Un bocaal d’aanchois

Hier soir, j’ai fait une grosse erreur. J’ai regardé Kaamelott : Premier Volet sans avoir vu la série. D’habitude, je continue de regarder les films avec des sous-titres en français pour les sourds où possible ; sinon, en ce cas j’aurais eu aucune idée de ce qui se passait. Mais franchement, même avec de nombreuses pauses pour consulter mon dictionnaire (vous n’aimeriez pas regarder un film avec moi), j’étais bien perdu. Et oui, je connais un peu les mèmes comme « le graal est un bocal d’anchois ».

Notre histoire commence sur un bateau bordé par des mercenaires à la recherche d’un bijou. Leur chef, Alzagar, tue le capitaine avec une arbalète, pour encourager les autres, comme disait Voltaire. Les marins insistent qu’il n’y a que des dattes dans le bateau, mais il s’avère qu’un marin porte le bijou.

L’intrigue tourne vers le château de Kaamelott, où le tyran Lancelot-du-Lac négocie avec des mercenaires saxons. Je n’arrive même pas à croire que je tape ces mots. J’ai la tête pleine de Chrétien de Troyes et Thomas Malory depuis que j’ai 5 ans. On est très loin de mon Roi Arthur. Je comprends bien que cette série est une comédie, genre Monty Python : Sacré Graal !, mais ce choix en particulier, c’est ouf. De toute façon, le pacte entre les Saxons et Lancelot a des effets magiques, et alerte Alzagar de chercher le bateau. Il trouve un monsieur Venec, qui se cache dans un tonneau rempli de dattes..

Alzagar et Venec rendent visite à un marchand d’esclaves qui a apparemment vendu Arthur. Le marchand menace Alzagar, qui quitte rapidement le domaine du marchand. Le marchand et Venec partent pour trouver les Wisigoths qui ont acheté Arthur. Quand ils arrivent, Alzagar est là, et il capture Arthur et Venec.

Puis il y a une scène que je trouve presque incompréhensible sans avoir vu la série. Une femme, Fraganan, rend visite à son frère Léodagan. Les deux ne s’entendent pas du tout, mais elle veut qu’il reprenne la résistance contre Lancelot. Avec l’hydromancie, elle découvre qu’Arthur est de retour. C’est ici où le film commença à partir en brioche pour moi.

Je n’ai pas pris de photos, mais Alzagar rencontre des soldats du duc d’Aquitaine. On est dans la Bretagne française ou la Grande-Bretagne ? J’étais perdu. Arthur, libéré d’Alzagar par le duc, ne s’intéresse pas trop à mener la résistance contre Lancelot.

Puis on rencontre la résistance, une bande de cons qui creusent des tunnels vers n’importe où.

L’intrigue se déplace vers le château de Ban, où Guenièvre est prisonnière de Lancelot. Il la soupçonne d’avoir reçu une lettre d’Arthur, mais elle nie tout.

On voit pour la première fois un souvenir d’Artbur en tant que légionnaire romain. Il est tombé amoureux d’une fille, Shedda, à l’époque. Ces souvenirs guideront son comportement plus tard dans le film, mais en ce moment-là, ils étaient mystérieux.

À Kaamelott, Lancelot est « attaqué » par des Burgondes, mais il s’avère qu’ils ne savent pas utiliser leurs engins de siège. J’étais encore une fois bien perplexe.

Pendant ce temps-là, Arthur rencontre une bande de résistants. Ils sont tous pris par surprise par des Saxons. Il me semblait que cette scène était un gag de la série, à cause d’un sifflet suivi par de la musique dramatique, mais je ne l’aurais pas reconnu du tout. De tout façon, Arthur est fait prisonnier.

À ce point, j’ai plus ou moins arrêté de prendre des photos. Des résistants sortent Arthur de la prison, et il va sauver Guenièvre. Puis ils vont tous au rocher ou Excalibur attend le bon roi. Dans les contes originaux, l’épée dans le rocher n’était pas Excalibur, mais laissez tomber. Arthur est obligé de jouer un jeu très bizarre avant d’atteindre le rocher, et je n’ai rien compris. C’était un moment très Monty Python.

Il gagne avec l’aide de la Dame du Lac, qui ne vit évidemment plus dans le lac, et qui est apparemment en colère contre Arthur à cause des événements de la série. Arthur retrouve enfin Excalibur.

Arthur finit par aider les Burgondes à assiéger le château de Kaamelott, il se bat contre Lancelot, et reprend contrôle. À la fin, on voit Lancelot devant son château, et un fantôme apparaît, évidemment pour annoncer le prochain film.

