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Je découvre la liberté d’expression

Je vous préviendrai que ce billet contient plusieurs mots que l’on ne trouve pas habituellement chez moi. Au moins dans l’écriture. Si vous m’aviez entendu dans les stations de métro parisiennes pendant mon premier voyage devant tous les escaliers mécaniques en panne, vous auriez eu assez de putains pour ouvrir une chaîne de bordels. Comme je dis parfois, j’écris un blog « tous publics » genre « La guerre des robots », pas Peur sur la ville. Mais hier, j’écoutais RTL en conduisant, et je suis sorti de ma voiture bouche bée.

M. Laurent Gerra, Photo par Frantogian, CC BY-SA 3.0

Alors, on aurait pensé que j’aurais déjà écouté toutes les émissions de RTL au moins une fois. Votre petit matin est mon après-midi, après tout. Mais M. Éric Jean-Jean sonne exactement comme les animateurs de notre chaîne NPR — le phénomène a un nom, « NPR voice » (la voix NPR ; lien en anglais) — et Caroline Dublanche passe tout son émission en parlant avec ses auditeurs sur leurs problèmes personnels. Oui, je fais ça ici de temps en temps parfois souvent, mais étant hyper-égoïste, je ne m’intéresse qu’aux miens. ([Il l’avoue ! — Mon ex]) J’ai donc tendance d’écouter juste les intégrales des Grosses Têtes, n’importe quand.

Cependant, hier j’ai décidé d’écouter quelqu’un de nouveau, Laurent Gerra. J’ai écouté un épisode dit « Bern, Hollande, Dave », et oh. Là. LÀ. Je comprends que M. Gerra gagne sa vie en imitant les voix d’autrui (et je suis mal placé à juger ses capacités à cet égard), mais vers 1:25, en faisant semblant d’être Stéphane Bern, je l’ai entendu dire que « [la flamme] sera portée par MC Teubé, la star du rap locale qui interpréta en fin journée son tube « Nique ta daronne à Carcassonne » ». Heureusement pour moi, en ce moment je venais de garer ma voiture.

Aux États-Unis, toutes les chaînes de radio et de télé se diffusent avec environ 10 secondes de retard quand elles sont en live. Pourquoi ? Parce que si on a le droit à diffuser par antenne, il faut suivre certaines règles de la FCC, la Commission fédérale des Communications. Et parmi ces règles : pas de gros mots. Il faut donc jouer un bip au-dessus d’un mot comme « niquer » ou il va y avoir une amende à 5 chiffres. (Ces règles ne s’appliquent pas à la télé par câble ou par satellite.)

J’ai tout de suite posté sur Facebook que je n’en croyais pas mes oreilles. Une amie m’a vite répondu que c’était normal en France, car « on aime parler franchement ». Il me semble que oui !

En fait, aux États-Unis, on trouve souvent, surtout chez les rappeurs, qu’il y a plusieurs versions des chansons populaires, la version « officielle », puis une version dite « radio edit » (éditée pour radio) où les gros mots sont remplacés. Comme toujours, ne me croyez pas sur parole : voici la version officielle de « In Da Club » par 50 Cent et la version « propre ». Il y a beaucoup de pauses inexplicables dans cette dernière si vous ne connaissez pas la première.

Je ne veux pas exagérer. Il y a certaines différences qui vont dans l’autre sens. Aux États-Unis, on peut écrire presque tout et n’importe quoi sur un personnage jugé « public » — un homme politique ou une actrice. Ça part d’un jugement de notre Cour suprême, New York Times v. Sullivan, qui a décidé que « la charge de la preuve d’une intention calomnieuse incombe désormais au plaignant ». On n’a aucune loi aux États-Unis contre des propos haineux ; en revanche, je lis souvent sur des affaires judiciaires à ce sujet en France (voilà, voilà et voilà). Quel beau pays, les États-Unis, où on est libre de porter un panneau devant des élèves juifs qui dit « les prochaines cibles d’Al-Qassam ».

Malgré ce dernier commentaire plutôt sarcastique, j’hésite à dire qu’un système est définitivement mieux que l’autre. On dessine les lignes qu’il ne faut pas franchir très différemment, mais il y a de bonnes raisons historiques derrière chacun.

Pourtant, il me semble que nous pourrions tirer une leçon utile de ce que j’ai entendu sur RTL, et je ne veux pas dire les pubs de Grand Frais. Je suis la personne la plus naïve aux États-Unis, et même moi, je sais ce qui se passe vraiment dans l’exemple en haut. C’est un jeu plutôt bête de notre part de produire des versions uniquement pour la radio de tout genre de saleté alors que tout le monde sait la vérité. M. Gerra n’a rien dit qui inciterait personne. Si on enlevait tous les propos misogynes du rap de M. Cent, il n’y resterait rien. Même sans bannir ce dernier, on devrait reconnaître la différence.

L’inflation à la californienne

Je suis ravi que je vous aie donné une autre portion du Tour mardi, car j’ai d’autres choses dans l’esprit en ce moment. Il y a des semaines, par hasard, j’ai trouvé un vieux ticket qui vous montrera la différence entre les nouvelles et la réalité chez moi.

