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A propos Justin Busch

Les aventures d'un américain qui est tombé complètement amoureux de la France

Saison 3, Épisode 24 — L’homme de Seine-Saint-Denis

Si Belmondo peut être l’homme de Rio à cause d’y avoir passé ses vacances, je peux faire pareil.

Les Bonnes Nouvelles françaises continuent pour une deuxième semaine, juste après la blague, qui est plutôt courte. Je ne partagerai pas les histoires ici, mais il s’agit d’une boulangerie-pâtisserie à Nantes. Allez l’écouter !

Sachez que vos astuces et corrections sont vraiment les bienvenues. Hier matin, une amie m’a envoyé une correction pour « La trouvaille inattendue, et c’est comment je l’ai enregistrée. Je vous écoute.

Hier, La Fille et moi étions chez Costco, un magasin d’entrepôts où tout est vendu en quantités folles. Si vous pensez que Halloween en juillet était trop tôt, vous allez devenir fous à cause de ces photos que j’y ai prises :

J’ai passé une belle partie de dimanche en travaillant sur le prochain numéro de La Dépêche, le bulletin de l’OCA. (Le reste du monde écrivent d’OCA, mais il me semble que c’est comme « la FNAC », pas Amazon ou Carrefour, car c’est un d’entre nombreux Accueils. D’autre part, qui suis-je pour avoir un avis sur le sujet ? À Rome, faites comme les romains, je suppose.) Pour la page des recettes, j’ai choisi la première réussite du blog, les monnaies de Chevagnes ainsi que les croquettes de Brie de Meaux. J’ai toute une bibliothèque de recettes — recethèque ? on dit médiathèque, après tout — mais j’espérais qu’il y aurait des contributions de la part des autres. Je considère qu’il y a quelque chose de bizarre lorsque c’est moi qui explique aux Français de naissance comment cuisiner à la française.

Quelque chose m’amuse en ce qui concerne un détail de mon post d’hier. Je vous ai dit la veille exactement où trouver cette chanson mystérieuse que j’ai écoutée une soixantaine de fois samedi (je n’exagère pas), mais personne n’a suivi les instructions. Caché à la vue de tous !

Je ne peux pas vous partager la capture d’écran, mais La Fille m’a montré que son cours de français utilise Duolingo en tant que devoirs. Qui est en tête de liste avec le plus de progrès ? Ouaip.

Notre blague traite de la loterie. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Gares, Bruce, et Mary-Sue. Le deuxième fait référence à un sketch hilarant de 2014 sur YouTube en anglais.

Sur le blog, il y a aussi Mon dîner séquano-dionysien, les tagliatelles à la moutarde de Meaux et les profiteroles, Le côté obscur du voyage fou, mon récit d’un mauvais jour en Seine-Saint-Denis, et Les macarons d’adieu, le récit de la réunion de mes 30 ans de bac à mon ancien lycée.

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Les macarons d’adieu

Il est 0h50 quand je commence à écrire ce billet. Je viens de rentrer de San Diego, à 115 km de chez moi, où j’ai assisté à la réunion de 30 ans de ma classe au lycée. En 2023, je vous ai parlé des 25 ans de ma classe à l’université. Je sais que cette tradition n’existe pas en France, mais comme vous pouvez voir, elle existe à plusieurs niveaux de l’éducation ici. (Pour autant que je sache, aucune maternelle ne fait ça.)

Mes raisons pour être là sont compliquées. D’une part, j’ai de mauvais souvenirs de mes années lycéennes. D’autre part, si je réussis mon rêve de déménager une fois La Fille part pour la fac, cette fois aura été mon adieu à toutes ces personnes.

J’ai donc préparé une surprise pour le groupe :

Il y avait 3 boîtes identiques — je m’attendais à une trentaine de personnes.

Voici le type qui est allé avec les macarons :

Beurk, je ne peux guère le regarder. Il manque presque complètement de cheveux, le vieillard.

J’espérais que l’ancienne prof de français serait là, car elle se souvenait de moi la dernière fois bien que je n’aie jamais été un de ses élèves. Mon ancienne prof d’espagnol était là, et je lui ai montré le blog. Je veux être bien clair — ma prof d’espagnol était ma préférée au lycée, même si je voulais suivre plutôt le cours de français.

La première partie de la réunion a eu lieu au lycée lui-même. Voici deux photos :

La cour du bâtiment à droite était le lieu, et il y avait environ deux centaines de personnes, car tous les 5 ans ont eu leurs réunions — 1994, 1999, 2004, etc. Après, ma classe est partie pour le bar d’un hôtel pas loin du lycée, afin de continuer entre nous seuls. C’était au bar que j’ai sorti les macarons.

