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Un quatrième jour dans notre vie

C’est encore une fois le 29 mars, mon « anniversaire français ». Il m’étonne toujours combien a changé à partir du jour où je me suis dit « Je suis bien ennuyé dans cet appartement avec cette saloperie de virus partout. Je vais essayer un cours de français sur Duolingo. »

([En fait, il n’a dit rien de sorte, les amis. Tout le français qu’il a appris ce jour-là était genre « un garçon et un cheval », « un cheval et un chat », etc. Croyez-moi, j’en ai eu marre d’entendre toutes les répétitions ! — M. Descarottes])

Le jour où « Un Jour Dans Notre Vie » est devenu mon générique

Je reviens encore et encore à ce thème (2021, 2022, 2023), à partir de ma chanson préférée de tous les temps, parce que comme j’ai écrit en 2023, il exprime tout ce que veux dire ici, tout mon espoir et désespoir en même temps. Et il me semble que la leçon de la dernière année est le point auquel les deux côtés de ça existent ensemble.

Je me demande souvent à quoi je m’attendais ce premier jour-là. Je ne connaissais personne dans ma ville avec laquelle le français serait utile. À l’époque, ça faisait 12 ans depuis la dernière fois où j’avais sorti des États-Unis, et il me semblait que je devais attendre les 18 ans de La Fille (en 2028) pour régler ça. J’avais les concerts de Laurence Manning en ligne, mais c’était tout.

Toutes les raisons que j’avais pour apprendre le français au début sont disparues. Ça fait un an entier depuis le dernier concert en ligne de Laurence, alors je ne vois plus les québécois avec lesquels j’avais envie de parler. Le groupe sur Facebook qui m’a accueilli deux mois après le début existe toujours, mais il est largement devenu un seul type (pas moi) qui parle à lui-même.

J’en ai trouvé d’autres. On va bientôt visiter la Vendée pour le Tour, où quelqu’un de vraiment spécial y habite (pas le sujet de Peur). J’ai découvert une passion pour les films français qui nous amènera à une semaine consacrée aux films en même temps que notre Fête des Impôts (le 15 avril). Il y a toujours un manuscrit en cours, même si je suis plus pessimiste qu’avant à propos de la date où il sera fini. Mais ce sont tous des buts liés à un blog qui ne faisait jamais partie des rêves du jeune moi.

Et si ce monsieur avait reçu ce qu’il avait demandé ? Ce blog est né de la terreur que je n’arriverais jamais en France. Mais si j’avais réussi à y passer une semaine après mes années à la fac, si j’avais appris la langue assez tôt pour le vivre comme j’ai envie, est-ce que j’aurais fait les bons choix ? Ou est-ce que j’aurais tout mis à côté comme l’espagnol ?

Je n’ai pas de bonnes réponses à ces questions. Je me dis parfois qu’il y a 3 personnes que je souhaite avoir connu il y a 30 ans, pas juste récemment. Mais si je suis honnête, je ne peux même pas imaginer comment ce serait arrivé en deux des trois cas. Je pleure les opportunités ratées, puis je me dis que je suis fou pour pleurer l’impossible. (J’aime me gronder, la seule chose qui arrive dans tous les avenirs possibles.) Tout ce que je peux dire vraiment est ce que je dis depuis des années : qu’un jour dans notre vie, tout peut changer. Et je suis reconnaissant que vous êtes tous là maintenant.

Ne parlez pas l’anglais comme les autres non plus

Il y a des mois, énervé par les bruits de mes con-citoyens qui font semblant de parler anglais, j’ai écrit un article intitulé « Ne parlez pas l’anglais comme un américain, 1ère partie ». J’ai ajouté « 1ère partie » car j’étais loin d’épuiser le sujet, mais il ne m’est pas venu à l’esprit d’y revenir. Plus précisément, j’ai des limites pour la fréquence de billets où je me plains de tel ou tel chose. Et il y a des sujets plus importants pour m’en plaindre.

L’image la plus américaine de toutes, Photo par Tech. Sgt. Andrew Burdette, Domaine public

Un de ces sujets est l’attitude du reste de l’anglophonie vers l’anglais tel qu’il est à travers l’Étang, comme disent les britanniques. Je suis moins ravi d’écrire ça que vous ne le pensez. Il était une fois, tout le monde qui me connaissaient auraient dit que si j’allais vivre quelque part à l’étranger, il serait à Londres. Petit, j’avais la tête aussi pleine de rois britanniques que de français. J’adore l’accent britannique autant que le vôtre (au moins l’accent éduqué, le soi-disant « Received Pronunciation » — les personnages de Sasha Baron-Cohen font mal aux oreilles). Et j’aime leur cuisine — je sais, une attitude très inhabituelle, mais sincère. En revanche, je ne connais personne là-bas et on ne peut pas vivre à temps plein chez Fortnum & Mason. Mais pour autant que je sois prêt à me plaindre de l’anglais de chez moi, leurs plaintes sont du codswallop (mot britannique : bazar, n’importe quoi) le plus pur.

