Pour l’amour d’Uber

L’amour, même en ses plus humbles commencements, est un exemple frappant du peu qu’est la réalité pour nous.

Marcel Proust

Je ne peux pas dire ce qui m’est arrivé aujourd’hui ; c’est interdit. Disons que M. Proust était un optimiste naïf. Disons aussi que je suis divorcé depuis 12 ans, mais pour certaines, ce sera toujours juste hier.

Puis-je vous dire que je ne comprends pas l’amour du monde pour Uber ? Laissez tomber son nom horrifiant. Je ne sais pas comment il a été lancé en Europe, mais au début aux États-Unis, ils disaient que le service était pour covoiturage, pas du tout quelque chose de payant comme un taxi. C’était juste pour éviter les lois autour de ce genre de service. Depuis ce temps, leur réputation pour l’honnêteté ne s’est pas améliorée. Malgré ça, j’ai du mal à comprendre le contretemps actuel — n’est-il pas le cas que toutes les grandes entreprises font les mêmes efforts ?

Au fait, j’étais pas au courant de la réputation de M. le Président Macron quant aux anglicismes.

Nous avons le même problème que vous quant à la « sobriété énergétique ». Mais ce dessin me dérange car il me rappelle quelque chose qui s’est passé en Californie. Il y a des années, nous avons passé une loi pour « bannir » les sacs en plastique jetables. On nous a dit que c’était pour être « écolo ». Mais complètement par hasard, à cause de la même loi, les mêmes magasins pouvaient tout à coup nous facturer au moins 0,10 $ ( 1 $ chez Disney) pour des sacs en plastique un peu plus épais. Quelle coïncidence ! Je suis né le matin, mais pas ce matin. Ça dit, les prix de tout ne baissent pas sauf quand il y a moins de demande, alors c’est pas le même genre d’escroc.

Connaissez-vous le conte De l’autre côté du miroir ? C’est l’œuf Humpty-Dumpty qui dit « Quand j’utilise un mot, il signifie exactement ce que j’ai décidé qu’il signifie, ni plus, ni moins. » J’ai la même impression avec cette nouvelle sur les énergies durables. Pour être clair, on fait la même chose chez moi, c’est juste à props d’autres sujets.

Je suis quand même d’accord que le vin devrait être reconnu comme jus de fruit.

Finalement, je ne m’ennuierai jamais des blagues comme celle-ci sur le cyclisme. J’ai honte des noms Armstrong et Landis. J’avais cru que M. Armstrong était un escroc depuis son troisième maillot jaune, car il y avait des scandales très similaires dans le baseball en même temps. Bien que le Covid soit de retour, pour moi si quelqu’un dit « positif » en parlant des sports, c’est-à-dire les drogues.

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Mon dîner lozérien

J’avais encore une fois du mal à choisir la bonne recette pour la Lozère. Je n’allais jamais faire le manoul, car c’est des tripes. J’ai enfin décidé de suivre la même stratégie que dans le Loiret — utiliser les recettes d’une région de laquelle le département fait partie. Cette fois, c’est les Cévennes, et la région a une jolie liste de recettes. En fait, cette recette est partagée avec l’excellent Militant du Goût que l’on a trouvé dans le Gard. Alors voilà, la tarte aux 4 saveurs cévenoles :

J’ai dû faire quelques changements. Le fromage Pélardon n’est pas disponible chez moi ; j’ai donc utilisé du Brie. Les deux viennent de la même famille, au moins. La recette originale demande des cèpes secs, puis dit de les faire réhydrater ; j’ai juste utilisé des cèpes frais. Quant aux quantités, j’ai un moule de 24 cm contre les 30 cm de l’originale. Je n’ai pas du tout coupé la pâte brisée, mais les autres ingrédients par deux. Sauf l’appareil — la moitié n’a pas rempli le moule, alors j’ai fait 3/4. Aussi, j’ai changé la pâte brisée pour être plus proche à ma typique, mais sans sucre.

Voilà un lien vers la recette originale.

