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Je découvre la Marne

On continue maintenant le Tour avec le 51, la Marne. C’est le département le quarante-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment marnais. C’est notre troisième séjour dans le Grand Est. Ce post marque une étape importante — après notre dîner départemental, je publierai enfin le bilan de la première moitié (et l’histoire vraie d’où est venue l’idée). C’est chanceux que l’on est ici, car ça mérite un verre de champagne !

Et oui, vous n’allez pas oublier que l’on parle de Champagne. Dès le départ, leur site de tourisme nous dit que la Marne est « un département qui pétille ». Alors on va commencer à Épernay, chez les grandes maisons de Champagne. Notre premier arrêt est les caves de Moët et Chandon, les plus grandes de Champagne. Soyez prêts à marcher ; il y a 28 kilomètres sous terre ! Ça va coûter — 50 € l’adulte — mais on a déjà payé jusqu’à 6 fois ça au Château d’Yquem, alors c’est un bon marché. Pas loin de leur château, on trouve la statue de Dom Pérignon, mais il me semble que l’on ne peut pas visiter ses caves. Peu importe, on va continuer sur l’Avenue de Champagne pour visiter la Maison Perrier-Jouët — et pas pou l’eau gazeuse Perrier. Il y a pas mal d’autres choix, mais il faut que l’on marche un peu après tout cet alcool, alors on va prendre un tour du vignoble. Ne touchez pas les raisins !

On suit la Route Touristique de Champagne jusqu’à Reims, avec l’aide de cette carte proposée par Marne Tourisme. Reims (3 étoiles Michelin) joue un rôle très important dans l’histoire française au-delà du champagne. Depuis la baptême du roi Clovis Ier, Reims est liée au pouvoir de la couronne française, et depuis Louis VIII, la cérémonie de couronnement avait toujours lieu à la Cathédrale Notre-Dame (3 étoiles). Sainte-Jeanne-d’Arc y était pour le sacre de Charles VII. On passe de la Cathédrale au Palais du Tau (2 étoiles) pour voir le reliquaire de la Sainte-Ampoule qui contenait l’huile pour la cérémonie. Mais ne ratez pas non plus leur tapisserie sur le roi Clovis. On visite aussi la Basilique Saint-Remi (2 étoiles pour l’extérieur, 3 pour l’intérieur, et pas d’accent) du XIe siècle, renommée surtout pour son architecture inhabituelle, 126 m de long et 26 m de large. Avez-vous envie de plus de champagne ? Bon, on passe par la Maison Veuve Cliquot ou bien Maison Ruinart — mais ON TOURNE LE DOS en passant par la Maison Charles Heidsieck. J’ai choisi sa boisson maudite pour le dîner où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie.

On part maintenant pour Châlons-en-Champagne (2 étoiles), la préfecture du département. Ici, on visite la Cathédrale Saint-Étienne (2 étoiles), qui date largement du XIIIe siècle, remarquable pour ses vitraux de la Renaissance. On visite aussi la Collégiale Notre-Dame-en-Vaux (1 étoile) pour son carillon impressionnant et ses vitraux aussi. Vous avez toujours soif ? On passe par la Maison Joseph Perrier, la seule à Châlons. On finit au sud-est, dans le village avec le plus long nom de France, Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Ici, on visite le Musée champenois sur la Vigne et le Vin de Champagne. Mais on est également là pour prendre des égoportraits avec leur panneau. Pour ceux qui ont envie de retourner à Épernay pour plus de champagne, soyez les bienvenus, mais vous allez finir par visiter aussi le Mémorial des Batailles de la Marne 1914-1918, car la Marne est fortement liée à la Première Guerre mondiale.

Qui sont les personnages les plus connus de la Marne ? Sans doute, il faut mettre en vedette la star des vidéos de rap partout dans le monde (États-Unis, Allemagne et France — mais il vaut mieux de ne rien regarder), le moine Dom Pérignon, connu pour la boisson gaspillée dans ces vidéos. Le verrier René Lalique, connu mondialement pour ses sculptures, est né à Aÿ. Le dessinateur Cabu, martyrisé pour la liberté d’expression, est venu de Châlons-en-Champagne. (Et en fait, je le connais depuis les années 90s.) Il y a un nombre choquant de gens qui partagent les noms de célèbres champagnes, dont : Barbe-Nicole Cliquot-Ponsardin, dite la Veuve Cliquot, Pol Roger, la Famille Taittinger, Joseph Perrier, et Nicolas Ruinart. Les sociétés devraient les poursuivre ! Jean-Baptiste Colbert, célèbre ministre sous Louis XIV, est né à Reims. Pierre Bayen, découvreur de l’oxygène, est venu de Châlons. Le grand mathématicien Abraham de Moivre est né à Vitry-le-François, mais a passé la grande majorité de sa vie en Angleterre. La Marne est aussi la maison du Français le plus important à l’histoire américaine — encore plus que le Marquis de Lafayette ! — mais il recevra son propre article.

Quoi manger en Marne ? D’habitude on finit avec les boissons, mais le champagne est infusé dans tout et n’importe quoi. Il y a une belle cinquantaine de producteurs de champagne en Marne, et ils produisent aussi des boissons liées au champagne, le marc et le ratafia et avec l’excès, le vinaigre de Reims. (Ouais, aux États-Unis, certains boivent du vinaigre, censé pour la santé.) Ceux qui sont perplexes et pensent que c’est l’Écosse ici peuvent visiter la Distillerie Guillon pour du whisky. On a déjà fait des truffes et du sabayon au champagne, mais on y trouve aussi des bouchons en chocolat remplis de champagne, le brochet au champagne, même les escargots à la sauce champagne et le jambon de Reims, assaisonné avec vous-savez-quoi. Envie de ne pas manger quelque chose au champagne ? Goûtez les lentillons ou les pieds de porc de Sainte-Ménehould. En dessert, il y a les célèbres biscuits roses de Reims, et pour les trop très gourmands, on peut les rendre en poudre et l’utiliser pour faire le gâteau de Reims.

Je découvre la Manche

On continue maintenant le Tour avec le 50, la Manche. C’est le département le cinquante-troisième plus peuplé, et les habitants se nomment manchois ou manchots (lien pour que vous arrêtiez de me regarder comme ça). C’est notre troisième séjour en Normandie. Je me sens comme le compteur kilométrique de ma voiture vient d’atteindre un gros numéro. Je vous rappelle que notre bilan de la moitié sera après le 51, en raison du fait qu’il y 101 départements.

La Manche prend son nom de la mer entre la France et l’Angleterre, mais n’a rien à voir avec la région espagnole d’où vient Don Quichotte. En anglais, on l’appelle « English Channel » ou Canal anglais (à ne pas confondre avec la BBC). Il me surprend un peu que le nom en français n’est pas plutôt quelque chose comme « la mer française ». Mais c’est votre affaire.

