, sans une avarie, jamais le capitaine ne serait venu s’aplatir ici contre. C’était un rude marin, que nous connaissions tous. » En anglais, on trouve grosso modo le même sens : « But judging by the breadth and depth of offerings at this year’s American Film Market, the indie movie business is still in rude health. » (Cet exemple veut dire que l’industrie de films indépendants a bel et bien survécu la pandémie.)
Mais de loin, le sens le plus commun en anglais, ne se trouve pas dans les dictionnaires français. Il s’agit de quelque chose de plus malicieux en anglais que les sens les plus proches en français. C’est malpoli. De la même page que l’un de nos exemples précédents, « I spent the rest of the evening thinking how dreadfully rude they were.. » Ça veut dire « J’ai passé le reste de la soirée en pensant à quel point ils étaient malpolis ». On peut dire que quelqu’un est grossier avec ce mot en français, mais c’est juste leur caractéristique. Le dictionnaire Ortolang dit du sens le plus proche en français, « (en parlant de la nature, de l’esprit d’une pers., d’une manière d’être ou de faire) une nature forte, franche, un peu rude et dure de fibre ». En anglais, on parle plutôt de « rude comments », des commentaires malpolis.
Alors croyez-moi, c’était une rude surprise de découvrir à quel point ce mot est utilisé en français. Enfin, une langue où être rude n’est pas toujours rude.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler des pronoms réflexifs. Juste y penser me fait mal à la tête.
Plus tard cette semaine, je vais publier le dessert Coup de Foudre par excellence. Je peux dire ça sans hésiter, car c’est déjà fait, les photos sont toutes prises — il ne me reste rien à faire sauf écrire l’article. Trois articles en fait. Je vous dirai que ce sera mon dessert parisien. Mais je vous dois d’abord le « Je découvre » ainsi que le dîner. Seulement 5 personnes savent ce que j’ai fait, dont La Fille, qui l’a déjà goûté.
Mais il y a une histoire que je ne veux pas raconter dans ce post-là, car je m’attends à ce qu’il soit lu par certains qui ne connaissent pas mon sens de l’humour. Et il sera important de ne pas les offenser. Alors, je suis ici maintenant pour vous parler de ma carrière à venir, contrebandier de vanille.
J’ai déjà menacé de me lancer sur ce chemin quand j’ai dû acheter du piment d’Espelette pour mon dîner basco-béarnais. Certains produits sont vendus de façon identique aux drogues illégales — pour autant que je sache — par le gramme. Et il me semble que la vanille impose le modèle pour tous les autres.
Vous n’avez jamais vu que la vanille liquide chez moi. Quand je fais de la crème pâtissière, j’utilise toujours de la vanille liquide car : 1) c’est juste pour moi, et 2) le prix d’une bouteille de Nielsen-Massey, notre meilleure marque de vanille, est grosso modo le même qu’une boîte de deux gousses — ici — mais fait beaucoup plus de recettes que deux gousses. La recette de mille-feuilles de Laurène Lefèvre ne demande qu’une gousse pour 8 personnes.
Si on achète de la vanille en poudre chez Carrefour, il y a toute une gamme de prix. On peut acheter 7 grammes de Vahiné pour 5,55 €, soit 694 € le kilo. Les vrais gourmands peuvent acheter 4 grammes de Sainte-Lucie pour 7,90 €, soit 2 633 € le kilo. En France, la cocaine coûte 71 € le gramme, soit 71 000 € le kilo — mais la vanille, c’est légal. Ça vaut quelque chose.
J’ai acheté cette vanille en poudre :
Elle m’a coûté 20 $ / 26 grammes, soit 712 € le kilo. J’aurais pu aller chez Surfas pour une autre de deux fois plus chère. Mais vous voyez — si je peux convaincre les clients de Sainte-Lucie que les nôtres sont aussi bons, il suffira que je remplirai les poches de mon imperméable avec des boîtes de vanille, aller en France pour les revendre, et le billet d’avion se paiera !