Ingrédients pour la tarte cévenole :

Pour la pâte brisée :

  • 240 grammes de farine
  • 140 grammes de beurre
  • 2 grammes de sel
  • 75 ml d’eau froide
  • 2 jaunes d’œufs

Pour la garniture :

  • 1/2 oignon doux
  • 50-60 grammes de cèpes frais
  • 1/2 pomme reinette
  • 1 pélardon (environ 60 grammes)
  • Du fromage rapé

Pour l’appareil :

  • 3 œufs
  • 400 ml de crème fraîche ou de « sour cream »
  • Du sel et du poivre

Les instructions pour la tarte cévenole :

  1. Préparez la pâte brisée : dans un saladier mettre la farine en fontaine, rajouter le beurre en petits morceaux, et sabler avec les doigts.
  1. Rajoutez les jaunes d’œuf et l’eau, et mélanger à nouveau. Si la pâte colle aux doigts, rajouter un peu plus de farine. Couvrir avec du film à contact et mettre dans le frigo pendant au moins une heure.
  1. Préparer la garniture : Éplucher l’oignon, le faire cuire dans une casserole avec de l’huile d’olive.
  1. Mettre les cèpes dans de l’eau tiède pour les faire réhydrater si vous utilisez des cèpes secs. Sinon, les laver et les couper.
  1. Éplucher la pomme (ou pas, selon vos goûts), évider les pépins, et la couper en tranches.
  1. Préparer le moule, étaler la pâte sur un plan de travail fariné, la mettre dans le moule, puis enlever le surplus avec le rouleau à pâtisserie.
  1. Disposer d’abord l’oignon cuit, puis les tranches de pommes, le pélardon en petits morceaux (ou brie) et les cèpes.
  1. Battre les œufs, saler et poivrer, et incorporer la crème fraîche, puis verser cet appareil dans le moule.
  1. D’abord, j’ai utilisé 2 œufs et moins de crème fraîche, mais c’était pas assez, j’ai donc ajouté un œuf et de la crème de plus.
  1. Parsemer de fromage râpé, mettre au four à 180° pendant 40 minutes.

Et n’oubliez pas notre mise-en-scène traditionnelle :

Épisode 17

Quelque chose de curieux m’est arrivé cette dernière semaine. J’ai mentionné dans mon groupe de fans d’Indochine le conte de mon voyage en France d’une seule nuit pour les voir, et une cinquantaine d’entre eux ont non seulement visité le blog, mais ils ont TOUS écouté le balado ! J’aimerais bien savoir comment ça s’est passé, car c’est absolument la plus grande réussite que j’aie eu jusqu’ici.

De toute façon, cet épisode est plutôt court à cause de plusieurs recettes. Après la blague de la semaine, nos articles sont :

Il y a aussi Mon dîner lot-et-garonnais et La tarte agenaise pour lire.

Je considère ce post hebdomadaire comme mon opportunité pour mentionner des nouvelles personnelles. Certains d’entre vous savent que je suis en train de lire mon premier roman en français depuis des semaines. Ça fait 319 pages — je viens d’atteindre la moitié. C’est le truc le plus difficile que j’aie lu, mais j’ai hâte de le partager avec vous.

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Le trou normand

Ce soir, mon film hebdomadaire était Le trou normand, avec Bourvil et une actrice complètement inconnue chez moi, une certaine Brigitte Bardot. Bien sûr, je connaissais le nom, mais que vous me croyiez ou pas, c’est mon tout premier film avec elle. Vu qu’elle jouait dans quelques films hollywoodiens, ouais, c’est un peu surprenant. Au fait…

Oh là là, mais Mme Bardot a une page intéressante sur Wikipédia ! Peut-être que l’on y reviendra. De toute façon, le film :

Bourvil jouait souvent de vrais cons, des gens où on devait se demander comment ils se souvenaient de respirer. Pensez au Corniaud, au Bossu, au Capitan. Mais cette fois-ci, son rôle d’Hippolyte Lemoine était presque trop pour moi. Je déteste voir les bons gens souffrir, et dans ce rôle, même s’il est un légume ambulant, il n’a absolument rien de méchant.