Si vous avez lu des nouvelles économiques de chez moi, hier notre Département du Travail a dit que le taux d’inflation annuel est à 3,4 % par rapport à l’année dernière. C’est « vrai », quand on considère que depuis les années 70, nous ne comptons ni la nourriture ni l’énergie dans ce calcul. Et quand je vous dis qu’au-delà des 169 millions d’adultes en surpoids (lien en anglais) aux États-Unis, nous sommes un pays de mannequins minces, c’est car j’ai appris les maths aux mêmes écoles.

Avant de continuer, je vous partagerai une statistique de plus. Si on croit aux statistiques officielles, le taux d’inflation total de mai 2021 jusqu’à maintenant est 16 %. Ne me croyez pas sur parole, voici une capture d’écran de la calculatrice en ligne de notre Bureau de Statistiques du Travail (Labor Statistics, d’où le « bls » dans l’adresse) :

Source

Je vous ai parlé à plusieurs fois des bonbons dits « See’s Candies« , le chocolat californien. Ce n’est pas le meilleur, mais c’est pas mal, et le rapport qualité prix était bon pendant des décennies. De tous les bonbons chez eux, mon préféré est celui dit « bridge mix », une collection de dragées à base de raisins secs et de fruits de coque :

©️See’s Candies

Je l’achète dans des sacs de 1/2 livre (227 grammes). Alors, finalement, voici deux tickets de chez See’s, de mai 2021 à gauche, et d’avril 2024 à droite :

Plus haute résolution en cliquant

« H# » veut dire 1/2 livre, 1/2 étant « half », et # étant le symbole pour les livres. Vous pouvez voir que c’est le même article — les deux portent un numéro d’identification qui dit « 8275 ». Tout est aussi égal que possible. Pourtant en 2021, le sac m’a coûté 12,25 $, et maintenant le même sac me coûte 16 $. Ça, c’est une augmentation de 30,6 %, presque deux fois l’inflation « officielle ». Si on le considère comme un taux annuel et utilise la formule d’intérêts composés, c’est un taux de 9,3 % pendant ces trois dernières années.

Bien sûr, des catégories différentes haussent par des taux différents. Selon la mesure qui compte la plus de catégories (lien en anglais), la nourriture en gros a haussé par environ 22 % (le moyen pour le pays entier) pendant ce temps.

En partie, la Californie est le pire état. Voici le prix moyen de l’essence dans le comté d’Orange (bleu) contre le moyen pour le pays entier (rouge) pendant les 3 dernières années, exactement comme nos tickets en haut. Je les tire du site GasBuddy, une ressource inestimable pour rechercher le prix de l’essence partout ici :

Source: GasBuddy

Vous pouvez voir que nous sommes habituellement 1,30 $ le gallon (environ 4 litres) au-dessus du reste du pays. Ce sont nos impôts locaux, imposés à notre capitale de Sacramento. Mais à partir de plus tôt cette année, les impôts hausseront par 0,50 $ le gallon par année. Selon notre gouvernement, ce n’est pas un impôt car :

The LCFS helps drive down the cost of low carbon fuels in California by rewarding low carbon fuel producers with credits that are paid for by dirty fuel producers.  This is not a tax and there is no money coming to the state government for this program.

Ça dit que c’est en fait une réduction dans le prix de carburants avec moins de charbon, payé avec des frais payés par les producteurs d’autres carburants. Ce n’est donc pas un impôt et l’état ne reçoit pas de recettes sous ce programme.

Seulement en Californie peut-on dire que c’est le producteur qui paye quand le consommateur est facturé pour chaque centime. On paye déjà les prix les plus hauts, et ça empirera sans cesse.

Marie-Antoinette n’a jamais dit « qu’ils mangent de la brioche ». Pour ça, il faut en fait être californien.

Wesh, frérot

Il m’est enfin arrivé. On m’a cogné sur la tête avec une poêle mais au lieu de trouver une copine française, mnt j’écris comme 1 kon. Koi, vs ne me croyez pa ?

K — désolé, Bon — ce n’est pas vrai. Mais la vérité, c’est encore pire. Ce que je crains chaque printemps vient de m’arriver pour la troisième fois pendant les 10 dernières années. On va en parler, mais pour des raisons qui deviendront claires, je dois danser autour du sujet.

Caïn venant de tuer son frère Abel, de Henri Vidal, Jardins des Tuileries à Paris, France, Photo par Alex E. Proimos, CC BY 2.0

Je ne mentionne presque jamais que j’ai un petit frère. J’étais blogueur en anglais au début du siècle, et il m’a interdit de le mentionner en ligne, afin de contrôler ses infos personnelles. Je compatis un peu avec ça — c’est pourquoi je ne mentionne jamais les noms de personnes dans la vraie vie, au-delà du mien ([Et le mien. — M. Descarottes]) Mais il ne voulait même pas que je le mentionne par un surnom — pas de preuves qu’il existe. Il ne sait pas que ce blog existe, mais G — désolé, j’ai — largement respecté ses souhaits. (Il y a quelques petites mentions par ici et par là.)

