On retourne vers les découvertes françaises avec un œuvre du mathématicien Jean d’Alembert, sa célèbre règle pour les séries. Ceci est loin d’être son travail le plus important, mais il n’y aura jamais de maths trop compliqués sur ce blog. Je ne veux pas perdre de temps en typographie pour les équations aux dérivées partielles non plus. Or, elle reste une avancée importante dans l’analyse numérique. Je suis ici l’exposition de Wikipedia en anglais car : 1) celle en français n’est pas suffisante, et 2) je suis trop paresseux pour inventer mes propres exemples.
Quelle est une série ? ([Quelque chose que vous regardez chaque semaine sur TF1 ? — M. Descarottes]) Pour une fois, notre ami a tort. C’est une séquence de numéros que l’on peut exprimer par une formule, et d’habitude on veut connaître soit la somme soit le produit. Ici, on parle seulement des sommes. Voici un exemple :
Comment lire cette série ? Ici, la variable n va de 1 jusqu’à l’infini, comme ça :
Un fait bien connu chez les mathématiciens est que ceux qui étudient l’infini deviennent souvent fous, comme Georg Cantor ou Kurt Gödel (deux de mes héros, au fait). Moins connu est qu’acheter de la vanille accélère le processus. De toute façon, pour chacun de ces nombres, on calcule la valeur de la formule. Pour nos buts, e = 2.71828 ; c’est un numéro très important dans les maths. Alors pour n égale de 1 à 3, c’est :
Ce n’est pas une grande somme, et on peut voir que les numéros en bas augmentent vite. (C’est bien connu que en va a l’infini.) Alors, on peut soupçonner que cette somme n’est pas infinie. Mais en tant que mathématiciens, on veut le prouver. C’est ici où la règle de d’Alembert s’applique. Il a reconnu qu’il y a une relation entre les termes au-delà de la formule.
Brièvement, si chaque terme est plus grosse que son prédécesseur, la somme grandira sans limite. Si chacune est plus petite que son prédécesseur, il y aura une limite, et la somme ne sera pas infinie. Dit autrement, si on divise chaque terme par son prédécesseur, et le quotient est moins que 1, la série « converge » — elle a une valeur finie. Si le quotient est plus que 1, la série « diverge grossièrement » — la valeur est infinie. Si le quotient est exactement 1, il faudra attendre la naissance d’Augustin Cauchy pour en parler plus.
On peut exprimer ça en ce qui concerne notre exemple en tant que formule :
Alors, on sait que la somme converge. La règle de d’Alembert ne nous dit pas quelle est la somme finale, simplement que ça existe. Je vous dirai tout simplement que le résultat final est environ 0,921.
Peut-être que ça vous semble un truc plutôt évident — si la formule baisse à chaque fois, elle ne pousse pas à l’infini ; sinon, elle pousse sans limite. Mais pour l’analyse, il ne suffit pas de dire « c’est évident » ; il faut être rigoureux. Et on ne trouve pas ce résultat chez les grecs, ni les romains, ni les allemands non plus. (Le suisse Euler l’a probablement découvert en dormant et l’a cru trop évident pour écrire, mais il était le plus grand mathématicien de l’Histoire.) Il fallait attendre Jean d’Alembert.
Vu que j’ai toujours Les Rita Mitsouko dans l’esprit, notre gros-titre du jour vient d’une de leurs chansons. Cette fois, on parle de l’un des sujets les plus difficiles dans toute la Langue de Molière, les pronoms réfléchis.
L’idée elle-même n’est pas difficile. Il y a des mots comme ça en anglais. Moi-même, toi-même, elle-même ont tous des traductions exactes — « myself », « yourself », « herself ». Il serait bien étrange de trouver une langue qui ne pouvait pas les exprimer. Alors il n’y a rien d’étonnant ou bizarre à dire pour un anglophone :
Je m’habille.
I get dressed./I dress myself.
Mais certaines traductions sont plus naturelles que d’autres :
Je me promène le long du lac.
I walk along the lake.
On ne voit pas de « -self » en anglais ici. Il y a certains contextes où on choisirait un pronom réfléchi pour aller avec un tel verbe, mais ils ont l’air archaïque :
Je me suis promené chez le médecin.
