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Il faudra qu’on parle

En ce moment, je suis dans un bus. C’était inattendu, mais c’est le Système D — tous genres de trucs sont toujours soit fermés soit annulés soit emballés par un escroc. À cause d’avoir perdu environ deux heures aux buses au lieu de trains, je partirai sans avoir mangé aujourd’hui. J’aurais tellement aimé revenir au Temps des Cerises et faire des achats chez Carrefour ou encore Monoprix. (Je veux visiter un Monoprix comme vous voulez visiter Hawaï.)

Mais ça devra attendre. Disons que si la leçon de la dernière fois était que les stéréotypes ont tort, la leçon de cette fois est qu’ils ne viennent de nulle part. Je dois bien réfléchir avant de vous raconter ce voyage, parce que je sais très bien que vous êtes tous mes amis, et vous ne méritez pas du tout ma colère d’hier. Ou, franchement, d’aujourd’hui pas non plus.

Alors en ce moment, je vais partager juste deux choses. D’abord, un souvenir du meilleur concert de ma vie :

Puis, un œuvre d’art que j’appelle « Avant et après » :

Je vous ai dit que je suis arrivé pour nettoyer les étagères de nougat !

Puisque je suis ici

Bonjour, les amis ! Je suis arrivé pour faire mes achats chez Carrefour. Comme on dit, après moi, la pénurie de nougat de Montélimar.

Oh ! Il se passe que je suis en France, à Paris en fait. Bon, puisque je suis là (faut fredonner le meilleur moment d’Alice et June ici), je suppose que je pourrais peut-être passer par le Stade de France pour le concert d’Indochine ce soir. Mais, vraiment, ce serait assez pour moi.

Alors, vous êtes tous malins, et vous comprenez maintenant que je plaisantais — un peu — sur le nougat. (C’est un sujet gravement sérieux, le nougat.) Je suis en fait ici principalement pour le concert. Je n’ai pas du temps pour en faire plus — je dois reprendre ma fille lundi. C’était une décision très difficile à prendre, mais le choix cette année n’était pas entre le concert et une semaine entière. C’était plutôt entre le concert et rien.

Je veux être CLAIR sur quelque chose : je ne suis pas du tout devenu le genre d’étranger qui est tombé amoureux de Paris et rien d’autre. Si j’avais encore une semaine, je n’aurais passé qu’un jour à Paris pour entrer et sortir — j’irais plutôt à Lille. Ou Lyon. Ou Caen. Ou Quimper — comme je suis tombé amoureux de Quimper ! Ou faire le tour révolutionnaire en Gironde et en Vendée. Je ne veux offenser aucune de mes connaissances en oubliant leur ville !

Alors pourquoi tout ça pour un concert ? Car ce n’est pas la première fois où un groupe que j’adore fête son 40e anniversaire. La dernière fois, c’était Rush et dès que cette tournée-là est terminée, ils ont pris leur retraite. Plus tard, il s’est avéré que leur batteur avait un cancer du cerveau. Il est mort en janvier 2020, et il me manque tous les jours. J’ai peur de rater Nico comme j’ai raté la dernière tournée de Rush, comme j’ai complètement raté Genesis et The Police.

Mais en plus, ce concert sera l’un des plus grands de tous les temps. Selon les statistiques :

  • Plus de 97 000 spectateurs
  • Un écran vidéo de plus de 2 500 m^2, le plus grand jamais utilisé pour un concert
  • Une tour qui fait 45 mètres de hauteur au milieu du stade
  • Une scène de 850 m^2

Je n’ai jamais fait partie d’un concert dans n’importe quel stade pendant ma vie entière. Les plus grands pour moi sont Fleetwood Mac et Rush à Los Angeles, avec peut-être 13 000 spectateurs. Même si Indochine ne prend pas sa retraite, je ne répéterai jamais cette exercice. Mais je voulais, juste une fois, vivre un tel moment avec les gens que j’aime le plus au monde.

