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Rentrée

Vous vous attendiez à mon dîner altoséquanais, n’est-ce pas ? Mais ce soir, j’ai dû aller à une collecte pour le lycée de La Fille, et c’était aussi un dîner. Vous voyez, c’est deja la rentrée chez nous.

Je ne peux pas vous dire si c’est la rentrée ailleurs ici. Aux États-Unis, chaque comté a sa propre « school board », une comité de gestion des écoles, et garde son propre calendrier. Chaque état a ses propres règles en ce qui concerne le nombre de jours que les élèves doivent passer aux écoles, mais les dates sont très, très locales. Je vous promets, j’ai grandi dans un pays où la rentrée avait lieu en septembre, les bonbons de Halloween n’arrivaient sur les étagères qu’en même temps, et on pouvait remplir le réservoir de sa voiture avec un billet de 20 $. Je ne reconnais pas du tout celui-ci.

De toute façon, je ne peux pas vous montrer des photos de La Fille prête pour l’école ou le lycée lui-même. Mais, je vais vous raconter quelques anecdotes autour de cette rentrée.

La veille, La Fille m’a demandé de lui préparer un cookie géant. En retour, j’ai demandé si elle voulait celui de Cook&Record ou celui de Péla. Malgré le fait que le premier fait partie de nos vies depuis 2020, elle a choisi le cookie de Péla — pas surprenant car je vous ai dit, c’est mieux. J’ai publié une photo sur Instagram, mais seulement après avoir déjà servi plusieurs parts :

Mais naturellement, sur Instagram, j’ai dû choisir de la musique pour aller avec. Et j’ai choisi quoi ? Ceci :

J’ai mentionné « Sacré Charlemagne » avant, mais sans mentionner comment je l’ai trouvée. C’était mon groupe de nostalgiques des années 80, bien sûr, très tôt en 2020. Je ne suis pas devenu hyper-obsédé de France Gall, mais j’adore que pendant le XXe siècle, on pouvait avoir un tube dont le sujet était un roi du VIIIe siècle. Je ne peux même pas imaginer quelle serait la société anglophone où une telle chose était possible.

Je sais que vous êtes aussi curieux que moi, mais il s’est avéré que La Fille n’a pas été obligée de choisir un prénom français pour utiliser dans sa classe. En 5e, j’ai dû choisir un prénom espagnol, et jusqu’à maintenant, si on crie « Diego » autour de moi, je tourne la tête. Elle ne l’a pas trouvé drôle quand je lui ai envoyé un SMS pour suggérer qu’elle devrait choisir soit Chloé soit Cerise — deux méchantes de Miraculous ! Mais bien qu’Alya commence à devenir populaire, il n’y a personne nommée Juleka (Politologue n’a aucun résultat), et Marinette serait trop évidente. (Il m’étonne qu’il n’y ait pas de jeunes Marinettes en France à cause de Miraculous.)

Alors, la collecte. Une des tendances ici est d’avoir une nuit dans un resto où on montre une affiche aux caissiers, et le resto donne une partie des recettes à une organisation. En ce cas, c’est la fanfare du lycée, à laquelle La Fille s’intègre. La collecte a eu lieu chez Chipotle, une chaîne de restos rapides consacrée aux burritos — c’est une réussite énorme depuis 20 ans, et leur PDG vient de la quitter pour prendre le même poste chez Starbucks. Il s’avère que la chaîne a 6 restos en France (j’aimerais dire « location », mais vous m’avez convaincu que cette bataille est perdue). Puisque Chipotle n’existe chez vous au-delà de Paris et Lyon, j’ai pris quelques photos :

C’est l’intérieur typique de leurs restos — tout est en bois vieilli et aluminium brossé (regardez les tables), car il faut attirer les milléniales et seulement les milléniales :

Quand on commande un burrito, les serveurs mettent une tortilla dans une presse chauffée (l’outil circulaire sur le comptoir). Je ne sais pas pourquoi — les tortillas sont déjà faites, et ce n’est pas assez longtemps pour les réchauffer vraiment :

Puis on passe le long du comptoir avec le serveur — on choisit ses ingrédients et le serveur les met sur la tortilla, puis la plie en burrito à la fin :

J’aimais tellement y aller jusqu’en 2023. Cette année-là, ma commande habituelle est passée de 15 $ à 20 $, et ça, c’est un rapport qualité prix absolument inacceptable. Ça ne comprend ni chips ni service à table, et pour 20 $, je peux aller chez Rodrigo’s, où les deux sont compris et je suis bien aimé par l’équipe.

Mais tout n’était pas perdu. J’ai passé le bonjour au prof, qui a vu que sa nouvelle élève avait une famille qui participe aux collectes. Je veux qu’elle soit la chouchoute du prof, n’est-ce pas ?

La défaite

Je vous ai dit dans le bilan de l’année dernière que je craignais que les statistiques de la balado étaient soit fausses soit exagérées.

Il faut faire face à la réalité. D’une part, il y a ça :

D’autre part, il y a ça, ce que je n’ai jamais vu avant lundi :

Je crois que Spotify a enfin réglé l’erreur que je craignais, où chaque visite d’un navigateur a été traité comme une lecture. Si j’ai raison, la situation est encore pire que je ne le croyais.

J’ai le cœur brisé. Vous voyez chaque semaine un fichier disponible dans un lecteur, mais derrière ça, il y a 3-5 heures de travail tous les dimanches pour trouver des blagues, écrire mes gros-titres, enregistrer le tout, et l’éditer. Malgré le manque total d’un budget et de l’aide, je crois que c’est un podcast produit au plus haut niveau possible sans ingénieurs ni le droit à de la musique.

