Demain, je vous présenterai mon dîner normande. Ce soir, j’ai préparé le dessert, qu’on doit faire avec un jour d’avance. Mais je voudrais vous donner des conseils avant de ce post-là :
NE SOYEZ PAS UN HÉROS.
Vraiment, il n’y a aucune raison pour un cuisinier au foyer de casser des noix au lieu de les acheter prêtes à l’emploi sur le marché. J’ai eu besoin de 40 minutes pour craquer toutes ces noix :
Puis 20 minutes pour les épeler avec un torchon comme ça — alors j’ai décidé d’arrêter :
Ça ne vaut pas la peine ! NE LE FAITES PAS ! Allez soit chez Carrefour soit chez Aldi et achetez celui-ci :
Je vous promets, Paul Bocuse et Fernand Point ne reviendront pas pour vous punir !
Aussi, je vous promets que ce sera drôle. Je sais maintenant que pendant toute ma vie, je ne savais pas utiliser un casse-noisette. Ce que je faisais, et ce que j’ai enfin fait ce soir :
Vraiment, c’est un miracle que j’aie jamais craqué des noix sans tuer quelqu’un !
Avez-vous entendu parler de la Ruée vers l’or de 1849 en Californie ? C’est l’une des épisodes les plus connues de notre histoire. Mais ce que vous ne sauriez pas peut-être, c’est que l’une des choses de ce temps-là qui existe toujours…vient de la France ! Voici Boudin, la boulangerie la plus populaire partout en Californie :
Le nom n’est pas une coïncidence ! Pendant la Ruée vers l’or, Isidore Boudin est arrivé en Californie de la Bourgogne. Il a créé un genre de pain au levain, appelé «sourdough», comme ça :
Ils ont maintenant 25 magasins partout en Californie, mais la vraie preuve du succès d’Isidore Boudin est qu’on peut trouver du pain comme ça dans chaque supermarché en Californie. C’est un exemple de notre patrimoine français !
Cette semaine, on arrivera dans le Calvados, en Normandie. Il y a beaucoup de raisons pourquoi cette région est spéciale pour moi. Avant de mon «Je découvre» habituel, je vais vous raconter les histoires de deux normands et d’un belge, trois hommes qui ont fait de moi ce que je suis. C’est leur influence qui a semé ce blog.
Quand j’étais tout petit, un garçon de six ou sept ans, j’ai reçu mes premiers souvenirs de la cuisine française grâce à deux restaurants à San Diego. L’un d’eux, appelé Piret’s, est fermé depuis 1991, mais l’autre, The French Gourmet existe toujours. Le propriétaire du French Gourmet, Michel Malecot, est venu de Normandie aux États-Unis dans les années 70s. Grâce à cet homme et à sa boulangerie, j’ai découvert ce qui reste de mon dessert préféré, le mille-feuille. (Aux É-U, c’est aussi connu sous le nom de «Napoleon».) Mais ce n’était pas seulement le mille-feuille — grâce à lui, j’ai découvert l’amour de toutes les classiques de la pâtisserie et la viennoiserie.
Le deuxième homme, Don Coulon, venait de Belgique. Son restaurant, Thé Belgian Lion (Le Lion Belge), a toujours été le préféré de toute ma famille quand j’étais ado. The Belgian Lion est fermé maintenant, et M. Coulon est malheureusement décédé, mais à mon avis, c’était l’un des deux meilleurs restaurants à San Diego à l’époque.
Malgré avoir venu de Belgique, le menu du Belgian Lion était plein de classiques de la cuisine française. Voici un article de 1991qui parle du Belgian Lion. Si j’ai appris mon dessert préféré de M. Malecot, je dois mon plat préféré à M. Coulon. C’est quelque chose de normand, mais je vais garder le secret un peu plus longtemps.
Également important, The Belgian Lion était affaire de toute sa famille — sa femme, Arlene, était la maîtresse d’hôtel, et sa fille, Michelle, était le chef de dessert. Elle a encore une pâtisserie à San Diego, et leurs petites-filles ont aussi un restaurant là-bas, appelé Thé Little Lion (Le Lion Petit).
Je ne connaissais pas le deuxième normand jusqu’à j’avais atteint 23 ans. Pascal Olhats est venu aux États-Unis en 1984. Il a travaillé brièvement chez Piret’s, mais je ne lui ai pas connu à l’époque. En arrivant à Irvine, j’ai découvert Tradition by Pascal et sa voisine à côté, Pascal Épicerie. De M. Olhats, j’ai appris surtout mon amour des macarons, mais aussi de la tradition. Après la fermeture de ses restos originaux en 2013, je n’avais plus rien de la cuisine française pendant des années. C’est grâce à lui que je cherche toujours les plats typiques. M. Olhats a encore un resto ici, Café Jardin, mais c’est quelque chose de différent qu’avant. (Surtout, il n’y a plus l’épicerie de mes rêves.)