Sans avoir vu la série, il y avait beaucoup de moments que j’étais sûr étaient des références, mais je n’ai rien reconnu. Il faut que je trouve un moyen plus fiable pour voir les nombreuses chaînes de 6play. Naturellement, puisque je l’ai mentionné, vous pouvez vous rassurer que la recherche est déjà en cours.

Les deux tours, revisité

Il y a un an, j’ai écrit sur les points en commun du Tour de France et mon Tour des Départements. Complètement par hasard, j’ai eu l’occasion d’y penser aujourd’hui quand on a demandé dans « Everything French » pour des recettes pour les différentes étapes. L’année dernière, on avait très peu en commun. Cette fois-ci, je suis prêt ! On va traverser la liste d’étapes. (Pour un autre exemple de « cuisiner le Tour », voilà un blog en anglais.)

Mais je dois commencer avec l’observation que les organisateurs sont bien perplexes à propos de la carte de France. Il y a des étapes au début dans des villes avec de tels noms que Copenhague, Nyborg, et Sønderborg. Je n’arrive pas à les trouver sur ma carte. Bizarre, leur sens de l’humour. (L’équipe 1er degré, merci de vous rappeler qu’OSS 117 est le héros du blog.)

Le Tour français commence avec une étape de Dunkerque à Calais. Nous n’avons pas encore atteint leurs départements, mais heureusement, j’ai vu une carte de Calais au début de La Grande Vadrouille :

©️Studiocanal

Le tour reste dans le Nord, puis passe par les Ardennes, notre premier point en commun, en arrivant ce même jour-là en Meuse et Meurthe-et-Moselle. Des Ardennes, je peux vous offrir la cacasse à cul nu et la galette à suc’. Mais je ne vais pas vous mentir, je ne les considère pas parmi les grandes réussites du blog. Puis le Tout passe par Vosges et Haute-Saône, et j’ai toujours rien à offrir.

Le lendemain, il y a un tour de magie, et les cyclistes partent du Jura vers la Suisse. Comment sautent-ils de la Haute-Saône au Jura ? Je ne suis pas physicien, alors ne me le demandez pas. Mais dans le Jura, on a l’un de mes dîners préférés, le soufflé au Comté et les bugnes de Carnaval. De la Suisse, ils retournent en Haute-Savoie, et j’ai encore une fois rien à offrir.

Deux jours plus tard, c’est la Savoie aux Hautes-Alpes. Aux Hautes-Alpes, on trouve les rissoles et la tarte du Champsaur à la myrtille. Ce dernier est l’un de mes desserts préférés du blog, mais on peut voir qu’à l’époque, il me restait beaucoup à apprendre sur étaler les pâtes. Un jour, j’espère que je referai tous les plats du blog pour un autre projet. Vous pouvez peut-être deviner quoi.

Puis le Tour arrive en Isère, l’un des triomphes du blog. Profitez de la truite grenobloise et surtout le pain de Modane. Le Tour continue par Rhône, et arrive en Loire. Là-bas, il y a le saucisson brioché et la pompe aux pommes. L’étape suivante passe par Haute-Loire, jusqu’en Lozère (notre prochain département). Pour ce jour, on a les lentilles du Puy et les douceurs des Sucs, ce dernier étant un exclusif du blog.

Pour le 15e étape, il y a un autre saut miraculeux de la Lozère à l’Aveyron pour commencer. Cette étape passe par la Haute-Garonne pour finir dans l’Aude. De la Haute-Garonne, je vous offre la souris d’agneau confite au miel et l’un des meilleurs desserts du blog, le fénétra. Notre dîner aveyronnais, les farçous et la flaune était pas mal, mais pour ce jour-là, je préfère la Haute-Garonne. Mon dîner audois, la tarte aux asperges et le clafoutis aux cerises, en est un que je préférerais oublier. Le clafoutis était merveilleux ; la tarte aux asperges est mon pire échec (ici, merci de ne pas me rappeler de mon ex).

Mais la 16e étape nous amène dans l’Ariège pour le dessert Coup de Foudre préféré des Français selon mes statistiques, la croustade de Couserans. Ma soupe de ce jour-là, l’aïgo bullido, n’a rien de spécial — mais ma croustade reste le deuxième résultat chez Google, en haut de leur propre site de tourisme ! Vous n’avez aucune idée à quel point ça fait chaud au cœur.