Au début, on rencontre le maire, l’instituteur M. Pichet, et le barman M. Testu. Ils parlent de la mort d’un certain Célestin Lemoine. Il y a un dialogue qui met l’honneur à l’éducation dès le départ :

Testu : Qui va hériter de l’auberge ?

Pichet :Non, hériter l’auberge.

Maire : Notre instituteur a raison. C’est un puriste.

Puis on rencontre sa tante Augustine et sa fille, Javotte. Elles vont aux funérailles de Célestin et s’attendent à hériter son auberge. Augustine est peut-être la pire méchante à jamais dans une comédie. Le temps que le film soit fini, je l’ai DÉ-TEST-ÉE.

Au fait, il est impossible qu’il y ait eu une Javotte en France à l’époque, au moins de cet âge. Voilà Politologue — aucune Javotte n’est née entre 1900 et 1970. J’avoue, les prénoms sont une obsession chez moi. On va y revenir en environ un mois, je pense.

De toute façon, Javotte est très méchante avec Hippolyte. Elle l’appelle « un bouseux », ce que j’ai dû chercher. Malgré le fait qu’ils sont des cousins germains, et l’attitude de Javotte, Hippolyte espère que les deux se marieront. À ce point, je commençais à me sentir que je connaissais un peu trop bien ce gars, qui manquait de bon sens.

après les funérailles, le testament de Célestin est lu à haute voix par le notaire. Il s’avère que l’auberge passera à Hippolyte, mais seulement s’il réussit son certificat d’études. C’est pas exactement un doctorat duquel on parle.

Augustine est certaine, sorcière qu’elle soit, que ce ne posera aucun problème pour elle :

Maria (de laquelle je n’étais pas sûr de la relation) lui donne un cartable et Hippolyte va à l’école. L’instituteur charge sa fille, Madeleine, d’aider Hippolyte :

Plus tard, Javotte — qui est censée être en deuil pour son oncle — va à une danse. Elle rencontre Jean-Marco, un impresario avec de mauvais motifs.

Hippolyte lui retrouve, et les deux se fâchent l’un contre l’autre. Elle annonce à tout le monde quel genre d’imbécile est Hippolyte, puis la foule sort Hippolyte de la danse :

De nombreux complots s’ensuivent où les parties essayent d’utiliser la presse pour s’embarrasser mutuellement.

Il semble qu’Hippolyte réussira, mais Augustine a une idée cruelle. Elle ment à Hippolyte que Javotte l’aime, et suggère qu’il faudrait rater l’examen du certificat pour lui faire un cadeau de l’auberge.

Ai-je vous dit à quel point je la déteste ? Malheureusement, ce genre de sacrifice me rappelle quelqu’un. Au fait, bien que je ne connaisse pas les lois françaises, le mariage de cousins germains est interdit à la moitié des États-Unis. C’est légal dans des états comme la Californie, le New York, et le Massachusetts, et illégal au Texas et dans le Kansas. La carte au lien n’est pas du tout ce que vous vous attendiez. En plus, même dans le film, Hippolyte a presque deux fois les ans de Javotte (dans la vraie vie, il n’y avait aucun « presque »). Ce mariage serait une mauvaise idée.

Mais Hippolyte est trop con même pour rater l’examen. Il donne toutes les bonnes réponses et réussit son certificat — mais d’abord, il croit qu’il l’a échoué et déprime quand Javotte lui dit la vérité.

À la fin, il s’avère que Célestin ne s’était vraiment pas attendu qu’Hippolyte pouvait réussir le certificat, et il hérite quand même l’auberge, qu’il réussisse ou pas.

J’ai souffert un peu trop au nom d’Hippolyte en regardant ce film. Comme je vous ai dit, je déteste voir souffrir des gens comme lui. Je suis content de la fin heureuse, mais j’aurais préféré regarder un film moins méchant.

Je découvre la Lozère

On continue maintenant le Tour avec le 48, la Lozère. C’est le département le moins peuplé de toute la France, et les habitants se nomment lozériens. C’est notre neuvième séjour en Occitanie.