Je rendrai hommage à tous les trois ici, mais à leurs propres moments. Chacun mérite cet honneur.
Je suis en train de mes études B2, et j’ai trouvé ces instructions sur le passé simple :
Ça dit en part : «Le passé simple est l’équivalent direct du passé simple en anglais (I did), mais on le trouve presque entièrement dans la littérature et des autres écritures en Français. Dans le français parlé, le passé simple a été remplacé par le passé composé.»
Hmm. J’ai mes doutes. Pourquoi ? À cause d’avoir trouvé beaucoup d’exemples dans la musique française ! J’avoue, je ne les ai pas reconnus à l’époque, mais voici quelques exemples que je comprends mieux maintenant :
«Quelque chose de Tennessee», par Johnny Hallyday, sorti en 1985 :
On peut voir «Sans un seul amour, sans un seul ami, ainsi disparut Tennessee».
Et aussi dans «Les Histoires d’A», par Les Rita Mitsouko, sorti en 1986 :
Deux fois, en fait, peut-être trois : «Evelyne tout sa vie attendit, que le monsieur en gris lui sourit» et «Gilbert partit en voyage». J’avoue que je ne suis pas sûr si «sourit» est dans le présent indicatif ou le passé simple. C’est le même mot dans tous les deux conjugaisons. Et je sais que c’est souvent les cas en français, quand on écrit des histoires du passé, on utilise le présent. On voit souvent une mélange des deux :
En ce qui concerne la période du règne de son père, on sait que Charlemagne a pris part à un certain nombre d’événements. Il est à la tête de la délégation qui accueille le pape Étienne II en Champagne en 754 (à 12 ou 6 ans) et il est peu après sacré par le pape, en même temps que son frère Carloman 1er
Et le style n’a pas changé. Voici un dernier exemple, «Station 13», par Indochine, sorti en 2017 :
«Je descendis toutes les rivières».
Franchement, je ne comprends pas pourquoi la leçon dit ça quand c’est si facile pour un élève de trouver des contre-exemples. Il y a beaucoup de nouvelles conjugaisons dans le niveau B2 — le futur antérieur, le passé antérieur, le conditionnel passé, le subjonctif passé. Je suppose qu’ils ne veulent pas que les élèves perdent tout espoir ! Mais ce n’est pas la réalité de vivre avec la grammaire française — on trouvera toutes les conjugaisons et il faut qu’on les comprenne.
Aujourd’hui est le jour de Saint-Valentin, et j’avais fait quelque chose de spécial pour vous montrer. Hélas, j’ai eu un accident dans la cuisine en train de montage, alors je le referai le matin. Au lieu de ça pour l’instant, voici des idées des grands chefs qu’on peut acheter.
Et si vous ne voulez pas faire ça vous-même, il y a encore ce gâteau :
Et chez Guy Savoy, quelque chose de vraiment fou :
Un dessert très spécial dans notre menu de la Saint-Valentin : le Diamant Pamplemousse-Thé
Disponible en livraison à domicile ou à emporter uniquement les 12, 13 et 14 février 2021, à commander dès aujourd'hui sur https://t.co/vJHetmazRp ou par téléphone au 01 53 53 42 00. pic.twitter.com/G4XjppOtdN
J’ai appris aujourd’hui que c’est vraiment difficile de faire un dessert en forme de cœur pour la première fois. Mais je promets que vous verrez quelque chose plus tard aujourd’hui ! (Peut-être ne plus en forme de cœur.)
J’habite dans une ville (Irvine) où vers 40 % des habitants sont d’origine asiatique, donc le nouvel an chinois est fêté ici. Ça m’a rendu curieux de savoir comment le Nouvel An chinois est fêté en France. Y a-t-il des changements aux coutumes à cause de vivre là-bas ? Et la réponse : ça existe, et c’est plus ou moins quelque chose de familier.
Il y a plusieurs quartiers asiatiques à Paris : le chinois, dans le 13e arrondissement ; le japonais, dans le 20e ; et le coréen, au bord du 1e et du 2e. Contrairement aux États-Unis, l’architecture n’est pas particulièrement asiatique; voici une comparaison :
Mais avant le virus, qui a annulé les événements de 2020 et 2021, il y avait des défilés si grands à Paris qu’ils font partie du patrimoine culturel du pays. On peut voir un exemple de 2019 ici :
Comme partout dans le monde chinois, les couleurs rouge et or signifient le bonheur et la chance. On s’envoie des cartes de vœux, appelées «hongbao», et c’est la même chose partout. À Paris, on peut aussi commander des plats traditionnels des grands restaurants, et ils ressemblent ceux que je connais aux États-Unis.