Reculons un peu. Je fais partie d’un groupe d’utilisateurs de Duolingo sur Facebook. Ironiquement, je ne l’ai trouvé qu’une fois que j’avais enfin supprimé l’appli. Je ne l’ai pas réinstallée, mais je suis heureux d’aider ceux que veulent apprendre le français sur le même chemin que moi. Et il y a certaines expériences qui ne sont logiques que pour les autres utilisateurs de Duolingo. Si vous ne connaissez pas les satanés leaderboards (classements), comptez-vous chanceux. Parmi ce groupe, on trouve tout la cantina de Mos Eisley — des américains, des britanniques, même des brésiliens qui utilisent Duolingo en anglais pour apprendre le français.

Je vous rappelle que Duolingo est disponible gratuitement, et que je n’ai jamais rien payé pour l’utiliser — plutôt l’inverse ! Et c’est fait aux États-Unis, par des anglophones américains (ils embauchent des autochtones pour dire les exemples à haute voix). Les brésiliens, les scandinaves, ils ne se plaignent pas de cette situation. Mais les britanniques, les australiens, les néo-zélandais ?

Ils se plaignent de tout. C’est insupportable. J’ai commencé à garder des captures d’écran à partir du moment où un britannique s’est plaint que Duolingo dit « burglarize » pour cambrioler au lieu de « burgle ». Il a dit « Sûrement même les Américains ne disent pas « burglarized » ? » Ce tosser (mot britannique : con) a bien mérité les réponses :

Une personne a répondu qu’il n’a jamais entendu « burgle » (vous le trouverez seulement dans des rediffusions de la BBC) ; deux autres ont dit que si, nous l’utilisons. Moi, j’ai répondu avec une pub ancienne de McDo avec un personnage dont son nom, Hamburglar, dit hamburger et burglar en même temps.

Mais ça continuait. « Malheureusement, Duo utilise l’anglais américain par défaut » :

Malheureusement ? Bollocks ! (mot britannique : merde, une connerie) C’est gratuit. Vous vous souciez de ne pas utiliser des expressions britanniques afin que nous les provinciaux puissions vous comprendre, monsieur ? Et plus :

« Je dis absolument « film » et ne rêverais même pas d’utiliser le mot « movie ». » Taisez-vous, toff (mot britannique : snobinard riche). Les américains du groupe ne « rêveraient » même pas d’avoir une telle attitude de wanker (mot britannique : branleur) vers votre anglais.

On continue. « Tristement, nous les britanniques doivent apprendre l’américain. » Quand on lui répond « Peut-être que vous les Brits trouvent un site produit par une société britannique ? » un autre britannique se plainte que « c’est impoli » et que les américains ont mal compris et veulent juste être offensés, car « sadly » veut dire « malheureusement » :

Honnêtement ? Bugger off ! (Expression britannique : casse-toi, de façon vulgaire.)

Au cas où ce ne serait pas clair, je connaissais déjà chaque « briticisme » que j’ai utilisé dans ce billet. Je trouve cette attitude absolument inacceptable. J’étais abonné du site britannique Kwiziq pour aller plus loin que Duolingo et je ne me suis jamais plaint de son anglais avec des « ou » partout où nous écrivons « o ». Et je le payais.

Peut-être que vous comprenez maintenant pourquoi je ne m’intéresse même pas un peu à vivre dans un autre pays anglophone. Je vous ai parlé honnêtement des « fans » en France qui m’ont dit « j’espère que tu resteras aux États-Unis ». L’ancien Empire, c’est souvent comme ça mais sans les bonnes pâtisseries. Un échange qui ne vaut pas la peine !

Deux choses qui valent le coup

Je vous ai prévenu en février que le 22 mars allait voir les sorties du prochain volet de S.O.S. Fantômes ainsi que Princess Peach Showtime. Nous voilà. Je suis ravi de vous dire que, puisque La Fille est en vacances cette semaine, on a vu le film et acheté le jeu, et les deux portent ma recommandation, surtout le jeu.