On commence en dehors de la préfecture, Mende, où on va visiter le lieu de tournage le plus important dans l’histoire des films français, l’aérodrome de Mende-Brenoux, où a été tournée la dernière scène de La Grande Vadrouille, avec des planeurs — c’est le Lourdes de ce blog ! J’ai du mal à trouver une photo gratuite de la bonne hélice, hélas. C’est là qu’est l’os. (Non, je ne m’excuse pas du tout pour ça.) Aux alentours de Mende, on visite aussi le village de Châteauneuf-de-Randon, site de la dernière bataille de l’un des plus grands guerriers de France, Bertrand du Guesclin, à qui il y a un musée consacré à sa vie. Un peu à l’est de Mende, on visite quelque chose de très inhabituel, le Parc des Loups du Gévaudan, le plus grand zoo-parc de son genre en Europe. À Mende, on visité la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat, fondée par le Pape Urbain V, né en Lozère en 1310.

Au sud de Mende, on trouve l’un des plus grands trésors de France, les Gorges du Tarn (3 étoiles Michelin). Ici, il y a de nombreux sites qui gagnent 3 étoiles pour chacun ! La meilleure vue des Gorges se trouve au Point Sublime (3 étoiles). L’autre idée géniale pour voir les Gorges est de commencer aux Détroits (2 étoiles) et conduire au Cirque des Baumes (3 étoiles). Dans le souterrain, ne ratez pas la Grotte de l’Aven Armand (3 étoiles), avec sa forêt de 400 stalagmites, unique au monde. Conduisez aussi sur le Viaduc de Millau (3 étoiles), le plus haut au monde — et lisez les chiffres étonnants !

Puisqu’on est déjà en Lozère, je vais vous recommander deux sites de plus. D’abord, le Château de la Baume, le « Petit Versailles du Gévaudan ». En 1708, le château a été renouvelé pour le faire ressembler plus à celui de Versailles. Moi, je trouve l’extérieur moins impressionnant, mais les intérieurs sont absolument incroyables. L’autre est le Parc Naturel régional des Grands Causses, qui fait partie du patrimoine mondial d’UNESCO. Au-dedans, on trouvera de nombreux petits villages avec des entreprises labellisées « Patrimoine Vivant », des mégalithes comme en Ille-et-Vilaine, et une partie de la Route des Moulins, qui s’étend de l’Espagne jusqu’aux Midi-Pyrenees en passant par l’ancien Languedoc-Roussillon.

Qui sont les personnages les plus connus de la Lozère ? Il faut d’abord commencer avec Bertrand du Guesclin. Puis il y a le seul Pape à Avignon qui est béatifié, Urbain V, né au Pont-de-Montvert. Après ces deux, il y a le chimiste Jean-Antoine Chaptal, connu pour le chaptalisation du vin, ajouter du sucre après la fermentation alcoolique pour augmenter le degré d’alcool. La famille d’hommes politiques Giscard d’Estaing vient de Marvejols, mais pas l’un le plus connu. La famille Dupont de Ligonnès vient de Gévaudan, et oui, le meurtrier en fait partie, mais il n’a jamais y vécu.

Que manger en Lozère ? Eh bien, si vous êtes à Paris, vous avez l’opportunité de visiter la Maison de la Lozère, une boutique et resto qui appartient au département pour vous faire découvrir leurs produits locaux et sites touristiques. Parmi ces produits locaux, on trouve les châtaignes des Cévennes, les truffes noires du Périgord, et de nombreuses sortes de miel. En plats principaux, on y trouve notamment la pouteille, un ragoût de pieds de porc et de bœuf, et le manoul, des tripes d’agneau farcies avec des légumes. Il y a une confrérie dédiée à ces deux plats. En dessert, il y a la coupétade, du pain perdu aux pruneaux, et le croquant de Mende, un gâteau sec aux amandes et aux noisettes.

La tarte agenaise

On finit notre tour du Lot-et-Garonne avec la tarte agenaise, qui met encore une fois en vedette les pruneaux d’Agen. Je vais partager cette recette avec le California Prune Board, car ils ont besoin de quelque chose qui n’est pas un far breton. De toute façon, voilà :

Je dois cette recette au site inestimable Cuisine à la française, qui m’a sauvé plus qu’une fois avec des recettes locales. Comme d’habitude avec les pâtes, j’utilise ma version habituelle au lieu d’une autre, mais la garniture est bien la leur.