Je dois vous dire, ils ont été très bien reçus. Beaucoup de monde ont déjà vu certaines de mes pâtisseries sur Facebook, mais personne ne s’attendait à ce que j’en apporte ! Peut-être que je l’ai fait juste pour leur rendre jaloux. À vous de décider.

J’étais ravi d’y voir la tante de Sadie, la jeune fille qui a inspiré les collectes de plaquettes du blog (2022 et 2023, 2024). Je ne savais pas jusqu’à ce soir qu’elle lit parfois le blog ! Je la soutiens, alors elle me soutient. J’aurais dû le deviner — elle est l’une des meilleures personnes que je connaisse.

Je ne vais pas vous dire laquelle, mais je n’ai écouté qu’une chanson en boucle pendant tout l’aller-retour. C’était en français. On va la discuter plus tard.

Il me reste la prochaine réunion de ma fac en 2028. J’y irai, enfin, je crois. Mais je me sens enfin prêt à mettre le passé derrière moi.

La trouvaille inattendue

Aujourd’hui, j’étais sur Amazon — .com, pas .fr — afin d’acheter un CD français indisponible sur iTunes, et où le prix chez la FNAC n’est pas moins cher que celui d’Amazon aux États-Unis. Vous n’avez aucune idée à quel point c’est choquant, ça — à cause des impôts pour les marchands, (presque) tout produit culturel français est moins cher pour moi chez la FNAC qu’ici. Mais le disque en question n’est pas trop récent, et les stocks sont bas partout.

Si vous voulez savoir lequel, vous pouvez visiter mon pauvre compte Instagram, où il y a un indice caché où personne ne l’a trouvé — le post le plus récent en ce moment. (J’ai un don pour trouver de nouvelles manières de me plaindre, n’est-ce pas ?) Laissez tomber — je suis très enthousiaste de cette découverte, comme beaucoup d’autres pistes que j’ai choisies pour le compte. Vous en entendrez parler plus tard.

Mais ce post est en fait sur quelque chose que j’ai vu pendant mon achat. Elle vous sera familière, mais quelque chose n’ira pas :

Source

Ouais, c’est Prospérine Virgule-Pointen anglais. Il y a un échantillon sur Amazon — les trois premiers chapitres, alors j’ai jété un œil.

La première chose à dire, c’est qu’une traduction hyper-fidèle serait une erreur. Ce livre joue avec la langue française sur chaque page, et beaucoup s’en perdraient en traduction. (Puis-je écrire ça de cette façon, où dois-je écrire « beaucoup de choses se perdraient » ? C’est une question sincère.) Je ne suis quand même pas sûr si les choix que j’ai vus sont les bons.

Commençons avec le nom de notre héroïne. Virgule-Point est inattendu en soi ; le bon mot en français est point-virgule. Mais en tant que nom de famille qui s’était produit par un mariage, ça marche. En anglais, point-virgule se traduit par « semicolon » — littéralement, demi-deux points. Virgule veut dire « comma » et point veut dire « period », alors « Prosperine Comma-Period » aurait pu marcher — mais personne n’aurait compris la blague de la fusion de deux marques.

Pourtant, le choix ne fait pas une meilleure blague. En anglais, elle s’appelle « Prosperina Dash », et sa famille est l’union des « Emdash » et « endash » — c’est à dire « tiret cadratin » et « tiret demi-cadratin« . Une traduction en français de son nom en anglais serait donc « Prospérine Tiret » — et l’esprit du jeu de mots se perd.

Sa ville, plutôt qu’une traduction de « Demi-Mot », qui serait littéralement « half-word », est « Ellipsis », d’où le titre — mais ça veut dire points de suspension. Honoré Point-Virgule, le héros de l’histoire, devient « Honorius Hyphen ». Un « hyphen » est un trait d’union — mais ça commence aussi par une « h », qui garde un peu du sens de l’humour de l’originale.

Il y a des blagues de la part des traducteurs (il y en a deux) qui reflètent leur connaissance de la culture française. Le livre fictif au centre de l’histoire s’appelle « Peines perdues », et là, la référence est clairement au pain perdu. En anglais, le livre s’intitule « In Search of Lost Loves », d’après une autre œuvre bien connue, « In Search of Lost Time ». Peut-être que vous connaissez cette dernière sous un autre nom, « À la recherche du temps perdu ». Les défauts que j’ai mentionnés ci-dessus, ils sont clairement aux limites de l’anglais, car ces traducteurs connaissent évidemment leur sujet.