Princess Peach Showtime ©️Nintendo ; S.O.S. Fantômes : La Menace de glace, ©️Columbia Pictures

D’abord, le film. S.O.S. Fantômes : La Menace de glace (traduction curieuse du sous-titre ; c’était « L’Empire gelé ») continue le film de 2021, dans lequel l’hérésie de 2016 n’est jamais arrivée. On suit les aventures d’une famille, les Spengler, la fille et petits-enfants de l’un des quatre chasseurs de fantômes du film original. Il y a des apparitions de presque tous les personnages bien-aimés de l’original : les trois chasseurs survivants, leur secrétaire, même les petits Bibendum Chamallow. Je ne vais pas vous donner une critique détaillée, mais tout ce que le film précédent et celui-ci avaient dû faire était ne pas cracher sur les films originaux, et ils le réussissent. J’ai pu regarder ce film et en profiter car il n’y avait aucun discours magistral pour faire honte aux vieux personnages ou leurs fans à cause de leurs identités. Je n’arrive donc guère à croire que ce soit un film américain !

Mais c’est le jeu, Princess Peach Showtime, duquel je suis vraiment ravi. C’est seulement la deuxième fois pendant plus de 38 ans de jeux Mario avec la princesse Peach en vedette. Cependant, beaucoup de monde qui connaissent seulement le jeu original de Mario se trompent en pensant à Peach comme victime perpétuel. Dès le deuxième jeu de la série, on peut jouer dans sa peau, et si elle reste parfois l’objet de tentatives d’enlèvement par Bowser, c’est seulement pour la bonne raison féodale, qu’il veut agrandir son royaume en le rejoignant au sien, ce qui exige un mariage politique.

La Fille ne s’est jamais trompée sur la question de personnages de jeux vidéo comme modèles à suivre. Au-delà de jouer avec Peach comme héroïne dans Super Mario 3D World ou Super Mario Wonder, je l’ai encouragé de jouer à Metroid, avec Samus Aran, chasseuse de primes ou bien The Wind Waker ou Skyward Sword, des jeux de Zelda où la princesse n’a pas besoin d’être sauvée, juste de l’aide. Mais bien que ces personnages soient forts, elles ne haïssent pas les hommes, presque tout ce que l’on trouve dans la fiction américaine de nos jours. La Fille a déjà sa ceinture noire en karaté ; je ne me soucie pas de la question de sa confiance en soi.

On a passé deux heures avec ce jeu aujourd’hui. Il n’y a pas de Mario, ni Luigi, ni Bowser. C’est Peach contre une nouvelle méchante et sa bande, Syrah et sa Grappe maléfique (la méchante s’appelle Grape en anglais ; c’est-à-dire Raisin). Mais ce dont je suis vraiment ravi ? Elle essaye tout genre de carrière le long du jeu :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo
Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

On a énormément profité de découvrir ces rôles ; l’épéiste, c’était comme jouer dans un film de cape et d’épée avec Jean Marais. La Fille a vite réussi à décorer des gâteaux avec la poche à douille en tant que pâtissière ; moi, j’ai eu du mal avec ça. (On appelle ce moment « l’ironie ».) L’étape cow-boy, c’était un truc d’impossible pour moi avec un lasso — encore une fois, pas de problème pour La Fille.

Il y a même un clin d’œil vers Arsène Lupin, l’original, pas le descendant censé de l’animé japonais :

Capture d’écran personnelle, image ©️Nintendo

Il y a des critiques anglophones qui trouvent le jeu sexiste ou « condescendant » car elle peut changer de robe — une critique ignorante qui ne rend pas compte du fait que Mario a une centaine de costumes dans Super Mario Odyssey, et il y a tout un jeu Zelda, Triforce Heroes, où Link (un homme) change de costume tout le temps. Le jeu est — comme beaucoup trop des jeux Nintendo de l’année dernière — trop court pour son prix, mais j’ai la même plainte sur Super Mario Bros. Wonder et Pikmin 4.

Il n’y a absolument rien dont cette Peach n’est pas capable et on peut dire ça sans mépriser personne. Je trouve ça un message extrêmement positif, et il était super aujourd’hui de trouver deux divertissements en anglais qui le communiquaient. Je croyais qu’en trouver un tel n’était plus possible !

Peur

Je suis trop déprimé pour parler d’autre chose aujourd’hui, mais je n’ai pas le droit de dire exactement ce qui s’est passé. Alors, ça va être compliqué.

Il était une fois, j’ai lu quelque chose sur les niveaux d’amitié qui m’a parlé assez bien que je retiens l’idée même plusieurs décennies plus tard, bien que je n’aie plus aucune idée de quelle était la source. L’auteur a proposé qu’au-delà des inconnus, il y a 4 niveaux de connaître les gens. Je l’esquisse :

J’espère que l’idée sera assez claire : il y a des gens que l’on connaît, et les relations peuvent être assez chaleureuses sans vraiment les compter parmi nos amis. Puis, il y a des amis, et des amis ; ceux auxquels on ferait l’appel pour l’aider à cacher le cadavre, ou pas.