Les ingrédients pour la tarte agenaise :

Pour la pâte brisée :

  • 100 grammes de beurre
  • 200 grammes de farine
  • 1 gramme de sel
  • 25 grammes de sucre en poudre
  • 1 jaune d’œuf
  • 50 ml d’eau

Pour la garniture :

  • 400 g de gros pruneaux
  • 1/2 l de thé
  • 1 cuillère à soupe de cannelle
  • 15 grammes de beurre
  • 1 jaune d’œuf

Instructions pour la pâte brisée :

  1. Dans un saladier, mélanger bien la farine et le beurre. C’est vraiment important que la pâte est bien sablée.
  1. Ajouter le sel, le sucre, le jaune d’œuf et l’eau. Bien mélanger et ajouter un peu plus de farine si la pâte est trop collante.
  1. Former une jolie boule, mettre dans un bol propre, couvrir avec du film à contact, piquer le film avec une fourchette, et réserver au frigo pendant au moins une heure. Moi, j’aime mettre un peu de farine dans le saladier pour y rouler la boule avant de la mettre au frigo. La pâte ne sera jamais collante.

La pâte a le droit de reposer pendant une heure, mais pas vous. Allez-vous-en, lavez les mains après avoir directement touché un jaune d’œuf, mais vous allez vite retourner en cuisine pour préparer le thé et ensuite, les pruneaux.

Instructions pour la garniture :

  1. Préparer du thé — il serait stupide de le laisser refroidir, puis le réchauffer à nouveau. Vous n’avez jamais vu cette bouilloire sur ce blog, mais elle est avec moi depuis 2013 — et j’ai dû l’importer de l’Angleterre pour trouver la bonne couleur qui va avec ma cocotte, car Le Creuset fait des restrictions géographiques pour leurs couleurs. Ouais, je suis « comme ça » depuis longtemps — et fier de l’être.
  1. Faire gonfler les pruneaux dans du thé avec la cannelle.
  1. Laisser frémir à découvert 10 minutes. Egoutter.
  1. Fariner votre plan de travail, puis abaisser la pâte.
  1. Beurrer un moule à tarte et garnir avec la pâte. Ce sera plus facile si vous mettez la pâte au-dessus de votre rouleau pour soulever la pâte au-dessus du moule. Puis passer le rouleau par-dessus du moule pour enlever l’excédent de pâte.
  1. Piquer avec la fourchette. Couvrir de papier sulfurisé recouvert de haricots ou de riz.
  1. Cuire à four chaud à 200°C durant 15 minutes.
  2. Sortir la tarte du four.
  3. Retirer les haricots/riz après cuisson.
  1. Dénoyauter les pruneaux si besoin.
  2. Garnir avec les pruneaux bien serrés.
  1. Dorer au jaune d’œuf.
  1. Remettre au four 15 minutes.

Une fois sorti, laisser refroidir au moins 15 minutes avant de démouler. Ouais, c’est facile avec un moule à tarte, mais il ne vaut pas la peine de vous brûler. Quant au goût, il n’y a aucun mystère avec cette tarte. Si vous aimez les pruneaux, vous allez l’aimer..

Mon dîner lot-et-garonnais

J’ai dû chercher la bonne recette pour ce soir, car je n’allais pas chercher du lapin ou du foie gras, et ce sont les spécialités locales du Lot-et-Garonne. Mais j’ai enfin trouvé cette recette de poulet aux pruneaux d’Agen et au miel d’acacia qui met en vedette trois produits locaux du Lot-et-Garonne (le poulet, les pruneaux, et le miel). Vous pouvez trouver des pruneaux d’Agen chez Carrefour ; le reste, c’est à vous.

Je vais vous raconter une histoire drôle avant de continuer. Aux États-Unis, les pruneaux ont une mauvaise réputation. Seulement les âgés et les personnes constipées les mangent. Quand j’ai fait mon far breton, j’étais choqué de découvrir que c’était aimé par le California Prune Board, une agence chargée de promouvoir les pruneaux. J’ai lu leur fil Twitter, et j’ai découvert qu’ils avaient retweeté ou aimé tous les fars bretons qu’ils pouvaient trouver ce jour-là ! Ça doit être le boulot le plus difficile sur les réseaux sociaux au monde !