Le Tour de France traverse les Pyrénées pendant les deux étapes suivantes, où nous n’avons pas encore visitées. Mais pour la 19e étape, vous avez un choix entre le Gers et le Lot. Du Gers, il y a le cassoulet et le pastis gascon ; du Lot, l’agneau et croute de noix et la cajasse quercynoise. Gardez peut-être le dîner lotois pour la 20e étape car elle est complètement dans le Lot. Le Tour de France termine en Île-de-France, et ça fera longtemps avant que nous y visitions.

C’est peut-être pas surprenant — on a déjà visité la moitié de la France métropolitaine, et j’ai des recettes pour la moitié des étapes. Le temps que le prochain Tour arrive, nous serons presque finis (avec le Tour, pas le blog).

Une astuce pour voyager aux États-Unis

Je ne suis aucune Anne-Marie, et vous devriez la lire pour des astuces sur voyager. Mais j’ai eu une conversation aujourd’hui avec un cher ami français qui va prendre ses vacances ici. Quelque chose a bien changé — pour le pire — et je suis certain que vos livres de voyage ne sont vraiment pas conscients de ce sujet. Aussi, c’est une opportunité pour râler sur ma quotidienne, et je ne vais pas la rater.

Le truc duquel vous vous plaignez le plus souvent en voyageant ici, c’est les pourboires. « Pourquoi faut-il laisser des pourboires partout aux États-Unis ? Pourquoi est-ce que vous n’avez pas adopté nos droits du travail et payé suffisamment les serveurs pour qu’il n’y ait plus besoin de pourboires ? » Je ne suis pas ici pour discuter la question de notre SMIC. Mais les coutumes autour des pourboires ont changé à cause de Covid, et je ne veux pas que vous deveniez des victimes.

Vers le début du confinement, beaucoup de serveurs ont perdu leurs boulots, et il y avait beaucoup de sentiment ici qu’il fallait payer de gros pourboires à n’importe qui aux restos, comme si c’était une sorte de sécurité sociale. Ce que vous devriez comprendre, c’est que seulement les serveurs recevaient des pourboires avant le Covid. Dans beaucoup de restos, les pourboires étaient partagés avec les cuisiniers, mais jamais avec les gérants ou les chefs — ces gens avaient des salaires garantis, pas comme les serveurs. Même chose pour ceux qui travaillent derrière les comptoirs dans des restos comme McDo ou KFC.

Mais à cause de la paranoïa autour du virus, beaucoup de nouveaux lecteurs de cartes de crédit étaient installés pendant les dernières deux années. Il n’y a aucune preuve que l’on peut attraper le Covid en touchant une porte ou une carte de crédit, mais payer « sans contact » est devenu la mode. Et avec ces nouveaux lecteurs, de nouveaux logiciels sont aussi arrivés.

Tablette utilisée en tant que lecteur de cartes de crédit, Photo par Z22, CC BY-SA 4.0

Alors maintenant, à chaque fois où on paye avec une carte de crédit, même aux comptoirs, les logiciels vous demandent maintenant si vous aimeriez laisser un pourboire. VOUS N’ÊTES PAS OBLIGÉS DE LE FAIRE. Suis-je clair ? Ces employés sont payés à un plus haut niveau que les serveurs qui attendent aux tables.

Autre chose : NE VOUS LAISSEZ PAS ÊTRE INTIMIDÉS. Pendant le confinement, beaucoup de monde a décidé de laisser 18 % au lieu du 15 % qui était la norme. Même 20 % parfois. C’était un geste charitable pendant le confinement, mais ce n’est pas du tout « la nouvelle norme ». Beaucoup de restos impriment des « pourboires suggérés » sur les additions. Avant le confinement, c’était habituellement un choix de 15, 18, et 20 %, selon votre avis du service. De nos jours, on voit 18, 20, 22 et même 20, 22, 25. C’est absurde et vous n’êtes pas obligés par ces numéros non plus. Le gouvernement utilise 10 % pour leur estimation des pourboires reçus (pour calculer les impôts), et ça n’a pas changé. C’est un escroc de vous faire payer 18 % ou plus — à moins que vous trouviez que le service est exceptionnel. Mais c’est à vous de le décider.

Je vous dis tout ça car je trouve que tout le monde a les mains ouvertes. C’était très gentil à la part des gens ici d’aider les employés des restos pendant la pandémie. Mais bien qu’il existe de vrais changements depuis ce temps-là, ce n’en est pas un.

Populaire à Costa Mesa

Ça fait longtemps depuis ma dernière critique d’une entreprise française ici, mais le week-end dernier, j’ai sorti avec des amis de l’Orange County Accueil pour regarder le nouveau film Elvis. Ouais, en anglais, mais je veux m’intégrer mieux avec ce groupe, et après le film, on a dîné chez Populaire, un nouveau resto français dans South Coast Plaza (un centre commercial qui attire des visiteurs de partout dans le monde).