Je trouve que ce modèle marche le mieux quant aux deux cercles extérieurs. Le type qui travaille dans un bureau dans le même bâtiment mais qui vous ne connaissez pas au-delà de le voir dans le parking, c’est une connaissance éloignée. Le serveur que vous voyez chaque semaine pendant le déjeuner, qui connaît votre commande à l’avance, où vous vous connaissez les prénoms et même parlez de choses au-delà de votre commande, c’est une connaissance proche.

Le salopard dont vous avez entendu chaque détail de chacun de ses ébats au lit à travers le plafond de votre chambre pendant une année entière sans jamais l’avoir rencontré, c’est le voisin à l’étage, et c’est une honte que les lois vous interdisent de tirer un fusil de chasse sur votre propre plafond. Non, je n’ai pas de fusil de chasse, pourquoi ?

Les lignes deviennent plus floues après ça. Les gens avec qui vous jouez au tarot une fois par mois, pour lesquels vous passez des heures en cuisine — pour inventer un exemple par hasard — sont-ils des connaissances proches ou des amis éloignés ? Difficile à dire. Mais on sait clairement quelle est la différence entre un ami proche et un ami éloigné — si on doit toujours être celui qui lance les appels, on n’est pas trop proches, n’est-ce pas ?

Évidemment, la distance complique la situation. Vous voyez déjà où je vais avec ça. C’est une chose quand on n’est jamais disponible dans la même ville. Cependant, à travers un décalage horaire de neuf heures, pour choisir un autre exemple complètement par hasard — c’est tout autre chose.

Je suis horriblement au courant à quel point ils sont fins, les fils qui me connectent à ma communauté outre-Atlantique, peu importe le cercle où ils se trouvent. En septembre, un ami — sans hésitation, je dis ami, pas connaissance — a trouvé une copine, et une semaine plus tard, il a quitté sa vie en ligne, dont la gestion d’un groupe sur Facebook qu’il avait fondé et poussé jusqu’à 10 000 membres. Il a disparu de la vie de toutes nos connaissances communes. Néanmoins, je suis content pour lui, car je crois qu’il est plus heureux de cette façon. Mais si je suis complètement honnête, il appartenait au deuxième cercle.

Le cercle au centre est le plus petit, mais il y en a certains qui y habitent même à travers un océan. En ces cas, j’ai plus de moyens de les contacter que juste Facebook ou des blogs, pourtant…

Pourtant, ça va être gravement testé et je ne sais pas pendant combien de temps. Quelqu’un de spécial pour moi a arrêté toute activité en ligne il y a deux semaines, et ça fait une semaine où toutes nos connaissances communes n’avaient aucune idée de ce qui s’est passé (pas un blogueur ; malheureusement, ça pourrait en décrire plusieurs que l’on connaît tous). Je suis soulagé de vous dire que l’on s’est enfin retrouvés cet aprèm. Le pire n’est pas arrivé. Toutefois, je sais que ça fera longtemps avant notre prochaine conversation. Je lui ai rappelé un dicton anglais, « Out of sight, out of mind » (Hors de vue, hors d’esprit). L’ami m’a répondu avec un dicton français, « Loin des yeux, près du cœur ». Il me semble que ce ne sont pas des synonymes. Il n’y a rien au monde que je veux plus en ce moment que d’avoir tort.

Mais j’ai peur.

La règle de 6-6-6

Je n’allais pas publier ce post. J’ai écrit le premier brouillon avant la Saint-Valentin, puis décidé que c’était trop amer. Mais après ce qui m’est arrivé cette semaine, j’ai changé d’avis car encore une fois, j’en ai marre. Si vous en avez eu assez de mes plaintes romantiques, on se reverra demain.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Ça fait des années depuis la dernière fois où je me suis abonné à n’importe quelle appli de rencontres américaine. Mais je garde ouvert mon compte sur la plus grande parce que je suis con ne veux pas perdre tout espoir. Que l’on me gifle pour l’avoir payé encore une fois ! On y reviendra en bas.

Si vous avez un peu appris sur le Nouveau Testament, vous savez que le chiffre 666 appartient au Diable. ([Vous ne m’avez pas dit qu’un numéro vous appartenait. J’exige la moitié, comme tous vos autres atouts. En fait, je veux plus que la moitié car vous l’avez caché pendant le procès. — Mon ex]) Mais aux États-Unis, c’est le numéro préféré des américaines.

« Justin », vous me dites « arrêtez. On comprend l’amertume, mais c’est trop. La moitié du pays n’est pas composé des amoureuses du Diable. » Mais je ne vous mens jamais sur ce genre de chose. En fait, la règle de 6-6-6 est comment les américaines choisissent qui est digne tout court de leur attention.