I walked myself to the doctor’s office.
Mais ça suggère que c’était un effort, que ce soit à cause d’une maladie soit une blessure. « Walk » dans notre exemple peut prendre un objet direct, exactement comme en français, mais la version réfléchie est très inhabituelle :
J’ai promené le chien.
I walked the dog.
Ça, c’est commun. Alors pour moi, c’est un effort de dire « me promener », parce que « marcher » est beaucoup plus proche de l’usage typique en anglais quand on veut parler de soi-même.
Puis, il y a des fois où l’usage français est un mystère. Il n’y aucun mystère si je dis :
J’ai lutté contre lui.
I fought against him.
Pourtant en français, on peut exprimer la même idée en disant « Je me suis battu contre lui. » Et ça fait mal à la tête. Nous savons que vous comprenez très bien que le sujet ici n’a pas lancé des coups de poing vers lui-même. Vous pouvez dire exactement ça avec « lutter ». Alors, à quoi sert « se » ici ? Ça nous semble être une description d’un film des Frères Marx ou les Trois Stooges.
J’ai hâte d’ajouter qu’il y a un sens très limité en anglais où une traduction littérale de « me battre » a sens. On peut dire « I fought myself », ce que je traduirais en français comme « Je me suis battu contre moi-même » dans un sens métaphorique : je voulais vraiment faire Quelque Chose, et j’ai ga-lé-ré pour faire L’Inverse.
Puis il y a des fois où il nous faut tout simplement hausser les épaules en soupirant « Faites comme vous voulez ». Il n’y a pas de meilleur exemple que « se marier ». Pour nous, ce verbe, comme tous les verbes en anglais, n’est pas réfléchi en soi. On peut les rendre réfléchis avec le choix de pronom pour le sujet, mais le seul sens en ce cas où on dirait ce que « Je me suis marié » veut dire littéralement, « I married myself », c’est une maladie mentale. Cette femme s’est mariée selon nous :
On se demande ce qui s’est passé quand elle a enfin trouvé le bon monsieur, la cause du divorce. Un argument à la maison où elle s’est disputée (avec elle-même) à cause de s’être trompée ? Vous voyez sûrement le problème. On n’utilise pas la forme réfléchie, et on dort sur ses deux oreilles parce que l’on ne s’est jamais soucié de telles pensées.
Au fait, la chanson « Rendez-vous avec moi-même » me pose un autre problème. La chanteuse, Catherine Ringer, a un nom qui me rappelle exactement le mot anglais pour quelqu’un responsable de faire sonner des cloches ; c’est le « ringer ». Mais on ne le prononce pas du tout selon la façon française. Dans cette interview sur Taratata, Nagui le prononce d’une façon que je ne peux pas distinguer de « ranger ». Mais dans la chanson de laquelle on parle, Mme Ringer chante son nom en anglais avec exactement la prononciation à laquelle je m’attends. Alors malgré être fan depuis trois ans déjà, je n’ai pas la moindre idée de comment elle prononce son nom de famille.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour demander des avis quant à « quant à ».
En 2012, j’ai rejoint un site appelé Quora. L’idée était que certains écriraient des questions et d’autres personnes — on espérait, bêtement, avec des connaissances utiles — les répondraient. Étant sur Internet, ça marchait exactement comme vous vous attendiez — des cons demandent des questions idiotes, et d’autres cons répondent de façon moitié non pertinent, moitié insultante. Puis, il y a les commentaires.
J’ai arrêté d’écrire sur Quora en anglais il y a longtemps, mais quand j’ai commencé â apprendre le français, je me suis lancé sur Quora en français. (Je suis aussi brièvement revenu sur Quora en anglais pour parler de mes expériences françaises.) Disons que ça m’a vite poussé à penser à un blog pour écrire. Quora en français est moins nul que Quora en anglais, mais on parle de petites différences. Mais de temps en temps, une question m’intéresse, et je fais l’erreur d’y répondre. Et oh là là, mais j’ai reçu une note d’enfer d’un parisien !