J’ai lancé la balado pour pratiquer ma prononciation autant qu’autre chose, et je n’ai pas envie d’abandonner ce but. D’autre part, il m’étonne à quel point elle n’a pas réussi à trouver son public. Vos suggestions sont les bienvenues.

Le meilleur jour de ma vie

(Aujourd’hui, M. Descarottes reprend la parole.)

BONJOUR, les amis ! Ici Descarottes. Hier, c’était le meilleur jour de ma vie. Connaissez-vous la chanson de Noël « It’s the Most Wonderful Time of the Year » (C’est le temps le plus merveilleux de l’année) par Andy Williams ?

Pas d’excuses, vous devriez au moins connaître M. Williams car il s’est marié avec l’actrice française Claudine Longet. De toute façon, je chante maintenant « C’est le jour le plus merveilleux de ma vie » sur sa mélodie, car hier était si, si DÉLICIEUX. Encore plus que ces croquettes :

« Qu’est-ce qui s’est passé ? » vous demandez au cobaye de Beverly Hills. Alors vous souvenez-vous sûrement des mésaventures du gros avec son ordinateur, non ? Gardez ça dans la tête.

Hier après-midi, il a enfin nettoyé ma cage pour la première fois en neuf jours. Ça devrait être tous les jours pour une star comme moi, mais c’est si difficile de trouver un bon majordome de nos jours. Alors, il a demandé à La Fille de m’enlever de la cage, car il a trop peur pour le faire lui-même. Oh, comme j’attends ce moment depuis deux jours. Pourquoi ? Parce que j’avais déjà vu ce qu’elle allait découvrir. Excusez-moi un moment.

([BWAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! — Moi])

Elle m’a enlevé de la cage, puis m’a apporté à la boîte où ils me gardent quand c’est le temps de vider la cage. Cette boîte se trouve à côté de la table dans la salle à manger. Là où il prend toutes les photos de la nourriture, mais aussi où il travaille sur son ordinateur quand il doit l’ouvrir. Puis elle a crié, « Papa, tu ne vas jamais croire ce qui est dans la boîte ! »

Ouais. C’était le câble perdu ! Il l’avait mis de côté en travaillant sur le vieux boîtier, puis il l’a poussé à travers la table en travaillant sur le nouveau. Je l’ai vu tomber, mais je n’ai rien dit. C’est le plus grand TLBM (tu l’as bien mérité) de tous. Les. TEMPS.

Ce qui est vraiment drôle, c’est qu’il vient de se faire livrer un remplacement, où les frais de livraison lui ont coûté plus cher que le câble ! Pourquoi ? Parce que le seul magasin pour ces trucs à moins de 30 km de chez lui ne les a pas — seulement des rallonges ! Les seuls moyens de les avoir sont d’acheter une alimentation, car les câbles vont avec, ou de les commander sur Internet.

Ça lui apprendra à ne pas nettoyer ma cage tous les jours ! Il aurait trouvé son câble deux jours plus tôt s’il avait l’habitude !

Au fait, j’ai une autre histoire pour vous raconter. La Fille lui a fait une farce. Elle lui a envoyé un texto pour lui demander comment écrire « je m’en fiche », en disant qu’elle ne connaissait pas la bonne orthographe. Lisez leur conversation ; elle apparaît sur les fonds gris :

Vous voyez comment il fait avec seulement moi et La Fille à la maison ? Et aucune adulte pour compatir ! Hihihihihihihi !

Fête foraine

Aujourd’hui, j’ai fait quelque chose d’inhabituel — j’ai amené La Fille et 4 de ses amies à l’Orange County Fair, la Fête foraine du Comté d’Orange. Je ne peux pas poster des photos avec les enfants, mais ne vous inquiétez pas, j’ai planifié pour exactement ça.

Au lieu d’utiliser une traduction plutôt longue, je vais juste l’appeler l’OC Fair, comme on dit en anglais ici. Si ce qui suit vous paraît un peu familier, nous étions au même endroit l’année dernière pour visiter Centennial Farm.

La tradition de ce qu’on appelle « county fairs » est bien établie partout aux États-Unis, mais surtout au Midwest, car elles sont fortement liées à l’agriculture. Originalement, le but de ces événements était de servir en tant qu’exposition pour les agriculteurs. On jugerait les animaux et les légumes élevés par les producteurs, et c’était une forme de publicité pour eux. Mais avec du temps, des fêtes foraines ont apparus aux côtés des expositions, et de nos jours, bien que les producteurs viennent toujours, les horaires sont au profite des opérateurs des attractions. Je vous montrerai exactement de quoi je parle en bas.

Commençons donc avec les attractions. Chacun de ces trucs peut être plié pour transporter dans un ou plusieurs camions. On est loin du niveau de ce que l’on trouve chez Disneyland, mais les attractions des « fairs » ont leur propre charme :

Il y a un genre d’attraction très populaire aux États-Unis, dit « log flume ». Ça vient de l’industrie forestière, car c’était souvent le cas que l’on mettrait les grumes sur les rivières et les laisser flotter jusqu’aux villes où les scieries se trouvaient. Je ne suis pas fan, mais on les trouve partout à ce genre d’événement :

Vous n’hallucinez pas, ils appellent leur grande roue « La Grande » :

Un autre truc populaire est ce que l’on appelle une « funhouse » (littéralement « maison de divertissement »). Mon dictionnaire dit « palais des miroirs », et il y a souvent plein de miroirs au-dedans, mais pas seulement ça. Il y a souvent des choses effrayantes ou des défis physiques, comme des sols qui bougent. Remarquez les décorations avec des personnages dont les opérateurs n’ont certainement pas les droits d’auteur :

Il y a aussi tout genre de jeu où on pourrait gagner des peluches si les jeux n’étaient pas truqués :

Mais la chose pour laquelle les « county fairs » sont mieux connues, c’est la nourriture…hors de commune. Tout est géant, frit, ou une combinaison des deux. Regardez d’abord les « Twinkies frits », un Twinkie étant un petit gâteau fourré d’une « crème » 100 % artificielle :

Aimeriez-vous une pizza aux cornichons et aux Cheetos ?