Alors, pourquoi est-ce que je l’écris avec des traits d’union ? C’est parce que ça décrit trois attributs qu’un homme doit avoir :

  • 6 pieds — c’est la hauteur minimale qu’il faut faire, équivalent à 183 cm
  • 6 numéros — le nombre de chiffres dans son salaire (donc pas moins de 100 000 $)
  • « 6 pack » — une expression qui veut dire littéralement 6 cannes de soda, c’est de l’argot pour décrire les muscles abdominaux. J’ai trouvé un article en français qui utilise le terme.

Pensez-vous toujours que ça sent l’amertume ? Il y a certainement pas mal d’articles en ligne qui disent que tout ça est une hallucination des hommes célibataires, que ça sent le complotisme (voilà et voilà, en anglais). Mais il y a des preuves. On m’a récemment partagé un article (en anglais) avec des statistiques déprimantes.

Quant à la question de la hauteur, il s’avère que sur les applis de rencontres, où on balaye vers la droite pour indiquer l’intérêt et vers la gauche pour refuser, les statistiques sont encore plus catastrophiques que j’avais cru. Sur le site Bumble, 90 % des américaines filtrent leurs résultats afin d’exclure tout sauf le 6 % des hommes qui font les plus grandes tailles. Moi, je fais 177 cm. Carnets d’une plume a un article sur (en partie) exactement ce sujet, la tendance de traiter tout le monde comme des pièces dans un catalogue.

D’autres études montrent que l’homme d’attractivité moyenne sera aimé par environ 1 % des femmes qui le voient. Ça se trouve sur Tinder, sans doute l’appli la plus superficielle, mais il n’y a pas trop de raisons pour croire que c’est différent ailleurs.

Pendant tout mon abonnement original (6 ans) chez Match, l’appli en question, j’ai été contacté exactement deux fois. La première fois était un mot d’une seule phrase afin de me gronder pour avoir osé aimer son profil, car elle (une divorcée) ne s’intéressait pas aux pères célibataires. L’autre m’a mené au seul rendez-vous de ma vie avec quelqu’un d’autre que mon ex. J’étais si déprimé après le mot d’avant, quand une vietnamienne qui ne parlait guère l’anglais m’a écrit, j’ai dit oui parce que j’ai cru qu’il me fallait accepter tout et n’importe quoi. Mais pendant le déjeuner — notre seule rencontre — elle m’a dit qu’elle avait hâte d’adopter La Fille. Pas si vite. Je ne lui ai plus répondu après ça, pas gentil de ma part, mais ça ne pouvait pas continuer.

Alors cette semaine. J’ouvre parfois Match pour voir si elle me proposera quelqu’une qui parle français. Dimanche dernier, elle m’a enfin proposé une expatriée française, pas loin géographiquement, mais pas partie de mon association non plus (au moins, personne dans l’annuaire a le prénom qu’elle utilisait). Elle a écrit qu’elle avait récemment divorcé, voulait voir qui est là et s’intéressait plutôt à trouver des connaissances que des relations.

Étant con, je l’ai crue. J’y ai pensé pendant 2 jours et demi, puis je me suis abonné à nouveau, ce qui coûte autant qu’un de mes colis de la FNAC. Je lui ai écrit un mot bien bilingue, mais pas en franglais ; après m’avoir présenté en français, j’ai changé à l’anglaise. J’ai dit que ses souhaits me convenaient bien car j’ai envie de déménager, mais que l’on pourrait s’emntendre bien et je serais ravi de la connaître selon ses termes.

Rien de mercredi jusqu’à vendredi après-midi. Puis elle l’a lu, et…

Elle m’a bloqué sans réponse.

Un ami m’a déjà grondé pour avoir pris ce genre de parole au sérieux, et il a probablement raison. Tout ce que je peux dire, c’est qu’aux États-Unis, tout qu’un homme peut faire est considéré comme harcèlement, alors une opportunité pour baisser la température m’a semblé une bonne idée. J’ai eu tort.

Mais jamais une réponse positive au-delà de mon ex-femme, en 32 ans ? Non, je ne trouve pas ça normal. Du tout.

À quelques pas d’une star

J’ai dû aller à Los Angeles hier, sans avertissement, parce que ma mère a eu besoin d’aller dans une FREAKING pharmacie. Je suis vraiment pas content, au cas où ce ne serait pas clair. La pharmacie en question est à 84 km de chez moi, à Beverly Hills.

« Mais Justin », vous me dites « sûrement il doit y avoir une centaine de pharmacies entre les deux endroits. Peut-être deux cent ou plus, même. Que diable ? Pourquoi est-ce qu’il fallait aller si freaking loin ? » Ah, c’est une bonne question — et quand vous entendez la réponse, vous comprendrez absolument d’où les anglicismes énervés.