Mais quand je vous ai rappelé mon premier voyage en France, j’ai dit que j’ai acheté mon billet d’avion car j’étais stressé pendant mes soi-disant vacances dans le Massachusetts. Cependant, pourquoi étais-je stressé ? Je viens de vous dire qu’il y a un sujet duquel je ne parle pas, n’est-ce pas ?

J’avais écrit toute une histoire sur quelqu’un de fictif afin d’expliquer comment une telle situation est arrivé. Mais j’ai décidé de la supprimer. C’était sarcastique à souhaits et vraiment pas ce à quoi on s’attend ici. Disons juste que mes parents me surprennent avec ce « cadeau » de temps en temps après avoir planifié des vacances, car ils savent que je n’en serai pas ravi. Et non, l’envers n’est jamais arrivé.

Au lieu de vous raconter des histoires, je vais vous apprendre une expression en anglais liée à exactement cette situation. Quand on apprend une mauvaise nouvelle, et on souhaite éviter un gros mot, on dit, « Oh brother » — littéralement « Ô frère ».

Je vous dis souvent de ne jamais me croire sur parole, alors voici un lien vers Wiktionary, qui dit que c’est une expression pour indiquer « frustration, dégoût, ou incrédulité ».

Je n’allais jamais prendre un vol en direction parisienne cet été à cause des JO. Peut-être Lyon — j’y pensais — mais je ne pouvais aller nulle part pendant plus qu’une semaine, alors il était toujours probable que je resterais en Amérique du Nord. Cependant, je ne comptais pas du tout sur cette éventualité, et il ne reste qu’une façon de garantir que ça n’arrive plus. Il faut que ce soient les dernières vacances avec mes parents, et si je dis autrement l’année prochaine, vous êtes tous les bienvenus à venir chez moi afin de me cogner sur la tête avec une poêle, car je le mériterai. Je préparerai n’importe quel plat du blog, quel que vous veuillez, pour vous remercier après que je sors de l’hôpital.

La sauce américaine à la sauce américaine

Mon dessert vendéen n’étant pas encore prêt, je vais plutôt prendre l’opportunité pour me plaindre de mes con-citoyens.

Au fait, d’où mon habitude d’écrire « concitoyens » avec un trait d’union ? Ça vient de Dilbert pendant les années 90. L’auteur Scott Adams écrivait un bulletin par courriel dans la voix de Dogbert, le chien hyper-manipulateur de la BD. Dans ce bulletin, Dogbert avait l’habitude de dire « cow-orkers » pour insulter ses collègues. En anglais, on dit « colleague » pour collègue, mais aussi « coworker ». Mais « cow » veut dire vache, d’où son insulte. Je garde ce jeu de mots dans la tête depuis 30 ans déjà, alors quand j’ai découvert « concitoyen », j’étais prêt.

J’étais chez Miguel’s Jr. pour dîner ce soir. J’y mange trop souvent car c’est pas cher, mais la qualité est moyenne ; c’est donc un bon rapport qualité prix, à ne pas confondre avec bon. Dit autrement, si mon amie rouennaise me rendait visite, je ne l’y inviterais jamais car elle connaît la bonne cuisine mexicaine. Mais il y en a pire.

De la sauce piquante, Photo par moi

Dans la cuisine mexicaine américanisée, la sauce piquante, dit soit « salsa » soit « hot sauce » selon le point auquel le resto veut faire semblant d’être authentique, joue dans le rôle du ketchup. Alors quand on commande un plat, le caissier va toujours demander « With hot sauce? » (Avec de la sauce piquante ?). Pour moi, la réponse est toujours « Non ». Heureusement, le caissier chez Miguel’s fait attention. Voici mon ticket ; je souligne la partie importante en jaune :

Ça dit « pas de sauce », d’accord. Alors, on appelle le numéro 58, j’arrive au comptoir et le type me dit « Tu veux soit de la rouge soit de la verte ? » Perplexe, je réponds « Rouge ou verte quoi ? » et il me dit dans une voix réservée aux parents d’enfants de trois ans, « Sauce piquante. Rouge ou verte ? »

Je lui montre l’autocollant sur la boîte avec ma quesadilla, car je sais déjà qu’il sera là :

« Justin », vous me dites, « c’est vraiment pas grand-chose. Juste à cause du fait que le type gagne 20 $/heure, vous pensez qu’il devrait faire attention ? » Je sais, d’accord, mais mon vrai sujet, c’est qu’aux États-Unis, on préférerait mourir que respecter les commandes du client à cet égard. Je vais vous raconter des histoires.

Une fois, j’étais chez The Cheesecake Factory, anciennement ma chaîne préférée, où malgré le nom, j’aimais commander des salades. Comme partout aux États-Unis, ils préparent leurs salades avec des quantités énormes des sauces pour salades, en général à base de crème : la « 1000 Island », la « Ranch », etc. Je déteste tout genre de vinaigrette, autant pour les goûts que les calories, alors je commande toujours mes salades sans vinaigrette ni autre sauce.