Le boucher de Nantes

Quand j’écris les posts « Je découvre », j’essaie de présenter les départements selon leurs meilleures qualités. Mais l’histoire a aussi des ombres, et aujourd’hui, on parle d’un chapitre malheureux de l’histoire nantaise. Cette fois, je parle d’une histoire dont j’ai entendu parler d’un ami il y a longtemps, l’histoire de Jean-Baptiste Carrier et les noyades de Nantes. Je suis ici la narration du site France Pittoresque et de Wikipédia.

Les noyades de Nantes par Joseph Aubert, Photo par Musée d’art et d’histoire de Cholet, Domaine public

Je vous ai dit en Gironde que les deux départements que tout le monde connaissent aux États-Unis sont la Gironde et la Vendée, à cause de leurs rôles pendant la Révolution. On parle des révoltes vendéennes, mais cet épisode est un moment de la Terreur qui est peu connu chez moi car il s’est passé en dehors de Paris. (L’histoire de la Terreur aux États-Unis est plus ou moins : les États-Généraux arrêtent le roi, la Montagne devient de plus en plus sanguinaire, Marie-Antoinette mange de la brioche, M. Robespierre prend la parole, puis tout le monde est guillotiné, le homard Thermidor est créé et le mot « tricoteuse » entre la langue anglaise à cause du livre « Le Conte de deux cités » par Charles Dickens. On passe directement à Waterloo pour reprendre ce qui compte, la glorieuse histoire anglophone.)

D’abord, on doit établir pourquoi Carrier voulait tuer des prêtres en plus que les rebelles vendéennes. C’est à cause de la Constitution civile du clergé de 1790, selon laquelle il fallait que les prêtres abandonnent l’Église catholique pour une nouvelle Église constitutionnelle. Les prêtres qui ont refusé étaient labellisés réfractaires ; c’est-à-dire des ennemis de la Révolution et du pouvoir séculaire.

Les rebelles vendéennes ont formé une armée catholique et royale ; les prêtres étaient donc pire que juste des hérétiques qui n’étaient pas d’accord avec les révolutionnaires — ils étaient les symboles d’une cause opposée. En octobre 1793, le Comité révolutionnaire de Nantes a rendu 90 prêtres sur un bateau ancré dans la Loire, pour servir en tant que prison. Mais Carrier est arrivé pour se charger des affaires et il veut écraser complètement la révolte. Il décide donc de les tuer tous. Mais sans un procès, il ne veut pas de témoins, alors il ne dit pas au commandant du bateau qu’il va noyer les prêtres. Il leur dit qu’ils seront transférés à un autre prison.

Mais son adjutant, Lamberty, demande aux prêtres de lui rendre leurs objets de valeur. Puis, les prêtres sont attachés deux par deux et mis dans une gabare avec des trou en bas. Selon France Pittoresque :

L’eau envahit la cale, où les prêtres, commençant à se rendre compte qu’ils vont bientôt rencontrer le Créateur, se mettent à hurler de désespoir, à supplier pour qu’on leur porte secours. Un des bourreaux a l’idée de leur faire une bonne blague, il grimpe sur le chaland en train de couler pour faire semblant de vider l’eau au moyen d’une poêle à châtaignes percée de trous. Que c’est amusant ! Mais les prêtres, qui ont déjà de l’eau à mi-cuisse, ne goûtent pas la plaisanterie.

Mais c’est une façon efficace de tuer un grand nombre d’hommes en même temps. Carrier, qui a un sens de l’humour vraiment macabre, appelle ça « la déportation verticale » dans la « baignoire nationale » ; c’est-à-dire, la Loire. Il profite tellement de cette expérience qu’il a fait noyé entre 1 800 et 4 800 victimes — les historiens ne sont pas d’accord sur un chiffre exact.