Peut-être des cuisses de dinde vous tentent ?

Ou des horreurs à base de poitrine de bœuf, avec des frites. Ouais le panneau dit « sundae » avec du porc, du poulet, ou de la poitrine de bœuf :

Les « corn dogs » sont des hot-dogs frits dans une pâte de maïs :

Ils sont prêts à servir :

On y trouve aussi tout genre de cookies — frits, avec de la glace, etc. :

Je vous ai tourné un clip des environs :

Pour ceux qui ont des goûts mexicains, il y a des boissons dits « micheladas », de la bière avec du jus de fruits, des épices (surtout des piments), et du chamoy, une sauce de piments au vinaigre. Ici, le panneau dit « michelaguas » — les aguas frescas (eaux fraîches), étant un genre de jus de fruits :

Peut-être que je vous préparerai un « funnel cake », une sorte de pâte à beignets pochée dans de l’huile de friture :

Une des choses que l’on trouve à ces fêtes foraines, c’est des produits « artisanaux » pour emporter. J’étais anciennement fan des cinnamon rolls, mais c’était à 30 $ pour une boîte de 6, surgelés pour enfourner à la maison. À 45 $, ils peuvent les garder ; j’en préparerai mes propres !

Vous souvenez-vous de ce que j’ai dit en haut, que les fêtes foraines sont gérées pour les opérateurs d’attractions plutôt que les producteurs ? Sur les parois de la boutique de cinnamon rolls, il y a l’horaire annuel de son circuit. Vous pouvez y lire les noms de toutes les fêtes foraines en Californie — pensez-vous qu’il y a vraiment des producteurs qui veulent montrer leurs légumes en février ? Non :

Haute résolution en cliquant afin de le lire plus facilement

Mais j’ai une surprise pour vous pour terminer ce billet. Les filles ont déjeuné après la fête foraine, car elles étaient choquées par les prix — honnêtement, ce sont des enfants hyper-responsables malgré le fait qu’elles ont tous 14 ans. La Fille a des amies de qualité. Ce n’est pas la surprise ; je vous le mentionne juste pour expliquer le cadre de la photo suivante. Je vous ai dit lundi qu’un ami m’avait envoyé un cadeau. Je le porte dans cette photo. Cliquez si vous avez du mal à lire le t-shirt ;

Merci à La Fille pour avoir pris la photo

Pas mal, non ?

Louis et moi

En écrivant sur les Hauts-de-Seine, j’ai mentionné l’entreprise Louis Vuitton plusieurs fois. Aujourd’hui, je vais vous partager mon petite histoire avec eux. Ça va vous surprendre un peu, car s’il y a quelque chose pour laquelle je ne suis pas connue, c’est la mode.

Revenons d’abord aux années 80. Connaissez-vous la Coupe de l’America, une compétition de voile ? Pendant plus de 130 ans, cette trophée appartenait au New York Yacht Club, qui la défendait tous les 4 ans contre tout et n’importe quel challenger (sérieusement, il n’y a pas un mot d’origine française pour ça ?) de l’étranger. Eh bien, jusqu’à mes 7 ans. En 1983, l’homme le plus controversé de ma ville natale de San Diego, Dennis Conner, l’a perdue aux australiens. Cette même année-là, la coupe du concours pour gagner le droit de participer à la compétition, a été créée, la Coupe Louis-Vuitton.

Le concours de la Coupe Louis-Vuitton a lieu dans la même ville que la Coupe de l’America. Alors, vu qu’un club australien l’a gagnée en 1983, en 1987, les coupes de Louis-Vuitton et de l’America ont été gagnées à nouveau par M. Conner. (Vous n’avez aucune idée à quel point cet homme était détesté pour être la première personne à perdre face à une équipe étrangère dans l’histoire de la compétition. En plus, il n’avait vraiment pas assez d’argent pour ce sport.)

Alors, en 1992 et 1995, la Coupe Louis-Vuitton a eu lieu chez moi. M. Conner ne faisait pas partie de ces concours, étant le gagner de la Coupe de l’America en 1987 et 1992. Mais en 1995, il l’a perdue à nouveau, et depuis ce temps-là, San Diego n’a plus jamais fait partie de l’histoire de la voile. (Les équipes américaines sont désormais contrôlées par un milliardaire de Silicon Valley, Larry Ellison. Il a l’argent.)

Mais pendant une belle décennie, le nom Louis Vuitton et ses dessins, surtout le célèbre « Monogram », étaient partout à San Diego. Des panneaux d’affichage à partir d’un an avant le concours, des expositions au havre, près du club où les concours ont eu lieu — vous avez l’idée. J’ai bel et bien absorbé l’idée que la France était synonyme du luxe.

J’essaie parfois de vous convaincre que vous êtes beaucoup plus prestigieux aux États-Unis que vous ne le pensez. Je ne crois pas que c’était juste moi avec mes chefs-idoles et Louis Vuitton. Cependant vous étiez dans ma tête comme personne d’autre.