Quant au film, je dirais que si vous aimez les films de Baz Luhrmann, surtout Moulin Rouge !, vous allez aimer celui-ci. Mais ce film fait quelque chose que je croyais impossible — mentir sur le gérant d’Elvis, le Colonel Tom Parker. Ce type était l’un des pires hommes à jamais, mais ce film arrive à raconter de nombreuses choses qui ne se sont jamais passées, pour lui rendre encore pire. Il y a assez de vérité dans ce film que beaucoup de monde croiront que c’est complètement une histoire vraie, et je trouve ce choix donc lamentable.

Revenons à nos moutons, Populaire. Ce resto a récemment pris l’espace qui appartenait à l’un de mes restos préférés pendant presque 20 ans, Lawry’s Carvery (soi-même la version beaucoup moins chère d’un resto célèbre à Los Angeles que je vous recommande fortement si vous y visitez). Le chef, Ross Pangilinan, n’est pas français lui-même mais plutôt philippin, mais il a une histoire dans des autres restos avec des plats français, dont Leatherby’s et Terrace. Voici la carte chez Populaire :

Ce menu est un peu à la mode, avec des escargots dans des « ebelskivers », un genre de crêpe danoise, et des ingrédients asiatiques un peu partout. Parce que nous étions 16 — et allions payer un pourboire obligatoire de 22 % — le chef a envoyé deux grandes assiettes de la salade de laitue « baby gem » aux pêches à la table, gratuites.

La salade était pas mal, mais n’avait rien de spécial non plus. Vu le nombre de salades dans ma liste de recettes iciZÉRO — vous avez le droit de soupçonner que je suis le mauvais juge des salades.

Je n’ai pas commandé d’entrée (très peu de monde l’a fait), alors le prochain plat était l’espadon au beurre blanc. C’était bon, mais bien que les prix de poissons soient augmentés ici, je trouve le prix horrifiant à 40 $. Il n’y a presque rien sur l’assiette !

C’est pas une question de vouloir un gros plat de la façon que tout le monde croit typique chez nous. C’est que cette photo est très proche à l’assiette. Je doute qu’il y ait plus de 100 grammes de poisson ici. Vu qu’il y a un resto avec un étoile Michelin dans le même centre commercial, et leurs prix sont moins chers pour des choses similaires, j’ai du mal à accepter ces prix.

En dessert, j’ai choisi le Paris-Brest aux pistaches. C’était aussi pas mal.

Mon problème avec celui-ci est que j’en fais un également bon. L’un de mes plus grands rêves est qu’un jour, je cuisinerai pour au moins plusieurs de mes amis français. Je veux vraiment savoir si je suis sur le bon chemin. Et si vous me demandez un Paris-Brest, c’est lui qui vous attendrez :

Ouais, je crois que le mien vaut la comparaison malgré le fait que je suis amateur. Et c’est ça le problème — la nourriture chez Populaire est bonne, mais quand je vais dans un si cher resto, je m’attends à meilleures choses que ce que je peux faire moi-même.

Pour finir, ils nous ont offert des cigarettes. Des bonbons cigarettes, pour être clair.

Ça fait mal au cœur d’en conclure cette critique de cette façon — surtout car je sais que Chef Pangilinan livre un meilleur rapport qualité prix ailleurs — mais je ne peux pas vous recommander Populaire. Mon montant pour ce dîner était aussi cher que celui chez Gaya à Paris, l’un des meilleurs repas de ma vie, mais où j’ai beaucoup plus mangé, dont du pain compris — et il n’y avait même pas de pain chez Populaire. Je veux tellement qu’il réussisse dans cet espace, car je l’aime bien et ce serait l’endroit parfait pour un rendez-vous qui n’arrivera jamais. Mais sans des changements, je doute que je revienne.

La qualité : Au-dessus de la moyenne.

Bon marché : Très mauvais.

Pas recommandé.

Non, je ne m’échappe rien

Pas pour la première fois, c’est les nouvelles des États-Unis qui dominent les pages du Canard enchaîné. Et c’est ma règle personnelle de ne pas faire semblant que je ne le sais pas (voilà et voilà). Malgré avoir eu une semaine entière pour penser à ce sujet, je sais que je ne vais pas vous faire tous plaisir.