Ce n’est peut-être pas trop surprenant que les coutumes restent les mêmes partout. La culture chinoise est l’une des cultures les plus anciennes du monde et c’est bien établie. Je me demandais si c’était peut-être adapté comme la culture française à la Nouvelle-Orléans, mais ce n’est pas le cas.
Une amie m’a invité dans un groupe sur Facebook, appelé «relooking maison». «relooking» n’a pas du tout l’air français, non ? «-ing» est comment on fait le participe présent en anglais : «parlant» = « speaking, » «allant» = « going, » «cuisinant» = « cooking, » etc. Bref, «-ant» en français égal «-ing» en anglais. Mais il n’y a pas de mot «relooking» en anglais. Mon comédien bilingue préféré à un sketch sur ce sujet :
Je trouve que ces mots qui ne sont pas vraiment empruntés sont très intéressants. Nous avons le mot « jogging » en anglais, et ça veut dire exactement «faire du footing», mais « footing » n’existe pas du tout en anglais. Au lieu d’utiliser « jogging » pour dire «courir lentement», vous utilisez «jogging» pour dire «une sorte de pantalon», ce qu’on appelle « sweatpants » en anglais.
En linguistique, nous disons qu’une règle est «productive» si l’on peut faire de nouveaux mots selon la règle, et que d’autres personnes peuvent comprendre la signification du mot parce qu’ils parlent la langue, sans utiliser de dictionnaire. Il me semble que «ajouter -ing aux verbes anglais» est une règle productive en français, même si les résultats sont bizarres pour un anglophone.
Mais «relooking» est quelque chose de vraiment bizarre, parce que «re-» veut également dire «encore VERBE» en anglais qu’en français, et «looking» est un vrai mot en anglais — ça veut dire «voyant» — mais «relooking» n’a rien à voir avec «voir encore». Ça veut dire «refaire quelque chose pour changer son aspect». Il est un nouveau mot, il suit la règle, mais personne parmi les anglophones peut comprendre ce qu’il veut dire.
M. Taylor a un peu de tort sur un mot dans son sketch. Vous dites «pressing» pour une sorte de nettoyage de vêtements. En anglais, on l’appelle le verbe pour ça « pressing, » mais le nom est « dry-cleaning ». On dirait « He is pressing the dry-cleaning » pour dire «Il nettoie à sec le pressing». J’ai l’impression que c’est «plus français» à dire «le linge» au lieu de «le pressing», mais au moins c’est sur le bon sujet.
En tout cas, ces mots m’intéressent parce qu’ils ne sont pas exactement des amis faux, mais il y a quelque chose à la fois de familier et de bizarre quand je les trouve.
Connaissez-vous Topito ? C’est un site humoristique français que j’ai trouvé sur Facebook. Ils me rappelle notre site «Buzzfeed» — plein de listes «top 10», et aussi de plagiat. Mais je ne peux pas les quitter parce que je trouve que leurs vidéos sont souvent drôles, et ils ont parfois des articles intéressants. Celui-ci m’intéresse beaucoup — «Top 10 des marques qui font semblant d’être françaises, c’est pas beau de mentir».
Aux États-Unis, on peut dire que la langue française est prestigieuse, même parmi ceux qui ne la parlent pas. Nous avons deux chaînes de boulangeries — Au Bon Pain et Pret a Manger (oui, avec une mauvaise orthographe) — qui sont aussi françaises que l’Empereur du Japon. On peut les trouver dans l’article de Topito. Chez les asiatiques, la langue française est aussi prestigieuse. On se trouve ici deux autres chaînes de boulangeries qui viennent du Japon et de la Corée du Sud et portent des noms français.
Voici «Tous Les Jours», qui loue d’espace dans les supermarchés asiatiques, et ont leurs propres magasins de plus :
Mais honnêtement ? Celle de Tous Les Jours n’a rien à voir avec la galette saucisse. Un hot dog n’est vraiment ni asiatique ni français. Et leur pain n’est pas du tout français. C’est juste qu’un nom français a l’air élégant.
«Vie de France» n’existe plus près de chez moi, mais sur la côte Est, oui. Celle-ci est venue du Japon, et j’avoue que leurs mille-feuilles me manquent. Ils étaient pas mal ! Sérieusement :
Et vous savez peut-être que notre voisin au sud, le Mexique, a reçu ses traditions boulangères des français ? C’est vrai ! Quand la France contrôlait le Mexique en 1861, ils introduisit la pâtisserie française. C’est vrai qu’il y a des pains tous mexicains, comme les tortillas. Mais le «pan dulce» (pain sucré) ? Il vient de la viennoiserie ! Par exemple, les «orejas» ont l’air palmier, hein ?