Puis, j’ai laissé tout tomber. Cette histoire est assez répétée ici qu’il n’y a pas besoin de la revisiter. Sauf pour une chose.

Je crains souvent que vous pensez tous que je suis une sorte d’homme riche et c’est loin de la vérité. Alors j’ai caché cette histoire depuis longtemps, et vous ne trouverez aucune photo de ce qui suit ailleurs sur Internet, au moins pas avec moi. Mais dans un acte de folie en 2013, après mon divorce, j’ai fait une bêtise que j’ai attendu les Hauts-de-Seine pour partager.

J’ai un « look » habituel depuis 30 ans déjà — des chemises façon « Polo » (plus souvent de la marque du même nom, mais pas toujours), des jeans, et soit des chaussures de la marque Ecco soit des baskets de la marque New Balance. En Californie, ça dit plutôt clairement « professionnel mais pas avocat, docteur ou comptable ». (Mais attention, nos avocats ne s’habillent pas en costumes avec des cravates non plus.)

Je ne me suis pas précipité pour plonger dans les applis de rencontres une fois séparé de Celle Qu’Il Faut Obéir (connaissez-vous les nouvelles de Rumpole par John Mortimer ?) en 2010. Il a fallu deux ans pour finaliser le processus, et je ressentais comme s’il serait trompeur d’essayer jusqu’à la fin, même si j’aurais préféré descendre en Enfer que revenir vers le cauchemar. Mais j’ai vite décidé qu’il me fallait faire quelque chose pour me rendre plus intéressant. J’ai donc commencé à hanter le magasin de Louis Vuitton à South Coast Plaza. Là, j’ai vu le plus beau coupe-vent au monde. Je me suis dit « Allez, vous allez économiser pour ça, et oui, il sera probablement parti le temps que ça arrive, mais peut-être qu’il y en aura un similaire. »

Je ne vais pas vous dire combien il a coûté, mais il m’a fallu deux ans et un peu plus. En janvier 2013, je suis revenu chez Louis Vuitton, et quel miracle, c’était toujours là ! J’ai pris une photo pour vous, mais pas avec moi :

J’espérais qu’avec ça, des têtes tourneraient. J’avais tort. (Ça m’étonne, là où Les Real Housewives d’Orange County a été tourné.) Je le porte parfois pour dîner chez Quattro Caffe, mais je vous promets, j’ai bien appris la leçon — on ne peut pas acheter de l’attention de cette façon.

Ni avec les pâtisseries non plus, mais c’est tout autre histoire.

Chirurgie d’ordinateur

Je travaille à la maison pendant au moins une partie de la semaine depuis 20 ans déjà. Alors ça fait longtemps où au-delà des ordinateurs portables fournis par mes employeurs, j’en construis aussi mes propres. Si on sait ce que l’on fait, on peut atteindre une machine beaucoup plus puissante que celles vendues par les HP et les Dell du monde pour moins d’argent.

Sauf que.

Sauf que quand quelque chose de mauvais arrive à votre ordinateur, c’est qui le responsable ? Vous l’êtes. Qui doit tout réparer tout seul ? Ouaip.

J’ai vu quelques problèmes à travers les décennies, mais ce qui est arrivé cette fois est spécial. Je n’ai pas la moindre idée du comment. En quelque sorte, le bouton d’alimentation est devenu coincé, et en allumant l’ordinateur, la moitié du temps le truc ne s’allume que brièvement, puis s’éteint. Mais à cause de ça, quand il s’allume correctement, il croit à chaque fois qu’il y avait un désastre et je dois le convaincre autrement. J’ai donc décidé de remplacer le boîtier.

Cependant, ça m’a apporté ses propres problèmes, et à cette heure, il m’en reste un. Revenons au début du processus. Merci de ne pas laisser des commentaires qui contiennent le mot « poussière » en parlent de l’ancien boîtier — je le sais déjà.

D’abord, faisons brièvement le tour de l’ancien truc. Il y a plein d’espace partout, dont assez pour jusqu’à 4 lecteurs de DVD ou Blu-Ray si j’en voulais. (Un me suffisait.) L’alimentation est plus qu’assez — jusqu’à 1200 watts. Le truc dans la dernière photo est un refroidisseur pour processeur liquide — sans lumières stupides. Je n’ai plus 15 ans, et je suis un professionnel, merci. (On devrait expliquer ça aux manufactures.)

Voici l’intérieur du nouveau boîtier avant le début. C’est beaucoup plus petit, et il n’y a plus d’œillets en caoutchouc.

Quelque chose d’intéressant qui n’était pas sur le vieux boîtier — un filtre en bas contre la poussière. On peut le retirer pour le nettoyer. Je vous rappelle — je sais :

J’ai commencé par brancher les câbles à l’alimentation :

Puis, j’ai dû tirer les câbles vers l’autre côté et installer la carte mère et le refroidisseur. Pouvez-vous voir ma première erreur ? Un câble s’attache en haut de la carte mère, à gauche. Avec tout l’espace avant, ce n’était pas un problème, mais maintenant, le refroidisseur bloque l’accès. J’ai donc dû retirer les 8 vis, brancher le câble, et connecter le refroidisseur à nouveau.

Mais quelque chose d’autre ne va pas. Je remarque que je manque d’une prise pour la carte graphique. Je branche un autre câble à l’alimentation et me félicite pour m’en avoir souvenu :

Puis je me rends compte que la prise pour le ventilateur du processeur est bloqué par le refroidisseur. Je me gronde, retire les 8 vis, branche le ventilateur et installe le refroidisseur à nouveau. Encore.