Est-ce que je vais l’acheter et le lire ? Enfin, je crois que non. Je connais déjà l’histoire, et le vrai goût de ce texte se trouve en VO, ce qui est VF en ce cas. Cependant, ça me donne envie à nouveau de faire l’expérience de lire un livre français en parallèle avec sa traduction, afin de parler des différences. En plus, on va bientôt parler d’un autre livre écrit par quelqu’une qui habite en France — mais qui l’a écrit en anglais. (Le livre n’est pas encore sorti — je l’ai pré-commandé.)

J’ai eu cette expérience une centaine de fois, d’être surpris par un titre familier dans une police familière — dans une langue inattendue. Venant des États-Unis, ça m’arrive avec nos films tous les jours. Mais je crois que c’est la première fois où j’ai eu cette expérience à l’envers !

Le côté obscur du voyage fou

Celui-ci sera lourd.

Avant de me lancer, une note. Dès que je suis sorti du RER B près de l’Île de la Cité mon tout premier jour à Paris, je me suis dit « Vous êtes enfin à la maison pour la première fois de la vie », et je n’ai jamais perdu cette impression pendant toute cette semaine. Pourtant, je suis passé par de bons quartiers et…de moins bons quartiers. Rien n’a changé mon avis. En ce qui suit, on va parler de la seule fois où j’ai vraiment eu peur en France, un an plus tard.

À presque chaque fois où j’ai quelque chose de négatif à dire sur la France, je me sens obligé d’offrir mes excuses (2022, 2023). Il y a donc parfois des fois où je ne dis rien, même si ça donne la fausse impression que tout est de l’ensoleillement, des sucettes, et des arcs-en-ciel, comme dit une chanson en anglais. Et franchement, vu que j’ai su en 2022 que j’étais vraiment malheureux à cause de l’anglais, j’ai sauté les autres problèmes. Mais on est en Seine-Saint-Denis, le site du voyage fou, et ce dimanche-là était tout sauf agréable. Cette fois, ce n’est pas un commentaire ironique, genre « car j’ai dû quitter la France ». Mais c’est tout ce que j’ai dit sur cet aprèm — dans mon billet, je suis passé directement des Galeries Lafayette à l’avion :

Alors, qu’est-ce qui s’est passé en Seine-Saint-Denis ?

Je vous avais dit à l’époque que mon hôtel était l’Hôtel du Parc Roissy. Impossible d’être plus proche du RER B :

À la gare du RER, il y avait un panneau charmant. Je me surnomme depuis ce jour-là « Membre fier des autres ». (Pour être bien clair, je n’ai parlé à personne là. Mais j’ai une réputation à maintenir.)

Le plan était génial. Je volerais à CDG samedi, prendrais le RER B jusqu’à l’hôtel, y déposerais mon sac, prendrais le RER puis le métro aux Invalides, marcherais à mon resto, puis irais au stade. Après le concert, j’aurais un court trajet vers l’hôtel. Le matin, je laisserais mon sac à l’hôtel, prendrais le train vers Galeries Lafayette, faire mes achats là et à la FNAC, retourner dans le train pour chercher mon sac à l’hôtel, puis revenir à l’aéroport grâce au train.

Sauf que.

Sauf que dimanche matin, j’ai découvert que le RER B était fermé à cause de travaux. Super. C’est ici où j’ai fait ma première erreur. J’aurais dû porter mon sac avec moi afin de ne pas devoir le récupérer plus tard. Au lieu de ça, je suis parti dans un bus jusqu’à une station métro, d’où j’irais aux Galeries Lafayette. Je savais déjà qu’il me fallait annuler mes autres plans car le bus prendrait trop de temps. Mais il faut reconnaître deux autres erreurs ici.

D’abord, je n’ai jamais pris le bus tout seul de ma vie. Ce n’est pas comment on fait dans les villes telles qu’Elbe-en-Irvine, où les voitures sont la vie. L’autre chose…j’allais passer par des quartiers pas accueillants aux touristes. Connaissez-vous cette station ? À l’époque, moi non plus :

Voici ce qui arrive si vous recherchez « Porte de La Chapelle » en anglais sur le Goog (voilà, j’ai mon propre verlan, et vous ne connaissez personne comme moi !) :

Est-ce qu’un mot vous semble…familier ? Non, pas « Paris », M. Jours d’humeur — je sais sur qui je peux compter ! La 5ème suggestion. « Dangerous ». Oui, même les anglophones savent que ce quartier est dangereux. Et moi, j’y suis allé sans savoir RIEN.

Un employé du RATP à la station RER « Exposition Paris-Nord » m’avait dit de prendre le bus de l’arrêt en face de la rue jusqu’à la Porte de La Chapelle, puis prendre le métro aux Galeries Lafayette. Aveuglé par ma mission d’acheter du nougat ainsi qu’un cadeau pour La Fille, je n’ai pas pensé non plus au retour à l’aéroport.