Un ami m’a parlé d’un musée ici au milieu de nulle part avec un grand trésor français. Au bord de nos états du Washington et de l’Oregon, il y a un musée appelé Maryhill. Pour contexte, c’est comme il y a un grand musée de beaux arts en France mais en dehors de Paris — non, je plaisante ! Mais sérieusement, c’est dans une petite ville de 3,000 personnes. Maryhill a deux collections vraiment intéressantes qui viennent de France.
D’abord, il y a une collection de sculptures du sculpteur célèbre Auguste Rodin. Connaissez-vous «Le Penseur» ? Bien sûr, il y a plus de 20 copies partout dans le monde, mais ils en ont un. Il y a aussi 80 autres œuvres de Rodin, mais c’est souvent le cas avec ses sculptures en bronze qu’il y a plusieurs copies. Non, c’est l’autre chose là-bas qui est vraiment sans pareil.
Le Théâtre de la Mode est une exposition de poupées, mais des poupées uniques — elles faisaient partie d’une grand projet pour sauver la haute couture en France après la Seconde Guerre Mondiale. Connaissez-vous les noms Cartier, Hermès, Balenciaga ? Oui, tout le monde les connaît ! Après la guerre, leurs créateurs ont créé une collection de poupées et de scènes qui viennent de partout l’histoire de la France. C’était une grande exposition au Louvre, mais après la fermeture de cette exposition, les poupées sont parties pour une exposition aux États-Unis — et elles ont été perdues pendant des années.
On peut lire beaucoup dans le catalogue de l’exposition. C’est en anglais, mais je vais vous raconter juste une histoire. Pendant la guerre, les allemands complotaient voler toute l’industrie — kidnapper les œuvriers et les amener tous à Berlin. Mais le président de la Chambre Syndicale de la Couture, Lucien Lelong, les a convaincus que c’était à cause d’être à Paris et nulle part ailleurs que l’industrie réussissait. Heureusement, les allemands ont décidé qu’il connaissait l’industrie mieux qu’eux !
Finalement, voici deux vidéos. D’abord, une petite vidéo sur l’exposition :
Et l’autre, des nouvelles de l’exposition originale au Louvre !
Je vous ai fait une promesse d’expliquer ce que le livre «Le Roi en jaune» a à voir avec mon amour du pays de France. J’ai recherché, et alors qu’on peut trouver une traduction du livre en français (sorti en 2009), elle reste peu connue. La plupart de sa page de Wikipédia est vide.
D’abord, l’idée centrale du livre est qu’il y a une pièce de théâtre, «Le Roi en jaune», qui a été publiée en Europe et plus tard, aux États-Unis. La pièce raconte l’histoire d’une famille royale qui habite sur un autre planète, près de l’étoile Aldébaran. Les habitants de ce planète sont aussi des êtres humains; cette histoire n’a rien à voir avec des extra-terrestres. En tout cas, la famille perd sa royaume à un démon appelé «Le Roi en jaune». La pièce est peut-être magique, et une performance peut attirer le vrai démon. Ou elle est peut-être absurde, et ceux qui croient au Roi en jaune sont fous. Dans les histoires, ce n’est pas clair aux personnages, mais c’est clair au lecteur — la magique est réelle, et le Roi existe vraiment.
Il y a dix histoires dans ce livre. Deux se passe à New York, et la reste en France, la plupart à Paris. Je ne sais pas si l’auteur connaissait bien la géographie de Paris; je n’avais donc aucune idée si on peut trouver tous les lieux dans ce livre. Ce que je peux vous dire c’est qu’il aimait écrire de la poésie en français, souvent en forme d’épigramme. Pour moi, ces épigrammes étaient toutes mystérieuses jusqu’à cette année. Voici un exemple :
Mes histoires préférées dans ce livre sont celles qui traitent du Roi, mais il y a un autre qui est un hommage à un auteur français, Théophile Gautier. L’histoire dans «Le Roi en jaune» s’appelle «La Demoiselle d’Ys». Il s’agit d’un homme qui s’endort dans une forêt, et quand il se réveille, il y a une femme appelée Jeanne d’Ys qui le trouve. Ils passent une bonne semaine ensemble, tombent amoureux…et ensuite elle disparaît. M. Gautier a écrit une histoire similaire plus tôt, dans son roman Arria Marcella
Grâce à Internet, je peux voir qu’il est probable que ses lieux n’existent vraiment pas. Par exemple, Google Maps ne peut trouver aucune «Rue Barrée» à Paris. Mais ça ne me dérange pas. Ce qui est important c’est que ça m’a donné envie de chercher la magie en France. Et je l’ai trouvé !