Mais encore plus lucratif, c’est les gousses de vanille. Voici les miennes :
J’ai payé 15 $ pour chaque boîte de 2, alors 7,50 $ ou 6,95 € la gousse. Chez Carrefour, on trouve encore une gamme, mais la bonne direction est claire. Je peux acheter 3 gousses de vanille Vahiné pour 7,95 €, ou 2,65 € la gousse. Même les gousses les plus chères font environ 5,65 €. Pourtant, une gousse ne pèse que 2-3 grammes. On parle donc d’une valeur de 2 800 € le kilo en France, contre 3 500 € aux États-Unis.
Le choix est donc clair. J’achète 2 kg de la vanille en poudre aux États-Unis, et je les revends en France. Ça me donne 1 800 € net. J’achète 2 kg de gousses de vanille en France, je les revends aux États-Unis, c’est 1 400 € net de plus. Mon aller-retour est peut-être 900 € à chaque fois, et avec toute cette vanille dans les poches de mon imperméable, je ne paye même pas de frais pour une valise.
Je ne vois pas de problème. J’aime tellement cet avenir de contrebandier de vanille !
Le titre vous dit déjà tout, alors je n’ai aucune raison pour tarder à vous dire : notre invitée pour 5 Minutes Avec est une des grandes inspirations du blog, Véronique Savoye, connue par ses fans sous le nom de France With Véro. Vous avez déjà vu ses vidéos ici pour Indre-et-Loire, et bien que vous ne le sussiez pas, il y a un an j’ai mis une note dans mon calendrier pour écrire sur Maillé à cause de l’un de ses articles. Cette semaine, on visitera Paris, et ses vidéos feront encore une fois parie de l’affaire. C’est donc un vrai plaisir de l’accueillir. Ses contenus sont largement en anglais, mais elle montre des choses de partout en France. Vous pouvez aussi la trouver sur Facebook, YouTube, et Instagram. Je suis fier d’être abonné sur Patreon aussi. (Je n’ai rien reçu pour cette interview, ni l’a payée.)
Quant à nos gros-titres satiriques, cette semaine La Fille m’en a proposé un. Je dois le mentionner, pour que vous sachiez lui laisser des commentaires si vous l’aimez. J’ai hâte de vous rappeler — ils sont satiriques et personne n’a aucune preuve au contraire.
J’essaye de ne jamais jouer le divulgâcheur avec mes dîners, mais j’ai déjà passé tout dimanche en préparant mon dessert parisien. Je dis ça, je dis rien.
J’ai une annonce un peu gênante. À partir de mardi, Stitcher n’existera plus. J’ai modifié mon annonce habituelle dans l’introduction pour le dire adieu. Ce n’est pas la chose gênante. Ce qui est gênant, c’est que je ne savais pas jusqu’à hier que Deezer était une entreprise française. Et je n’étais pas là ! La balado est désormais aussi disponible sur Deezer.
Notre blague traite des enfants difficiles. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Sur le blog, il y a aussi Mon dîner haut-savoyard, la soupe savoyarde et le biscuit de Savoie, Y’a d’la haine, mes réflexions sur des connaissances culturelles ratées en ce qui concerne Charles Trenet et Les Rita Mitsouko, et Meurtres à Lille, ma critique du téléfilm du même nom.
Ce soir, je suis revenu sur la série « Meurtres à » de France 3, cette fois pour Meurtres à Lille. Ça valait la peine, mais oh là là, il faut que je parle avec le scénariste. Serait-il possible d’avoir plus d’une intrigue pour cette série ?
Si vous vous souvenez de Je découvre le Nord, vous savez déjà pourquoi je l’ai choisi. La photographie de cette série est excellente et j’espérais voir des endroits desquels j’avais déjà écrits. Dès le départ, je n’étais pas du tout déçu. Pourquoi ? Parce que l’on commence au Musée de la Piscine à Roubaix — on est déjà dans le Nord de mes rêves !