Mais d’abord, quelque chose de bon qui est arrivé dans ma boîte aux lettres aujourd’hui :

Ce livre est l’œuvre de l’ami du blog qui écrit sous le nom Jours d’humeur. Ça fera quelques mois avant que vous en entendiez parler, mais je voulais vous le montrer. Puisque je suis déjà en train de lire un roman en français, je suppose que j’ai maintenant ce que les blogueurs littéraires appellent une PAL (pile à lire).

Arrachons le pansement, comme on dirait en anglais :

Je n’irai pas discuter mes avis. Ce n’est pas du tout ce genre de blog, et je ne suis surtout pas ici pour vous convaincre de préférer le système américain (je sais déjà ; merci d’éviter des commentaires ironiques). Je pensais à traduire certaines choses pour vous expliquer ce que je crois la presse française a raté. Mais j’ai finalement décidé que quoi que je fasse, quelques-uns seront déçus ou pire. Ça devra suffire. Veuillez respecter mon choix et garder les avis pour ailleurs. Merci.

Il me semble que la grande nouvelle en France cette semaine est la question de former un nouveau gouvernement. Je n’envie pas la tâche de Mme la Première Ministre Borne. N’importe où je cherche, il y a pas mal de sceptiques qu’un « gouvernement d’action » formera.

Notre prochain dessin est un petit plaisir inattendu. Le héros du Canard leur manque. Ils ne savent pas le quitter. Il n’y a aucune nouvelle pour expliquer celui-ci :

Finalement, vu que je cite souvent Wikipédia, la nouvelle qu’il y a des « guerres d’édition » sur les pages de figures telles que Jeanne d’Arc et Gilles de Rais devraient peut-être me déranger. Je n’ai pas d’autres sources pour vous donner pour ce dessin — il me semble que l’article qui accompagne cet article est exclusif au Canard. Mais si on les croit, il y a un complot de citer « des historiens plutôt royalistes » à la part d’un professeur à la Sorbonne.

Comme toujours, si vous avez aimé ces dessins, abonnez-vous !

Je découvre le Lot-et-Garonne

On continue maintenant le Tour avec le 47, le Lot-et-Garonne. C’est le département le trente-et-unième moins peuplé, et les habitants se nomment lot-et-garonnais. C’est notre huitième séjour en Nouvelle-Aquitaine.

Le Lot-et-Garonne est divisé en 5 plus petites régions. Comme le Loir-et-Cher, avec des divisions similaires, je vais les couvrir du nord au sud, de l’ouest à l’est, sans m’inquiéter sur le trajet le plus court.

On commence donc dans le Val de Garonne-Guyenne-Gascogne. Là-bas, on trouve le village de Duras, d’où vient la famille de l’écrivaine Marguerite Duras, qui à son tour a inspiré Indochine, surtout « Trois nuits par semaine » grâce à son roman « L’amant ». On visitera le château de Duras, où on peut assister à des spectacles de chevalerie et de fauconnerie ainsi que visiter leur musée. Il y a un lien entre la famille des ducs de Duras et les Grimaldi de Monaco. La maison de Marguerite Duras à Pardaillan, à côté de Duras lui-même, a été brûlée et n’existe plus, mais il y a un musée consacré à elle à Duras. Notre autre arrêt dans le Val est le village de Meilhan-sur-Garonne pour sa vue panoramique de la Garonne et le canal des deux mers.

On passe maintenant au Cœur des Bastides. Vous souvenez-vous de notre visite aux Landes ? Moi non plus. Mais les bastides sont un élément historique des deux départements — des villes fortifiées, construites autour d’une place centrale. Notre premier arrêt est une bastide classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », Monflanquin. On y trouve l’Église Saint-Andre, fondée en 1290 et qui fait partie de l’enceinte du village. Il y a aussi la maison du Prince Noir, ancienne maison d’Édouard de Woodstock, dit le Prince Noir de Galles. La maison de son cousin, Guillaume de Snoopy, dit le Chien Blanc, est perdu à l’histoire. Désolé, ce dernier est une blague pourrie sur les Peanuts, à cause du nom Woodstock. Dans cette région, on pourrait aussi visiter la bastide de Villeréal, aussi classée parmi les Plus Beaux Villages de France, mais devenu plus moderne.