Revenons à nos moutons, ou plutôt notre poulet. Je dois cette recette à Rose And Cook, une cuisinière de Caen, qui partage un peu ma passion pour cuisiner toute la France. Mon seul changement, c’est qu’aujourd’hui, je n’avais vraiment pas envie d’oignons, alors j’ai utilisé un demi-oignon au lieu de ses deux. Vous pouvez vous occuper de vos propres oignons. Comme souvent, je le sers avec le meilleur accompagnement au monde entier, le riz de Camargue. Elle recommande plutôt du riz blanc. Vous pouvez vous occuper de votre propre riz en plus.

Les ingrédients pour le poulet aux pruneaux d’Agen et au miel d’acacia :

  • 400 grammes de filet de poulet fermier Label Rouge
  • 100 grammes de pruneaux d’Agen
  • 1/2 oignon
  • 2 cuillères à soupe de miel d’acacia du Lot et Garonne
  • 1/2 citron
  • Du sel, du poivre, et de l’huile d’olive

Les instructions pour le poulet aux pruneaux d’Agen et au miel d’acacia :

  1. Couper le filet en petits morceaux, dénoyauter les pruneaux et les couper en 2 ou en 4. — Ici, il n’y a pas de telle chose comme « dénoyauter les pruneaux ». Souvenez-vous de qui les mange. Ils sont vendus déjà dénoyautés.
  1. Emincer les oignons.
  1. Dans une poêle, faîtes revenir les oignons dans une cuillère à soupe d’huile d’olive puis mettre les morceaux de poulet.
  1. Quand les morceaux sont un peu colorés, ajouter le miel et les pruneaux, puis le jus d’un demi-citron.
  1. Saler, poivrer et servir avec du riz.

Comme Chef Dumas, je fais une contrôle de qualité et coupe un morceau en deux pour me rassurer que le poulet est assez cuit. Voilà :

Bon voyage !

Ce mois-ci — et seulement ce mois-ci — je serai content de ne pas devoir prendre un train SNCF ou un avion quelque part. Le temps que vous lisiez cet article, il y aura eu le début d’une grève à la SNCF. Et pendant tout juillet, il y aura des grèves dans les aéroports parisiens. (Je dois ces liens au site hyper-utile cestlagreve.fr.) C’est d’où vient notre premier dessin :

Bon, comme souvent, j’ai menti. Je serais heureux de supporter n’importe quelle grève tant que je pourrais être en France et entendre ce son, celui du bonheur. Je déteste gâcher les surprises, mais disons que mon juillet en sera plein de mauvaises, à partir d’hier ! Je ne peux pas quitter ce dessin sans remarquer que c’est une belle contribution à la série « faut pas emmerder les Français » (voilà et voilà).

J’envie pas la tâche de M. Guillaume Pepy, nouveau PDG du groupe Orpea. On a parlé des problèmes chez Orpea à plusieurs fois ; il mérite l’opportunité de montrer s’il peut les résoudre.

Mais quand on est entre les griffes du Canard, inutile d’essayer de s’échapper !

Mardi était le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, mais au-delà de ce dessin, il n’y avait aucune mention de cette nouvelle dans Le Canard. Je suppose que c’était en fait juste une opportunité pour faire plus de blagues sur le scandale de foot. Mais dites donc, Le Canard, pourquoi n’y a-t-il pas eu de problèmes au Stade de France pour le concert d’Indo avec 97 000 spectateurs contre 75 000 pour le match de foot ? Encore une fois, je me rappelle pourquoi je voulais autant faire partie de cette foule, la meilleure au monde.

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Le mot que je n’aime pas

Je vais râler sur un sujet qui me dérange depuis longtemps. Je l’ai mentionné pour la première fois dans un article qui est par ailleurs très positif. Mais je veux faire un argument sincère, alors je ne dirai pas tout de suite où je vais. Et si je vous disais que j’ai écrit ça le 4 juillet, est-ce peut-être un indice ?