Comme vous pouvez imaginer, j’ai hérité la diabète. Mes deux grands-parents maternels avaient ce don indésirable, ma mère l’a ; j’allais devoir vivre comme un saint pour ne pas finir par tomber malade comme ça moi-même. ([Et il est loin de ça. — Mon ex]) Mais moi, je fais quand même des efforts : du sport, des salades, etc. Je ne dirai rien sur personne au-delà de moi, compris ? Disons qu’elle prend un médicament dont je n’en ai pas besoin, Ozempic.

Mais les fatsos… euh, mes concitoyens bien connus pour être trop gros… ont découvert qu’Ozempic marche hyper-bien pour aider à perdre du poids. Alors beaucoup de docteurs donnent des ordonnances pour ce truc à leurs patients trop gros, au point où les diabétiques galèrent pour le trouver n’importe où. Il s’est donc avéré hier qu’elle ne pouvait trouver ce médicament nulle part plus proche de chez nous. (Mes parents vivent beaucoup trop proche de chez moi ; je dis ça, je dis rien.)

Cependant, à 75 ans, ma mère ne veut pas se conduire à LA toute seule. C’était donc à moi de faire cet aller-retour de 5 heures en voiture. J’aimerais bien que mon frère aide avec ce genre de chose, mais il habite beaucoup trop loin. Ne me laissez pas dire plus sur ce sujet amer. De toute façon

Vu que nous étions à Beverly Hills, nous sommes passés par un resto dit un « delicatessen », ou « deli », mot pour lequel mon dictionnaire Oxford ne donne que « restaurant-traiteur ». Mais ça n’explique pas du tout de quoi il s’agit.

Les delis sont fortement liés à la culture juive, même s’il est rarement le cas qu’ils soient casher. On trouve souvent du porc sur leurs cartes, mais ils servent de la charcuterie selon les traditions de l’Europe de l’Est, souvent en forme de sandwichs avec du pain de seigle. Il est de plus en plus rare de trouver ce genre de nourriture à la Côte Ouest, mais tout ce que je peux dire sur le sujet me ferait des problèmes si un anglophone le lisait.

Alors, nous étions chez « Nate’n Al’s« , le seul deli à Beverly Hills. Voici l’extérieur :

J’ai commandé un sandwich de rôti de bœuf, ou comme on dit en anglais « roast beef ». C’est le seul genre de chose que j’aime dans les delis, mais je l’adore. Et non, on ne peut trouver ce genre de cuisine nulle part près de chez moi.

Quand on va dans un tel resto, on peut acheter presque tous les ingrédients à emporter : la charcuterie, les « salades » à base de mayonnaise (on parle de « macaroni salad » ou « potato salad », mais bien qu’elles contiennent certainement des pâtes ou des pommes de terre, elles n’ont rien à voir avec des salades).

Il y a des desserts, mais les seuls desserts qui m’intéressent au monde entier viennent soit de la France soit de l’Italie, sauf pour UNE CHOSE de l’Angleterre :

Il y a toujours des pains disponibles dans de tels restos :

« Justin », vous me dites, « votre gros-titre est menteur. Vous étiez à Beverly Hills, mais on ne voit personne. » Ah oui, mais j’ai gardé une photo pour la fin. Assis à la table juste derrière moi était Jason Alexander, mieux connu chez moi en tant que la voix de Duckman, et chez vous en tant qu’acteur dans la série Seinfeld :

M. Alexander est le chauve à droite

J’ai pris cette photo avec le téléobjectif de mon portable, debout à l’entrée, pas assis à ma table. J’ai décidé de faire ça car personne ne lui dérangeait, et je n’avais aucune envie d’être le seul. Même les stars, sauf Harry et Meghan, méritent des vies privées. Mais c’était bel et bien lui, et j’ai clairement entendu sa voix très distinctive pour le confirmer.

Dune : Deuxième partie

Attention : divulgâcheurs suivent

Au cas où le français québécois ne vous parlerait pas, on va discuter le film de Denis Villeneuve qui vient de sortir. Je mets un bloc « lire la suite » après la photo afin que vous puissiez sortir maintenant si ça vous dérange.

Lire la suite

Pour attraper un brouteur

Langue de Molière est reportée aujourd’hui pour vous présenter un coup d’Un Coup de Foudre très spécial. Si ce billet n’est pas le truc le plus drôle que vous ayez lu chez moi, je vous rembourserai personnellement chaque centime de votre abonnement. Je suis aussi généreux que l’Oncle Picsou. Je ne demande pas souvent que vous partagez un billet, mais je crois que celui-ci mérite de l’attention.