Puis on visitera la Vallée du Lot. Ici, on trouve le Château de Bonaguil, un château fort construit au cours de plusieurs siècles et considéré comme site majeur d’Aquitaine. Les fans de Game of Thrones le reconnaîtra comme le château de Hautjardin. Mais je ne connais plus personne qui avouera rester fan de cette série après sa finale désastreuse. Au fait, aux États-Unis, il y a 560 filles appelées Khaleesi et 163 Danaerys — mais seulement 17 Khaleesi en France car vous êtes en général moins con. De toute façon, on visite aussi un autre des Plus Beaux Villages de France, Pujols, pour sa vue sur la vallée du Lot, ses églises du XVIe siècle, et la Maison du Jouet Rustique, un musée de jouets pujolais.

Dans l’Albret, on trouve la tradition la plus bizarre de tout ce blog, le Festival des Menteurs à Moncrabeau. Oh, je connais… laissez tomber. Je ne pourrais jamais faire ça à la France. À Nérac, on trouve le Moulin des Tours de Barbaste, qui appartenait à un certain « Henri le meunier », dit plus tard Henri IV. On visite aussi Mézin pour son église Saint-Jean Baptiste et l’opportunité de visiter des producteurs d’Armagnac locaux.

Finalement, l’Agenais abrite Agen, la préfecture du département. Il y a l’un des Plus Beaux Villages de France, Tournon-d’Agenais, mais dans Agen elle-même, on trouve la cathédrale Saint-Caprais avec de nombreuses fresques de l’histoire agenaise, et qui fait partie des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Il y a aussi un Musée des Beaux-Arts à Agen, avec de nombreuses peintures et sculptures françaises.

Qui sont les personnages les plus connus du Lot-et-Garonne ? Le plus célèbre est sans doute Marguerite Duras. Après elle, probablement la cantatrice Françoise Garner, soprano qui a enregistré tout Norma (un œuvre très difficile). De nos jours, certainement le chanteur agenais Francis Cabrel et le chanteur néracais Michel Polnareff. Je me demande, c’est quoi dans l’eau là-bas qui fait autant de chanteurs ?

Quoi manger dans le Lot-et-Garonne ? Il y a l’ancien fruit du futur, le pruneau d’Agen. (Ne me regardez pas comme ça, c’est leur slogan.) Il y a aussi le jambon de Tonneins et le cabécou, un fromage de chèvre. En plats principaux, on trouve le lapin aux pruneaux et le salmis de palombes, un ragoût plutôt compliquée fait avec des palombes, un genre de pigeon. En dessert, il y a la pescajoune, une crêpe épaisse, et le pastis landais, une brioche (le nom est gascon ; rien à voir avec le Ricard). Pour boire, il y a les vins AOC de Buzet, et l’Armagnac et le floc de Gascogne.

Adieu et à demain, monsieur

En octobre 2020, j’ai été complètement trompé par une vidéo en ligne. Elle parlait des problèmes d’un barman, un certain Bertrand Usclat, à cause de la fermeture des bars :

Je ne comprenais pas du tout à l’époque qu’il était comédien, et que la vidéo était parodique. Pardonnez-moi ; 5 mois plus tôt, les seuls mots français que je connaissais étaient chez, lèse-majesté, et l’esprit de l’escalier. Et la meilleure partie, c’est que vous pensez que je plaisante sur ces derniers deux. (Tous ces trois font partie de mon écriture en anglais depuis longtemps.)

Ne vous inquiétez pas ; j’ai vite découvert mon erreur. Après, je suis devenu fan, même si je n’ai pas de Canal+. Peut-être ma blague préférée de lui est dans cette vidéo quand on dit « Moi, je suis anti-vax mais pro-pass ».

On penserait donc que j’étais déçu vendredi dernier, lorsque M. Usclat a sorti une vidéo pour dire à ses fans qu’il quittait la série :

Mais j’ai déjà appris ma leçon. L’année dernière, il a aussi sorti une vidéo qui disait qu’il allait quitter la série — jusqu’au milieu, où il a eu un changement d’avis :

Évidemment il voulait réessayer avec plus de temps pour que ses fans se fassent croire qu’il est sérieux. Mais ce matin, ce Tweet est arrivé :

Source

Il ne faut pas croire à rien qui dit M. Usclat.

Épisode 15

Cette semaine, j’ai choisi de vous fêter au lieu de penser au Jour de la Catastrophe. Je vous remercie encore une fois pour être là.

Nos articles cette semaine sont :

Il y avait aussi Mon dîner lotois, mais les recettes n’apparaissent pas sur le balado. En plus, il y a notre blague de la semaine habituelle.

Si vous aimez ce balado, abonnez-vous sur Apple, Google Play, Amazon, Spotify, ou encore Stitcher. Bonne écoute !

Ma loi préférée !