Peut-être que vous aurez remarqué la raison pour écrire sur Quora — pendant à peu près deux semaines, cette courte réponse a autant de vues que tout ce blog en 3 ans ! Ceux qui me fréquentent reconnaissent sûrement que ce n’est qu’une plus petite version de mes pensées en revenant de mes vacances.
Bien que Quora cache les votes négatives, je sais que cette réponse était en général bien accueillie. Comment ? Parce que ça n’arrive qu’aux réponses avec de bonnes réactions :
Mais il y a des membres de l’équipe 1er degré encore plus forts que moi, et ce monsieur m’aime :
Bon, ça n’a pas trop à voir avec moi personnellement. Je suis habitué au fait qu’environ 10 % des internautes français inconnus que je rencontre me traitent comme une piñata pour décharger leurs sentiments chaleureux envers les américains. Franchement, pour autant que je ne l’aime pas, si seulement 10 % des inconnus sur Internet étaient de gros cons, on l’appellerait une réussite.
J’ai mordu à l’hameçon :
Saviez-vous qu’il y avait toujours des nobles en France ?
On lui a demandé de l’aide. La honte ! La lèse-majesté ! Comment ose-t-on le déranger quand il a un RER à prendre ? Mais j’ai pensé qu’il pouvait y avoir un rapport alors j’ai répondu à sa question. Ça a provoqué plus d’insultes :
J’en ai enfin eu assez. Ce genre de haine envers les touristes est excessif. Et à ce point, je n’avais dit rien de personnel. Ce n’était pas mon meilleur moment, mais on doit accepter combien d’insultes avant de se défendre ?
Sa dernière réponse n’est pas la chose la plus malpolie que l’on m’a écrit sur Internet, mais ça doit être proche !
Je sais mieux qu’à dire « voilà, l’attitude parisienne ». C’est faux et je me souviens bien de mon premier voyage. Mais en même temps, monsieur travaille dur pour renforcer les stéréotypes !
Cette dernière semaine était tout Paris, et la prochaine le sera aussi. Comme je vous ai dit hier, on est loin d’être finis avec Paris.
Or, j’avais une raison importante pour finir le dîner le plus vite possible. Ça doit rester secret pour le moment. Mais je vous dirai que vendredi le 8, je vais refaire les macarons pour un événement de l’OCA. Ce n’est pas le secret. Ils vont recevoir du chocolat Ghirardelli au lieu de Valrhona, car pour autant que je les aime, c’est pas Versailles ici.
Ce week-end, j’ai eu deux « chocs culturels » aux États-Unis à cause de la France. Le premier était samedi matin, à cause de la diffusion de la finale de la cinquième saison de Miraculous. La Fille me l’a fait regarder avec elle. ([Papy n’a pas trop fait de la résistance, vous savez ? — La Fille]) J’ai hâte de trouver l’épisode en français car il y a certaines répliques qui m’étonneraient si elles étaient des traductions littérales. L’autre chose, c’est que La Fille et moi, nous étions à la fête d’une famille persane, où j’ai écouté quelque chose de complètement inattendu. On va en parler plus tard.
Au fait, je suis en deuil pour Gabriel Agreste, le meilleur méchant de toutes les émissions pour enfants du XXIe siècle. Il y a un petit hommage à lui caché dans la balado pour cette semaine. Cet épisode de Miraculous était choquant de nombreuses façons. Miraculous continuera, on sait déjà qui sera la nouvelle méchante quand la série reviendra fin 2024, mais comment les producteurs seront à la hauteur de la 5e saison, je ne sais pas.
J’ai fait un cookie géant de Laurène pour cet épisode de Miraculous, car La Fille me l’avait demandé. J’espère que vous comprendrez le choix des couleurs :
Notre blague traite — complètement par hasard, je n’étais pas assez malin pour planifier ce jeu de mots — des paris. Je vous rappelle qu’à partir de cette saison, les blagues sont disponibles du menu en haut, avec une semaine de retard. Nos articles sont :
Je continue à copier Light & Smell avec des listes de mes articles préférés au premier du mois. Ça vient d’Allez vous faire lire, mais je ne suis pas exactement ses règles. Ce mois, j’aurais pu sorti cette colonne au bon jour, mais j’avais une raison pour laquelle j’ai dû publier mon dîner parisien aussi vite. Que ça marche ou pas, je vous l’expliquerai au bon moment. Pourtant, on est loin d’être finis avec Paris.