Les deux prises des autres ventilateurs du boîtier sont faciles à trouver, étant en bas de la carte mère :

Je sais que je vais le regretter, mais j’installe la carte graphique et la carte son :

Et pourquoi est-ce que je le regrette ? La carte son, en bas, ne me laisse pas beaucoup d’espace pour la prochaine étape — brancher les saloperies épingles du système. Vous voyez les 20 épingles au milieu en bas ? Ouaip.

D’abord, 2 prises qui prennent chacune une épingle, juste pour la lumière qui montre que l’ordinateur est allumé :

Puis, deux de plus pour allumer et éteindre le truc :

Finalement, deux qui vont ensemble pour réinitialiser la machine. On a besoin des doigts d’une fée pour ça, et j’en suis loin :

Finalement, je branche les deux prises pour les ports USB :

C’est le temps de tester la machine. Et le message qui me salue ? « Éteins la machine et brancher les deux prises de la carte graphique ».

Oh pu…naise. Il me manque encore un câble. Mais cette fois, je suis perplexe. Il n’y a plus de câbles qui connectent aux bonnes prises de l’alimentation. J’ai tout vérifié plusieurs fois. Je sais exactement quel câble acheter, et je le ferai plus tard aujourd’hui, mais ça n’aurait pas dû arriver.

En écrivant cet article, j’ai appris quelque chose d’autre. Je n’aimerais pas essayer ça sans parler anglais. Je suis allé sur le site d’Asus, le fabricant de ma carte mère, pour rechercher les bons mots pour certaines choses. Voici la page d’assistance en français. Il n’y a aucun manuel en français.

Cette histoire de câble manquant me dérangera longtemps. J’ai un don, je vous dis !

Carte postale

En 2021, juste après le lancement du blog, j’ai reçu une demande d’une amie, d’envoyer une carte postale à une école primaire. J’ai écrit sur ça pour ce blog, mais je n’ai jamais reçu une réponse. Peu importe, j’ai profité de l’expérience.

Mercredi soir, j’ai vu une demande similaire de mon amie qui écrivait anciennement sous le nom d’ytrezaa. Bluesky ne marche pas avec WordPress, alors voici une capture d’écran :

Source

J’ai vérifié que ce post existait vraiment sur Facebook et n’était pas ancien — il a été posté mercredi matin. Alors, je suis allé pour acheter une carte postale. Et c’est là où les problèmes ont commencé.

Il me semble que j’ai une idée trompeuse de la disponibilité de cartes postales en France. Partout où je vais, c’est un endroit touristique, alors pas surprenant que les magasins sont pleins de bibelots pour les touristes, dont les cartes postales. Si j’allais au village de Sainte-Nulleparte, je ne m’attendrais pas à ce que le bureau de tabac stocke des cartes postales.

Cependant Elbe-en-Irvine, c’est la grande nulle part — notre population dépasse celle de Strasbourg ! Nous n’avons rien que les mêmes magasins dans une vingtaine de centres commerciaux identiques, aucun bâtiment digne du mot « intéressant » et aucun musée ou œuvre d’art — mais pourquoi est-ce que ça devrait nous empêcher de souhaiter le traditionnel « Wish you were here » des cartes postales américaines ? Cette salutation n’a aucun sujet, alors elle pourrait railler le destinataire, comme à Hawaï — « Tu souhaites que tu sois ici (car je suis quelque part de génial, gnagnagna) » ; ou elle pourrait être une malediction, comme à Tyson’s Corner en Virginie — « Je souhaite que tu sois ici (car je ne vois pas pourquoi je dois souffrir tout seul) ».

Évidemment, je considère qu’Elbe-en-Irvine est plus similaire à Tyson’s Corner, une ville de même âge que la mienne et qui existe seulement pour héberger des dizaines de milliers de fonctionnaires qui « travaillent » à Washington, D.C.

J’ai donc commencé par aller chez Barnes & Noble, la seule librairie de la ville. La moitié d’un magasin B&N est consacré à jouets et d’autres choses qui ne sont pas de livres, et l’autre moitié contient seulement les sorties les plus récentes. C’est nul, mais ils ont tué toutes les autres librairies du pays, puis Amazon les a poussés au bord de la faillite. Alors oui, on y va pour chercher des cartes de vœux, de la papeterie et ainsi de suite. Mais rien.

J’ai donc essayé chez Whole Foods, le supermarché d’Amazon. Après tout, ils ont aussi de la papeterie, et sont à côté de la librairie. Rien.

J’ai essayé Ralphs, mon pas super-marché (merci à jamais, Agathe). Rien.

J’ai essayé l’épicerie le dépanneur d’une station-service. Rien.

J’ai essayé deux magasins de notre plus grande chaîne de pharmacies, CVS. Finalement, la deuxième fois, j’ai trouvé 3 cartes postales dans une petite étagère consacrée aux bibelots californiens. Et seulement une carte avait même de vraies photos de l’état plutôt que des dessins. Je l’ai donc achetée. Voilà :

Je suis tout de suite allé au bureau de poste pour l’envoyer en France. Un timbre destiné à l’étranger coûte 1,65 $, et je n’ai payé que 0,50 $ pour la carte elle-même. Alors ce n’était pas grand-chose. Sûrement vous voulez voir ce que j’ai écrit :

Haute résolution en cliquant

Bon, je le rendrai plus facile :

Bonjour les amis,

Je suis américain mais une amie m’a montré votre demande sur Facebook. Je vous passe le bonjour d’Irvine, en Californie du Sud. On est très proches de Disneyland et le Pacifique. Notre ville n’existe que depuis 1971 — jeune même pour les É-U. Je suis blogueur qui écris quotidiennement sur la France (justinbusch.fr) et c’est un grand plaisir de faire votre connaissance. Bonne journée!