Mais cette fois, le gérant est venu à ma table pour me demander, « Es-tu sûr que tu ne veux pas de vinaigrette ? » Je lui ai répondu « Ben oui. Si j’avais dit que je ne voulais pas de tomates, serais-tu ici pour me dire que ma commande a un problème ? » « Bien sûr que non, mais il nous faut vérifier quand le client dit qu’il ne veut pas de vinaigrette. » « Bof, c’est un ingrédient comme tous les autres. Je n’en veux pas. »

Une autre fois, dans un autre resto, l’aide-serveur m’a apporté ma salade en me disant « J’ai de bonnes nouvelles ! Ils ont fait une erreur avec ta salade, mais je l’ai corrigée avant de te l’apporter ! » Il avait versé de la vinaigrette partout sur ma salade.

À presque chaque fois où je commande une salade dans un resto rapide, si je dis « Pas de vinaigrette », ils me donneront quand même un paquet de vinaigrette pour aller avec. Je n’en veux pas. Mais pour la grande majorité des américains, il est impossible que l’on veuille n’importe quel plat sans sauce, et habituellement au point d’y noyer.

C’est en fait une des plus grosses erreurs des européens en nous analysant. Vous pensez que c’est juste du ketchup. Mais en réalité, on n’est pas aussi accros au ketchup que ça. La vérité, c’est que nous sommes comme ça avec toutes les sauces.

Vacances

Quand je planifie des vacances, j’ai deux façons de le faire — complètement en secret, ou stressé. Peut-être que vous vous souvenez de mes vacances en 2021 — pendant une semaine dans le Massachusetts en famille, j’étais si stressé que j’ai acheté un billet d’avion pour la France avant même de rentrer chez moi. Mais ces dernières vacances ont été planifiées sans dire un mot à personne — en anglais. J’ai beaucoup écrit ici, mais j’ai tout caché à quelqu’une — qui que ce soit — qui m’empêchait de voyager à l’étranger.

Montréal, Photo par Marc-Olivier Jodoin, Domaine public

Puis en 2022, j’ai planifié les vacances d’une seule nuit en France, encore une fois, en secret. Cette année-là, je suis allé à la Nouvelle-Orléans avec mon père et La Fille, et disons juste qu’il ne faut pas que je raconte l’histoire derrière ce choix, mais comme toutes les vacances en famille, c’était stressant. Pour autant que j’ai aimé aller en France en 2023, il y avait encore plein d’arguments dans les coulisses.

D’où la stresse ? Je vous le dirai très franchement. J’ai la joie d’avoir le seul et unique petit-enfant de mes parents, alors chaque printemps est un long numéro de chant et de danse genre « Tu ne vas pas nous priver de notre petite-fille, n’est-ce pas ? ». Si vous me demandez, « Mais comment est-il arrivé que votre mère n’était pas là pendant les deux dernières vacances ? », je ne peux pas répondre. Sachez juste que c’est une autre jolie source de stresse.

Cet été, il y a une contrainte qui ajoute encore plus de pression. Mes vacances doivent se passer en juin car La Fille va suivre un cours de géométrie en juillet afin de se lancer dans un cours plus avancé à l’automne. Je dois dire mes plans à mon ex au moins 30 jours à l’avance à chaque fois où je veux sortir de Californie du Sud avec La Fille, alors ma date limite approche.

C’est comme ça qu’il est arrivé hier, après un mois de négociations avec mes parents, que nous allons passer une semaine à Montréal. Cette année, je dois finir le voyage en 7 jours, car mon ex a ses propres contraintes, et si elle ne peut pas passer plus de 7 jours en vacances, moi non plus. Je m’attendais à un voyage soit à New York soit à Washington D.C., mais avec toute la violence aux universités, ils ne veulent pas prendre le risque.

Nous n’avons rien planifié quant à un itinéraire à ce point. Mais je suis obligé de donner des infos de vols d’ici samedi à mon ex ou perdre mes vacances avec ma fille pour l’année.

Évidemment, je ne me plaindrai pas du tout d’une semaine dans un endroit francophone. Et peut-être même quelque part où personne ne passera à l’anglais si je m’adresse à eux en français. Mais…comprenez-vous maintenant pourquoi je préfère faire mes plans en secret ?

ON ME COMPREND

Il y a des mois, on a parlé de Loïc Suberville, qui fait des vidéos très drôles sur les bêtises des langues française, espagnole et anglaise. Puisque personne n’a des idées originales sur Internet, il y a maintenant beaucoup de monde qui le copient. Mais il y a de bonnes copies et de mauvaises. Aujourd’hui ([Parce qu’il n’a pas eu de temps pour refaire son dessert vendéen. J’ai tout vu. — M. Descarottes]), on va parler de la meilleure.