Light & Smell critique un livre des éditions Harlequin qui touche sur une question qui m’intéresse — les relations à travers une frontière. (M’intéresse de façon académique pour l’instant ; ce n’était pas un indice.)
Phrenssynnes propose une recette de noix au cari, en parlant de l’Inde (attention, elle utilise « noix » comme moi ; les Français diraient plutôt « fruits à coques »). Aussi, comment soutenir les auteurs québécois.
Ce post marque une étape importante pour moi. Hier, je vous ai montré un aperçu de ces macarons, en mentionnant qu’elles étaient selon la recette de Pierre Hermé. Avant de continuer, jetons un œil vers les miens :
C’est la première fois où j’ai réussi une recette de Pierre Hermé avec sa meringue italienne. (Certains de mes amis ont vu plein de photos de mes échecs.) Mes macarons habituels sont toujours faits à base de meringue française. Mais le Tour exige un maximum d’authenticité. Je crois que les miens sont à la hauteur de ses boutiques.
En pensant à mon dîner parisien, j’ai naturellement commencé avec le dessert. Il fallait absolument être la recette d’un grand chef, et en plus, suivie au pied de la lettre. Je vous en parlerai plus demain — C’est le 1er est reporté jusqu’au 3 — mais je vous dirai que ce sont les macarons crème brûlée du livre Macaron par Pierre Hermé. Pour aller avec, un plat à la hauteur, venu d’un chef au niveau de M. Hermé, le homard Thermidor d’Auguste Escoffier :
Mon histoire avec le homard Thermidor commence au fin du XXe siècle, pendant un voyage à San Francisco. Il y a un resto là-bas qui date de la Ruée vers l’Or, le Tadich Grill, qui est célèbre pour leur version du plat, qui date de 1880 à Paris. J’ai revisité ce resto plusieurs fois, et il reste le seul où j’ai trouvé le homard Thermidor sur la carte (aux É-U ; je ne l’ai pas cherché en France). Mais c’est la recette classique d’une légende. Allons le préparer !
On continue maintenant le Tour avec le 75, Paris. C’est le département le deuxième plus peuplé et les habitants s’appellent centre-du-mondiens parisiens. C’est notre premier séjour au milieu de la Grande Mer de France, ce que l’on sait doit être là puisque la ville est en Île-de-France, et…quoi ? Vous voulez me dire qu’il n’y a pas de Grande Mer, que l’Île est complètement entourée ? Ben, la France est un pays avec une Côte-d’Or sans côte, et une île qui n’est rien de sorte. Et vous vous moquez des connaissances géographiques des américains.
Au fait, les franciliens sont réputés pour avoir les meilleurs goûts de tous les Français. Une mesure objective de ce phénomène se trouve dans les statistiques d’une certaine balado :
Je me suis fait une promesse au début du blog que cet article serait exactement comme tous les autres. Mon format depuis longtemps est 12 photos, trois paragraphes sur les incontournables, et un paragraphe chacun pour les personnages et la cuisine. Je suis menteur. ([Alléluia !La vérité enfin ! — Mon ex et M. Descarottes]) On est dans la ville soit la plus visitée soit la troisième ou sixième plus visitée au monde entier. (Ça dépend de comment on compte ; par visiteurs, par argent dépensé, par longueur de durée, etc.) Dans tous les cas, c’est de loin la ville la plus visitée de France. Et avec la popularité de Miraculous autour du monde — diffusée dans plus de 120 pays — sans doute la ville la plus connue chez les enfants. Ce billet est parsemé avec des vidéos de France With Véro, ainsi que mes photos habituelles.