« Mais Justin », vous me demandez, « pourquoi fait-il si sombre ? » Parce qu’il fait nuit, et il n’y a personne là-bas. Un vigile découvre une flaque de sang au-dessous d’une sculpture sur le point d’être dévoilée au public. Heureusement, il fait appel à la police, mais elle patiente jusqu’au matin pour arriver. Cette fois, c’est en forme d’un policier local, William, et son assistante Chloé. Ils ouvrent la sculpture, d’une moule — on est bien dans le Nord — et voilà, il s’avère qu’il y a un cadavre au-dedans. Celui de l’artiste.
William reçoit vite un autre policier, cette fois de Paris, suite à la demande du substitut du procureur. Elle est un peu la casse-couilles — il y a un meurtre pour enquêter, mais elle veut d’abord corriger William qu’elle est « commandante », pas « commandant ». On est en France, après tout, et il y a des fautes de grammaire à corriger ! Mais elle lui dit aussi qu’elle n’est pas là pour l’emmerder. Non, mais sérieusement :
À la scène du crime, Caroline dit que ça lui rappelle une légende locale, celle du Moule d’Ermengaert (je n’arrive pas à trouver des références). Ermengaert est censée être une fille dont son amant a été poignardé par le prince de Dijon vers 600. 20 ans plus tard, le fils d’Ernengaert lui rend la faveur. Ne me demandez pas pourquoi ils disent « le » moule quand l’animal est « la » moule. On a quand même notre légende locale, et on ne va plus en entendre parler.
Il s’avère que l’ancienne amie de Caroline, Astrid, travaille avec le victime. On sait que les deux ne se parlent plus, et que Caroline a quitté Lille en colère il y a 20 ans, mais toujours pas pourquoi.
Puis, on voit un argument entre William et son petit-ami, Julien. Mais il est impossible que cette histoire se déroule comme la dernière, n’est-ce pas ? Après tout, William est bien gay, et on a déjà vu l’attitude de Caroline.
Les deux policiers vont à Bruxelles pour interroger la femme du sculpteur. Le couple vit séparément pour des raisons fiscales. Elle est plutôt riche ; il serait bizarre pour qu’elle tue son mari pour de l’argent.
Les policiers se parlent en allant à une friterie, car on est bien dans le Nord :
Je vous rappelle que la photographie de la série est excellente. Cette photo ne sert à rien établir, mais c’est joli, hein ?
On apprend plus sur pourquoi Caroline a quitté Lille. Son fiancé l’a trompé avec Astrid la veille de leur mariage — ce qui n’a pas eu lieu après ça, car Caroline n’est pas bête :
Mais plus que les deux policiers travaillent ensemble, plus que William ne peut pas arrêter de regarder Caroline. Puis les deux vont nager ensemble, comme fait tous les duos professionnels. Il vous faut comprendre que je ne demanderais jamais de sortir avec une collègue. Ça risque sa carrière aux États-Unis.
Juste quand les policiers commencent à croire que le suspect est une femme qui était la maîtresse du sculpteur il y a…euh…20 ans, mais on ne va plus parler de la légende, elle se retrouve morte dans un parc :
Je ne vais pas vous dire comment finit l’enquête. Franchement, j’ai deviné le bon suspect après les 10 premières minutes. Mais au cas où il n’était pas clair que nos enquêteurs vont finir en couple malgré les faits montrés au début, voici la toute dernière chose qui se passe dans le film :
Très subtile, celle-là.
Alors, l’intrigue d’un épisode de « Meurtres à » semble avoir toujours la même structure : il y aura un meurtre lié à une exposition d’art, les procureurs régionaux ne feront pas assez confiance aux policiers locaux, l’enquêteur ou enquêtrice qui arrive d’ailleurs ne sera pas le bienvenu, mais le duo va toujours finir par tomber amoureux à la fin de l’enquête, juste à temps pour sauver quiconque qui soit local d’une relation malheureuse.