En plus des noyades, Carrier a ordonné des fusillades qui ont tués environ 3 000 prisonniers, dont des civils, des femmes, et des enfants. Carrier est un homme impitoyable ; selon Wikipédia :

Francastel, Tréhouart et Prieur de la Marne, membre du comité de salut public, sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhortait à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général Haxo, d’incendier toutes les maisons des rebelles, d’en massacrer tous les habitants et d’en enlever toutes les subsistances ».

Carrier fait partie de la chute de M. Robespierre. Mais après l’acquittement d’une centaine de nantais, il y a de nombreux témoins contre lui et il est mis en accusation. Il est un criminel sans doute, mais peut-être qu’il n’avait complètement tort quand il a dit :

« Tout est coupable ici, jusqu’à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable »

Il est guillotiné le 16 décembre 1794, mettant fin à la Terreur de Nantes.

Je m’en vais

Je n’en peux plus.

Vous savez tous que je suis 100 % accro au nougat de Montélimar. J’en ai acheté à Paris l’année dernière, puis j’ai écrit sur la Drôme, d’où il vient. Mais le stock de nougat tendre chez myPanier est en rupture depuis février, et il s’est avéré que je n’aime pas le nougat dur. J’en ai trouvé un peu en avril quand j’ai commandé le chocolat en forme de couteau suisse, mais Yummy Bazaar coûte beaucoup trop cher pour être la bonne source.

Connaissez-vous les contes de C.S. Lewis sur le pays de Narnia, surtout Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique ? Dans ce livre, il y a un garçon, Edmund, qui trahit sa famille et les narniens pour une boîte de loukoum. Moi, j’ai toujours trouvé cette histoire trop ridicule. Le problème n’est pas vendre sa famille et tous ses amis à une sorcière. C’est pas grand-chose. Mais pour du loukoum ? Non, c’est à rire. En revanche, pour du nougat de Montélimar ? Ça, je pourrais comprendre.

Alors, je vais régler cette situation à tout prix bientôt. Le nougat me manque, et je suis prêt à faire une vraie connerie pour en avoir plus. Demain, je vais vous raconter une dernière histoire nantaise avant notre dîner départemental. Mais après, vous allez voir à quel point je souffrira pour avoir la meilleure chose au monde, le nougat de Montélimar.

(N’imaginez pas que j’ai perdu la tête. Il y a toujours de la méthode derrière mes folies.)

Mes erreurs de géographie

Pendant la vie de ce blog, j’ai fait — et je continue de faire — quelques erreurs géographiques. Parfois, je peux au moins plaider que mes sources m’ont trompé. Il y avait le temps où j’ai pensé que la Cité du Chocolat était en Ardèche — car leur site de tourisme l’a mentionnée. Il y avait le temps où j’ai mis le ZooParc de Beauval en Indre-et-Loire, car le Guide Vert m’a dit que c’était proche du Château de Chenonceau, et je n’ai pas remarqué que le code postal l’a mis dans le Loir-et-Cher. Je fais ATTENTION maintenant aux codes postals de chacun des trucs dans mes articles.

Mais cette semaine, je me suis VRAIMENT banané dans mon article sur la Loire-Atlantique. Quelques minutes après avoir partagé l’article, j’ai reçu des commentaires des amis sur Facebook : « Comment es-tu arrivé à oublier que Louis de Funès y est enterré ? » Et ils avaient complètement raison. Ça ne sert à rien de dire que je me souviens seulement du fait qu’il est né à Courbevoie, car il l’a mentionné dans Le gendarme et les gendarmettes (et c’est un vrai fait biographique) :

Une commentatrice m’a gentiment suggéré que c’était pas ma faute, mais après plus de 30 films de ce monsieur, il faut demander quel genre de fan je suis !