Il n’y a vraiment pas de question où commencer — dans la Manche, bien sûr ! En particulier, sur l’îlôt de Mont-Saint-Michel (3 étoiles Michelin). Cette commune — l’une des plus petites de la France, avec seulement 29 habitants — est renommée pour son abbaye (3 étoiles), surtout la partie appelée la Merveille (3 étoiles), un bâtiment du style gothique du XIIIe siècle. Il faut aussi visiter l’église abbatiale (2 étoiles) et la cloître (3 étoiles). On peut passer la nuit dans un hôtel sur l’îlot, mais attention aux prix.

Puis on part pour la presqu’île de Cotentin. Après être passés par Marcey-les-Grèves pour faire la grève, on arrive à Coutances (2 étoiles). On est là principalement pour la Cathédrale Notre-Dame-de-Coutances (3 étoiles), un chef-d’œuvre du style gothique avec d’incroyables vitraux, mais aussi le Jardin des Plamtes (1 étoile). Quelques minutes au nord, on se retrouve à Lessay (2 étoiles) pour l’Abbatiale Sainte-Trinité (2 étoiles), originalement du XIe siècle et reconstruite après 1944. Si on est là entre juillet et août — c’est-à-dire à l’heure actuelle — on peut assister au festival annuel des Heures Musicales. On continue au nord vers le Nez de Jobourg (2 étoiles), de hautes falaises d’où on peut voir les îles de Jersey et de Guernsey. Les aficionados des falaises peuvent aussi visiter le Cap de la Hague (2 étoiles).

D’ici, on suit la côte jusqu’à Cherbourg (1 étoile)., une ville anciennement connue comme « la porte des Amériques », avec la plus grande rade artificielle du monde. La Cité de la Mer (2 étoiles) est un musée consacré à tous genres de sujets nautiques, dont les sous-marins, le Titanic, et les animaux. Il faut absolument qu’on visite Barfleur (1 étoile et un des Plus Beaux Villages de France) et Saint-Vaast-la-Hougue, des lieux de tournage du Mur de l’Atlantique, le dernier film de notre cher Bourvil. Le Jour le plus long a été tourné à Sainte-Mère-Église, et j’ai acheté le disque — car Bourvil y apparaît — mais je ne l’ai pas encore regardé car c’est aussi l’un des films les plus longs.

On finira dans la préfecture, Saint-Lô, mais juste à l’extérieur, il faut qu’on arrête au village le plus positif de France. Moi, j’aimerais bien avoir une photo sous ce panneau-là !

Saint-Lô existe depuis le Moyen-Âge, mais presque aucun bâtiment n’existe sauf depuis après la Seconde Guerre mondiale. Si je vous dis que cette ville a reçu la Légion d’Honneur en 1948, ça vous explique pourquoi ? Il n’y a rien de notre patrimoine habituel, mais je considère cette étape un devoir, un pèlerinage. Voici la liste des lieux de mémoire — on visite le Mémorial de Graignes et la Stèle de Saint-Clair-sur-L’Elle. Il y a un blasphème dans la ville, et si on y arrête pour se soulager, je ne vois rien. Pour une fin heureuse, on visite le Musée d’Art et d’Histoire pour leur Rotonde de Tapisseries.

Je vais m’interrompre pour partager une petite histoire. Mon souvenir le plus précieux de la France est une photo avec mon amie rouennaise, prise à la fin de cette journée-là. Je ne la partage pas ici car je garde les vies privées de mes amis, mais dans la photo, nous sommes devant les ruines de l’église où ses grands-parents se sont mariés. Le Mémorial de Graignes me rappelle fortement cette photo. S’il vous semble que je suis un peu plus caustique vers certains que d’habitude, sachez que je pleurais en faisant les recherches pour ce post.

Qui sont les personnages les plus connus de la Manche ? En premier, je dois mettre l’une des vraies stars du blog, Laure Saunier, dite Mme Leprieur d’Agon-Coutainville, de qui j’ai parlé dans mon post « Le cas curieux de Mme Leprieur ». Elle avait le record pour les plus de questions sur Les Grosses Têtes pendant les années Bouvard. L’acteur légendaire Jean Marais, qui me dérange le plus parmi mes acteurs préférés, est né à Cherbourg ; aussi l’escroc Roland Barthes. Le couturier Christian Dior est né à Granville, et le violoniste de jazz Jean-Luc Ponty à Avranches. L’écrivain Jules Barbey d’Aurevilly de Saint-Sauveur-le-Vicomte, était une grande influence sur la littérature surnaturelle et fantastique du XIXe siècle ; on peut tracer des liens de lui à Guy-Roger Duvert en passant par Joris-Karl Huysmans et H.P. Lovecraft.

Quoi manger en Manche ? Je pleure d’être revenu en Normandie pour manger — c’est mon héritage. La Manche est une mine d’or de recettes locales, et le conseil départemental a gentiment fourni des dizaines sur leur site. Vous serez bien surpris d’apprendre que les pommes sont en vedette ici. En plats principaux, il y a les Saint-Jacques aux pommes, les huîtres pochées au cidre, les escalopes à la normande — c’est-à-dire au cidre et au Calvados, comme le poulet à la normande — la gigue de chevreuil aux pommes et cassis, et la célèbre omelette de la Mère Poulard. Attention à l’omelette ; c’est apparemment très cher, et plusieurs connaissances le confirment. En dessert, il y a la tarte aux pommes, les crèmes à la confiture de lait, la fallue, une brioche plutôt similaire à la gâche, et la gelée au cidre. Les nombreuses produits locaux comprennent le beurre d’Isigny AOC, le cidre Cotentin, les Bulots de la Baie de Granville IGP, et le saumon de France (la seule ferme est à Cherbourg). Pour boire, il y a le cidre Cotentin AOC et le Meuh Cola, un soda local qui vous promet que c’est « vachement rafraîchissant ».

Je découvre le Maine-et-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 49, le Maine-et-Loire. C’est le département le vingt-huitième plus peuplé et les habitants se nomment angevins. C’est notre deuxième séjour dans le Pays de la Loire.

Tout ce que l’on doit savoir sur ce département commence avec son gentilé, angevin. « Maine-et-Loire » n’est qu’un nom arbitraire choisi pendant la Révolution — on est dans l’ancien empire d’Anjou, la gloire des Plantagenêt ! Bien que ce soit Guillaume le Conquérant qui a établi le lien entre nos pays et nos langues, c’est les Plantagenêt, à partir d’Henri II jusqu’à Richard II qui l’ont régularisé. Ce ne serait qu’après 2 siècles de rois Plantagenêt que l’Angleterre aurait son premier roi, depuis Guillaume, qui parlait anglais au lieu de français, Henri IV.