On commence au Panthéon (2 étoiles Michelin). Je trouve que l’explication le plus simple est l’inscription en haut de la porte : « Aux Grands Hommes, La Patrie Reconnaissante ». Ici, on trouve les sépultures des héros de l’Histoire — Voltaire, les Curie, Louis Braille. Les tableaux au rez-de-chaussée racontent le début de l’histoire française : Sainte Geneviève, Charlemagne, Jeanne d’Arc. Puis, on descend la colline vers l’Île de la Cité (3 étoiles), au milieu de la Seine, Ici, on trouve peut-être la cathédrale la plus célèbre au monde, Notre-Dame de Paris (3 étoiles). Malgré l’incendie de 2019, il y a plein de touristes qui y viennent quand même juste pour un aperçu de la cathédrale du bossu de Hugo, ses arcs-boutants, ses gargouilles. Sur l’Île, on trouve aussi la Sainte-Chapelle (3 étoiles), érigée par le roi Louis IX pour abriter des reliques de la Passion du Christ, et avec des vitraux spectaculaires, dont La Rose de l’Apocalypse. Puis on traverse le Pont d’Arcole et continue tout droit vers le Centre Pompidou et son Musée d’Art moderne (3 étoiles). Ici, on trouve de tels œuvres que le célèbre Fontaine de Marcel Duchamp, qui a lancé le mouvement Dada, ainsi que le New York City de Piet Mondrian et Les Mariés de la Tour Eiffel de Chagall.
On passe par Les Halles (1 étoile), plein de magasins et restos, pour arriver au Musée du Louvre (3 étoiles). Ses bâtiments sont étoilés eux-mêmes : la Pyramide (2 étoiles) et la Cour carrée (3 étoiles). C’est un musée très inhabituel, avec juste un tableau, La Joconde. Non, je plaisante — ignorez « Jocondisneyland » et profitez du Serment des Horaces, Le Radeau de la Méduse, et mille autre chefs-d’œuvre. Puis, on quitte le Louvre pour la Rue des Rosiers, pour rendre hommage au film qui m’a fait l’auteur de ce blog, Les Aventures de Rabbi Jacob. Remarquez aussi les nombreuses plaques en souvenir de la Shoah.
Après, on se promène le long de l’Avenue de l’Opéra pour arriver devant le Palais Garnier (3 étoiles), dont son magnifique Grand Escalier (achetez un billet et prendre le tour). On va déjeuner aux Galeries Lafayette (0 étoiles ?!?) ou Printemps (même erreur), les Grands Magasins du XIXe siècle. Aux deux, on peut goûter les merveilles de Pierre Hermé, Yann Couvreur, Nina Métayer, Christophe Adam, et d’autres génies.
D’ici, on prend le métro pour aller à la Basilique du Sacré-Cœur (2 étoiles). Merci à France With Véro pour m’avoir dit de sortir à Abbesses, pas Barbès-Rochechouart. Prenez le funiculaire à moins que vous aimiez grimper des marches. Les vues sur Paris sont époustouflantes, et bien que ce soit une église du XIXe siècle, donc pas gothique, l’intérieur vaut le coup aussi. Il y a des reliques de mon Pape pour toujours, Saint Jean-Paul II, au-dedans. Il faut visiter au moins un cimetière à Paris, alors promenons le long du Boulevard de Clichy, en passant par le Moulin Rouge, jusqu’au Cimetière de Montmartre (0 étoiles, quelle bêtise). Ici, on peut rendre hommage à Jacques Offenbach, Fred Chichin, Adolphe Saxe, Michel Berger, Michel Galabru, et d’autres lumières. Attention, le quartier n’est pas le plus chic ou propre ; évitez-le la nuit, surtout avec des enfants.
On reprend le métro jusqu’à l’Église Saint-Augustin, recommandée par le Chat Voyageur. Très inhabituelle pour un bâtiment datant d’avant le XXe siècle, l’armature est métallique. Le dôme de 25 mètres est impressionnant. Puis on continue vers l’Arc de Triomphe (3 étoiles), monument napoléonien qui abrite depuis 1921 le premier tombeau d’un Soldat inconnu au monde. Montez sur le toit pour d’autres vues spectaculaires. D’ici, on se promène le long des Champs-Élysées (2 étoiles), où on trouve les boutiques phares de telles marques que Louis Vuitton, Cartier, et Christian Dior. On va tourner à droite sur l’Avenue Georges V pour notre prochain arrêt.