À moins que vous ne m’ayez rejoint très récemment, vous m’avez sûrement entendu parler de mon guide aux brouteurs. Je ne suis pas un génie de la chasse aux brouteurs comme Méta-Brouteur, mais quand je vous dis qu’ils recherchent mon guide plus que n’importe quel article du blog, ce n’est rien que la vérité. Alors quand j’ai reçu cette demande hier après-midi :

j’ai tout de suite écrit sur Facebook :

On voit déjà que le profil est un escroc — le « coucou » d’une tout inconnue, la jolie photo d’une femme qui n’a que la moitié de mon âge, la précision d’une région (détail rarement trouvé dans les profils des vrais Français — et souvent la mauvaise région pour la ville, mais la bonne ici). En plus, il n’y avait aucun post dans le profil, une alerte rouge. Que j’aie trouvé la plupart de ses paroles en ligne, c’est la cerise sur le gâteau.

Je commence ma réponse avec un avertissement que je suis bien au courant que je parle avec une inconnue :

Je suis honnête, même en parlant avec une telle personne. Mais ça peut changer si vous êtes fausse avec moi, « Coralie ». Et vous m’avez déjà laissé des indices — « tu était » et « faire plus ample connaissance ». Personne dans l’Hexagone ne dit ce dernier. En revanche, la page de Pierre Hermé, hein ? Je le prends en compte pour plus tard.

Vous ne perdez pas de temps, hein ? (La moitié de ce texte se trouve ici.) Ce mur de texte est aussi apparu plutôt vite par rapport à sa longueur. C’est le temps de mettre un petit hameçon dans les eaux :

Désolé, La Fille. Quant au cirque, quand Mon Ex avait toujours un sens de l’humour, lorsqu’elle était stressée, elle dirait qu’elle voulait tout laisser tomber et rejoindre le cirque. Ça ne dérange pas notre Coralie !

J’adore le petit aperçu de jalousie ! Il faut leur faire sentir spécial !

Je plaisante, mais…il m’étonne combien de françaises déjà mariées se trouvent parmi mes amies. Je n’avais rien préparé à l’avance ; sinon, j’aurais omis « Nan, je plaisante », pour voir la réaction. De toute façon, un mur de texte apparaît trop vite encore une fois :

Savez-vous quel est le problème avec ce genre de texte ? Aucune femme ne parle comme ça ! (OK, juste celle-ci sur MoiPourToi, d’où ce texte — et elle dit qu’elle vivrait à Abidjan ! HMMM.) Au moins, je ne l’ai jamais entendu. Mais je trouve ça trop. Plus de subtilité, « Coralie » ! Perso, j’ai ma propre boîte à outils — et je vais la gaspiller pour un type. Je me dégoûte.

La pire chose, c’est que monsieur pense probablement que c’est autant un escroc que ses photos — et ce ne l’est pas du tout !

Ne lisez pas tout ce mur de texte. Mais sachez que je ne réagirais jamais de même façon à quelqu’une qui m’a dit les mêmes choses en toute sincérité :

Encore une fois, une histoire à pleurer, au moins si elle n’est pas venue du même profil MoiPourToi que celle en haut :

Dites-donc, « elle » est en Basse-Normandie ! J’ai une connaissance là-bas ! Sa photo apparaît sur ce blog depuis le tout premier jour !

Ne me dites pas que vous n’ayez pas la réf, mais au cas où :

On passe à l’échange de photos, mais à noter que je ne l’ai pas demandé :

Punaise, je n’en ai pas de bonne ! Je déteste me voir ! (Pas une blague, hélas.) Faut vite trouver une meilleure ! Ah, je sais EXACTEMENT que faire — il a juste un peu moins de cheveux que moi et tout le monde l’adore :

Source pour M. Willis

Awwww, je rougis ! J’aurais dû me faire passer pour Bruce Willis avant !

Il doit savoir combien il peut demander :

Uh-oh, il me soupçonne !

Vous remarquez sûrement qu’il n’a pas tout de suite reconnu M. Willis. Mais je suis plus malin qu’il ne le pense, car tout le monde prend l’honnêteté pour la naïveté :

Ah, j’ai piqué son intérêt !

C’est en fait moi. Mais il ne s’empêche pas de me dire que j’avais raison :

Hihihi, vous voyez le lien ? Le tour est joué !

Il pense qu’il m’a eu, clairement. Mais je ne suis pas né de la dernière pluie, vous savez. Êtes-vous prêts, les amis ?

Justin Busch, tout le monde ! Merci et bonne soirée !

Responsable

Je reporte mon article sur Dune 2, car j’ai une nouvelle personnelle à partager. Après deux réunions lundi, il est décidé — je prends en charge le bulletin de l’OCA.