Avec rien entre les mains en partant pour le centre-ville, personne ne m’a harcelé. Mais plus on s’approchait de Porte de La Chappelle, plus je me rendais compte que je n’avais rien de commun avec les autres passagers. On passait par des quartiers où un étranger n’est pas censé aller. J’aurais dû abandonner. Mais non. Je suis allé à Galléries Lafayette Haussmann, et je suis revenu avec des sacs portant leur nom ainsi que ceux de Pierre Hermé et Pierre Marcolini. Du luxe. Dans ce quartier décrit par Le Figaro comme ça :

La Porte de la Chapelle, station de la ligne 12 du métro située dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, concentre depuis des années des problèmes d’insécurité liés aux trafics de drogue et à des flux migratoires incontrôlés.

Située non loin de la colline du crack

Avez-vous remarqué que je peux être vraiment con parfois ? ([Peux ? — M. Descarottes])

J’ai dû patienter une heure pour le prochain bus revenant vers le Parc des Expositions. C’était l’heure la plus longue de ma vie. Les yeux de chaque personne dans la queue, ainsi que les « SDF » de la rue, fixés sur mes sacs. Personne ne répondrait à mes questions si j’étais même au bon arrêt — il y en a 4 autour du métro (faut pas prendre les bus seul si vous n’êtes pas expérimenté !). En plus, j’avais gravement sous-estimé le temps.

Une fois revenu — enfin — à l’hôtel, j’ai récupéré mon sac et demandé au réceptionniste de m’appeler un taxi. Il m’a dit que ça prendrait au moins 45 minutes pour arriver. Mon vol décollerait en 2 1/2 heures.

Heureusement, avec l’appli Freenow, j’ai réussi à trouver une voiture. Je suis arrivé à CDG 1 1/2 heures avant mon vol, mais la queue de sécurité était vide, alors ce n’était pas un problème. Dans la queue pour monter dans l’avion, j’ai pris une photo de moi-même pour me rappeler mon attitude en ce moment. Je ne voulais pas quitter la France, c’était certain, mais je ne voulais plus jamais passer un autre jour comme celui-là.

Mon dîner séquano-dionysien

Le gentilé de ce département est une bouchée en soi, n’est-ce pas ? Comme dans les Hauts-de-Seine, j’ai fait mes devoirs parmi les cartes des restos du département, et je suis content de ce que j’ai trouvé. Voici les tagliatelles à la moutarde de Meaux et les profiteroles :

Notre menu vient de deux restos bien traditionnels qui se trouvent en Seine-Saint-Denis. Allons le préparer !

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James Bond et l’effet « Mandela »

Langue de Molière est annulée cette semaine pour une raison bizarre. Je me suis assis avec mon portable pour la rédiger et…je vous jure que mon dictionnaire avait une entrée sur laquelle la colonne entière aurait tourné. Le sujet ayant été complètement remis en question, on va parler sur ce que certaines personnes diraient s’est passé.

L’effet Mandela est le nom donné à un genre de faux souvenir. CNews — le premier résultat en français quand je l’ai recherché — l’explique comme ça :

Il se produit lorsque de nombreuses personnes sont persuadées qu’un événement a eu lieu, alors qu’en réalité, il ne s’est jamais produit, ou qu’elles partagent des croyances erronées.

Effet Mandela : Quel est ce curieux phénomène basé sur de faux souvenirs ?

Ce phénomène tire son nom du faux souvenir de la personne qui l’a nommé. Du même article :

L’«effet Mandela» fait référence à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela et opposant historique au régime de l’apartheid. Il a été baptisé ainsi et théorisé en 2010 par l’écrivaine américaine et chercheuse en paranormal Fiona Broome.

Comme beaucoup d’autres, cette dernière était persuadée que le fervent défenseur des droits de l’Homme était décédé en prison dans les années 1980, alors qu’il a été libéré en 1990, après vingt-sept ans de détention, et qu’il a rendu son dernier souffle en décembre 2013, à l’âge de 95 ans.

On parle donc de quelque chose dont on aurait jurée qu’il s’était produit. Et d’autres personnes peuvent même être d’accord — pourtant tous ont tort !

Un autre terme que l’on dit en anglais pour ça est « a glitch in the Matrix », qui se traduit apparemment plutôt littéralement par « un pépin/bug dans la matrice ». Ça vient du film Matrix, l’un des meilleurs de tous les temps sur une réalité fictive gérée par des ordinateurs afin de tromper l’humanité. Malheureusement, malgré le fait d’avoir été une réussite énorme, le film n’a jamais eu une suite. Au lieu de ça, les ordinateurs nous ont donné de faux souvenirs de deux des pires films de tous les temps, des bêtises sans qualités, afin de nous convaincre que le premier film était faux.