Elle s’appelle Roya Fox, et il me semble qu’elle est américaine. Je l’ai découverte il y a des semaines quand cette vidéo est devenue virale comme disent les Internautes. C’est en anglais, mais elle le parle comme si l’anglais était une traduction hyper-littérale du français. Le titre se traduit comme « Si les Américains parlaient comme les Français » :

Franchement, j’ai dû mettre à côté tout ce qu’elle dit quelque part en 2020. Par exemple, si on dit littéralement les traductions de « À tes souhaits » et « À tes amours » après les tousses des autres, elles ont l’air dingues en anglais. Naturellement, aux États-Unis, on parle allemand quand ça arrive : après « bless you » (littéralement, « bénis-toi »), le truc le plus commun à dire est « Gesundheit », ce qui veut dire « bonne santé ».

Beaucoup de bilingues lui ont dit dans les commentaires, « Ben, il te faut faire la même chose à l’envers », et elle a fait exactement ça. C’est tout en français, une traduction hyper-littérale de grosso modo la même conversation qu’avant :

J’espère que vous serez d’accord que le tout est bien ridicule, mais que vous pouvez quand même comprendre ce qu’elle dit d’une certaine façon.

Mais elle a fait une autre vidéo, moins vue que les deux premières, qui explique parfaitement tout ce que je veux dire dans mes posts annuels pour me plaindre de l’anglais partout en France (2021, 2022, 2023). Cette dernière est exactement chaque conversation que j’ai eue avec un serveur ou une vendeuse, que ce soit à Paris ou dans un aire d’autoroute quelque part en Normandie :

Partagez cette dernière partout, jusqu’à ce que tous vos compatriotes comprennent à quel point c’est É-NER-VANT. Mais enfin, on comprend !

La culture du travail

J’ai rendu le premier numéro du bulletin au bureau de l’OCA dimanche soir, ce que je vous ai dit avec la dernière balado. Depuis ce temps-là, j’ai reçu quelques petites corrections, les ai faites, et le tout sera publié lundi prochain. J’en tire des leçons, et j’espère que vous les trouverez intéressantes.

Mine de sel aux États-Unis, Photo par Pollinator, CC BY-SA 3.0

Je vous ai dit, sans élaborer, que certaines règles ont été mises en place uniquement pour moi. Je le sais car j’ai une description officielle du poste et le lendemain de l’avoir reçue, on m’a dit que je ne ferai pas la moitié des tâches, ni aurai accès à certaines ressources. Je crois que ça ne changera pas. En revanche, on vient de me dire qu’ils chercheront un chemin pour résoudre certains problèmes que j’ai rencontrés. Je crois que ces problèmes sont venus d’une différence entre comment marche le travail ici qu’en France.

Aux États-Unis, un CDD est parmi les choses les plus prestigieuses que l’on puisse avoir. Je pause pour vous laisser reprendre votre souffle. Mais je suis en fait complètement sérieux. Les seules personnes embauchées de cette façon sont les entraîneurs des équipes professionnelles de sport ou les PDG des grandes entreprises. Ces contrats viennent avec des salaires énormes et souvent des garantis que tout l’argent doit être payé, que l’ouvrier est licencié ou pas. C’est pourquoi les durées sont limitées !

Le reste de nous vivons sous des CDI sans droits réels, dits « at-will » (à volonté). Ça veut dire que le contrat dure jusqu’au moment où un côté ou l’autre dit « va-t-en » (rappelez-vous que selon moi, nous nous tutoyons exclusivement ici, dont les juges quand ils condamnent un malheureux à la peine de mort — on ne distingue pas entre ça et une commande chez Starbucks). En France un CDI veut dire qu »il est plus difficile que ça de licencier un employé.

J’exagère un peu. On peut poursuivre un employeur pour un virement injuste, à cause de la couleur de peau, le sexe, ou d’autres raisons. Mais quand on a besoin de manger du pain ce soir, un procès de 1-2 ans ne mange pas de pain, si vous me suivez.

Cependant, le fait d’être facilement viré veut dire que d’autres choses ici sont plus faciles. À chaque boulot que j’ai jamais eu ici, j’ai reçu tout ce dont j’avais besoin dès le tout premier jour. Il y a une telle chose qu’une période d’essai ici, mais souvent, si on est embauché, on est embauché. C’est juste les bienfaits comme l’assurance qui ne commencent qu’à plus tard. Mais les droits d’accéder à tous les bases de données ou les référentiels de codes, ça commence tout de suite.

Bien que ce soit un poste bénévole, il me semble que les responsables ont apporté une attitude française au processus. On m’a dit que j’étais dans une période d’essai et que ça finira à la prochaine réunion du bureau. Vous pouvez me dire si j’ai raison, mais il me semble qu’avec plus de conséquences pour avoir embauché quelqu’un, peut-être que l’on n’a pas hâte de lui faire confiance trop vite.

Tournons vers une autre chose. Je n’ai que de bonnes choses à dire sur l’ancienne responsable. Pourtant, quand elle publiait le bulletin, si on soumettait du texte sans mettre un accent sur chaque « à » devant une heure, elle ne le corrigerait pas. Moi, j’ai corrigé chacun et tous, et d’autres fautes aussi. Pourquoi ? Car il me semblait que je serais examiné minutieusement. Et j’ai eu raison. J’ai reçu des corrections pour certaines choses qui sont passées sans mention dans le bulletin depuis un an ou plus. Il m’est évident que c’était parce que beaucoup de monde ne croyaient pas que je produirais un document de 37 pages sans fautes hurlantes. (J’ai raté 3 « à » à la fin, pour info.)