On va donc commencer notre séjour à Angers (2 étoiles Michelin). Il faut absolument visiter le Château d’Angers (3 étoiles), construit originalement par Saint-Louis sur l’ancien site de la maison des Plantagenêt. Le site était toujours important pour la défense de la ville, mais le château actuel vaut le visite pour son enceinte et ses tours impressionnantes, ses jardins, et les nombreux logis et chapelles à l’intérieur. Peut-être que son plus grands trésor est la Tapisserie de l’Apocalypse (3 étoiles). En ville, on visite le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles) pour ses collections d’objets inhabituels, dont des « ivoires, émaux, céramiques, [et] bronzes ». On finit dans le Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine (2 étoiles), pour la spectaculaire collection de tapisseries Chant du Monde.

D’Angers, on conduit vers l’ouest pour visiter le Château de Serrant (3 étoiles). Ce château de Renaissance appartenait à une famille irlandaise pendant la Révolution, alors il a échappé au pire. De nos jours, on le visite pour sa bibliothèque à 12 000 livres, sa collection de meubles des derniers trois siècles, et sa cuisine énorme. On tourne vers le sud pour passer par deux villages classés « Petites Cités de Caractère », Savennières et Béhuard. Le vignoble de Savennières existe depuis le Ier siècle après J-C et produit trois vins AOP. Béhuard est un tout petit village d’une centaine de personnes dans une île au milieu de la Loire — suivez ce chemin pour apercevoir la confluence avec la Maine. Après avoir traversé la Loire, on conduit vers l’est pour visiter le Château de Brissac (2 étoiles), appartenant à la même famille depuis 1502. Le plus haut château en France, avec sept étages, est distingué par quelques caractéristiques inhabituels, dont une salle d’opéra de 200 places.

On conduit vers l’est à Saumur (2 étoiles), où on commence avec le château (2 étoiles), et ses musées municipal et du cheval. On y visite aussi l’Église Notre-Dame-de-Nantilly (1 étoile), de style romain, et la plus vieille de Saumur. Juste au sud-est de Saumur, on y trouve l’Abbaye Royale de Fontevraud (3 étoiles). Je me suis trompé en la décrivant en Indre-et-Loire, car j’avais trop hâte de partager des vidéos de Véro pour vérifier le code postal. Oups. Voilà, je la repartage en bas, mais puisqu’on a déjà parlé des Plantagenêt, on va visiter leur nécropole et finir à l’église abbatiale (2 étoiles) pour prier qu’un jour je fasse moins d’erreurs géographiques.

Qui sont les personnages les plus connus du Maine-et-Loire ? Il faut d’abord commencer avec les Plantagenêt, ducs d’Anjou et rois en Angleterre. On y trouve les frères Adolphe et Édouard-Jean Cointreau, créateurs de la liqueur Cointreau. Une créatrice, Gabrielle Chasnel, dite Coco Chanel, est née à Saumur. La vedette des Grosses Têtes et ministre occasionnelle Roselyne Bachelot y était députée pendant 14 ans. L’actrice Jeanne Moreau y a fondé une école de cinéma, Les Ateliers d’Angers.

Quoi manger dans le Maine-et-Loire ? Vous souvenez-vous de notre fouace de l’Indre-et-Loire ? Ici, c’est la fouée, ou fouace angevine. En plats principaux, il y a aussi la gouline, une tourte remplie de rillauds d’Anjou, et le cul de veau à l’angevine, un quasi de veau cuit avec du vin blanc et des légumes. En dessert, on trouve les bottereaux, une sorte de beignet, le crêmet d’Anjou, une crème Chantilly avec du coulis de fruits rouges, et les quernons d’ardoise, une confiserie à la nougatine et au chocolat bleu, ce dernier pour rappeler les toits d’Angers. Pour boire, il y a une belle douzaine d’appellations de vin, dont l’Anjou AOC, le saumur-champigny AOC, et le Coteaux-du-Layon AOC.

Je découvre la Lozère

On continue maintenant le Tour avec le 48, la Lozère. C’est le département le moins peuplé de toute la France, et les habitants se nomment lozériens. C’est notre neuvième séjour en Occitanie.

On commence en dehors de la préfecture, Mende, où on va visiter le lieu de tournage le plus important dans l’histoire des films français, l’aérodrome de Mende-Brenoux, où a été tournée la dernière scène de La Grande Vadrouille, avec des planeurs — c’est le Lourdes de ce blog ! J’ai du mal à trouver une photo gratuite de la bonne hélice, hélas. C’est là qu’est l’os. (Non, je ne m’excuse pas du tout pour ça.) Aux alentours de Mende, on visite aussi le village de Châteauneuf-de-Randon, site de la dernière bataille de l’un des plus grands guerriers de France, Bertrand du Guesclin, à qui il y a un musée consacré à sa vie. Un peu à l’est de Mende, on visite quelque chose de très inhabituel, le Parc des Loups du Gévaudan, le plus grand zoo-parc de son genre en Europe. À Mende, on visité la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat, fondée par le Pape Urbain V, né en Lozère en 1310.

Au sud de Mende, on trouve l’un des plus grands trésors de France, les Gorges du Tarn (3 étoiles Michelin). Ici, il y a de nombreux sites qui gagnent 3 étoiles pour chacun ! La meilleure vue des Gorges se trouve au Point Sublime (3 étoiles). L’autre idée géniale pour voir les Gorges est de commencer aux Détroits (2 étoiles) et conduire au Cirque des Baumes (3 étoiles). Dans le souterrain, ne ratez pas la Grotte de l’Aven Armand (3 étoiles), avec sa forêt de 400 stalagmites, unique au monde. Conduisez aussi sur le Viaduc de Millau (3 étoiles), le plus haut au monde — et lisez les chiffres étonnants !

Puisqu’on est déjà en Lozère, je vais vous recommander deux sites de plus. D’abord, le Château de la Baume, le « Petit Versailles du Gévaudan ». En 1708, le château a été renouvelé pour le faire ressembler plus à celui de Versailles. Moi, je trouve l’extérieur moins impressionnant, mais les intérieurs sont absolument incroyables. L’autre est le Parc Naturel régional des Grands Causses, qui fait partie du patrimoine mondial d’UNESCO. Au-dedans, on trouvera de nombreux petits villages avec des entreprises labellisées « Patrimoine Vivant », des mégalithes comme en Ille-et-Vilaine, et une partie de la Route des Moulins, qui s’étend de l’Espagne jusqu’aux Midi-Pyrenees en passant par l’ancien Languedoc-Roussillon.

Qui sont les personnages les plus connus de la Lozère ? Il faut d’abord commencer avec Bertrand du Guesclin. Puis il y a le seul Pape à Avignon qui est béatifié, Urbain V, né au Pont-de-Montvert. Après ces deux, il y a le chimiste Jean-Antoine Chaptal, connu pour le chaptalisation du vin, ajouter du sucre après la fermentation alcoolique pour augmenter le degré d’alcool. La famille d’hommes politiques Giscard d’Estaing vient de Marvejols, mais pas l’un le plus connu. La famille Dupont de Ligonnès vient de Gévaudan, et oui, le meurtrier en fait partie, mais il n’a jamais y vécu.