Mais je peux UN PEU plaider la même chose sur mes sources. Quand je fais mes recherches sur les personnages connus, j’ai toujours deux sources. D’abord, je garde un tableur avec une ligne pour chaque département. Si j’entends parler de quelqu’un avant d’arriver dans leur département, je me laisse une note. L’autre chose, c’est que Wikipédia — avec un accent, je parle SEULEMENT de la version française — a toujours un titre « Personnalités liées au département ». On trouve souvent la même chose pour les communes les plus grandes. Je vérifie toujours les pages des dix communes les plus grandes en plus de la page départementale. D’habitude, je recherche environ deux cents personnes pour ce paragraphe !

Voilà la page du département sur Wikipédia. Il y a un lien vers une autre page, Liste de personnalités nées à Nantes. Louis de Funès n’y est pas né, alors pas surprenant qu’il n’est pas là. Mais sur la page de Nantes lui-même, on trouve un lien vers une autre page, Liste de personnalités liées à Nantes dont « Les Nantais d’adoption ». Mais de Funès vivait juste en dehors de Nantes, au Cellie, alors il n’apparaît pas non plus dans cette dernière liste. Et Le Cellier n’est pas l’une des communes les plus grandes du département.

Je n’ai aucune idée où est enterré Roger Moore, mon James Bond préféré. Même chose pour G.K. Chesterton, mon auteur préféré. Mais Louis de Funès a changé ma vie plus que n’importe qui, alors même si mes amis me taquinaient, ils ont quand même raison.

La banque de l’Inspecteur Gadget

Quand j’étais gamin, mes deux séries préférées étaient les Transformers et GI Joe. Désolé, mais la France n’avait rien à voir avec ces deux chefs d’œuvre de la télé. Mais APRÈS ces dessins animés, beaucoup de mes autres séries préférées se sont produites par la société Diffusion information communication, mieux connue par ses initiales, DIC. Les Entrechats, MASK, les Mystérieuses Cités d’Or (de laquelle on doit parler plus une autre fois), et surtout Inspecteur Gadget — tous les fruits des collaborations franco-américain-japonaises.

Depuis que j’étais un bébé, je regarde toujours les crédits des films et des émissions. C’est une question de respect pour les créateurs. Et quand je regardais les crédits de ces émissions, je remarquais les mêmes noms encore et encore : Andy Heyward, Bruno Bianchi, et Jean Chalopin. C’est M. Chalopin duquel on parle aujourd’hui.

Avant de continuer, je vais vous raconter deux renseignements biographiques. D’abord, je vous rappelle que j’ai toujours refusé de vous vendre aux réseaux de publicités, et ça continue. Bien sûr, je sais que tous mes lecteurs (et moi en plus) sont des terroristes du Mouvement Escoffieriste, mais au-delà de ça, je travaillais pendant des années dans plusieurs rôles qui traitaient de la sécurité. Je connais certains des gens qui achètent vos données. Aucun de ces gars-là méritent votre confiance.

On penserait donc que je suis grand fan des crypto-monnaies. Rien n’est plus loin de la vérité. Dans une autre vie, j’étais fondateur d’une entreprise qui utilisait les avis des expertes pour produire des modèles prédictifs des bourses. Les modèles étaient plutôt bons, mais il s’est avéré qu’on ne peut pas vendre de tels modèles. Il y a beaucoup de raisons, mais l’échec de cette entreprise était ma contribution à l’effondrement de mon mariage et je n’ai plus envie d’y travailler. Je vous dis ça pour établir que je sais un peu sur les actions et les bourses, et à mon avis, les crypto-monnaies sont des arnaques sans exception. Je ne suis pas conseiller en investissement, et surtout pas le vôtre, alors ne comptez pas sur cet article pour prendre des décisions fiscales.

Mais tout ce parler des bourses et de crypto-monnaies n’a rien à voir avec l’Inspecteur Gadget, vous dites ? C’est exactement où on doit parler de M. Chalopin. Ici, je suis une histoire en anglais publié par Bloomberg Businessweek, l’un des plus grandes sources de nouvelles financières aux États-Unis. On peut trouver certaines infos traduites en français ici sur Crypto News, mais c’est un site de propagande.