Bon, c’est prévisible. Je m’en fiche. On n’a qu’à me dire « de nos régions » pour me hypnotiser, et la photographie est belle. J’ai toujours hâte de voir « Meurtres à Rouen », quand que ça arrive.
Mais sérieusement, même ce monsieur peut trouver la bonne femme ? J’ai le moral dans les chaussettes. Merci, France 3.
Il y a plusieurs blogueurs que je suis (Accordéon et dentelles au jardin, En filigrane, Blogosth) qui ont tous posté des photos sous le nom « Y’a d’la joie » aujourd’hui. C’est d’après un tag hebdomadaire dit « Projet 52 », et c’est le thème de la semaine. Je ne propose pas d’en faire partie, mais le titre m’a rendu bien curieux. Car naturellement, il m’a fait penser à cette chanson des Rita Mitsouko :
Comme je souhaite que je puisse revivre cette époque où j’ai passé de « The No Comprendo » à « Système D » en trois mois, pas comme vous qui aviez dû patienter 7 ans entre les deux ! Découvrir ces albums aussi vite, l’un après l’autre, c’était grisant. Mais je ne savais pas qu’il y avait une référence cachée dans le titre.
Alors, il s’est avéré qu’il y avait une chanson de Charles Trenet, « Y’a d’la joie ». Vous le connaissiez déjà, mais pas moi :
Honnêtement, je crois que la seule chanson que je connaissais de son côté était La Mer, et celle-là seulement à cause de cette reprise américaine des années 50 :
Et pourquoi est-ce que je connais celle-là ? Car jeune, j’ai dû écouter ce qu’on appelle « oldies » — la musique des années 50 jusqu’aux 70 — dans les voitures de mes parents partout. C’est un petit miracle que je connais quand même ma propre décennie, les 80. Pour sa part, La Fille dit que les « oldies » sont tout et n’importe quoi avant 2010. Et quand je vois que Nostalgie — ce qui est clairement votre version de ce genre — joue de la musique de Phil Collins et Tears for Fears, j’ai peur qu’elle ait raison. Au fait, qu’est-ce que vous appelez le genre de Nostalgie ? Mon dictionnaire dit « vieux succès » mais je n’ai jamais entendu personne dire ça.
De toute façon, M. Trenet. Wikipédia me dit que sa chanson vient de 1936. Il était une fois, j’étais grand fan de la musique dite « big band » des années 20 aux 50 aux États-Unis, alors je n’ai rien contre son style. (Ce qui a changé n’a vraiment rien à voir avec la musique elle-même.) Il est clairement enthousiaste, il a une belle voix — plus que Bourvil, qui j’adore mais qui n’avait pas une grande voix — mais je ne sais pas. Peut-être que c’est juste quelque chose où il fallait grandir avec. Mais j’apprécie quand même avoir appris la référence. J’ai souvent l’impression qu’il y a un dialogue entre ce que je regarde, ce que j’écoute et leurs prédécesseurs, et que je rate beaucoup de telles références.
À l’avenir, sachez que vous êtes les bienvenus à me dire ce que je rate de cette façon !
Aujourd’hui, le 25 août, est l’anniversaire d’un crime de la Seconde Guerre mondiale, le massacre de Maillé en 1944. On parle d’un village de Touraine, pas proche des endroits stratégiques. En même temps, vu la date, presqu’au même moment que la libération de Paris, c’est bien clair que tout comme le massacre d’Oradour-sur-Glane, c’était une dernière opportunité pour infliger des cruautés à la population française. En ce qui suit, je suis les récits de la Maison du Souvenir de Maillé ainsi que des sources provenant de Wikipédia. Je remercie aussi France with Véro pour m’avoir appris cette histoire l’année dernière.