On arrive devant la Tour Eiffel (3 étoiles), chef-d’œuvre de l’ingénierie française. Ne ratez pas les photos du Chat Voyageur. Un billet pour le deuxième étage suffit pour avoir les vues les plus impressionnantes au monde entier. D’ici, on peut voir la Seine, les Jardins du Trocadéro (2 étoiles), le Palais de l’Élysée (n’oubliez pas de passer le bonjour à son habitant)…quand on dit que Paris est la ville la plus romantique au monde, c’est d’exactement ici dont on parle. Beurk. Mais on a une vue magnifique de notre dernier arrêt, L’Hôtel des Invalides et le Musée de l’Armée (3 étoiles). Votre billet vous permet de visiter le musée, avec plus de 500 000 pièces d’art et de souvenirs militaires. Mais en plus, ça nous permet de rendre hommage au Grand Homme de L’Histoire française, l’Empereur Napoléon, qui repose dans son tombeau dans l’Église de Saint-Louis des Invalides, entouré par les maréchaux de France qui l’ont servie avec honneur.
Que manger à Paris ? Vous êtes nouveau ici, c’est ça ? Depuis le début du blog, je raconte les histoires des pâtisseries qui m’ont rendu ce que je suis ([Surtout autour du ventre — Mon ex]). On est dans la ville de ma pâtisserie préférée de tous les temps, le mille-feuille. Vous pensiez sûrement que c’était le macaron parisien, mais c’est les mille-feuilles qui sont mes madeleines de Proust. On est dans la ville de la religieuse (voici la mienne), le Saint-Honoré (encore le mien), où Gaston Lenôtre (ou Dalloyau) a inventé le gâteau opéra. N’oubliez pas le flan parisien !
Il y a certains mots français qui me font mal à la tête car ils ressemblent à des mots anglais mais n’ont rien à voir : dont, car, bribe. Mais c’est presque pire quand un mot français veut dire la même chose que tous les sens d’un mot sauf le plus commun. C’est le cas avec notre sujet du jour, « rude ».
En français, bien que je n’aie plus la source, je suis certain que la première fois où j’ai vu « rude », c’était dans l’expression « la concurrence est rude ». Ici, « rude » veut dire vigoureux, redoutable, etc. Et c’est certainement un sens du mot rude en anglais ; on dit exactement la même chose en traduction, comme « I thought of trying to do this as a job in Paris, but the competition is rude« . Je vous cautionne ; dans ce sens, ce mot est beaucoup plus commun en français qu’en anglais. Si vous le dites en anglais, c’est ce que l’on appelle un « ten-dollar word » (mot qui vaut 10 dollars) — onze dollars si vous êtes M. Dogg, le rappeur et aficionado de marijuana. Vous apparaîtrez donc un peu snobinard. Heureusement pour moi, j’en suis déjà réputé.
Un autre sens de « rude » en français est pénible, comme « Rude journée de dix heures de marche, par un froid rigoureux et dans des vallées complétement désertes ». Et on dit en anglais, par exemple, « A rude awakening », littéralement un éveil rude, une leçon de la vie qui est un sale coup.
Il y a un sens partagé, juste légèrement snobinard en anglais, car largement britannique, qui est plus positif que les autres. Ça peut dire courageux ou hardi, par exemple, « Il n’y a pas de brume qui tienne, sans une avarie, jamais le capitaine ne serait venu s’aplatir ici contre. C’était un rude marin, que nous connaissions tous. » En anglais, on trouve grosso modo le même sens : « But judging by the breadth and depth of offerings at this year’s American Film Market, the indie movie business is still in rude health. » (Cet exemple veut dire que l’industrie de films indépendants a bel et bien survécu la pandémie.)
Mais de loin, le sens le plus commun en anglais, ne se trouve pas dans les dictionnaires français. Il s’agit de quelque chose de plus malicieux en anglais que les sens les plus proches en français. C’est malpoli. De la même page que l’un de nos exemples précédents, « I spent the rest of the evening thinking how dreadfully rude they were.. » Ça veut dire « J’ai passé le reste de la soirée en pensant à quel point ils étaient malpolis ». On peut dire que quelqu’un est grossier avec ce mot en français, mais c’est juste leur caractéristique. Le dictionnaire Ortolang dit du sens le plus proche en français, « (en parlant de la nature, de l’esprit d’une pers., d’une manière d’être ou de faire) une nature forte, franche, un peu rude et dure de fibre ». En anglais, on parle plutôt de « rude comments », des commentaires malpolis.