Ça fait 35 ans depuis qu’il a vendu DIC. Après ça, M. Chalopin est déménagé dans les Bahamas, où il a commencé à garder son argent dans une banque locale appelé Deltec. Les Bahamas, comme la Suisse et le Grand Caïman, sont bien connus pour leurs lois financières très strictes. Je plaisante, bien sûr, et ce n’est vraiment plus le cas chez les Suisses, mais si on veut éviter les comptables et les impôts, la Caraïbe reste l’endroit où s’installer.

Après 30 ans comme client, M. Chalopin a acheté Deltec. Il a décidé de pousser l’entreprise en servant des industries où il reste difficile d’attirer l’attention des banques traditionnelles, comme la biotechnologie. Et la crypto-monnaie. En 2017, il a rencontré Giancarlo Devasini, un ancien chirurgien plastique italien qui est devenu le PDG d’une entreprise appelée Tether.

Tether est un genre de crypto-monnaie qui dit que l’on peut échanger des Bitcoin contre des dollars américains sans vendre les Bitcoins en empruntant des Tether. L’idée est que pour chaque Tether, il y a 1 $ américain dans une banque quelque part. Mais les grandes questions : où est l’argent derrière cette promesse ? C’est dans quelles banques ? Qui l’a mis dans ces banques ?

Et la réponse, selon Bloomberg Businessweek, c’est qu’environ un quart des dollars — 15 milliards de 69 en total — restent avec Deltec, la banque de M. Chalopin. Il dit qu’il ne sait pas où est le reste de l’argent, mais que l’on peut dire au moins que sa banque a du vrai argent. Il y a des raisons pour croire que le reste de l’argent est investi dans des investissements risqués, comme des obligations d’immobiliers chinois. Pourquoi est-ce un problème ?

Disons qu’il ne dit que la vérité, qu’il y a en fait 15 milliards de dollars dans sa banque liés à Tether. Mais supposons que c’est pas vrai partout. S’il y a une chute du prix de Bitcoin, et que les prêts libellés en Tether sont annulés, il faut les payer avec les dollars derrière Tether. Ça pourrait commencer une ruée bancaire qui épuise les réserves de dollars chez la banque de l’Inspecteur Gadget. Et pour garder contre ce risque, il faut que tout le monde fait confiance à un réalisateur de dessins animés et un chirurgien plastique.

Je cherche un livre

Cette fois, je n’en ai pas trop à vous raconter. Mais j’aimerais de l’aide avec quelque chose.

Je ne vais pas vous mentir, quand j’étais jeune je croyais que la Révolution française était une mauvaise chose. En partie, c’était parce que j’avais la tête pleine d’histoires de rois et de chevaliers (et de Jeanne d’Arc). Un acte de lèse-majesté m’a beaucoup dérangé. (Je n’ai toujours rien de gentil à dire à propos de M. Cromwell en Angleterre.) Au lycée, j’ai lu l’œuvre de M. Burke, les Réflexions sur la Révolution de France. Mes profs m’ont expliqué qu’il y avait quelques erreurs factuelles dans le livre, et en plus que c’était plus un traité philosophique qu’une histoire. Mais l’effet reste profond. J’ai toujours des amis français qui parlent de la « calomnie de la brioche », et il me semble que c’est pas faux. Tout ça, c’est-à-dire que je connais bien la version royaliste, ou peut-être que ce serait mieux de dire réactionnaire.

Mais je doute que ce soit la version que l’on apprend dans les écoles françaises. Alors, ce que j’aimerais faire, c’est de trouver un livre qui présente la version française de la Révolution. Pour être clair, j’aimerais lire la version consensuelle, dans la mesure où l’on peut parler d’une telle chose. Je suis sûr que de nos jours, il n’y a pas mal de théories qui ont autant à voir avec la politique moderne que les faits historiques. C’est la tendance partout, mais ça ne me convient pas. Je veux juste comprendre ce qui pense le français moyen.