Il faut ajouter que ça ne me dérange pas. Mon plus grand rêve depuis le départ est d’être jugé comme le reste du monde. Une amie qui s’inquiétait que ce serait trop pour moi m’avait dit « Tu écris bien pour un américain mais… ». Je l’adore, je comprends, mais je fais tout ici dans l’espoir de mettre un terme à « pour un américain ». Cependant, j’ai pensé pendant des semaines à une certaine affiche de Vichy en me disant « Vous êtes l’ambassadeur de la qualité américaine ». C’est pour ça que je dois toujours apporter la pâtisserie la plus impressionnante aux événements, et pourquoi je résiste au maximum parler en anglais.

Je vois ce numéro comme un premier pas vers avoir des références qui diront « Il peut travailler en français avec des Français. » Un jour, j’espère que j’en aurai besoin.

De mauvaises nouvelles

Je viens de recevoir un courriel dé-pri-mant. Ça fait trois ans où le magasin myPanier fait partie de la vie de ce blog. Depuis ma première visite, c’était une ressource inestimable pour innombrables ingrédients français et italiens (je parle moins de ce dernier, mais c’est vrai).

Le sujet dit « Un merci chaleureux de la famille myPanier, et le gros-titre de l’image « Ce n’est pas adieu ». Mais

Le courriel annonce la fermeture du marché local et le déménagement de leur entrepôt ailleurs dans le pays (quelque part plus central, sans préciser où). Pour moi, c’est une catastrophe — c’est en visitant en personne que j’ai découvert de bonnes surprises comme le nougat breton ou les papillotes. Je dois voir les produits inconnus avant de les acheter — ce monde d’achats en ligne n’était jamais mon truc. (Évidemment la FNAC est tout autre chose. Je parle de préférences, pas de nécessités.)

Franchement, je ne suis pas surpris. La Californie fait son tout depuis 15 ans pour faire fuir autant d’entreprises que possible. Nous avons les plus hauts impôts du pays hormis le New York, la pire inflation du pays à cause de nos augmentations annuelles du SMIC, et on s’en fout absolument de protéger nos citoyens du crime. La prochaine fois où j’irai à LA, il me faudra arrêter pour prendre une photo des avertissements sur les panneaux d’affichage du procureur d’Orange County. Les panneaux disent aux habitants de LA que s’ils pensent à conduire à Orange County pour faire leurs cambriolages, il faut savoir que nous poursuivons toujours les criminels. MyPanier est hébergé dans un beau quartier et je doute que ce dernier soit le problème, mais les autres, presque certainement.

Heureusement, le courriel dit aussi qu’ils continuent à grandir et que ça aidera leurs livraisons. Mais je suis convaincu qu’ils ne partiraient pas si la Californie restait un bon endroit pour faire des commerces.

100 films français : Les déceptions

On commence notre grand classement de mes 100 films français avec les déceptions. C’était mon intention de trancher la liste en 5 parties de 20 chacune, mais je ne voulais pas vous donner l’impression que les films de 86-80 sont aussi des navets ou des déceptions à mes yeux. Où possible, il y a des liens vers mes articles originaux ; j’ai vu environ 20 films avant de lancer ce blog.

Voir aussi : À voir à la télé, À revoir autant que possible, Le Temple de la renommée, Le Panthéon, 100 films français : Une réflexion.

En jugeant les films, j’essaie de peser mes avis contre l’importance historique du film, ainsi que l’avis de la communauté. Je sais que cet article fera la polémique car je suis loin de l’opinion générale des Français en ce qui concerne ce groupe. Mais ce sont mes avis honnêtes, et si vous m’avez suivi depuis longtemps, il n’y a rien de choquant ici.