Drapeau américain, Photo par Noah Wulf, CC BY-SA 4.0

Commençons par une observation sur une différence entre le français et l’anglais. Je dirais que les deux langues ont suivi deux chemins très différents en ce qui concerne les noms d’endroits. Disons qu’il y a deux principes en tension : le droit d’une culture à définir sa propre langue, et le droit des autres cultures à choisir comment ils se nomment. On commence avec deux exemples impersonnels.

Pendant mes premiers vingt ans, on connaissait des cités de la Chine et de l’Inde sous les noms « Peking » et « Bombay ». Mais après les années 90s, elles sont devenues « Beijing » et « Mumbai ». Dans les deux cas, les gouvernements des deux ont demandé ces changements. Mais en français, Bombay n’est pas devenu Mumbai, Pékin reste Pékin.

On peut voir les différences dans les journaux. Au site du Monde, il y a environ 560 résultats pour Beijing ; plus de 10 000 pour Pékin. En même temps, environ 280 résultats pour Mumbai ; 7 800 pour Bombay. Au Figaro, il y a 35 462 Pékin contre 797 Beijing ; 458 Mumbai contre 2 794 Bombay. Par comparaison, au site du New York Times, il y a 47 195 Peking contre 56 179 Beijing, et 9 968 Bombay contre 7 033 Mumbai — mais leurs archives datent jusqu’au début du 20e siècle. Chez le Los Angeles Times, il y a 3 030 Peking contre 26 838 Beijing et 2 583 Bombay contre 2 284 Mumbai.

Je ne vous dirais qu’un choix est meilleur que l’autre, mais je dirais que les anglophones font plus d’efforts de s’adapter aux vœux des autres en ce qui concerne leurs noms. Et c’est ici où on arrive au mot que je n’aime pas, « états-unien ».

Ne soyons pas perplexes. Ce mot a son origine dans l’attitude des sud-américains que nous n’avons pas le droit au mot « américains » car c’est également le nom de deux continents. Ne le croyez pas sur ma parole — voici deux sources en espagnol qui vous diront qu’américain « n’est pas précis » (le dernier étant du gouvernement d’Espagne). Mais cherchez n’importe quel journal sud-américain — les journaux conservateurs, comme La Prensa en Argentine disent « americanos » pour parler de nous, mais les journaux gauchistes, comme Diario Democracia nous appellent « estadosunidenses ». Ce n’est pas une description neutre — c’est pour se foutre de la gueule de l’Oncle Sam.

Vous ne trouverez jamais ce mot dans aucun dictionnaire bilingue publié aux États-Unis, dont le Larousse, et le Collins, fait en collaboration avec les éditeurs du Robert. Voici trois exemples avec leurs couvertures ; il y a des écarts exactement où on trouverait « états-unien » :

Certains d’entre vous utilisent régulièrement ce mot ; je ne veux pas du tout que vous pensiez que je suis en colère. J’ai un tempérament très académique et en plus, je n’ai jamais — même une fois — anathématisé personne pour ne pas être d’accord avec moi. Mais je veux tellement que vous compreniez exactement ce que ce mot veut dire, et pourquoi je ne l’utilise pas sauf en tant qu’une insulte contre mes compatriotes.

Mais vous connaissez le truc le plus drôle sur cette insulte ? C’est quoi le nom de mon voisin au sud ? Le Mexique ? Non, vous avez tort. C’est en fait, en espagnol, los « Estados Unidos Mexicanos » — c’est-à-dire les États-Unis mexicains. « États-unien » pourrait également les désigner. Ça devrait vous dire exactement à quel point c’est une question d’être précis.

Épisode 16

J’ai eu une grosse frayeur cette semaine. Après un test sanguin plutôt choquant, mon médecin m’a dit que je pouvais avoir un cancer de la thyroïde. Heureusement, le test suivant n’était pas une raison pour s’inquiéter. Ça doit au moins attendre jusqu’à une cinquantaine de dîners de plus — je veux finir le Tour !

De toute façon, on commence comme toujours avec notre blague de la semaine. Attention, les bretons, c’est sur vous !

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