Je sais que vous comprenez tous mes intentions, alors soyez gentils les uns envers les autres dans les commentaires !

C’EST FINI

Ce soir, j’ai enfin réussi un objectif dont j’ai eu besoin de plus de deux ans pour tout finir.

Voici la musique dans ma tête, le son du succès depuis 1987 :

Il y a un sens dans lequel c’est fini depuis longtemps. Il y a 10 « unités », avec 20-28 leçons pour chacune (mais la première n’en a que 12). Chaque leçon offre 5 niveaux, appelés « couronnes » par Duolingo. Deux fois pendant l’année dernière, quand j’étais sur le point de tout finir, ils ont ajouté une nouvelle unité ! Alors ce que j’ai fait ce soir, c’était enfin gagner la cinquième couronne de toutes les leçons. Mais j’ai déjà gagné au moins une couronne pour chaque leçon il y a longtemps.

Ceux qui jouent aux jeux vidéos reconnaîtront la pire habitude des joueurs, être complétiste. Si quelqu’un nous dit qu’il existe 20 succès dans un jeu, même si le vingtième est « réussir les autres 19 », il nous faut réussir tous les vingt. Il n’y a aucun choix ; nous penserons à rien d’autre jusqu’à ce qu’il se soit achevé. (Au fait, Google donne « complétiste » pour le mot en anglais « completist, » mais je ne le trouve pas dans aucun dictionnaire. Je doute que ce soit la traduction préférée des joueurs francophones, mais je ne fais pas assez partie de ce monde-là pour vérifier. Je crois que vous comprenez l’idée.)

Voilà tous les succès — le seul qui n’est pas fini est payant, et je n’ai même jamais dépensé un centime pour Duolingo :

Puisque tout ça est en anglais (on ne peut pas prendre des leçons dans l’appli en la langue du portable ; c’est logique), ce qui compte est celui-ci :

Ça dit « Conquérant : Vous avez réussi un cours entier au Niveau 5. » Franchement, c’est plutôt insultant aux vrais conquérants, comme Guillaume où Napoléon, mais on fait ce qu’on peut.

Je vous ai précédemment raconté des histoires (voilà et voilà), et des plaintes, sur Duolingo, mais je vais mettre fin à notre histoire ensemble avec plusieurs souvenirs récents. Au fait, je continuerai avec une vieille leçon tous les jours pour ne pas perdre mon « streak », ou série (encore une fois, pas exactement le bon mot — c’est-à-dire le compte des jours sans manquer une leçon). Je ne suis pas toujours prêt à dire adieu au hibou vert.

Ils m’ont appris quoi dire à mon ex si je l’invitais à déjeuner :

Aux États-Unis on peut dire absolument n’importe quoi sur les hommes, mais pas les femmes :

J’ai des questions sur leur avis des Justin :

Non, mais sérieusement, qu’est-ce que vous voulez dire sur moi, Duolingo ?

De plus en plus, il me donne de fausses leçons — voici de mauvaises corrections :

Est-ce même en français ?

Mais Duolingo me connaît mieux que j’aimerais avouer ;

Et à part toutes les blagues, ils comprennent ce que je fais vraiment :

Une question de style

Je dois dire au début que je n’ai aucune intention de faire la polémique. Mais j’avais une question plus tôt aujourd’hui, et je n’aimais pas du tout ma réponse. Je voulais partager ce mème sur Facebook avec un commentaire sur une femme avec laquelle je travaillais.

Source

La femme de laquelle je parle était la propriétaire de l’entreprise. Même pour écrire cette phrase, j’ai vérifié l’entrée pour « propriétaire » dans le Trésor de la Langue Française car je ne fais plus confiance aux dictionnaires bilingues sur ce sujet. Je vais vous montrer pourquoi, mais avant de continuer, je précise que mon but était utiliser la bonne grammaire autour du mot « chef ». J’ai fini par utiliser « patronne », mais ça ne me satisfait pas car je ne veux pas éviter un mot aussi commun que « chef ».