Alors croyez-moi, c’était une rude surprise de découvrir à quel point ce mot est utilisé en français. Enfin, une langue où être rude n’est pas toujours rude.
Langue de Molière vous reverra la semaine prochaine pour parler des pronoms réflexifs. Juste y penser me fait mal à la tête.
Plus tard cette semaine, je vais publier le dessert Coup de Foudre par excellence. Je peux dire ça sans hésiter, car c’est déjà fait, les photos sont toutes prises — il ne me reste rien à faire sauf écrire l’article. Trois articles en fait. Je vous dirai que ce sera mon dessert parisien. Mais je vous dois d’abord le « Je découvre » ainsi que le dîner. Seulement 5 personnes savent ce que j’ai fait, dont La Fille, qui l’a déjà goûté.
Mais il y a une histoire que je ne veux pas raconter dans ce post-là, car je m’attends à ce qu’il soit lu par certains qui ne connaissent pas mon sens de l’humour. Et il sera important de ne pas les offenser. Alors, je suis ici maintenant pour vous parler de ma carrière à venir, contrebandier de vanille.
J’ai déjà menacé de me lancer sur ce chemin quand j’ai dû acheter du piment d’Espelette pour mon dîner basco-béarnais. Certains produits sont vendus de façon identique aux drogues illégales — pour autant que je sache — par le gramme. Et il me semble que la vanille impose le modèle pour tous les autres.
Vous n’avez jamais vu que la vanille liquide chez moi. Quand je fais de la crème pâtissière, j’utilise toujours de la vanille liquide car : 1) c’est juste pour moi, et 2) le prix d’une bouteille de Nielsen-Massey, notre meilleure marque de vanille, est grosso modo le même qu’une boîte de deux gousses — ici — mais fait beaucoup plus de recettes que deux gousses. La recette de mille-feuilles de Laurène Lefèvre ne demande qu’une gousse pour 8 personnes.
Si on achète de la vanille en poudre chez Carrefour, il y a toute une gamme de prix. On peut acheter 7 grammes de Vahiné pour 5,55 €, soit 694 € le kilo. Les vrais gourmands peuvent acheter 4 grammes de Sainte-Lucie pour 7,90 €, soit 2 633 € le kilo. En France, la cocaine coûte 71 € le gramme, soit 71 000 € le kilo — mais la vanille, c’est légal. Ça vaut quelque chose.
J’ai acheté cette vanille en poudre :
Elle m’a coûté 20 $ / 26 grammes, soit 712 € le kilo. J’aurais pu aller chez Surfas pour une autre de deux fois plus chère. Mais vous voyez — si je peux convaincre les clients de Sainte-Lucie que les nôtres sont aussi bons, il suffira que je remplirai les poches de mon imperméable avec des boîtes de vanille, aller en France pour les revendre, et le billet d’avion se paiera !
Mais encore plus lucratif, c’est les gousses de vanille. Voici les miennes :
J’ai payé 15 $ pour chaque boîte de 2, alors 7,50 $ ou 6,95 € la gousse. Chez Carrefour, on trouve encore une gamme, mais la bonne direction est claire. Je peux acheter 3 gousses de vanille Vahiné pour 7,95 €, ou 2,65 € la gousse. Même les gousses les plus chères font environ 5,65 €. Pourtant, une gousse ne pèse que 2-3 grammes. On parle donc d’une valeur de 2 800 € le kilo en France, contre 3 500 € aux États-Unis.
Le choix est donc clair. J’achète 2 kg de la vanille en poudre aux États-Unis, et je les revends en France. Ça me donne 1 800 € net. J’achète 2 kg de gousses de vanille en France, je les revends aux États-Unis, c’est 1 400 € net de plus. Mon aller-retour est peut-être 900 € à chaque fois, et avec toute cette vanille dans les poches de mon imperméable, je ne paye même pas de frais pour une valise.
Je ne vois pas de problème. J’aime tellement cet avenir de contrebandier de vanille !