Que manger en Lozère ? Eh bien, si vous êtes à Paris, vous avez l’opportunité de visiter la Maison de la Lozère, une boutique et resto qui appartient au département pour vous faire découvrir leurs produits locaux et sites touristiques. Parmi ces produits locaux, on trouve les châtaignes des Cévennes, les truffes noires du Périgord, et de nombreuses sortes de miel. En plats principaux, on y trouve notamment la pouteille, un ragoût de pieds de porc et de bœuf, et le manoul, des tripes d’agneau farcies avec des légumes. Il y a une confrérie dédiée à ces deux plats. En dessert, il y a la coupétade, du pain perdu aux pruneaux, et le croquant de Mende, un gâteau sec aux amandes et aux noisettes.

Je découvre le Lot-et-Garonne

On continue maintenant le Tour avec le 47, le Lot-et-Garonne. C’est le département le trente-et-unième moins peuplé, et les habitants se nomment lot-et-garonnais. C’est notre huitième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

Le Lot-et-Garonne est divisé en 5 plus petites régions. Comme le Loir-et-Cher, avec des divisions similaires, je vais les couvrir du nord au sud, de l’ouest à l’est, sans m’inquiéter sur le trajet le plus court.

On commence donc dans le Val de Garonne-Guyenne-Gascogne. Là-bas, on trouve le village de Duras, d’où vient la famille de l’écrivaine Marguerite Duras, qui à son tour a inspiré Indochine, surtout « Trois nuits par semaine » grâce à son roman « L’amant ». On visitera le château de Duras, où on peut assister à des spectacles de chevalerie et de fauconnerie ainsi que visiter leur musée. Il y a un lien entre la famille des ducs de Duras et les Grimaldi de Monaco. La maison de Marguerite Duras à Pardaillan, à côté de Duras lui-même, a été brûlée et n’existe plus, mais il y a un musée consacré à elle à Duras. Notre autre arrêt dans le Val est le village de Meilhan-sur-Garonne pour sa vue panoramique de la Garonne et le canal des deux mers.

On passe maintenant au Cœur des Bastides. Vous souvenez-vous de notre visite aux Landes ? Moi non plus. Mais les bastides sont un élément historique des deux départements — des villes fortifiées, construites autour d’une place centrale. Notre premier arrêt est une bastide classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », Monflanquin. On y trouve l’Église Saint-Andre, fondée en 1290 et qui fait partie de l’enceinte du village. Il y a aussi la maison du Prince Noir, ancienne maison d’Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir de Galles. La maison de son cousin, Guillaume de Snoopy, dit le Chien Blanc, est perdu à l’histoire. Désolé, ce dernier est une blague pourrie sur les Peanuts, à cause du nom Woodstock. Dans cette région, on pourrait aussi visiter la bastide de Villeréal, aussi classée parmi les Plus Beaux Villages de France, mais devenu plus moderne.

Puis on visitera la Vallée du Lot. Ici, on trouve le Château de Bonaguil, un château fort construit au cours de plusieurs siècles et considéré comme site majeur d’Aquitaine. Les fans de Game of Thrones le reconnaîtra comme le château de Hautjardin. Mais je ne connais plus personne qui avouera rester fan de cette série après sa finale désastreuse. Au fait, aux États-Unis, il y a 560 filles appelées Khaleesi et 163 Danaerys — mais seulement 17 Khaleesi en France car vous êtes en général moins con. De toute façon, on visite aussi un autre des Plus Beaux Villages de France, Pujols, pour sa vue sur la vallée du Lot, ses églises du XVIe siècle, et la Maison du Jouet Rustique, un musée de jouets pujolais.

Dans l’Albret, on trouve la tradition la plus bizarre de tout ce blog, le Festival des Menteurs à Moncrabeau. Oh, je connais… laissez tomber. Je ne pourrais jamais faire ça à la France. À Nérac, on trouve le Moulin des Tours de Barbaste, qui appartenait à un certain « Henri le meunier », dit plus tard Henri IV. On visite aussi Mézin pour son église Saint-Jean Baptiste et l’opportunité de visiter des producteurs d’Armagnac locaux.

Finalement, l’Agenais abrite Agen, la préfecture du département. Il y a l’un des Plus Beaux Villages de France, Tournon-d’Agenais, mais dans Agen elle-même, on trouve la cathédrale Saint-Caprais avec de nombreuses fresques de l’histoire agenaise, et qui fait partie des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Il y a aussi un Musée des Beaux-Arts à Agen, avec de nombreuses peintures et sculptures françaises.

Qui sont les personnages les plus connus du Lot-et-Garonne ? Le plus célèbre est sans doute Marguerite Duras. Après elle, probablement la cantatrice Françoise Garner, soprano qui a enregistré tout Norma (un œuvre très difficile). De nos jours, certainement le chanteur agenais Francis Cabrel et le chanteur néracais Michel Polnareff. Je me demande, c’est quoi dans l’eau là-bas qui fait autant de chanteurs ?

Quoi manger dans le Lot-et-Garonne ? Il y a l’ancien fruit du futur, le pruneau d’Agen. (Ne me regardez pas comme ça, c’est leur slogan.) Il y a aussi le jambon de Tonneins et le cabécou, un fromage de chèvre. En plats principaux, on trouve le lapin aux pruneaux et le salmis de palombes, un ragoût plutôt compliquée fait avec des palombes, un genre de pigeon. En dessert, il y a la pescajoune, une crêpe épaisse, et le pastis landais, une brioche (le nom est gascon ; rien à voir avec le Ricard). Pour boire, il y a les vins AOC de Buzet, et l’Armagnac et le floc de Gascogne.

Je découvre le Lot

On continue maintenant le Tour avec le 46, le Lot. C’est le département le neuvième moins peuplé, et les habitants se nomment lotois. C’est notre huitième séjour en Occitanie.

Dès que j’ai visité leur site de tourisme pour la première fois, j’ai découvert que quelqu’un a un sens de l’humour très anglophone là-bas. Comment ? Vous voyez, les sites détectent habituellement où je suis et me présentent leurs versions anglaises. Ça ne me dérange pas car c’est logique (faut utiliser un VPN !). Et leur slogan en anglais est « The Lot, The Spot. » Ça rime, mais SEULEMENT si on le prononce de la manière anglophone. C’est un anglais plutôt courant, en fait, et vu qu’il est loin de la Manche et les côtes, je suis bien surpris qu’ils font l’effort ! Mais vous savez déjà que j’ai tout de suite trouvé le bouton pour le changer en version française.