L’ancienne responsable, une personne très sympa avec laquelle j’ai passé une belle heure afin de tout apprendre, voulait passer les rênes à quelqu’un d’autre après 4 ans. Elle gérait toute seule une publication d’une trentaine de pages, publiée tous les deux mois. En tant que blogueur qui publie quotidiennement ([Il y a une douzaine de trous dans le horaire depuis le début, menteur. — M. Descarottes]), je suis la personne idéale pour la remplacer. Évidemment, je ne publie pas tant de contenus à la fois, mais je suis bien expérimenté avec des outils très similaires à ceux qu’elle utilisait déjà. Et c’est les responsables des activités qui écrivent la grande majorité des contenus. Servir en tant que copieur-colleur — je l’ai recherché, je n’ai rien inventé, mais les usages ne sont pas gentils ! — ça, je peux faire. ([Plagiat. Vous voulez dire plagiat.])

Je ne pourrai pas vous montrer le bulletin. Il est plein d’infos personnelles des membres, et il faut être inscrit avec un abonnement actif pour le voir. Voici juste un aperçu de la couverture :

Le processus de production est très efficace, et je suis admiratif de ce que l’ancienne responsable a mis en place. Elle utilise un site dit Canva pour tout gérer. C’est un peu comme la version professionnelle d’Adobe Acrobat, mais tout en ligne :

Il me faudra prendre en compte les nouvelles dates, déplacer les publicités par ici et par là si une page devient trop longue pour garder sa pub en place, et…et… et faire une chose pour laquelle je suis peut-être la personne la plus qualifiée dans tout Elbe-en-Irvine.

Dans chaque numéro, on publie toujours deux recettes. Malgré le fait que je lis ce bulletin à chaque fois où il apparaît, je ne savais pas jusqu’à hier que c’était Mme la rédactrice qui écrivait les recettes elle-même. C’est donc à moi de le faire, et j’ai toute une collection, n’est-ce pas ? En revanche, je suis très sensible au fait qu’elles doivent être accessibles à tous. Je ne vais pas y mettre des recettes dont il faut préparer des trucs deux jours à l’avance, ou avoir trois moules spécialisés, ou quel que ce soit.

Je serai le seul responsable parmi tous les bénévoles de l’OCA qui n’est pas francophone de naissance. Il y a des personnes qui viennent d’autres parties de la francophonie que la France, mais c’est très inhabituel d’avoir un bénévole qui n’est pas un expatrié. Je suis aussi très sensible à cela, et franchement, j’ai un peu peur de ce qui arrivera si j’écris quelque chose comme « Voici une recette de nos régions ». J’ai certainement rencontré des gens qui diraient « Qu’est-ce que vous voulez dire par « nos » ? »

Cependant, je me sens comme s’il est quelque chose que je dois faire. Vous avez certainement lu des histoires ici où mes efforts chez l’OCA peuvent me rendre un peu dingue. En général, je les trouve très accueillants, mais je me sens toujours comme si je dois prouver quelque chose. Après tout, ça fait plus de deux ans mais tout le monde garde toujours une certaine distance. Est-ce que ce sera enfin la bonne clé ? On verra.

Allez voter

Je suis rentré hier soir juste avant minuit, d’une soirée de tarot ; pourtant, je ne peux toujours pas vous montrer ce que j’ai fait car c’est mon dessert varois. Et vous allez être bouche bée. Alors je n’avais pas d’article. Mais je viens de me rendre compte que j’ai une annonce à faire.

Ce mardi est le premier tour de notre présidentielle en Californie. (Les états prennent tous leurs tours selon leurs propres lois.) Je ne peux pas vous inviter à y voter. On est censé être citoyen pour ça, mais ne me laissez pas lancer sur ce sujet. Cependant, il y a une autre élection où vous pouvez voter autant que moi, et je doute que je doive même faire un effort pour vous convaincre.

Sur Instagram, il y a un concours francophone dit — je sais — le « Food Influencers Awards ». Il y a pas mal de soi-disant événements qui sont là pour faire connaître les organisateurs, mais celui-ci est bien réel ; voici leur événement de l’année dernière :

Alors, voilà, vous voyez que c’est bien réel. Moi, je suis loin d’être « fluenceur », comme dit la pub de SFR, car seulement une centaine de personnes ont assez de bon goût pour suivre mon compte — je taquine, mais pas sur le chiffre — mais j’habite quand même au mauvais côté de l’Atlantique. (Une pensée qui n’a pas commencé hier.)

Alors je vous encourage de voter pour quelqu’un qui est en fait dans le concours, notre amie Péla. Il n’y a rien de plus simple, même pas mon dessert dordognais. Si vous avez un compte Instagram, laissez une mention j’aime sur le post suivant :

Vous savez que j’aime sincèrement son travail (voilà, voilà, voilà, et voilàparmi d’autres). C’est l’appui le plus honnête que vous allez voir pour une élection venant des États-Unis en 2024 !