Justin Busch

Ouais, j’aurais dû écrire « du Pacifique ». Et j’ai mal compris que « Thaon-les-Vosges » était le nom de la ville, plutôt que Thaon, Les Vosges.

Ben oui, je l’ai fait juste pour la publicité pour le blog. Comme je dis souvent à La Fille, afin de me comprendre, il faut toujours chercher la pire explication. Si je lui fais un dessert, c’est pour la rendre diabétique. Si je le fais pour ses amies, c’est afin qu’elles le disent à leurs parents et mon ex en entende parler. J’écris le bulletin de l’OCA juste car j’aime épater les sceptiques. C’est absolument dingue, ce que je fais juste pour être méchant et égoïste. Pouvez-vous voir que j’ai passé 4 heures en compagnie de quelqu’une mercredi ?

Sincèrement, j’espère que je recevrai un retour. Je garde toutes les cartes et les lettres que je reçois des Français (pas seulement celle-ci), et je les considère parmi mes possessions les plus précieuses.

Mes plaintes, édition désert

Ce ne serait pas une histoire de vacances de Justin sans finir avec des plaintes. Et croyez-moi, j’en ai.

D’abord, c’était beaucoup plus cher qu’attendu. Le prix annoncé pour la chambre était 35 $ la nuit — mais je suis sorti avec une facture de plus de 220 $. Pendant des décennies, il n’y avait pas de frais pour se garer aux hôtels. Depuis la dernière fois, ça a changé partout, 20-30 $ le jour dans n’importe quel hôtel. En plus, il y a les soi-disant « resort fees » (frais de station), censés être pour le wifi, les spas et d’autres choses — et en flèche jusqu’à 50 $ la nuit. Las Vegas n’est plus bon marché en été.

Il y a longtemps — et heureusement, j’ai conservé le bon lien — M. Jours d’humeur a écrit « Ce qui se passe dans les Deux-Sèvres reste dans les Deux-Sèvres ». Ça m’a étonné, car je n’avais aucune idée que le slogan de Las Vegas était connu en dehors des États-Unis. Mais qu’est-ce qui veut dire vraiment ce slogan ? C’est que l’on peut faire des bêtises là-bas sans conséquences, mais il y a une différence entre « j’ai trop mangé au buffet » et…d’autres appétits.

On a pris un raccourci par une rue parallèle au Strip pour marcher entre les hôtels Trump et Resorts World. C’était une erreur ; ce quartier est aussi chaud que celui du Moulin Rouge. Le panneau en gros-plan fait de la pub pour des accessoires érotiques ; en arrière-plan, un autre panneau promet la plus grande exposition d’art érotique au monde. J’ai profité de devoir expliquer tout ça.

Pendant notre dîner chez Mon Ami Gabi, j’ai pris la photo suivante, mais en fait, on a vu des dizaines de ces camions qui traversent le Strip jour et nuit pour faire de la publicité pour de tels services. Saviez-vous que la prostitution est légale (lien en anglais) dans le Nevada ? Pourtant, ce n’est pas légal à Las Vegas soi-même, et la pub en bas est un exemple de comment on évite la loi.

En principe, le panneau dit « Compagnes directement à toi ». (Je ne sais pas si j’ai choisi le meilleur mot pour traduire ça, mais mes sources les plus réputées dansent autour de cet usage, et il y a des limites à ce que je rechercherai.) C’est parfaitement légal aux États-Unis d’embaucher quelqu’une afin de vous accompagner à n’importe quel événement, pour faire semblant d’avoir un rencard. Et si l’ambiance devenait chaud pendant l’affaire et on se retrouvait au lit, ce n’est l’affaire de personne, n’est-ce pas ? Et si le rencard avait lieu entièrement chez l’homme qui avait embauché la femme…vous voyez où je vais ? Les lignes entre un service légal et la prostitution deviennent floues plutôt vite.

Mais encore pire quand on est là avec un enfant, et vous comprendrez pourquoi je n’ai pas de photos pour ça, c’est ceux qui vous approchent dans la rue avec des cartes de visite. C’est pour les mêmes services, bien sûr, mais ils s’en foutent de vous voir avec un enfant. J’ai dit « non » à ces gens — sans les remercier — à nombreuses fois pendant nos balades. J’étais ravi de découvrir que c’est apparemment la seule bonne chose qu’une autre personne a à dire sur moi — ma fille m’a dit que sa mère lui avait déjà parlé d’exactement ça, et lui avait dit que j’étais de bon caractère. À cet égard.

Maintenant, on tourne la page afin de me plaindre de la dernière chose à laquelle vous vous attendiez. Désolé, La Fille.

Une des vraies joies d’aller à Vegas, c’est tous les restos par des chefs renommés. C’est comment je me suis retrouvé chez Picasso en 2012, c’est pourquoi je suis allé chez L’Atelier de Joël Robuchon, ainsi que d’autres que je ne vous ai pas racontés. Je ne mange pas comme ça à la maison, mais anciennement, j’aimais y aller 1-2 fois par an pour vivre de façon complètement différent de ma quotidienne. Cette fois, quand ce n’était pas les hot-dogs, j’ai dû choisir des restos qui sont des choix sûrs pour un enfant. Je ne vous l’ai pas dit hier, mais Mon Ami Gabi (là pendant 25 ans déjà) n’a rien de spécial. C’est super de regarder les Fontaines du Bellagio de sa table, mais en France, on trouverait sa cuisine hyper-touristique. Et ça nous mène à ma dernière plainte.

