Vous vous attendiez à mon dîner altoséquanais, n’est-ce pas ? Mais ce soir, j’ai dû aller à une collecte pour le lycée de La Fille, et c’était aussi un dîner. Vous voyez, c’est deja la rentrée chez nous.
Je ne peux pas vous dire si c’est la rentrée ailleurs ici. Aux États-Unis, chaque comté a sa propre « school board », une comité de gestion des écoles, et garde son propre calendrier. Chaque état a ses propres règles en ce qui concerne le nombre de jours que les élèves doivent passer aux écoles, mais les dates sont très, très locales. Je vous promets, j’ai grandi dans un pays où la rentrée avait lieu en septembre, les bonbons de Halloween n’arrivaient sur les étagères qu’en même temps, et on pouvait remplir le réservoir de sa voiture avec un billet de 20 $. Je ne reconnais pas du tout celui-ci.
De toute façon, je ne peux pas vous montrer des photos de La Fille prête pour l’école ou le lycée lui-même. Mais, je vais vous raconter quelques anecdotes autour de cette rentrée.
La veille, La Fille m’a demandé de lui préparer un cookie géant. En retour, j’ai demandé si elle voulait celui de Cook&Record ou celui de Péla. Malgré le fait que le premier fait partie de nos vies depuis 2020, elle a choisi le cookie de Péla — pas surprenant car je vous ai dit, c’est mieux. J’ai publié une photo sur Instagram, mais seulement après avoir déjà servi plusieurs parts :

Mais naturellement, sur Instagram, j’ai dû choisir de la musique pour aller avec. Et j’ai choisi quoi ? Ceci :
J’ai mentionné « Sacré Charlemagne » avant, mais sans mentionner comment je l’ai trouvée. C’était mon groupe de nostalgiques des années 80, bien sûr, très tôt en 2020. Je ne suis pas devenu hyper-obsédé de France Gall, mais j’adore que pendant le XXe siècle, on pouvait avoir un tube dont le sujet était un roi du VIIIe siècle. Je ne peux même pas imaginer quelle serait la société anglophone où une telle chose était possible.
Je sais que vous êtes aussi curieux que moi, mais il s’est avéré que La Fille n’a pas été obligée de choisir un prénom français pour utiliser dans sa classe. En 5e, j’ai dû choisir un prénom espagnol, et jusqu’à maintenant, si on crie « Diego » autour de moi, je tourne la tête. Elle ne l’a pas trouvé drôle quand je lui ai envoyé un SMS pour suggérer qu’elle devrait choisir soit Chloé soit Cerise — deux méchantes de Miraculous ! Mais bien qu’Alya commence à devenir populaire, il n’y a personne nommée Juleka (Politologue n’a aucun résultat), et Marinette serait trop évidente. (Il m’étonne qu’il n’y ait pas de jeunes Marinettes en France à cause de Miraculous.)
Alors, la collecte. Une des tendances ici est d’avoir une nuit dans un resto où on montre une affiche aux caissiers, et le resto donne une partie des recettes à une organisation. En ce cas, c’est la fanfare du lycée, à laquelle La Fille s’intègre. La collecte a eu lieu chez Chipotle, une chaîne de restos rapides consacrée aux burritos — c’est une réussite énorme depuis 20 ans, et leur PDG vient de la quitter pour prendre le même poste chez Starbucks. Il s’avère que la chaîne a 6 restos en France (j’aimerais dire « location », mais vous m’avez convaincu que cette bataille est perdue). Puisque Chipotle n’existe chez vous au-delà de Paris et Lyon, j’ai pris quelques photos :
C’est l’intérieur typique de leurs restos — tout est en bois vieilli et aluminium brossé (regardez les tables), car il faut attirer les milléniales et seulement les milléniales :

Quand on commande un burrito, les serveurs mettent une tortilla dans une presse chauffée (l’outil circulaire sur le comptoir). Je ne sais pas pourquoi — les tortillas sont déjà faites, et ce n’est pas assez longtemps pour les réchauffer vraiment :

Puis on passe le long du comptoir avec le serveur — on choisit ses ingrédients et le serveur les met sur la tortilla, puis la plie en burrito à la fin :

J’aimais tellement y aller jusqu’en 2023. Cette année-là, ma commande habituelle est passée de 15 $ à 20 $, et ça, c’est un rapport qualité prix absolument inacceptable. Ça ne comprend ni chips ni service à table, et pour 20 $, je peux aller chez Rodrigo’s, où les deux sont compris et je suis bien aimé par l’équipe.
Mais tout n’était pas perdu. J’ai passé le bonjour au prof, qui a vu que sa nouvelle élève avait une famille qui participe aux collectes. Je veux qu’elle soit la chouchoute du prof, n’est-ce pas ?

















































































































