Vous voyez sûrement ce que j’ai fait, là. Évidemment, on est généralement d’accord que les suites Matrix Reloaded et Matrix Resurrections ont été tournés, sont sortis, etc. Mais je trouve ça assez horrible que je préfère croire que le premier film était un documentaire, et que les ordinateurs peuvent vraiment nous tromper de cette façon. Je vous dis parfois qu’il n’y avait jamais aucun film de James Bond avec un « Daniel Craig » pour la même raison. Mais comme les cigognes, sauf quand j’en parle à La Fille, j’avoue que ce n’est pas la réalité.

Je dis tout ça, et je crois grosso modo qu’il n’y a pas vraiment des « pépins » dans la réalité car pas de Matrix. Mais j’ai un souvenir qui me barre d’abandonner l’idée tout court.

En 1999, j’ai acheté un disque avec les génériques de tous les films de James Bond jusqu’à ce point :

Je me souviens bien d’avoir écouté ce disque dans la salle de sport de mon immeuble, avec un lecteur de disques portable, et que c’est comment je suis arrivé à croire que Surrender par k.d. lang aurait dû être le vrai générique de Demain ne meurt jamais (elle ne joue qu’à la fin du film). Je me souviens aussi d’avoir détesté la chanson The World is Not Enough par Garbage, du film Le monde ne suffit pas, et d’avoir sauté cette piste à chaque fois. Pourtant

J’ai perdu le disque pendant une décennie. Quand je l’ai retrouvé dans une boîte dans mon appartement, c’était sans doute la version de 1999. Mais selon la liste de versions de cette disque (lien en anglais), mes souvenirs sont impossibles. La version de 1999 ne contient ni l’une ni l’autre de ces deux chansons, la version de 2002 n’a que celle de Garbage, et ce n’était qu’en 2008 qu’un disque avec la chanson de Mme Lang est sorti.

Toutes les preuves disent que je n’ai jamais eu un disque avec la chanson Surrender. Mais j’ai des souvenirs très clairs de ça — et avant cette histoire de dictionnaire, aucun autre exemple de ma vie où la réalité contredit si complètement mes souvenirs.

Je dis que je ne crois pas aux théories que la vie n’est qu’une simulation. Mais je me demande.

Je découvre la Seine-Saint-Denis

On continue maintenant le Tour avec le 93, la Seine-Saint-Denis. C’est le département le quatrième plus peuplé, et les habitants se nomment séquano-dionysiens. C’est notre sixième séjour en Île-de-France.

Il s’avère que je suis allé à plus de gares dans ce département que nulle part ailleurs. Pas de gares qui vont gagner le concours de Plus Belle Gare de France de la SNCF, mais tout de même :

Carte du RER B, ©️RATP

C’est le RER B, et quand on arrive en France par CDG, on passe par Villepinte, Sevran, Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, et d’autres. Retournez avec moi aux premiers moments de mon tout premier jour en France :

La photo à droite dit : « Je viens d’être SI PROCHE du Stade de France, où mon concert aurait été lieu. » Rappelez que le Central Tour d’Indochine était censé avoir lieu en 2021, avant le Covid.

Mais je veux que vous regardiez cette carte du RER B d’autre façon, comme je l’ai vu. Je ne connaissais aucun de ces endroits, et pour moi chacun et tout aurait pu être le site du château de Cendrillon, pour autant que je sache. Imaginez que vous n’avez jamais parlé la langue à haute voix à personne, et pour la première fois, vous prononcez ces noms une syllabe à la fois…Au-ber-vill-iers ? C’est une sorte de sort magique ! (Un an plus tard, je vivrais un cauchemar en essayant d’y trouver un bus pour retourner au Parc des Expositions pour chercher mon sac à cabine à la fin du voyage fou. Il me semble que je ne vous ai jamais raconté la vérité du retour. Une autre fois.)

On commence à Livry-Gargan. J’étais si proche. De la gare d’Aulnay-sous-Bois, on prend un bus peut-être 2 km au Château de la Forêt et le Parc Lefèvre. Le domaine actuel comprend 10 hectares de forêt et de pelouse, et on peut y faire une jolie balade. Puis on retourne à la ligne RER B et continue jusqu’au Bourget pour visiter le Musée de l’Air et de l’Espace, où se cache des avions mythiques — la Demoiselle d’Alberto Santos-Dumont, le prototype du Concorde, et mon graal personnel, le Bréguet XIX, le premier à franchir la route Paris-New York. (Mon estime pour la famille Bréguet ne connaît pas de limites.)