Dans le groupe Facebook privé « La Bande de Véro », on a partagé un article — en anglais, mais d’un site .fr — qui parle de la loi Toubon et du « droit au français ». J’avais déjà remarqué (sans le mentionner ici) qu’il y a souvent des publicités dans le métro ou l’aéroport à Paris avec des anglicismes suivies par des astérisques, avec des traductions en français en bas. Il me semble que ça arrive moins souvent avec les publicités numériques — je ne le vois que rarement dans les courriels du Temps des Cerises ou le site de la FNAC. Mais ce qui compte ici, c’est que c’est une loi, et cette loi est la raison pour laquelle on doit traduire les anglicismes dans les publicités.

L’afficheur, de la collection du Library of Congress, par un auteur inconnu, Domaine public

Mais ce droit au français, de quoi consiste-t-il ? Pourrait-on — je ne sais pas d’où vient cet exemple — appeler les gendarmes si un serveur refuse de lui parler en français ? Bon, je dois m’arrêter ici-même pour être clair — même si une telle loi existait, je ne ferais jamais quelque chose d’aussi saligaud ! Mais non, la loi Toubon n’a rien à dire sur ce sujet. (L’article de TheLocal.fr dit ça, mais j’ai vérifié le texte quand même. Disons que je ne le ferais jamais, mais les serveurs ne me connaissent pas !) En fait bien que ce soit le début de la loi :

Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France.

Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics.

Article 1

la suite ne parle pas du tout des échanges. La connection la plus proche que j’ai avec cette loi, c’est l’article 2, qui garantit que les modes d’emploi, les conditions de garantie (merci Focal !) et les factures (merci la FNAC !) doivent être disponibles en français. C’est l’article 3 qui vous garantit le droit aux astérisques dans les transports communs.

L’article 6 est plutôt drôle pour moi, même si je suis sûr que ça parle vraiment des réunions professionnelles :

Tout participant à une manifestation, un colloque ou un congrès organisé en France par des personnes physiques ou morales de nationalité française a le droit de s’exprimer en français.

Article 6

C’est la mention des manifestations. J’imagine un ministre avec un porte-voix — M. Darmanin ou Mme Bachelot — criant « Faites votre émeute, mais faites-la en français ! ». Avouez-le, vous ne pouvez trouver ce genre de contenu nulle part ailleurs !

Je ne vais pas lire toute la loi ici. Mais j’ai récemment vu un article de l’AFP — en anglais — qui touche sur ce sujet. Il s’agit d’une liste de vocabulaire pour les jeux vidéo publiée par la Commission d’enrichissement de la langue française au Journal officiel. J’ai été choqué par la description en anglais, qui dit :

France regularly issues dire warnings of the debasement of its language from across the Channel, or more recently the Atlantic.

AFP

Ça dit en français (ma traduction) : « La France lance régulièrement des avertissements effrayants sur l’avilissement de sa langue d’outre-Manche, ou plus récemment d’outre-Atlantique. »

J’ai donc trouvé la version originale en français. Il y a des parties qui sont des traductions exactes, mais cette phrase n’apparaît pas du tout. On pourrait deviner que c’était écrit par quelqu’un qui n’était pas d’accord avec la loi. Ça me dérange. Que vous soyez d’accord ou pas, on ne devrait pas partager de tels avis sous le nom d’actualité. Le pays a clairement le droit d’établir des règles concernant sa propre langue.

Mais pourquoi me soucie-je d’une telle loi ? Pas pour la première fois, je vous dirai que l’on y reviendra le 14 juillet.

Pourquoi Louis de Funès ?

C’est le 25 juin, le deuxième anniversaire du jour où j’ai regardé mon tout premier film français, Les aventures de Rabbi Jacob. À cause d’avoir regardé presque tous les films de Louis de Funès les plus importants avant de lancer ce blog, je n’ai jamais écrit sur certains moments inoubliables pour moi. Des moments qui expliquent pourquoi je suis si amoureux de Louis de Funès. On a regardé les mêmes films, mais mes expériences sont très différentes que les vôtres.

Et si je vous disais que mon premier voyage en France était à la recherche de Rabbi Jacob ? Ce n’est rien que la vérité — j’ai dîné aux Deux Magots, j’ai visité la Rue des Rosiers, et j’ai passé par Les Invalides. Tout pour suivre le chemin de Pivert et de Slimane. Je n’avais jamais autant ri que la première fois où j’ai regardé ce film, même si j’étais tout seul pendant le confinement.