Duolingo m’a récemment donné cet exemple :

Vous pouvez deviner que recevoir une mauvaise note m’a énervé — le mot « boss » en anglais n’a aucun genre. C’est donc pas logique de dire qu’il n’y a qu’une solution féminine. J’aurais accepté une note qui disait qu’il y avait deux solutions, mais celle-ci a tort.

Toutes mes sources veulent traduire le mot « boss » en anglais comme « patron/ne » en français — bien que Duolingo utilise « chef ». Voilà l’Oxford-Hachette, le Collins-Robert, et Google :

Le dictionnaire Oxford donne chef après patron, mais seulement comme nom masculin. Que arrive-t-il si on demande sur « chief, » la traduction plus littérale de « chef » ? Encore une fois, même ordre :

On ne trouve pas « la chef » ni « cheffe ». Mais… il s’avère que les dictionnaires disent des trucs différents si on change la direction de la traduction (du Français vers l’anglais). Maintenant, le Collins-Robert nous dit que chef prend tous les deux genres, et l’Oxford-Hachette donne aussi « cheffe » et « la chef », mais dit que les deux sont des « usages informels » :

C’est trop. Je ne peux pas faire confiance même à un seul dictionnaire d’avoir le même avis dans les deux sens. Heureusement pour moi, j’ai une cinquantaine de lecteurs auxquels je peux faire confiance. Alors, pour exprimer qu’une personne est une femme avec le titre « chef », je devrais écrire quoi exactement ?

(Veuillez ne pas vous disputer dans les commentaires. Je comprends qu’il y a plusieurs réponses, et les différences ne sont pas seulement une question de grammaire.)

Des souvenirs de la guerre

Aujourd’hui, j’ai quelque chose de spécial pour vous. Il y a longtemps, je vous ai raconté l’histoire des aventures de mon grand-père à la Bataille des Ardennes. Mon frère a récemment trouvé des souvenirs de son service dans l’Armée chez ma grand-mère (qui est disparue depuis 2009).

On commence avec sa plaque d’identité militaire :

Il y a cinq lignes. En premier, on y trouve son nom, Milton A. Panzer. La deuxième ligne, c’est son numéro de série. J’ai essayé de le rechercher dans la base de donnés de l’Armée, mais aucun résultat. La base de données manque beaucoup de dossiers, alors ça ne nous donne pas de raison pour nous inquiéter. Mais je soumettrai une demande pour son formulaire DD-214, l’histoire complète de service dans nos forces armées. La troisième ligne est le nom de sa mère, Esther Panzer, et les deux dernières lignes sont son adresse au cas où il mourrait. Voici la maison, selon Google :

Cette maison est absolument typique de Newark, New Jersey, mais je ne l’ai jamais visitée. Mon grand-père est mort d’une crise cardiaque en 1971. Mes parents ont déménagé en Californie en 1975, et moi, j’ai été délivré par les cigognes en 1976.

Il y avait plusieurs formes d’une médaille dans la boîte avec la plaque d’identité :

La médaille s’appelle le « Good Conduct Medal » (Bon Service), décernée pour « Comportement exemplaire, efficacité et fidélité à l’armée fédérale en service actif ». Elle est présentée en plusieurs formes pour qu’on puisse la porter avec n’importe quel genre d’uniforme.

Et maintenant, le trésor des trésors, quelque chose pour laquelle on aurait dû être là. N’importe quel type aurait pu gagner la médaille en s’asseyant derrière un bureau. Mais on devait capturer celui-ci.

Comme j’aurais aimé entendre l’histoire de ce brassard nazi ! Mais mon grand-père n’est pas seulement mort avant ma naissance, mais selon ma grand-mère, il n’a jamais voulu parler de son temps en Europe. Et honnêtement, c’était une attitude commune parmi les soldats. Je n’ai pas le droit de me plaindre, mais maintenant vous savez autant que moi.