Vous êtes chez Un Coup de Foudre, et ça fait 13 départements depuis la dernière fois où je vous ai fait pratiquer le Devoir de Mémoire, dans la Somme, et 17 depuis la dernière consacrée à la Seconde Guerre mondiale, Seine-Maritime. Alors pas de plaintes que notre prochain arrêt est la Cité de la Muette, ancien site du camp de prisonniers à Drancy. Là, Sacha Guitry sera prisonnier après la Libération, soupçonné d’être collabo (jugement : non-lieu). De nos jours, il est un mémorial important à la Shoah.

Le tramway T1 nous amène au plus grand trésor du département, la Basilique Cathédrale Saint-Denis (3 étoiles Michelin). Cette ancienne nécropole royale, érigée pendant les XIIe et XIIIe siècles, abrite plus de 70 gisants, dont ceux de Clovis, François Ier et Louis XVI. Les vitraux du XIIe siècle valent aussi la visite, mais ont été remplacés par des copies en 2023 afin de les protéger. D’ici, on peut facilement se promener au Musée d’Art et d’Histoire Paul Éluard, ancien Carmel qui abrite des collections sur les industries de la ville, la Commune de Paris, et Paul Éluard, fils de la ville. À quelques pas au sud, on trouve le Stade de France (1 étoile), site du plus grand concert de l’histoire de France (les chiffres sont d’accord) ainsi que de la Bêtise de Darmanin (je sais, laquelle ?). Puis, on prend la ligne 13 du métro au Marché aux puces de Saint-Ouen. Ce marché se dit le plus grand de son genre au monde, avec plus de 5 millions de visiteurs tous les ans pour ses 12 marchés couverts et 5 rues commerçantes. (Je suis le mauvais guide pour vos achats.)

On reprend le tramway, cette fois T3b, jusqu’aux Grands moulins de Pantin (1 étoile). Des années 1920 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, ces bâtiments produisaient 190 000 tonnes de farine chaque année. Les dégâts de la guerre ont mis fin à cette activité, mais la banque BNP Paribas les a rachetés et restaurés pour servir en tant que bureaux. On ne peut pas entrer, mais on les admire, puis passe au Parc de la Villette (1 étoile). (L’adresse dit le 75, mais la Seine-Saint-Denis le revendique.) Là on trouve 55 hectares de jardins, une ferme pédagogique, et une Grande Halle qui abrite des pièces de théâtre. La Philharmonie de Paris (1 étoile) s’y trouve, ainsi que la Cité des Sciences et de l’Industrie, un musée avec des expositions sur l’ingénierie bio-inspirée, le cerveau, et la technologie et les métiers des jeux vidéo. Après, on finit notre séjour en Seine-Saint-Denis avec une croisière le long du Canal Saint-Martin au bord du Parc.

Qui sont les personnages les plus connus de la Seine-Saint-Denis ? (Je ne compte pas ceux qui travaillent au Stade de France à moins qu’ils aient une connexion plus profonde.) Le poète Eugène Grindel, mieux connu sous le nom Paul Éluard, est né à Saint-Denis. Coup de cœur du blog Audrey Fleurot, actrice des Combattantes et HPI, habite à Saint-Ouen-sur-Seine. Émile Reynaud, pionnier du ciné du XIXe siècle, est né à Montreuil, ainsi que la terreur de la caméra cachée, Laurent Baffie, et homme politique Éric Zemmour. Chanteur Michel Jonasz est né à Drancy, où romancière Irène Némirovsky a été internée par les Voisins. Jacques Brel, acteur et chanteur, est décédé à Bobigny. Jean-Pierre Melville, réalisateur du Cercle rouge, est inhumé à Pantin. Patrick Hernandez, roi des coups étonnants, est né au Blanc-Mesnil, ainsi que Fabien Marsaud, dit Grand Corps Malade.

Que manger en Seine-Saint-Denis ? On parle de fermes urbaines qui y reste, mais j’ai du mal à caractériser la production actuelle. Keldelice ne montre qu’une toute petite poignée de produits de terroir lié à la région, dont le pissenlit de Montmagny et l’asperge d’Argenteuil. Le département lui-même se vante de ses cuisines du monde, dont l’indienne. Je vais donc traiter ceci comme un autre Hauts-de-Seine, avec un repas de la cuisine des bistrots. Pour boire, il y avait des vignobles en Seine-Saint-Denis, et de nos jours on peut à nouveau trouver des vignes pédagogues — même une IGP pour le Parc du Sausset — mais la production actuelle du département se mesure en quelques milliers de litres. Cependant, il y a aussi les bières de la Brasserie Gallia, Croix de Chavaux et La Parisienne.