  1. Les Visiteurs : la Révolution : Le pire film que j’ai vu en français — pas besoin du subjonctif ici — et parmi les pires au monde entier, le troisième volet des Visiteurs est ce qui se passe quand on n’a plus d’idées. La Révolution devrait être un cadre riche pour n’importe quel film, mais c’est juste 2 heures de Jacqouille faisant les mêmes blagues qu’avant. Aucune raison pour le revoir — et à éviter à tout prix si vous êtes assez chanceux pour ne pas le connaître. Au cas où je ne serais pas assez clair, il y a un moment tout à la fin où Jacquoille et Godefroy se retrouvent au milieu de la SGM, entourés par des Nazis — et ma réaction ? NON, ASSEZ. Comprenez-vous à quel point je dois en avoir marre pour ne pas m’intéresser à cette période ?
©️Gaumont
  1. Les Bronzés : Le film que je déteste le plus au monde (pourtant mieux que le 3e Visiteurs !). Je sais que ce classement fait la polémique, mais il n’y a pas deux personnages que je déteste plus dans n’importe quel film que Jean-Claude Dusse et Popeye. Ça comprend tous les films avec des Nazis qui suivent. Je crains que tout le monde pense que je suis M. Dusse, et rien ne m’offense plus que ça.
  2. Les Bronzés font du ski : Plus drôle et un peu moins obsédé avec le sexe que son prédécesseur. C’est tout ce que je peux dire de gentil à propos d’un film avec les mêmes personnages.
  3. Le Trou normand : C’est Bourvil. C’est Bardot. C’est une heure et demi de regarder l’homme le plus sympa de l’histoire du monde souffrir aux mains de petites brutes. Le temps que le film finisse, je n’en pouvais plus.
©️Gaumont
  1. L’Emmerdeur : Lino Ventura et Jacques Brel devraient être la formule du succès dans cette histoire d’un tueur à gages qui veut juste tirer sur sa cible en paix. Mais M. Brel est là pour tout gâcher en tant que l’un de nombreux cons dits « François Pignon » écrits par M. Francis Veber. M. Veber trouve évidemment ces personnages extrêmement drôles. La blague marche mieux dans sa tête.
  2. Tout ce qui brille : Géraldine Nakache et Leila Bekhti jouent dans les peaux de deux jeunes femmes qui veulent désespérément une vie à la mode, un désir qu’elles croient leur donne le droit de mal traiter tous leurs proches, faire des escrocs, voler, et se comporter en général comme deux connasses en or. Et je crois quand même que j’ai vu 5 pires films. Ne sous-estimez pas à quel point je déteste ces 5 autres.
©️Pathé
  1. Le Dîner de cons : L’autre François Pignon de ma liste, joué cette fois par Jacques Villeret. Pour être vraiment drôle, on a besoin de quelque chose de sympathique même chez un vrai con. Il y a exactement une scène où il paraît que ça existe chez ce Pignon. Mais ça ne dure pas.
  2. Le Gendarme et les gendarmettes : Aucun acteur n’apparaît dans ce classement plus que Louis de Funès, mon préféré dans n’importe quelle langue. Mais ce film est un navet tout pourri, une fois de trop pour cette série bien aimée. Je n’ai aucune envie de critiquer soit de Funès soit le réalisateur Jean Girault pour cet effort. Les deux sont morts pendant et juste après le tournage, et ces lumières n’avaient plus rien à donner. Laissez tomber.
©️SNC
  1. En attendant Bojangles : Les 20 premières minutes sont parmi les choses les plus hilarantes que j’ai vues. Après, ce film descend en enfer, une tragédie de maladie mentale hyper-sombre sans pitié. Les performances de Virginie Efira et Grégory Gadebois sont excellentes, mais je n’ai aucune envie de le revoir.
  2. Kaamelott : Premier volet : Ce classement est presque certainement injuste, mais j’ai un problème. Sans avoir vu la série, je n’ai absolument rien compris. Il y a quelques moments drôles qui ne comptent pas sur cette connaissance, mais je ne peux pas le mettre plus haut dans ma liste vu mon expérience du film.
  3. La Boum : Le début de Sophie Marceau, une actrice bien aimée par tous les Français. (Je l’ai rencontrée pour la première dans le rôle d’Elektra King, méchante du film de James Bond « Le Monde ne suffit pas ». Heureusement, je ne l’ai pas reconnue du tout.) Mais ce film dépend de certains souvenirs que la plupart du monde ont, et pas moi. Par contre, les Vic de ma vie n’étaient que des mirages cruels, alors je n’avais aucune sympathie pour ses tribulations. L’expérience de regarder ce film était 2 heures de douleur, même si moins que Les Bronzés. D’autre part, à cause de ce film, j’ai dîné chez La Coupole pour finir ma toute première journée en France, et ça, c’est un souvenir heureux pour toujours.
©️Gaumont
  1. La Vache et le Prisonnier : Il y a une partie de moi qui voulait mettre ce film encore plus bas dans le classement, juste après les deux Bronzés. Mais ce serait injuste. Je n’aime pas Fernandel — sa voix, sa gueule, rien. Cependant, ma plus grande plainte, c’est que ce film est le même gag encore et encore — la vache se perd et Fernandel fait des bêtises en essayant de la récupérer. Beaucoup de monde le considère un classique, et il manque de la méchanceté et des problèmes personnels des autres. Mais je n’ai aussi aucune envie de le revoir.
  2. OSS 117 : Rio ne répond plus : Mon OSS 117 n’est pas le même que le vôtre. Il est censé être une parodie de tout ce que les Français n’aiment pas chez eux. Mais moi, j’adore son patriotisme. Il y a une scène au milieu d’un jungle qui n’est qu’un long discours magistral qui le cible. Le problème, c’est que tout ce film est un long discours magistral. On doit rire avec le personnage principal parfois, pas seulement se moquer de lui, et ça n’arrive pas dans ce film.
  3. En corps : Une histoire de romance, d’une carrière presque déraillée par une blessure, et de danse. Marion Barbeau est une danseuse talentueuse mais pas du tout comme Noëlle Adam dans L’Homme orchestre, elle ne convainc pas en tant qu’actrice. L’intrigue est trop prévisible. Cependant, il y en a pire à louer.
©️Studiocanal

Faim

Quelle que soit la couleur qui veut le client, tant qu’elle soit noire.