Pourquoi est-ce que j’ai arrêté d’y aller seul ? Pour la même raison qu’y aller avec un enfant est décevant. Si on ne s’intéresse pas aux « escorts », Las Vegas est pour les couples. J’ai réussi mes deux buts principaux, bien sûr — montrer la route à La Fille, et vous donner le goût d’y visiter. Mais la vieille tristesse était bel et bien de retour. Je voulais y être avec quelqu’une de mon âge, et je ne sais même pas qui.

La magie de Vegas

On s’approche de la fin de notre visite à Las Vegas aujourd’hui. Demain, je finirai avec mon récit habituel de mes plaintes — quoi, vous pensiez que je râlais seulement sur les pays francophones ? Nan, un râleur professionnel sait râler sur tout ! Mais avant ça, j’ai d’autres hôtels et d’autres expériences à vous montrer.

Après le Mob Museum, nous sommes revenus dans le Strip, où nous nous sommes garés au centre commercial dit Fashion Show Mall. La photo est du pont pour croiser le Strip :

Notre destination était The Venetian, un hôtel dont le thème est d’après la Venise du Gâtinais de Colmar des Alpes de l’Italie. (Les reflets sont dus au verre du pont.)

Je vous laisse à décider à quel point ils ont réussi, mais en 2005, j’ai visité la Venise italienne, qui est une copie de toutes ces Venises françaises, et je trouve l’hôtel plutôt fidèle :

Il y a de nombreux restos dans leur « Place Saint-Marc » ; on a déjeuné chez Brera, qui n’a pas de chef renommé (souvent la raison pour manger quelque part à Vegas), mais la pizza margherita et les pâtes bolognaises étaient très bonnes :

Je ne savais pas jusqu’au moment d’écrire ce billet que c’est en fait le deuxième resto du même nom d’un chef à Los Angeles. Hihihi, oups. (J’essaie de ne rien faire à Vegas que je peux à la maison.) Peu importe, La Fille était heureuse.

On est passés par le Wynn, leur voisin :

Du pont entre les deux, on aperçoit la Sphère :

M. Wynn était le PDG de MGM Mirage, mais l’a perdu car il a trop dépensé pour construire le Bellagio. Pour s’en venger, il a construit le Wynn afin d’être le Bellagio mais plus grand en chaque détail. Voici des exemples de ce que l’on y trouve :

Parfois les fleurs bougent :

On a vite marché à travers le Wynn pour atteindre l’hôtel Trump International. Ce n’est pas hyper-Vegas — il n’y a qu’un resto, dit DJT, et une boutique. Contre vos attentes, c’est donc un modèle de modération par rapport au reste du Strip :

Resorts World, notre prochain arrêt, qui fait partie d’une chaîne asiatique, était dé-ce-vant. Il y a de l’argent (4,3 milliards) derrière celui-ci, mais absolument rien d’exceptionnel. Les attentes sont élevées quand on est dans le Strip.

Vous souvenez-vous de Randy’s Donuts à LA ? Ils sont là, dans un resto dit « Sun’s Up, Buns Up » (Le soleil se lève, les petits pains aussi). Bun = petit pain, mais aussi cul. Voilà :

Après, on est passés à Circus Circus, apparu dans « Les diamants sont éternels ». C’est l’hôtel idéal pour les enfants, avec de nombreux jeux et des clowns.

Après Circus Circus, on est allés pour dîner au Paris, dans un grill dit Mon Ami Gabi, au pied de leur Tour Eiffel :

Ce qui rend celui-ci spécial, c’est que l’on est en face du Bellagio et le meilleur spectacle de la ville, les Fontaines du Bellagio. Voici la vue de notre table :

Et quelques aperçus de l’intérieur du resto :

Voici les cartes (haute résolution en cliquant afin que vous puissiez les lire) :

Le pain (pas compris) est arrivé avec une petite salade de carottes ([Quel gâchis ! — M. Descarottes]) :

J’ai commandé un steak-frites au poivre et on a partagé des profiteroles :

Puis, on a traversé la rue pour visiter le Bellagio, à mon avis le meilleur hôtel au monde. Commençons avec une belle vue des Fontaines :

Même la réception est élégante — le plafond a été décoré par Dale Chihuly, l’artisan de verre le meilleur réputé du pays :

Le Jardin du Bellagio change complètement 4 fois par année. La Fille a pris la photo avec moi :

Derrière le lac, il y a deux restos exceptionnels, Picasso (2 étoiles Michelin), où j’ai eu le dîner le plus triste de ma vie — qui fermera définitivement en août — et Prime, un grill par un de nos meilleurs chefs, Jean-Georges Vongerichten. Voici les cartes, aussi disponibles en haute résolution :

La Fille et moi aimons tant Bellagio que nous sommes revenus tôt le lendemain pour ne pas rater Café Gelato, à mon avis le 2ème meilleur que je connais (après Fiocco di neve à Rome) :

Voici les biens :

Et nos commandes (le mien à gauche) :

Avec ça, on a quitté Vegas. Mais j’ai une dernière surprise. En juin, Marie-Luce, qui vous connaissez sous le nom de blog Miaougraphie de Clément, m’a parlé de Logan’s Candies, à Ontario. C’est à 9 km de mon ancienne fac, mais je ne le connaissais pas à l’époque. Étant un très petit détour de la route vers Las Vegas, j’y ai visité pour goûter leur « English toffee ». C’est excellent.

J’ai dit à la caissière que c’était une québécoise qui m’y avait dirigé 26 ans après ma licence, et je dois vous dire, ça a fait sa journée !