Saison 3, Épisode 23 — Dessert chez Claire

Il faut d’abord commencer avec la nouvelle que j’ai reçu une demi-heure avant de publier mon article d’hier, trop tard pour en rédiger un nouveau, la mort d’Alain Delon. Bien que les nouvelles de chez lui soient tristes ces dernières années, et je ne les reprendrai pas ici, c’est quand même un choc et un moment triste pour nous tous. Pour moi, il sera toujours le héros ambigu de Borsalino, et Corey, l’un des truands du Cercle rouge.

Je fais une experience cette semaine. Péla m’a dit que je parle trop vite lorsque j’ai demandé vos conseils. J’ai fait mon tout pour parler plus lentement — d’habitude, ces contenus produiraient un épisode de 17 minutes. C’est plutôt 23 minutes, dont 1 minute de quelque chose de nouveau :

J’annonce une nouvelle colonne dans la balado, « Les Bonnes Nouvelles françaises ». Ça paraîtra après la blague de la semaine, et je vais l’essayer pendant au moins 4 semaines. L’idée est de mettre en vedette une nouvelle qui fait chaud au cœur. Je ne vais pas publier des sommaires, car l’autre idée est d’encourager des clics sur le lecteur, mais cette semaine, je vous dirai que notre histoire traite des employés au Stade Pierre Mauroy qui ont trouvé la peluche d’une touriste de 6 ans et l’a renvoyée au Canada.

J’ai publié un « reel » sur Instagram, la version vidéo de mon post sur la tarte aux figues. Je me suis réveillé à trouver que l’on l’avait aimé :

C’est certainement son vrai compte — je l’avais « tagué », comme on dit. Mais était-ce Mme Heitzler elle-même ou un employé qui surveille les réseaux sociaux en son nom ? Je tuerais pour savoir que c’était le premier choix !

Si j’ai une plainte sur les 4 dernières années ([Il en a beaucoup — M. Descarottes]), c’est que des trucs étonnants m’arrivent de temps en temps — des journalistes réputés aiment mes articles, des chefs et des marques aiment mes recettes — mais il n’y a jamais même un seul moment « viral » où quelques dizaines de milliers de personnes se rendent compte de ce qui se passe ici. Pourtant il y a plein de cons sur TikTok qui mangent des capsules de lessives, et voilà, public instantané ! J’annonce donc que pour le tout dernier billet du blog, quand il arrivera, j’avalerai une capsule de lessive tricolorée ; je ne compterai pas à survivre la tentative, mais il y aura enfin des vues, non ?

J’ai fait une promesse à M. Anagrys de publier ici mon dessin venant d’un journal préféré de tous. Les. TEMPS. (Désolé, Le Canard.) Il est paru en 2006 dans le Wall Street Journal, à côté d’un article (pas disponible en ligne) sur la musique dite « death metal », car les chanteurs adoptent souvent une voix similaire à celle de Cookie Monster de 1, Rue Sesame :

Source (pas l’originale), ©️2006, Wall Street Journal

Je vous ai parlé avant de Cookie Monster — voici pourquoi je vous ai donné mes références.

Samedi le 24, je serai à San Diego pour « fêter » les 30 ans de mon bac avec une trentaine de mes anciens « copains » de classe. (J’ai des avis extrêmement mitigés sur ce sujet, d’où les guillemets.) Aux États-Unis, on fait ça tous les 5 ans. Mais — mais — mon plus grand espoir est que je n’y serai plus pour le reste, et non pas à cause d’une capsule de lessive. J’espère que la raison sera que je ne voudrai pas dépenser l’argent pour y voler de Rouen. Ou Lille. Ou Montargis, ou où que ce soit. Alors mon attitude, c’est que ce sera adieu à tous ces types.

Quoi, vous vous attendiez à ce que je vous donne le gagnant de « Où habiter » du dernier bilan du Tour à l’avance ? Sachez que je n’ai rien écrit à ce point. Mais le but-pas-exactement-caché du Tour dès le départ (complètement avoué pour le 1er anniversaire) était toujours de choisir le bon endroit.

Notre blague traite des poupées Barbie. Nos articles sont :

Les gros-titres sont : Problème, Burrito et Venezuela.

Sur le blog, il y a aussi La défaite, la déception sur certaines statistiques, Mon dîner altoséquanais, le steak frites et la sauce au poivre, et La tarte aux figues de Claire Heitzler, mon dessert pour le département.