Henry Ford

Je meurs de faim.

« Justin », vous me dites, « vous pesez 90 kg. De tous vos problèmes, ce n’en est pas un ! » Et de ce point de vue, ben, vous avez évidemment raison. Je ne vais pas crever demain. ([Dommage. — Mon ex])

Mais je n’aime pas cuisiner pour moi-même tout le temps, et c’est le sujet de notre billet aujourd’hui. Quand je suis arrivé à Irvine en 2000, je le croyais un paradis sur Terre. En plus d’être le bon endroit pour voyager également à San Diego qu’à Los Angeles, il y avait toute une diversité de cuisines. Le meilleur resto de la région s’appelait Gustaf Anders — c’était suédois — et il y avait aussi des restos italiens, grecs, américains, etc., à ne pas oublier Pascal. Ainsi que des trucs asiatiques et mexicains. La ville ne manquait de rien.

Que tout ait changé !

Cet après-midi, j’ai décidé de vous faire découvrir trois centres commerciaux différents. J’ai tourné quelques clips de ce que l’on appelle les « food courts », les aires de restauration. Dans ces parties des centres commerciaux, on trouve largement des restos rapides ; je voulais éviter les plus chers restos avec des serveurs, pour illustrer quelque chose. Je préfère vous montrer ce qui se passe plutôt que l’expliquer.

Commençons à Northpark Plaza, anciennement où mon ex et moi faisions nos courses chez Albertson’s. Je déteste Albertson’s, une chaîne de supermarchés absolument bas de gamme, mais ils servaient au moins toute la population. H Mart cible uniquement les immigrants coréens. Dans ce clip, vous trouverez Mega Bank, qui cible des immigrants chinois, Chai Lan, un resto chinois ; Tang & Tang, un resto coréen ; Kiyo, un resto japonais ; et Goo-Yi, un autre resto coréen.

« Mais Justin », vous me dites, « sûrement c’est juste que ce centre sert un quartier asiatique. Impossible que le plus grand centre commercial de la région, The Market Place, serve aussi juste des clients asiatiques. » Alors, voici le premier des trois aires de restauration de ce centre commercial.

Il y a Fresh Brothers, la pizzeria de mon clip du 1er — mais aussi (dans l’ordre d’apparition) du chinois, hawaïen, yaourt glacé, japonais, vietnamien, taïwanais, et indien. Les deux endroits vides étaient anciennement grec et mexicain (la chaîne grecque vient de quitter Orange County) ; un glacier (Handel’s) est en train d’y déménager d’ailleurs dans le même centre. Un autre ?

Rubio’s est mexicain. Après ça, il y aura une boutique de boba, puis il y a : chinois, des sandwichs génériques, un autre glacier, un resto coréen, des sandwichs « italiens », et un autre resto coréen. Le dernier ?

Du poisson dans un style mexicain (mais pas seulement), plus de chinois, et quelque chose de vaguement méditerranéen. « Mais Justin », vous me dites « sûrement, il doit y avoir des burgers quelque part. Et les burgers sont toute la cuisine américaine ! » Et en fait, il y a trois endroits consacrés aux burgers — deux sont chers avec des serveurs, et l’autre est In-N-Out, le burger californien. Mais il n’y a plus de barbecue de notre Sud, ni de poulet frit, ni de Cajun, ni de hot-dogs, ni de boulangerie à l’américaine — tous anciennement trouvés dans ce même centre, au même niveau de prix. Il y a Pandor, boulangerie à la française critiquée dans ces pages il y a 3 ans. Mais je crois que vous voyez déjà ce que je veux dire.

Visitons The District, le plus proche de chez moi :

Il y a deux restos dits « hot pot » (pot-au-feu à la chinoise), deux endroits pour le thé boba, une boutique de pancakes à la japonaise, du poulet frit à la coréenne, puis une barbecue à la coréenne à côté pour finir ! Le grand « hot pot » était anciennement une brasserie à l’américaine ; ailleurs dans le même centre, il y avait un excellent resto de cuisine américaine, Bistro West, mais il a été remplacé par J. Zhou Dim Sum. Il y a un resto « Franco-californien », The Winery, dans ce centre ; hyper-cher et seulement pour les occasions spéciales.

Je ne vous ai même pas montré le centre 100 % asiatique près de chez moi, Diamond Jamboree. Celui-ci cible depuis le début un clientèle asiatique, alors je n’ai pas de plainte.

Après 3 jours de suite de mexicain, je suis allé dans un resto rapide à la chinoise ce soir, Pick Up Stix :

J’essaye d’éviter à tout prix le riz blanc, qui me fait de pires problèmes de glycémie que n’importe quel croissant (297 mg/dL après ce riz, youpi !). Super d’avoir une telle collection de cuisines à base de riz blanc.

À moins que vous habitiez à Saint-Genis-sur-Menthon, dans l’Ain, qui n’a eu aucun commerce pendant 30 ans, il est peu probable que vous habitiez quelque part où vous ne pouvez pas trouver de la cuisine française.

Je dis ça, je dis rien.