Le flamant de la Mafia

On commence aujourd’hui avec notre hôtel bien que ce soit largement sur un musée. Nous nous sommes enregistrés au Flamingo (Flamant) :

Le Flamingo n’est pas le premier hôtel-casino de Las Vegas — ce serait plutôt le Golden Gate, dans le centre-ville — ni le plus spectaculaire (on dirait plutôt « budget », pas cher, de nos jours). Mais c’est de loin le plus important de l’histoire de la ville. Explorons l’hôtel un peu avant de continuer.

Il y a un jardin avec des flamants, des tortues marines, des poissons koi, et d’autres animaux :

Même les lampes suivent le thème :

J’essaie de vous convaincre que vous êtes plus populaires ici que vous ne le pensez. Regardez leur resto rapide pour les hot-dogs, la Haute Doggery :

Mais leur grill, d’où vient son nom de Bugsy & Meyer’s ?

Ça nous mène à notre grande activité du voyage, le National Museum of Organized Crime and Law Enforcement (Musée national du crime organisé et des forces de l’ordre), dit le « Mob Museum ». Car le Flamingo, c’était l’entrée de la Mafia à Las Vegas.

Le bâtiment était anciennement un palais de justice fédéral, et une salle reste presque exactement dans le même état que dans les années 50, quand c’était le lieu d’une audience du sénateur Estes Kefauver sur la Mafia :

Je sais que j’ai tort, qu’il ne faut pas glorifier le mal, mais j’adore les histoires de truands, et surtout deux films américains, Les Incorruptibles et Dick Tracy. Et comme nous apprend les films, où le crime organisé est la faute aux immigrés, le musée commence par parler de l’expérience des immigrés aux États-Unis. (Je plaisante, bien sûr, mais c’est dingue à quel point les polémiques en France et chez moi sont les mêmes sur ce sujet.)

On passe vite à une exposition sur les outils des policiers pour attraper les truands — les bâtons et pistolets des policiers dans la rue, mais aussi les équipements pour l’espionnage électronique :

Un moment plus qu’un peu amusant parle d’un truand qui a essayé d’établir des casinos sur des bateaux dans le Pacifique, dans les eaux internationales. Voici des jetons de son entreprise :

J’ai trouvé une courte vidéo de son 2ème bateau :

Puis on remonte le temps à la première décennie du XXe siècle. Le premier quartier chaud (on dirait « quartier à lumières rouges » en anglais) de Las Vegas a été ancré par l’Arizona Club, un casino et bordel :

Il n’y a presque rien dans cette photo. À l’époque, les jeux étaient bien limités, et les manchots ont dû vendre quelque chose en plus (par exemple, des boules de gomme ou des cigarettes) :

Mais deux choses ont changé à jamais le destin de Las Vegas. D’abord, un changement des lois afin qu’un divorce ne faille que quelques semaines de résidence dans l’état, et la construction du barrage Hoover, qui a amené des milliers d’hommes dans la région. Ici, on voit une photo du célèbre acteur Clark Gable et sa bientôt-ex Maria Langham, ainsi que des souvenirs du barrage :

La présence de tous ces hommes en mal de prostituées, d’alcool, et d’opportunités de perdre leur argent gagné au barrage a attiré la Mafia, qui enverrait Bugsy Siegel pour construire l’hôtel Flamingo. Pour sa part, la Mafia avait besoin d’agir de façon plus unie, et ne plus compter sur l’alcool après la fin de la Prohibition. Il y a des souvenirs de cette époque :

Le souvenir le plus impressionnant du musée est sans doute le Vrai Mur du Massacre de la Saint-Valentin (pour moi, en 3ème place derrière la Vraie Croix et le Mur de l’Atlantique) :

Ceci est en fait le mur du garage où 7 truands ont été fusillés au milieu d’une réunion pour planifier l’assassinat d’Al Capone, plus tard immortalisé dans le film Dick Tracy :

Le film est inspiré d’une BD de nos journaux (depuis 1931, et toujours publiée) :

Il y a aussi des balles retrouvées des cadavres ainsi que des copies du rapport du coroner :

Et un pistolet qui appartenait à Capone lui-même :

C’est dans ce cadre où Bugsy Siegel a construit le Flamingo, sous la supervision à distance de son ami d’enfance, Meyer Lansky. Mais Bugsy a volé des fonds, et le reste de la Mafia a voté pour le tuer.

Le musée abrite quelques objets historiques du Flamingo de Bugsy, dont ses lunettes à soleil (à gauche) :

Il y a aussi une chaise électrique, une réplique de celle de la prison dite Sing Sing, et je sais qui payerait cher pour cette photo que je vous offre gratuitement :

Il y a deux souvenirs 100 % français (ou pas, attention) pour partager avec vous. Le premier est une montre fabriquée par « Jacques Edho Paris » pour un tournoi de golf dans les années 70. Pourtant, je n’arrive à trouver aucune preuve qu’il y avait une vraie manufacture, plutôt qu’un nom inventé :

L’autre chose vient d’une exposition à la fin sur les escrocs modernes. Quel est le vrai sac à main Louis Vuitton, et quel est le faux ? (Je répondrai dans les commentaires si vous n’arrivez pas à lire la bonne réponse en anglais.) Haute résolution en cliquant pour aider vos recherches !

Je finirai avec le souvenir que j’ai acheté. Souvent dans les films de gangsters, les témoins menacés disent « I didn’t see nothing! » (J’ai rien vu.) J’ai vu des aimants qui disaient « J’ai rien vu au Mob Museum », en forme de tableau des yeux, et j’ai dû en acheter un :