On commence avec le site le plus inhabituel du Tour entier, Rocamadour — un village de moins de 700 habitants qui a 3 étoiles Michelin ! Avez-vous vu Sueurs Froides, dit originalement Le vertige ? Aimeriez-vous l’expérimenter ? Bienvenue à la maison ! Fondée comme cité de pèlerinage en hommage à Saint-Amadour, vous allez monter un escalier de 233 marches pour visiter les 8 églises du village. Visitez surtout la Chapelle Notre-Dame, avec sa Vierge Noire en bois du XIIe siècle. Rocamadour est aussi réputé d’être la maison de Durandal, l’épée légendaire de la Chanson de Roland, mais je ne fais aucune garantie que l’épée dans le rocher est la bonne. Au cas où ce serait faux, il y a aussi un parc à thèmes à propos de Durandal très proche à Rocamadour.

On part à Padirac, à quelques kilomètres au nord-est, pour visiter le Gouffre de Padirac (2 étoiles), où on descend 100 mètres sous terre pour naviguer dans une rivière souterraine jusqu’à un lac caché. Très proche au gouffre, on trouve le Château de Castelnau-Bretenoux (2 étoiles), originalement un château-fort du XVe siècle devenu site d’une grande collection de meubles et d’art au XIXe siècle. On est très proche de Biars-sur-Cère, d’où vient les confitures Bonne Maman, mais je n’arrive pas à trouver comment on peut visiter l’usine. Un Ministre de l’Économie, un certain Emmanuel Macron, y a visité en 2016. On tourne au sud, vers Figeac, en passant par Cardaillac, l’un des Plus Beaux Villages de France, où 3 tours offrent des magnifiques vues sur tout ce village du Moyen-Âge. À Figeac (2 étoiles), on visite le Musée Champollion (1 étoile), consacré à Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, et installé dans sa maison natale.

De Figeac, on conduit vers l’ouest pour visiter la Grotte du Pech-Merle (3 étoiles). Il y a de nombreux trésors géologiques, dont les colonnes de la Galerie de l’Ours (qui ont 50 millions d’années) et des peintures primitives qui ont 25 000 ans. On finit en faisant plusieurs arrêts à Cahors (2 étoiles). D’abord, on visite le Pont Valentré (2 étoiles), avec 6 arches et une grande tour centrale. Selon la légende, l’architecte a fait un pacte avec le diable pour le construire. Mais mon père, un avocat spécialisé en immobilier, vous dirait que ce n’est pas une légende, c’est juste comment marche tous les grands travaux. Du pont, on suit le chemin des Jardins Secrets de Cahors (3 étoiles), 25 jardins dont celui de la Cathédrale Saint-Étienne (1 étoile), qui racontent l’histoire de la ville. Si possible, visitez le marché aux portes de la cathédrale. On finit par visiter le Parc naturel régional des Causses du Quercy, reconnu comme Géoparc mondial UNESCO et la zone de plus faible pollution lumineuse de France, donc excellente pour voir les étoiles.

Qui sont les personnages les plus connus du Lot ? En vedette, il faut qu’on mette Jean-François Champollion pour ses découvertes avec les hiéroglyphes. Le poète Clément Marot, célèbre sujet d’un livre intitulé en version anglaise « Le ton beau de Marot » par Douglas Hofstader (et oui, je l’ai lu il y a 25 ans). Le livre traite de son poème « À une Damoyselle malade ». L’écrivain André Malraux était maquisard à Gramat, et aussi le philosophe Alexandre Kojève, que j’étudiais à l’université car je m’intéressais aux pensées du philosophe Hegel. L’écrivaine Françoise Sagan y est née. Louis Vicat, inventeur renommé pour le ciment artificiel, a construit le tout premier pont en ce ciment à Souillac. Nino Ferrer, un musicien de jazz qui jouait aux États-Unis pendant les années 60s, y vivait.

Que manger dans le Lot ? C’est un département riche en produits locaux, dont le fromage de Rocamadour AOP, le melon du Quercy, la noix du Périgord AOP, et l’agneau fermier du Quercy (IGP et Label Rouge). Pour boire, il y a des vins de très régions : les vins de Cahors AOC, du cépage Malbec ; les vins des Coteaux du Quercy AOC, du cépage Cabernet Franc ; et les vins des Côtes du Lot IGP, des divers cépages. La cuisine lotoise est typiquement occitane. En plats principaux, on trouve l’estofinado et le mourtayrol, un genre de pot-au-feu. En dessert, il y a la cajasse quercynoise, une sorte de clafoutis, et la pescajoune, une crêpe épaisse aux pommes.

Je découvre le Loiret

On continue maintenant le Tour avec le 45, le Loiret. C’est le département le trente-cinquième plus peuplé, et les habitants se nomment loirétains. C’est notre sixième — et dernier — séjour dans le Centre-Val de Loire. Ça me rend bien triste ; j’ai profité de tous ces départements.

Mais pour la première fois, c’est faux de dire que je suis en train de découvrir un département, parce que j’ai en fait déjà visité Orléans l’année dernière. Sinon, pas de chance que je change mon modèle maintenant. Punaise, d’où viennent toutes ces larmes ? On a coupé un oignon sur mon portable ou quoi ?

Alors, on va recommencer à Orléans (1 étoile Michelin, qu’ils aient tort), parce que je doute que je puisse jamais m’y ennuyer. Je dois presque tout ce qui suit à mon ami P., qui m’a guidé dans la ville. Il faudra visiter d’abord la Cathédrale Sainte-Croix (2 étoiles), où les vitraux racontent l’histoire de Jeanne d’Arc, qui a libéré la ville. (Voilà mon histoire avec Jeanne en tant qu’enfant.) Il faut aussi visiter le Musée des Beaux-Arts (2 étoiles), avec une collection de plus de 2 000 peintures, dont des œuvres de Gustave Courbet et Paul Gauguin. Je recommande fortement l’Hôtel Groslot, l’ancienne mairie d’Orléans, dont j’ai beaucoup parlé l’année dernière — ne ratez pas la statue de Jeanne d’Arc à l’extérieur, fait par la princesse Marie d’Orléans. Ne ratez pas aussi la Place du Martroi, le centre de la vie orléanaise.

D’habitude, je ne vous conseille pas de visiter des restos parce que je ne peux pas les visiter, et c’est vraiment une question de goûts. Mais je recommande sans hésitation que vous déjeunez chez La Dariole, le site de l’un de mes repas préférés pendant la meilleure semaine de ma vie. Encore une fois, les oignons se foutent de mes yeux.

On va quitter Orléans maintenant, mais en sortant, on visitera le Parc Floral de la Source (2 étoiles), nommé pour la source de la rivière Loiret. Visitez ses nombreux jardins et sa serre aux papillons, en plus de la source. Arrêtez-vous pour une baguette chez La Flûte du Palais. Puis on continue vers l’ouest pour visiter le Château de Meung-sur-Loire, ancienne résidence des évêques d’Orléans et site du Festival de la Sieste. C’est intéressant pour ses deux façades, une du Moyen-Âge et une de la Renaissance.