Quand j’ai fait mon dîner girondin, c’était carrément sous l’influence de L’Aile ou la cuisse. Mais il y a une réplique au milieu de la scène culte avec « Mister Young » qui me parle d’une façon différente qu’à vous. Je connais cette scène par cœur, et pas seulement l’extrait ici :

Serveur : J’écoute.

Mister Young : Salad of tomatoes, and a entrecôte bordelaise. (Il aurait dû dire « an, » pas « a ».)

Serveur : Avec du Coca-Cola ?

Mister Young : Hohoho, no. With Beaujolais Nouveau !

La première fois où j’ai vu ça, j’ai dû rembobiner le film une dizaine de fois, car je ne pouvais pas le croire. Avec juste 3 mots, il a complètement expliqué exactement ce que nous croyons que vous pensez de nous. Quand j’ai vu cette scène, je l’ai vue comme une critique des attitudes françaises — et il m’a étonné que vous puissiez tant estimer un tel film. C’est un crédit énorme chez vous.

Puis il y avait Le Gendarme à New York. À mon avis ce film serait parfait si c’était environ quinze minutes plus court — la chasse à la fin dure beaucoup trop longue. Mais ici, on parle de la leçon d’anglais à bord du paquebot :

Je connais un peu les manuels d’anglais de ma génération — « Brian is in the kitchen. » (Gad Elmaleh a un sketch très drôle sur ce sujet.) Je n’imiterais jamais le « the » qui dit Jean Lefebvre ici, car je n’ai aucune intention de me moquer de vous. Mais encore une fois, cette scène capture exactement comment nous vous entendons.

Je vais avouer quelque chose. Autant que je peux vous écouter tous toute la journée — lisant l’annuaire téléphonique à haute voix, comme je le dis parfois — je n’aime pas l’accent français en anglais. Ce qui m’a étonné, c’est de découvrir que vous le saviez déjà et que vous vous moquiez de vous-mêmes à cause de ça. Bien sûr, si vous avez des commentaires sur mon accent, dites-les-moi — vous êtes les bienvenus. Soyez honnêtes. (J’ai hâte d’ajouter que tout ça n’a rien à voir non plus avec mon dîner au Procope.)

Revenons au Gendarme. En plus de la leçon d’anglais, le film parle honnêtement de ce que vous pensez de notre cuisine (je pense aux scènes de la glace et du steak). Et n’oubliez pas que ce blog est nommé pour une scène de la suite, Le gendarme se marie, quand le coup de foudre est aussi littéral que figuratif — une autre scène que je connais par cœur. Je ferai le dialogue entre Cruchot et Gerber pour le balado.

J’ai raconté cette histoire avant, mais La Soupe Aux Choux mérite une place d’honneur. J’ai fait de la soupe pour regarder le film, et mon amie F. m’a demandé quel vin j’avais choisi. Je n’y avais jamais pensé ! Encore une fois, une expérience avec de Funès a changé ma vie — c’est à cause de ce moment que je cherche toujours des vins locaux pour mes dîners.

Parlons finalement sur La Grande Vadrouille. C’était mon sixième film français. Comment puis-je me souvenir de ça ? Il y avait seulement 5 films avec de Funès sur iTunes aux États-Unis à l’époque, alors pour continuer j’ai dû faire ma toute première commande chez FNAC. Et le premier film que j’ai regardé de ce colis était La Grande Vadrouille.

Je dis souvent qu’à mon avis, c’est le troisième meilleur film de tous les temps, derrière Le 3e homme et Citizen Kane. Je le crois vraiment. Mais quand vous le regardez, c’est un film plein des grimaces et bruits pour lesquels de Funès est justement célèbre, et aussi un film qui parle honnêtement des difficultés de la vie sous les voisins au nord. Pour ma part…essayez de vous souvenir des relations entre la France et tous les deux les États-Unis et le Royaume-Uni en 2020. C’était pas le meilleur moment. Souvenez-vous que je viens du pays des « freedom fries » — et qu’en ce moment-là en 2003, je l’ai trouvé drôle.

Ce que j’ai trouvé, parmi « Tea for Two, » « J’étais Big Mustache, » et une intrigue qui se déroulait entièrement autour de sauver quelques anglophones… Je savais déjà qu’il y avait pas mal de français qui m’accueillaient chaleureusement car je faisais des efforts et ils étaient curieux. Mais ce soir-là, sachant que celui-ci était le film préféré des Français jusqu’à la sortie de Bienvenue chez les ch’tis, j’ai découvert que je m’étais gravement trompé sur vous, que l’attitude des Français vers les anglophones est en fait tendre où il compte vraiment. C’est La Grande Vadrouille qui m’a appris que ce serait bien de vous aimer.