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Élu

C’était une formalité, mais jeudi soir, j’ai assisté à une réunion du bureau de l’Orange County Accueil sur Zoom, où le premier point à l’ordre du jour a été l’élection pour être responsable du bulletin. Je suis heureux de vous dire que les voix ont été unanimes. Ça aurait été…intéressant…si l’on avait voté contre, n’est-ce pas ?

Puisque cette partie du site de l’association est publique, je ne trahis aucune confidentialité en vous montrant une capture d’écran ni un lien vers la page de « l’équipe » :

Source

Si vous faites la comparaison entre ma photo et les autres sur la page, vous remarquerez quelques choses. D’abord, je suis le seul homme parmi tous, et j’ai remplacé une femme en plus. Ça me donne un autre point de vue sur certaines choses, car honnêtement, je ne l’avais pas remarqué avant. Ce serait le truc le plus américain au monde de ne pas vouloir ma présence dans un tel environnement.

Je ne dis pas que je suis d’accord avec ça, parce que ce n’est pas vrai. Mais je dirais peut-être que je comprends d’où vient le sentiment. Je n’ai vraiment pas envie de faire la polémique sur ce sujet dans ce post, parce que ça touche sur mes plaintes les plus graves sur mon pays natal.

On remarque peut-être que je n’ai pas choisi une photo de tête comme les autres. J’ai pensé à ça. En partie, cette photo est ma « marque » personnelle. Mais c’est aussi le cas que je veux toujours que tout le monde voie les paroles en français sur le t-shirt. Après avoir déjà écrit un numéro, j’ai déjà prouvé que j’en suis capable. Pourtant, je me sens toujours comme si je dois faire de la publicité à cet égard.

Autre chose à laquelle vous ne penseriez pas, mais qui attire mon attention — c’est le seul endroit où mon nom de famille apparaît en majuscules selon la façon européenne. On n’écrit pas les noms de famille comme ça aux États-Unis. Je ne sais même pas comment décrire l’expérience de le voir : dépaysant ? Déroutant ? Surprenant ?

J’avouerai quelque chose. L’année dernière, j’ai changé mon nom sur mon portable pour l’écrire de cette façon, et il reste comme ça :

C’est devenu une prise de tête car le navigateur remplit tous les formulaires en ligne selon ce qui est écrit là, et personne ne fait ça en anglais. D’autre part, certains logiciels le « corrigent » en version américaine — voici ce qui fait Ferrite, mon éditeur de podcasts :

Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait. Je voulais vous imiter, peut-être. Pourtant, même Air France n’écrit pas ses courriels comme ça — c’est pire :

« Mrs./Mr. » veut dire « Mme/M. » Comme quoi, ils n’ont pas l’info ? Il me semble que le truc avec le prénom et deuxième prénom sans espace est juste comment fait les compagnies aériennes de nos jours. Mais pas de nom de famille en majuscules tout de même.

Il y a une partie de moi qui ne le crois pas du tout. Qui crois que l’un de ces quatre, je me réveillerai en disant, « Êtes-vous dingue ? Ce n’est pas votre place ! » Pour vous donner un exemple de ce qui me dérange toujours à cet égard, tous les janviers il y a « L’Assemblée générale ». Je n’y ai jamais assisté. Pourquoi ? Parce que le consul français de Los Angeles y vient pour donner un discours, et il me semblait que c’était le « pont trop loin », même s’il n’y avait aucune question d’espionnage. Alors j’ai demandé si je devrais assister à la prochaine, et la réponse était oui, car tous les responsables doivent y présenter leurs candidatures à nouveau. Mais j’ai l’impression que je leur fais penser à des questions qui ne se sont jamais posées avant. Dit autrement, je serai surpris si j’y trouve les autres américains de naissance du groupe.

Quel qui arrive, je m’engage probablement jusqu’en 2028, quand La Fille aura ses 18 ans et partira pour la fac. J’espère qu’à ce point, je serai ailleurs. Mais ça, ce sera une autre histoire.

La tarte aux figues de Claire Heitzler

J’ai su dès que j’ai vu que l’on était dans le département de Claire Heitzler que je voulais faire une de ses recettes. Je ne l’ai pas mentionnée sur le blog avant les Hauts-de-Seine, mais elle est une grande influence sur moi depuis deux ans déjà. Ses desserts sont souvent moins orientés vers le chocolat, et pour autant que je l’aime, j’avais hâte de mettre un ingrédient inhabituel en valeur. Elle ne m’a pas déçu — du tout. Voici la tarte aux figues :

À mon tour, j’espère que je ne l’aurais pas déçue si elle avait été à la soirée de tarot où elle a été servie. Allons la préparer !

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