À l’est d’Orléans, on visite le Château de Sully-sur-Loire (1 étoile). Ce château construit originalement au XVe siècle abrite une intéressante chambre du roi, construite pour Henri IV, mais jamais utilisé par lui. On continue au nord jusqu’à l’un des Plus Beaux Villages de France, Yèvre-le-Châtel. Ici, il y a les ruines d’une forteresse du XIIIe siècle, et l’Église Saint-Gault, de la même époque, mais avec un vitrail Art-Deco ! On finit à Montargis, la « Venise du Gâtinais », un village si beau que je me souviens que c’était la première chose enregistrée dans mon fichier ! On est là pour une promenade le long du quartier de la pêcherie, dans la photo en bas.

Qui sont les personnages les plus connus du Loiret ? Il faut certainement mettre Jeanne d’Arc en vedette. Le peintre Paul Gauguin y étudiait pendant 7 ans ; le théologien Jean Calvin et l’actrice Marion Cotillard aussi. L’écrivain et héros de guerre Charles Péguy y est né, ainsi que le mathématicien Siméon Poisson et le mathématicien et menteur Pierre de Fermat (il n’y a aucun risque qu’il a découvert la démonstration de son théorème). Peut-être la connexion la plus bizarre de notre tour, Deng Xiaoping, l’ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, vivait et travaillait dans une usine à Châlette-sur-Loing pendant une année. Ne doutez jamais que je fais des efforts pour vous montrer la France insolite.

Quoi manger dans le Loiret ? En produits locaux, on y trouve l’andouille de Jargeau — à ne pas confondre avec l’andouillette de Jargeau — ne me regardez pas comme ça, c’est en haut de l’article de Wikipédia ! — une saucisse pleine de tripes, le fromage Olivet (souvent couvert avec du foin ou cendré), le vinaigre d’Orléans, et mon préféré, les praslines de Montargis — voilà la boîte que j’ai reçu de mon ami P. (et le tapis qui vous garantit que cette photo est bien la mienne ) :

En plats principaux, on y trouve la carpe à la Chambord, un plat compliqué cuit avec des truffes, du foie gras, et des écrevisses, et le rata beauceron, un ragoût de pommes de terre, de tomates, de poitrine de porc et d’oignons. En dessert, on trouve aussi le pithiviers, un gâteau très similaire à la galette des rois, et le beugnon, la version régionale des beignets.

Je découvre la Loire-Atlantique

On continue maintenant le Tour avec le 44, la Loire-Atlantique. C’est le département le douzième plus peuplé, et les habitants se nomment les rien-d’officielliens. Non, mais sérieusement, c’est le seul département sans un gentilé officiel, car après cet article a été publié, les habitants de l’Ain ont choisi « andinois ». Félicitations aux gars, ils auront gâché mon modèle pour nommer mes posts pour les dîners départementaux. Je les taquine car je les aime, bien sûr. Continuons.

Je pourrais dire que c’est notre premier séjour dans le Pays de la Loire. C’est ça selon le gouvernement. Mais on est d’accord que Nantes est la préfecture, non ? Voilà ce qui dit le Guide Vert, version anglaise : « Nantes est la plus grande ville en Bretagne ».

Je ne suis pas ici pour faire la polémique, mais j’ai déjà parlé de ce sujet avec un ami qui adore la Bretagne. On dirait qu’il est bien d’accord avec le Guide Vert. Avec enthousiasme. Il y a certainement des nantais qui sont aussi d’accord. Je sais que vous comprenez.

De toute façon, pourquoi pas commencer avec Nantes ? Vous venez de voir que cette ville a gagné 3 étoiles Michelin. Et pour les élèves américains d’histoire, surtout des guerres de Religion, on est arrivés dans les pages de nos manuels, le site de l’édit de Nantes. Même si le Roi Henri IV n’a vraiment pas dit « Paris vaut bien une messe », c’est la citation que l’on connaît tous sur cette époque. (Vous ne voyez pas les larmes aux yeux en ce moment ; nous sommes revenus dans la France de mes rêves.)

Il faut donc absolument commencer avec la Cathédrale de Saint-Pierre et Saint-Paul (1 étoile Michelin). Selon le Guide Vert, c’était ici où l’édit a été signé, mais selon Wikipédia, personne ne sait vraiment où ça s’est passé. Peu importe — ce qui compte est d’être immergé dans la bonne époque, et quoi de mieux que les tombeaux du Roi François II (2 étoiles) et sa fille Anne de Bretagne ? On continue avec le château des ducs de Bretagne, où Henri IV séjournait quand l’édit a été publié. De nos jours, le château abrite le Musée d’histoire de Nantes (1 étoile), qui nous parle de nombreux sujets, dont la traite Atlantique et l’esclavage, les deux Guerres mondiales, l’industrialisation, et surtout leur collection d’objets de la biscuiterie LU.. Pendant que l’on reste près du château, on visite aussi le Musée d’Arts (2 étoiles), où on trouve plus de 13 000 œuvres, dont ceux du peintre Le Pérugin. Après ça, on visite le Vieux Nantes pour le Passage Pommeraye (1 étoile), une galerie marchande couverte du XIXe siècle qui est aussi un chef d’œuvre de l’architecture néoclassique.

Mais on n’est pas fini avec Nantes ! Du Passage Pommeraye, on traverse le Quartier Graslin (1 étoile) en passant par le Palais de la Bourse, un beau vieux bâtiment du XIXe siècle — devenu une FNAC de nos jours — pour arriver sur l’Île de Nantes, au milieu de la Loire. Étant de grands fans de Laurence Manning (qui sortira bientôt un nouvel album consacré à la musique de la série Zelda), on est là pour les Machines de l’Île, des animaux géants mécaniques, dont un éléphant qui me rappelle fortement Vah Ruta du meilleur jeu de tous les temps, Breath of the Wild. (Ma fille, qui adore ce jeu autant que moi, n’est pas d’accord sur l’éléphant nantais, mais tout le monde a le droit d’avoir tort.) On va prendre une chevauchée à dos d’éléphant ! Si vous êtes plus local, essayez aussi le Musée d’Histoire naturelle (2 étoiles), mais moi, j’aimerais plutôt visiter le Musée Jules-Verne, qui raconte sa vie et abrite de nombreux souvenirs de ses livres et pièces de théâtre. J’aurais aimé vous recommander une visite chez LU ou chez BN, mais il me semble que les usines ne proposent plus de visites. On peut visiter l’ancienne usine LU, devenue un espace culturel, le Lieu Unique (quel calembour, hein !).