Contrairement à Oradour, il y avait un réseau de résistants lié au village. L’Abbé Henri Péan avait dirigé un réseau de son village de Draché, à moins de 4 km de Maillé. Il est difficile de dire qui l’avait dénoncé à la Gestapo ; ce qui est certain selon le témoignage du résistant André Goupille, c’est qu’un collabo a dit de lui :
Le curé de Draché est mort …. Je ne sais plus si c’est d’un œil arraché ou d’une pneumonie … C’est de sa faute, on ne pouvait le faire parler
On ne peut que remarquer la manière civilisée derrière ces mots. Mais ce qui compte, c’est qu’il menait la résistance très proche de Maillé. Bien qu’il soit mort en février 1944, c’était sa partie de la résistance soupçonnée de plusieurs actes en août qui a attiré l’attention des allemands. J’emprunte le récit à Wikipédia :
En août 1944, la ligne Paris-Bordeaux est sabotée trois fois près de Maillé. Le 11 août, les habitants aident un pilote canadien dont l’avion a été abattu à se cacher et à s’enfuir…Le 21 août, les Allemands interceptent un parachutage d’armes dans la région proche…Le 24 août au soir, des accrochages entre des FFI et des Allemands à bord de deux véhicules ont lieu à la ferme de Nimbré, au nord de la commune de Maillé, faisant probablement des victimes du côté des Allemands.
Donc le matin du 25, le Wehrmacht a encerclé le village pour empêcher le monde de fuir ou entrer. Il y a ceux qui disent que le Wehrmacht était les soldats « de métier », et que les crimes appartenaient à la SS et à la Gestapo. Mais c’était ces braves qui ont permis la Waffen-SS d’aller de maison en maison, tirant sur les habitants, même les enfants et les animaux. Puis pour le coup final, un canon Flak, une pièce d’artillerie de 88 mm comme celle en bas a tiré sur le village, 80 obus en total pour détruire 52 des 60 maisons.
Après la libération, seulement un officier a été jugé coupable, le sous-lieutenant Gustav Schlüter, condamné à mort par contumace à Bordeaux en 1952. Naturellement, il est mort en 1965 en Allemagne sans enquête de leur part. Mais en tant que sous-lieutenant, il est peu probable qu’il ait organisé le massacre lui-même. Il n’existe pas trop de documents pour éclaircir exactement ce qui s’est passé. Mais si vous connaissez vos canons, les Flak étaient à la Luftwaffe, l’armée de l’air — on dit toujours « flak » en anglais en tant que métaphore pour des agressions verbales. Alors c’est probable que la Luftwaffe — aussi des soldats « de métier » — a participé au crime.
Le village a été reconstruit après la guerre, pas comme Oradour-sur-Glane. Avec peu de documents et très peu de dégâts qui restaient, le massacre est passé dans l’histoire sans être bien remarquée jusqu’aux années 70. À l’époque, un monument à été finalement érigé — je ne peux pas vous le montrer directement car le massacre reste assez inconnu qu’il n’y a pas de photos gratuites en ligne. Mais tous les ans, il y a une cérémonie au cimetière pour se souvenir des 124 victimes.
Avec ce dîner, nous avons enfin rattrapé l’horaire du Tour. La cuisine haut-savoyarde est très similaire à celle de la Savoie, alors j’ai consulté des sources savoyardes sans m’inquiéter trop sur les frontières exactes. (Si je pouvais trouver certains fromages, comme le persillé des Aravis, ce serait tout autre chose.) Alors voilà, la soupe savoyarde et le biscuit de Savoie :
Ce menu est un des moins compliqués du blog. Il y a plein de photos avec les instructions, mais vous pouvez faire la soupe dans une seule cocotte, et le gâteau n’est pas difficile, même si on a besoin de deux bols pour le préparer. Allons les faire !