En dehors de Nantes, on trouve la Planète Sauvage (3 étoiles), avec 1 500 animaux, et où on peut dormir face aux tigres, mais moi, je vous laisse aux tigres. Je continue à Saint-Nazaire (1 étoile) pour voir la construction des paquebots, et la base sous-marine. Là-bas, on peut prendre un tour du sous-marin Espadon, en service de 1960 à 1985. On continue vers La Baule (2 étoiles), une station balnéaire où on va faire une balade le long de la Côte Sauvage. Puis on continue vers la Presqu’île de Guérande (1 étoile), maison de la célèbre fleur de sel. On prendra une visite guidée des marais salants.

On est presque finis. Au sud de Saint-Nazaire, on visitera le Château de Pornic. Au début du Xe siècle, c’était un simple donjon en bois construit par Alain Barbetorte. Mais les seigneurs de Rais l’a converti en château, et le plus célèbre d’entre eux est le Dracula français, Gilles de Rais. Peut-être qu’il est l’inspiration du conte La Barbe bleue de Charles Perrault. On parlera beaucoup plus de lui quand on arrive dans le Maine-et-Loire. On finit à l’est, dans la ville de Clisson, pour son ambiance Toscane et visiter le vignoble de la Loire-Atlantique, d’où vient le vin Muscadet AOP.

Qui sont les habitants de la Loire-Atlantique les plus connus ? L’ancien moi aurait peut-être dit François II ou Anne de Bretagne, mais le moi des derniers deux ans sait que c’est un personnage fictif, Lulu la Nantaise des Tontons Flingueurs. Nantes a fêté les 50 ans du film en 2013 pour cette raison. Le peintre Jean-Hilaire Belloc est né à Nantes ; il est en plus le père de l’un de mes auteurs préférés, Hilaire Belloc, ce dernier étant ami de mon auteur préféré de tous les temps, G.K. Chesterton. Aristide Briand, l’un des deux hommes les plus naïfs au monde (avec son collègue américain Frank Kellogg) est venu de Nantes aussi. L’ornithologue américain John James Audubon, né Jean-Jacques Audubon, vivait à Couëron. Parmi les vedettes du département, on trouve l’écrivain Jules Verne, le réalisateur du Tatoué, Denys de La Patellière, et la famille Lefèvre-Utile, fondateurs de la meilleure marque de biscuits au monde. Il n’est vraiment pas célèbre, mais Dominique Raimbourg, fils de Bourvil, était député de la Loire-Atlantique pendant dix ans.

Quoi manger en Loire-Atlantique ? Eh bien, j’ai ma boîte de Chamonix et je suis bien content, alors pas besoin d’autres choses. Désolé, quoi ? Les règles du blog ne me permettent pas de présenter ma boîte comme mon dîner de la Loire-Atlantique ? Même pas les Pim’s, le biscuit par excellence de mon enfance ? Oh, je sais, la Biscuiterie nantaise, ce serait mieux ? Non ? Peut-être les galettes Saint-Michel, originalement de Saint-Brévin-les-Pins ? Les biscuits de Saint-Guénolé, fabriqués à Batz-sur-Mer ? Vous voyez sûrement, on est dans la capitale des biscuits industriels français !

Bon, on y trouve plein d’autres choses — c’est toujours la France ! En plats principaux, on trouve l’alose farcie à l’oseille, un poisson indisponible chez moi farci avec une plante également indisponible ; la bardatte, un chou au lapin ; la bouilleture de la Loire, un plat d’anguilles aux champignons ; la quiche bretonne, pleine de fruits de mer ; et le filet de sandre au beurre blanc. En dessert, il y a le gâteau nantais (déjà fait avec l’Alliance Française), engorgé de rhum ; le quatre-quart, comme un gâteau au yaourt, sauf avec du beurre demi-sel ; et les françoises de Foix, un genre de chocolat fourré avec des raisins macérés dans le rhum, nommées pour l’ancienne maîtresse du Roi François Ier. Pour boire, n’oubliez pas le vin Muscadet AOP !

Je découvre la Haute-Loire

On continue maintenant le Tour avec le 43, la Haute-Loire. Avec un tel nom c’est évidemment au nord de la Loire — c’est donc logique qu’on le trouve au sud. C’est le département le seizième moins peuplé de la France et les habitants se nomment les altiligériens.

Je sais déjà ce que je ferai pour notre dîner, car je l’ai appris directement de ma prof de cuisine à l’Alliance Française. La Haute-Loire, c’est la sienne ! Il faut que je fasse de bon travail pour lui faire plaisir, hein ?

Heureusement, ce sera facile ! On commence avec l’un des vrais joyaux de la France, Le Puy-En-Velay (3 étoiles Michelin). Il nous faut parler d’abord de la Cathédrale de Notre-Dame-du-Puy (3 étoiles). Du XIIe siècle, la cathédrale est pleine de trésors — ses portes en cèdre datent du même siècle que le bâtiment, il y a de nombreuses fresques et murales, et surtout il ne faut pas rater la statue de la « Vierge Noire », une copie en cèdre du XVIIe siècle d’une statue offerte à la ville par le Roi Saint-Louis. Il y a aussi deux autres sites religieux incontournables au Puy-en-Velay : la Chapelle Saint-Michel-d’Aiguilhe (2 étoiles), située au sommet d’un rocher volcanique, et le Rocher Corneille (3 étoiles) avec sa statue de Notre-Dame de France, « réalisée en fonte de fer à partir des 213 canons pris aux russes à Sébastopol ».

On n’est pas fini avec Le Puy ! Avant de partir, on visite le Musée Crozatier pour ses trésors comme La Vierge au manteau, la peinture sur toile la plus ancienne de l’art français, et une Berline du XVIIe siècle qui me rappelle celle de Don Salluste. Juste en dehors de la ville, on trouve les ruines de la Forteresse de Polignac. Le guide Michelin suggère qu’on le regarde de la route N 102, sans la visiter. N’écoutez pas toujours nos amis chez Michelin ! Voici les points d’intérêt selon les responsables — moi, j’aimerais tellement voir le donjon et la tour de la Géhenne. (C’est un lieu sûr — malgré le nom, mon ex n’y vit pas !)

Au sud-est du Puy-en-Velay, on trouve les volcans (inactifs) du Massif du Mézemc (3 étoiles). Un peu au sud du Mézenc, il y a une excellente opportunité pour faire de la randonnée à Gerbier de Jonc (2 étoiles), un autre pic de lave avec une vue panoramique (3 étoiles).

Au nord du Puy-en-Velay, on visite La Chaise-Dieu (2 étoiles), avec une abbaye exceptionnelle (2 étoiles) et ses trésors, dont une collection impressionnante de tapisseries flamandes (3 étoiles). À l’ouest de La Chaise-Dieu, on trouve une autre abbaye, sœur de celle de La Chaise-Dieu, à Lavaudieu (1 étoile). On est là pour son cloître et ses fresques du XIe siècle. On finit par visiter Brioude (1 étoile), à quelques kilomètres au nord, et sa Basilique Saint-Julien (2 étoiles), un site de pèlerinages.

Qui sont les personnages les plus connus de la Haute-Loire ? Pour moi, le plus célèbre est certainement Gilbert du Motier, déjà connu sur ce blog par son titre, le Marquis de La Fayette. La joueuse de tennis Marion Bartoli, est née au Puy, et l’un des Français les plus intéressants, Jean-Baptiste Courtol, y passait sa carrière comme chasseur de vipères. Émile Reynaud, inventeur du Thêatre optique — duquel on a parlé pendant l’exposition de cinéma ici — vivait au Puy-en-Velay. Le Baron Haussmann était sous-préfet à Yssingeaux.

Quoi manger en Haute-Loire ? Y a-t-il vraiment une question sur leur produit agricole le meilleur connu, les lentilles du Puy-en-Velay AOP ? Je me sens tout à coup un peu le docteur Seuss : « On peut les manger en terrine, on peut les manger en verrine ! Tu veux les manger à la glace ? Avec un renard en terrasse ? » (C’est d’un conte sur un autre aliment vert.) Ma poésie est également nulle en anglais, je vous rassure. En plats principaux, on y trouve le manoul, une version des tripoux d’Auvergne, et la pouteille, un ragoût de bœuf et de porc. En dessert, il y a la coupetade, un genre de pain perdu aux pruneaux, et le milliard aux cerises, très similaire au clafoutis. Pour l’apéro, il y a un digestif local, la verveine du Velay (disponible aux États-Unis, mais plus de 50 $ la bouteille). On y trouve aussi deux fromages locaux au lait de vache, le Velay et l’Artisou de Haute-Loire.

Je découvre la Loire

On continue maintenant le Tour avec le 42, la Loire. C’est le département le trentième plus peuplé et les habitants se nomment ligériens. C’est notre septième séjour dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il y a en gros quatre régions de la Loire, du nord au sud : Le Roannais, Le Forez, Le Lyonnais, et Le Pilat. Saint-Étienne, la préfecture, est la plus grande ville, avec 173 000 habitants — environ 20 % de la population du département. On suivra un chemin dans l’ordre de cette liste, mais je ne vais pas essayer de planifier le plus court chemin car nos sites seront trop diffus.

On commence donc dans Le Ronnais, nommé por sa ville principale, Roanne. À Roanne lui-même, on va visiter le Musée Joseph Déchelette, avec des collections très diverses — dont des peintures européennes, des antiquités égyptiennes, des sculptures, et d’histoire naturelle. On est là aussi pour déguster la Praluline, une brioche aux pralines roses qui vient de la Maison Pralus. Ailleurs dans Le Roannais, on trouve le Château de la Roche, un joli château du XIIIe siècle situé sur un îlot au milieu de la Loire. Envie de quelque chose d’inhabituel ? Essayez La Chapellerie, le Musée du Chapeau à Chazelles-sur-Lyon, qui raconte l’histoire de cette industrie, mais sert aussi toujours comme centre de formation et accueille plusieurs ateliers. Finalement, on visite l’Abbaye de La Bénisson-Dieu dans le village du même nom, fondée par Saint-Bernard de Clairvaux en 1138. Cette dernière fait aussi partie du chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

On continue dans le Forez, où on visite d’abord le Château de Saint-Marcel de Félines. Le lieu est occupé depuis le XIe siècle, mais le château moderne ne date qu’au XVIe siècle. On est là pour sa cour Renaissance, son joli parc, et sa vue sur le Massif Central. On passe aussi par Chalmazel-Jeansagnière — les skieurs d’entre vous pour la station de ski et le reste de nous pour le château, qui existe depuis le XIIIe siècle. Comme Saint-Marcel, ce château appartenait à la famille Talaru pendant la Renaissance, et on y trouve cette façon-là de décoration.

Peut-être que vous vous souvenez de ma faiblesse pour les aqueducs (voilà et voilà) et on en a un spécial dans le Lyonnais, l’Aqueduc romain du Gier. On y trouve la plus longue enfilade d’arches visible en France (550m). On visite aussi le parc et village médiéval de Salva Terra, où on peut expérimenter la vie quotidienne du Moyen-Âge.

On passe maintenant à Saint-Étienne (1 étoile Michelin). Classée par l’UNESCO comme « ville créative et design », on est là pour quelque chose de moins glamour, l’industrie charbonnière, qui relie plusieurs de nos destinations. On commence avec le Château de Bouthéonon peut voir les restes d’une ramberte, un genre de bateau construit pour apporter du charbon de Saint-Étienne à Orléans. Au Puits Couriot, on peut visiter le Parc Musée de la Mine. Saint-Étienne abrite aussi l’École Nationale Supérieure des Mines. Saviez-vous que l’une des technologies de sûreté, la lampe Marsaut, y a été inventée ? Au Musée d’Art et d’Industrie (2 étoiles), on trouve quoi ? À eux :

Depuis toujours, Saint-Étienne invente. Des armes à feu, ça on le sait, mais aussi des métiers à tisser, du textile et des vélos. Eh oui, c’est ici qu’a été inventée la toute première bicyclette française.

Musée d’Art et d’Industrie

Finalement, à Firminy, juste en dehors de Saint-Étienne, on trouve cinq sites architecturaux du Corbusier, dont un immeuble géant, l’Église Saint-Pierre, une centre culturelle, un stade et une piscine prévue par lui, mais réalisée par André Wogenscky. Vous avez certainement lu assez sur ce blog pour savoir ce que je pense du travail de ce type, mais ce site est classé par l’UNESCO aussi, et ça offre une excellente opportunité de voir assez de ses œuvres pour toute une vie.

Notre dernier arrêt est le Parc naturel du Pilat. Il y a plus de 1 500 km de sentiers de randonnée et pas mal de choix à vélo en plus. Je suis le mauvais guide avec autant de choix ; je vous conseille donc de consulter le site du parc.

Village d’Ampiis dans Le Pilat, Photo par Pilat.Oueb, CC BY-SA 4.0

Qui sont les personnages les plus connus de la Loire ? Il y a le compositeur Jules Massenet (connu pour Werther), le chef d’orchestre Pierre Boulez, l’actrice Muriel Robin (considérée comme humoriste par certains), le chanteur Mickaël Furnon, dit Mickey 3D, duquel on a parlé plus tôt, et Georges Pralus, inventeur de la cuisine sous vide. En plus. Louis de Funès s’y est marié avec sa première femme.

Quoi manger en Loire ? Il y a la Praluline, bien sûr, un fromage bien local, la fourme de Montbrison, et un saucisson local, l’Andouille de Charlieu (dans le Roannais). En plats principaux, il y a le barboton, un ragoût à l’agneau, et le saucisson brioché. En dessert, on y trouve le matefaim, un genre de crêpe épaisse aux pommes, et le pâté à la batteuse, un chausson aux fruits. Pour boire, on y trouve du vin AOC Côte Roannaise et du vin IGP Pays d’Urfé.